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Des racines et des zèbres...ou du rafistolage de l'identité
C'est vrai, reconnaisssons-le, honnêtement, sans a priori ni parti-pris, et quels que soient les hurlements que cela va susciter parmi les anges durs et radieux , bras ouverts, comme Jesus, et qui s 'aperçoivent à peine qu'il est, dans cette position, crucifié- Car c 'est bien ce qui arrive au pays de Villon, de Rabelais,de Hugo, de Desproges et de Paul Ricard- nous faire accroire que la France éternelle, celle d'hier et d'aujourd'hui voire même de demain, est trop généreuse avec ses étrangers , étrangers qui se permettent tout, y compris d 'ouvrir leur gueule quand ils devraient justement, se faire discrets et laisser aux autochtones amateurs de Chinon de Sancerre et de fromage qui pue, le droit et le devoir de décider ce qui, chez eux, est bon pour eux.
Car que voit-on ? des Falco, Mariani, Luca, Ciotti, Estrossi, Sarkozy, Novelli, Balkany, Bruni, Novelli, Berra, Jouanno, Morano...et cent autres au patronyme clairement étranger, français certes, autant que vous et moi, mais ayant par leurs ascendants versé bien peu de sang dans les sillons impurs, - ce sang qui fermente et engrosse les terres de Beauce-pour le pain- et de Champagne-pour le vin- français certes mais depuis si peu de temps qu'ils devraient montrer quelque gentillesse, compréhension et ouverture vis à vis de ceux qui sont ici depuis guère moins longtemps qu'eux- ou, pour le moins, la fermer. Mais, au contraire, ils se la jouent belle, demandent, exigent, des certificats d 'origine, jouent les matamores et les va-t-en-guerre , va que je t 'enferme, que je te reduise les allocs, que je karcherise, que je te dénationalise, que je fasse n'importe quoi au nom des Durant, Dupont et Martin qui n'en demandent pas tant et aimeraient bien qu'on leur lache un peu la grappe et surtout qu'on ne les fasse pas passer aux yeux de l'Europe toute entière, des Amériques au Vatican, pour des connards de fascho. Même si l'Europe exagère, ces hurluberlus aux noms bizarres, se faisant passer pour français alors qu'il ne le sont en fait que depuis moins de cent ans, font passer tous les autres, les de souche comme on dit des arbres abattus, des moignons et des sourds comme des pots, pour des sots et cela, pour eux, est inacceptable
Curieux quand même que les Clemenceau, les Briand, Jaurés, de Gaulle aient construit, ne serait ce qu'au XXème, une certaine France que des Estrossi, Cioti, Lucca, Balkany,Sarkozy, Novelli, Falco et vrai con, et autres estrangers viennent pierre à pierre détruire au nom de leur droit -droit des étrangers- à chier partout où ils ont envie de le faire.
En ce sens l'histoire des gens du voyage a de quoi nous alarmer. Comment ces prétendus élites qui n'ont aucun rapport avec l'Histoire de France peuvent-ils se permettre de remettre en cause le droit à vivre en France à des gens qui étaient là trois cents ans avant eux et dont les parents, pour beaucoup, ont largement arrosé la glèbe de leur sang ? Faut pas charrier quand même.
Il faut croire effectivement qu'il n'y a pire catachumène et prosélyte que le récent converti, pire riche que le nouveau riche, pire français que ce nouveau français qui reproche à tout le monde y compris à ceux dont les grands grands parents furent sur les barricades de la Commune, de ne pas faire partie d'une identité française qu'il semble bien être les seuls à définir et limiter.
Ils commencent, pour être franc- comme Clovis-,à me courrir vraiment sur l'haricot. Car, soyons clair, j'étais plutôt content de les recevoir, bras ouverts et coeur content. Eux, les hongrois les polacks les ritals les portos, les espingouins, les beurs et suivants... vraiment..Alors pourquoi une frange puante d 'entre eux s'octroient -ils le droit de faire ce que les français ne veulent pas pas faire, en leur nom, au nom d' une autochtonité ou autochtonitude qui n'a rien d 'évident quand les grands parents de ceux qu'ils veulent dénationaliser parlaient déjà français.
Que le dernier entré, que le dernier venu sur cette terre de France, derrière lui ferme la porte et empêche aux suivants de rentrer.
N'ont -ils pas honte? Pourquoi se veulent plus français que français? Pourquoi y a t il parmi eux, ceux du cercle des amis et des décideurs, si peu de berrichons, tourangeaux, bourgnignons,solognots, toulousains, si peu de pêcheurs, d'amateurs de vin et de fromage de chèvre, si peu d'ingénieurs et de peintres, de charpentiers et de créateurs et de poètes et tant de parisiens et tant de provinciaux de provinces si nouvellement nationales ?Certes il y a là un auvergnat qui ne vaut pas la chanson que Brassens lui dédicaça, cet indélicat.
Pourquoi vouloir, à ceux là, entre autres comme à tous les autres, leur demander leur certificat d 'identité? Cela les chatouille donc tant, ces fraîchement repeints de l'identité française?. Au nom de quoi parlent ils de la France? Par ce qu'ils y habitent depuis 50 ans? 100 ans? .Ils ne furent pas élus pour nous faire la leçon et nous demander ce que nous sommes. Qu'ils ferment leur gueule, se fassent humbles, boivent du Chinon, dessinent au crayon et nous laissent tranquilles.
D'autant que d 'autres, dont les noms ont des consonnances clairement étrangères, se roulent avec délices dans les plis du drapeau français, gagnent à Barcelone ou à Budapest, font retentir des Marseillaise pétantes de bravoure, et, noirs comme des pruneaux, revendiquent haut et fort, une francitude qu'ils nous font aimer, qu'ils affermissent et font respecter, une francitude bien de chez nous et qui nous fait chaud au coeur, une francitude faite de bravoure et de sensualité qui nous réconcilie avec nous-mêmes, qui rescucite Vercingétorix -un celte-Arcole- un rital- Cendrars-un suisse-Appolinaire-un grec, Garibaldi et la Commune, Cosette et Cyrano, ....alors que ce quarteron d'irresponsables, de malades du sang des origines, n'en finissent pas de les brimer, eux et leurs frères, nous en l'occurence, ces français que l'on insulte en les qualifiant de souche comme on dit du fromage et des champignons .Vous ne voyez pas la différence ? Vous ne croyez pas que cela suffit cette discrimination identitaire par ceux là même qui n'ont strictement aucun droit ,ni du sang ni du sol, ni de la mémoire ni de la poésie ni surtout de leur politique à entonner ces refrains là? La France est terre d 'accueil parce que les français sont accueillants. Pas because c est la France avec majuscule. Capice? La France est terre d'acccueil parce qu'elle est d'abord républicaine d'une République fondamentale qu'ils piétinent et sur laquelle ils pissent avec une détermination farouche.
Nègre berrichon, d'un pays et d'un territoire plus sentimental que physique, plus fait d efforts de sueurs et d'idée que de lignes sur une carte, j'aurais tendance à définir mon identité française non par l'Histoire - et pourtant c est aussi cela que l'on partage- non par le sol et la géographie - et pourtant je sais bien qu'un climat et un sol agissent puissamment sur ce que nous sommes, que les rondeurs juveniles, impubères et pudiques de la Touraine ne vous inspirent pas la même chanson que le dur soleil rugueux de la Provence gionesque,que les senteurs de l'Algérie et un soleil tombant sur Alger la blanche- mais par le mariage intime et de l'un et de l'autre définissant non des racines mais des branches. Ne me regardez pas avec le fin sourire des lettrés citadins quand je récite "nos ancêtres les gaulois" avec ma trogne de charbon lorrain et mes cheveux de mouton noir des Vosges. Je suis du pays des lettres comme Senghor comme Cesaire ou Kourouma; je suis du pays de la République laïque, français donc parce que républicain.Et les gaulois sont mes ancêtres de toute évidence parce que je les ai choisis, comme les choisirent les catalans, les picards, les lorrains,les bourgnignons, les basques qui n'ont pas plus à voir avec ces celtes que moi..
L’identité est le maitre-mot des maigres penseurs qui entendent ainsi rendre compte et expliciter, rendre lisible et éventuellement pardonnable, un ensemble d'idées et de comportements mis en œuvre par différents groupes sociaux, fractions, fragments de classe pour lesquels le passé serait la base sur laquelle ils construirait et eux-mêmes et leur avenir.
L’identité s’associe ainsi aux origines et plus explicitement aux racines. L’image, la métaphore tient lieu de raisonnement. L’homme, tout en étant un loup parmi les loups, est arbre parmi les arbres. Il puise et ne puise que du sol, originel comme le péché, l’identité qui lui permet de croître, s’affirmer, faire fleurs et fruits. Le terreau est-il pauvre, les temps de germination perturbés que la plante peine à croître et embellir, et, sans racines ni attaches, ni chêne ni roseau, est condamné a fluctuer au gré des vents et des influences.
L’image est d’autant plus belle, rassurante, qu’elle puise dans le patrimoine une raison de ne pas voir les échecs patents de la redistribution
Arrêtons de décrire la réalité sociale avec des images à la poétique ringardissime Si l’homme est un arbre, il l'est à l’envers. Ses racines sont le ciel, car ce sont
par les branches, les feuilles, que l’homme trouve ce qui le nourrit, le met en contact avec le monde , feuilles où nichent les oiseaux et où chante le vent, dans cette chevelure de nerfs et non pas, comme on veut nous le faire accroire, dans et par l’humus des choses mortes, la molle pourriture des faits et des valeurs, bref, le passé.. Mes racines sont mes branches. Choix, envies, expériences, rêves ne viennent que de ces oiseaux, que de ce vent, que de ce ciel, pluies, rosée froidure, soleil. Les racines c’est ce qui est devant moi, ma responsabilité.
C’est d’avenir dont ont besoin, ont eu besoin, ont toujours besoin, tous ces rescapés venus d 'ailleurs , tous ceux pour lesquels, justement, il est compromis. Pas de passé. Quoi qu’on en dise.Et l'avenir c'est moi qui le choisis qui se doit le choisir. On n'est jamais ou d'ici ou d 'ailleurs mais d'ici et d 'ailleurs.
Avec l’avenir et les projets, les racines se développeront, branches nouvelles et le passé s’inventera.Car, ne nous y trompons pas, le passé s'invente plus encore que l'avenir. Il n’y a d’histoire et de passé que ce dont j’ai besoin pour construire mon histoire, il n’y a de passé que ce que je ne souligne ou ne gomme ou invente. Toutes les histoires sont des inventions mais ô combien utiles. L’Histoire n'est qu' histoires, ces différentes façons dont l’Histoire fut écrite pensée, digérée, instrumentalisée dans et par les présents.
Le temps n’est pas linéaire. L’identité n’est pas le solde d’un passé dit commun , n’est pas la cicatrice d’un manque, le marbre d’un avoir. On ne se construit pas avec l’identité mais avec les larmes et les armes que l’on se donne pour la construire et la sculpter.
Il y a des dominants et des dominés, des riches et des pauvres, des abjections, des profiteurs et des exploités, des menteurs et des trompés, des avantages et des handicaps, des exlus et des intégrés..il n’y a pas de passé. Mais une lutte, pour être.

Tous les commentaires
C'est trop beau, mec, ce que tu écris!
Ne t'inquiètes pas si tu n'as pas d'échos, ce media est en phase de paralysie narcissique...
Mais il y a des tas de gens qui vont te lire en catimini.
Et comme tu ne parles ni de Bettencourt ni du conflit palestino-israëlien, ni des retraites, ni des vicissitudes de NS, tu vas avoir du mal à être entendu.
Mais ce que tu dis fait réfléchir, et c'est l'essentiel. Merci!
JCD
merci
Bonjour à vous.
Un texte qui déménage. Bravo !
Mais comme le dit pleinaile, ce n'est pas la bonne séquence. Il y a un an, avec le fameux (fumeux) débat Besson, on était en plein sur les problématiques de l'identité nationale. J'avais commencé à écrire des choses là-dessus sur mon autre blog (toujours à partir du discours des députés/ 2002 & 2003 : une mine !). Puis, j'avais suivi la consigne du boycott ( parler, à cette époque, de l'identité nationale - même d'une façon critique - c'était donner de l'espace au débat Besson ).
Séquence 05/ Identité nationale : la question des étrangers (trois débats/ fin 2002).
Mais, aujourd'hui plus que jamais, il y a tant à dire. Et vous le dites bien. Avec un style et une approche qui vous sont personnels. On n'est pas dans le politiquement correct (en particulier, quand vous ciblez votre attaque sur cette ribambelle d'hommes politiques de droite qui devraient pourtant se souvenir d'où ils viennent et de quand ils sont venus.
merci Denis..j'ai bien conscience d'être un peu en décalage par rapport aux sujets qui plaisent mais c 'est maintenant et pas avant que j'ai senti le besoin de dire ces choses là et pas quand les pour et les contre déversaient des tombereaux d 'âneries sur le thème.
De même je sens bien que je suis dans le non-correct quand je reproche à nos élites d'avoir des origines qui devraient les inciter à modérer un peu leurs propos... cela est, pour moi,confus et aussi confus que violent...mais qu'un ivoirien définisse l'identité sénégalaise a quelque chose à la fois de terriblement sympathique et de tragiquement stupide si il lui prenait l'idée de se montrer xénophobe.Que de dernier arrivé sur lui ferme bien la porte et éteigne la lumière qu'il était venu chercher.
J'ai lu votre texte comme une ode aux "mariages intimes", ceux qui aboutissent à des identités improbables, mais aussi réelles (donc singulières) que peuvent l'être des identités :
par exemple, une identité française de branche nègre berrichonne - ou l'inverse.
Métissage : est-ce cela le mot qui sert de repoussoir et d'agitateur à ce gouvernement ?
Est-ce le mot qui sert de signal aux restes coloniaux de ce pays ?
Salut, Fantie!
je ne sais pas pourquoi, j'associe comme un fou sur votre texte: les meilleurs bolets sont appelés "têtes de nègres"; j'ignore tout de leur identité, mais ce qui est certain, c'est qu'ils passent à la casserole; comme des sans papiers dans les commissariats?
Vais-je continuer à manger des cèpes, ces frères inédits de tous nos métissages?
JCD
@Denis,
j'ai encore une fois passé un long moment avec les florilèges et le décompte des débats parlementraires..ceux qu'on ne lit et n 'écoute jamais.... Merci pour ce travail.
@ Fantie b,
sur le métissage : nous sommes tous métis ( c 'est un andalou-arabe qui fonda au XIIIème la Sorbonne, Première Université française puis en France "nous" subîmes les vikings, les ostrogoths, les huns, les burgondes, les francs, les ostrogoths, les anglais, les arabo-maures, les antillais etc.....) La pureté ethnique est un leurre. Duvignaud écrivit la dessus des pages simples et définitives.
Je tiens quant à moi l'endogamie d'où qu'elle vienne comme un crime contre l'humanité. Il n'y a de racisme qu'endogame.Le racisme exogame est imposssible...et par racisme je parle plus du mépris en général que de celui qui s 'attache à la race. Il y a des racismes sociaux..celui du seigneurs pour le cul terreux, du citadins sur le rural, du lettré sur l'illétré, du croyant sur l'incroyant, du patron sur l'ouvrier,... c 'est à dire une façon de considérer l'autre comme un non-être, d'une espéce particulière et ainsi permettre qu'on transporte cette marchandise des cotés d'Afrique aux cotes américaines.
Salut!
Non, justement, nous ne subîmes pas. Le chemin qui mène à l'universalité est une (pardon de cet anglicisme) "positive action" qui est d'accueillir et non de subir.
JCD
Oui, très beau texte, et le grand fleuve de l'oralité africaine coule aussi dans vos lignes serties d'images du terroir français, un écho de l'universel, merci !
Et merde aux cons !
Si l’homme est un arbre, il l'est à l’envers. Ses racines sont le ciel…
Merci pour ce plaidoyer poétique contre les tentatives d'enfermer, à coups de marteau, nos sentiments fluctuants d'appartenance dans une boîte hexagonale.
Si l’homme est un arbre, il l'est à l’envers. Ses racines sont le ciel…Moi aussi, j'ai beaucoup aimé cette phrase. Dans une vie antérieure (?) , j'ai travaillé sur la matrice rurale ( du discours des députés ... pour ne pas changer !). Pourquoi tant de références à la ruralité dans ces discours ?
Je ne vais pas m'étendre là-dessus aujourd'hui, mais ce qui me frappe en lisant cette phrase, c'est le renversement qu'elle opère :
pour le député, le rural, ce sont les "racines" : il faut être ancré dans le terrain ( le « sacro-saint terrain » : voir sur mon autre blog/ autour d’un mot : "terrain" ) ; jamais, il n’est question des branches, du lien avec le ciel, de la lumière qui permet le développement de l’arbre .
A approfondir
@Denis,
j'ai longtemps moi-même considéré que mes racines appartenaient au passé. C'est la titre d'un livtre fameux, dans les années 60, du retour d'un afro-américain à Porto Novo.. et aussi le nom d'une association elle aussi afro-américaine qui plaide en faveur du "retour" "revival"... avec toutes les incompréhensions possibles ( que l'on retrouve aussi quand se rencontrent les juifs américains juste débarqués en Israël et les vieux sabras de la première heure). Pour m'apercevoir que je n 'avais en digne fils de l'Afrique plus rien à faire avec des coutumes d 'un autre age, coutumes qui étaient logiques dans un contexte différent et par ailleurs que j'étais habité d'un passé qui n'était que le mien, celui de mes études primaires, secondaires et suivantes, de mes expériences et surtout de mes espoirs bref que mes racines étaient surtout mon avenir.. Et tout a changé
Comme le suggère si bien kakadoundiaye , la terre c'est l'humus sombre et humide où poussent les champignons et grouillent les vers: on se demande ce qu'il y a là de si exaltant contrairement au faîte de l'arbre qui communie avec le vivant.
la question est toujours brûlante, voir l'abject Guerlain .... merci pour ce très beau texte qui traduit ce que je pense et n'aurais jamais pu exprimer de si magistrale façon ... comme dirait mon père (né à Leipzig, Allemagne et arrivé à Paris en 1933 à l'âge de 7ans), les pires sont très (trop?) souvent les convertis ....
Bravo kakadoundiaye, nous sommes tous des gens du voyage... Certains voyages ont été plus longs que d'autres, c'est tout. Mais notre vraie richesse est notre métissage: l'empreinte de tout ce que nous avons appris au cours du voyage de la vie.
Signé une autre "tutti frutti"
merci à tous de ces marques de vraie sympathie.
Juste un mot pour Pleinaile qui ne supporte pas le mot "subir".
C 'est pourtant ce qui arrive quand les rapports de force sont par trop inégaux. Subir. Comme les normands subirent les vikings. Behanzin les négriers et la France les SS. Avec à chaque fois bien sur la part de la compromission de la collaboration . La gestapo et ces frères qui rabattaient pour les bateaux négriers. Il y eut à subir, à courber la tête.... et à lutter.
A l'escale de Liboa une énorme affiche : " avec O,5% de l'énergie solaire du Sahara on pourrait fournir de l'electricité à tout le continent" signe HBSC.
Je traduis. Les visages noirs s 'éclairent.
J' ajoute : "Nous sommes forts mais aveugles". Les visages se ferment. Les vikings les gestapistes et les négriers s 'appellent aujourd'hui Françafrique ou HBSC. Mais ma lutte n'est pas contre les négriers d'hier. Le mineur , toubab aux yeux bleus, de Germinal avait le même ennemi que moi, .
Très beau texte vraiment, merci beaucoup. Que rajouter ? Rien sinon des éloges: la racine inversée est vraiment une idée lumineuse. France terre d'adoption, France terre laïque , républicaine... juste la liberté peut-être qui est le vent qui fait frémir les feuilles de l'arbre et porte les oiseaux migrateurs, Rroms, Africains ...ou Européens lassés par l'exiguïté et la ringardise partis vers de nouveaux horizons vivifiants !
... loin de la qualité de ce billet, mon humble réflexion autour des migrations tente cependant de dégager les caractères spécifiques du migrant :
http://www.mediapart.fr/club/edition/les-francais-letranger-de-mediapart/article/251010/tout-immigre-est-un-emigre-et-recipr
les racines, c'est très bien. C'est fait pour rester sous terre.
ET......Bernard, ce " sous terre "
le pourricier comme je l'appelle se prétend nourricier.Il y a dans terre le mot terroir et la France des terroirs est la France des racines et du passé...des traditions comme si les traditions venaient du passé!! comme si les traditions n'étaient pas en permanence une reappropriation du présent.Ma maison date du 14ème siécle!!! loin d'être une demeure ancienne il n'y a pas de demeure plus contemporaine. Elle a été repensée refaite à chaque siécle. Chaque siècle a gommé et souligné ce qui lui plaisait. Comme nous faisons tous du passé. Gommer/souligner.