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Scandale Uramin : une bombe atomique prête à sauter ?

1617390_3_a3a1_portrait-d-anne-lauvergeoPourquoi Areva, société publique, a investi près de deux milliards d'euros pour racheter une start-up minière dont la valeur s'est depuis effondrée ? Les justifications de l'ancienne patronne du groupe nucléaire sur cet investissement catastrophique semblent de plus en plus fragilisées... et force est de constater que cette acquisition est au mieux le fruit d'incompétences coupables, au pire d'une escroquerie dont on ne connait pas encore les tenants et aboutissants.

Anne Lauvergeon ne pourra pas éternellement se cacher derrière son petit doigt et dénoncer des "complots venus d'en haut" pour éluder les questions embarrassantes sur le dossier Uramin. L'audition de son successeur à l'Assemblée Nationale a encore affaibli sa ligne de défense qui consistait à dire qu'Areva avait fait les recherches nécessaires, que l'Etat actionnaire avait été informé en temps réel, et que la dépréciation d'Uramin était essentiellement liée à des problématiques conjoncturelles (baisse des cours de l'uranium).

Mais la vérité est loin d'être aussi simple et Luc Oursel a semé le trouble chez les députés en affirmant mercredi que de nombreux avertissements, au sein même d'Areva, avaient été ignorés et que les rapports transmis à l'Etat auraient été "allégés" afin que l'achat d'Uramin arrive à son terme. Il serait notamment question d'une contre-expertise menée avant le rachat de la société Uramin et qui avait démontré les risques de cet investissement.

Selon l'AFP, Luc Oursel aurait expliqué aux parlementaires que la contre-expertise d'Areva pointait du doigt la teneur en radioactivité des gisements d'uranium d'Uramin, ainsi que les quantités disponibles. Plus troublant, toutes ces mentions alarmistes auraient été supprimées dans la version transmise par Areva à l'Agence des participations de l'Etat (APE), organisme qui chapeaute la participation publique dans Areva.

A ce pavé dans la mare, Luc Oursel a ajouté d'autres accusations (en creux) à l'égard d'Anne Lauvergeon : selon lui, le directoire n'a jamais formellement voté pour approuver l'acquisition d'Uramin... Une version radicalement opposée à celle présentée depuis plusieurs semaines par Anne Lauvergeon.

Y verra-t-on un jour clair dans ce dossier Uramin, où se mêlent des intérêts stratégiques nationaux (nucléaire), géopolitique (Françafrique) et industriels (Areva) ?

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