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Partie VI : le Risque Global des Marchés Financiers.
Faut-il interdire l’accès de tous les Marchés Financiers à la Haute Finance ? RAPPEL DES CHIFFRES GÊNANTS.Au dernier pointage (révision à fin septembre), le Produit Intérieur Brut de la Zone Euro était officiellement chiffré à 8.959,4 milliards d’euros (MD€), contre 9.244,7 MD€ à fin 2008, soit un recul de -3,09%. La projection pour 2010 permet de penser que le niveau de 9.250 MD€ sera de nouveau atteint. Par contre, ces estimations sont « à prix courants », et donc il suffit de casser systématiquement le thermomètre des prix pour afficher une croissance des PIB « à prix constants » en Zone Euro.
Problème ? Depuis la création de la monnaie commune, non seulement cette croissance est faible (de l’ordre de 1,0%, à périmètre constant) mais, en plus, la masse monétaire M3 a plus que doublé : de 4.445 MD€ à fin 1998 (création de l’euro au 1/1/1999) : elle est passée à 9.420 MD€ à fin juillet 2010. Pendant la même période, le PIB Courant a augmenté de 50 % : de 6.150MD€ à probablement 9.250 MD€. En clair, il y a maintenant plus de monnaie en circulation que de richesses créées en Zone Euro. Il y a donc de plus en plus de « fausse monnaie »…. Merci à la BCE et à tout le Système Européen des Banques Centrales (SEBC) ! Le PIB affiché dans ces conditions, c’est un peu comme si on vous servait un vin de grand cru, baptisé avec 50% d’eau : vous avez l’illusion d’avoir une « bonne bouteille », avec « une bonne étiquette » et « une bonne année », mais cette bouteille de 112,5 cl (au lieu de 75 cl) contient maintenant un breuvage infâme.
Pour les alouettes en tout genre, ce genre de détail n’est pas intéressant : le printemps est revenu (fin du recul du PIB) et la crise est derrière nous. Ils oublient bien sûr de parler du Marché de l’Emploi : entre la fin 2008 (147,9 millions d’emplois) et la fin mars 2010 (144,3), plus de 3,6 millions emplois ont disparu au sein de l’Economie en Zone Euro.
Ils oublient aussi de parler du chômage qui touche désormais plus de 15,8 millions de personnes (fin mars et fin juillet 2010) contre 11,9 millions à fin 2008 : +32,7% en deux ans.
Or, ces chiffres sont trafiqués en permanence, tout le monde le sait :
- il suffit de travailler 78 heures dans le mois pour ne plus faire partie des demandeurs d’emploi de la nouvelle catégorie A ;
- il faut surtout cocher la case "CDI - Temps Plein" car si vous cochez toutes les cases en désespoir de cause, vous n'êtes plus "demandeurs d'emploi en catégorie A" ;
- les administrations multiplient les pièges pour exclure les demandeurs - manu militari - en durcissant les fameuses « démarches obligatoires » et les entretiens stériles qui découragent les demandeurs, surtout les jeunes. Donc, merci au passage à « nos partenaires sociaux » (les syndicats et le MEDEF) qui nous ont concocté une Société et une Administration (Pôle-Emploi) aussi barbares…
- elles inventent des trappes en tout genre pour parquer les demandeurs dans des formations inutiles ou pour les basculer dans des « emplois aidés » qui ne permettent même pas aux bénéficiaires de payer leur loyer.
Ainsi donc, pour une population de près de 330 millions de personnes, la Zone Euro comptait 52 millions de pauvres à fin 2008 ; autrement dit, 16% de la population eurolandaise avaient des revenus inférieurs à 60% du seuil de pauvreté. Sur les 16%, 8% de cette même population avaient un travail, censé les faire vivre dignement (travailleurs pauvres). Or, ce seuil de pauvreté, fixé à 60% du revenu médian, varie lui-même de pays à pays : du simple au quadruple. Il était à 10.541€ par an et par personne à fin 2008 en France ; au Luxembourg, il était de 18.550€ ; pour la Grèce, il était de 6.480€ ; pour le Portugal, il était fixé à 4.886€. Astuce ? C’est le salaire médian du pays qui sert de repère : la moitié des salariés de la population considérée gagne moins, et l'autre moitié gagne plus. En prenant 60% de ce salaire médian, les statisticiens d’EUROSTAT « ignorent » que les chiffres de la misère noire commencent déjà à 50% de ce salaire médian. Prévisions 2010 : sans tenir compte des situations dramatiques dans les pays de la Zone Euro les plus touchés, il faut s’attendre à ce que 25% de la population eurolandaise disposent de revenus inférieurs à 60% du seuil de pauvreté.
Autre chiffre gênant : la Dette Publique. La Haute Finance était en dépôt de bilan généralisé, et elle s’est momentanément renflouée en puisant dans les caisses de l’Etat et en bloquant la croissance des recettes : la Dette Publique est allègrement passée de 65% à près de 80% du PIB. Pour les moteurs du néolibéralisme, c’est plutôt « la casse moteur » : l’Irlande était endettée à hauteur de 25% de son PIB ; à fin 2009, elle est passée à 65%. Pour les autres, les augmentations de la Dette Publique seront de l’ordre de +20% entre 2008 et fin 2010.
Autre Point Noir : le Commerce Extérieur. Nos transactions courantes (toujours en Zone Euro) ont été déficitaires de -153,8 MD€ en 2008 et -55,9 MD€, essentiellement à cause des pertes de la Haute Finance sur les placements financiers et boursiers et à cause des revenus d’investissements négatifs ; la Chine et la Russie nous occasionnent des déficits dans la balance des biens ; les Etats-Unis nous ont coûté une perte de 45 MD€ nets pour les deux années 2008 et 2009 (haute finance) et le Japon creuse notre déficit en technologies à hauteur de 30 MD€ chaque année. Les Institutions Européennes nous coûtent 46 MD€ par an, essentiellement pour entretenir une Eurocratie dévouée aux lobbies.
Quand une balance des transactions courantes est déficitaire, il faut éviter que les entreprises réduisent leurs investissements sur le sol national car l’impact est dans ce cas doublement négatif : pour redresser un pays, il faut éviter des fuites de capitaux au titre des Investissements Directs. Et bien, là encore, la Zone Euro est mal gérée : les industriels et grands commerçants de la Zone Euro préfèrent investir à l’étranger pour produire, puis pour importer des biens et services au sein de la Zone Euro, au point que, à fin mars 2010, le montant estimé de leurs investissements à l’étranger représentait la modique somme de 4.319 MD€ pendant que les Etrangers avaient investi 3.469 MD€ sur le sol de notre zone monétaire. Autrement dit, la Zone Euro a créé de toutes pièces une évaporation de plus de 820 MD€ dans le domaine des investissements directs, une évaporation qui détruit des emplois et des revenus, et qui détériore la compétitivité de nos populations en les privant des moyens de se perfectionner et de progresser.
Cerise sur la gâteau : comme c’est toujours le cas en période de crise, les déficits de nos balances de biens et de services sont repassés légèrement en zone positive. Par contre, les déficits structurels s’alourdissent (balance des revenus et balances des transferts), et il faut les financer.
LE RISQUE GLOBAL ? Au lieu de réduire les déficits structurels de la Zone Euro, la Banque Centrale Européenne les alimente ; c’est la raison pour laquelle nous avons publié « La gestion (désastreuse) de l’euro » (titre de notre deuxième livre, publié par ALTER-EUROPA en janvier 2008) et « Le Néolibéralisme? Un très vieux système… Pourquoi (faut-il) le combattre ? » (Publié en janvier 2007). Donc, deux livres écrits et publiés bien avant la crise des « prêts subprime »…
En effet, la BCE alimente la crise de plusieurs façons : d’abord, elle crée de la fausse monnaie à tour de bras ; elle permet à la Haute Finance de prendre des risques considérables sur les Marchés Financiers et à l’Etranger ; elle leur permet de délocaliser la gestion de ces risques dans les paradis fiscaux et de les camoufler dans des « véhicules » opaques (sociétés, trustees et fondations).
Elle devrait, au contraire, « forcer » ou « encourager » les Banques, les Groupes d’Assurances et les Fonds d’Investissement à accorder des crédits et des prêts au tissu commercial et industriel, et surtout aux PME-PMI, pour réaliser des investissements à moyen et long terme sur le « sol national ». De plus, ces crédits et ces prêts devraient être accordés à des taux bien inférieurs, sans fixer des plafonds tellement élevés (taux usuraires) que les retours sur investissement exigés sont devenus impossibles à atteindre. La BCE organise donc un « credit crunch », non pas seulement depuis deux ans mais depuis la « libéralisation » des marchés financiers dans le milieu des années 80.
En permettant aux banques et à toute la Haute Finance d’acquérir des titres étrangers risqués pour un peu moins de 10.000 milliards d’euros (investissements en portefeuille et autres investissements), elle maintient des rendements élevés, et elle encourage les « primes de risques sur obligations d’Etat» pour attirer des fonds en quête de rentes élevées pour près de 12.250 MD€ à fin mars 2010.
Le risque global est là : la BCE favorise une classe de rentiers, nationaux et internationaux, pour faire grossir les bilans de la Haute Finance eurolandaise, et pour faire concurrence au dollar.
Mais ce faisant, elle a conduit la Haute Finance européenne au dépôt de bilan généralisé ; elle a détruit le socle de toute l’Economie Réelle ; les populations sont marginalisées. Mieux, elle a maintenant conduit à un dérapage des finances publiques, jamais connu en temps de paix : des niveaux d'endettement (par rapport aux PIB correspondants) en hausse de +20% en deux ans !
En adoptant la politique de l’Euro Fort, la BCE continue à chercher des fonds à l’Etranger pour permettre à la Haute Finance européenne de camoufler ses pertes réelles, et pour recommencer ses jeux de tir aux pigeons, comme si rien ne s’était passé entre 2007 et 2008.
Elle encourage ses joueurs de casino à se "refaire une santé"… mais la tirelire du casino est vide : à part l’Allemagne et les Pays-Bas, les Etats sont au bord du gouffre, et leurs déficits extérieurs sont devenus ingérables.
Le risque global ? C’est l’implosion de la Zone Euro ! La hausse permanente des bilans des banques, la course aux fonds propres et les prédations perpétuelles pour leur permettre d’afficher des profits suffisants, tout cela n’est plus possible car c’est la Grande Dépression qui va finalement s’imposer…
Et là, chers amis de GDF-SUEZ, EDF, CARREFOUR, AUCHAN et tous les autres, vous regarderez la baisse de vos chiffres d’affaires et de vos profits avec angoisse, malgré vos augmentations et vos manipulations de toutes sortes… car il n’y aura bientôt plus de clients capables de vous acheter quoique ce soit… L’hyperinflation ? C’est fini !
Autrement dit, c’est l’impasse pour tout le monde et, donc, si les « grands pontes » de l’Economie Réelle veulent survivre, ils devront « passer à la table des négociations » pour inventer une Autre Europe et surtout une Autre Gestion de l’Euro. A leur disposition pour en parler vraiment… Le plus vite sera le mieux !
Merci de réagir,
JUNON Moneta
ALTER-EUROPA
Pour une Autre Europe…
Et (bien sûr) pour un Autre Euro…
Prochaine publication :
Partie VII : Comment réduire les Risques en cette fin de Régime?


Tous les commentaires
Eh bien là, j'ai tout compris ! :o) Merci pour cette analyse très instructive !
Mais je me pose une question : ces multinationales, cette "haute" finance, est-ce que ça ne leur est pas égal de produire cette destruction économique, dont vous pointez bien les dégats en termes sociaux et humains (chômage de masse, paupérisation d'une partie de plus en plus grande des citoyens européens) ? après tout, leurs bénéfices se font maintenant ailleurs, dans les pays à faibles coûts salariaux ? devenue "jet set" internationale vivant bien à l'abri dans des "paradis" aménagés pour leur strict profit et bien-être, que leur importe le devenir de l'Europe au regard de leur vorace appétit de profits ?
En ce qui concerne le "Pôle emploi", lu hier un article du Monde :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/09/24/les-agents-de-pole-emploi-restent-en-situation-de-crise_1415457_3234.html
Merci, Corinne N,
Sur Pôle Emploi, j'ai lu l'article que vous référencez.
Un agent passe tout au plus un quart d'heure par mois et par dossier.
L'objectif de ces "entretiens" individuels, mensuels et obligatoires est de mettre la pression sur les demandeurs d'emploi.
Dès lors, la messe est dite!
Il faut radier... les agents de Pôle Emploi et les "partenaires sociaux" qui ont accepté cette mise en scène grotesque et inhumaine...
Cette situation est insupportable, pour les uns et pour les autres.
Cordialement,
JM
*** Radier les cadres de Pôles emploi d'abord, ceux la même qui jouent au jeu malsain du meilleur chiffre de radiations mensuelles, les agents quant à eux sont effectivement aussi les victimes de cette honteuse fumisterie, au point que quelques uns en viennent à se suicider dans leur bureau...
Oui
J'apprécie que l'on distingue la "machinerie administrative de coercision" mise en place par le gouvernement et les acteurs parfois impuissants qui la font fonctionner.
Je ne fais pas partie de "Pôle Emploi". Mais j'y connais suffisamment de gens pour savoir que condamner les agents avec l'institution, ce serait jeter le bébé avec l'eau du bain.
OUI, samines, il faut faire la distinction entre les organisations et les humains qui les composent mais il y a aussi une morale : on ne peut pas pas accepter d'être un rouage, même minisucule, au sein d'une machinerie aussi pernicieuse sans être éclaboussé soi-même par l'horreur des dégâts humains occasionnés.
Il faut aussi que ces gens se révoltent... et refusent de faire partir les trains à l'heure... C'est cela que nous condamnons tous : l'irresponsabilité et l'impunité.
*** Bien heureux ceux qui ne craignent pas pour leur emploi ! Là est le vrai problème de l'inertie ambiante, gagnant même les fonctionnaires qui ne sont plus à l'abri de mesures coercitives... Et je ne vous parle pas des employés du privé aliènes aux contraintes de plus en plus innombrables (Merci à l'Europe et ces centaines de milliers de textes de régulations et de normes...) auxquelles ils sont soumis...
Ne croyez pas que je fasse une fixation sur l'UE, mais, malheureusement, elle est la principale conséquence de nos chaines actuelles, il n'y a qu'à observer pour saisir ce que je vous dis...
Je pense donc que vous avez lu les articles connexes, dont celui-ci :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/09/09/j-ai-ete-radiee-du-pole-emploi-pour-un-rendez-vous-que-j-ignorais_1406478_3224.html
constitué de témoignages, dont celui-là :
["J'aurais dû recevoir un appel de mon conseiller... décédé, par Marie G.
Mon soi-disant conseiller m'aurait appelé et je ne suis pas venu à une convocation faite par téléphone. Résultat : fin de mes droits au chômage, bonjour le RSA... auquel je n'ai pas droit vu les revenus de ma conjointe (1 100 euros net par mois, une fortune il est vrai).
Je me retrouve donc sans revenu, et après "enquête" de ma part, mon conseiller ne m'a jamais appellé à la date indiquée, vu qu'il... s'est suicidé ! Lettre recommandée au directeur de l'agence du Pôle emploi de mon secteur, aucune réponse. Je prends un avocat : "Désolé, le délai de deux mois pour agir est passé", m'explique-t-on. Je n'ai plus qu'à bosser au black."]
...
Parlant des "oligarques" français, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dans leur dernier ouvrage qui vient de paraître "Le président des riches", au sujet de la réforme du droit des affaires préparée par $arkozy, il est écrit :
[...]
Les grands patrons doivent avoir les coudées franches et se savoir à l’abri des dérives idéologiques et irresponsables de magistrats indépendants, libres de venir ruiner les montages les plus juteux. Isabelle Prévost-Desprez parle de « drogue » pour caractériser le rapport à l’argent des hauts délinquants financiers qu’elle a à juger : « C’est une drogue, un substitut de puissance qui atrophie la pensée. Il n’y a chez eux aucune peur du lendemain, mais ils sont les pharaons, ils amassent l’argent et souhaitent mourir avec. Pour eux, la seule certitude qui vaille, c’est que l’argent dirige non seulement le monde, mais qu’il fait peur. Inspirer la crainte, voilà dans le fond leur seule ambition. »
La véritable violence sociale n’est-elle pas là, dans cette « gouvernance par la délinquance » comme mode de régulation de la finance folle, selon l’expression d’un magistrat spécialiste de la criminalité financière ? N’est-ce pas de là que naissent le désespoir, les vies gâchées avant même de s’être épanouies ?
[...]
Extrait dans son contexte en libre lecture sur le site des Editions Zones ici :
http://www.editions-zones.fr/spip.php?id_article=116&page=lyberplayer#chapitre3
ps : et mes points d'interrogation ?
Cordialement également,
Corinne
@Corinne N
Les exemples comparables à ceux que vous citez sont quotidiens. Et il y a pire.
Par contre :
1) Toutes les agences ne réagissent pas de la même façon aux directives nationales via les circulaires,
2) Tous les agents ne réagissent pas de la même manière devant leur hiérarchie (d'où des malaises récurrents que la presse française évacue doctement au nom de sa soumission à l'ordre établi).
De mon point de vue, Pôle Emploi ne sert strictement à rien d'autre qu'à effectuer des comptages, mais c'est une Institution. Donc elle sera toujours "raisonnablement critiquée" par la Presse habituelle, c'est à dire cautionnée.
En contester le fonctionnement ne nous emmènera pas bien loin, c'est son existence qu'il faut remettre en cause.
Et là, chers amis de GDF-SUEZ, EDF, CARREFOUR, AUCHAN et tous les autres, vous regarderez la baisse de vos chiffres d’affaires et de vos profits avec angoisse
Les tentatives de toutes sortes pour investir notamment les marchés Chinois et Indiens, mais aussi Sud-Américains alimentent parfaitement votre propos (auquel je souscris).
Mais n'étant pas (comme vous le savez
) un économiste, je vais me permettre de mettre le risque que vous soulignez dans une autre perspective :
La probabilité d'une prochaine crise financière née de l'éclatement d'une autre bulle (Or, Matières Premières, Obligations d'Etat) est au moins très grande.
La probabilité d'une crise monétaire (ajustements n'en finissant pas de ne pas se faire, monnaie "nouvelle" pour les transactions, marché oriental créant sa monnaie locale) est du même ordre.
Mais "l'autre crise possible" est sociale (crise du travail, du logement, avec ses réactions sécuritaires). Et là par contre, on verrait s'immiscer des acteurs à la fois non conventionnels et ne faisant pas vraiment dans la dentelle (gangs, mafias).
Et si l'avenir était une course contre la montre entre ces trois types de crise ?
@ samines
Vous parlez des bulles et de leur éclatement? Oui, c'est vrai, la probabilité est grande de voir une nouvelle baisse des MP et des obligations d'Etat... mais ne parlez surtout pas de bulle(s) concernant l'or...
En effet, l'or est un métal, bien sûr, et comme tous les métaux, il varie généralement dans le même sens que les autres métaux et MP...
Par contre, l'or est égelement une monnaie, et même la meilleure de toutes les monnaies depuis quatre mille ans... A ce titre-là, si toutes les monnaies sont mauvaises, même le franc suisse, il n'en restera qu'une seule, et ce sera l'or...
Une fois réglé le désordre, ouin l'or reviendra vers des valeurs proches de 2.000 € (il vaut 970€ aujourd'hui) ou vers 2.000 $ l'once (il vaut 1.290$) mais vous ne l'empêcherez pas de monter vers 2.500€, voire vers 5.000€ si la situation catastrophique prévisible se confirme...
L'étape de "l'autre crise possible" est déjà là : c'est la Barbarie, et c'est le contraire de la Civilisation. Mon livre I traite de ce risque que j'ai "identifié" dans mes traductions grecques et latines ; nous allons droit vers cet iceberg, d'où ma motivation et l'ampluer du travail que j'ai entrepris... à titre gratuit...
Cordialement à vous,
JM
Bien reçu :)
Je faisais juste allusion au fait que chaque lingot est vendu près de 20 fois, et que si un petit rigolo se met à vouloir récupérer son or en version réelle, il risquait de "perturber" le système. Quand je dis "un", ils pourraient être plusieurs et avoir intérêt à "ébranler" le système.
Mais bon, je le répète, je ne suis pas un économiste. Donc j'écoute, je lis, je pose des questions, et je repars m'asseoir :)
@ samines
Si vous n'êtes pas économiste, je ne suis pas Madame Soleil...
Mais, croyez-moi, j'ai bien étudié la question : la Grèce Antique a été déstabilisée par l'invasion de la Lydie par Darius ; à ce moment-là, une drachme d'or valait deux drachmes d'argent. Darius a mis la main sur la Lydie et il a créé la Darique-Or : du coup, Athènes a vécu une envolée de la Drame-Or qui est passée de deux à vingt et même vingt-huit drachmes d'argent.
La suite? Des dévaluations incessantes et la grande misère pour les peuples grecs... Les guerres intestines ont fini par "tuer" la Grèce mais le mal est venu de l'or... ou plutôt de la méfiance vis-à-vis des monnaies en métal vulgaire et trafiqué. Je pourrais enchaîner sur la décadence et la chute de Rome : mêmes causes, mêmes effets.
L'or? Baromêtre millénaire face à la folie des hommes...
Nous revivons des épisodes drachmatiques (jeu de mot en Grèce Antique) : des épisodes où la poignée d'argent (dragma) ne valait plus rien, et donc symbole même du théâtre poignant, plein de renversements...
Merci pour votre recontextualisation
*** Et si l'autre solution, c'était bien d'abandonner cette Europe dictatoriale qui nous a tué: nous socialement et notre économie en nous mettant en concurrence au sein même de l'UE entre pays pauvres et pays riches (bonjour les délocalisations...), et enfin retrouver l'usage de nos jambes Oups ! de notre monnaie... ce qui revient au même !...
Qui à décrété que la construction d'une UE était bonne pour nous... et qu'il fallait éviter tout débats de la part de ses membres pour y arriver ?... Cherchez bien la réponse à ces 2 questions essentielles...
L'Europe est bien le problème aujourd'hui et non la solution... Quid de l'Allemagne qui s'apprête elle même à revenir au DM... au prochain krach...
Cdlt JRex
Oui, la contruction de l'Europe a été déviée.
Oui, il faut une Autre Europe... Et (bien sûr) un Autre Euro... C'est d'ailleurs le slogan choisi pour ALTER-EUROPA...
Non, on ne peut pas se passer d'une "Maison Commune" et d'une "Monnaie Commune".
C'est du moins mon avis.
Nous devons déjà être solidaires entre nous et puis, croyez-moi, la France reste la Patrie de ceux qui veulent changer les choses. Je peux le dire d'autant plus facilement que je ne suis pas Français...
Si la France "bouge", croyez-moi, l'Europe entière bougera.
Les Allemands sont peut-être réfractaires à l'euro, mais pas à la France des libertés... Evidemment, il y a de tout pour faire un monde... et même des médias allemands détestables... mais l'Allemagne perdrait beaucoup à s'isoler de l'Europe actuelle et à rêver d'une main mise sur les pays de l'Est... Elle a déjà payé très cher ce genre de rêve, et leurs voisins à l'Est n'ont pas oublié...
Merci de vos commentaires,
JM
*** Vous n'avez pas trouvé la réponse à ma question :
" Qui à décrété que la construction d'une UE était bonne pour nous... et qu'il fallait éviter tout débats de la part de ses membres pour y arriver ?...
La voici: les Etats-Unis tout simplement, car tel fut leur dessein depuis l'après guerre, édifier une Europe afin de servir leurs intérets exclusifs de domination sur le Monde et asservir les peuples d'Europe sous le joug de leur politique ultra libérale...
Voilà, c'est ainsi nous somme gouvernés par un syndic hors de nos frontières, qui s'il ne nous a fait pas la guerre par les armes, est bel et bien en train de nous achever économiquement !
Je vous renvoie au propos qui pourraient paraître parfaitement hallucinatoire, s'ils n'était de F. Mitterrand lui même, quelques jours avant de mourir :
" La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre contre les Etats-Unis. Une guerre permanente, économique, une guerre sans morts. [...] Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. Une guerre inconnue, une guerre permanente, sans morts apparemment, et pourtant une guerre à mort."
François Mitterrand (1916-1996), Ex-Président Français. Commentaire lors d'un entretien privé avant sa mort à Georges-Marc BENAMOU dans son livre "Le dernier Mitterrand"
Avouez que cela laisse à réfléchir, voila pourquoi mon sentiment est que sortir de l'UE est un préalable, si nous espérons retrouver la force vive de notre nation autour de cet idéal de liberté et conserver les acquis du CNR qui animaient nos aînés à la libération.
Cdlt JRex
@ Jean REX
Je ne vais pas vous faire la leçon, à vous, car je sais que vous savez...
Les conditions du Plan MARSHALL étaient justement des conditions posées par les Américains pour avoir moins d'interlocuteurs et pour mieux "répartir" les programmes d'aide économique et financière.
OUI, c'est vrai, ce sont aussi les Américains qui nous ont imposé le Gold Exchange Standard (BRETTON-WOODS), la création de l'ONU, du FMI, du GATT... et leur volonté de tout contrôler...
OUI, c'est vrai, les Américains nous ont imposé leur philosophie de l'Argent Facile en créant des dollars à tour de bras mais il faut dire toute la vérité : nos banquiers avaient des comptes plantureux aux Etats-Unis pendant la guerre et, quand Jean MONNET a proposé à ROSSEVELT d'utiliser cet argent pour payer les armes, les victuailles et les matières premières américaines, celui-ci a répondu que la morale lui interdisait de toucher à des biens privés. Drôle de morale, vous en conviendrez : il ne fallait pas toucher à la Haute Finance!
Par contre, sans eux, l'Europe n'aurait pu se redresser aussi rapidement : dès 1950, les premiers excédents commerciaux étaient enregistrés en Europe vis-à-vis des Etats-Unis. Impensable entre 1944 et 1948!
A partir de là, ils ont été les initiateurs d'un super-gouvernement (de non-élus) qui échappe désormais au Pouvoir de la Démocratie. C'est ce "syndic hors frontières" (votre expression) qu'il faut combattre en restaurant la Démocratie, la vraie, au sein même de nos pays!
Pas facile de combattre le Pouvoir de l'Argent!
Et donc, à ce stade, ce n'est plus un problème économique, monétaire ou financier, c'est un problème politique!
JM
Ce qui suit n'est que sensation. Je n'ai aucun argument.
Si la France "bouge", croyez-moi, l'Europe entière bougera
Je le pense effectivement. Et en ce sens, les prochains mois de Sarkozysme pourraient être trés intéressants.
(l'Allemagne) a déjà payé très cher ce genre de rêve et leurs voisins à l'Est n'ont pas oublié
Il me semble aussi que les regards allemands sont beaucoup plus "vigilants" quant à ce qui se passe à son Est qu'à l'Ouest ou au Sud. Et je ne l'ai jamais tant ressenti que lors de mon "passage" en Pologne (j'étais aux alentours de Katowice).
Merci de vos commentaires
Je vous en prie, c'est un plaisir.
N'oubliez pas la Grande Alliance de la Haute Finance allemande avec l'Olygarchie russe (la Mafia russe de Poutine) : SCHROËDER est quand même le numéro 2 du gaz russe...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerhard_Schr%C3%B6der
Bonjour,
Je me propose de faire une série "variations sur les 16 mesures des Economistes Atterrés", votre texte pourrait-il être considéré comme le développement de l'une ou de toutes les 4 premières mesures des économistes atterrés...
Un copie/collé en bas de chaque mesure, serait le bienvenu...
A bientôt.
AMitié.
Mesure n°1 : cloisonner strictement les marchés financiers et les activités des acteurs financiers, interdire aux banques de spéculer pour leur compte propre, pour éviter la propagation des bulles et des krachs
Mesure n°2 : Réduire la liquidité et la spéculation déstabilisatrice par des contrôles sur les mouvements de capitaux et des taxes sur les transactions financières
Mesure n°3 : limiter les transactions financières à celles répondant aux besoins de l’économie réelle (ex. : CDS uniquement pour les détenteurs des titres assurés, etc.)
Mesure n°4 : plafonner la rémunération des traders