Bonheur taxé
Pour vivre heureux, vivons cachés, prétendent les sages, ignorant la vie des clandestins. Yinyin avait beau raser les murs, marcher à l'ombre, faire le caméléon dans le bus, la joie s'effaçait de son visage quand, sur le chemin du lycée, elle croisait trois policiers désœuvrés. Par chance, son pote Sidiki déboulait et se faisait illico contrôler, laissant à Yinyin le temps de disparaître. Aujourd'hui, Yinyin a trouvé le bonheur dans une carte vie privée et familiale. Un an de vie au grand jour! Trois-cent soixante-cinq jours sans la peur, mais avec des dettes. Car, en France, la légalité s'achète 560 euros. Bakchich? Dessous de table? Non : racket d'état. Timbre fiscal, visa de régularisation, carte de séjour : tout se paye. Mais en cette année du dragon où le plus incroyable peut arriver, Yinyin garde espoir : la France deviendra peut-être le pays des droits de l'Homme et des titres gracieux.


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Vous n'avez rien compris, Juliette. C'est fou, comme il faut tout vous expliquer. Ces gens là, voyez-vous, viennent d'une autre civilisation, ils n'ont pas les mêmes moeurs que nous. Dans leurs civilisations, les bakchichs, c'est courant. Si, si, d'ailleurs le voisin de ma belle-soeur, qu'y est allé, là-bas, le dit toujours. Donc, M. Guéant, dans son infinie bonté, a fait ça pour ne pas les dépayser. C'est tout. En plus, y causent pas comme nous, ces gens là, vous l'avez remarqué ? Donc si on leur fait "psit-psit" en frottant le pouce et l'index, ils comprennent tout de suite. C'est ça, l'intégration !
Vous avez raison Annie,
Ce qui montre bien l'infériorité de ces gens-là, c'est que lorqu'un étranger arrive dans leur pays, au lieu de lui mettre les menottes direct, ils lui offre du thé. Du thé!! on voit bien là les primitifs...
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