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L'épaisseur d'une vie dans une enveloppe

C'est un titre que je repique à un blog du Monde parce que s'il paraît un peu pompeux, voire pompom au premier abord, il dit bien des choses en fait. Le vote est un droit que beaucoup n'ont pas, et je ne parle même pas dans le monde, mais simplement, ici en France, alors qu'ils sont soumis aux mêmes devoirs que nous qui, seuls, avons ce privilège.

Oui, il faut bien le dire, si le vote est un droit, il est aussi un privilège. Et je ne comprendrai jamais que, si l'on impose les mêmes devoirs à tous, l'on ne leur donne pas les mêmes droits. Mais évidemment cela n'est surtout pas un sujet de campagne électorale.

Mais si le droit de vote est un privilège, il ne doit surtout pas conduire à l'aveuglement.

Une bonne partie de cette campagne électorale a tourné autour de cette notion de vote et d'une hantise de l'abstention. Il conviendrait de se demander pourquoi ?

 

 

Evidemment, la question de l'abstentionnisme, en ce qu'elle peut faire basculer la victoire dans un camp comme dans l'autre est un enjeu pour nos politiciens. Elle leur développe une sorte d'angoisse du gardien de but au moment du pénalty. Mais...

Je suis né animal politique, et tant qu'il me restera la moindre parcelle de conscience, je resterai animal politique. La politique n'est pas seulement l'art de vivre parmi les autres, elle doit être avant tout celui de vivre avec les autres. Elle n'est pas seulement l'art de vivre dans le monde, elle doit être celui de faire vivre le monde.

Or, nous nous enfermons de plus en plus chaque jour en un système qui ne nous fait vivre qu'en étranger parmi les autres et en ignorant du monde. Tant que nous ne nous attaquerons pas radicalement à ce système, rien ne changera bien au contraire.

Les partis politiques actuels  - je parle de ceux de gauche - en sont d'ailleurs la parfaite illustration. Quelques idées deci-delà, mais aucune cohérence ni volonté de mettre chacun ses idées sur la même table pour construire avec l'autre un autre monde. Au contraire, c'est le règne du "moijeisme", et lorsqu'un candidat comme Poutou déroge à cette règle, on s'empresse de faire venir le médiatique facteur à son secours.

Alors si mon droit de vote est un privilège, mon droit de non vote l'est aussi.

 

 

La vie n'est pas un simple bout de papier que l'on glisse dans une enveloppe qui finira au fond d'une urne. Si la vie était un morceau de papier, elle serait plutôt un origami.

Tous les commentaires

21/04/2012, 18:23 | Par elisa13

Réflexion d'un homme d'extrême droite que je connais. Il m'a envoyé dans un mail cette phrase : 

Dimanche sera un grand jour. Je pense que beaucoup ne se déplaceront pas puisqu'il y a un second tour. Cela serait plus simple si on prenait celui qui est en tête au premier tour. Enfin j'irai voter quand même

Je suis contre. Contre cette manière de réfléchir, et contre ce système de vote. Mais ma conscience et ma condition de femme fait que je vais voter.

21/04/2012, 18:36 | Par Juliette Keating en réponse au commentaire de elisa13 le 21/04/2012 à 18:23

Il vaudrait mieux qu'il n'y aille pas celui-là. Pourquoi il se force? 

21/04/2012, 18:36 | Par elisa13 en réponse au commentaire de Juliette Keating le 21/04/2012 à 18:36

Parce qu'il veut voter la marine.

21/04/2012, 18:44 | Par Juliette Keating en réponse au commentaire de elisa13 le 21/04/2012 à 18:36

Honte à lui!

21/04/2012, 18:49 | Par elisa13 en réponse au commentaire de Juliette Keating le 21/04/2012 à 18:44

Tu sais, il n'est pas méchant. Il est même quelque part un ami. C'est incroyable que des gens intéressants se laissent avoir par des idées qui donnent la nausée...

Mais je n'ai pas réussi à le convaincre... Sourire

21/04/2012, 18:48 | Par jmplouchard en réponse au commentaire de elisa13 le 21/04/2012 à 18:23

Elisa, tu ne crois pas que c'est un peu facile de me renvoyer cette réaction d'extrême droite que j'entends tous les jours au café du commerce, et même de la part de gens de gauche.Ce n'est pas vraiment le sujet. Et je pense personnellement que ce n'est pas avec des urnes que nous vaincrons l'extrême droite, surtout lorsque la gauche aussi s'en sert comme argument électoral.

21/04/2012, 18:51 | Par elisa13 en réponse au commentaire de jmplouchard le 21/04/2012 à 18:48

Non, je ne trouve pas ça facile. C'est la réflexion qui m'est venue quand j'ai lu ton billet. Mais je crois que tu as tort de penser que ce n'est pas avec les urnes que l'on peut vaincre. Je crois au contraire qu'il faut que le peuple s'exprime, le plus possible. Après tout pourquoi on déciderait toujours à notre place ?

L'urne et la fourche si tu veux. Sourire

21/04/2012, 18:59 | Par jmplouchard en réponse au commentaire de elisa13 le 21/04/2012 à 18:51

Elisa, je pense que les urnes sont des armes redoutables, au contraire. Et si elles étaient vides nos politiciens auraient l'air de quoi ? De rien !

 

Lorsque je parlais d'inutilité des urnes c'était à propos de certaines "idées" véhiculées par l'extrême droite. On ne lutte pas contre la stupidité avec de simples morceaux de papier mais -peut-être- avec des idées et elles manquent justement.

21/04/2012, 19:26 | Par elisa13 en réponse au commentaire de jmplouchard le 21/04/2012 à 18:59

Mais les urnes ne peuvent pas être vides justement. Parce que nous avons la possibilité de nous exprimer. Et que c'est un droit que j'aime avoir. Pour une fois en plus, comme des milliers d'autres, je vais exprimer ce que je veux vraiment. Je vais exprimer autre chose qu'une peur ou un à peu près. Et parce que je suis citoyenne. Désolée Jean-Michel, je te suis pas sur ce coup-là. 

21/04/2012, 19:44 | Par jmplouchard en réponse au commentaire de elisa13 le 21/04/2012 à 19:26

Je n'ai aucune prétention à être un Messie, Elisa, ni à convaincre qui que ce soit. Si tu as un moment lis mon billet sur le capitalisme de bisounours et le programme du Fdg, tu comprendras peut être un peu mieux ma position. Mon "communiste révolutionnaire" ne s'y retrouve vraiment pas, tout simplement.

21/04/2012, 19:46 | Par elisa13 en réponse au commentaire de jmplouchard le 21/04/2012 à 19:44

J'ai lu Jean-Michel et tu as le droit de faire comme tu le sens. Heureusement, nous sommes toujours - et j'espère encore - en démocratie. 

21/04/2012, 22:54 | Par jmplouchard en réponse au commentaire de elisa13 le 21/04/2012 à 19:46

Nous le sommes encore, Elisa, et heureusement, au moins un peu encore. Et c'est pourquoi chacun doit l'exprimer avec ses moyens et ses mots.Et peut-être est-ce ainsi que nous parviendrons à créer une vraie gauche au delà des petits clivages partisans qui ne font rien avancer.

21/04/2012, 18:41 | Par a6parterre

L'être et le paraitre, le réel et le virtuel, le temps , l'espace et la matière. Vous êtes un citoyen présumé respectueux  qui est doté d'une enveloppe physique  que j 'appellerai X, et vous piquez le titre du monde que vous trouvez pompeux. Evidemment, si vous êtes dégonflé, en dehors du net vous n 'avez aucun droit et donc pas le choix que de piquer un titre qui vous plait mais dont vous n 'êtes pas l 'auteur.
A chaque image sa légende, vous n 'êtes pas celle du monde. Voilà le rapport de l 'individu dans la relativité restreinte du web, ce que vous faites en dehors étant la réalité contrainte, dont vous n'écrivez rien, uniquement celle des gens dont vous ignorez tout et qui en font autant.
La pensée s'imprime, impresse, et déprime et dépresse. La presse ben, elle est démontée.
L' enveloppe n 'est pas épaisse quand on s'est dématérialisé en même temps qu'elle.

Reflexo.

21/04/2012, 18:52 | Par jmplouchard en réponse au commentaire de a6parterre le 21/04/2012 à 18:41

Auriez-vous appris à lire, avant d'apprendre à écrire ? C'est juste une question d'ordre général.

21/04/2012, 22:02 | Par a6parterre en réponse au commentaire de jmplouchard le 21/04/2012 à 18:52

Vous êtes entièrement déséquilibré.

 

 

21/04/2012, 21:59 | Par a6parterre en réponse au commentaire de jmplouchard le 21/04/2012 à 18:52

Rien ne communique plus de courage au peureux que la peur d'autrui.
Umberto Eco Extrait du Le nom de la rose

Le génie, c'est l'erreur dans le système. » de Paul Klee

Le prix à payer pour avoir Einstein d’un côté, c’est d’avoir un imbécile de l’autre côté !
Umberto Eco Extrait du magazine Télérama - 10 Septembre 2003

Moi oui.

21/04/2012, 22:15 | Par jmplouchard en réponse au commentaire de a6parterre le 21/04/2012 à 21:59

Déséquilbré peut-être, mais pas par une culture Télérama. A chacun son déséquibilbre et je préfère choisir le mien qui tient debout. Traiter les gens de déséquilibrés est syndrome d'un grave déséquilibre, me semble-t-il. A moins que cela ne relève que d'un humour à deux balles. Cultivez votre jardin, plutôt que de servir trois citations à quatre sous, et d'aller puiser dans le jardin des autres.

Ceci dit, bon weekend.

21/04/2012, 22:44 | Par a6parterre en réponse au commentaire de jmplouchard le 21/04/2012 à 22:15

Je n'écris pas ce que vous lisez. Je ne pose pas de questions.

21/04/2012, 22:58 | Par jmplouchard en réponse au commentaire de a6parterre le 21/04/2012 à 22:44

En ce cas, à quoi bon commenter ? Pour ne rien dire ?

22/04/2012, 00:00 | Par a6parterre en réponse au commentaire de jmplouchard le 21/04/2012 à 22:58

Je ne suis pas l 'auteur de vos jours ni responsable de vos questions.

Socrate se serait instruit tout au long de sa vie : il dit être le disciple de Prodicos de Céos5: le passage, selon Gilbert Romeyer-Dherbey, laisse cependant penser que Socrate est ici ironique et qu'il n'a pas effectivement été disciple de Prodicos]]6. Il fréquenta les sophistes (Protagoras, Hippias d'Élis). Il apprend avec la cithare, la musique auprès de Connos7, la poésie avec Événos de Paros, l’agriculture auprès d’Ischomaque et la géométrie avec Théodore de Cyrène, qui fut l'un des maîtres de Platon également.

Connais toi toi même.
Socrate.

L'apparence qui pose question, c'est ce que l'on ne connait pas pour soi.

Michel Onfray a merveilleusement débusqué le loup derrière le costume de mère-grand lors de son échange à propos de la phrase de Socrate "Connais toi toi-même".

Extrait de l'échange en question :

"Dans la conversation, il confie qu'il n'a jamais rien entendu d'aussi absurde que la phrase de Socrate «Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace -- pour lui. Et pour ce qu'il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu'unsavoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l'idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l'Etat, puissent gouverner celui qui règne !"

Pourqu'un individu entame l'Oeuvre, le travail sur soi (qui constitue certainement une des très rares entreprises qui mérite véritablement d'être poursuivie), il doit commencer par observer et comprendre ses croyances, ses peurs, ses mécanismes. Pour cela une dualité est nécessaire :

* d'une part, un observateur (la conscience)

* d'autre part, un observé  (le mental / l'égo)

Pour un psychopathe, cette démarche n'a aucun sens car il n'existe littéralement pas d'observateur.

Quand Nicolas Sarkosy récuse la phrase de Socrate, ceci n'est pas le fruit d'une réflexion philosophique, d'un manque de connaissance du thème abordé, d'une haine aveugle des philosophes grecs.

Non il s'agit simplement et terriblement d'un aveu sincère relatif à sa propre nature.

Les ordinateurs ne sont pas psychopathes.




22/04/2012, 00:47 | Par jmplouchard en réponse au commentaire de a6parterre le 22/04/2012 à 00:00

Cher Assisparterre et où vous voulez.. Si vous lisiez un peu plus de contenus au lieu de relever quelques petites phrases, vous sauriez peut-être que j'ai une formation et une culture de philosophe et qu'elle ne s'est pas nourrie à Wikimachin ou Wikivaccins, et que les ordinateurs sont tout autant psycho-ou-toutcequevouslevoulez que ceux quii écrivent  avec. Vous sauriez peut-être aussi que Michel Onfray, dont je ne partage pas toutes les idées béatement, appelle à voter blanc. Quant à Socrate, il me semble qu'il eut usé de l'ironie, plutôt que d'un logos noyé dans le pathos.

Bon weekend à vous. Peut-être qu'en infléchissant le logos vers le pathos, ou l'inverse, nous parviendrons à nous comprendre un jour.

21/04/2012, 20:23 | Par Jaren en réponse au commentaire de a6parterre le 21/04/2012 à 18:41

"La pensée s'imprime, impresse, et déprime et dépresse"

... oui !

21/04/2012, 23:21 | Par WataYaga

Je n'arrive pas à écouter un discours de Mélenchon jusqu'au bout, il y a quelque chose en moi qui renâcle, et je ne sais pas pourquoi. Par contre j'arrive à écouter Eva Joly et Poutou. En comparant rapidement les divers programmes je me rends compte qu'il y a plein d'éléments dans celui de Mélenchon auxquels je suis totalement réfractaire et il m'était arrivé quelque chose de semblable avec Ségolène qui, au départ m'avait beaucoup enthousiasmée et cela d'autant plus que son travail de ministre avait été remarquable et ce, à tel point que l'autre disjoncté n'est pas arrivé à le détruire totalement.

Actuellement je retombe sur des travaux menés à son époque et j'en bée d'admiration. J'en veux à tous ceux qui l'ont descendue pour des raisons stupides et à qui ont doit ces cinq années qui ont dévitalisé les cerveaux des gens autour de moi et à ceux qui se moquent d'Eva Joly avec la même grossièreté. Mais il est finalement assez simple de comprendre pourquoi : ces deux femmes, pour des raisons différentes en apparence, mais semblables sur le fond, représentent un vrai danger pour ceux qui manipulent les règles du jeu : elles sont profondément intègres et tenaces tout en restant tout aussi profondément humaines.

Bon, je suis hors sujet mais je stresse un maximum, j'ai la trouille que les cerveaux réduits de mes concitoyen ne les amène à voter vénhaineux mâle et femelle...

22/04/2012, 00:16 | Par jmplouchard en réponse au commentaire de WataYaga le 21/04/2012 à 23:21

Pas du tout hors sujet, Wata yaga, au contraire. Je vous répondrai plus longuement demain. Je prépare d'ailleurs un billet sur Ségolène Royal et Eva Joly et les regles du jeu politique. Il devrait s'intituler du genre "pourquoi le mâle doit-il hurler ?" Mais je ne suis pas sûr qu'il soit très humoristique. Ou au sixième degré.

Bon weekend

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