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Encore des parents pas comme les autres

A l’école primaire Joséphine Baker de Pantin (Seine-Saint-Denis), la directrice de l’école interdit aux mères de famille voilées* d’accompagner des sorties scolaires. A la maternelle, à une centaine de mètres de là, elles le peuvent. Parce que cette interdiction n’a pas de fondement juridique. Interdire quelque chose sans base juridique sur le motif d’une appartenance religieuse, cela s’appelle de la discrimination.

Je suis membre de la FCPE, et une des onze parents élus au conseil d’école. La FCPE est une association laïque de parents d’élèves. Jamais je ne permettrai que le contenu laïc des enseignements ou l’égalité entre filles et garçons à l’école soient remis en cause. Mais si je respecte les convictions laïques des directeurs d’établissement, je suis comme les parents de la FCPE de Pantin, comme la FCPE au niveau national, choquée par l’interprétation détournée de la loi qui est pratiquée : si cette dernière interdit aux intervenants réguliers à l’école, fussent-ils bénévoles, de porter des signes religieux ostensibles, cette clause ne s’applique pas aux parents bénévoles intervenant ponctuellement dans l’encadrement de sorties scolaires, comme le souligne la décision de la Halde du 14 mai 2007 ou les précisions apportées par le Ministère de l’Éducation nationale au Journal officiel du 21 mai 2008.

 

Malgré cela cette situation continue. Dans l’école de ma fille, dans d’autres écoles en France. En faisant sentir un peu plus chaque jour à certains parents qu’ils ne sont pas des parents comme les autres, pas des parents éligibles à cette petite forme de reconnaissance et de respect social que représente souvent le droit d’accompagner une sortie. Avec aussi cette ironie qu’alors que les enseignants se désolent souvent, dans les quartiers populaires, du faible intérêt des parents pour la scolarité de leurs enfants, la porte de l’école est barrée à certains parents qui se trouvent être parmi ceux qui voudraient s’investir dans l’école. Ignore–t'on que chaque exclusion de ce type fait grandir l’amertume ?

 

Nous avons alerté l’inspecteur du secteur, qui se défausse (la seule erreur de la directrice aurait été de dire explicitement à une mère la raison de son exclusion… il aurait fallu j’imagine mentir : à peu près du même niveau que de dire à un jeune homme devant une boite de nuit « c’est une soirée privée » plutôt que « non vous êtes noir »).

 

Voici, ci-dessous, la lettre que nous adressons aujourd’hui au ministre, en espérant une réponse – et surtout des actes en cohérence avec les précisions même du ministère il y a deux an et demi déjà.

 

Johanna Siméant

 

*(je parle ici d’un voile qui couvre les cheveux mais pas du tout le visage, d’un foulard comme on le dit aussi).

 

 

__________________________________________________________________________________________

 

Ecole élémentaire Josephine BAKER

93 500 PANTIN

Ministère de l’Éducation nationale,

de la Jeunesse et de la Vie associative
110 rue de Grenelle
75357 Paris SP 07

Pantin, le 29 janvier 2011,

 

OBJET : Accompagnement des sorties scolaires et pratiques discriminatoires

Monsieur le Ministre de l'Education Nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative,

 

 

Les représentants de parents d'élèves FCPE de l'école Joséphine Baker à Pantin (93500) tiennent à vous alerter au sujet de pratiques discriminatoires à l'encontre de parents.

 

Après une première tentative de conciliation auprès de la Directrice de l'école, sans succès, après avoir sollicité la médiation de Monsieur l'inspecteur de l'Education nationale de secteur, qui n'a pas donné suite à notre demande de rendez-vous, nous voici amenés à vous informer personnellement de la situation.

 

De quoi s'agit-il ?

 

Le 19 novembre 2010, Madame A. demandait à la maîtresse de son enfant si la sortie scolaire était maintenue et si elle avait besoin de parent accompagnateur. Il lui a été affirmé, aussi bien par l'enseignante que par la directrice de l'école, le jour même, que les mères de famille qui portent le foulard ne pouvaient pas accompagner les élèves et que c'était « la loi ».

 

Madame A. se voyait ainsi écartée de la possibilité de se porter volontaire et d'être choisie, le cas échéant, comme parent d'élève accompagnateur au seul motif de son appartenance religieuse supposée.

 

Madame A. a donc souhaité rencontrer, en tant que parent d'élève, Madame la Directrice de l'école Joséphine Baker pour s'expliquer. Elle était assistée de la FCPE. L'entretien a eut lieu le vendredi 26 novembre 2010.

 

Madame la directrice, au cours de cet entretien, a affirmé à plusieurs reprises que la position de l'école -et la sienne propre- était de refuser, par principe, conformément à des « convictions personnelles », toutes les femmes qui portent un foulard.

 

Madame A. lui a demandé alors si c'était en fonction des vêtements qu'elle portait pour venir chercher son fils à l'école qu'elle avait motivé son choix. La réponse a été « oui ».

 

Madame A. a alors remarqué que, fonctionnaire par ailleurs, elle aurait aimé que Madame la Directrice lui fasse part de ses réserves et lui indique la démarche à suivre plutôt que de l'exclure a priori au motif de son appartenance religieuse.

 

Le comportement de cette directrice d'école est d'autant plus incompréhensible pour Madame A. - et fait localement figure d'exception - qu'elle accompagne régulièrement des élèves lors de sorties scolaires organisées par une autre école du quartier où son plus jeune enfant est scolarisé.

 

Déjà, à la rentrée 2007, la FCPE s'était émue de ces pratiques auprès de vos services. L'inspection de l'Education nationale de Pantin, au terme de rencontres et de débats, avait alors proposé que plus aucun parent accompagnateur ne soit sollicité dans cette école (!), ceci afin d'éviter l'organisation de pratiques susceptibles d'être qualifiées de discriminatoires comme l'indiquait la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE) dans sa délibération N°2007-117 du 14 mai 2007.

 

Le Ministère de l'Education nationale, dans sa réponse publiée au Journal Officiel le 21/08/2008, avait bien précisé qu'il fallait, d'une part, que « le choix des intervenants soit uniquement fondé sur le souci d'assurer le bon fonctionnement du service » et, d'autre part, que le choix soit fait « sur proposition de l'enseignant (…) parmi les parents qui se proposent ».

 

Aujourd'hui, bien que respectant les convictions laïques des directions d'écoles (la FCPE étant elle-même une association laïque), il nous paraît humiliant et discriminatoire de signifier à certains parents qu'ils ne sont pas éligibles à être de « bons parents d'élèves », de ceux que l'on laisse s'investir dans la vie de l'école de leurs enfants alors que ces mêmes enfants les voient aussi tels qu'ils sont, chaque jour, à la porte de l'école. Voudrait-on signifier à certains parents qu'ils ne sont pas des parents comme les autres que l'on ne s'y prendrait pas autrement.

 

La situation de notre école, située en Zone d'Education Prioritaire, n'est malheureusement pas isolée.

 

Aussi, Monsieur le Ministre de l'Education Nationale, nous vous demandons solennellement d'intervenir, en votre qualité, pour que de telles pratiques ne soient pas tolérées et tolérables, en le signifiant expressément, notamment à Madame la Directrice de l'école Joséphine Baker à Pantin.

 

Nous vous demandons également de rendre obligatoire l'information concernant le besoin en parent accompagnateur dans le cahier de correspondance. En effet, comment un parent d'élève peut-il se porter volontaire pour accompagner une sortie (et être éventuellement choisi), s'il n'est pas préalablement informé de ce besoin de parent accompagnateur bénévole ?

 

Certains que vous ne laisserez pas perdurer de telles pratiques attentatoires à la dignité de la personne, nous vous prions, Monsieur le Ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, de recevoir l'expression de nos sentiments les plus respectueux.

 

 

 

Les représentants des parents d'élèves FCPE de l'école Joséphine BAKER

 

 

 

Copie : M. Jean-Jacques HAZAN, Président de la FCPE

M. Michel HERVIEU, Président de la FCPE de Seine-Saint-Denis

 

Tous les commentaires

29/01/2011, 19:21 | Par martinechene@orange.fr

La discrimination, c'est une image négative, régressive, humiliante des femmes. C'est ce qui fonde le voile : les femmes doivent se dissimuler car elles sont néfastes et exitent les bas instincts.

Je ne veux pas que cette image soit imposée aux petites filles. je suis solidaire des femmes qui luttent contre l'intégrisme partout dans le monde, des femmes qui luttent pour leurs droits et leur intégrité.

Ancienne militante de la FCPE, je suis en profond désaccord avec ce faux nez frileux.

A bas la misogynie !!!

29/01/2011, 20:10 | Par Ellemra en réponse au commentaire de martinechene@orange.fr le 29/01/2011 à 19:21

.

31/01/2011, 15:23 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Ellemra le 29/01/2011 à 20:10

L'islamophobie me donne envie de vomir. La France pue.

29/01/2011, 20:10 | Par Ellemra

@martinechene

de quel faux nez parlez vous ?

Je ne comprends pas le sens de votre intervention.

Je suis moi aussi une ancienne militante FCPE, j'ai animé et présidé des conseils de parents en maternelle, école primaire, collèges et lycées.

Je suis en profond accord avec ce billet et avec la lettre que la FCPE de l'école Joséphine Baker envoie au ministre de l'EN.

Cette directrice d'école se trompe lourdement, elle commet une faute vis à vis de la loi, elle qui prétend s'y référer.

Voilà où mènent les idées reçues, les préjugés racistes et religieux, si faux nez il y a là, ils sont là : dans cette ostracisation de tout ce qui à trait à l'islam, de près ou de loin.

Que n'a-t-on pas entendu de l'islam ces derniers temps ? qu'il serait incompatible avec la démocratie et blabla..

Les peuples tunisien et égyptien sont en train de donner une leçon de révolution et de démocratie au monde entier, et à nous en particulier, nous qui passons notre temps à stigmatiser, à juger, à maintenir à distance ou à vouloir in-té-grer ...

Johanna, tenez nous au courant pour la suite.

merci !

29/01/2011, 20:56 | Par Sebastien Rome

Et oui, c'est la directrice qui ne respecte pas son devoir de neutralité que lui impose la laïcité ! C'est l'enseignement qui est laïque (donc le service, c'est-à-dire les enseignants, et maintenant, depuis la dernière loi, les élèves doivent s'abstenir de porter des signes religieux visibles pendant le temps de cours) et non pas les bâtiments ou encore moins les parents. Dans mon école, j'ai une parent d'élève élue, avec un voile, qui siège au conseil d'école.

C'est une des nombreuses confusions entre laïcité et anti-religiosité. Mais cela fait ressortir clairement un problème au sein de l'éducation nationale : un manque de formation (continue) de qualité...

30/01/2011, 16:08 | Par greenmood en réponse au commentaire de Sebastien Rome le 29/01/2011 à 20:56

Exactement ! La laïcité que doit l'école, c'est le respect de toutes les religions, et non l'athéïsme militant. (précision sur la loi de 2004, les élèves ont droit à des signes religieux discrets, mais non "ostensibles". )

Comme dans l'école de Sébastien, nous avons une représentante des parents d'élèves qui porte le voile. Elle représente bien tous les parents, non une hypothétique approche communautaire. Nous considérons sa présence au Conseil d'Ecole comme un atout.

La directrice de l'école Josephine Baker se prive elle-même.

Sa hiérarchie ne va d'ailleurs pas tarder à lui rappeler les textes.

 

31/01/2011, 10:35 | Par André Rousseau en réponse au commentaire de Sebastien Rome le 29/01/2011 à 20:56

Merci de rappeler ce point qui permet d'échapper à un débat insensé

et stérile.

29/01/2011, 21:31 | Par Marlène Martin

Les intentions à l'origine de ce courrier sont certainement louables, mais personnellement, je comprends et j'approuve le refus de la directrice d'école. Un parent qui accompagne prend, aux yeux des enfants, un rôle similaire à celui de l'enseignant, il est détenteur d'une autorité, d'une légitimité, et à ce titre, le port d'un voile, dont je ne crois pas qu'il ait d'autre motif profond qu'éloigner la soi-disant concupiscence masculine et mettre en avant une soi-disant pudeur féminine, se trouve également légitimé. Je refuse de toutes mes forces que cette forme de régression soit, de quelque façon que ce soit, légitimée dans ce pays. Une circulaire devrait mettre cela au clair.

 

 

30/01/2011, 16:39 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de Marlène Martin le 29/01/2011 à 21:31

"Un parent qui accompagne prend, aux yeux des enfants, un rôle similaire à celui de l'enseignant"

Je ne suis pas d'accord, où alors le mot autorité au sens légitimité ne veut plus rien dire.

On peut être pour la laïcité des personnels de la fonction publique, et la liberté d'affichage religieux des parents, quand même !

31/01/2011, 17:22 | Par arquius en réponse au commentaire de Marlène Martin le 29/01/2011 à 21:31

@ marlène martin,

puisque vous parlez d'autorité la racine étymologique du mot c'est ''auteur''.

étymologiquement, c'est parce qu'on est l'auteur de quelqu'un qu'on a l'autorité.

Qui est plus auteur d'un enfant : ses parents ou son prof ?

De tous temps certains profs se sont crus autorisés à dépouiller les parents de leur autorité et de leur magistère.

On voit le résultat et la catastrophe sociale qui en résulte ; notamment par la mise à l'écart systématique des pères par les juges.

Là encore, cette mise à l'écart de cette mère en est la preuve.

Autrefois on écartait les parents bretons, alsaciens ou gascons qui ne parlaient pas le français et on les raillait aux yeux de leurs propres enfants..

Rien n'a changé dans les mentalités de certains à l'éducation nationale.

Un prof qui dénie l'autorité des parents ou qui prétend en avoir plus qu'eux devrait changer de métier.

 

01/02/2011, 00:54 | Par Bruno Jean PALARD en réponse au commentaire de arquius le 31/01/2011 à 17:22

Euh...non, arquius.

"Autorité" vient de "auctoritas" qui lui-même vient de "augere" qui signifie "augmenter".

Pour votre gouverne (et donc faire mieux "autorité" la prochaine fois...Clin d'oeil), lisez ou relisez ceci: http://agora.qc.ca/dossiers/Autorite et/ou ceci: http://fr.wikipedia.org/wiki/Autorité

Et bien sûr, le travail d'Hannah Arendt au sujet de l'autorité.

Bien à vous,

 

BJP

29/01/2011, 22:26 | Par albinos

Que de mépris et de racisme se cachent sous de bonnes intentions.

Est-ce qu'un signe religieux tel qu'une croix en or, porté ostensiblement sur une chaîne autour du cou, sur un chemiser ouvert, produirait le même rejet ?

31/01/2011, 10:08 | Par noregreb en réponse au commentaire de albinos le 29/01/2011 à 22:26

Tout à fait d'accord ! Il faut faire une différence entre voile intégral et celui qui cache juste les cheveux . On ne fait pas enlever les croix autour du cou aux parents qui en portent !

31/01/2011, 17:03 | Par arquius en réponse au commentaire de noregreb le 31/01/2011 à 10:08

Qu'est ce que c'est que cette histoire de taille de voile ?

On n'en est pas à mesurer la longueur des soutanes, ni la circonférence des kippas ni la longueur de la barbe des barbus.

 

29/01/2011, 23:20 | Par chiara.v

Vous avez du courage, Johanna, de dénoncer cette attitude qui est stupide et intolérante. Et vous avez raison de dire que ce type d'exclusion engendre l'amertume. Si ces femmes portent un voile sur la tête, cela les regarde, c'est un droit, tout simplement. Elles ne cachent pas leur visage, que je sache ? Alors, fichons-leur la paix. Regardons leurs yeux, écoutons-les, partageons quelque chose avec elles au lieu de leur claquer la porte au nez.

Je lis un commentaire plus haut : "Je ne veux pas que cette image soit imposée aux petites filles". Comment peut-on décréter de tels oukases ? Comment peut-on être si arrogant et croire que l'on détient la vérité, qui permet d'interdire (au nom de quelle loi?) à ces femmes de participer à la vie scolaire ? Je lis aussi que ce voile "éloigne la concupiscence masculine". Et alors ? Outre que c'est une interprétation personnelle, ou un cliché de plus, qui va décréter les limites de la pudeur ? Si, pour ces femmes, c'est un signe de pudeur, et si leur culture le considère, en quoi avons-nous à pointer le doigt là dessus ? Je trouve cela triste, mesquin, contraire à toute intelligence et générosité. J'espère que votre démarche aboutira.

Une anecdote, pour finir. Ma mère, âgée de 87 ans, a des aides-ménagères. Un jour, l'une d'elles, qui portait un foulard, lui a demandé si elle devait l'enlever ou si elle pouvait le garder. Ma mère lui a répondu que c'était un choix à elle et que cela ne la gênait absolument pas. Je suis fière que ma mère, qui sait tout juste lire et écrire, ait fait preuve de plus d'intelligence que bien des multi-diplômés qui (à mon avis) se trompent de combat.

31/01/2011, 15:24 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de chiara.v le 29/01/2011 à 23:20

+1.

31/01/2011, 17:09 | Par arquius en réponse au commentaire de chiara.v le 29/01/2011 à 23:20

Ben oui chiara,

pareil, un jour que la Dame musulmane à qui j'avais confié ce que j'avais de plus cher : mes enfants, avait discrètement déplié son tapis de prière pour faire ses dévotions, je lui ai gentiment indiqué la direction de la Mecque.

C'est la moindre des choses entre gens civilisés.

L'exrcice de la Foi, de la prière, de la contemplation est toujours un spectacle émouvant d'élévation de l'âme.

Pourquoi faudrait il brimer les croyants ?

 

30/01/2011, 04:31 | Par patrick 44

L'intégrisme me semble la chose la mieux partagée du monde....

30/01/2011, 08:58 | Par Andelle

La liberté des femmes passent AVANT la liberté des femmes voilées.

Les mères qui accompagnent les sorties scolaires n'ont-elles aucun rôle éducatif ? Si, elle en ont un ; c'est pourquoi je refuserais qu'une femme voilée s'occupe de l'éducation de mon enfant même pendant une sortie scolaire.

Assimiler le refus d'accepter une femme voilée dans les sorties scolaires à du racisme est tout simplement aberrant. Se voiler pour les femmes est un choix (c'est ce qu'elles disent pour la plupart) et c'est respectable mais qu'elles en assument les conséquences. Etre noir, métisse ou blanc, n'est pas un choix.

Si ce n'est pas du racisme vous allez dire que c'est de l'intolérance. Je peux accepter un personne sans accepter tous ses choix ; je peux respecter une personne sans accepter tous ses actes.

On ne peut pas tout accepter.

Qu'une femme voilée fasse partie du conseil des parents d'élèves, c'est tout à fait différent. Elle est parmi des adultes.

30/01/2011, 10:28 | Par Ellemra en réponse au commentaire de Andelle le 30/01/2011 à 08:58

@Andelle

"(...)c'est respectable mais qu'elles en assument les conséquences."

??? Les conséquences , c'est selon vous le fait d'être discriminée, niée dans sa capacité à accompagner comme le font toutes les autres mères les enfants de la classe ?

Mais au nom de quoi ? Qu'est ce qui vous permet d'affirmer tranquillement une chose aussi énorme ?

Cette histoire de voile, ce faux-nez, parce que réellement ç'en est un, est une fabrication. Fabrication de préjugés, de stéréotypes : la femme voilée est par nature selon vous intolérante, sous le joug d'un obscurantisme religieux, inapte à remplir un rôle social, mineure, voire même dangereuse parce que véhiculant on ne sait quoi qui pourrait contaminer les chères petites têtes blondes.

Vous récusez le terme de racisme. Ca y ressemble furieusement. Définition du Lexis par exemple :" théorie qui attribue une supériorité à certains groupes ethniques; comportement qui en résulte" .

Vous dites qu'on ne peut pas tout accepter : il en effet hors de question d'accepter que des femmes, au prétexte qu'elles portent un foulard soient mises au ban de la société.

30/01/2011, 10:12 | Par Leséparges

C'est bien compliqué...Les parents d'élèves...Le voile , pas le voile...Ce qui me semble important c'est ce qu'il y a en dessous , (et dans tous les cranes)...

Je me souviens d'une femme avec foulard , et d'origine iranienne ? , qui a fait tout un scandale , à l'école maternelle , parce qu'un petit garçon de MS avait "montré" son zizi ? à sa fille un peu chochotte de GS , ceci dans les toilettes...En présence du personnel évidemment . Et puis ça a pris des proportions...Elle était persuadée que ce petit garçon était un dangereux exhibitionniste qui poursuivait sa fille dans la cour de récréation...Le souci est que cela était impossible . A l'époque la surveillance dans cette petite école était active et nous avions l'ensemble des enfants sous nos yeux en permanence .

D'autres parents , dans cette même école trouvaient certains jeux dangereux et avaient réussir en interdire l'accès aux enfants ...Ainsi un tobogan , comme on trouve souvent dans certaine maternelles, un peu équipées , car j'ai connu des maternelles où il n'y avait aucun jeu dans la cour, était interdit d'accès malgré l'envie et la convoitise évidemment de tous les enfants .

Donc surveiller c'était aussi leur interdire d'utiliser ce jeu mais que l'on ne démontait pas ...

Le rapport avec le voile ? Ben je ne sais pas trop ...Si , à force d'être emmerdé , pour ceci ou celà , on arrive à prendre des décisions qui sont absurdes .

Le fond : si cette femme porte un voile discret je trouve stupide de l'empêcher de se joindre à une sortie scolaire , mais peut être y a t 'il autre chose : du prosélytisme religieux ou des parents FN qui menacent ou empoisonnent la vie de l'école ou des enseignants , et dans ce cas c'est aux responsables hiérachiques et au maire , de prendre la décision et d'en assumer les conséquences ...En s'appuyant sur la loi et en la faisant respecter malgré les pressions de toute sorte .

Ls.

PS...Je rajoute...C'était pas facile de bosser dans cette école le climat était tendu et c'était bien dommage ...Et la dirlo avait tendance à déprimer .

30/01/2011, 10:33 | Par Ellemra en réponse au commentaire de Leséparges le 30/01/2011 à 10:12

L'anecdote que vous rapportez, celle du petit garçon qui montre son zizi à une petite fille, provoquant l'inquiétude de la maman : ce n'est pas parce qu'elle est voilée que la mère est inquiète et vient se plaindre ! je me rappelle d'incidents semblables quand mes enfants étaient en maternelle et les mères qui venaient protester et monter la mayonnaise étaient conformes extérieurement à l'image que certain-es ici se font de la bonne mère de famille apte à accompagner les sorties scolaires et à jouer un rôle éducatif ....

 

30/01/2011, 10:24 | Par Sebastien Rome

Il n'est pas question de rassisme mais de laïcité. La laïcité, c'est le respect des croyances des familles et une non intervention de l'Etat dans les consciences. Pour garantir cela, le service est laïque, ce qui implique qu'il y a une égalité entre tous les cultes. On traite de la même manière toutes les familles. Là ce n'est pas le cas, c'est le principe de laïcté qui n'est pas respecté par la directrice. Ceci n'est pas du rassisme.

30/01/2011, 10:37 | Par Ellemra en réponse au commentaire de Sebastien Rome le 30/01/2011 à 10:24

Vous savez, il est toujours intéressant de décortiquer les comportements humains et essayer de comprendre à quels mécanismes ils obéissent. Le racisme quand il est employé ici est à prendre au sens large, de prétendue supériorité d'un groupe humain sur un autre. Ca l'a été au nom de la couleur de peau, de la culture, ça l'est de la religion ici.

Il y a du chemin à faire et la laïcité est le contrat du vivre ensemble et de l'égalité de tous et chacun-e.

30/01/2011, 18:14 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Ellemra le 30/01/2011 à 10:37

Et moi avec rassisme !! quel bêta ! Pourquoi mettre SS ?

30/01/2011, 18:57 | Par Ellemra en réponse au commentaire de Sebastien Rome le 30/01/2011 à 18:14

non pas bêta, c'est un lapsus clavieri qui en dit long !

 

30/01/2011, 19:02 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de Ellemra le 30/01/2011 à 18:57

Sébastien Rome (dit SR ?Tranquile) voulait dire sûrement dire : le racissisme !

30/01/2011, 10:38 | Par Ellemra en réponse au commentaire de Sebastien Rome le 30/01/2011 à 10:24

doublon, désolée.

30/01/2011, 11:20 | Par cereb

Ne soyons pas ridicules:les années 60/70 ont vu partout des foulards noués à la B Bardot.Le foulard n'est pas agressif et passe bien ,sans trouble;il peut être considéré comme un signe de liberté d'expression au même titre que la croix visible dans l'échancrure!

On peut rès bien ,en féministe convaincue ,prendre position contre le voile '(intégral ) symbôle infâme ,et appliquer le loi justement non discriminante.

Faire l'inverse est contradictoire car c'est ajouter une discrimination à une autre.

SI nous acceptons que l'interprétation personnelle de la loi ,en outre par une personne en fonction de responsabilité et /ou d'autorité ,prenne la place de la loi elle même,où allons nous????

nous nous exposons à ce que l'ARBITRAIRE nous gouverne.AvEC TOUS LES PASSE DROITS et les dérives possibles ,et les hypocrisies ,et la disparition programmée de l'état de droit....ILn'est pas acceptable que quiconque interprète la loi selon son bon plaisir!!!!cette directrice est en faute quelle que soit mon opinion personnelle et la sienne ,qui se disent et agissent sur le terrain public de l'action citoyenne (associations ,élections ,etc.....)

L'arbitraire est un ennemi de la démocratie/

Ici ,on peut comprendre la confusion des principes ,mais on ne peut l'admettre.

Cette mise au point était nécessaire et souhaitable et ce billet est clair;bienvenu.MERCI§

 

30/01/2011, 12:02 | Par Noëlle Molinelli

Ce n'est qu'un début...

Les ravages et dérives de ces "nouvelles" lois votées à la hâte dans un climat de haine, d'incompréhension et d'absence de réflexion...

Résultat : un grand inconfort pour qui veut être certain(e) d'avoir la bonne attitude. Je lis ce billet et je suis 100% d'accord...puis un ou deux commentaires argumentés, et me revoici dans le doute...

30/01/2011, 12:38 | Par Ellemra en réponse au commentaire de Noëlle Molinelli le 30/01/2011 à 12:02

Bonjour

votre commentaire m'interpelle, puisque j'ai posté ici quelques réflexions qui vont dans le sens du billet et de l'action des parents de l'école. Vous parlez à propos des commentaires qui vont à l'inverse, vous les dites argumentés, et vous parlez aussi "d'inconfort pour qui veut être certain(e) d'avoir la bonne attitude".

En ce qui me concerne, je ne me sens aucun inconfort à approuver totalement le billet de Johanna, et la lettre que les parents ont adressé à ce ministre qui parions-le, bottera en touche. Aucun inconfort non plus à m'indigner, à m'inquiéter en réalité de réactions comme celles qu'on peut lire dans ce fil, dénotant une rigidité incroyable, une stigmatisation terrible de la femme musulmane qui ose arborer cet (in)signe. Il n'est effectivement pas question de burka ici, on parle du simple foulard qui comme l'a rappelé quelqu'un, était arboré par coquetterie mais aussi par pudeur pour cacher les cheveux par les femmes en France dans les années soixante. Si en réalité ce n'est pas du foulard qu'il s'agit, mais bien des convictions religieuses de celle qui est dessous ? Et là, on est en terrain très glissant, je crois. Où va-t-on s'arrêter dans la mise au ban ?

Johanna a parlé fort justement de l'amertume qui monte chez ces femmes, chez ces hommes, montrés du doigt. Et les enfants ? que vont-ils penser de ce pays, le leur, qui stigmatisent ainsi leurs parents ?

30/01/2011, 16:43 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de Ellemra le 30/01/2011 à 12:38

D'accord avec le sens de votre commentaire, Armelle :

C'est bien beau d'avoir des positions (contre le foulard , insigne de soumission) mais il est quand même nécessaire de tenir compte de l'effet sur l'autre de tels "principes" trop violemment manifestés :

Si des femmes enlèvaient leur foulard pour venir chercher leurs enfnats le faisaient par soumission, quel est le but qui serait atteint ?

 

31/01/2011, 17:27 | Par arquius en réponse au commentaire de Fantie B. le 30/01/2011 à 16:43

il est surtout urgent de mesurer ce que ce genre d'attitude peut avoir de dévalorisant pour cette mère aux yeux de son propre enfant.

c'est une honte d'humilier ainsi une maman devant son enfant.

Comment veut-on qu'un enfant respecte une directrice qui ne respecte pas sa maman ?

Si un jour le gamin colle une baigne à un ou une enseignante, faudra pas pleurer.

les uns font les autres dans la vie, c'est comme ça.

30/01/2011, 12:48 | Par 403

Moi, ce qui m'enlève tout doute sur l'incohérence du rejet de cette maman voilée, c'est qu'il faudrait masquer le regard de nos petites filles chaque fois qu'elles croisent dans la rue une personne voilée et sans doute bien d'autres choses ...

Ces sorties scolaires sont bien souvent l'occasion pour les mamans de partager, d'échanger, de sortir de l'isolement et de se valoriser aux yeux de leurs enfants; fermer une porte entrouverte me semble une grave erreur qui relève de la mesquinerie idéologique dépourvue d'HUMANISME!

30/01/2011, 13:53 | Par stéphanie krus

enseignante moi même, j'ai eu affaire à de nombreuses mamans qui portaient un foulard pour m'accompagner qui étaient impeccables et encadraient très bien les enfants. Par contre j'ai eu aussi pas mal de mamans qui étaient une catastrophe, distribuaient des bonbons, chips à leurs enfants alors qu'on venait clairement de dire qu'il ne fallait pas manger de bonbons.... continuant ensuite à le faire en disant aux enfants de ne pas le dire à la maitresse.... s'asseyant à la terrasse d'un café dans le parc en oubliant complètement le groupe de 4 enfants qu'elles étaient sensées encadrer etc ....Donc celles là par la suite, je les évitais en trouvant un prétexte quelconque. Mais franchement, les mamans voilées, sont nickels, et très contentes de pouvoir aider et respectant scrupuleusement nos instructions.

Plus tard, en tant que parents d'élèves, lors d'une réunion avec une directrice où on avait justement abordé la question, je me rappelle d'un père qui avait dit: pour accompagner une sortie, je préfère une maman voilée qu'un papa bourré. ça m'avait fait rire, mais c'est vrai. Certains parents parlaient de prosélytisme, de la part de ses mères... c'est vraiment bien mal les connaitre. Le foulard réveille les fantasmes "TF1" de certaines personnes, et je rejoins complètement la postion de Johanna : c'est une profonde erreur d'écarter ses femmes de l'école. Et je suis contente de voir que maintenant certaines d'entre elles ne se laissent plus faire et font valoir leurs droits.

30/01/2011, 16:33 | Par greenmood en réponse au commentaire de stéphanie krus le 30/01/2011 à 13:53

Oui, bon, de là à ce que l'accompagnement des sorties scolaires devienne un droit, faudrait pas pousser ... J'espère, Johanna, que pour ce point-là de votre courrier, Chatel bottera en touche :...obligatoire l'information concernant le besoin en parent accompagnateur dans le cahier de correspondance.

Car je revendique pour ma part le droit imprescriptible de choisir les adultes qui accompagnent mes élèves.

Critère : signes extérieurs et ostensibles de jugeotte. Clin d'oeil

31/01/2011, 17:28 | Par arquius en réponse au commentaire de stéphanie krus le 30/01/2011 à 13:53

+1

30/01/2011, 14:05 | Par guydufau

Cette directrice fait parti du troupeau islomophobe, l'intégriste c'est elle.

30/01/2011, 16:13 | Par Noëlle Molinelli

Je voulais simplement dire que j'enviais tous ceux et celles qui ont des certitudes en ce domaine. En Inde, je suis tombée sous le charme de toutes les diversités religieuses affichées et acceptées par tous. A Londres, dans un grand magasin, une très jolie vendeuse portant un foulard présentait, tout naturellement, à ses clientes les derniers parfums Dior. Il y a 20 ans, j'enseignais (pour une association laïque) la langue française à des femmes musulmanes et je me sentais beaucoup plus affligée par la pauvreté de leur tenue vestimentaire, révélatrice de leur misère, que par leur shador...

Voilà simplement où j'en suis : je ne sais pas quelle est ma position sur cette question.

(Inutile de me dire que dans ce cas je n'avais pas besoin d'écrire sur ce fil, j'avais envie de partager mon inconfort...)

 

30/01/2011, 16:31 | Par Ellemra en réponse au commentaire de Noëlle Molinelli le 30/01/2011 à 16:13

Les fils sont là pour ça, pour échanger et faire partager.

Sourire

30/01/2011, 16:54 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de Ellemra le 30/01/2011 à 16:31

Noëlle Molinelli , partager notre inconfort, c'est une très bonne indication pour ces fils de discussion !

De ce point de vue, je me place à l'envers :

La laïcité peut rendre inconfortable la vie de certains croyants en France, mais c'est une valeur qui a du sens. Et qui donc, je le crois !, peut permettre de se comprendre à travers les croyances et non croyances.
Mais l'interdiction des signes religieux aux adultes, là c'est autre chose que la laïcité.

En quoi un enfant est-il menacé par une femme portant un insigne religieux de ce type ? S'il est étonné, il suffit de lui expliquer que c'est la religion de cette autre famille. Puis, quand il sera plus grand - et intéressé -, de discuter avec lui de la place que les différentes religions donnent (et ont donné !) aux femmes, etc.

ajout : Pour faire avancer l'idée de laïcité :

Combien il est plus intéressant de faire vivre des espaces d'échanges où des femmes voilées se sentiraient les bienvenues.. .

Espaces pas directement sur ce sujet- mais qui permettraient peut-être à l'occasion d'aborder le sujet religions/laïcité.

30/01/2011, 17:20 | Par Anne Gentry en réponse au commentaire de Fantie B. le 30/01/2011 à 16:54

Un enfant ne peut être menacé, en effet, si cela lui est présenté comme normal. Les miens ont été en maternelle dans une école où la très grande majorité des familles sont d'origine maghrébine, donc beaucoup de mamans avec foulards, voire très très couvertes. Les différentes, c'étaient presque nous, qui n'en portions pas ... ;-)

Pour les enfants (les miens), il n'y a pas eu de problème. Ils ont posé trois questions sur ces tenues vestimentaires et basta, tout cela leur était normal et quotidien pendant ces trois ans. Eux s'en foutent de tout ça, si ils voient que nous n'en faisons rien d'extraordinaire nous-mêmes.

Heureusement que l'équipe pédagogique fait avec les foulards, dans cette école, sinon elle ne peut plus rien proposer ni faire avec ses parents d'élèves ...

30/01/2011, 18:04 | Par mastermind

j'approuve le refus de la directrice d'école. Un parent qui accompagne prend, aux yeux des enfants, un rôle similaire à celui de l'enseignant, il est détenteur d'une autorité, d'une légitimité

Un rôle similaire aux yeux de l'enfant ?

Mais qu'en savez vous ?

Voila encore quelqu'un victime d'une illusion de toute puissance , celle de savoir absolument tout sur l'espace réel , imaginaire et symbolique de nos chérubins .

Ce qu'il y a de terrible dans ce genre d'affirmation péremptoire , c'est que l'adulte bloque toute possibilité pour l'enfant de se poser des questions , de nous poser des questions .

A l'extreme , la position radicale n'est pas dans le port du voile mais dans l'interdiction , puisque en interdisant l'adulte bloque le questionnement et la circulation d'une certaine parole entre lui et l'enfant .

l'enfant aurait peut être demandé à cette personne pourquoi elle portait le voile ? peut être même l'aurait il mise dans l'embarras ? peut être ....

Laissons donc "les peut être " exister .

Mais peut être a t- on peur des "peut être" ?

l'interdiction a cela de bénéfique qu'elle escamote l'angoisse des " peut être"

31/01/2011, 09:59 | Par Marlène Martin en réponse au commentaire de mastermind le 30/01/2011 à 18:04

On pourrait vous retourner vos arguments, en quoi êtes-vous sûr que les parents accompagnateurs ne partagent pas l'autorité de l'enseignant?

Ma position est fondée sur mon expérience de parent accompagnateur, tout simplement, et la façon dont les enfants viennent s'adresser à moi.

Je ne vois pas en quoi cela exclut la possibilité à l'enfant de (se) questionner lorsqu'il rencontre des femmes voilées, je considère simplement que le contexte d'une rencontre au hasard des rues n'implique pas la même légitimation de cette pratique (et j'ai expliqué à mes enfants en quoi pour moi le port d'un voile est un signe de soumission et d'infériorité des femmes qui me révolte).

Le port d'une croix signifie-t-il par lui-même que la femme doit par pudeur ne pas exciter les regards masculins? Le port d'une croix est-il réservé aux femmes ? Voilà ce qui fait la différence à mes yeux (ce qui n'implique pas que je serais d'accord avec le port de croix géantes par des parents accompagnant des sorties).

 

30/01/2011, 20:15 | Par Johanna Siméant

Merci à toutes celles et ceux qui ont fait part ici de leur incertitudes, et/ou de leur souhait que certaines certitudes bien ancrées ne nous amènent pas à produire de l’injustice. C’est précisément quand les choses ne vont pas de soi, parce que le monde a bougé et que certains repères prennent un sens différent (pensons à l’appropriation des thèmes laïcs par Marine Le Pen par exemple) qu’il importe de conjuguer capacité à l’empathie, à l’indignation et à la tête froide. - Empathie : si certains commentaires me semblent venir de mars, c’est peut être qu’ils sont ceux de gens qui ne vivent pas au quotidien dans un quartier populaire et ultra diversifié quant aux origines et aux religions des parents. Soit, je peux comprendre que certaines de mes ainées en féminisme grimpent au rideau par rapport à ce que représente pour elles le symbole de femmes voilées. Mais le problème c’est que ce symbole ne colle pas tellement à la réalité du quotidien. Ces femmes voilées qui semblent représenter l’horreur absolue pour certains internautes, ce sont des voisines, des concitoyennes, des élues comme moi au conseil d’école… Du coup, l’argument de protéger les enfants de la vue de ces femmes me semble aberrant parce que ces femmes, les enfants les voient tous les jours à la porte de l’école, ce sont les mamans de Mohamed, de Yazid, de Yasmine.... Et l’on pourrait aussi inverser le raisonnement : si des mères voilées accompagnent des sorties mixtes de l’école publique, c’est peut–être que tout le monde en Islam n’interprète pas le texte comme hostile à la mixité, hum ? C’est en tout cas aussi ce que les enfants, de familles musulmanes ou pas, pourraient se dire. - Indignation : oui, que ma concitoyenne musulmane qui a animé avec moi la kermesse de l’année dernière (dans la maternelle non loin), qui est élue comme moi au conseil d’école, se fasse dire en face que c’est à cause de son voile qu’elle ne s’est pas vu proposer d’accompagner une sortir d’école, j’appelle ça de la discrimination, qui peut porter sur les options religieuses ou politiques (et pas seulement sur ce que l’on est). Et j'espère que d’autres citoyens seront capables de comprendre qu’il s’agit bien de cela, et d’en être indignés. Et je me sentirai d’autant plus légitime pour dire à un jour à mes concitoyens musulmans que je juge telle autre revendication déraisonnable, que j’aurai été à leurs côtés quand ils auront été discriminés. - Tête froide : dans le rappel à la loi contre l’arbitraire. Nous ne sommes pas obligés de tous nous aimer pour vivre en société, et quand les choses deviennent compliquées, c’est là qu’il importe de se rapporter au droit et à son application uniforme. Et que surtout, l’école publique, déjà assez attaquée, ne donne pas l’exemple de l’arbitraire – drôle d’éducation à la confiance dans les institutions ! Le droit n’est pas malléable à merci. C’est pourquoi la FCPE appelle le ministre à la cohérence, dans le prolongement des précisions qu’il avait déjà apportées dans le même sens que la Halde : non, les parents ne sont pas concernés par cette clause de non visibilité des signes religieux à l’école, qui porte sur les enseignants et intervenants réguliers. A force de voir le complot islamiste derrière tout acte d’un musulman de France, je crains que l’on ne se prépare de tristes lendemains. Si en tout cas ce billet a pu ébranler, même un petit peu, des gens pétris de certitudes au point d’en commettre des injustices, il n’aura pas été inutile. Johanna Siméant Un post scriptum enfin : je suis, comme certains internautes, tout à fait d’accord avec l’idée que la sortie scolaire n’est pas un droit en soi. Il faut effectivement que l’enseignant puisse choisir des parents sur la base du bon sens et de la capacité à encadrer un groupe. Tout à fait d’accord. Mais encore faut-il pour cela que des parents ne soient pas exclus a priori : la laïcité n’a jamais signifié la négation de toute religion, mais le fait que l’enseignement dispensé ne procède d’aucune vérité religieuse supérieure et « révélée ».

30/01/2011, 21:18 | Par livia vincent

J'ignorais totalement que des parents pouvaient accompagner les enfants lors de sorties scolaires...

C'est normal ça ?

Je ne crois pas du tout que ce soit une bonne chose, ni vis-à-vis de l'enseignant, ni par rapport aux autres enfants. Question de séparation de l'autorité.

Et si c'est nécessaire par manque de personnel d'encadrement, c'est encore pire.

S'il arrive un accident par la faute d'un parent, qui est responsable ?

Enfin, le sujet est le voile... sujet brûlant, sujet à polémique.

Cela peut se discuter : la sortie est-elle considérée comme un prolongement de la classe ?

Si le simple foulard est accepté (il n'y a pas si longtemps, beaucoup de femmes mettaient un foulard sur leurs cheveux il me semble), l'étape suivante sera : si elle avait le foulard, pourquoi moi je peux pas mettre la burka ?...

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, hein ?

30/01/2011, 21:50 | Par Oliv92 en réponse au commentaire de livia vincent le 30/01/2011 à 21:18

"J'ignorais totalement que des parents pouvaient accompagner les enfants lors de sorties scolaires" ... non mais vous débarquez de quelle planète là ?? Ne prenez pas les enfants pour des imbéciles, ils savent très bien distinguer qui fait quoi et qui a l'autorité à quel moment. J'ai moi même accompagné plusieurs sorties scolaires, ce qui permet de montrer aux enfants qu'ils sont importants aux yeux des autres parents (et des pères en particulier). Cela m'a permi de discuter avec eux dans le bus etc etc... et depuis la plupart d'entre eux me disent bonjour lorsque j'amène ma fille à l'école le matin. Les enfants écoutent, observent, sont très sensibles au rôle et à l'action des adultes.

Quand à interdire à cette maman d'accompagner les enfants, c'est évidemment stupide. La maitresse a-t-elle pensé à l'impact sur son enfant? Comment l'enfant va-t-il comprendre que sa maman de vient jamais aux sorties? Et la maitresse n'a t-elle pas réfléchi que c'est par le dialogue et l'ouverture qu'elle a le plus de chance d'aider cette dame?

Quelle tristesse que ce genre de comportement.

30/01/2011, 22:03 | Par chiara.v

Livia, il y a longtemps que les parents peuvent participer à l'encadrement des sorties scolaires. Vous parlez d'"autorité" : outre que l'on peut trouver votre conception de l'enseignement un brin étroite et rigoriste, je ne vois pas en quoi cela affecte l'autorité" des profs : que parents et profs aient en commun le souci que la sortie scolaire se passe bien, quoi de mieux pour que les gamins ne deviennent pas schizophrènes ? Justement, on est enfin dans une relation qui n'est pas uniquement "autoritaire", mais de recherche d'un bien commun, ce qui me semble infiniment mieux. Enfin, votre petite phrase finale est condescendante, voire méprisante : voilà l'argument-massue, le mot-épouvantail lâché : LA BURKA : au secours !!! Ah, ces gens-là, quand on leur donne un peu, y veulent tout !!! Equation simpliste, simplificatrice, qui rejette l'Autre en bloc...

31/01/2011, 17:35 | Par arquius en réponse au commentaire de chiara.v le 30/01/2011 à 22:03

je me demande quand même si sur le fond, Livia n'a pas raison tout de même.

En effet, la présence des parents lors de sorties scolaires peut créer des conflits d'autorité dans la tête des enfants.

cet éclairage n'est pas dénué d'intérêt.

On focalise sur le voile, mais ce n'est peut être pas la question plus importante que pose ce cas ; même si c'est bien sûr la plus passionnelle et que nous l'avons tous abordé par là.

31/01/2011, 20:31 | Par livia vincent en réponse au commentaire de arquius le 31/01/2011 à 17:35

@arquius

Oui, en effet, ce que j'ai repéré c'est ce "partenariat", qui m'a surprise et qui m'a fait taxer d'ignorante...

Mais bon. Etant donné que les parents viennent trouver le maître, mais plus souvent la maîtresse, pardon la professeure des écoles pour se plaindre de sa façon d'enseigner, ou même pour carrément l'agresser (verbalement), autant qu'ils se joignent à la classe pour éviter que les enfants se perdent ou se fassent écraser en traversant.

Quand on se connaît on a moins tendance à se manquer de respect.

Evidemment, le VOILE a fait se lever le vent ! Il a suffi que j'écrive le mot burqua pour qu'aussitôt le fil s'allonge. Je suis douée, quand même, non ? Du calme, je plaisante.

Pour le conflit d'autorité, pensons juste aux enfants quand la mamie est en visite ; ou le contraire.

On peut aussi discuter de ce que pense l'enfant dont le père ou la mère se retrouve en sa compagnie sous l'autorité du professeur ?

Mais le voile... ah ! le voile ! "unique objet de nos ressentiments" Clin d'oeil

 

30/01/2011, 22:13 | Par NCA

Le point aveugle de ce billet c'est de ne jamais s'interroger sur la signification du voile, de prendre le voile pour un signe religieux, et poser une équivalence avec croix ou médaille.

Le voile est un signe d'opression, point barre. La femme se voile parce qu'elle est impure dans l'ordre moral. Vous êtes vraiment surs de vouloir montrer ça à vos enfants ? De le rendre admissible à leurs yeux ?

Si d'aventure il y avait sous nos latitudes des être humains qui soient des esclaves (vous savez par exemple ces petites bonnes importées clandestinement, que leur patrons bourreau font bosser du matin au soir ), vous supporteriez de les voir encadrer vos sorties scolaires avec des chaines aux pieds ?

ou vous discuteriez du poids des chaînes pour savoir si c'est tolérable dans le paysage ?

 

 

30/01/2011, 23:24 | Par Oliv92 en réponse au commentaire de NCA le 30/01/2011 à 22:13

Et vous faites quoi alors? Vous leur donnez des coups de pied dans la rue quand vous en croisez? N'importe quoi. Aterrant à quel point certains sont contents de se trouver des boucs émissaires, espérant ainsi faire oublier leur propre médiocrité, leur lâcheté.

30/01/2011, 23:15 | Par Ellemra en réponse au commentaire de NCA le 30/01/2011 à 22:13

@NCA

Où voulez-vous en venir avec vos arguments spécieux ?

vous mélangez tout, le voile et l'esclavage ! qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Point barre.

Johanna Siméant, l'auteur du billet, a me semble-t-il, et dans son billet et dans le commentaire qu'elle a posté à la suite de tous les autres, expliqué clairement pourquoi à ses yeux et aux yeux des autres parents il y avait discrimination manifeste. Sébastien Rome qui est directeur d'école donc confrère de cette dame qui prend d'étranges libertés avec la loi, a expliqué justement pourquoi il y a mauvaise interprétation de la loi : celle ci interdit aux élèves d'arborer tout signe extérieur d'appartenance à une religion ou tout signe ostentatoire d'une quelconque appartenance ou manifestation de pensée(s), ceci s'étend dans l'exercice de leurs fonctions et de leur rôle à toute personne qui intervient dans l'établissement de manière officielle.

Les parents qui accompagnent les enfants le font bénévolement, officieusement. Ils et elles ne sont pas dans le cadre d'une intervention en tant que professionnel.

A Livia qui s'étonne naivement de ça (encore heureux qu'ils et elles le fassent, sinon pas de sortie du tout ! ), là aussi relisez les textes, il y en a là dessus, vous trouverez tout ça si ça vous intéresse sur le site du MEN.

Et à tous ceux et celles qui pointent du doigt ce voile qu'ils-elles ne sauraient voir et qui du coup font peu de frais et peu de cas des femmes qu'ils-elles ostracisent en se drapant dans le drapeau de la liberté, vous n'avez pas l'impression d'être légèrement en contradiction avec vos beaux principes?

 

C'est réellement indigne.

31/01/2011, 10:29 | Par NCA en réponse au commentaire de Ellemra le 30/01/2011 à 23:15

réponse, ainsi qu'au commentaire précédent:

Je compare le voile aux chaines d'un esclave parce qu'il est un signe visible d'opression, en quoi ils ont tout à voir l'un avec l'autre.

je vous conseille la lecture de "bas les voiles" (ed. Gallimard) de Chahdortt Djavann, ça vous apprendra à quoi sert le voile, par quelqu'un qui l'a porté pendant dix ans (contrainte et forcée), ce qui ne doit pas être votre cas.

Elle parle du voile comme de "l'étoile jaune de la condition féminine" dit notamment que c'est "«une maltraitance psycho-sexuelle, un traumatisme qui marquera à jamais le corps et l'esprit des futures femmes».

Le voile est le marquage de la soumission de la femme. C'est bien en tant que tel qu'il doit être considéré, et donc ne pas être légitimé par l'autorité enseignante aux yeux des enfants.

 

31/01/2011, 19:39 | Par Ellemra en réponse au commentaire de NCA le 31/01/2011 à 10:29

Et moi je vous conseille de lire "les filles voilées parlent" de Malika Latrèche, Pierre Tévanian et Ismahane Chouder , ainsi La Gauche les Noirs et les Arabes de Laurent Levy.

Un autre point de vue.

31/01/2011, 00:22 | Par ispahan en réponse au commentaire de NCA le 30/01/2011 à 22:13

@Nca

Intéressant la façon dont vous traitez de la question du voile sans tenir compte du contexte culturel,social, religieux...dans lequel évolue ces femmes, esclaves? Avez-vous déjà rencontré ou parlé ne serait-ce qu'une fois avec ces femmes? En tout cas les rejeter pour les aider je trouve que c'est un concept assez paradoxal, très en vogue apparemment.

Une féministe

 

31/01/2011, 11:10 | Par Bicarbonate en réponse au commentaire de NCA le 30/01/2011 à 22:13

D'accord avec vous, NCA

Le combat contre le voile islamique est un combat pour des valeurs fondamentales, pas un combat contre des personnes. Il y a beaucoup de confusions et d'amalgames chez les défenseurs du voile. Ce n'est pas un objet de coquetterie, comme le foulard à la Bardot, qui ne cachait pas les cheveux, ou un bijou traditionnel comme la croix en or dans l'échancrure du corsage, plutôt discret.

L'islam cache les cheveux des femmes parce que les cheveux des femmes évoquent leur sexe.

Ce sont elles (leurs maris plutôt) qui f ... le bazar dans les hopitaux parce q'ils/elles refuseront de se faire soigner ou accoucher par un homme.

Le foulard n'est pas un symbole religieux, il faut le dire et le redire haut et fort. C'est l'héritage archaïque de sociétés archaïques où la "valeur" de la femme était (et est encore) définie en termes de monnaie d'échange et sa "vertu" une garantie de la pureté de la filiation ... Selon les critères du père, oncles et frères.

Les femmes voilées ont droit au respect comme tout le monde. Mais cela ne signifie pas que nous devions rester silencieux ou indifférents devant le symbole que par ignorance, tradition ou soumission, elles exhibent dans la rue.

 

 

30/01/2011, 23:31 | Par cabouin

Tout a fait d'accord avec le combat de Johanna Siméan.

Un grand merci également à notre "sentinelle" "appreneuse" qui n'a rien laissé passer et qui, comme a son habitude s'est montrée pédagoge et pleine de ce bon sens qui manque si cruellement aujourd'hui à notre société.

Bravo et merci infiniment Mesdames.

"La femme reste toujours l'avenir de l'homme"

31/01/2011, 00:00 | Par ispahan

Pédagogie zéro pointé!!! Les enfants veulent être unique aux yeux de leurs parents mais dès qu'ils arrivent en classe, à la cour de récré ils veulent être comme tous les autres ne pas se sentir différents des autres, il est de notre devoir en tant qu'adultes responsables( et surtout ceux dont c'est le métier) d'aider ses enfants à integrer, accepter leurs différences et aussi de contribuer à ouvrir les yeux de leurs camarades sur la diversité du paysage français qui n'est plus celui de 1930.

C'est avec une telle "politique éducative" que l'on fait naître un ressentiment profond, une crise identitaire grave chez ces enfants qui deviendront vite grands et, peut-être à leur tour, siffleront la marseillaise...

Je perds espoir quand je lis ce billet mais je le regagne aussitôt en notant que c'est vous, Johanna, une femme laïque et enseignante qui l'a écrit, merci d'avoir alerté, je vais le faire à mon tour.

31/01/2011, 02:38 | Par LaurentD

Je suis loin d'être spécialiste du problème. Cependant, une remarque : il me semble qu'il n'y a pas un droit inaliénable du parent à accompagner les sorties scolaires. De plus, pour avoir déjà accompagné des groupes d'enfants en présence de parents, je dirais qu'ils prennent en général un rôle plus important que celui de simple observateur ; ils participent en partie à la gestion du groupe et prennent de fait souvent un rôle de référent partiel. De ce fait, je comprends parfaitement que des enseignants puissent choisir de ne pas avoir comme accompagnant des gens qu'ils ne jugent pas soit dignes de confiance, soit en désaccord avec leur projet pédagogique (pour quelque raison que ce soit). Par exemple, un parent notoirement raciste. Y'a-t-il une loi interdisant aux parents racistes d'accompagner les sorties scolaires ? Je ne crois pas.

Pour moi, l'erreur fondamental a été d'invoquer une loi qui n'existe pas. Je pense en revanche que le fait de vouloir choisir les gens avec qui on va, même de façon très éphémaire, travailler, sans formation préalable, est tolérable.

Depuis quelques temps, les parents (en particulier associations de parents, peut-être plus la PEEP que la FCPE d'ailleurs) réclament sans cesse un droit de regard et de jugement de plus en plus grand sur les pratiques pédagogiques. Car, cela fait partie du "bon sens" tellement mis en avant actuellement : les parents savent mieux que quiconque ce qui est bon pour les enfants... Les professionnels prennent dans cette idéologie un rôle secondaire. Ainsi, les parents jugent que c'est le devoir des enseignants d'accepter l'intrusion dans leur groupe d'un parent, même s'ils n'ont pas du tout les mêmes conceptions éducatives et pédagogiques (on peut présumer qu'une femme voilée ait une vision différente de la laïcité, de même que quelqu'un qui porte une croix visible ou une kippa, pour ne pas faire de jaloux).

Le métier d'enseignant n'est déjà pas facile, mais s'il faut, en plus, devoir supporter les parents lors de sortie pédagogique (car, là aussi, contrairement à une idée répendue, une sortie pédagogique continue à être "l'école" et pas des vacances). Exigerait-on de même le droit aux parents à assister aux cours quand bon leur semble ?

Pour conclure, je pense que dans ce genre de cas, l'enseignant doit pouvoir être le seul juge de qui il accepte comme intervenant (car, d'une façon ou d'une autre, l'accompagnateur sera amené à un moment ou un autre à intervenir).

02/02/2011, 20:07 | Par greenmood en réponse au commentaire de LaurentD le 31/01/2011 à 02:38

Qu'on ne se trompe pas sur ma boutade quant au "droit imprescriptible" que je réclame de pouvoir choisir les parents qui accompagnent ma classe en sortie...

Car oui, malgré l'absence de moyens (savez-vous combien il faut vendre de crèpes lors d'une kermesse pour financer une sortie au cinéma ?de photos scolaires pour payer un bus pour aller au musée ou en forêt ?), une sortie, c'est pédagogique. Sinon, c'est pas permis par les textes. Eh non !

La présence de parents accompagnateurs est indispensable, et riche. Indispensable pour la sécurité du groupe, riche d'échanges multipliés avec les enfants. Merci aux parents qui se "tapent" les sorties piscine (menacées) à longueur d'année. Pour Livia, ils sont dans ce cadre assurés par le contrat d'assurance de l'école, mais leur responsabilité civile demeure engagée.

Si je plaisante sur le droit de choisir ces parents, c'est en ayant écarté toute hypothèse de choix basés sur des critères idéologiques/racistes/religieux.

Et par exemple, une Madame A., qui a largement donné de son temps libre et prouvé son attachement à l'école, qui s'investit en tant que parent délégué, (et qui s'est probablement tapé plus d'un après-midi à vendre des crèpes pour financer la coopérative), j'en déduis qu'elle sera à même, dans un groupe d'enfants, de veiller au bien-être et à la sécurité de chacun, et de partager mes objectifs pédagogiques pour la sortie. Parce qu'elle a prouvé qu'elle visait l'intérêt collectif, et non seulement celui de son enfant. C'est mon critère. Je n'ai à en prendre aucun autre en considération, quels que soient mon féminisme/ma foi/mon athéïsme...

Bon, me direz-vous, quid en cas de Madame UMP ? alors là .......... Innocent

 

31/01/2011, 07:40 | Par cloclo

Il faut croire que les écoles privées cato sont plus tolèrantes, car dans l'Ouest parisien pas de problèmes pour que des femmes voilées viennet chercher à l'intérieur des cours d'école au milieu des curés les chers bambins tous plus blonds les uns que les autres !!

Bon d'accord ce ne sont que des nounous ....

31/01/2011, 09:11 | Par J Gonnot

Je soutiens la démarche de le FCPE de Pantin.

J'étais enseignante et j'étais outrée d'entendre des directeurs refuser la tenue des urnes pour les élections de parents par des femmes portant le foulard alors qu'ils manquaient de bénévoles "laïcs".

Ces femmes n'avaient qu'un souhait: s'intégrer dans la communauté de parents avec leurs convictions qui se voient , alors que d'autres parents ne prenaient aucune responsabilités et ne pensaient qu'à critiquer l'école et votaient FN, ce qui ne sevoit pas!

31/01/2011, 09:19 | Par jean-claude fall

Le débat est significatif d'un malentendu initial. Qu'est-ce qui est choquant dans le port du voile? Deux choses à mes yeux:

-l'affirmation de la "dangerosité" des femmes en tant qu'objets de convoitise sexuelle, ou autrement formulé la diabolisation du corps des femmes. Cela est vrai dans d'autres pratiques religieuses (chez les juifs par exemple, une femme doit être voilée ou porter une perruque, mais cette pratique est quasiment tombée en désuétude)

-le prosélytisme religieux. Le port du foulard marque dans la plupart des cas l'affirmation d'une appartenance communautaire d'une part mais aussi tend à faire à travers cette affirmation un appel aux autres femmes (musulmanes en particulier) pour qu'elles suivent le "bon" exemple.

Je pense que tout signe ostentatoire d'une appartenance religieuse devrait être banni de l'espace public. Les religions et leurs guerres hégémoniques ont fait assez de dégâts me semble-t-il. C'est vrai pour toutes les religions (y compris bien sûr les religions chrétiennes).

31/01/2011, 10:11 | Par Virgil Brill

Armelle Chevassu, Oliv92 et quelques autres ont à mon avis dit ce qu'il y avait à dire pour commenter ce billet en sorte qu'il n'y ait pas de possibilité de malentendu. Je suis dans ces conditions affligé (mais pas surpris, hélas) qu'il y en ai encore pour justifier, avec des arguments spécieux, la sottise étriquée de cette directrice. Islamophobie ? Racisme (ce qui est bien autre chose) ? Bof. Est-il bien nécessaire de sortir les grands mots (souvent un peu fourre-tout) quand "connerie" paraît bien suffisant.

La bigoterie est partout, y compris sous la forme d'anti-bigoterie…

31/01/2011, 10:59 | Par lutin2

à Jean Claude,

"Je pense que tout signe ostentatoire d'une appartenance religieuse devrait être banni de l'espace public. Les religions et leurs guerres hégémoniques ont fait assez de dégâts me semble-t-il. C'est vrai pour toutes les religions "

entièrement d'accord avec vous, les religions, leurs signes ou ceux qui les affichent n'ont absolument rien à faire dans l'espace public. Cette directrice d'école publique a raison .

La France a séparé la religion et l'Etat il y a plus d'un siècle et c'est très bien ainsi. Il est réellement pénible que sans cesse les "croyants" de quelque religion que ce se soit essaient de rentrer par la fenêtre dès lors qu'ils ont vu l'accès de la porte se fermer.

la règle est pourtant simple: vous appartenez à une société qui vous laisse toute latitude dans l'exercice de vos croyances la seule contrepartie étant de respecter vous aussi la liberté des autres citoyens qui eux ne sont pas sensibles à la grâce divine.

31/01/2011, 12:00 | Par Ubud

Compliqué tout cela!, mais en quoi est-il "impossible", lorsque l'on désire participer à l'activité d'une école laïque, d'enlever pour 2 ou 3 heures ce signe ostensiblement religieux? En quoi peut-il y avoir perte de son âme?, comment cela peut-il traduire un quelconque renoncement religieux?

Aller chercher ses enfants à l'école et participer à l'activité de l'école sont peut-être deux aspects totalement différents.

31/01/2011, 15:33 | Par Belange

Moi, je trouve dommage de ne pas prendre des femmes voilées dans les sorties : c'est une occasion pour elles de sortir de leur quotidien, de voir autre chose , de rencontrer d'autres parents , de se sentir plus à l'aise à l'école , à la bibliothèque, au musée etc Et puis , surtout, ce sont, avant tout, des mamans comme toutes les mamans du monde !

02/02/2011, 20:43 | Par greenmood en réponse au commentaire de Belange le 31/01/2011 à 15:33

Ce sont peut-être aussi des occasions de partager ce qu'elles connaissent : diplômée des beaux-arts au musée ? botaniste en forêt ? conteuse à la bibliothèque ? musicienne ? ...

31/01/2011, 16:25 | Par tangofloral

Je suis contre tous signes religieux ostentatoires à l'école. On parle de "discrimination". En réalité, ces parents veulent se distinguer eux même en montrant qu'ils appartiennent à une classe "différente". Dans le Coran d'ailleurs, le voile distingue la femme "libre" qui "porte la mante" de la femme d'une "catégorie inférieure" qui ne porte pas le voile...

(verset 59 de la sourate XXXIII)

Ceci peut laisser à penser aux enfants qu'il existe différentes catégories de mamans, les "élues" et les autres?

31/01/2011, 18:42 | Par zabriskie.point@orange.fr

Madame la Directrice,

Cette affaire de voile, en l'occurrence un foulard sur les cheveux, montre que la principale cause de la discrimination et du racisme est l'ignorance obtue de notre population, et pire encore, le devoir de mémoire courte auquel elle se plie si volontairement.

Je suis suffisamment âgé pour me souvenir que ma grand-mère, toute catholique -et donc "libérée" - qu'elle fût, ne sortait pas sans sa voilette. Ma mère, pourtant une maître femme à la maison, mettait aussi cette voilette, mais que pour aller à la Messe. Et l'une et l'autre n'étaient pas considérées par les voisines comme des phénomènes de cirque, tant le port de la voilette était courant. A des nuances de transparence entre le voile musulman et la voilette, la raison de leur port était la même. Il faut également se souvenir qu'au 18e siècle, une dame de "bonne société" parisienne s'interdisait de sortir sans un voile et même parfois un masque. Il y a donc bien moins d'un siècle, à peine plus de la moitié, que le port du voile a disparu de nos moeurs européennes tellement exemplaires à vous voir agir.

Revenons à cette race arabe tant objet de discriminations. Je, Vous madame la directrice, Nous tous ensemble sommes responsables de cette "différence" sur laquelle se construit le racisme. Car voici 14 siècles que, depuis la première croisade jusqu'à l'invasion criminelle de l'Irak et de l'Afghanistan, notre occident chrétien n'a eu de cesse de harceler et d'envahir les nations arabes : guerres de "libération" de la Terre Sainte (mais qu'attendons nous alors pour chasser les Juifs d'Israel, eux qui ont fait crucifier le Christ ?) ; guerres "apportant la lumière et la foi à des pays mécréants" et qui furent la justification de toutes les colonisations ; guerres contre la terreur, beaucoup plus modernes, le monde arabe ayant le grave tort de disposer de ressources naturelles prioritaires dans notre développement.

Et vous semblez choquée que les moeurs de ces musulmans soient différentes des nôtres alors que notre premier objectif a systématiqment été de nuire à leur développement social et économique, comme l'a si brillament démontré Mme Alliot-Marie au sujet de la révolte tunisienne en proposant l'aide des forces de l'ordre françaises ?

L'Algérie française comptait environ 10 millions d'habitants en 1956, dont 9/10e de musulmans. Dans ma classe de troisième au lycée d'Oran, il y avait 3 musulmans sur 32 élèves. Ce fut le meilleur des cas, d'ordinaire il y en avait moins, mais au moins un, "liberté, égalité, fraternité" oblige.

Je suis en âge probablement d'être votre père et il est dommage que je ne le sois pas, votre père : vous prendriez une sacrée fessée, croyez-moi,mariée ou pas ! Dieu dans sa toute puissance n'aurait pas osé traiter cette Madame A. comme vous l'avez fait, outrecuidante femme !

 

 

 

31/01/2011, 18:43 | Par zabriskie.point@orange.fr

Madame la Directrice,

Cette affaire de voile, en l'occurrence un foulard sur les cheveux, montre que la principale cause de la discrimination et du racisme est l'ignorance obtue de notre population, et pire encore, le devoir de mémoire courte auquel elle se plie si volontairement.

Je suis suffisamment âgé pour me souvenir que ma grand-mère, toute catholique -et donc "libérée" - qu'elle fût, ne sortait pas sans sa voilette. Ma mère, pourtant une maître femme à la maison, mettait aussi cette voilette, mais que pour aller à la Messe. Et l'une et l'autre n'étaient pas considérées par les voisines comme des phénomènes de cirque, tant le port de la voilette était courant. A des nuances de transparence entre le voile musulman et la voilette, la raison de leur port était la même. Il faut également se souvenir qu'au 18e siècle, une dame de "bonne société" parisienne s'interdisait de sortir sans un voile et même parfois un masque. Il y a donc bien moins d'un siècle, à peine plus de la moitié, que le port du voile a disparu de nos moeurs européennes tellement exemplaires à vous voir agir.

Revenons à cette race arabe tant objet de discriminations. Je, Vous madame la directrice, Nous tous ensemble sommes responsables de cette "différence" sur laquelle se construit le racisme. Car voici 14 siècles que, depuis la première croisade jusqu'à l'invasion criminelle de l'Irak et de l'Afghanistan, notre occident chrétien n'a eu de cesse de harceler et d'envahir les nations arabes : guerres de "libération" de la Terre Sainte (mais qu'attendons nous alors pour chasser les Juifs d'Israel, eux qui ont fait crucifier le Christ ?) ; guerres "apportant la lumière et la foi à des pays mécréants" et qui furent la justification de toutes les colonisations ; guerres contre la terreur, beaucoup plus modernes, le monde arabe ayant le grave tort de disposer de ressources naturelles prioritaires dans notre développement.

Et vous semblez choquée que les moeurs de ces musulmans soient différentes des nôtres alors que notre premier objectif a systématiqment été de nuire à leur développement social et économique, comme l'a si brillament démontré Mme Alliot-Marie au sujet de la révolte tunisienne en proposant l'aide des forces de l'ordre françaises ?

L'Algérie française comptait environ 10 millions d'habitants en 1956, dont 9/10e de musulmans. Dans ma classe de troisième au lycée d'Oran, il y avait 3 musulmans sur 32 élèves. Ce fut le meilleur des cas, d'ordinaire il y en avait moins, mais au moins un, "liberté, égalité, fraternité" oblige.

Je suis en âge probablement d'être votre père et il est dommage que je ne le sois pas, votre père : vous prendriez une sacrée fessée, croyez-moi,mariée ou pas ! Dieu dans sa toute puissance n'aurait pas osé traiter cette Madame A. comme vous l'avez fait, outrecuidante femme !

 

 

 

31/01/2011, 18:43 | Par zabriskie.point@orange.fr

Madame la Directrice,

Cette affaire de voile, en l'occurrence un foulard sur les cheveux, montre que la principale cause de la discrimination et du racisme est l'ignorance obtue de notre population, et pire encore, le devoir de mémoire courte auquel elle se plie si volontairement.

Je suis suffisamment âgé pour me souvenir que ma grand-mère, toute catholique -et donc "libérée" - qu'elle fût, ne sortait pas sans sa voilette. Ma mère, pourtant une maître femme à la maison, mettait aussi cette voilette, mais que pour aller à la Messe. Et l'une et l'autre n'étaient pas considérées par les voisines comme des phénomènes de cirque, tant le port de la voilette était courant. A des nuances de transparence entre le voile musulman et la voilette, la raison de leur port était la même. Il faut également se souvenir qu'au 18e siècle, une dame de "bonne société" parisienne s'interdisait de sortir sans un voile et même parfois un masque. Il y a donc bien moins d'un siècle, à peine plus de la moitié, que le port du voile a disparu de nos moeurs européennes tellement exemplaires à vous voir agir.

Revenons à cette race arabe tant objet de discriminations. Je, Vous madame la directrice, Nous tous ensemble sommes responsables de cette "différence" sur laquelle se construit le racisme. Car voici 14 siècles que, depuis la première croisade jusqu'à l'invasion criminelle de l'Irak et de l'Afghanistan, notre occident chrétien n'a eu de cesse de harceler et d'envahir les nations arabes : guerres de "libération" de la Terre Sainte (mais qu'attendons nous alors pour chasser les Juifs d'Israel, eux qui ont fait crucifier le Christ ?) ; guerres "apportant la lumière et la foi à des pays mécréants" et qui furent la justification de toutes les colonisations ; guerres contre la terreur, beaucoup plus modernes, le monde arabe ayant le grave tort de disposer de ressources naturelles prioritaires dans notre développement.

Et vous semblez choquée que les moeurs de ces musulmans soient différentes des nôtres alors que notre premier objectif a systématiqment été de nuire à leur développement social et économique, comme l'a si brillament démontré Mme Alliot-Marie au sujet de la révolte tunisienne en proposant l'aide des forces de l'ordre françaises ?

L'Algérie française comptait environ 10 millions d'habitants en 1956, dont 9/10e de musulmans. Dans ma classe de troisième au lycée d'Oran, il y avait 3 musulmans sur 32 élèves. Ce fut le meilleur des cas, d'ordinaire il y en avait moins, mais au moins un, "liberté, égalité, fraternité" oblige.

Je suis en âge probablement d'être votre père et il est dommage que je ne le sois pas, votre père : vous prendriez une sacrée fessée, croyez-moi,mariée ou pas ! Dieu dans sa toute puissance n'aurait pas osé traiter cette Madame A. comme vous l'avez fait, outrecuidante femme !

 

 

 

31/01/2011, 20:13 | Par livia vincent

Eh bien !.........bravo ! Tout le monde est très doué pour "faire monter la mayonnaise" !Rire

Je ne comprends pas que les enseignants aient besoin des parents pour accompagner les enfants en sortie scolaire.

Etant donné les suppressions de postes qui s'accélèrent et tous les problèmes que rencontrent les enseignants dans leurs classes, bientôt il faudra supprimer les sorties (c'est pas plus mal, celle de fin d'année est bien suffisante...) ou les laisser organiser aux seuls parents !

Je n'ai pas lu de réponse au sujet de la responsabilité engagée des accompagnateurs non-scolaires ; ont-ils une sorte de contrat ?

Je persiste en ce qui concerne le partage de l'autorité dès lors qu'il ne s'agit pas d'une sortie purement récréative (il paraît que les élèves sont plus souvent au musée du coin qu'en classe, mais c'est un autre sujet).

A l'école c'est la maîtresse qui "commande" point/barre et à la maison ce sont les parents.

"Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés."

Ainsi, pas de jaloux, avec ou sans voile, pas de racisme, avec ou sans ss...Rire

 

 

01/02/2011, 18:44 | Par chiara.v

Livia, vous devriez lire Bruno Bettelheim. "A l'école, c'est la maîtresse qui commande..." Les parents ne font pas que commander. Les profs ne font pas que commander. Il y a des profs racistes et des parents racistes : si un parent fait preuve de bonne volonté pour aider l'enseignant, tant mieux, non ? Et en général, ceux qui viennent sont minoritaires par rapport aux profs, et ne viennent pas pour enquiquiner le monde ! Je ne comprends pas ce sectarisme. Il faudrait aller voir ce qui se passe dans les pays nordiques (par exemple au Danemark), où les profs ne considèrent par leur classe comme un fief où nul n'a le droit de fourrer son nez, même si leurs cours sont lamentables. Ils travaillent en équipe, et il est fréquent qu'un collègue assiste au cours d'un autre collègue pour l'aider, lui apporter son point de vue. Tout cela revient à un choix concernant l'école : on l'ouvre sur l'extérieur (y compris, oui, les mamans voilées) au lieu de se ratatiner dans ses dogmes.

Merci aussi à Armelle Chevassu, patiente argumentatrice...

01/02/2011, 23:47 | Par georges calmettes

« Un jour j'ai réalisé que j'habitais dans un pays où j'avais peur d'être noire. C'était un pays réservé aux Blancs. Il n'y avait pas de place pour les Noirs. J'étouffais aux États-Unis. Beaucoup d'entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris. » Josephine Baker

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