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La Commune a inventé la liberté

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École gratuite pour filles et garçons, Séparation de l’Église et de l’État, Réquisition des logements inoccupés au bénéfice des mal logés et des démunis, Interdiction du travail de nuit, Mise à disposition libre et gratuite des livres et des œuvres d’art, Armée et police au service du peuple, Mandat électoral sous condition d’application des résolutions votées, toutes ces dispositions prises en avril 1871 par la Commune de Paris ont donné au monde l’exemple de ce dont est capable une population lasse de la misère et des humiliations :

Les gens au pouvoir ne rempliront plus leur ventre en nous affamant et en nous forçant à travailler pour eux !...

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Un film très bien commenté, d’un petit peu moins d’une heure, et qui a la bonne idée de commencer aux premiers vestiges de la Commune en déportation en Nouvelle Calédonie après la terrible répression versaillaise de mai 1971.

Quelques comparaisons à voir ici (et à faire ?... Chiche !...) entre le printemps parisien de 1871 et la situation en 2007... Curieux, je crois entendre dans ces voix beurs comme l’annonce de l’esprit insurrectionnel de ce printemps 2011...

Il y a 140 ans !...

Je ne me rendais pas compte, mais enfant, j’ai eu à fréquenter des personnes qui avaient mon âge alors à ce moment-là. 15 ans en 1871, ce n’était jamais que 55 ans en 1936 et 97 ans en 1968... Ce n’est jamais que cinq ou six générations seulement. Encore proche, encore vivant et... prêt à revivre.

Le peintre Gustave Courbet, le journaliste Jules Vallès, le chroniqueur Eugène Varlin, l’avocat Charles Delescluzes, l’institutrice Louise Michel, le compositeur Jean-Baptiste Clément... ils étaient de ceux-là, qui ont changé la vie, non pas l’espace de quelques semaines avant la répression sanglante, non, mais pour les générations dont nous sommes aujourd'hui les héritiers.

La Commune vit encore.

Je vous remercie JJMU d'avoir bien voulu rendre hommage à la Commune alors que son 140e anniversaire est passé sous silence,y compris sur Mediapart.

Merci

+ 1

Dianne avait commis un excellent billet debut mars .

Celui ci est egalement bien venu .

Recommandé .

Un film va être tourné sur les derniers jours de la Commune. La semaine du 14 avril, si vous le voulez, vous pouvez vous trouver sur les barricades. En espérant que, si ce n’est que du cinéma, ce soit toujours l’occasion de remettre en place les programmes qui méritent encore de voir le jour un jour...

Louis-Charles Delescluze, avocat, mort sur les barricades de la CommuneLouis-Charles Delescluze, avocat, mort sur les barricades de la Commune© BN

Louis-Charles, le généreux.

Eugène Varlin, ouvrier typographe relieur, fondateur de l’Internationale socialiste et membre de l’assemblée internationale des travailleurs.

Tant qu’un homme mourra à la porte...Tant qu’un homme mourra à la porte...© Eugène Varlin, ouvrier typographe

Léo Fränkel, orfèvre, réfugié juif hongrois, proche de Marx et fondateur de l’Internationale socialiste.

La Commission ouvrière de la Commune de Paris décrète sous son ordonnance :  

- LA REMISE GÉNÉRALE AUX LOCATAIRES des termes des loyers d’octobre 1870, janvier et avril 1871, mesure vitale pour le peuple de Paris dont 90 % des habitants étaient locataires ;  

- LA RÉQUISITION DES LOGEMENTS VACANTS au profit des Parisiens victimes des bombardements versaillais ;  

- LE DÉGAGEMENT GRATUIT DES OBJETS d’une valeur inférieure à 20 francs, gagés au Mont-de-Piété, mesure là encore non inédite mais vitale pour nombre de Parisiens quand on sait qu’il y avait en 1871 un million huit cent mille objets gagés !  

Avec ces trois mesures, la Commune contrôlait le marché. +  

- Création des bureaux municipaux de placement où étaient affichées les offres et les demandes des ouvriers, par le premier décret du 5 avril 1871.  

- Interdiction du travail de nuit dans les boulangeries par décret du 20 avril 1871.  

- Interdiction des amendes et des retenues par prélèvements sur les salaires, par décret du 27 avril 1871.  

- Affichage obligatoire par les employeurs du « prix minimum du travail à la journée ou à la façon à accorder aux ouvriers et ouvrières » pour le même travail. » par décret du 13 mai 1871 concernant les marchés de la Commune et qui met aussi un frein au tout-libéral dans la sphère du travail.  

- Création de sociétés ouvrières, d’associations ouvrières et de coopératives ouvrières pour remettre en exploitation les ateliers abandonnés, par décret du 16 avril 1871 aux Chambres syndicales…  

Il serait indispensable de refaire de l'éducation populaire, de toute urgence ! Merci pour ce billet.

Annie, je dis tout pareil !

Merci de nous remémorer toute cette partie d'histoire qui n'est pas loin de nous rappeler la notre en ce moment.

Je reviens à l’ouvrier typographe Eugène Varlin :

élu de la Commune de Paris, membre de l'AIT (Association Internationale des Travailleurs), Eugène Varlin est né à Claye-Souilly en 1839, il a été apprenti peintre, avant de devenir définitivement relieur à Paris en 1864.

Cette année-là, il participe à Londres à la fondation de l'Association Internationale des Travailleurs. Avec son frère Louis et avec Nathalie Lemel, il participe à la première grève des relieurs qui sera un succès. 1865 : Un bureau de l'AIT s'installe à Paris (rue des Gravilliers). Varlin collabore au journal Tribune Ouvrière. 1866 : il est délégué au premier congrès de l'AIT à Genève. 1867 : Création d'une première coopérative de consommation : La ménagère.1868 : ouverture d'un restaurant coopératif “la Marmite” rue Mazarine puis, rue Larrey. C’est un succès, la Marmite ne sera fermée qu'à la chute de la Commune. Cette coopérative comptera jusqu'à 8000 adhérents.

1869/1870 : de nombreuses grèves se déroulent en France impulsée par l’AIT, Varlin sera arrêté de nombreuses fois.Juillet 1870 : la section parisienne publie un manifeste contre la guerre. Varlin s'engage dans la Garde Nationale où il sera élu immédiatement. En septembre, il fait parti du Comité Central provisoire des vingt arrondissements de Paris.

1871 : Varlin anime la section parisienne de l'AIT et pousse la Garde Nationale à fédérer tous ses bataillons. Il est élu au comité central de la Garde Nationale. Le 18 mars : dès les premières heures de la matinée, avec les bataillons des "Batignolles", il prend le contrôle du 17e arrondissement. En début d'après-midi, il s'empare de la Place Vendôme. Le 24 mars : Varlin participe à la rédaction du manifeste-programme des sections parisiennes de l'AIT. Il sera élu dans le 6e arrondissement. 1er mai : Varlin et la majorité des autres Internationalistes s’opposent à la création du Comité de salut Public. 28 mai : Exténué, il est reconnu et arrêté rue Lafayette. Il est amené à Montmartre, les “braves gens” viendront le cogner à coup de canne, de bâtons, de pierres de toute sorte. Il sera adossé à un mur à l’angle de la rue de la Bonne et de la Rue du Chevalier de la barre, où il sera fusillé et laissé sur place pendant des heures. 

Bernard Noël - Dictionnaire de la Commune, 2Bernard Noël - Dictionnaire de la Commune, 2© Flammarion

Bernard Noël - Dictionnaire de la CommuneBernard Noël - Dictionnaire de la Commune© Flammarion
On doit ceci au formidable travail du poète et non moins historien Bernard Noël :

- Le Dictionnaire de la Commune, Hazan, 1971 (Flammarion, coll. Champs, 1978, 2 vol.)

 

Une des “pétroleuses”, avec Nathalie Lemel, qu’on oublie trop souvent derrière l’illustre nom des autres Communards et de la très justement célèbre Louise Michel – Élisabeth Dmitriev – :

animatrice très active de l’Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés (fondée le 11 avril 1871 dans la Salle Larched, 79, rue du Temple), membre du Comité Central de l'Union des Femmes, Élisabeth Dmitriev s’occupe surtout de questions politiques et plus particulièrement de l’organisation des ateliers coopératifs.

Elle prend activement part sur les barricades du Faubourg Saint-Antoine, aux combats de rue de la semaine sanglante (21-28 mai 1871).

On ignore comment elle réussit à échapper aux troupes versaillaises, à s’enfuir de France et à regagner la Russie en octobre 1871. Elle y épouse un condamné politique afin de lui éviter la peine de mort. Elle le suivra en déportation en Sibérie où elle terminera ses jours en 1910.

(source principale : Bernard Noël dans Dictionnaire de la Commune - Flammarion coll. Champs, 1971-1978)

Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessésUnion des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés© Nathalie Lemel 1871

Égalité salariale, – droit de vote, – reconnaissance d'un statut civique plénier reposant sur une entière égalité civique et juridique : les exigences de l’Union des femmes s’inspiraient d’une logique socialiste libertaire naissante (Auguste Blanqui, le théoricien socialiste, était à ce moment-là arrêté par les Versaillais).

L’assujettissement traditionnel de la femme a sa contrepartie masculine, c’est un paradigme où chaque homme sert et exploite en retour presque systématiquement la femme.

La répression sanglante de la Commune a eu raison de cet élan qui va pourtant animer la plupart des mouvements féministes des siècles suivants.

 

Dernières résistances autour de la division 54Dernières résistances autour de la division 54© Le Père Lachaise mai 1971

13 Mars 2011 Par Camille de Vitry

pour les Parisiens : du 11 au 17 avril je tourne dans le XXe arrdt de Paris une fiction historique sur la Commune de Paris 1871 -

Merci pour ce billet bénéfique, pour les différents rappels et noms toujours présents à nos oreilles et à notre esprit. (et merci également pour ce Dictionnaire de la Commune de Bernard Noël que je vais tenter de trouver dès que possible)

Bernard Noël est par ailleurs un grand poète. Il a 80 ans passés. C'est un monsieur adorable.

J'ai l'impression de l'avoir toujours connu en tant que poète, aux côtés de Claude Vigée, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Andrée Chedid et bien d'autres. Mais pour le Dictionnaire, je ne savais pas.

Extrait tiré du billet de Dianne du 9/03 pour le 140ème anniversaire de la Commune :

140 ans jour pour jour après le début de La Commune :
La Compagnie Jolie Môme joue son spectacle
Barricade,
du 18 mars au 10 avril 2011,

 

Jeudi, vendredi, samedi à 20h30, dimanche à 16h
Théâtre La Belle Etoile
14 rue Saint-Just, La Plaine, Saint-Denis
M° Porte de La chapelle ou Rer B La Plaine Stade de France
Bus 153-302 arrêt Eglise de La Plaine
Réservations au 01 49 98 39 20
Tarifs 18 et 10 euros
et deux liens vers les agendas des manifestations :

http://www.belleville-village.com/spip.php?article4782

http://lacomune.perso.neuf.fr/pages/blocnote.html

Merci, j'avais zapé l'info. Je pense pouvoir trouver un moment pour m'y rendre.

Quel beau billet !

Ces heures sombres en sont tout éclairées.

Il faudra y revenir.

Les syndicalistes apolitiques et plan plan qui nous entourent, feraient bien d'en prendre de la graine.

"Tout ça n'empêche pas Nicolas, qu'la Commune n'est pas morte !"

Ce refrain que chantaient les Communards, arrivera je l'espère un jour aux oreilles de Sarkozy...

"Bref tout ça prouve au combattant

Qu'Marianne a la peau brune

Du chien dans l'ventre, et qu'il est temps

D'crier vive la Commune

Et ça prouve à tous les Judas

Qu'si ça marche de la sorte...

Ils sentiront dans peu nom de dieu

Qu'la Commune n'est pas morte

 

Ils sentiront dans peu nom de dieu...

Qu'la Commune n'est pas morte !

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