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Ca m'fout l'bourdon, ça m'fout l'tournis
Ça m’fout l’bourdon, ça m’fout l’ tournis
Je n’sais pas vous, mais moi oui
En France, on est huit millions sous le seuil
Sous le seuil de la pauvreté
Sur toute la terre, on est des milliards sous le seuil
Sous le seuil de l’égalité
Vous marchands d’bidoche vous nous faites crever
On a l’air malin avec nos mots élimés partage amour fraternité
Les pauvres restent terrés sous le seuil
Sous le seuil de la pauvreté
Ça m’fout l’bourdon, ça m’fout l’ tournis
Je n’sais pas vous, mais moi oui
C’est une question d’espace
Dans tous les espaces et par tous les temps
Les pauvres sont en bas ils sont mis à bas
Les pauvres sont sous le seuil
Les pauvres ne se relèveront pas
Les spasmes des pauvres sont souterrains
L’espace des spasmes on ne le voit pas
Quand ça gémit on n’entend rien
Ça m’fout l’bourdon, ça m’fout l’ tournis
Je n’sais pas vous, mais moi oui
Poussières d’étoiles on vient de loin
On tourne dans l’ciel voyage sans fin
Toujours parti arrivé à rien
Le rien c’est beau c’est reposant
Faudrait pas qu’ça devienne lénifiant
Paraît qu’tes atomes c’est comme les miens
C’est fou ça parait qu’on est cousins
Viens cousin si t’as faim j’ai pour toi du pain
Ça m’fout l’bourdon, ça m’fout l’ tournis
Je n’sais pas vous, mais moi oui
Moi j’ai pas d’seuil, même pas d'cercueil
Poussière d’étoile je dérive sans fin
Je t’attends , amène-toi cousin
Sur mon seuil je t’accueille on n’est plus seuls
Dépêche-toi j’ai fait cuire du pain
Pousse la porte y a même un lit
Pose dessus tes jambes flapies
Sois pas aigri laisse mourir tes cris
Ça m’fout l’bourdon, ça m’fout l’ tournis
Je n’sais pas vous, mais moi oui
Oui je sais faut qu’on réapprenne
Cet ancien mot « dignité »
Ne crois pas cousin qu’on va toujours ramper
Quand on s’ra rassasié on r’prendra le chemin
Vers les autres cousins atomes à mélanger
Sur d’autres seuils y aura encore du pain
On s’en fout du seuil de pauvreté
Nous on a le rêve et la clarté
J’ai plus l’bourdon, j’ai plus l’tournis
Je n’sais pas vous mais moi oui


Tous les commentaires
Mon cama"raide" !
"Nous on a le rêve et la clarté"...
Une bonne partie des Français s'appauvrit toujours plus. C'est bien triste. Tout dépend encore quelle débrouille on arrive à trouver une fois en-dessous du seuil de pauvreté que vous déplorez.
On peut subsister quand même pour l'instant (et légalement, bien que ce soit du sport) ou se laisser aller volontairement à la dérive dans la bibine et tout le reste.
D'accord pour la poésie, la volonté de rapprochement de la nature, mais nuance entre les clochards malgré eux et les volontaires qui, quoi qu'on ait comme système économique, choisissent de vivre ainsi, dans le froid, l'alcool, le danger, il leur faut un certain courage ou de la lâcheté, cela resterait à débattre !
La chanson de Caussimon est peut-être, pour moi, le plus bel hymne à la fraternité jamais écrit.
On peut restreindre ou anéantir la liberté. On peut bafouer l'égalité. On ne peut rien contre la fraternité, ce truc qui tient chaud quand on n'a plus rien d'autre.
C'est uniquement pour cette raison que le l'ai mis en lien, Luciole. Et puis, bien sûr, parce que le billet le vaut bel et bien.
Très beau, très beau, mais un peu pessimiste quand même, les pauvres sont les gens qui sont les plus heureux dans le monde, et les plus généreux, les plus beaux, lire et relire absolument "Mandiants et orgueilleux" de Albert Cossery, hymne à la fraternité dont parle Jonas. Mais dans notre monde de consommateurs on a du mal à assumer la pauvreté, alors effectivement c'est "courage ou lâcheté"... peut-être qu'il n'y a qu'entre pauvres qu'une humanité existe? Ici en Syrie actuellement cette fraternité se fait jour au jour le jour, avec une force admirable. Les pauvres sont beaux. Les riches sont chiches.