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Faut-il encore faire du business en Chine?
Rio Tinto, ce n'est pas une marque de maillots de bain brésiliens mais le nom du plus grand groupe minier australien. Quatre de ses salariés se sont embourbés dans une sale histoire d'espionnage commercial puis de pots de vin. Le procès se déroulait à Shanghai et le verdict est tombé ce matin: à frémir, puis à méditer.
7, 8, 10 et 14 ans de prison pour les 4 employés de Rio Tinto mis en cause. Le premier d'entre eux, Stern Hu, chef des opérations en Chine et Australien d'origine chinoise, a pris dix ans. Il avait plaidé coupable mais nié les montant des pots de vin évoqués. Les peines infligées par la cour de Shanghai sont très lourdes et risquent de calmer fortement les ardeurs de grands groupes étrangers en Chine. On se souvient du gros litige entre Danone et Wahaha. Où Danone avait porté plainte contre son associé Wahaha pour avoir exploité en douce et sous sa propre marque, une quarantaine de produits similaires. Après deux ans de discorde, Wahaha n'a pas été condamné mais Danone a pu se débarasser cette "joint venture" bien trop contraignante en revendant, en septembre dernier, ses parts à moindre coût, dans la perspective de poursuivre son activité en Chine.
Ici, l'arrestation il y a un an des 4 compères de Rio Tinto coincidait avec le choix du groupe australien de ne plus négocier avec leur client chinois les prix de vente de leur aluminium. Résultat, les Australiens revendaient la matière première 80% plus cher que ce que les Chinois demandaient. Depuis quelques semaines, on semblait déceler un changement de cap. Les Australiens annonçaient un accord avec les Chinois pour aller explorer un minerai en Afrique. Le premier ministre australien Kevin Rudd n'était pas prêt à autant de compassion et exigeait la clémence de la justice chinoise.
Désormais, les multinationales un peu trop gourmandes avec les Chinois peuvent s'attendre à être traitées comme des dissidents politiques*.
*A la différence près, que les journalistes étrangers ont eu le droit de pénétrer dans le tribunal pour entendre le verdict.


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Bonjour et merci pour votre article.
Avez-vous vu le documentaire de Thierry Michel : "Katanga Business"
http://www.katanga-lefilm.com/
http://www.afrik.com/article16618.html
extraits ;
"A qui profitent les ressources minières ?
Au Katanga comme à Madagascar, des hommes d’affaires prennent le pouvoir politique. L’enjeu est alors de savoir au profit de qui : ceux qui les ont portés au pouvoir ou les investisseurs. C’est ce qu’explore Katanga Business dont la grande qualité est de ne pas tomber dans la dénonciation mais de dégager la complexité du réel. Il ne le fait pas par de grandes explications socio-économiques mais en s’attachant à des hommes clefs aussi bien qu’au peuple concerné. C’est ainsi que Katanga Business dépasse les frontières du Katanga et place l’humain au centre du devenir économique mondial. Un nouvel ordre se construit en Afrique où l’industriel et le politique vont de paire et qui n’est pas sans douloureusement rappeler les manipulations coloniales. Face aux "derniers colons" (titre du film de Thierry Michel de 1995), de nouveaux viennent convoiter avec force dollars et promesses les richesses du sous-sol nécessaires à leur expansion, à commencer par la Chine dont la force de frappe est facilitée par un capitalisme d’Etat qui ne doit pas composer avec le marché mais qui doit tenir compte des pouvoirs locaux."
Quand on pense que les suedois ont fait un scandale quand VOLVO et RENAULT voulaient faire allaince... Il se sont fait acheter par les américains et maintenant par le chinois. Les chinois ont promis de garder les emplois en Suède....Pour combien de temps?...
A force de penser que la Chine etait longue a s'eveiller, certains reveils risquent d'etre douloureux du cote de ceux qui considere desormais la Chine comme un marche a leur disposition. Les mechants chinois contre les gentils Rio Tinto ou Google, c'est franchement un peu court a moins de considerer que Google n'est pas un marchand de donnees personnelles mais un pourfendeur de la liberte d'expression et que Rio Tinto n'est qu'un fournisseur de matieres premieres ... Il ne faut pas trop tirer sur la tige (cf le paysan de Mencius). La Chine a le temps pour elle et il faudra bien s'y adapter. Pour Danone, je concede que le cas est effectivement plus embarrassant.
Je vous rejoins sur Google en disant qu'il n'est pas le pourfendeur de la liberté d'expression et que son petit numéro de redirection vers Google Hong Kong ne fait pas du tout avancer sa cause. Les internautes chinois ne sont pas dupes et légitiment encore davantage le moteur Baidu. La démocratisation du web, l'effondrement de la censure ne pourront venir que de l'intérieur, grâce aux internautes chinois les plus actifs.
J'ai pu constater combien les netizens sont utilises/manipules sur des sujets sensibles et ca peut ressembler a de la democratie particip...active, je trouve la Chine tres en avance sur nous pour les buzz en pre-fabriques. franchement je crois que a democratie vaut mieux que 99% d'internet meme en occident mais c'est un autre debat. a bientot a beijing
Pour ne pas casser trop de sucre sur les chinois, je discutais hier avec le directeur d'un cabinet d'audit d'usines textiles, qui partage son temps entre l'Inde, le Bengladesh et la Chine. Il a conclu avec cette phrase: "Je préfère 100 fois être salarié dans une usine chinoise dans un pays autoritaire, que de travailler dans une usine indienne, dans un pays démocratique".
Les armes redoutables des Chinois sont ...leur silence et leur fabuleuse faculté à rapidement se déployer. Ils sont parfaitement orchestrés. Malheureusement l'arrogance de l'Occident, qui transpire encore et toujours la nostalgie des défuntes ères coloniales, nuit fortement à son crucial besoin d'évolution. Notre réel souci est de vivre... et de mourir...dans nos structures archaïques.
D'autant plus dommage qu'il y a de la matière grise inexploitée en Occident, qu'il serait urgent de ne pas continuer à ignorer, mais surtout de laisser s'exprimer.
Dans ce domaine, je ne vois pas l'horizon se dégager.