Sam.
01
Nov

MEDIAPART

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Un peu d'eau dans... sa peau...

J'ai lu il y a quelques jours que le sous-sol africain contenait l'équivalent de la mer Méditerranée en eau potable.

Au même moment, on pouvait lire que toutes les cinq secondes, un enfant âgé de moins de 10 ans mourrait de faim dans le monde, que 37.000 personnes mourraient de faim chaque jour et que près de 1 milliard d'humanoïdes - sur les 7 milliards que compte la planète - étaient touchés par une sous-alimentation permanente, sans compter sans doute ceux qui sont aux bords des statistiques. Ces chiffres émanant de la très sérieuse Organisation pour l'alimentation et l'agriculture  - FAO.

Cette même FAO qui nous dit que, au stade actuel de nos "forces de production" - j'aime bien cette expression stalinienne -, le monde pourrait nourrir normalement, soit avec 2.200 calories par individu adulte et par jour, 12 milliards d'êtres humains, soit... Bien plus que les sous-alimentés qui crèvent dans le monde, même en comptant ceux qui sont aux bords des statistiques.

Avec l'âge, j'ai dû devenir un peu sourd d'oreilles. Je n'entends parler que de crise, de récession, de serrage de ceinture et d'un pétage de plomb généralisé qui dit qu'il nous faudrait bouter hors de nos frontières tous ceux qui viennent y quémander notre pain... Et qu'il faut avant tout redresser notre économie et nos finances nationales !

Y'a basta !

Ouais ! Y'a basta ! Qu'elle me dit ma chatte ! Boutons plutôt hors du monde tous ces boute-en train qui nous gouvernent en se fichant de la gueule du monde !

Ouais, et de la faim et des soifs du monde ! Qu'il répond mon neveu.

Et bien oui, désolé de me répéter ! Mais la triste réalité est là ! Alors que nos "forces de production" permettraient de nourrir convenablement 12 milliards de personnes et que la terre n'en compte de 7, parmi elles, 1 milliard crèvent allègrement de faim, et le monde fait comme si...

En avez-vous entendu parler en cette morne campagne et rase plaine électorale ? Moi, non !

Bon, c'est 1er mai aujourd'hui. Nos braves "marinistes" - j'aime bien cette expression fasciste - vont aller fêter Jeanne d'Arc au nom de la patrie. Nos chers UMPistes iront festoyer pour le travail au nom de leurs vraies valeurs - et des rillettes qui vont avec. Et nos pauvres travailleuses travailleurs s'égosilleront aux cloches d'une Internationale qui...

 

 

Mais au fait, que nous dit le texte d'Eugène Pottier ? Ne nous dit-il pas que, si nous nous groupons, c'est l'internationale qui sera le genre humain ?

En 1990, dans son Florilège de la chanson révolutionnaire, de 1789 au Front populaire, Robert Brécy publiait la version originale, du poème écrit par Pottier, en juin 1871, en pleine répression de la Commune. Elle diffère un peu de celle qui sera publiée par ses amis à sa mort en 1887, et qui sera mise en musique en 1888 par Pierre Degeyter - ou de De Geyter – pour le Parti ouvrier français, et qui sera chantée pour la première fois le 23 juillet 1888 à Lille par la chorale de la Lyre des travailleurs et de connaître le destin que l'on sait.

L'INTERNATIONALE

Debout ! l'âme du prolétaire
Travailleurs, groupons nous enfin.
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
Pour vaincre la misère et l'ombre
Foule esclave, debout ! debout !
C'est nous le droit, c'est nous le nombre :
Nous qui n'étions rien, soyons tout :

Refrain :
C’est la lutte finale
Groupons-nous et demain
L’Internationale
Sera le genre humain :

Il n’est pas de sauveurs suprêmes :
Ni Dieu, ni César, ni Tribun.
Travailleurs, sauvons-nous nous-mêmes ;
Travaillons au salut commun.
Pour que les voleurs rendent gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Allumons notre grande forge !
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Les Rois nous saoulaient de fumées
Paix entre nous ! guerre aux Tyrans !
Appliquons la grève aux armées
Crosse en l’air ! et rompons les rangs !
Bandit, prince, exploiteur ou prêtre
Qui vit de l'homme est criminel ;
Notre ennemi, c'est notre maître :
Voilà le mot d'ordre éternel.

Refrain

L'engrenage encor va nous tordre :
Le capital est triomphant ;
La mitrailleuse fait de l'ordre
En hachant la femme et l'enfant.
L'Usure folle en ses colères
Sur nos cadavres calcinés
Soude à la grève des Salaires
La grève des assassinés.

Refrain

Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs.
La terre n’appartient qu’aux hommes.
L'oisif ira loger ailleurs.
C'est de nos chairs qu'ils se repaissent !
Si les corbeaux si les vautours
Un de ces matins disparaissent....
La terre tournera toujours.

Refrain

Qu'enfin le passé s'engloutisse !
Qu'un genre humain transfiguré
Sous le ciel clair de la Justice
Murisse avec l'épi doré !
Ne crains plus les nids de chenilles
Qui gâtaient l'arbre et ses produits
Travail, étends sur nos familles
Tes rameaux tout rouges de fruits

Alors un bon premier mai...

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