Sujet libre
Écrire avec ses mots à soi, au gré de ses humeurs et de l'inspiration, c'est la liberté dont jouit le blogueur bénévole qui comble les marges des médias participatifs. Pour quelques stars du journalisme payées cash, il est une cohorte de tape-clavier, usant leur talent à gagner petitement leur croûte sous la houlette d'un rédac chef plus ou moins tyrannique. Le blogueur est pauvre mais heureux, parce qu'il est libre. Pas question, donc, de se laisser dicter le thème de notre billet du jour par le sinistre de l'intérieur. Nous n'écrirons pas un mot pour contester à celui qui, sans état d'âme, renvoie des pauvres gens aux pays qu'ils ont fuis, en séparant s'il le faut des familles, et qui insulte constamment certains de nos concitoyens à cause de leur religion, le droit de se réclamer d'une race civilisation prétendument supérieure. Nous évoquerons plutôt la mémoire de cette femme et de cet homme, retrouvés ce week-end dans leurs coins perdus de notre pays civilisé, morts de froid.


Tous les commentaires
Bonjour Juliette Keating.
Aujourd'hui je rédige. Je co-rédige devrais-je dire, car nous sommes deux. Sur un sujet que je crois important mais qui ne fait aucune "Une" : le Handicap, l'Altérité, le Respect. Des trucs pas à la mode, quoi.
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Je suis pauvre mais heureux. Et c'est très bien ainsi.
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Bonne journée
Bonsoir Samines,
C'est chouette, on va pouvoir former un club de pauvres heureux!
Je m'inscris, même si je ne suis ni pauvre (j'ai un toit, de quoi manger), ni heureux (responsable, comme nous tous, de notre piètre pilotage du vaisseau "sapiens"). Je m'inscris, parce que les membres fondateurs ne me semblent pas du tout pauvres de coeur ni d'intelligence. M'accepteront-ils?
Bonsoir Samines bonsoir Juliette,
les trucs à la mode ne sont jamais essentiels mais toujours surperflus
C'est vous et tous ceux qui écrivent qui ont les plus belles richesses : l'art
de rédiger et la liberté de pouvoir le faire
bien à vous
Bonsoir Nanne,
L'art de rédiger...bigre ! Je ne le perçois pas trop chez moi. Mais bon. Déjà, tenter de trouver les mots justes pour dire les Choses, les Choses qui vous émeuvent ou vous mettent la colère à l'âme. Et puis échanger, écouter (je devrais dire "lire", ici
), cent fois sur le clavier remettre son ouvrage, aussi...
Bonne soirée
Puisqu'on en est à "l'art d'écrire", j'en profite pour demander à toutes les personnes qui ont des gamins autour d'eux de leur apprendre à bien lire et à bien écrire car l'école a été dépuillée de ses moyens et nous sommes démunis. Si les jeunes ne peuvent pas s'exprimer avec précision, ils ne peuvent pas penser avec précision. Il s'agit d'un acte de résistance fondamental et à la portée de la plupart d'en nous. Bon courage, tout de même.
JK
D'accord avec vous Juliette, l'apprentissage la lecture et l'écriture chez les jeunes enfants c'est primordial, tant c'est un savoir précieux que de savoir s'informer et s'exprimer. C'est d'ailleurs un sujet auquel je suis sensible et j'aimerais pouvoir faire quelque chose, je cherche... peut être un atelier pour les sensibiliser à la lecture et à l'écriture. Pas évident ! A mon sens le triste constat que l'on fait à l'heure d'aujourd'hui sur la capacité de lecture et de l'écriture vient des méthodes employées et du manque crutial de "rabachage", de répétition et d'entrainement à l'écriture.Depuis de nombreuses années, l'enseignement, au primaire, se diperse trop et ne se concentre pas suffisemment sur l'essentiel : lire et écrire (et compter), passer du temps à faire répéter encore et encore ces jeunes enfants afin qu'ils acquièrent un automatismes, des réflexes et donc une aisance pour plus tard pouvoir jouir du grand plaisir de la lecture, de l'écriture, et de la capacité à pouvoir s'exprimer.
Mais les parents sont aussi responsables. Rien de plus simple que d'inscrire son enfant à la bibliothèque dès bébé, et de l'emmener toutes les semaines faire son choix de livres. Il en gardera toujours quelque chose.
Aller dans les bibliothèques n'est pas si simple que cela pour beaucoup de parents qui sont en difficulté avec le livre (échec scolaire, sacralisation de l'objet livre, qualité de l'accueil des professionnel/les....) et la lecture au tout petits implique qu'on oublie toute forme d'apprentissage pour ne partager que des moments de plaisir et de jubilation avec lui en le laissant accomplir sa propre démarche psychique, développer son propre raisonnement sinon c'est contreproductif !
Je vais essayer de reprendre mes billets sur la bientraitance car c'est là que je voulais en arriver mais la lassitude m'a prise (à quoi bon ? Qui ça intéresse et tout ça....)
Tes billets sont passionnants. Et lus. Un ami blogueur ici même me disait qu'il avait appris en discutant à droite et à gauche, que les abonnés (et même les non-abonnés) lisaient les billets, même sans commenter, surtout sans commenter. Ne te décourage pas. Ecris. Bonne journée Wata.
les abonnés (et même les non-abonnés) lisaient les billets, même sans commenter, surtout sans commenter.
Vi vi.
Rudes questions que cela pose, d'ailleurs.
- Ecrit-on d'abord pour être lu(e)s ou d'abord pour (s')exprimer ?
- L'ensemble des échanges laisse-t-il un sentiment de "désirabilité à participer"...ou pas ?
- Pourquoi faudrait-il absolument compter (tous) ceux qui lisent ?
Les deux ? Bonne question, mais là, je vais travailler... Je reviendrai discuter de ce sujet ce soir ? Bonne journée Samines
Bonne journée Elisa13
(et bon courage).
Voilà. De retour. Froid et petit mistralet glacial dehors
Alors en quelques mots, je pense qu'on écrit d'abord pour soi. Quand on prend conscience que c'est possible, quand on s'en sert comme d'une sorte de thérapie. Pour tout simplement évacuer tous ces mots qui s'incrustent jour et nuit, qui font la samba dans le cerveau, et qui ne demandent qu'à s'assembler, pour former des phrases, des textes, pour communiquer.
On écrit aussi pour transmettre. Pour dire quelque chose à quelqu'un en particulier. Quelque chose qui nous taraude et qui ne peut s'évacuer que par l'écriture. Je sais que ça m'est arrivé. Transmettre par écrit parce qu'en parlant c'est bien moins facile.
Ecrire pour convaincre. C'est là qu'on aimerait tous être lus. Pour diffuser (la bonne parole
) Si nos écrits à ce moment-là ne semblent pas lus, ça énerve, ça met en colère. " Je viens vous dire quelque chose d'important et vous n'en tenez pas compte !" Là aussi, ça m'est arrivé, il y a pas si longtemps, quand je suis venue parler de Clément.
Mais une chose est certaine. Pour beaucoup ici et ailleurs, écrire est presque vital.
Alors en quelques mots, je pense qu'on écrit d'abord pour soi.
Oui, tout à fait d'accord sur ce point. Par contre "écrire pour convaincre", si c'est forcément présent au moins parfois, ne m'apparait pas si systèmatique. Mais il y a probablement autant de relations à l'écriture que des scripteurs (ou de scriptrices
).
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En ce qui me concerne, mes motivations sont assez variables. Tantôt support de difffusion de quelque chose que je crois avoir compris, tantôt me permettant de mettre de l'ordre dans mes idées, jeu avec les mots ou kaléidoscope d'idées qui s'entremêlent, l'écrit est beaucoup un miroir. Le passage de l'idée aux mots pour le dire est parfois tellement difficile que j'abandonne : j'en conclus que l'idée n'est pas claire ou que "la chose" est ineffable...ou que je ne sais pas le mettre en mots.
Nanne
Ce que vous dites est le meilleur moyen de les dégoûter quasi définitivement de ces apprentissages et de créer des blocages difficiles à débloquer ! Cela paraît logique et c'est ce que fait l'institution scolaire à répétition - tout en mettant en avant, pour mieux les démolir, les pratiques alternatives (qu'elle fait tout pour éradiquer bien qu'elles donnent souvent de bons résultats), en prétextant que c'est à cause de ces quasi inexistants que le système ne fonctionne pas !
C'est du pur novlangue mais ça marche du tonnerre de zeus ! Les gens sont avides de revenir à ces "bonnes vieilles méthodes" - qui en réalité n'ont jamais été abandonnées - car qui n'est pas nostalgique de sa jeunesse ? et - la preuve qu'elles sont bonnes : ça a marché pour eux, même s'ils ont soufferts. Mais la religion ne prétend-elle pas qu'il faut souffrir pour réussir ? - Alors que les enfants souffrent à leur tour : ce n'est que justice, ça leur apprendra la vie et les préparera à la souffrance au travail - qu'ils trouvent finalement souvent moins pire que celle subie à l'école.
Ceux qui réussissent le doivent pour la plupart à des expériences extra-scolaires mais comme ils ont baigné dedans ou que cela leur apparaît comme marginal, ils les zappent....
Si je bloggue ici gratuitement, c'est parce que je sais que nos blogs sont lus. Et lus par un public qui a souvent un bagage intellectuel politisé et parfois engagé. Si je veux être lue, alors que je ne vise aucune gloriole personnelle, c'est avant tout pour (tenter de) faire entendre une parole citoyenne, elle aussi engagée et concernée.
Pour les morts de froid du week-end (et il va y en avoir de nombreux autres, comme chaque années et de plus en plus...) je n'ai pas envie de pleurer, j'ai envie de hurler. Car c'est inadmissible. Mais surtout je veux me battre, parce que je trouve ça indigne, qu'ensemble, nous constation mais n'agissons pas. Je veux écrire pour agir.
Je viens d'écrire sur le même sujet chez Espoir : http://blogs.mediapart.fr/blog/espoir/050212/comme-un-froid-dans-le-dos
Je le répète : Cette société idéale, c'est à nous de la décider, de la mettre en place. Nous ne pouvons pas accuser (pas de chance, les politiques...) Les politiques, c'est nous !
Bonsoir Annie,
Nous allons donc continuer à écrire toutes les deux, avec les autres, et c'est bien. Mais, pour l'action politique citoyenne, elle parait aussi froide que le bitume parisien. En tous cas très minoritaire et très locale. Il faudrait passer à un niveau supérieur et vite!
Quoi dire après Annie ? Juste recommander, souhaiter que beaucoup (de ceux qui sont cachés derrière leur journal, près de la porte des toilettes
) lisent nos écrits. Et que quelque part, comme un foret, les mots percent la cuirasse, laissent la trace dans leur cerveau.
Pour certains, peut-être. Pour d'autres, nous ne sommes que des cobayes observés. Mais nous sommes là, nous restons, nous écrivons, nous diffusons, nous essayons d'élargir la portée des mots, pour toucher le plus grand nombre. Ne pas oublier : nous sommes nombreux.
Bonsoir Elisa,
Le problème est sans doute que nous sommes lus par des lecteurs d'accord ou presque d'accord. ça les réconforte, mais est-ce que ça fait vraiment avancer les choses, mystère...
Je sais pas Juliette. Ce que je sais, c'est que je partage, j'informe, je transmets, au boulot, à la maison, sur les réseaux, j'essaie comme tous de toucher le plus grand nombre. Je crois que l'écriture est importante, comme la parole. Transmettre, toujours, ne jamais se taire...
Et c'est valable pour plein de sujets...
Je ne peux que vous suivre dans vos propos , j'en ai fait moi-même hier un billet intitulé : "Comme un frisson dans le dos".
Bon je le dis : Juliette, j'adore vos billets, la forme courte, le détachement apparent, le sujet choisi...
L'utilité, oui c'est une question obsédante, tant de paroles gelées dans la toile, tant de bavardages, et parfois une parole, un sujet libre...
continuez !
POUR AGIR CONCRÈTEMENT CONTRE le gluant :
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l'appel d'Université Universelle, notre matière grise est de toutes les couleurs.
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