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Les laïques, la crise et l'avenir de l'Eglise
L'interview, roborative, de Christian Terras à Mediapart à propos des infractions de pédophilie dans l'Eglise vaut pour cette affirmation d'abord: «La stratégie du Vatican est suicidaire et ne lui survivra pas». En fait, elle n'est pas consciemment suicidaire. Elle se veut même le contraire.
Le Vatican se livre à une sorte d'exercice militaire que les légions nommaient tortue romaine. Il se forme une boule humaine qui se protège de ses boucliers. On s'isole par une carapace d'acier des flèches de l'ennemi, qui sont, au passage, devenues des « jacasseries » dans une allocution de soutien inhabituelle, voire insolite, du cardinal Soldano, secrétaire d'Etat, au pape. Nombre de conférences épiscopales ont embrayé, révélant l'ampleur du désarroi.
Il s'agit d'une pastorale sécuritaire. Elle retarde les échéances mais elle n'anticipe pas, elle n'innove pas et il n'est même pas certain qu'elle rassure. C'est là que l'on peut reprendre le fil de la réflexion initiée par Christian Terras. Mais justement, doit-on confondre le Vatican et l'Eglise ?
Le Vatican, c'est-à-dire la forme centralisée de l'Eglise catholique romaine, est-il si intimement lié à l'existence de l'Eglise que celle-ci ne peut lui survivre ? Il est dit dans le Credo l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique. Il n'est pas dit que l'on croit à une Eglise Vaticane...
Le pontificat de Benoît XVI est périodiquement secoué par des crises qui se rapprochent. Avec les musulmans et sa reprise sans prudence de propos de Manuel II Paléologue sur le Prophète Mahomet, avec les juifs et l'affaire Williamson, avec les juifs encore et la singulière comparaison établie par un prédicateur à Saint Pierre entre les critiques adressées à l'Eglise aujourd'hui et l'antisémitisme, avec les juifs et toute une partie de l'Eglise catholique enfin avec le procès –si contesté, si contestable– en béatification de Pie XII.
A croire que l'histoire a déserté le Vatican. Ou que s'opère une lente restauration de ce que le concile Vatican II avait ouvert, avec l'inestimable Jean XXIII, et qui s'était arrêté net en juillet 1968 avec l'encyclique Humanae Vitae de Paul VI, véritable texte de fermeture sur la sexualité.
La virulence qui entoure la révélation des cas de pédophilie dans l'Eglise tient d'ailleurs plus à cela qu'à la personnalité de Benoît XVI ou à des faits particuliers dont il se serait rendu responsable, car de cela il n'y a rien. Elle est le résultat de cette intransigeance moralisatrice, quasi inhumaine, dans le domaine des mœurs et de la sexualité, d'une institution qui a longtemps préféré fermer les yeux sur l'abus sexuel d'enfants ou d'adolescents mis sous sa garde, alors qu'elle prétendait dicter une conduite. Ce n'est pas que des membres de l'Eglise aient failli qui génère le reproche. C'est d'avoir tant appelé à faire le ménage dehors quand on le faisait si peu chez soi. C'est l'expression d'une colère trop longtemps rentrée, pour ceux qui ont encore de la colère, cette exaspération de la pitié comme la définissait Claudel.
Cette période est évidemment vécue comme injuste et humiliante pour des milliers de religieux, personnes au dévouement remarquable et exemples d'humanité absolue, elle est malaisée pour des millions de croyants mais c'est la loi du genre. Cette lapidation traduit en fait la crise du gouvernement de l'Eglise et sa perte d'autorité.
Le Vatican, c'est le secret. C'est une sorte de bureau politique, c'est un appareil clérical comme il y a un appareil de parti ou un appareil d'Etat. Sa longévité tient au culte de l'obéissance qui lui est consubstantiel et qui fait que les esprits les mieux intentionnés finissent par céder, obéir, se taire ou partir.
Deux exemples chez deux ecclésiastiques très différents démontrent bien cette attitude d'acceptation, parfois incompréhensible pour les modernes, et que l'on peut sans doute qualifier de générationnelle.
Le premier est emprunté à l'histoire récente des jésuites. La Compagnie de Jésus a eu à sa tête comme supérieur général de 1965 à 1983 un homme exceptionnel, Pedro Arrupe. Il a symbolisé à lui seul l'extraordinaire mutation de la Compagnie en ordre ouvert sur toutes les causes du monde aux côtés des pauvres, des réfugiés, donnant son vrai sens à la sentence d'Ignace de Loyola: «l'amitié des pauvres fait devenir ami du Roi éternel». Des dizaines de jésuites payèrent de leur vie cet engagement sous toutes les latitudes dictatoriales du monde. Suspecté de faire la part trop belle à la théorie de la libération et à un catholicisme trop ouvert, harcelé, le supérieur général, épuisé, remit sa démission à Jean Paul II. Il ne rompit cependant pas. Perinde ac cadaver, toujours...
Un autre exemple, celui d'Eugene Tisserant. S'il y eut un cardinal lucide sur le fascisme dès le pontificat de Pie XI ce fut bien celui-ci. Conservateur aurait-on dit à l'époque, mais d'un anti-nazisme sans concession, aussi spirituel que viscéral, il est sur la ligne de feu et il multiplie les mises en garde, qui sont autant de critiques à l'égard des tergiversations de Pie XII. Il écrit dès le 11 juin 1940, à l'heure de l'effondrement français, au cardinal Suhard: «Je crains que l'histoire n'ait à reprocher au Saint Siège [Pie XII] d'avoir fait une politique de commodité pour soi même et pas grand-chose de plus.» Sans appel, et pas de quoi créer un saint supplémentaire... Et pourtant ce futur doyen du Sacré Collège, qui compara l'attitude du gouvernement de Vichy «à celle d'un valet», ne rompra pas.
Ce que deux personnalités aussi fortes, aussi pleines de courage, et il y en a tant d'autres, et à leur manière si différentes, ont accepté, qui pourrait y parvenir ? La réponse tient en deux mots : les laïques.
C'est à eux dorénavant de prendre la parole, eux que Vatican II a autorisé, sinon à être écoutés à ce jour, du moins à pouvoir parler. Une revue comme Golias le manifeste bien. D'autres médias, La Vie, Témoignage Chrétien, des revues ordinales, des groupes comme Nous sommes l'Eglise, les Réseaux du parvis, David et Jonathan, ou encore la récente Conférences catholique des Baptisé-e-s de France l'illustrent chacun à leur manière, avec des styles différents, aux côtés de mouvements plus anciens mais aux pratiques toujours renouvelées comme le CCFD, le Secours catholique, Emmaüs et bien d'autres. Il existe des centaines de communautés locales, de base, des milliers de diacres. L'Eglise se vit là aujourd'hui même si ce n'est pas là qu'elle est encore officiellement reconnue.
Notons que ces structures ont ceci de commun que l'œcuménisme s'y porte bien, le dialogue inter religieux aussi, la place des femmes y est indiscutée, la liberté de parole respectée et le dialogue privilégié à la sentence. L'option préférentielle des pauvres y est réaffirmée et souvent traduite en actes.
L'Eglise du XXIe siècle sera celle des laïques. C'est pour elle la seule chance de ne pas devenir une simple sous culture, impasse décrite par l'archevêque de Poitiers, Albert Rouet, qui appelait le jour de Pâques l'Eglise à abandonner un quadrillage médiéval et les chrétiens à apprivoiser le monde pour le rendre aimable. Dans un monde fragmenté à l'extrême, ceci n'est pas un luxe. Voilà pourquoi l'évolution dans un sens ou un autre de l'Eglise doit intéresser, à commencer par l'Europe, au-delà du seul peuple catholique.
Par Jean Pierre Mignard
Avocat
Maître de conférences à l'IEP de Paris.


Tous les commentaires
Merci pour cette réflexion. Si l'Eglise du XXIeme sera celle des laïques, en quoi sera t-elle encore une Eglise?
Bonne remarque Vincent. Ce sera une association loi "1905"
Les catholiques vont recréer l'Eglise primitive, libre et clandestine. On leur reprochera de faire comme les musulmans, pas assez visibles, alors on organisera des élections pour constituer un organisme représentatif, et puis on leur reprochera d'avoir trop d'influence, et puis .... on sera mort.
Pendant ce temps les Palestiniens crèvent à Gaza, les Irakiens se font pulvériser à Bagdad, les Chinois déportent leur prisonniers pour les soumettre au travail forcé en Afrique. Et nous nous prélassons dans le modèle matérialiste mercantilequi se satisfaisant de ces situations nécesaires à notre bien être dont l'un des seuls à les dénoncer officiellement est le pape. Vivement qu'il disparaisse. Qu'on puisse consommer en paix.
Votre humour me ravit, cher POJ ! Et j'espère qu'il existe encore des chrétiens qui savent que le Christ n'a pas grand chose à voir avec tout cela.
On confond souvent Eglise et ministère sacerdotal. C'est une erreur.Les apôtres n'étaient pas des prêtres mais des témoins, martyros en grec. Comme d'autres confondent la République avec l'administration préfectorale. Non c'est le peuple et le suffrage universel.
Jesus de Nazareth dit d'ailleurs "Là ou vous êtes deux je suis au milieu de vous". Mon texte ne signifie pas la fin de la prêtrise mais la fin du pouvoir clérical sur les croyants. Le Concile donne d'ailleurs de l'Eglise la définition de "peuple de Dieu". Mgr Rouet indique que le prêtre préside mais ne gouverne pas. Les catholiques conciliaires laiques ou pas n'ont donc pas tort de dire "Nous sommes l'Eglise". Toute autre conception est césariste. Rendons donc à Cesar ..vous conaissez la suite.
Sa longévité (le vatican) tient au culte de l'obéissance qui lui est consubstantiel et qui fait que les esprits les mieux intentionnés finissent par céder, obéir, se taire ou partir. Mais, n'est-ce pas l'essence même du catholicisme romain au sein du monde plus vaste de la Chrétienté?
Vous avez raison. L'Eglise constantinienne est toute là. Vatican II a ébranlé les fondations du centralisme romain dont la nature est profondément autoritaire. Ebranlé seulement....
Que cet article est pertinent ! Pour en saisir toute la portée, je crois qu'il faut être un catholique romain, (laïc ou non) qui a vécu en France les remous de l'Eglise depuis le Concile. Comment les autres pourraient-ils savoir? Merci à l'auteur.
Tout s'accélère, les cultures les religions sont bousculées de toute part. Les grandes religions monolithiques deviennent fragiles. Jean Pierre Mignard a raison l'avenir dans ce domaine c'est bien plus les petites structures bien adaptées à leur contexte et qui n'empêchent nullement un certain consensus entre elles.
Détail secondaire : pour moi "laïque" est un adjectif, ou le féminin du nom "laïc" = qui ne fait pas partie du clergé.
Mille fois d'accord avec vous, le statut des clercs dans le catholicisme est le verrou qui maintient le système. Ceci dit, une alternative est-elle possible? et quelles conséquence en imaginer? Vous évoquez l'évêque de Poitiers, Albert Rouet, et sa critique fondée d'un "quadrillage médiéval" par des paroisses dirigées de fait et de droit par des clercs. Il a sur son diocèse contourné ce système. J'attends de voir quel successeur Rome va lui donner dans quelques mois et - s'il est comparable aux nominations les plus fréquentes de ces années - ce que deviendront les communautés qu'il a lancées. Si le nouvel évêque prend une autre orientation, les laïcs sauront-ils s'organiser pour "résister" et au nom de quoi? Est-il même certain qu'une tendance assez puissante veuille poursuivre? Ceux qui se souviennent des courants des années 60-70 savent qu'ils étaient importants quantitativement, mais savent aussi qu'ils se sont pas mal volatilisés, et que leurs membres qui n'étaient pas des jeunots...ont pris quarante ans! A 69 ans, je fais partie des relativement jeunes. Je ne vois pas bien une nouvelle génération remonter sur ce front que tout le monde sait déserté. Restons optmistes et prenons comme vous le pari que, via la presse catholique que vous évoquez, un débat public et un courant visible et structuré se manifestera. Pourquoi ce qui a reflué depuis Vatican II connaîtrait-il un retour puissant? ou plus exactement : comment ? Il faut s'en prendre à la légitimité du clergé romain, et de son ecclésiologie, la déconstruire, comme le faisait Jean Luc Nancy (et oui) au temps de sa jeunesse dans le catholicisme. Ce qui peut déboucher sur une forme de mouvements sectaires (au sens positif et premier du mot, on coupe). Ou qui peut - plus sûrement - donner naissance à des "chrétiens sans Eglise", réunissant par des liens immatériels des groupes plutôt intellectuels et dominés, qui continueront de porter le message dangereux de la croix, sous des formes de vie sociale alternative, de mouvements critiques, etc. Ces deux solutions et surtout la seconde, sont compatibles avec la vie en réseau dans une société mondialisée. Mais sont-elles capables d'apporter une contribution du chistianisme à la construction d'un monde commun tel qu'un Negri l'appelle de ses voeux? La force du modèle romain, derrière les errances de sa bureaucratie était là, théoriquement : créer l'universalité dans la diversité. Bon, ça ne tourne plus très bien! Les données du problème deviennent : peut-on se passer du modèle sacral romain pour intégrer dans la diversité des cultures, non plus le schéma du concile de Trente mais les conséquences de Vatican II? Et y-a-t-il des laïcs capables de s'organiser autour de cet enjeu en le rendant sensible ou intelligible pour une culture qui aujourd'hui signe la fin du catholicisme et le rejette?
Je n'ai rien à retrancher à ce que vous écrivez qui est une perception à la fois lucide et pessimiste de la situation. je ne crois pas que le sursaut puisse venir du coeur de l'institution , de sa centralité, mais de ses multiples réseaux adjacents. La question de la jonction avec le nombre important de religieux en dissidence silencieuse se posera.
Mais le Vatican a t il un autre objectif aujourd'hui à offrir que de se renfermer sur lui même contre "une société hostile". No future...
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Mon opinion sur ce problème de l'Eglise du XXIème et le billet initial.
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http://www.lelivrelibre.net/mediapart_hors_censure060410.html
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jpylg
La référence à l'Eglise des premiers siècles, dont parle POJ est une référence qui est fréquente chez Albert Rouet, je crois savoir. C'est sérieux.
Il y a trois ans une grève de la faim de plusieurs dizaines de sans papiers a eu lieu à Poitiers. La réaction la plus forte vint de cet évêque qui en un texte commun avec le pasteur et le représentant de la communauté juive apporta son soutien. Il y eut des soutiens d'élus municipaux de gauche aussi. Mais c'est cette institution religieuse, ces institutions religieuses qui parlèrent fort.
Je ne suis pas chrétien, je suis athée. Mais cet homme est un homme de bien, comme le dit aussi André Rousseau. Et comme le dit bien ce texte de JP Mignard, il y a des hommes de bien qui ne quitteront pas l'Eglise car ils la considèrent comme celle des pauvres, comme la leur. Face à la réaction identitaire qui enflamme actuellement tant de catholiques pratiquants.
exemples d'humanité absolue :
que voulez vous dire par cette phrase ; humanité absolue ? je dois dire que cette notion me rend perplexe .Elle est à mon sens à l'origine de tout .Il n'y a pas d'humanité absolue mais de l 'humanité fragile et relative pour tous et les rêgles de la société , justement , sont là pour nous en faire prendre conscience mais aussi pour que cette fragilité n'aille pas au delà de l'intolerable par tous
Il est symptomatique que vous parliez de "l'avenir de l'Église" sans faire une seule fois retour à l'Évangile : un mot qui n'apparait nulle part, ni dans votre billet, ni dans les commentaires.
N'en déplaise aux papes et à leurs ouailles, la question de l'avenir de l'Église est bien dans cette constatation : le catholicisme a depuis longtemps oublié l'Évangile (l'a-t-il jamais "entendu" ?) et faire rimer christianisme et catholicisme est une vaste et sinistre plaisanterie.
L'Église catholique a oublié que le Christ avait éconduit le jeune homme riche, elle a fait le choix de laisser les pauvres à la porte des églises et a accueilli et valorisé les possédants en se perdant dans le trafic des indulgences. Alors, oui, l'Évangile est exigeant, dérangeant, et inaudible dans nos sociétés lancées dans une course démente au "posséder/consommer toujours plus".
Le christianisme ne peut se comprendre que par le choix de chacun en un retour à une simplicité de vie. Et j'entends et écoute avec la plus grande attention la voix de ceux qui me parlent de décroissance.
Bonjour,
François d'Assise, Vincent de Paul, Thérésa de Calcutta n'étaient pas spécialement riches (!) et sont parvenus à conjuguer christianisme et catholicisme. L'Evangile dit que la richesse matérielle rend difficile l'accès à la richesse spirituelle. Difficile , pas impossible. Mais quand je cite Ignace de Loyola , ce sont les Beatitudes et le Magnificat que l'on peut lire: "Et il a élevé les humbles et renversé les puissants de leurs trônes".
Maurras détestait le Magnificat. Et pour cause.
Je regarde la revue de presse de la RAI 3 tous les matins.
Les journeaux italiens font une large part aux déboires du pape et souvent des photos sont présentées, montrant un vieillard fatigué dans un trône et sous une croix (d'or ? Enfin au moins elle est de couleur jaune). Ou alors ce même vieillard passant le dos courbé de fatigue devant un suisse à l'uniforme éxubérant. Ou alors des cardinaux violets dans la pompe royale de l'église catholique.
Ce matin c'était la comparaison des attaques contre le pape d'aujourd'hui avec celle contre Pie XII.
Pie XII ! En voilà un pape controversé. Il y a des paroles qui se retournent contre celui qui les a dites !
Une reflexion personnelle : quand est ce que les braves catho décrits ci-dessus débarquerons leur pape romain, qui n'est pas à la mesure des enjeux de leur église d'aujourd'hui, qui est en train de faire naufrage et qui donne une si mauvaise image de ce qu'ils sont en réalité ?
Ah, j'oubliai, bien sûr ils ne le peuvent pas, c'est leur éducation profonde de laisser quelqu'un, ou plutôt leur église, penser et décider à leur place...
Les religieux ne connaissent rien au divin. Il suffit d'écouter leurs prières pour s'en apercevoir.
Si les prètres n'ont pas de pouvoir politique, ils ont paraît-il un pouvoir spirituel. C'est quoi ça, le pouvoir spirituel ?
Un jour un rabbin rencontre Dieu dans une rue de New York:
- Seigneur, demande t-il, qui te sert le mieux, les juifs, les chrétiens, les musulmans ?
- ces histoires de religions, lui est-il répondu, ça ne m'intéresse pas du tout.
Si les religieux (don je ne suis pas) ne connaissent rien au divin, c'est-à-dire ce qui est issu de ou dû à dieu, qui y connait quelque chose? Je ne pense pas que tout ce qui tourne autour de la spiritualité ou traditions anciennes type chamanisme relèvent du divin. Le divin n'est -il pas finalement que la création philosophique majeure de la chose religieuse, et n'existe qu'au travers d'elle?
Peut-être que la puissance spirituelle est incompatible avec le pouvoir du même nom.
Si l'on considère le divin comme la Loi. C'est à dire la loi du réel. Et l'amour de ça, c'est à dire l'éveil.
Alors ils sont mal, avec leur imagerie, et leurs misérables dogmes.
tout à fait d'accord avec cet article. Il est très important de suivre avec attention ce qui se passe dans les groupes dont vous faites mention. Aucun de leurs membres ne songe à quitter l'Eglise - ils sont l'Eglise ! LeVatican, c'est autre chose - une institution qui fait passer son intérêt particulier (sa survie) pour l'intérêt général (universel=catholique) mais qui passe, comme tant d'autres institutions politiques, par des phases alternées de conservatisme exarcerbé et de courage prophétique. Nous vivons, à l'heure actuelle, une période de glaciation, c'est clair - et c'est un contre-témoignage cruel des exigences évangéliques ; mais il y aura des réchauffements, n'en doutons pas. L'essentiel n'est pas là, me semble-t-il, mais dans les chrétiens qui vivent dans le monde et dans ses combats en témoins de la foi qui les habitent - et ceux-là on ne les retrouve pas sous les dorures vaticanes mais aux côtés des hommes qui souffrent, qui luttent, qui désespèrent, qui espèrent aussi, parfois. Il peut y avoir des condamnations (comme celle du Sillon, en 1910), des exclusions, l'important est que cette tradition, qui se veut fidèle, au message évangélique, continue de se faire entendre.
Si le catholicisme contemporain, c'est :
- des communautés ecclésiales locales, appelés "groupes" de croyants - une lecture et une appropriation de l'évangile, - une distance par rapport au magistère institutionnel (Vatican),
...alors le catholicisme contemporain prend le visage des églises de la Réforme, dans lesquelles le prêtre (pasteur) n'est qu'un laïque parmi d'autres.
Tant mieux !