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10 mai, une commémoration au rabais

Pas une seule personnalité politique de gauche, en ce 10 mai 2011, à la dixième commémoration de l'abolition de l'esclavage, au jardin du Luxembourg à Paris ... Mais si le gouvernement avait été socialiste, y en aurait-il bien eu pour autant au moins une seule de droite?... Célébration dont le clou fut le discours du président de la république, propos poussivement dits, ponctués de nombreux bafouillages, épisodiquement de brèves contractions des lèvres, que d'aucun auront sans doute pu prendre pour des sourires inattendus, bien que vite éteints, et même, au moment de dire qu'en venait la conclusion, d'un rictus de soulagement flagrant, tout ceci trahissant à l'évidence un certain manque de concentration, et donc, d'intérêt véritable, au contenu comme surtout au message que ce discours était admis à porter vraiment.

 

Pas un mot sur le vent mauvais de xénophobie soufflant actuellement partout et de toute part sur le pays en tout cas, pas un sur la ségrégation sociale qui y persiste à tous les niveaux, y compris concernant nos compatriotes d'outre-mer vivants en métropole, celle-ci constituant pourtant un véritable dénie permanent, un incompréhensible camouflet constant, aux valeurs humanistes annoncées par le slogan si haut et si fort proclamé par notre république, « Liberté, égalité, fraternité » !...

 

Pas une allusion non plus quant au fait que, la loi Tobira, instigatrice de l'ajout de ce très nécessaire jour annuel de mémoire à nos calendriers - législation votée en 2001 sous le gouvernement Jospin, avec déjà moult difficultés à l'époque - n'est pas même encore définitivement assurée de sa pérennité, régulièrement critiquée et contestée que se trouve être celle-ci par de nombreux et influents détracteurs, tel que par ces députés qui demandèrent voici quelques temps l'abrogation de cette journée du souvenir, par ceux-ci, et par d'autres qui, plus récemment, en mars dernier, n'hésitaient pas à recevoir et à applaudir de façon nourrie à l'assemblée nationale, et cela alors qu'il venait tout juste de se voir être condamné pour provocation à la discrimination raciale, un certain Monsieur Zemmour, toujours prêt à battre campagne avec jubilation contre le peuple noir, ainsi que contre l'antiracisme sous toutes ses formes d'ailleurs, le dit polémiste y ayant alors réclamé notamment la suppression de toute les lois mémorielles, y compris celle de M. Gayssot contre le négationnisme, tout comme encore, celle de la législation condamnant le délit d'incitation à la haine raciale.

 

Rien, donc, à la remise en question permanente de ces lois salutaires par autant de tristes personnages, ne manquant jamais de hurler au vent leur farouche attachement à un statu quo néo-discriminatoire en notre société, et cela dès qu'ils en ont l'occasion. Non, rien de rien de cela, à l'adresse d'une France qui pourtant, aujourd'hui peut-être plus que jamais, à l'instar de certains des membres de sa plus haute instance footballistique, se trouve encore être si souvent influencée par des clichés et des préjugés raciaux datant de l'époque de l'esclavage.

 

Un point positif cependant, à porter au crédit de ce discours incomplet, l'évocation qu'il fit du fait que cette journée commémorative n'entend nullement entrer en concurrence avec celles tout aussi légitimement et salutairement dédiées à la mémoire de la Shoa, cela contrairement à ce que prétendent et voudraient bien faire croire certains esprits partisans, et mal intentionnés.

 

En dehors de cela, c'est à une allocution en définitif plutôt passéiste dans l'ensemble, à laquelle se livra le chef de l'état - certes, comme sur le plan historique et à titre remémoratif, il convenait qu'elle le fut en sa première partie - mais qui de toute évidence, en sa seconde, aurait dû se vouloir être bien davantage interpellatrice, sensibilisatrice quant à la toute actuelle persistance des sordides et patentes réalités d'un racisme bien vivant, en notre société française.

 

Commémorer pour le principe n'est pas grand-chose, c'est avant tout pour initier le progrès des consciences quant à la considération du présent, et par-là, celui des mœurs, qu'il convient bien mieux de le faire... Cela surtout, avec une toute réelle, et palpable ferveur.

Tous les commentaires

J'ai mis sur mon blog, cette vidéo qui offre une autre vision de cette commémoration, le discours du Chef de l'État reçoit un complément, ou un commentaire éclairant:

http://www.dailymotion.com/video/xinu03_l-envers-du-decor-de-la-commemoration-de-l-abolition-de-l-esclavage-du-10-mai-2011_news

 

Oui une vidéo à voir et à écouter !!!

Consternant .

Il aurait été bon qu'un billet sur ce sujet soit rédigé avant le 10mai. Un remarque accusatrice trois jour plus tard, c'est trop tard.

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