Thématiques du blog
Afrique . Agriculture . Cote d 'Ivoire . Sénégal . bénin . développement . françafrique . mali . niger . élections
Partager
Augmenter
Réduire
l'Afrique, deux ou trois choses que je sais d'elle.
22 Janvier 2011
Par
kakadoundiaye
Les élections récentes en Guinée,le retour sur le devant de la scène d'un vieux lion intègre d'une opposition taillée en pièce par quasi 50 ans de terreur aveugle, en Cote d ' Ivoire où la Communauté internationale se mobilise brusquement avec une verdeur étrange dans un conflit strictement ivoirien ( coup d 'état électoral ou non?) , des otages français assassinés, d'autres enlevés et dont nous sommes depuis plusieurs mois sans nouvelle, dans un pays, le Niger, où vient de s'installer au pouvoir un mince et jeune général entendant mettre fin aux dérives mafieuses et autoritaires d'un clan accroché depuis des decennies au pouvoir, l'apparition étrangement médiatisée d'un groupe salafiste, issu d 'Algérie, entendant se rattacher à Ben Laden.....Auquel il convient de rappeler les débats nés d'une série de film sur l'Afrique(s) et la françafrique,le procès enfin possible des dits " Biens Mal Aquis", ainsi que le procés en appel de l'Angolagate où Pasqua est de nouveau appelé à s 'expliquer....l'Afrique depuis quelques mois semble occuper soudain une place dans les débats et les médias qu'elle n'avait pas eu depuis longtemps.L'occasion d'entendre, sur ce thème, de lire, un flot de commentaires, d 'affirmations, d 'analyses de prétendus experts en africanité ou de simples militants de la Justice et autres Droits de l'Homme dont l'angélisme le dispute à l'ignorance.Ignorant je le suis moi-même mais y vivant, y ayant travaillé pendant plusieurs decennies,en ayant fait un objet d 'études et de reflexion, il y a deux ou trois choses que je crois savoir d Elle.Ignorance-connaissance qui me permettent de m'élever contre une attitude condescendante symbolisée par le désormais fameux discours de Dakar de Nicolas Sarkozy.Certains - comme Senne- y ont vu un discours raciste. C'est, m'est avis, surtout un discours mensonger qui en affirmant que l'homme africain avait raté le train de l'histoire, oublie que l'Afrique est au coeur depuis trois siècles de cette même histoire, par la traite négrière à partir de laquelle se constitua et se renforça la bourgeoise européenne, par le colonialisme qui la continua et enfin par le pillage auquel se livre depuis un demi-siécle les grandes compagnies internationales, à leur bénéfice mais aussi au bénéfice des peuples occidentaux.L'Afrique est bel et bien dans l'histoire du monde mais dans une position précise : dominée.En m'élevant également contre l'attitude humaniste pour ne pas dire humanitaire qui voit dans les peuples d' Afrique les proies misérables des ogres qu'étaient les états et que sont aujourd'hui les Grandes Compagnies prédatrices en oubliant gommant les bénéfices pour les peuples du Centre de cette exploitation-prix des matières premières- pratiquant l'aumône quand ce n'est pas le pardon des péchés ( réduction de la dette, dons multiples, aides subventions, soutien aux programmes sanitaires, éducatfs, infrastructuraux.....), n'en finissant pas de vouloir dans ce monde mis à genoux rétablir la Morale et la Démocratie ( procès des Biens Mal Acquis,discours de La Baule de Mitterand, et obligation de votes comme témoignage -ubuesque- de la démocratie) après avoir pendant des siècles et surtout pendant les dernières décennies tout fait ( assassinats,guerres, intervention, magouilles..) pour que ces mêmes peuples ne puissent s 'exprimer ( en particulier au Cameroun, en Angola, en Republique Démocratique du Congo, Nigéria, Namibie, Mozambique et plus récemment en Cote d 'Ivoire).Evacuant dans les oubliettes de l'Histoire la dignité africaine et la kyrielle d 'hommes d'état remarquables ( Nkrumah, Rawling, Senghor, Dia, Machel, Andrade, Neto, Machel, Lummumba etc..) d'écrivains et d 'intellectuels de haute volée ( Ba, Cesaire, Fanon, Kourouma, .KiZerbo, Hamidou Kane, Bambote, Sembenne, Béti .....) sans compter les artistes dont Soyinke Prix Nobel, Fela, N'Dour, Dibango, Sow, etc... de renommée internationale et surtout l'incroyable essor donné par l'Afrique à l'Art Contemporain mondial tant en peinture sculpture qu'en musique.Mendiants, nous sommes aussi les victimes d'un rousseauisme, illichisme chrétien qui entend voir en nous le Bon sauvage privé par les méchants de son paradis perdu que rappelle sa force et sa beauté célébrées par tous le stades du monde.( Black is beauiful), qui maintient par ailleurs un feu de braise sous la marmite toute fumante de la mauvaise conscience blanche rebaptisée repentance sur lequelles tous les petits renards affamés de la nouvelle négritude soufflent en roulant des yeux et se marrant en douce.Exploités, nous serions les victimes de quelques despotes nègres, nos frères ennemis, dont il reviendrait aux blancs de nous débarrasser au nom bien sur de la Justice et de la Morale ( procès des Biens Mal Acquis) oubliant au passage qu'il n'y a pas de corrompus sans corrupteurs, curieusement épargnés, et que la corruption est d'abord un système et non le fait de quelques uns qu'il faudrait montrer du doigt et donner en pâture à la vindicte publique encore curieusement plus blanche plus que nègre, plus occcidentale qu'africaine.Système qui gangène l'ensemble du corps social du chef d 'Etat aux Ministres, de ceux ci aux chefs de cabinet, députes, chefs d 'entreprises, journalistes, universitaires, employés, syndicats, fonctionaires et citoyens dans une gigantesque chaîne qui constitue la colonne vertébrale des relations sociales africaines de Nouakchott à Abidjan , de Dakar à Bangui....où chacun est à la fois corrupteur et corrompu, système engendrant bien sur avec des circuits monétaires mafieux des nonchalances coupables ( bateau qui coule, le Jola au Sénégal avec plus de deux cents morts et des responsabilités diluées) des absences répétées, des passe-droits, des incompétences affligeantes, une moralité douteuse, une rentabilité et une efficacité nulles le tout se manifestant par une chute chaque jour plus rapide et évidente dans l'illettrisme, la maladie, le mensonge, la misère ( recul évident de l'Indice de Développement humain- La plupart des capitales sont privés d'électricité le tiers du temps etc..)Morale dont les tenants, droits dans leur botte taillée dans le meilleur cuir de la bonne conscience,oublie souvent comme il se dit de "balayer devant leur propre porte". Car si, blancs de chez Blanc, vous ne voulez pas la guerre en Afrique, si elle vous fait horreur, pourquoi la faîtes vous en Iraq, en Afghanistan sans parler de l'Indochine et de l'Algérie ? Pourquoi est-ce que toutes les guerres contemporaines ont d 'abord été le fait de l'Occident? Pourquoi est-ce que l'on parle de barbarie au Rwanda et pas à Gaza? Pourquoi en vouloir tellement à nos dictateurs et despotes nègres quand vous avez pendant des decennies imposés et mis au pouvoir des Lon Nol, Pinochet, Batista, Videla, Mobutu et autre Duvalier qui quoique vos amis et alliés valent bien nos Bokassa, Eyadema, Bongo, Nguesso et autres marionnettes assassines contre lesquels au nom du Droit de la Morale et de votre sexualité incertaine vous vous gendarmez. ?Oubliant également que l'abolition de la dette reviendrait à armer ces gens là même que vous dénoncez.Autant le dire tout de go et sans fioritures l'Afrique est agacée de toujours voir l'Occident et dans le rôle du bourreau et dans celui du défenseur de la veuve et de l'orphelin. Nous devenons les spectateurs de notre Histoire que vous confisquez au nom non seulemnt de la Morale mais de notre Avenir vous en tenant à quelques clichés simplistes qui montrent à l'envi que vous ne connaissez rien à l'Afrique ni à celle d 'hier ni à celle d 'aujourd'hui, soutenant Wattara en Côte d'Ivoire aujourd'hui contre le peuple ivoirien au nom d 'une Communauté Internationale qui partout dans le monde devrait, avant de parler, battre sa coulpe puisque depuis plus de dix ans elle laisse les massacres se perpetrer au Kivu, au Darfour, au Soudan, en Ethiopie,qu'elle a soutenu Savimbi et Mobutu et la guerre du Biaffra, pour ne parler que de l'Afrique se montrant ailleurs aussi pusillanime et incompétente ( Kosovo, Albanie, Birmanie, Honduras, Mexique .........pour ne pas parler une nouvelle fois du Cambodge de Lon Nol et Pol Pot etc...).Laquelle Communauté internationale sans vergogne ni honte fait de ses modèles des modèles universels et parmi ceux-ci le vote comme symbole même et outil de la démocratie.
On ne dira jamais assez combien le vote, déposer un bout de papier écrit dans une boite avec un trou, est une de ces idées baroques et farfelues nées dans la tête d' un fou et/ou d'un alcoolique qui, pour justifié qu'il puisse être dans les sociétés occidentales modernes, est en Afrique une aberation totale. Parce que d 'abord l'Etat civil appartient à un corps d 'Etat de fonctionnaires nommés le plus souvent en fonction de leur proximité d'avec les décideurs et dont le rôle est de façon trés subalterne de remplir la fonction pour laquelle ils sont nommés et payés. Ils sont souvent absents malades en baptêmes et enterrements, maladies et déplacements. L'acte de naissance est-il délivré - gratuitement?- que le parcours est infini entre cet acte- dont le registre a disparu- et la délivrance d'une carte d'identité voire d'une carte d 'électeur dans un mode où la nonchalance, l'incompréhension, le respect des ordres familiaux et politiques, le mépris du citoyen à la merci des humeurs, la distance, sont des obstacles rédibitoires dans des pays immenses soumis chaque année à des violences climatiques qui transforment volontiers les archives en d'hypothètiques registres condamés à être le plus souvent manquants..En ajoutant, dans le corps même de l'action, ce qu'en décrit Yero dans la presse nigérienne récemment :" Retard invraisemblable d’ouverture de bureaux de vote, absence d’une partie de matériel électoral, incohérence entre listes électorales et cartes d’électeurs d’une part, et entre la situation géographique des votants et les bureaux de vote, d’autre part, incapacité catégorique de tenir le vote dans de nombreuses localités le jour indiqué. Tout ceci ne clôt pourtant pas la longue liste des insuffisances constatées dans les deux (2) scrutins organisés pour le moment sous le régime du CSRD (la junte au pouvoir). Aujourd’hui, certains n’hésitent plus à parler de la Commission électorale nationale indépendante comme d’une institution incompétente à un degré inacceptable. Pour justifier ou plutôt excuser un tel cafouillage électoral, la CENI invoque l’indisponibilité conséquente des fonds notamment concernant le carburant devant acheminer le matériel nécessaire. Et la panne au mauvais moment du C130 de l’armée chargé de transporter du matériel électoral ...."Comment dans de telles conditions peut-on, malgré des valises de dollars certainement pas distribuées là où elles devaient l'être continuer à considérer les élections comme symbole de la Démocratie sans même parler des tricheries multiples et des bureaux de vote tenus par des hommes armés, sous le regard aveugle de l'Onu, en Cote d 'Ivoire.? Comment s 'en tenir à quelques % quand, au Burkina, moins de 20% des suffrages se sont exprimés?Comment et pourquoi s 'entêter dans l'erreur et la manipulation et continuer à faire de "la farce électorale" ( Soyinke) le seul chemin devant conduire au règne de la justice et de l'Ordre?Ceci n'est qu'un exemple du hiatus entre opinion internationale, pour ne pas parler des instances, et Afrique.Sur ce même blog il est question de façon plus précise de Guinée du Niger du Sénégal et du Développement.

Tous les commentaires
Bravo, "coup de gueule" salutaire ! je reviendrai plus tard pour quelques commentaires, mais juste une question : savez-vous qu'il y a eu une réponse au discours de Dakar ?
.
Vous en avez après qui en somme? Les journalistes, les hommes politiques francais, africains ? les organismes internationaux, les groupes multinationaux?
Euh, le Joola c'est près de 2000 morts... c'est à dire plus que le Titanic.
Oliv92, je crois que Kakadoundiaye en a après notre incommensurable outrecuidance d'hommes blancs...
Et je ne saurais certainement pas lui donner tort, bien qu'étant tout à fait certain de ma sexualité...
D'ailleurs, pour tout ce qui concerne l'Afrique, à laquelle je ne connais rien, je viens en général m'informer ici et évite de laisser des commentaires inutiles et des lieux communs sur les articles qui y sont de temps en temps consacrés sur Médiapart...
Beaucoup de choses très percutantes dans ce que vous dites. D'autres plus discutables. Dont le dernier paragraphe ("Comment dans de telles conditions etc...). En Côte d'Ivoire, où je travaille, et où j'ai assisté aux élections, si la semaine « clé » de rendu des résultats s'était déroulée normalement, on assisterait actuellement à un déluge de louanges sur les vertus des élections en tant que sortie par le haut d'une crise longue et douloureuse (et soit dit en passant, à des félicitations - pour une fois - à l'ONU qui en aurait partagé le mérite). Les ivoiriens ont voté avec leurs pieds (80% et 70% de participation aux premiers et second tours) pour dire qu'ils souhaitaient la paix, dans un élan national qui les a à juste titre rendu sur le coup très fiers, et collectivement conscients de participer à un processus historique. Et ceux qui ont ruiné cet élan en sabotant la dernière phase du processus doivent maintenant se frotter les mains en lisant certains de vos propos sur les élections condamnées à être "une aberration totale" en Afrique. Ce qui rend l'histoire ivoirienne particulièrement tragique et traumatisante, c'est justement qu'ici on est passé très près d'un processus différent des farces électorales qui ont eu lieu ailleurs et que vous dénoncez à juste titre.
Si les élections en CI s 'étaient y compris dans leur phase finale déroulées "normalement "...mais voila! elles ne se sont pas déroulées comme le tapis rouge de la Démocratie non pour des raisons de "phases finales " mais parce 'après 5 ans de préparatifs la phase finale des organisations n'avait pas encore sonné, que le Nord était armé, que les contestations devaient être examinées et que de part et d 'autres les tentations de blocage et de dissimulations faisaient partie du jeu quite à les négocier par la suite.
Dans l'état actuel de déliquescence administrative telle que je la connais et l'expérimente chaque jour ( un ami a fait le récit détaillé de son combat pour qu'une amie, sénégalaise, obtienne, il y a deux ans, sa carte d 'électeur!!! mélange de Kafka et d 'Ubu! ) il n' y a rien à attenre sinon du sang et des frustrations.
Pourquoi ce genre de reflexions remarques qui n'appartiennent pas au registre de l'analyse tel que je le pratique habituellement? et "après qui "j'en ai?
A l'outrecuidance, peut-être, certes même, des donneurs de leçon. A ces pâles apôtres de "Transparency international "par exemple dont l'angelisme et la certitude d'être dans leur bon droit me hérissent. A tous ceux qui militent pour l'annulation de la dette pratiquant le pardon et la rémssion des péchés avec des componctions d' évêque. A tous ceux qui brusquement découvrent la françafrique au moment même où elle est moribonde et tirent sur l'ambulance avec la foi de jeunes croisés. A ceux qui maudissent Areva mais sont contents de payer le km/h si bon marché. Ceux qui ne disent rien quand on donne à quelques bretons quelques millions d 'euros pour vendre au Sénégal leurs poulets moins chers que ce qu'il leur en a coûté ruinant d 'un même revers de manche l'agriculture avicole sénégalaise. Et revendiquant d'une même voix à travers l'OMC l'équalité des concurences. Ceux qui maudissent Total mais pleurent misère quand la pompe s'assèche soudain. Ceux qui veulent de l'emploi mais applaudissent et se réjouissent de disposer de téléphones portables quasi gratuits construits en Chine avec des matériaux volés à la terre africaine.....je peux ai nsi continuer..longtemps.
Quant à la suite donné au Discours de Dakar outre celle de la presse et d'une communication de Senne à l'Onu où il exerce ses fonctions je n'en ai pas eu connaissance.
@ Kakadoundiaye
Je viens de découvrir ton billet alors que je voulais voir ce qu'il était advenu du billet des 50 experts de l'Afrique de l'ouest qui m'avait particulièrement hérissé le poil !!!
Je suis totalement d'accord mais je suis aussi plus direct dans la désignation de ceux qui continuent à vouloir maintenir l'Afrique dans le sous-développement, condition nécessaire et indispensable pour pouvoir continuer à piller son sous-sol. Je ne m'étendrais pas sur les autres aspects positifs pour l'occident du maintien de l'Afrique dans le sous-développement.
Michel Lambret
Bonjour, voici la réponse :
Sous la direction de Adame Ba Konaré
Petit précis de remise à niveau sur
l’histoire africaine
à l’usage du président Sarkozy
Préface d’Elikia M’Bokolo
Postface de Catherine ClémentÉditions La Découverte
9 bis, rue Abel-Hovelacque Paris XIIIe
2008
1
Les citations sans références sont tirées du discours de Nicolas Sarkozy à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, prononcé le 26 juillet 2007. Ce discours est disponible à l’adresse :
<http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution_a_l_universite_de_dakar.79184.html>
Si vous désirez être tenu régulièrement informé de nos parutions, il vous suffit de vous abonner gratuitement à notre lettre d’information bimensuelle par courriel, à partir de notre site www.editionsladecouverte.fr, où vous retrouverez l’ensemble de notre catalogue.
ISBN 978-2-7071-5637-2
En application des articles L. 122-10 à L. 122-12 du code de la propriété intellectuelle, toute reproduc-tion à usage collectif par photocopie, intégralement ou partiellement, du présent ouvrage est interdite sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris). Toute autre forme de reproduction, intégrale ou partielle, est également in-terdite sans autorisation de l’éditeur.
© Éditions La Découverte, Paris, 2008.
1
Préface
_________________
Ce que sont ces étranges « amis de l’Afrique »…
Elikia M’BOKOLO
Qu’est-ce que ces « amis de l’Afrique » qui ne semblent trouver de plaisir qu’à en médire ? Hier encore, ces gens-là manifestaient suffisamment de prudence ou assez de pudeur – saura-t-on jamais ? – pour se tenir à distance du continent quand ils profé-raient des discours iniques sur l’Afrique et les peuples africains. Aujourd’hui, leur au-dace dépasse toutes les bornes : c’est sur la terre africaine même et à la face des Afri-cains qu’ils viennent brandir, tels des trophées, les propos les plus habilement inju-rieux pour le continent noir.
Voyez comment ils s’y prenaient hier. C’était plutôt avant-hier, comme en ce jour du 18 mai 1879 pendant lequel les Noirs et « les Créoles des colonies françaises pré-sents à Paris » se sont réunis « pour la cinquième fois » en vue de célébrer l’abolition de l’esclavage par la Seconde République. Il s’était alors préparé, au restaurant pari-sien Bonvalet, un de ces fameux banquets républicains qui avaient fait trembler plu-sieurs régimes depuis le début du XIXe siècle. Pour cette occasion, il s’agissait d’un moment pacifique, voire festif, « auquel se sont donné rendez-vous des Créoles, des Parisiens et des étrangers unis dans une même pensée, l’horreur de l’esclavage et la haine du préjugé de couleur ». Parmi les quelque cent vingt convives, on ne compte que du beau monde, toutes personnalités en mesure d’afficher de respectables gages et de solides quartiers d’amitié pour l’Afrique, telles que Victor Schoelcher, le justement fameux abolitionniste, Emmanuel Arago, l’un des fils de François, le ministre de la Guerre et de la Marine qui, de son côté, avait rendu possible l’abolition, Jules Simon, l’un des fondateurs de la IIIe République tout comme Adolphe Crémieux, par ailleurs survivant du Gouvernement provisoire de février 1848, le docteur portoricain Ramon
1
Emeterio Bétancès et le député haïtien Manigat, tous deux militants passionnés de l’« antillanité », le jeune et ambitieux Guadeloupéen Gerville-Réache et, bien-sûr, Vic-tor Hugo.
Que cette réunion rassemblât les « amis de la race noire », adversaires inébranlables du racisme et du préjugé de couleur, cela se voit au discours inaugural de Victor Schoelcher qui évoqua avec ferveur « la cause des Nègres que nous soutenons et en-vers lesquels les nations chrétiennes ont tant à se reprocher ». À la manière de l’abbé Grégoire, celui-ci avait trouvé contre le racisme anti-noir l’argument imparable de l’histoire, terrain sur lequel, expliqua-t-il, les Noirs démontraient leurs indiscutables capacités : « Si l’on jette un regard en arrière sur le chemin parcouru dans nos colonies depuis 1848, on est étonné de l’immense progrès réalisé : la servitude à jamais dé-truite, l’émancipation des esclaves faisant d’eux des hommes jouissant de tous les droits civils et politiques des citoyens français et qui se sont faits à leur nouvel état avec une facilité merveilleuse, témoignage éclatant de leurs aptitudes intellectuelles, les fils et petits-fils d’esclaves ayant déjà acquis par leur travail assidu une place dans la magistrature, dans l’armée, dans l’administration, dans les professions libérales, oc-cupant déjà des positions élevées au sein de la société dont, à la honte du temps passé, ils étaient à peu près exclus, il y a trente ans à peine ! 1. » Il y a, bien sûr, une ambiguïté centrale dans ce discours et une différence fondamen-tale avec les analyses antérieures, que tous connaissaient, de l’abbé Grégoire. Celui-ci avait, en effet, dans une démarche résolument dépouillée de tout racisme et de tout préjugé, cherché et réussi à attester de la capacité des Noirs, égale à celle des autres groupements humains en dehors non seulement de l’esclavage, mais aussi de la coloni-sation, et, surtout, avant l’esclavage et la colonisation 2. Au contraire, à cette occasion solennelle, Victor Schoelcher plaide pour la « régénération » des Noirs. Le moins
1 31e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Banquet commémoratif donné à Paris le 18 mai 1879 sous la Présidence de Victor Hugo. Compte-rendu par Gaston Gerville-Réache, Brière, Paris, 1879, p. 8.
2 Henri GREGOIRE, De la littérature des Nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités morales et leur littérature, Suivies de notices sur la vie et les ouvrages des Nègres qui se sont distinguées dans les Sciences, les Lettres et les Arts, Maradan, Paris, 1808.
2
qu’on puisse dire est que ce concept était et reste chargé de nombreux a priori. Il sup-pose, en particulier, une « dégénérescence » sur laquelle un voile pudique est soigneu-sement jeté, mais que chacun peut interpréter à sa guise : pour les uns, ce serait une « dégénérescence » innée, intrinsèque aux Noirs, « naturelle » en quelque sorte ; pour les autres, il s’agit bien d’une « dégénérescence » due précisément à l’esclavage. En évitant de trancher cette question, l’orateur laissait son public dans une ambiguïté que d’autres allaient se charger de lever de la manière la plus négative pour les Noirs. Le piège semblait d’autant plus difficile à éviter que, de cette « régénération », Victor Schoelcher attribua tous les mérites à la colonisation non esclavagiste ou, plutôt, post-esclavagiste, de l’outre-mer français à partir de 1848, sur laquelle il y aurait pourtant et il y a effectivement beaucoup à dire. En maître des cérémonies, Victor Schoelcher introduit alors Victor Hugo, « le grand poète et le grand prosateur, chef de la littérature moderne, […] le défenseur puissant de tous les déshérités, de tous les faibles, de tous les opprimés de ce monde, le glorieux apôtre du droit sacré du genre humain ». Avec Victor Hugo, l’ambiguïté relevée chez Schoelcher bascule franchement dans une caricature et dans une succession de stéréo-types et de lieux communs que les racistes les plus impénitents de l’époque n’auraient certainement pas désavoués. Avec les effets de manche qu’on lui connaît et que d’autres cherchent maladroitement à imiter aujourd’hui, Victor Hugo commence son discours en se référant ambitieusement au siècle postérieur au sien, au XXe siècle :
Puisque nous sommes de simples chercheurs du vrai […], puisque nous sommes assemblés ici autour d’une pensée unique, l’amélioration de la race humaine […], profitons de notre rencontre, fixons nos yeux vers l’avenir ; demandons-nous ce que fera le vingtième siècle. Politiquement, vous le savez. Je n’ai pas besoin de vous le dire. Géographiquement, permettez que je me borne à cette indication, je veux être très court, permettez que je me contente d’appeler vos regards sur un point : la destinée des hommes est au Sud.
Viennent alors ces phrases terribles, ahurissantes, dans la bouche d’un personnage réputé pour être l’ami des peuples noirs et de l’humanité :
Le moment est venu de donner au vieux monde cet avertissement : il faut être un nouveau monde. Le moment est venu de faire remarquer à l’Europe qu’elle a à côté d’elle l’Afrique. Le moment est venu de dire aux quatre nations d’où sort l’histoire moderne, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, la France, qu’elles sont toujours là, que leur mission s’est modifiée sans se transfor-
3
3 Ibid., p. 14-17. mer, qu’elles ont toujours la même situation responsable et souveraine au bord de la Méditerra-née. […] La Méditerranée est un lac de civilisation ; ce n’est, certes, pas pour rien que la Méditer-ranée a sur l’un de ses bords le vieil univers et sur l’autre l’univers ignoré, c’est-à-dire d’un côté toute une civilisation, et de l’autre toute la barbarie.
Le moment est venu de dire à ce groupe illustre de nations : Unissez-vous ! Allez au Sud. Est-ce que vous ne voyez pas le barrage ? Il est là, devant vous, ce bloc de sable et de cendre, ce mon-ceau inerte et passif qui depuis six mille ans fait obstacle à la marche universelle. Ce monstrueux Cham qui arrête Sem par son énormité, l’Afrique.
Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie el-le-même a son histoire qui date de son commencement dans la mémoire humaine ; l’Afrique n’a pas d’histoire ; une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe. Rome l’a touchée pour la sup-primer ; et quand elle s’est crue délivrée de l’Afrique, Rome a jeté sur cette morte immense une des ces épithètes qui ne se traduisent pas : Africa portentosa. C’est plus ou moins que le prodige. C’est ce qui est absolu dans l’horreur. Le flamboiement tropical en effet, c’est l’Afrique. Il semble que voir l’Afrique, ce soit être aveuglé. Un excès de soleil est un excès de nuit. Eh bien, cet effroi doit disparaître. […]
L’Afrique importe à l’univers ; une telle suppression de mouvement et de circulation entrave la vie universelle, et la marche humaine ne peut s’accommoder plus longtemps d’un cinquième du globe paralysé. Les hardis pionniers se sont risqués et, dès leurs premiers pas, ce sol étrange est apparu réel. […] Cette Afrique farouche n’a que deux aspects : peuplée, c’est la barbarie, déserte, c’est la sauvagerie, mais elle ne se dérobe plus. […]
Au dix-neuvième siècle, le Blanc a fait du Noir un homme ; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde.
Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le pro-blème. L’Europe le résoudra.
Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez-la. À qui ? À personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes. Dieu donne l’Afrique à l’Europe. Prenez-la 3.
Il faut souligner enfin que, selon le compte rendu établi par Gaston Gerville-Réache, un jeune métis guadeloupéen promis à un bel avenir, « ce discours a été cons-tamment interrompu par des applaudissements enthousiastes », avant d’être conclu par de vibrants « Vive Victor Hugo ! Vive la République ! ».
Si de larges extraits de ce discours sont reproduits ici, c’est parce qu’ils nous intro-duisent directement au « discours de Dakar ». Les mêmes thèmes s’y retrouvent : la France et l’Afrique, l’Europe et l’Afrique, la civilisation et la barbarie, la décadence et la régénération, l’histoire et l’absence d’histoire, la Méditerranée comme frontière, la mission assumée par Victor Hugo et assignée à la France comme au reste de l’Europe, dans une configuration tellement caricaturale que, en pleine période coloniale, des lec-teurs d’une des revues colonialistes n’allaient pas hésiter à prendre plaisir de se mo-quer en soulignant que « le poète, emporté par l’inspiration grossissante de son génie,
4
4 « Victor Hugo et la mise en valeur de l’Afrique », Bulletin du Comité de l’Afrique française, 1933, p. 607-608.
prononce des mots qui font sourire aujourd’hui, étale des passions désuètes, lance des idées que le recul du temps revêt d’une singulière ironie 4… ». Or, voici que, de manière inattendue, ce discours désuet resurgit, à quelques détails et variantes près, lors de la prise de parole du président français à Dakar. Seulement, Sarkozy n’est pas Hugo. À l’habile balancement de « nous » et « eux » que manie le poète, va succéder l’insistant et répétitif « je » du président français. Surtout, le troi-sième quart du XIXe siècle, qui a été le temps du discours de Victor Hugo, n’a rien à voir avec la première décennie du XXIe siècle. Aussi, dès lors qu’il n’innove pas sur le fond, le discours de Dakar en devient on ne peut plus archaïque et provocateur. En d’autres circonstances, il faudra analyser la facture « littéraire » ou, plus sim-plement, discursive de ce « discours de Dakar ». Bien sûr, à aucun moment, celui-ci ne s’élève à la hauteur des envolées de Victor Hugo. Mais sa fabrication n’en est pas moins habile : des phrases courtes, simples, sinon simplistes, et les mêmes formules, sans cesse répétées, comme pour marteler et faire entrer de force, dans l’esprit des « jeunes d’Afrique » des vérités lumineuses dont, étrangement, ceux qu’il qualifie d’entrée de jeu d’« élite de la jeunesse africaine » n’auraient jamais entendu parler, ni même soupçonné l’existence ; le recours systématique à un « je » qui se veut promé-théen, s’attribuant tous les mérites et de la découverte de ces vérités et de leur pro-chaine mise en oeuvre ; cette manie de sans cesse soupeser le pour et le contre, le posi-tif et le négatif, qui revient, en réalité, à renvoyer en apparence dos à dos les arguments contraires, démarche qui constitue la manière la plus habile de valider des propos indé-fendables et de faire rentrer en catimini, sur la scène des débats intellectuels et politi-ques, les idées les plus éculées et dont on pensait que les progrès de la connaissance scientifique les avait définitivement jetées dans la poubelle de l’histoire ; enfin, cette tentation constante de s’approprier, comme venant de lui, des initiatives et des idées conçues et mises en oeuvre par les Africains.
La question que tout le monde se pose est de savoir comment un tel discours a été
5
5 Anténor FIRMIN, De l’égalité des races humaines. Anthropologie positive, Librairie Cotillon, Pa-ris, 1885 ; nouvelle édition, L’Harmattan, Paris, 2003.
6 Emmanuelle SIBEUD, Une science impériale pour l’Afrique ? La Construction des savoirs africa-nistes en France, 1878-1930, Éditions de l’EHESS, Paris, 2002.
rendu possible aujourd’hui et comment il a pu, en outre, être prononcé à l’« université de Dakar » ?
Il faut d’abord évidemment procéder aux constats de base dont un recensement, même rapide, révèle à la fois la complexité, comme toujours instructive, et, en même temps, le caractère inquiétant.
On se trouve ici, d’abord, en présence d’un fossé insondable qui, à notre surprise, semble sans cesse séparer, d’une manière infranchissable, la production scientifique et le discours public. Faut-il encore rappeler tout ce qui se fait, s’écrit, se publie et donne à connaître l’Afrique en France et cela depuis de très nombreuses décennies ?
Avant même que le travail scientifique porté par des institutions répertoriées en bonne et due forme et labellisées comme excellentes ne se développe, la France a connu, pendant plusieurs décennies, une prolifération d’oeuvres littéraires de belles factures, consacrées par l’accueil intéressé et de plus en plus chaleureux d’un lectorat éclairé et du grand public. Autres temps, autres moeurs. Qu’il suffise ici de rappeler, par exemple, que le chef-d’oeuvre de Thomas Mofolo, natif du lointain « Basutoland » (actuel Lesotho), Chaka. A Historical Romance, traitant de la grande geste de Chaka, écrit en 1910 et publié enfin en anglais après de longues tribulations en 1925, a été presque immédiatement traduit en français et publié avec les retards habituels chez Gallimard dès 1940, avant de recevoir une nouvelle édition, toujours chez Gallimard, rehaussée d’une belle préface de Jean-Marie Le Clezio en 1981. Remontons encore un peu plus loin. La rupture intellectuelle avec les spéculations et les fantaisies des voya-geurs, publicistes et autres « philosophes » et « amis de l’Afrique » a été consommée il y a plus de cent vingt ans grâce à des livres majeurs 5 et à la multiplication de réseaux, cercles, revues et institutions spécialisées dont les acquis sont aujourd’hui bien connus 6. Porté par la nécessité de connaître et de prendre en compte les transformations rapi-
6
7 C’est de propos délibéré qu’on reprend ici l’un des slogans des manifestations de Mai 1968, dont le président français, dans une curieuse démarche, veut détruire aussi bien l’héritage que la trace, en
des des sociétés africaines et leur volonté d’émancipation, le flot de l’érudition s’est considérablement grossi à partir des années 1950. Cette amplification, visible au-jourd’hui par le nombre et par la qualité des centres spécialisés, s’est accompagnée d’un recentrage de toutes les disciplines autour de ces « mutations de longue durée » et de ces ruptures qui sont la matière même de l’histoire. Aussi ne cesse-t-on pas d’y voir affluer de nombreux jeunes chercheurs, français et étrangers, parmi lesquels un nom-bre appréciable d’Africains, dont beaucoup, recrutés dans les universités les plus pres-tigieuses d’Europe, des États-Unis, du Canada, de l’Amérique du Sud, font connaître, à travers le monde, une image de l’Afrique radicalement différente de celle qu’est allé exposer Nicolas Sarkozy à l’« université de Dakar ». Le fait même que cette université ne soit pas nommée autrement est significatif ou bien de l’ignorance incroyable du président français et de ses conseillers, ou plutôt d’une volonté délibérée, accompa-gnée d’une sorte de mépris revanchard, de ne pas citer le nom de celui – Cheikh Anta Diop – qui, après un long et victorieux combat contre les « falsifications de l’histoire », a reçu la consécration qu’il méritait en obtenant post-mortem des intellec-tuels et des responsables sénégalais la décision de transformer l’« université de Da-kar » en « université Cheikh-Anta-Diop ». Ce mélange d’aveuglement délibéré et d’ignorance béate se voit, au-delà de ces curieux visiteurs de l’« université de Dakar », dans le discours public dominant en France, en particulier dans celui de plusieurs dirigeants politiques et de certaines élites intellectuelles et journalistiques à propos de l’Afrique. On est, en effet, frappé par la persistance, la récurrence et la banalisation des thèmes de l’« afropessimisme ». Il existe même des discours et des courants, qui ne cherchent même pas à se dissimuler, franchement xénophobes, voire racistes. On a beau multiplier les rencontres, démons-trations et assises intellectuelles, comme les Rendez-vous de l’Histoire, dont l’édition 2003 a été consacrée à l’Afrique, rien n’y fait. Il faut donc sans cesse « continuer le combat 7 ». À cet égard, il est important de ne pas se contenter de la nécessaire réfuta-
7
l’associant au souvenir de Lucien Febvre et de ses combats : Combats pour l’histoire, Armand Colin, Paris, 1953.
tion du seul discours de Dakar et de l’indispensable critique des politiques mises en oeuvre par le nouveau président français à l’égard de l’Afrique.
Car, il y a bien un contexte plus large, d’ailleurs chargé de contradictions, qu’il faut aussi prendre en compte. La France est aujourd’hui un terrain de luttes décisives, me-nées conjointement par les groupes de ressortissants des DOM-TOM, les associations des gens issus des anciennes colonies et de l’immigration africaine et les partisans d’une véritable alternative démocratique à la droite conservatrice, contre la multiplica-tion d’actes et de pratiques discriminatoires, contre la banalisation des thèmes racistes et contre le silence persistant qui continue de recouvrir des pans entiers de l’histoire de France, ceux précisément qui concernent les relations – traite, esclavage, colonisation et colonialisme, néocolonialisme – avec l’Afrique sans lesquelles la France ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, avec ses forces et ses faiblesses, et sans lesquelles l’histoire de France telle qu’on continue de l’enseigner se présente comme un pat-chwork illisible et incompréhensible. Ces luttes nous ont valu des victoires et des acquis significatifs, dont la justement célèbre loi Taubira (21 mai 2001) qualifiant de crime contre l’humanité « la traite né-grière transatlantique et l’esclavage, perpétrés à partir du XVe siècle par les puissances européennes contre les populations africaines déportées en Europe, aux Amériques et dans l’océan Indien » (article 1). Mais, que de résistances ne rencontrons-nous pas et que de reculs ne subissons-nous pas ? Il y a eu d’abord la loi du 23 février 2005, dont un article reconnaissait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » et qui a suscité en France, en Algérie et dans les DOM des po-lémiques si vives et des mouvements de protestation tels que le pouvoir a dû annoncer l’abrogation de l’article incriminé. Il y a eu ensuite, aussitôt après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la création de ce singulier ministère qui as-socie l’« identité nationale », l’« immigration » et le « co-développement », dans un
8
8 Michel WINOCK, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Seuil, « Points Histoire », Paris, 1990.
», toujours xénophobe et le plus souvent raciste, prompt à agiter l’imminente invasion de hordes barbares, où, après les Édouard Drumont, Pierre Drieu La Rochelle et autres Pierre Gaxotte, le Front national a puisé ses arguments électoralement les plus rentables. Il y a eu encore, malgré le « discours de Cotonou », annonçant une transformation unani-mement demandée des relations entre la France et l’Afrique, le maintien des réseaux tristement célèbres de la « Françafrique » et des pratiques partout décriées du néocolo-nialisme. Et que dire de cette manière et de cette manie de « racialiser », comme on l’a vu lors des émeutes de l’automne 2005, les rapports sociaux de la France actuelle et d’imputer aux immigrés issus des anciennes colonies les difficultés propres à la société française d’aujourd’hui ? amalgame dont les équations sont tirées de ce vieux « nationalisme fermé 8
Mais ce contexte français ne constitue pas une exception française. Les anciens pays colonisateurs sont tous exposés aujourd’hui à de lourds enjeux de mémoires qu’ils abordent avec plus ou moins de bonheur. On a vu comment, lors de la Conférence de Durban (Troisième Conférence mondiale contre le racisme, 2-9 septembre 2001), leurs représentants officiels ont refusé de reprendre à leur compte la condamnation de la traite négrière et de l’esclavage inscrite dans la loi Taubira. Le Royaume-Uni, l’un des deux États les plus puissants, avec la France, engagés dans l’esclavage et la colonisa-tion, n’échappe pas à ces problèmes. L’année 2007, consacrée à la commémoration du 200e anniversaire de l’abolition de la traite négrière par le Royaume-Uni, a vu s’opposer les discours et les pratiques les plus contradictoires. Tout en reconnaissant que « ce fut un mal », le Premier ministre Anthony Blair s’est empressé de refuser tou-te évocation d’un « crime contre l’humanité » et de parler de « réparation », et même simplement de « repentance ». Tout se passe comme si la vieille antienne de la singu-larité et de l’excellence britanniques, chère aussi bien aux conservateurs qu’aux tra-vaillistes et consistant à faire des Anglais le peuple émancipateur par excellence, était encore la référence mémorielle du pouvoir britannique.
9
Il y a lieu, également, de mettre cette frilosité en regard des dynamiques qui se constatent partout ailleurs, dans les lieux d’ancrage des « diasporas » noires. Si l’exemple des États-Unis d’Amérique est bien connu, on voit comment, dans des États aussi différents que le Brésil, le Venezuela, la Colombie, voire l’Inde, les divers mou-vements de « renaissance noire » conduisent à des réévaluations du passé qui intègrent de plus en plus la part de l’Afrique et des Africains dans la construction de ces pays. Allant le plus loin dans ce sens, le Brésil du président Lula da Silva a adopté en 2003 (Lei Federal 10639/2003) une loi rendant obligatoire l’enseignement de l’histoire de l’Afrique, des Afro-descendants et de la culture afro-brésilienne dans toutes les écoles primaires et secondaires du secteur public aussi bien que du secteur privé.
Le plus surprenant concerne l’Afrique elle-même, où le contexte mémoriel com-porte des paradoxes saisissants. Il est important de souligner que le premier à réagir au « discours de Dakar » a été le président sud-africain Thabo Mbeki. Sa réaction, large-ment positive, avec la seule réserve concernant sa maîtrise de la langue française et les subtilités discursives de ce discours, affirmait la convergence totale de ses points de vue avec ceux du président français : ce discours, dit-il en substance, peut former la base d’un dialogue entre l’Afrique et l’Europe. D’autres responsables africains ont tenu à témoigner des « malentendus » entourant ce discours : Nicolas Sarkozy reste, selon eux, un « ami de l’Afrique » ; la paternité du discours ne lui reviendrait pas ; il ne l’aurait pas lu avant d’entrer dans l’amphithéâtre où le discours a été prononcé et n’en aurait connu le contenu qu’en le prononçant ! Le seul qui ait été cohérent avec ses fonctions à la tête de l’Union africaine, avec ses combats contre l’oppression et pour la construction de la démocratie, avec ses efforts pour promouvoir un monde plus soli-daire, enfin avec ses qualifications scientifiques d’archéologue et d’historien, est Alfa Oumar Konaré qui, sur les antennes de Radio France Internationale, qualifia ces pro-pos d’« inacceptables ». Habile dans le jeu bien connu, mis au point tout au long des dominations que l’Afrique a connues et consistant, pour discréditer un Africain, à lui opposer un autre Africain conforme à la posture favorable aux dominateurs, Henri Guaino n’a rien trouvé de mieux que de balayer d’un revers de la main les arguments
10
de Konaré pour valoriser les propos de Thabo Mbeki : sans se référer précisément à ses arguments, il voulut l’enfermer dans la position de celui qui, « resté dans son regis-tre habituel, celui de la critique contre Nicolas Sarkozy », n’aurait rien compris à la singularité du discours de Dakar !
Ces réactions doivent nous conduire encore plus loin, vers l’examen attentif des pra-tiques mémorielles dans l’Afrique d’aujourd’hui. En se limitant aux faits les plus ré-cents, on se rend compte que les contradictions sont énormes d’un pays à l’autre et à l’intérieur d’un même pays. Les apologies de la colonisation ne manquent pas, comme on l’a vu en 2006 au Congo, lors des fastueuses cérémonies accompagnant le « retour des cendres » de Pierre Savorgnan de Brazza, l’explorateur franco-italien, créateur du Congo Français à la suite de la signature du « traité Makoko » avec le « roi » des Ba-téké, et des membres de sa famille à Brazzaville, de même qu’en République démocra-tique du Congo lorsque, à l’indignation générale, un ministre de la Culture a tenté, sans succès, de réinstaller sur son socle colonial érigé à Kinshasa aux temps du Congo Belge la statue équestre du roi des Belges Léopold II. Mais, dans ces deux pays, com-me dans d’autres, des groupes actifs continuent d’exalter la mémoire des résistances et des luttes contre la traite et contre la colonisation. L’un des temps forts récents de ces combats fut, toujours en 2006, les manifestations marquant les commémorations, en Angola, du tricentenaire du supplice de « Dona Béatrice » Kimpa Vita, la prophétesse anti-esclavagiste, fondatrice du mouvement messianique des Antoniens qui fut condamnée à être brûlée vive pour hérésie, et, au Bénin, l’ancien Dahomey, le cente-naire de la mort de Béhanzin, le douzième roi du Dahomey, déporté en Martinique après avoir lutté contre l’expansion coloniale française dans son pays.
Il y a donc urgence, plus exactement une double urgence pour les historiens que nous sommes et pour tous ceux qui défendent la même conception et la même pratique de l’histoire que nous : une urgence à réagir, à multiplier les lieux et les formes de ré-actions, et, surtout, une urgence à prendre l’initiative.
La production scientifique relative à l’histoire de l’Afrique est, de l’avis de tous les spécialistes, appréciable tant par sa quantité que par sa qualité. La seule inquiétude ici
11
concerne la publication de ces travaux dont un trop grand nombre reste dans les rayon-nages des centres de recherches spécialisées.
Il faut surtout se préoccuper de disséminer le plus largement possible l’histoire, la vraie histoire de l’Afrique et des peuples africains, en Afrique et hors d’Afrique. La jeunesse africaine est avide de savoir. Elle se pose légitimement des questions qui re-viennent presque toujours à celle-ci : comment se fait-il que nous en soyons là où nous sommes aujourd’hui ? Parallèlement à l’écrit, nous disposons désormais de toutes sor-tes de moyens techniques pour procéder au mieux à cette dissémination. C’est là assu-rément le moyen le plus certain d’armer intellectuellement les citoyens d’Afrique, d’ici et d’ailleurs, et d’empêcher les Sarkozy et autres diseurs de balivernes, prétendument « amis de l’Afrique » d’aller devant eux jouer aux montreurs.
12
@fabre,
Qu'est-ce que la mémoire collective? Comment l'histoire collective se transmet -elle? Que sait tout un chacun de son histoire - ses ancêtres- et de leur insertion dans un ensemble qui s'appelle nation?
Quelle est l'importance de l'école? de la famille? de la presse et des média via les commémorations? Y a t il une " histoire officielle"? qui la rédige? ( cas de Ceaucescu) et comment se transmet -elle?
Depuis les indépendances les africains ont senti le besoin d 'écrire voire de réécrire leur histoire. C'est tout l'intérêt des historiens comme Anta Diop et pour moi de Ki-Zerbo. Mais qu'en est -il aujourd'hui du long travail pour redonner avec un passé une fierté bien émoussée à une jeunesse sans avenir?
Pourquoi ne pas parler de Dia au Sénégal? Qu'un lycée s 'appelle Beti à Yaoundé suffit-il à redonner au verbe de cet écrivain le pouvoir de redecouvrir les racines du mal et du ciel? Pourquoi des connaissances anciennes, pharmacologiques par exemple s 'estompent -elles? Pourquoi les connaissances apportées avec le neem tree -nima en wolof- se sont elles envolées en moins de 50 ans?
Merci d'avoir en tout cas rappeler son importance bien que je crois que seul l'avenir est porteur de racines.
Bonjour Kakadoundiaye, comme le disait Amadou Hampâté BA, "en Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.", et aussi tellement d'autres choses très justes.
Effectivement, j'ai pu collaborer au Niger à la rédaction du volet "travaux publics" du bilan du cinquantenaire de l'indépendance, et la question était de profiter de l'occasion pour corriger les erreurs reprotées d'une année sur l'autre.
Je reste persuadé que l'histoire de l'Afrique doit être réécrite, et par des historiens africains. Encore faut-il que la génération d'aujourd'hui se mobilise, oui "l'avenir est porteur de racines", mais déblayons d'abord le rterrain, sinon, les racines ne prendront pas.
@fabre,
c'est curieux et fort sympathique, votre insistance à reparler du passé de l'Afrique à ce que vous appelez la nécesssité de refonder un socle du passé. Car c 'est exactement la démarche profondément ressentie à l'heure des indépendances.Il nous fallait nous re-approprier notre histoire. Cela prit deux formes. Celle des recherches savantes illustrées surtout par deux personnalités imminentes Anta Diop et surtout-pour moi- Ki Zerbo mais aussi une forme plus...militante je dirai avec une certaine hésitation...celle qui consistait pour les éditions clé de Yaoundé de publier des petits fascicules d'à peine 60 pages et en assez mauvais papier mais fort peu chers consacrés aux grands hommes de l'Histoire Africaine dans un style pas du tout historique mais au contraire romancé.( " il était six heures et avec le chant du coq et l'appel des muezzin Djenne s 'éveillait .....) etc... Puis il y eut quelques années aprés le succés des livres de Boyd et de Condé Maryse et je travaillais moi-m^me sur une mise en scène pour le Bochum de Soundjata...
En fait les recherches historiques sont aujourd'hui des recherches savantes sur des points précis. Elles sont menées aux States le plus souvent et n'ont qu'un intérêt trés relatif par rapport aux combats d 'aujourd'hui. Il est significatif que parmi les meilleurs savants historiens africains d'aujourd'hui ( M'Bokolo, Babou ,Mbembe, Diouf..) plusieurs furent signataires d'un appel concernant la CI qui allait à contre-courant de l'histoire récente telle qu'elle se développe
Bonjour Kakadoundiaye, d'accord sur votre commentaire du 26/01, et surtout sur le dernier paragraphe : il faut que l'histoire du continent s'écrive en Afrique, et vite ! pourquoi vite ? pour que cette histoire ne soit pas réécrite avec un crayon "postcolonial" .... et partant, un point de vue erroné. Mais dépêchons-nous, que nous soyons africains ou amoureux de l'Afrique.
Sans préjuger de voc connaissances, avez-vous eu l'opportunité de lire tout ce qui a été fait fait au Maroc en 2006, dans le cadre du cinquanternaire de l'indépendance, et des perspectives pour 2025 ? le site est www.rdh50.ma
Je trouve pour ma part l'exercice courageux, indispensable, et salutaire. Et pourquoi pas en reprendre le principe ?
*
L'article était sorti 2 fois
"elles ne se sont pas déroulées comme le tapis rouge de la Démocratie non pour des raisons de "phases finales " mais parce 'après 5 ans de préparatifs la phase finale des organisations n'avait pas encore sonné.."
Peut être, mais ça aurait été mieux de dire tout ça avant qu'après les résultats. Il ne me semble pas que l'opinion "ne pas faire les élections" était l'opinion majoritaire en Côte d'Ivoire ni avant le vote, ni pendant, et ceci jusqu'au soir du second tour inclus. Quant à "les contestations devaient être examinées..." elles l'ont été - en un temps record - par le conseil constitutionnel. Une partie du problème vient de cette précipitation.
@Xavier,
vous vous souvenez peut-être de la pression, internationale et nationale, exercée contre Gbagbo qui ne pouvait plus attendre- cinq ans- et a du manger d 'amères couleuvres, accpeter par exemple que les rebelles du Nord ne désarment pas, accepter qu'on ne répondent pas au million de contestations concernant les cartes d 'électeurs etc...L'étude des contestations des collations devaient être faite par le Comité de vote et non par le Conseil Constitutionnel qui rendait son verdict face à des dossiers ...peu crédibles et imparfaits.
Oui, tout cela signe par avance une fragilité structurelle de Wattara qui sera toujours tenu par les couilles et qui n'aura jamais de légitimité sereine.
On va ainsi pouvoir continuer tranquille sur le terrain éternellement mouvant propice à continuer le pillage permanent...
...par la Chine ou par les USA cette fois-ci, ou même par la France, peu importe.
Vous devriez préciser vos cibles.
Hervé Kempf sur France Culture apporte une réflexion qui me semble pouvoir contribuer utilement au débat que vous souhaitez développer :
http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-3685501#
@ kakadoundiaye, dès que possible, je lis ton billet ;-)
Pour info, il faut lire "Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique", publié aux éditions La Découverte... d'autant plus, que les auteurs sont des amis!
http://www.mediapart.fr/club/blog/ivan-villa/130111/kamerun-la-guerre-cachee-de-la-france-au-cameroun-remonte-la-surface
Wattara était une assez naturelle alternance après Houphouët, pour qu'on se lance dans cette hasardeuse invention de "l'Ivoirité", à seule fin d'empêcher son arrivée au pouvoir qui aurait chamboulé toutes les billes bien disposées par les prédecesseurs autant chiraquiens que mitterrandiens de la Françafrique.
Gbagbo n'est que la tentative de continuer sur le vieux mode Houphouët-Boigny,
alors que tout ça est obsolète, aujourd'hui qu'on devrait plutôt parler de Chinafrique.
@POJ
La cible insistez vous? Peut -être moi. Galanver me reproche amicalement finalement la même chose de ne point nommer, de ne pas définir de cibles dans un billet où je tenais surtout à survoler et la Guinée, et le Niger, et la Cote d 'Ivoire, le Gabon, Togo, RDC, Cameroun ( oui!oui, Ivan Villa,j'attends de rentrer en France pour lire le récit de cette guerre cachée que je gardais secrète depuis plus de 50 ans) et etc...dont l'histoire concrète est aussi fascinante que complexe sociologiquement économiquement poltiquement mais dont j'ai eu envie à un moment - puisque ce fut mon objet d 'études et d 'enseignement pendant des décennies- envie de sortir.... survoler disais-je
Quant à l'entretien de Kempf, merci, je l'ai écouté avec émotion. Bien que je ne sois pas d 'accord avec lui il pose ces vraies questions qui se débattent depuis là aussi des décennies. Qu'est-ce que la démocratie? La démocratie est -elle un système politique qui permet d 'affronter les périodes de crises ( "l'image à l'époque la plus courante était celle d'une mer en furie et du bateau de la nation et de l'état avec la question de savoir si le débat démocratique était apte a sortir de la difficulté et si un peu d 'autoritarisme n'était pas parfois nécessaire). J'ai appris qu'un courant écolo pensait et affirmait que l'état démocratique tel que nous le connaissons n'était pas apte et capable de prévenir et d'affronter les terribles dangersqui nous menacent tous. Nous savions que le collectif avait besoin de berger. C'est ce que nous remarquions, troublés et que Kempf resitue dans l' Histoire. Lenine n'avait pas dit autre chose qui inventait l'avant-garde . Kempf n'en parle pas . Pas plus qu'il n'évoque parlant de l'invention de la propagande -qu'il fait remonter au beau-frère de Freud ( rapprochement intéressant)- de l'extraordinaire train de la propagande léniniste à travers tout le pays.
Passionnant mais il dessine une évolution, écrit une histoire de la démocratie qui est je crois, dans sa grille, arbitraire. Nous en reparlerons. On ne peut comme il le fait nier la lutte des classes.Et surtout, si posant la question :est-ce que nous sommes en démocratie et quelle démocratie vivons nous, il répond "non, nous sommes en oligarchie" il eut été aussi nécessaire de parler alors de la démocatie que nous souhaitons, de parler de l'auto-gestion et, par exemple,..... des efforts de Mamadou Dia au Sénégal de donner conscience et parole aux " communautés de base".
Perso il y a un truc que je n'arrive jamais à oublier totalement:
Tous ces pays sont quand même à la base des constructions arbitraires dûes aux colonisations et aux partages (à l'amiable ou non) de l'Afrique entre principalement le Royaume-Uni et la France.
De tous ces pays africains, bien peu sinon aucun, n'ont de frontières qui ont un quelconque sens africain.
Les frontières, n'est-ce pas qu'elles ne peuvent se tracer que naturellement, par la volonté et par l'action autonome des peuples et des sociétés internes, et non par des forces extérieures dominantes?
Parfois je crois que les Africains ne pourront redonner un sens à leur histoire qu'en quittant celle, artificielle, que d'autres puissances ont créée à sa place.
La question des frontières en Afrique, définies à Berlin, est ne arlésienne. Tout le monde en parle, les critique mais on ne sait comment faire. Qu'est-ce qu'une frontière ? de quelle frontière parlons nous? Culturelles, linguistiques, militaires? Qui peut en décider? Quels sosnt les rapports entre une nation et son Etat ? n'y a til pas aussi la possibilité de les nier a travers un panafricanisme que beaucoup de mes amis appellent de leurs voeux?
Oui, arriver à s'organiser en groupes cohérents et harmonieux, sur des critères logiques qui peuvent très bien être économiques, pas forcément ethniques, un peu comme la Communauté Européenne à ses débuts, ou comme le Conseil des pays Nordiques qui regroupe les cinq pays du nord de l'Europe.
Bonjour kakadoundiaye, que pensez-vous de la nomination à la tête de l'UA du président de la Guinée-Equatoriale, mêm si ce poste est plutôt honorifique ?
Nous sommes dans une histoire pleine de bruits et de fureur racontée par un fou.
l'UA comme les autres cénacles africains est en fait le décalque , le copier-coller des grands machins où des gens qui se croient importants sous la conduite de crétins psychopathes se congratulent et se regardent dans le miroir de l'événement. Narcissisme pathétique, ignorance ronflante;Ce sont les gros-cous à la nuque épaisse et aux regards de taureauux castrés.
"Les gros cous à la nuque épaisse et au regard de taureaux castrés ...." des noms ! je plaisante, car d'un coup, j'en ai repéré quelques uns. Bien évident, on aurait préféré le regard d'un "toro bravo", mais ......
Bonjour Kakadoundiaye, d'accord sur votre commentaire du 26/01, et surtout sur le dernier paragraphe. Il faut que l'histoire du continent s'écrive en Afrique, et vite ! pourquoi vite ? pour que cette histoire ne soit pas réécrite avec un crayon "postcolonial" .... et partant, un point de vue erroné. Mais dépêchons-nous, que nous soyons africains ou amoureux de l'Afrique.
Sans préjuger de voc connaissances, avez-vous eu l'opportunité de lire tout ce qui a été fait fait au Maroc en 2006, dans le cadre du cinquanternaire de l'indépendance, et des perspectives pour 2025 ? le site est www.rdh50.ma
Je trouve pour ma part l'exercice courageux, indispensable, et salutaire. Et pourquoi pas en reprendre le principe ?
je n'ai pu aller sur le site que vous me suggeriez de visiter.
Depuis Coquevitch - j'écorche son nom- et les années 70 il a beaucoup été fait et je crois que s'il reste encore beaucoup à faire ( mais la plupart de nos "intellectuels " se disent historien à commencer par Mbembe) il convient plutôt de se tourner vers l'avenir et l'histoire des 50 dernières années qui curieusement sont les moins connues.
Bonjour,
Ce débat est des plus intéressants...
Je n'ai qu'un regret, celui d'être aussi divisé et incapable de trancher sur ce sujet.
Les élections sont une invention faite pour des pays si distincts que la Côte d'Ivoire, qu'il est , en effet, urgent de trouver autre chose...
A bientôt.
Amitié.
@Vivre,
j'ai essayé de mener une reflexion plus large en publiant sur mon blog un billet sur " démocratie?" dont je prépare entree tomates laitues et irrigation une deuxième partie qui essaiera d 'aborder les problèmes récurrents de l'expression démocratique. Mais si il est clair que les élections - le système électoral français- est une entourloupe démocratique il est moins clair de savoir comment le réformer..
La Tunisie et l'Egypte nous apportent une réponse, il ne nous reste plus qu'à souhaiter qu'elle soit plus pérrenne que ne la été la Commune.
.

Bonjour, et pardon Kakadoundiaye, mais je n'ai pas pu m'en empêcher ce matin :
Dernier paru dans la flopée de livres publiés pour le cinquantenaire des Indépendances africaines, ces Chroniques afro-sarcastiques (Editions Favre), préfacées par Stephen Smith, enfoncent le clou avec humour. Venance Konan, écrivain et journaliste ivoirien, fait le bilan sous forme de chapitres très courts, dressant un "état des lieux" sans complaisance, épinglant les travers des uns et des autres dans la "Françafrique", avant de passer à une galerie de portraits de "nos chers dirigeants", autres "héritiers" et "chers disparus". Florilège :
De Gaulle : "Il était le vrai chef de nos chefs, qui se courbaient jusqu'au sol devant lui. Ils disaient que c'était grâce à lui qu'ils avaient eu l'indépendance et qu'ils avaient pu être chefs. Sans de Gaulle effectivement, la plupart d'entre eux seraient restés des paysans ou des soudards."
Léopold Sédar Senghor : "Quand il était en France, dans les années trente, sans doute fatigué de se faire toujours traiter de "nègre", il lança avec quelques-uns de ses amis antillais le mouvement de la négritude, qui signifiait, en gros, "je suis nègre et je vous emmerde"."
El Hadj Omar Bongo Ondimba : "Il était aussi petit que Sarkozy, et portait comme lui des souliers à talonnettes. Il s'appelait Albert-Bernard Bongo. Puis, en 1973, il se convertit à l'islam, pour piquer des sous aux Etats arabes du Golfe, et devient El Hadj Omar Bongo."
Sarko : "Il est de la même taille qu'Omar Bongo, qui était cousin avec les Pygmées de sa forêt. Dès qu'il est devenu président, il est allé fêter dans une boîte de nuit, est parti en croisière sur le bateau d'un de ses copains et a divorcé pour épouser une autre femme plus jolie. Et il a même voulu mettre son fils, qui avait à peine terminé ses études, à la tête d'un gros truc qui brasse beaucoup d'argent en France. C'est ce que font la plupart de nos chefs. Il ne pouvait donc que s'entendre avec eux."
Abdoulaye Wade : "Il adore qu'on l'appelle Maître Wade, parce qu'il était avocat, mais on l'appelle plutôt "speedy Wade". Il a dix mille idées par jour. Généralement, c'est n'importe quoi, mais puisqu'il est le président, personne n'ose lui dire que ce sont des conneries et tout les monde est obligé d'applaudir."
Blaise : "Un jour, Compaoré, Lingani et Zongo ont estimé que leur révolution commençait à dévier et qu'il fallait la rectifier. Le premier qui a été rectifié fut Sankara. Blaise prit le pouvoir. Et il rectifia ses deux autres compagnons, ce qui lui évita d'être lui-même rectifié."
Valery Giscard d'Estaing : "Au début, Giscard était grand copain avec Bokassa, qu'il appelait son parent. L'empereur centraficain lui avait offert une réserve de chasse où il allait tirer les grosses bêtes, et peut-être aussi des petites négresses. Son parent Bokassa lui offrit également, comme cela se fait entre parents, d'autres cadeaux, mais un peu trop brillants ceux-là au goût des Français."
François Mitterrand : "En 1990, le vent de la démocratie souffla sur le continent. Mitterrand en profita pour sortir son discours de la Baule, dans lequel il mit les dirigeants africains en demeure de se convertir à la démocratie. Ce qu'ils firent avec l'enthousiasme qu'on leur connaît et avec le succès que l'on sait."
Désolé et bien que je ne sois pas refractaire à l'humour, au décallage, les flechettes de Konan me laissent de glace. Il a par ailleurs ce même Konan ici même publié une notice contre Gbagbo mais surtout pleine de mauvaise foi. Les généralités sur la taille des Présidents et sur leur propension à se sucrer ...sont si vieilles et rabachées qu'elles ne me font plus rire..désole Fabre.
Un pb de double saisie
Ne soyez pas désolé, je m'en suis excusé dès le début ! oui, j'avais lu et commenté aussi son article sur la RCI.
J'avoue que j'ai eu, après l'envoi de cet extrait à des amis africains, des retours encore plus délirants !
Bonjour Kakadoundiaye,
pour me faire pardonner ..... si j'ai encore une chance, inch'allah :
Atelier du FSM de Dakar. De Lumumba à Sankara, vérité justice et réparation pour les peuples africains (CADTM-Survie)8 février par Antoine Souef
La tenue du forum social mondial 2011 en terres africaines est une opportunité majeure pour revenir sur les grands hommes de l’histoire africaine, altermondialistes avant l’heure : Patrice Lumuba et Thomas Sankara.
Ces deux hommes, séparés de quelques décennies, ont en commun un projet d’émancipation de leur pays, une vision pan africaniste, et une mort violente impliquant les puissances occidentales. Leur volonté de mener une politique en faveur de leurs peuples, et des peuples africains les a rendu indésirables aux colons et néo colons belges, français ou américains, qui se sont appuyés sur des acteurs locaux pour obtenir leur élimination physique. L’impunité dont jouissent leurs assassins formant un socle au maintien de la domination occidentale.
Cet atelier a ainsi été l’occasion de rendre hommage à ces grands hommes, de faire le point sur les avancées juridiques (aux niveaux nationaux et internationaux), et de tenter de tirer les leçons de ces vies sacrifiées pour la lutte émancipatrice.
« On ne tue pas le idées » disait Sankara en hommage à Che Guevara ! Les témoignages émouvants ou enflammés lors de cet atelier, notamment de la part de Blandine Sankara (la petite sœur de Thomas) ont fait ressortir que si ces hommes ont été tués, leurs idées vivent encore. Leurs noms sont aujourd’hui des symboles, et la flamme de leur combat brule encore pour de plus en plus de gens à travers le monde entier.
Pour plus d’information, lire les appels Justice pour Thomas Sankara, justice pour l’Afrique et 50 ans après l’assassinat de Patrice Lumumba : vérité, justice et réparation pour le peuple congolais !.
Tout vous sera pardonné Fabre!!!!
Mais je ne sais si j'ai bien compris l'humour de votre dernier commentaire!!!!! je ne sais si vous le prenez au premier ou au second degré...
Car pour être franc ce genre de commémoration larmoyante des "héros " de la Révolution africaine, héros qui n'ont à leur gloire que le fait d 'avoir été assassiné et sans qu'ils aient eu la chance de faire beaucoup sinon de déclarer, me lassent beaucoup et m'énervent pas mal alors qu'il y a sous nos yeux d 'autres héros que l'on ignore, d 'autres assasssins que l'on loue . L'important est de s 'interesser aux vivants et aux idées. Et puis dans la liste des " héros " il faut ajouter Andrade Machel Dia Fanon Cesaire etc etc....bref on passe son temps à commémorer sans oublier le grand Ferre, Duglesglin, Etienne Marcel , Jacques Blot, et Roland à Roncevaux qui nous sauva de l'invasion sarrazine, et Richard Coeur de Lion pace qu'il est mon voisin.
Ma dernière phrase, au second degré, bien évidemment, mais ce sont les "petites phrases" sur les présidents français qui leur ont plu ! D'ailleurs, c'est au second degré aussi que j'accueille la fin de votre commentaire.
Oui, pour redevenir sérieux sur la commémoration "larmoyante", mais j'aime les parcours de Lumumba et de Sankara, dont je cite souvent des extraits de son discours à Addis-Abeba en 1987 : "chaque fois qu'un africain achète une arme, c'est contre un africain" (je cite de mémoire). Si la jeunesse africaine les adoube, pour quoi pas ?
J'ajoute l'ami que parmi les petits pets de Konan celui sur Senghor est mal venu.
On ne le traitait pas de sale nègre en 1930. Il était déja un professeur respecté qui parlait le latin et le grec mieux que le wolof qu'il appris à 10 ans et le foular qu'il maitrisait fort bien.
La négritude est au contraire l'affirmation de la fierté d 'être noir, nègre. Elle fut concue non par Senghor mais par Cesaire.
"les petitts pets de Konan", effectivement, s'il vivait au Malawi .....
Juste une précision, j'ai recopié tel que l'extrait de Konan.
Tout-à-fait d'accord pour notre grand Senghor, je ne m'imagine pas qu'il ait pu prononcer ces mots.
Négritude : "Le terme est forgé en 1935 par Aimé Césaire dans le numéro 3 de la revue des étudiants martiniquais L'Étudiant noir. Il revendique l'identité noire et sa culture, d'abord face à une francité perçue comme oppressante et instrument de l'administration coloniale française (Discours sur le colonialisme, Cahier d'un retour au pays natal). Césaire l'emploiera de nouveau en 1939 lors de la première publication du Cahier d'un retour au pays natal. Le concept est ensuite repris par Léopold Sédar Senghor dans ses Chants d'ombre, qui l'approfondit, opposant « la raison hellène » à l'« émotion noire ».
Enfin, travaillant en Martinique entre 71 et 74, j'ai eu l'immense honnneur et le plaisir de croiser MM. Césaire et Aliker, sur des dossiers immobiliers.
question de génération peut-être où effet pervers de mes investissements intellectuels et militants à l'échelle de la planète mais les 4 ans où Sankara a pu vraiment agir comme Président du Comite Révolutionnaire ne m'ont pas marqué. Vous faites sans doute parlant du discours de 87 du fameux discours contre la dette...mais je ne suis pas d 'accord avec l'analyse qu'il en fit. La dette est postérieure à la colonisation. La dette est la dette des nouveaux pouvoirs et le baromètre de leur impéritie mais aussi de leur corruption de leur clientèlisme, elle correspond grosso modo aux 10% que les dirigeants grattent sur tous les contrats privés et publics. Elle n'est que la forme de cette soumission de nos élites et n'a rien a voir avec le sous-développement qui lui est structurel.( pillage, déterioration des terme de l'échange etc..).
Par ailleurs la création de CDR sur le modèle cubain a donné les résultats que l'on connait à Cuba. Clientelisme, petits arrangements entre amis, autoritarismes dilués, discriminations.... mais le discours anti-colonial dans les années 87 avait encore de beaux restes... mais encore une fois en 87 les Etats -colo niaux neo-coloniaux- avaient déjà perdus la partie...au bénéfice des Grandes Compagnies pour lesquels le BF était quantité négligeable.
"dette postérieure à la colonisation", pas toujours, en particulier pour l'ex-Zaïre. Vous connaissez bien sûr www.CADTM.org, qu'en pensez-vous ?
Je connais le Comité. Il est curieusement trés en force à Dakar avec pas moins de 8O représentants...et je me demande pourquoi.
Je n'ai jamais caché mon opposition à ses thèses. Je l'ai redite dans le corps de l'article et aussi dans la réponse que je vous fis concernant Sankara et son discours de 87.
C'est un faux combat pour des causes et raisons et analyses qui m'échappent complétement.
Quant au Zaïre...ex Congo Belge...je n'en connais plus la raison particulière mais il semblerait que le discours de Lumumba au Roi des Belges en visite a Kin n'y fasse pas allusion....
Je sais faire beaucoup de peine à beaucoup de monde en disant que l'annulation de la dette pour les pays ayant déjà payé sous forme d'intérêt, plusieurs fois le montant du capital emprunté et tout simplement indispensable pour commencer à trouver une solution à tout problème de développement...
Je le fais quand même car c'est vraiment important.


@Vivre
Certes vous me faites de la peine.
Mais vous aimez cela.
1°-légende que d'écrire que la dette a déja été payée par les intérêts. C'est le propre d 'un prêt, personne n'est pris en traitre, que de comporter des intérêts. Faibles . En 15/20 ans le capital est déja remboursé certes mais avec ce capital théoriquement on a du dégager des "bénéfices " qui permettent de rembourser ces intérêts sinon il n'y a aucun intéret à contracter ces prêts.
Les salaires ,rémunérations, gabegie, sousdetables, pots de vins etc..payés par les états sont infiniment supérieurs à l'intérêt de leur dette ( cf la valise pleine de billets que le gouvernement Wade offrait à un agent de la BM pour qu'il fasse un rapport favorable, etc...)
Que cette dette soit annulée c'est autant que les actuels détenteurs du pouvoir peuvent se mettre dans la poche.
C'est une question d 'honneur enfin. L'Afrique n'est pas un continent mendiant. Renversons Wade et nous verrons si nous devons honorer les dettes qu'IL fit. Mais ce n'est certainment pas aux pays prêteurs a decidé de nous faire l'aumone.
@ kakadoundiaye
Je parle d'un cas précis, le Mexique, où le pays s'est endetté pour aller chercher du pétrole en pleine mer et à grande profondeur et une fois que les puits d'extraction ont été creusés, le pris du pétrole s'est effondré, en plus des taux effarants des crédits révolving engagés avec autant de légèreté que certaines communes françaises !!!
Les dés étant complètement pipés, pourquoi cet honneur à respecter le jeux ?
@Vivre
je crois que vos informations sont insuffisantes.
Vous parlez de la Pemex.
Dont le gestion est épouvantable. Tant sur le plan financier que sur le plan environnemental ( l'équivalent d 'un départment français est souillé en permanence par des fuites de pétrole brut)
La perte qu'il subit en 2007 je crois n'est pas lié à son investissement mais a taux de change avec le dollar.
Les taux de change c est ce qui permet à un pays d 'en étrangler un autre.les USA ont deja utilisé leur poids sur la planète investissement au Mexique en 1994 je crois quand ils se sont décidés de retirer brusquement leurs avoir de Mexico pour le reinvestsir aux States qui venaient d 'augmenter son taux directeur....
Il s 'agit là d 'une mauvaise affaire, d 'un mauvais contrat, d'un mauvais investissement d 'une compagnie nationale mais distincte de l'Etat.
@ kakadoundiaye
Bonjour,
Vos messages me font toujours un très grand plaisir et me provoque toujours une aussi grande gène.


Le courage de Lazaro Cardenas de créer Pemex est le genre d'initiative et de réussite à saluer et applaudir aussi fort que possible.


Le courage des mexicains pour défendre cette société et les avantages sociaux acquis par ses employés est un exemple pour tous, comme l'a été l'abnégation de ex mon beau frère qui, en tant que médecin, a travaillé gratuitement sur les lieux de forage situés en plein désert.


Ne jamais oublié que pour qu'il y ait corruption, il faut qu'il y ait un corrupteur et le Mexique a le plus grand corrupteur de la planète tout au long de sa frontière Nord qui par ailleurs est un territoire volé suite à une guerre gagnée par une armée de mexicains volontaires.


En plus de la corrution, les USA utilisent volontiers de la violence et le pays s'est trouvé contraint de produire un pétrole qui coûtait plus cher à l'extraction qu'à la vente, tout refus de vente étatn considéré comme un motif de guerre par les USA.


L'épouventable pollution qui tue le Mexique est à mettre au compte des entreprises des USA qui sont rentrés suite à la désastreuse décision d'ouverture du marché à des entreprises des USA, tout simplement criminelles.


L'oublier revient à travestir la réalité.


Je termine ce message en vous disant que je suis très sincèrement gêné par la douleur que je vais vous causer par ce qui peut être considéré comme une violence, même si ce n'en est pas une.
A bientôt.
Amitié.
Ne soyez pas cher @Vivre gêné
nous sommes bien d 'accord!!!
J'ai dénoncé longtemps et continue de la faire la violence des USA contre le Mexique et je salue volontiers Cardenas qui a sur la cote Pacifique donné son nom à une ville où j'ai passé il y a quelques années un premier de l'an mémorable!!! Cardenas c est 36 en France. Un Gouvernement , PRI pourtant, Populaire qui créa la Pemex..qui depuis ,par prévarication, influence des USA (qui jouent sur les taux de change comme ils ont joué sur les taux directeurs) et incompétences diverses est devenu ce qu'elle est devenu. Une des seules Compagnies pétrolières du monde qui ne gagne pas d 'argent!!!
Mais quel rapport avec la dette???
@ kakadoundiaye
Bonjour,
Lazaro Cardenas : http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A1zaro_C%C3%A1rdenas a été hébergé par le PNR et non par le PRI...
Le PNR, parti qui présidé à la naissance de la société d'état PEMEX, s'est dénaturé en PRI et le PRI en n'importe quoi mais il est plus que tendancieux d'en faire porter la faute à Lazaro Cardenas...
Si PEMEX ne gagnait pas d'argent, ce serait merveilleux car cela voudrait dire que tout l'argent gagné par l'extraction du pétrole reviendrait à ses employé et au pays qui les emploi dans une magnifique société loi de 1901, sans but lucratif...
Le rapport avec la dette est que si, comme les paysans français, à chaque vente de produit le coût de production est supérieure au prix de vente, il faut recourir, à terme à l'emprunt, doute augmenter la dette...
A bientôt.
Amitié.
@Vivre,
j'avais amassé toute une doc - perdue- sur Lazaro afin d 'écrrire sur ce personnage que je découvris en 2003- récent donc- un petit opuscule d 'historien-journaliste, disons de vulgarisation pour faire mieux connaitre ce Leon Blum qui fut en plus, lui ,Général a moins de 30 ans si je me souviens bien et révolutionna le Mexique autrement plus que notre Leon national.
Quant au PRI- Il changea le nom c 'est vrai . Le vieux PRI s 'appelait PRN.
Il avait déja abrité un peu n'importe qui . IL conti nuera à le faire ( comme plus tard ole péronisme en Argentine)
Quant à la dette. Il convient de ne pas confondre dette d 'Etat et dette d'un service public ( déficit des chemins de fer français par exemple)
Cordialement
@ kakadoundiaye
Bonjour,
Je vous remercie pour votre message qui me fait vraiment plaisir.
Lazaro Cardenas est, en effet, un grand homme qui nous prouve tout ce qu'un homme seul peut arriver à faire...
Même si l'acharnement de ses successeurs à la tête de la République mexicaine ont fini par détruire jusqu'à la dernière miette ce projet, il montre résolument le chemin à suivre à nouveau...
Au Mexique, comme en France l'on peut mettre tout et n'importe quoi derrière le nom d'un parti...
Pour ne prendre qu'un exemple que je connais particulièrement bien, il est possible, en France de mettre sous la même étiquette Parti Socialiste, Michel Charasse, bulldozer de Brice Hortefeux pour une élection à la mairie de Vichy, comme Gérard Charasse son opposant le plus résolu et le plus sérieux...
En ce qui concerne la distinction entre dette d'état et dette de service publique, il serait déjà, dans un premier temps, particulièrement important de savoir à partir de quels outils évaluer la dette, le pire de tous, mais malheureusement le plus utilisé, est celui de comptabilité générale...
Il est plus qu'urgent de restaurer à la comptabilité publique, sa définition, sa mission et de revenir à sa manière d'envisager le futur à la manière que le faisait de Gaulle dans ses plans quinquennaux qui n'auraient jamais dû être abandonnés...
Il serait alors possible de distinguer vraiment la pertinence de la séparation dette d'état et de service publique après avoir, bine sûr, défini de manière "béton" ce qu'est un état et ce qu'est un service publique...
A bientôt.
Amitié.
exactement!
Mais la notion de service public, d 'Etat, etc..sont des notions aléatoires.
C'est ce que par ailleurs je m'autorise à expliquer concernant le vote en Afrique
Nous avons en Afrique par exemple des services d 'Etat qui gèrent l'électricité à travers des sociétés publiques qui,toutes, sont en faillite et ne délivrent leur electricité que la moitié du temps plongeant les pays dans des regressions épouvantables tant économiques ( moins de deux points de croissance) que sociale ( sécurité, école, hopitaux etc..). Les causes sont à rechercher du coté des gabegies et des détournements mais aussi du coté du politique qui les oblige à vendre l'electricité pour des raisons clientèlistes moins chere que sa production.
@ kakadoundiaye
Bonjour,
En Afrique il y a des services d 'Etat qui gèrent l'électricité à travers des sociétés publiques et c'est une bonne chose, sauf que...
Dans ce "sauf que" il y a la notion de "faillite" que je mets entre guillemets car il y a plusieurs sortes de faillites...
La plus grave est la plus fréquente est la corruption...
Face à la corruption, le principal remède est l'information et c'est là où WikiLeaks ou toute autre source d'information est particulièrement importante car elle permet de mettre en évidence le problème et l'urgence d'y apporter une solution...
S'il s'agit de salaires ou prestations sociales "trop" généreuses, il faut y regarder de plus près avec les outils de la comptabilité publique car un peuple en bonne santé qui coûte très cher rapporte, par ailleurs, beaucoup sur le long terme par sa compétence et son aptitude au travail...
S'il s'agit d'investissements, la comptabilité publique, qui a été utilisée pur évaluer la rentabilité de l'investissement ferroviaire au 19ème siècle, est particulièrement pertinente...
Toutes les villes de France qui se sont mis en difficulté financière pour recevoir le chemin de fer, sont généralement les villes qui s'en sortent le mieux...
A bientôt.
Amitié.
@Vivre
vous ne signalez pas que la limitation des entreprises publiques la plus criante est celle des prix puique ces prix sont déterminés non pas la fiche gestionnaire ( côut de production) mais par les incidences politiques (clienteliste entre autre).C'est ce dont vous parliez dans un de vos pots précédents.
C'est ce qu'en France vous débattez concernant le prix de l'électricité et avant celui du train..vous êtes depuis passé sans beaucoup de combat à une gestion comptable plus que politique en oubiant que la gestion comptable..est aussi une gestion politique ( par exemple EDF qui rachète à qui mieux mieux les entreprises étrangères et y perd et sa chemise et la notre et notre honneur en plus, autre exemple le TGV orgueil de l'Etat français dont les coûts d exploitation ne remplissait pas les charges de recherche, adossées au budget de l'Etat mais dont nous vendions à l'époque à prix fort l'excellence, bien perdue depuis que nous sommes dans une gestion plus comptable et prês de ses sous)
@ kakadoundiaye
Bonjour,Les incidences politiques du prix sont, dans certain cas, les meilleures des choses...
Depuis Louis XIV, le prix du pain en France et le prix du maïs au Mexique de nos jours, limite ce qui est appelé le prix du marché qui parfois est en rapport avec le prix de la production, le plus souvent en rapport avec le prix spéculatif...
Le coût du train, en France, est devenu presque uniquement spéculatif et levier pour imposer une politique économique pour l'emploi...
Si vous êtes un "bon" consommateur, c'est à dire le pire qui soit c'est à dire celui qui participe à la suppression des emplois en achetant son billet par internet à IDTGV vous payez 20 Euros en lieu et place de 75 Euros pour un Paris/Nice acheté au guichet SNCF...
Le prix de l'électricité n'est jamais pris en compte et l'on laisse vaguement flotter dans l'air qu'il pourrait être produit par le soleil ou le vent...
La gestion des prix SNCF est devenue presque purement spéculative et ce type de spéculation est particulièrement grave...
A bientôt.
Amitié.
Très bon article car je ne connais pas profondément l'Afrique - sauf ses aspects navrants : la corruption qui va de l'employé au guichet de l'état civil au dignitaire des sommets, les coupures d'électricité et leurs corolaires, les cables dénudés qui cinglent la chaussée, les investisseurs étrangers et le partage de la Grosse Galette (donnant-donnant soit gagnant-gagnant), et la disparition de quelques ethnies : les Kromen du côté de San Pedro en CI - il en reste guère car ils furent "partagés" entre 2 pays. On nappe le tout d'une belle couche vernie de paternalisme occidental et basta - sans oublier les derniers rhinocéros atrocement mutilés.
@claudine,
en espérant que cela vous ait aidé à comprendre un petit peu mieux tout ce qui se dit et s écrit aujourdhui sur l'Afrique qui est bien sur structurée par le système de la corruption mais .....la corruption comme système a une solidité sociale et beaucoup d 'effets bénéfiques ....le problème vient plus de vouloir joindre les deux l'efficacité et la rationalité occidentales et le système d 'affiliation stipendiée à l'africaine ( et généralisée sous l'ancien régime en europe)