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Un gouvernement demain matin au Liban ?

Former un gouvernement au Liban n’est pas chose aisée. La preuve, cela fait maintenant près de 2 mois que le pays vit, encore, un statu quo ! Les premiers blocages sont venus du courant du 8 mars, pro-syrien pour faire simple, qui n’était pas satisfait des portefeuilles qui lui étaient réservés. Après de nombreuses tractations, le ministère des Télécoms, soit la vache-à-lait du gouvernement libanais avec près de 1,5 milliard de dollars transférés au Trésor en 2007, leur a été attribué, au détriment du courant du 14 mars, anti-syrien pour toujours faire simple, qui lui préfère garder le portefeuille de la Justice.

 

Les ministrables du courant du 8 mars une fois nommés, tout semble enfin rentrer dans l’ordre. Mais non, cela serait tellement simple… et c’est au tour du courant du 14 mars de ne pas être d’accord sur le nom de ses ministrables. « 50 jours ont été octroyés à l’opposition, la majorité peut bien prendre trois jours pour se mettre d’accord sur les noms des ministrables au sein de l’alliance » a déclaré dimanche un de leur député. Bien sûr, trois jours de plus qu’est-ce-dont après avoir attendu neuf mois l’élection d’un président ? Mais pourquoi ne pas avoir profité de ces 50 jours pour se mettre d’accord ?

 

Toujours est-il que la formation du gouvernement est maintenant tributaire d’un accord au sein du 14 mars, discréditant toujours plus l’alliance aux yeux des Libanais. Quelques semaines plus tôt, elle accusait violemment l’opposition de vouloir paralyser à nouveau le pays.

 

Alors qu’est-ce-qui ne va pas maintenant? Le désaccord vient essentiellement des chrétiens... Bon pour faire simple, 15 sièges doivent être attribués aux chrétiens, dont 6 reviennent aux maronites. Le général Aoun, du Courant patriotique libre et faisant parti de l’opposition, en a désigné deux, et le président, Michel Sleimane, un. Il en reste trois à nommer. Les Kataëb de Gemayel ont le droit d’en choisir un, les Forces Libanaises de Geagea, un autre. Il reste donc un siège. Et quel siège ! C’est celui qui pose problème. Quelle mouvance politique choisir ? Dans tous les cas, ce siège revient au 14 mars, exit Aoun. Mais bon, lui, il a réussi à imposer ses exigences, ce qui, d’ailleurs, n’est pas sans créer plus de tensions au sein des chrétiens de la majorité qui souhaitent maintenant recevoir les moyens de faire bonne figure au sein du nouveau gouvernement…

 

A cela s’ajoute le problème du ministère des Travaux publics et des Transports. A qui va-t-il revenir ? Samir Geagea, chef des Forces Libanaises et de confession chrétienne, Walid Joumblatt, chef du parti socialiste progressiste et de confession druze, et Mohammad Safadi, du bloc Tripolitain, le réclament tous les trois. - Mais pourquoi le goudron est-il si intéressant ? - L’alliance doit alors en choisir un sans trop froisser les deux autres… Dans la journée d’hier, Samir Geagea a prévenu qu’il était prêt à faire « toutes les concessions possibles pour faciliter la formation du gouvernement », même s’il a exigé que la représentation des Forces Libanaises au sein du gouvernement d’union nationale soit proportionnelle à sa dimension parlementaire… à ce rythme là, ce gouvernement ne sera jamais formé.

 

Mauvaise langue que je suis… Fatfat, le ministre de la jeunesse et des sports, me contredit. Il a assuré aujourd’hui, mardi, qu’un gouvernement libanais serait formé d’ici à mercredi matin, au plus tard ! Alors, si c’est Fatfat qui le dit...

 

Tous les commentaires

il mériterait bien d'être en Une, celui-là...

Merci de nous faire connaître tout cela, on parle peu du Liban, bien trop peu, je trouve. Ce n'est pas simple de contenter tout le monde, et comment va t il bien pouvoir aller dans le même sens avec tous ces courants différents ce gouvernement?

Merci de votre commentaire. Pour ce qui est de ce gouvernement, il est, ce que l'on appelle ici, "un gouvernement d'union nationale". En fait, ce gouvernement, toujours pas formé à l'heure actuelle, aura une durée de vie inférieure à un an, en raison des élections législatives qui interviennent début 2009. De nouveaux députés seront alors élus et par là-même de nouveaux ministres seront nommés. Les principaux objectifs de ce gouvernement d'union nationale sont en fait de calmer la situation au Liban, mais aussi de régler le problème de l'électricité du Liban, dont la capacité est trop faible pour contenter toute la population. Il n'aura pas de grandes décisions à prendre et, de toute façon, il n'en aura pas le temps. Le premier ministre, Siniora, a donné comme date butoir à la formation de ce gouvernement le 12 juillet et la visite du Président Sleimane à Paris. Mais à ce rythme là, il sera difficilement formé. Reste à savoir s'il y aura un gouvernement avant les élections législatives...

Et quelles sont les solutions envisagées pour régler le problème de l'electricité? Je croyais que le premier problème c'etait l'eau... mais je me suis trompée apparemment !

L'eau n'est pas un véritable problème au Liban, cela en est un dans la région, mais pas au Liban. Certes il n'est pas conseillé de la boire, mais ce n'est pas considéré comme un véritable problème en soi. Elle est courante et disponible. En revanche l'électricité, oui. Les coupures sont quotidiennes, voire même plusieurs fois par jour. Il y a quelques semaines, certaines personnes autour de moi avaient de l'électricité moins de 10h par jour, alors qu'elles possèdent un générateur. C'est d'ailleurs là que le problème de l'eau peut intervenir. Dans beaucoup d'immeubles à Beyrouth, l'eau est pompée pour monter dans les étages, s'il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas d'eau! De plus, l'EDL plombe les comptes du gouvernement. En 2007, pratiquement un milliard de dollars ont été dépensés pour combler le déficit de l'EDL, sur les 1,67 milliard de dépenses du Trésor (EDL est dans les comptes du Trésor) et les 8,3 milliards de dépenses publiques (dépenses budgétaires + dépenses du Trésor). Les solutions seraient d'importer du fioul à tarif préférentiel en provenance des pays du Golfe. Mais avant tout, il faudrait lutter contre la corruption et les fraudeurs! Beaucoup de Libanais ne paient pas l'électricité. Ils se raccordent eux-même à la principale source électrique de la rue... ce qui est bien évidemment dangereux.

Je comprends mieux.... C'est fou quand même, avec cette manne de fioul juste à coté... Je me rappelle des branchements de ce genre, en Algérie. Effectivement très dangeureux. Mais comment faire autrement, quand l'Etat ne reussit pas assurer ce minimum. J'imagine que la lutte contre la coruption ne doit pas être très facile.

Merci Julie... J'ai de très bons amis, qui ont d'ailleurs obtenu la nationalité française, qui me racontent la vie là bas... Je me demande comment conserver de l'espoir dans ce pays martyr. Heureusement qu'une diaspora puissante à travers le monde s'est créée ! Ce qui est étonnant, c'est que les Libanais d'ici, chrétiens ou musulmans sont parfaitement en symbiose et restent en contact... Comme quoi les États laïcs, il n'y a jusqu'à preuve du contraire rien de meilleur ! Encore merci pour votre billet.

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