Mercredi 10 février : Brive en état de siège ?
À 6h du matin, 118 membres des forces de l’ordre ont cerné et investi le quartier de Bouquet
Communiqué de la section de Brive de la Ligue des droits de l'Homme
Dans le froid (température inférieure à zéro) nourrissons, enfants, femmes et hommes, surpris dans leur sommeil, ont été brutalement expulsés de leurs caravanes et contraints d’attendre dehors plus de deux heures durant.
La LDH s’indigne d’une opération quasi militaire dont ont été victimes les gens du voyage du camp de Bouquet.
La LDH dénonce
- La disproportion inacceptable entre forces de police déployées et motifs invoqués de cette perquisition
- Le caractère inhumain dans lequel a été menée cette intervention, et les conditions sordides et insalubres des garde à vue
- La stigmatisation volontaire de toute une population
Localement, cette politique du chiffre et de la peur vient perturber les efforts menés par la municipalité pour trouver, dans la concertation, des solutions humaines à l’accueil des gens du voyage.
Le tout sécuritaire du gouvernement impose aux forces de l’ordre une véritable religion du chiffre qui conduit entre autres au harcèlement de certains de nos concitoyens, ce qui est intolérable et contraire au respect des Droits de l’Homme.
Opération de police au camp de Bouquet, à Brive le 10 février dernier : ce que les médias locaux ne vous ont pas dit
Info LDH Brive
Une vaste opération coordonnée police-gendarmerie a eu lieu le mercredi 10 février dernier au camp de la communauté des gens du voyage de Bouquet, à Brive.
Les policiers étaient à la recherche d’éléments consécutifs à une course-poursuite infructueuse la semaine précédente.
Au total, la descente de police a mobilisé 118 policiers et gendarmes (sous l'autorité du Parquet, 39 CRS, 27 gendarmes et une cinquantaine de policiers), donnant lieu à cinq interpellations de gens du voyage et à la saisie de trois fusils de chasse et d’une carabine à plomb.
Un bien maigre butin au regard des moyens déployés. Quant aux suites judiciaires de l’affaire, il en ressort que deux jeunes adultes du camp ont été condamnés :
- l’un à 600€ d’amende pour détention d’un fusil supposé provenir d’un cambriolage commis dans l’Hérault en 2002.
- le second à une peine d’un an de prison avec sursis avec mise à l’épreuve pour dégradation sur un véhicule de police, il a été relaxé des poursuites pour rébellion.
Les questions qui se posent :
Pourquoi une telle disproportion ?
Suite à un tel déploiement des forces de l’ordre (CRS en tenue de combat, armés jusqu’aux dents, etc.) on ne peut qu'imaginer le traumatisme et son impact engendré sur les enfants du camp, qui vivent déjà dans un état de pauvreté et de précarité injustifiable. Quel soutien psychologique ont-ils reçu ?
Dans quel état, cette « opération », et la couverture médiatique qui en a été faite, laissera-t-elle l’opinion face aux communautés « nomades » de la région ?
« Le débarquement de 118 policiers à 6h00 du matin, heure légale, c’est d’abord un brouhaha soudain qui déchire la nuit. Le temps de l’encerclement, les moteurs des véhicules de polices vrombissent, il y a des cris, des lumières jaillissantes et éblouissantes, on ne comprend pas ce qui se passe. Puis viennent les coups violents contre les portes des caravanes, les adultes sont hébétés, les enfants hurlent de terreur, le froid envahit les corps, la peur déchire les esprits… On est jeté dehors, pas le temps de s’habiller, pas le temps de comprendre, les femmes et les enfants aussi, malgré le froid. »
La Ligue des droits de l’Homme s’interroge sur les réelles motivations de cette opération qui, finalement, et au regard des peines prononcées paraît aujourd’hui difficile à justifier.
La Ligue des droits de l’Homme s’élève contre les méthodes employées pour des faits qui n’auraient mérité, au demeurant, qu’une simple convocation.
La Ligue des droits de l’Homme dénonce toute stigmatisation à l’encontre des populations minoritaires.


