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Sauver la France

C'est étonnant tous ces gens prétendumment de gauche qui se rengorgent d'avoir voté Sarkozy, comme s'il y avait lieu de s'en vanter. Discussion animée, quelques temps avant l'élection, avec une dame d'un certain âge, architecte de son état, qui m'assurait qu'après avoir voté toute sa vie à gauche, elle s'apprêtait à voter Sarkoy parce qu'il "allait sauver la France". La France que l'on sauve, cette vierge catholique menacée des pires outrages par les communistes, les homosexuels, les noirs et les arabes, c'est celle de Pétain... et de Doriot. Une trajectoire étrange, mais finalement assez commune dans l'histoire et la politique française que cette aigreur qui fait soudainement tourner casaque à certains pour embrasser les platitudes réactionnaires les plus éculées avec la ferveur idolâtre des nouveaux convertis.

 

La vieillesse est un naufrage. C'est toujours assez surprenant d'en faire le constat avec une génération, celle de 68, qui a poussé si loin le culte de la jeunesse, mais ça n'en est pas moins vrai. Quand on en a fini avec les rêves et les aspirations de sa jeunesse pour jouir enfin des privilèges dont bénéficient les possédants, ceux qui les courtisent ou les servent, il faut bien trouver des justifications idéologiques et morales à cette nouvelle posture. Tout un courant de pensée - si tant est que l'on puisse apeller cela comme ça - s'est mis à l'ouvrage depuis la fin des années 70 : les "nouveaux philosophes" (qui n'ont rien de très nouveaux et pas grand chose à voir avec la philosophie...).

 

Plus fréquent encore, ceux qui n'ont pas attendu d'être vieux pour surfer sur la ligne de plus grande pente. Il y a un personnage que l'on entend beaucoup - trop à mon humble avis - ces derniers temps, c'est Denis Olivennes. Quelqu'un de brillant assurément, normalien, énarque, conseiller de feu Pierre Bérégovoy et dirigeant éminent de quelques-uns des fleurons de l'économie française, Air France, Canal + et la FNAC, entre autres. Son arrivée à la direction du Nouvel Observateur l'a propulsé sur ces ondes où l'on jacasse en analyste et penseur du destin de la gauche française. J'évite, comme je le peux, ce genre de blablateries radiophoniques ou télévisées qui n'ont semble-t-il pas d'autres finalités que de permettre à ces "chroniqueurs" de s'écouter parler. Mais avec Monsieur Olivennes, sur France Inter ou RFI, je ne sais plus, je dois dire qu'on en fini plus de se tordre de rire.

 

L'existence entière du personnage s'est déroulée dans ces cabinets publics ou privés où l'on se convainc de détenir entre ses mains le destin de la gauche, de la France et pour tout dire, de la démocratie. Toute la pensée du personnage - et c'est là un bien grand mot eût égard à la batterie de lieux communs qu'il déblatère avec la suffisance qui le caractérise - est à l'aune de son parcours dans les lieux de pouvoir : c'est à la profondeur de la vision politique et à l'audace de quelques gouvernants que l'on doit le progrès social. La mobilisation des citoyens, l'affrontement des classes pour la répartition des richesses, tout cela n'a évidemment rien à voir avec la marche de l'histoire.

 

Celui-là, blablatteur professionnel parmi d'autres, ne mériterait pas que l'on s'y arrête s'il n'incarnait aussi parfaitement les tristes idées de cette gauche de gouvernement, convaincue que le pluralisme n'est d'aucune utilité à la démocratie et au progès social. Sans doute l'avez-vous remarqué, le parti socialiste est ce parti que distingue son ambition à gouverner; ce parti qui, toujours, acceptant le sacrifice suprême de ses meilleurs éléments dans les antichambres de la République, accepte de se salir les mains pour le plus grand bénéfice des masses. Il y a là, sans aucun doute, le bréviaire que tout dirigeant ou personnalité socialiste en vue apprend dans les stages de communication du parti. On ne trouvera pas de débat politique avec la gauche de la gauche où l'argument ne figure en guise d'estocade terminale.

 

L'idée, lumineuse, est la suivante : un parti qui ne se donne pas pour objectif immédiat de gouverner ne saurait peser sur le débat public, ne peut pas prétendre porter la voix d'une fraction des citoyens ni les mobiliser, n'a aucune influence sur le destin et les choix de la société. Dit comme ça, on voit tout de suite à quel point tout cela relève purement et simplement de la mauvaise foi intellectuelle. On se demande en effet dans ces conditions comment le Front National a pu peser aussi efficacement sur le cours politique de notre pays - au point que Sarkozy ait choisi de mettre complaisamment en oeuvre des pans entiers de sa démagogie raciste - sans jamais gouverner.

 

Si l'on tentait de mesurer l'accroissement du progrès social en France depuis la Libération, on aurait bien du mal à l'expliquer sans tenir compte du poids politique du PCF - qui n'a pas ou si peu gouverné - et de la techtonique des plaques de la guerre froide, du poids social des organisations syndicales et, in fine, de l'action et de la mobilisation des classes populaires. Si, en revanche, on veut mesurer son affaissement depuis les années 80, on ne peut guère se passer d'osculter et d'analyser les agissements des Denis Olivennes de tous poils durant les deux mandats de François Mitterrand et le ministère de Lionel Jospin.

 

Au delà de ces considérations sur l'histoire du progrès social - qui se discute, j'en conviens -, il y a cette obsession de certains à vouloir réduire l'espace démocratique à sa dimension spectaculaire et élective, cette idée que la démocratie ne saurait être autre chose qu'une course de chevaux où s'affrontent les champions - selectionnés par acclamations - de deux partis à peu près d'accord sur tout, sauf sur les moyens de démanteler la sécurité sociale, la retraite par répartition, l'éducation, les services publics, le code du travail et même le droit de grève. Tout cela au profit d'une modernité dont on vient de voir très récemment les conséquences désastreuses.

 

Cette manière de disqualifier l'adversaire n'est pas seulement réthorique. Elle dit une manière d'être, une manière de vivre et de penser l'espace public. Elle clame les aspirations de cette sorte de gens qui finissent par prendre leurs désirs les plus profonds pour la réalité, une certaine tentation de l'élite, de "gauche" comme de droite, de s'affranchir une fois pour toute de la démocratie. La rage des commentateurs après le referendum sur la constitution européenne, puis l'adoption en catimini du traité de Lisbonne, en sont les manifestations les plus probantes. La souveraineté populaire, conquête fondatrice de la révolution française, ne serait ainsi qu'une vieillerie à ranger définitivement au rayon des accessoires d'un populisme nauséabond.

 

Démocratie et progrès social, c'est ma conviction, ne sont qu'une seule et même chose. L'accroissement du progrès social dépend de la qualité de la démocratie et la vitalité de la démocratie s'affirme dans l'approfondissement des conquêtes sociales. La démocratie n'est pas le cadeau qu'une technocratie éclairée fît à la France, mais le produit du combat acharné des classes populaires contre les privilèges, pour la liberté, l'égalité et la fraternité. S'ils n'ont pas peur d'être renversés, s'ils n'affrontent pas la mobilisation populaire, les possédants ont une préférence marquée pour le bonapartisme censitaire ou même la cupola maffieuse. La démocratie, dans l'affrontement des intérêts de classe, doit sans cesse être défendu, conquise, y compris et encore plus quand les armes et les outils de la conscience de soi et de ses intérêts ont tendance à faire défaut aux classes populaires, pour toute sortes de raisons politiques et historiques. On en est là et je dois dire que ce débat là m'intéresse davantage que le combat inepte entre le ségolinisme et la "tradition" (sic) socialiste, l'opportunité d'une alliance avec Bayrou et je ne sais quels autres niaiseries assomantes du même ordre, rabâchées ad nauseam sur toutes les antennes de France et de Navarre.

 

Les opposants à la ligne de plus grande pente et aux breloques en vogue de cette modernité qui prétend diriger l'Etat comme un conseil d'administration ne sont pas suffisament nombreux pour gouverner. Ils ne sont pas toujours à la hauteur de leurs responsabilités, n'ont pas encore trouvé les moyens de prendre leur place dans la danse de l'histoire. Soit. De là à penser qu'ils ne sont d'aucune utilité, qu'ils ne pèsent rien dans le débat politique, il y a un pas que franchissent allégrèment ceux pour qui la démocratie n'est qu'une posture, un privilège qui n'a de sens qu'entre gens bien nés. Ceux-là seraient bien avisés de prendre garde à la marche de l'histoire. Elle ne fait pas de cadeaux.

Tous les commentaires

A quoi attribuez-vous l'effondrement du PCF ? Comment envisagez-vous la reconstruction de la gauche ? Quelles sont vos propositions pour gouverner le pays ? Où nous mène "la marche de l'histoire" ?

Hello Melchior. Vous voudriez me renvoyer à ma propre suffisance que vous ne vous y prendriez pas autrement. Sans doute est-ce bien mérité. Je ne suis pas historien et je n'ai pas l'ambition de gouverner le pays (très sincèrement, je ne crois pas être compétent en la matière). Je me contente d'essayer de réfléchir par moi-même à quelques questions qui me préoccupent. Disons que je m'efforce de faire mon métier de citoyen. Ni plus, ni moins. Mais je ne vais pas me défausser pour autant. A l'évidence, mais il faudrait creuser cette question, le PCF n'a résisté ni à l'effondrement du "socialisme réel" (pour faire court), ni à l'extinction d'une génération - celle de mon grand-père, ouvrier électricien - qui en portait les valeurs et les aspirations (on pourrait sans doute parler de culture...). Une petite précision, qui peut-être ne va pas de soi eût-égard à ce que j'ai écrit dans mon billet : pour ce qui me concerne, je ne suis pas nostalgique de l'URSS et des démocraties populaires. Je n'aspire pas à la dictature d'une petite poignée de dirigeants sur une société étouffée et sclérosée. Et je pense que le socialisme en un seul pays et la coexistence pacifique - dont le PCF fût le relais - ne représentent pas un modèle de gouvernance mondiale que l'on devrait regretter. Il n'en reste pas moins que la pression constante qui s'exerçaient sur les possédants les contraignaient à des concessions démocratiques porteuses de progrès sociaux. Je constate aussi que l'effondrement de cette "culture" a laissé le mouvement ouvrier exsangue, l'a dépossédé des outils conceptuels et intellectuels qui lui permettait de penser le monde de manière autonome (c'est à dire en fonction de ses intérêts propres), a détruit la perspective politique et les structures sociales qui portait une espérance et une conscience de classe. La disparition de ces armes et de ces outils laissent les classes populaires à la merci de la décomposition et de la démagogie raciste. Il me semble que la grande détresse des classes populaires françaises tient aussi à ce fait qu'elle n'ont plus les moyens de faire entendre leurs voix. C'est comme ça que j'envisage pour ma part la question de la reconstruction de la gauche : comment relever le drapeau du mouvement ouvrier, malgré le poids de l'histoire et la défaite politique dans lequel l'a entrainé le stalinisme ? On peut toujours jeter le bébé avec l'eau du bain et se complaire dans des débats sans fin sur l'opportunité de faire alliance avec le giscardisme, près de 30 ans après son extinction. Mais si on veut vraiment se battre pour préserver la vitalité démocratique de notre pays, alors il faut donner une perspective politique claire aux aspirations des classes populaires. On verra comment, grâce précisément à la disparition du PCF, les différents mouvements politiques qui pourraient porter cette voix et ces aspirations sauront - ou non - être la hauteur de leur responsabilité. Je l'ai dit, je n'ai pas la prétention de gouverner le pays. Emmanuel Todd, dans son dernier ouvrage, livre une analyse pertinente, autant que je puisse en juger avec mes faibles moyens, de la marche des "démocraties" vers l'oligarchie. Comme j'ai un peu voyagé en Amérique Latine, je connais bien cette géographie sociale que structurent des ghettos pour riche posés peau contre peau avec un horizon sans fin de bidonvilles. C'est le monde que nous propose Sarkozy, mais aussi ceux qui, à gauche, acceptent le démantèlement des acquis de civilisation qui structurent la cohésion de nos sociétés. A trop laisser filer le rêve de l'égalité et de la justice sociale, c'est à la démocratie que l'on renonce. Il faudra alors édifier une société ou flics - publics et privés - et prisons tiendront le premier rôle pour contenir l'exaspération sociale. Et nous voilà venu à la "marche de l'histoire". Ce monde là, parce qu'il ne promet que ruines et désespoir, n'a pas plus d'avenir que le "socialisme réel". L'écrasement sans fin des plus pauvres et des plus faibles, au profit d'une poignée de possédants réels et de méritocrates autoproclamés, ne saurait constituer un modèle de société durable... A moins d'accepter la structuration du monde selon les termes de l'extrême violence, comme Bush, Uribe et tant d'autres... Bien à vous, j@d.

Un petit ajout. Il y a une idée que je n'ai pas réussi à exprimer clairement, alors que je pense qu'elle est fondamentale. C'est une trahison de l'esprit et de la lettre de la démocratie de croire que l'on ne gouverne que lorsque l'on détient les leviers du pouvoir. La démocratie permet la constitution de corps intermédiaire, partis, presse, associations, syndicats,organisations sociales...etc... Par leur mobilisation et leur action, tous participent au gouvernement de la société, quand bien même ne sont-ils pas installés dans la cabine de pilotage. C'est toute la différence entre la République et le bonapartisme absolutiste et démagogique de Sarkozy. On tente de sacraliser l'élection présidentielle, de faire passer l'idée que par ce seul moment électoral les citoyens ont signé un chèque en blanc à Sarkozy (c'est répété de manière incantatoire par Rachida Dati, par exemple). Pour ma part, mais le débat est ouvert, je pense que l'expérience historique récente - Mitterrand, Jospin - démontre que la gauche a pesé davantage sur le cours politique du pays dans le sens du progrès social quand elle n'était pas au pouvoir que dans ces périodes où elle a pris le manche. ça ne veut pas dire qu'il faut renoncer à prendre le pouvoir, mais qu'il faut toujours se demander comment et pourquoi on le prend et ce qu'on veut en faire...

Cher Julien, L'analyse qui vous conduit à penser que la gauche a plus influé sur le cours des choses quand elle était dans l'opposition que quand elle était au pouvoir est contestable et à dire vrai ne résiste pas à l'examen des faits. Certes le tournant néo-libéral a été pris en 1983 mais les mesures emblématiques de la gauche au pouvoir ont apporté plus de justice sociale et une amélioration sensible de l'emploi, surtout sous Jospin. Sous Chirac, la dégradation a repris pour s'amplifier sous Sarkozy. Et voyez à quel point les contre-pouvoirs ont du mal à réagir, même à la pire contre-révolution que nous ayons connu depuis la guerre.
Comment on prend le pouvoir : par les urnes.
Ce qu'on veut en faire : c'est la démocratie qui décide, à condition d'en être digne et de rendre le pouvoir au citoyen. On ne fait pas le bonheur du peuple contre son gré. Surtout si en plus on se prend pour "l'avant-garde révolutionnaire". Vénézuela, Bolivie, ne sont pas des démocraties oligarchiques.

Salut Pierre, J'ai lu avec beaucoup de plaisir votre définition de "la gauche" sur le blog de Farid. (Ceci dit en passant). Je vois que nous ne sommes pas d'accord et je me permets de relever que vous affirmez mais ne démontrez pas. (Ce que je ne fais pas non plus, je le concède). Les conquêtes de la gauche au pouvoir ? Les nationalisations (encore qu'on n'était pas obligé de payer tout ça, et en bon argent en plus... Et dire que la gauche a enrichi Dassault !), les 39 heures, c'est clair (les 35 heures, c'est beaucoup moins clair puisqu'il y a là un "progrès" conditionnée à une profonde régression, l'annualisation du temps de travail et la flexibilité). La cinquième semaine de congés payés, d'accord. L'abolition de la peine de mort, c'est indéniable. Et puis quoi ? Le RMI, je ne crois pas (mais c'est encore quelque chose dont on peut discuter). La CMU, dont je ne connais pas toutes les implications pratiques, peut-être... Le traitement social du chômage et l'habitude que l'on a pris d'exonérer massivement les entreprises de leurs charges sociales, là c'est franchement non (qui voudrait ruiner les assurances sociales ne s'y prendrait pas autrement). Les trucs de curés sur la démocratie sociale dans l'entreprise, bof. Bon. Il reste quoi ? La privatisation de France Telecom ? Le franc fort ? Le maintien fort opportun du présidentialisme façon 5ème république ? La construction d'une Europe où la concurrence peut enfin s'épanouir sans entraves ? L'engagement dans la première Guerre du Golfe ? La transformation de l'assurance-chômage en un organisme de flicage des chômeurs (désolé, mais l'accord express avec le camarade de promotion Seillière, à peine M.Aubry partie à Lille, me reste toujours profondément en travers de la gorge). Quand à l'emploi sous Jospin, je ne suis pas suffisamment calé en la matière pour trancher entre l'impact purement conjoncturelle et le fruit d'une politique délibérée. Mais on pourrait, je le crois en tout cas, discuter de manière fort critique les implications du développement des emplois jeunes (énième version du petit boulot précaire spécial jeunesse...). C'est vous qui, fort à propos, me rappelait, dans d'autres pages, les conquêtes formidables du "monde" forgé par le CNR après-guerre. Ce monde-là - qu'il ne faut pas trop idéaliser non plus parce que c'est tout de même la France sclérosée de De Gaulle et de la "coexistence pacifique" que 68 est venu fort à propos secouer par les bretelles - est mort avec l'arrivée de la gauche au pouvoir. On peut toujours dire que c'est de la faute à Thatcher et Reagan, à la pression de l'environnement international, à l'isolement de la gauche sur la scène européenne... Vous me permettrez une grossièreté : mon cul ! Quelques années plus tard, la gauche est presque partout au pouvoir en Europe et on continue à détruire avec constance services publics et code du travail... Bien. Si je n'ai toujours rien démontré, j'espère au moins avoir contribué au débat en apportant quelques arguments. Et je persiste et je signe. La gauche au pouvoir, c'est toujours le fruit d'une mobilisation populaire massive (c'était vrai en 36, en 81 et en 97). Gouverner, c'est répondre à cette aspiration, pas la trahir. Gouverner pour démontrer aux possédants que l'on sait très bien gérer leurs intérêts, se fondre dans leurs impératifs catégoriques, mais quelle faillite... (ah ! les grands équilibres de feu Pierre Bérégovoy... Le triste parcours et destin de Bérégovoy, c'est un concentré, une leçon de choses sur la gauche au pouvoir et cela dit sans aucune moquerie) - Je dis tout cela sans malice et même avec un certain chagrin. Franchement, j'aurais bien aimé que ça se passe autrement, que l'on "change (vraiment) la vie". Et je crois que le couteau qu'Octobre a mis sous la gorge du capitalisme, nonobstant l'impasse, puis la faillite du stalinisme et ses conséquences dramatiques pour le mouvement ouvrier, a bien davantage oeuvré pour le progrès social que "la gauche au pouvoir"... Au demeurant, si le PG prend le pouvoir et se met à appliquer son programme, il ne se passera pas une semaine sans que l'on doive protéger son gouvernement et les conquêtes sociales qu'il se propose de mettre sur orbite les armes à la main. Attaquer le pouvoir économique des possédants et s'imaginer qu'ils pourraient rester tranquillement à la niche en attendant que ça se passe, je ne vois toujours pas comment c'est faisable. Mais je manque peut-être d'imagination. Et puis c'est un autre débat... Bien à vous, j@d.

Cher Julien, C'est bizarre, je ne vois aucun point de désaccord entre nous puisque vous avez cité nombre des acquis sociaux de la gauche entre 81 et 97. Vous avez juste oublié l'abrogation de la loi Sécurité et Liberté en 1981, la régularisation des sans-papiers, les radios locales, la 5ème semaine de congés payés et la retraite à 60 ans. Mais si vous vouliez juste souligner l'échec du réformisme, il est on ne peut plus clair.

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