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Communication ou influence ?
Société de communication.
C'est banal de le dire : nous vivons à une époque où la communication est primordiale : marketing, publicité, management, communication politique... peu de domaines échappent aux règles de « l'entreprise communicationnelle». Or, de quoi s'agit-il ? De la généralisation, du perfectionnement et de la systématisation, grâce à l'utilisation des données de nouvelles disciplines issues des sciences humaines, de pratiques d'influences qui ont toujours existé. Améliorer la façon dont on présente les choses pour obtenir ce que l'on veut, c'est quelque chose qui est à la base de la séduction, autant sexuelle que politique ou commerciale, depuis l'aube de l'humanité. Il y a toujours eu des personnes qui savaient user de leur talent personnel pour influencer autrui dans leur propre intérêt, et d'autres qui trouvaient ces conduites indignes. Tant il est vrai que, si certaines personnes ont besoin de vérité et d'authenticité pour prendre leurs décisions en toute connaissances de cause, et entendent exercer leur libre-arbitre, les autres, les plus nombreuses, préfèrent choisir sur la base de certitudes, lesquelles vont leur être offertes gracieusement par les séducteurs qui sauront exploiter cette fragilité humaine consistant à tenter d'éviter le doute et les regrets, et le conflit. On pourrait penser qu'il s'agit d'une envie inconsciente d'être maîtrisé par l'autre, mais je pense qu'il s'agit davantage d'une propension à éviter l'inconfort que donne la lucidité, et le désagrément de la perte qu'occasionne tout choix. Celui qui décide d'influencer autrui, sait qu'il va aussi le rassurer en lui donnant un kit de prêt-à-penser.
C'est malheureusement pour cela que cela marche. Si chacun préférait savoir la vérité, quitte à en souffrir, nous n'en serions pas là.
Mais, hélas, en ces périodes de déclin des religions, le développement tous azimuts de stratégies de séduction et d'influence a le mérite d'apporter un anesthésiant à l'angoisse existentielle qu'apporte la conscience de notre finitude. Vous ne savez pas pourquoi vous vivez, mais on va vous dire quoi penser, et quoi acheter. Ça rassure.
Communication ou manipulation ?
Travailler la communication pour obtenir de l'autre ce qu'on veut, c'est de la manipulation quand c'est au niveau individuel, de la propagande, quand c'est au niveau collectif. Or, une manipulation efficace doit rester cachée. Donc ces deux mots, manipulation et propagande, sont devenus tabous. Et celui qui les emploie court le risque d'être disqualifié et considéré comme un complotiste.
Pourtant, il n'existe pratiquement plus aucune entreprise d'une certaine envergure actuellement qui n'ait pas une stratégie de communication, envers leurs partenaires extérieurs mais aussi dans l'entreprise elle-même. Même les hôpitaux ont leur département communication.
http://www.santetropicale.com/santemag/algerie/communic.htm
Dans ce texte on voit bien que le but du management « démocratique », n'est pas la démocratie dans l'entreprise, mais une meilleure acceptation des décisions et une meilleure productivité.
Or, il ne s'agit, ni plus, ni moins, que d'un calcul de ce qui va être exprimé et mis en place par les managers pour obtenir ce qu'ils veulent : c'est donc de la manipulation. Le fait qu'elle prenne un masque démocratique ne rend cette manipulation que plus pernicieuse. A ce niveau, on peut constater la même chose que dans les couples ou les familles : un abus de pouvoir caractérisé peut laisser la victime sidérée et muette sur le moment, mais les ferments de révoltes sont jetés, et assez vite la résistance s'exprimera, parfois violemment. Tandis que les pervers narcissiques et sexuels, savent bien, eux, enjôler leur victime en leur faisant croire, non seulement qu'elles sont consentantes, mais encore que l'initiative vient d'elles. La révolte est alors infiniment plus longue à se manifester, car celui qui a été instrumentalisé pense que la responsabilité et la faute sont de son côté ( c'est ce que l'on constate dans le harcèlement moral en entreprise ) .
Que devient le désaccord ?
Je voudrais attirer l'attention des lecteurs sur un point, qui explique la souffrance au travail, laquelle prend actuellement des proportions dramatiques, et qui éclaire aussi sur un certain nombre d'autres éléments d'une évolution négative de notre productivité.
Les expériences sur lesquelles se base la théorie sous-jacente à toutes ces stratégies de communication sont, soit des expériences de psychologie sociale, soit des expérimentations « in vivo» dans les entreprises. Mais elles n'intègrent pas le facteur temps, c'est-à-dire une éventuelle analyse des conséquences à long terme sur une entreprise des différentes pratiques de communication. Elles se basent en fait sur la conception d'un système marchand : on veut vendre un objet ou un concept, on utilise la bonne stratégie de communication et ça marche. Plus de contestation dans l'entreprise, meilleure adhésion au projet, etc. Les théories elles-mêmes élaborent sur du court et moyen terme : elles étudient les systèmes, mais pas les conséquences sur les hommes des changements induits sur les systèmes. Or ces conséquences modifient les systèmes.
Dans l'entreprise, comme la démocratie alléguée est un leurre, les oppositions sont rendues muettes : elles ne sont pas écoutées. Ou, plus exactement, on fait semblant de les écouter, parfois, mais sans jamais les intégrer aux décisions qui sont, en fait, prises en amont. Or, outre le fait que dans les réticences qui auraient pu s'exprimer, il pouvait se trouver des éléments intéressants et à prendre en compte, il reste que ces réticences ne peuvent disparaître sans laisser de trace. Parfois, celui qui se permet des les exprimer est ostracisé, voire rejeté de l'entreprise, ce qui accentue pour les autres l'effet de groupe et l'adhésion au projet par identification à l'agresseur. Mais ce négatif, même s'il ne s'exprime pas, persiste. Et il a tendance à se retourner contre celui qui l'a vécu, mais aussi contre ceux qui se mettent à craindre de le vivre. Le fait de s'identifier à l'agresseur, sauf à avoir soi-même une structure perverse, ne dure pas et amène à souffrir par l'appauvrissement des relations humaines que cela implique à long terme, et par la perte de sens que cela entraîne. C'est ce qui rend les salariés malades ou déprimés, et ce qui leur fait perdre à moyen ou long terme le goût du travail et de l'effort.
Et au niveau sociétal ?
Au niveau politique, c'est la même chose. Les dirigeants politiques, qu'ils soient au pouvoir ou pas, conçoivent leur fonction comme une entreprise de communication. Ils se trahissent, d'ailleurs, quand devant une opposition sociale à un projet, ils disent « vous n'avez pas compris, on va vous réexpliquer». La démocratie est détournée de son sens : il ne s'agit plus de représenter le peuple, mais d'utiliser le suffrage universel pour faire croire aux citoyens qu'ils sont d'accord avec des décisions avec lesquelles, dans le fond, ils sont en opposition. La tactique est la même que dans l'entreprise : on les fait participer à des choix vis à vis desquels on leur fait comprendre, dans le même temps, qu'il n'y a pas d'alternative. Un exemple évident de cela peut se retrouver dans l'analyse de ce qui s'est passé vis à vis du traité constitutionnel européen (« Il n'y a pas de plan B »). Mais on peut trouver mains exemples de cette stratégie, dont les sondages sont un élément. On utilise la stratégie du « tu l'as voulu, maintenant tu n'as rien à dire ». La version managériale de cette formule étant « si vous n'êtes pas content, vous partez ». La version privée « si tu n'étais pas d'accord, il fallait le dire avant ». Et la version politique « nous sommes légitimes parce que nous sommes élus, si vous vous opposez à nous c'est que vous ne reconnaissez pas la légitimité du vote des électeurs », mais aussi « je suis le meilleur parce que tout le monde le pense (sondage) donc vous ne pouvez que voter pour moi ». La version sociale du découragement du salarié, c'est l'abstention, seule manifestation d'un manque de sens et d'un refus larvé qui est un signe important de malaise de l'électeur.
C'est étrange, et triste, de voir, à l'échelle d'une société, ce que l'on peut constater dans un couple dont l'un des membres est pervers : ce dernier maltraite son conjoint, tout en parvenant à faire croire à celui-ci qu'il ne pourrait pas se débrouiller sans son bourreau. Tout en reprochant à sa victime de vouloir le lâcher. Et en lui dispensant quelques gratifications qui lui font oublier les humiliations vécues.
Mais les femmes ou les enfants battus sortent un jour de leur sidération. Ils n'oublient pas. Les salariés maltraités n'oublient pas. Les citoyens manipulés non plus.
User de son influence pour transmettre un savoir, pour créer une dynamique dans une institution, cela peut être noble. Le faire pour obtenir une obéïssance sans contestation, cela l'est moins, et n'est pas sans conséquences à long terme.


Tous les commentaires
Personnellement j'ai bien l'intention d'influencer autrui en disant aux gens (aux Médiapartiens notamment) de prendre connaissance de l'appel pour Copenhague, de le signer et de le populariser. Comment jugez-vous cela ? Est-ce condamnable ?
C'est vous qui savez, Melchior, si vos intentions sont nobles ! Mais je ne pense pas que vous souhaitiez obtenir l'adhésion d'autrui sans contestation possible. Je me trompe ? Sinon, et pour répondre sérieusement à votre question, le fait de répéter le même message dans des contextes différents peut faire partie d'une stratégie de "comm". Cela ne rend pas, pour autant, la démarche condamnable, surtout si la "cible" en est informée.
Merci chère Liliane, pour cette excellente synthèse où on sent les diverses lectures et réflexions. Un vrai apport extrêmement utile au(x) débat(s), pour tous ceux qui comme moi savent ce qu'ils veulent mais n'ont pas toujours la force de travail ou la dexterité d'esprit requises pour avancer aussi vite qu'ils le voudraient. Quel bel exemple vous donnez d'apport positif dans un journal participatif, sans jamais vous perdre dans les affectations et autres jargons de telle ou telle tour d'ivoire, non, au contraire en restant toujours accessible. Bravo!
Merci Axel de vos encouragements ! Oui, j'y crois aussi à la participation, et au partage des connaissances et des réflexions. Cela me semble même essentiel pour lutter contre les clivages induits et l'appauvrissement d'une pensée globale prédigérée.
Je partage, bien sûr, le point de vue d'Axel et me fais cette réflexion: pour bien saisir et s'approprier votre billet, il faut faire un petit effort. En général, ce qui est riche de contenu demande un petit effort. Sur Médiapart, mais cela doit être vrai ailleurs, ne se retrouve-t-on pas comme à l'école, au moment où les parents sont invités à venir rencontrer les enseignants et discuter au sujet des enfants. Ce sont très souvent les parents dont les enfants ne posent pas de problème qui se présentent, les autres, ceux dont les enfants auraient besoin d'aide, ne viennent pas! En d'autres termes, ceux qui, sur Médiapart, auraient peut-être le plus à tirer parti d'un billet tel que le vôtre, ne sont-ils pas ceux qui y viendront le moins? Ou ne feront qu'y passer, en vitesse, juste pour lâcher une sentence et s'en aller? PS Ce sont des billets tels que celui-ci qui nous empêchent de baisser les bras!
La propagande dans laquelle nos sociétés baignent est très puissante. Elle est fabriquée par les dominants qui possèdent tous les moyens de diffusions et qui ne se privent pas de les utiliser à leur(s) profit(s) : presse, radio, et surtout la télé, présente partout, même aujourd'hui sur les téléphones mobiles... elle peut aujourd'hui être (un peu) battue en brêche par Internet, outil interactif de propagation d'informations utiles à tous, mais nous voyons bien aujourd'hui les attaques de la part des gouvernements (soumis aux lobies)contre cette nouvelle liberté d'expression et espace de circulation d'informations qui ne seraient pas connues autrement. Que les "masses" sortent de cet état d'anesthésie ne me semble aussi inéluctable que tu sembles l'espérer, sauf à changer les objectifs de la propagande, bien sûr...
. " elle peut aujourd'hui être (un peu) battue en brêche par Internet, outil interactif de propagation d'informations utiles à tous, mais nous voyons bien aujourd'hui les attaques de la part des gouvernements (soumis aux lobies)contre cette nouvelle liberté d'expression " . Ce qu'il me semble - et qui me semble le vrai danger - c'est qu'Internet soit attaqué par une bonne partie de ses propres utilisateurs, effrayés des effets potentiels de cet extraordinaire instrument de déformatage de l'opinion. . Ces effets sont considérables et nous n'en sommes qu'au début : c'est comme l'invention de l'imprimerie. . Le pouvoir (d'information, mais il est liéau pouvoir tout court) qu'accaparent jusqu'à présent ceux que j'appelle 'les validateurs de formatage" - ou aussi, parfois, le "club de la parole" qui craint d'être noyé le jour où "l'océan de l'écoute" s'en saisira., ce "pouvoir" peut changer de mains. Tout est là. . jpylg .
Ne vous semble-t-il pas déceler, jpylg, un "frémissement" de la part de cet "océan de l'écoute" ?
Une révolution comme l'invention de l'imprimerie, je suis d'accord avec vous, mais dotée d'une puissance bien plus grande : j'ai lu que 1,6 milliard de personnes sont aujourd'hui connectées à Internet ; alors qu'à l'époque de Gutenberg, l'alphabétisation était le fait certaines classes sociales, pas les plus populaires...
. " Ne vous semble-t-il pas déceler, jpylg, un "frémissement" de la part de cet "océan de l'écoute" ? . Certes, Corinne, si je le croyais pas, je ne ferais pas ce que je fais. . Quant à l'analogie avec la "révolution" de l'imprimerie, elle a forcément ses limites, comme toute analogie. . jpylg
Moi, j'aime bien quand je lis un commentaire comme "Cela fait un an que je lis Mediapart, et je ne suis jamais intervenu, mais là, quand même..." Alors, bien sûr que certains attaquent l'outil internet de l'intérieur, mais cela ne me semble pas grave : l'outil est tellement "réticulaire" que je pense que la vie va continuer de l'animer d'une façon exubérante, et que toute tentative de formatage sera balayée par les anticonformistes du web qui osent sortir des idées préconçues et des procédures préexistantes. Ces anticonformistes écrivent, agissent, mais ils peuvent aussi se contenter de lire. Nous ne les connaissons pas, mais ils sont présents devant leur écran, témoins à la pensée critique, à l'affût d'informations authentiques, recoupant les infos, vérifiant les sources. Bien sûr qu'il y a aussi de la désinformation sur le web mais plus les échanges sont riches et complexes, moins les trolls et les manipulateurs ont de capacité de nuire.
. " Alors, bien sûr que certains attaquent l'outil internet de l'intérieur, mais cela ne me semble pas grave : " . Chacun est libre d'analyser le phénomène comme il veut. . Moi, c'est ce qui, de loin, me semble le plus grave. . Les dérives dont nous avons actuellement, sur médiapart, une illustration d'une clarté plus aveuglante que jamais - et qui ne sont pas le propre de Médiapart, mais semblent être une constante de tous les forums non modérés - auraient tendance, selon moi, à donner à penser que le public n'est pas prêt pour cet extraordinaire cadeau que la technologie lui a fait. - (Idem pour le "journalisme participatif" qui fait apparaître Médiapart comme en avance sur son temps. ) . Le fait que les utilisateurs se servent mal d'internet me paraît être de nature à faciliter grandement la tâche des malins, déjà détenteurs du monopole de l'expression, qui rêvent d'annexer ce nouveau moyen à leur panoplie déjà surbondamment pourvue. . Et comme ces gens auxquels je pense - le club de la parole - savent à merveille berner leur auditoire (l'océan de l'écoute), ils leur présenteront leurs réformes comme une aide, alors qu'il s'agira d'une confiscation. . Et les oui-ouistes, tels que je les connais, chanteront, tous ensemble, tous ensemble : . " Oui ! Oui ! . Merci patron, merci patron ! " . jpylg
Les dérives existent, et existeront toujours, dans un système contrôlé ou pas. Ce qui me semble regrettable, c'est quand on prête trop d'importance aux manipulateurs ou aux "malins" comme vous dites. Et encore plus quand cela conduit certains à s'exiler, voire à se taire. Si je pense important d'expliciter la démarche des manipulateurs, ce n'est pas pour autant que je veuille la diaboliser. Comprendre, oui, craindre, non. Des livres récents sur les pervers narcissiques insistent sur cette nécessité de ne pas diaboliser les pervers, car leur pouvoir naît de la crainte qu'ils engendrent. De la même façon, les manipulateurs tirent leur pouvoir de la sidération de la pensée et de l'esprit critique qu'ils savent créer. C'est pourquoi, d'ailleurs, je trouve que ceux qui brandissent la formule "théorie du complot" dès que l'on essaie de réfléchir à des mécanismes fonctionnant sur une grande échelle, ne savent pas qu'ils sont dans un processus d'empêchement de la pensée. Tout peut être sujet à questionnement. Si le public tolère les phénomènes récurrents de l'invective et du trollisme sur les blogs et forums (et moins présents ici, quand même) c'est bien parce qu'il sait que la liberté est à ce prix. Peut-être bien qu'il espère aussi, comme moi, une sorte d'auto-apprentissage progressif de la population du net, aboutissant au respect d'une nétiquette. Nétiquette qui va de pair avec le sens de sa responsabilité quand on fait part de ce que l'on pense sur un forum public.
. Madame, . Etant donné le nombre appréciable de louanges que vous recevez (justifiées pour ceux qui vous les déeernent) vous serez assez tolérante pour admettre que je vous adresse une critique, si du moins, c'est à moi et à mon message de 20h13 que répond le votre de 20h33 . J'avais d'ailleurs, une fois dans le passé, si ma mémoire ne me joue pas des tours, eu l'occasion de vous dire que je me sens totalement allergique à votre façon d'exposer votre pensée. . Je ne doute pas qu'elle soit fort bien intentionnée, mais elle me semble toujours diluer le sujet dans des généralités, des abstrations, de la théorie et de la confusion. . Vos considérations sur la manipulation, la sidération, la responsabilité sont ce qu'elles sont. Mais elles m'endorment. Elles en aident d'autres à réfléchir. Tant mieux. Moi, elles m'ennuient. . Mon point de vue, -que je me permets de répéter au cas où vos commentaires l'aurait fait oublier - c'est que le pire danger que courent les forums d'internet ( et par voie de conséquence, internet dans son entier) ce sont ses utilisateurs. . jpylg
il faudrait peut-être que je parcours davantage ce que raconte l bourdin, mais pour ma part, je trouve cela assez intéressant, autant j'aime bien votre non-conformisme , mais parfois je vous trouve sincèrement un peu trop radical.
. " parfois je vous trouve sincèrement un peu trop radical. " . A qui parle cet oiseau ? . jpylg
je trouve que votre jugement concernant le texte de l bourdin manque d'une certaine objectivité, si vous rentrez dedans comme ça de tout vos interlocuteurs, plus personne ne peut s'exprimer, même si ce qu'il raconte manque de piment ou de pertinence, ce qui ne me semble pas le cas ici. - j'apprécie en général votre non-conformisme, j'apprécierais que vous soyez plus constructif avec les uns et les autres pour devenir vraiment excellent.
. " j'apprécierais que vous soyez plus constructif avec les uns et les autres pour devenir vraiment excellent. " . Vous êtes trop bon, cher monsieur ! De plus, vous êtes d'une rare lucidité. Effectivement, mon jugement manque d'objectivité... il ne veut exprimer que mon point de vue. . Comment vous en êtes-vous rendu compte ? . jpylg
ben parceque ce qu'ecrit l bourdin c'est pas trop mal selon moi et mon objectivité, c'est regrettable de tancer de cette façon, cela ne permet pas d'ouvrir le dialogue, alors que peut-être ses idées sont proches des votres
. " cela ne permet pas d'ouvrir le dialogue, alors que peut-être ses idées sont proches des votres " . Mais vous savez pas que je suis nombriliste ? que j'en ai rien à foutre, du dialogue ? que je suis toujours prêt à envoyer, sur n'importe qui, mes points ? . . . . . . . . jpylg
@jlamo Merci, jlamo : je suis plutôt d'accord avec vous. Les tentatives d'éclairage sur le conditionnement, la propagande et le formatage, d'où qu'elles viennent, me semblent intéressantes. C'est à partir de la confrontation de points de vue différents que l'on peut aller plus loin. Pour le reste, on ne peut pas dialoguer avec quelqu'un qui dit et prouve qu'il ne le souhaite pas, ce n'est pas grave.
@ Corinne : merci ! La dictature, fut-ce-t-elle celle de la pensée, entraîne tellement de souffrances, qu'elle finit toujours par s'effondrer, comme je l'avais dit dans un billet antérieur. Il y a toujours eu des abus de pouvoir, mais quand ils allaient trop loin, ou n'étaient pas équilibrés par des avantages en retour ou des libérations d'expression soulageant de l'emprise, ils aboutissaient à un renversement de pouvoir. Ce qui est pernicieux, dans l'abus de pouvoir dissimulé sous la "comm", c'est justement qu'il avance caché, comme me le disait récemment cette médiapartiste qui avait déjà vécu professionnellement des abus de pouvoir, sans en être personnellement touchée parce que ses capacités de résistance et d'opposition étaient mobilisés. Elle a flanché après des mois d'un micro-harcèlement soft tel qu'il est pratiqué actuellement dans le management moderne. Sa force l'a desservie, en l'occurrence, puisqu'elle n'a pas perçu les attaques sous la voix douce et les alléguées intentions d'aide et de soutien. Mais, outre que la souffrance est l'aiguille sur la boussole indiquant le danger, je fais confiance à l'intelligence ("faire le pari de l'intelligence sociale" comme l'indique ton blog) pour démêler le vrai du faux, lutter contre les clivages, comprendre que l'intimidation ne marche que si l'on se laisse intimider et si l'on reste désunis. "Diviser pour régner" mais "L'union fait la force". En ce sens, je suis bien persuadée que les liens que les hommes tissent entre eux sont les garants du progrès social. Surtout si ces liens ne sont pas obtenus par la cohésion d'un groupe contre un ennemi désigné ou un bouc émissaire. C'est pourquoi je pense très important, au moment où internet pallie à l'isolement social grandissant en permettant des relations en réseau immédiates et généralisées, de défendre cet outil (je rappelle que hadopi repasse devant les députés : http://www.numerama.com/magazine/13496-La-Quadrature-du-Net-lance-la-peche-aux-godillots-MAJ.html )
Puisque tu parles d'Hadopi, lu ceci sur l'article de Vincent Truffy (http://www.mediapart.fr/journal/france/200709/hadopi-le-vote-reporte-en-septembre): "[Edit. mardi 11 heures. Mardi 21 juillet, premier jour de l'examen, le président de l'assemblée nationale, Bernard Accoyer a annoncé que le vote solennel serait repoussé en septembre. La commission des affaires culturelles qui devait examiner les derniers amendements mardi matin a du remettre cette séance à l'après-midi, lorsque la présidente a constaté le nombre «insuffisant» de députés UMP présents. Les socialistes qui étaient là y ont vu la réprobation par la majorité de l'entêtement du président de la République sur ce texte.]"
Je comprends tes explications sur la fin inéluctable des dictatures, mais il me semble que de nombreux pays où elles s'exercent ne sont pas près d'en voir la chute, tellement les forces, militaires, qui s'y exercent pour les maintenir sont puissantes et les citoyens impuissants face à elles... Dans nos contrées à dictatures "douces", les forces utilisées sont d'un autre ordre, essentiellement fondées sur la propagande, la "comm", peut-être que les dégats occasionnés par la "crise", les disparitions de centaines milliers d'emplois, aideront-ils les gens à prendre conscience ? cette prise de conscience pourra-t-elle se faire sans violence ?
Corinne, A partir de quand parlez-vous de violence? Mort d'homme? Mais, quand le peuple en a marre, le premier mort venu ne fait-il pas l'affaire? Nous avons pas mal d'exemples où une mort assez banale par elle-même, a été utilisée comme goutte qui fait déborder le vase. La réflexion de L Bourdin est optimiste, si j'ai bien compris, à savoir que le peuple supporte, supporte et puis dit "Maintenant, ça suffit! Basta!" Je suis dans l'attente de ce moment, évidemment. Quand à la manipulation, il faut reconnaitre que le trio de l'Élysée, avec son millier de sherpas en col blancs dans les bureaux, est passé maître.
La violence à laquelle je pense, M Philips, c'est, par exemple, celle manifestée par des salariés qui installent des bouteilles de gaz dans la perspective de faire exploser leur entreprise si leurs doléances ne sont pas entendues... C'est vrai, je suis moins optimiste que Liliane, le titre de mon blog se termine par un point d'interrogation... Je forme naturellement le souhait d'une révolution "de velour" étant non-violente, mais pour qu'elle arrive, il sera nécessaire de "réveiller" ces populations anesthésiées, par une active contre-propagande, Internet me paraît un moyen de mener cette contre-propagande.
Hors sujet: n'y a-t-il pas, derrière cette histoire de bombonnes de gaz, non pas une réelle violence, mais la "récupération justifiée" par les salariés des mêmes mécanismes de manipulation que ceux employés par le pouvoir? Une forme de conflit-spectacle pour le 20H? Presqu'un jeu avec les représentants de l'Etat (si vous enlevez ces bombonnes-que vous et moi savons vides-je viendrai vous voir)?
Merci de vos commentaires : je rebondis sur cette question de contre-manipulation. Effectivement, la contre-manipulation est une bonne réponse à la manipulation. Outre que cela montre au manipulateur que l'on n'est pas dupe, cela annule la position supérieure de celui qui pose les règles du jeu, et rend à la manipulation initiale son rôle de jeu (raté) : il y a échec de l'emprise. L'essentiel de la manipulation, en général, a pour ressort de faire croire à l'autre qu'il n'a pas le choix. C'est en général faux : en effet notre liberté de choix est, sinon infinie, du moins réelle. La contre-manipulation montre à l'autre que l'on a d'autres façons de réagir que celles où il voulait nous confiner : sous la comm, on voit que le roi est nu, c'est-à-dire que le pouvoir n'est pas d'un seul côté.
Bonjour tardif,
décidément, avec vous je suis toujours en retard !
Etxtrêmement intéressant, et toujours actuel, pour des siècles, votre billet !
Une question, si vous avez le temps :
Contre-manipulation : je ne comprends pas bien de quoi il s'agit. Il me semble que pour lutter contre la manipulation ou la propagande il faut se mettre "au-dessus", être "indiscutable" ? Non ?
je ne crois pas que ce soit en employant les mêmes moyens qu'on peut lutter. mais je n'ai ptêt rien compris.
Merci
PM