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Le Brésil tourne le dos à la crise économique

A l'époque, la phrase de Lula a fait les délices de la presse brésilienne, toujours prompte à souligner les « perles » du président brésilien. Plus encore à l'approche de l'élection pour sa succession, puisque les trois principaux journaux du pays font ouvertement campagne pour le candidat de l'opposition, le gouverneur de Sao Paulo José Serra.

 

C'était au début de la crise mondiale, quand les faillites de banques semblaient ne pas avoir de fin. Lula s'est voulu rassurant, en affirmant que ce « tsunami » qui mettait à genoux les économies européenne et américaines n'arriverait au Brésil que comme une « marolinha », une vaguelette. La chute de Lehman Brothers, la contraction du crédit conséquente et l'esprit de panurge des marchés financiers a pourtant semblé le contredire : le quatrième trimestre 2008 a mis un sérieux coup d'arrêt à une croissance qui flirtait avec les 6%. En trois mois, l'activité a chuté de près de 4%, et provoqué une brutale hausse du chômage. Cette « marolinha », on l'a vu apparaitre dans tous les éditoriaux, comme symbole de l'incompétence présidentielle.

 

Un an plus tard, Lula affiche un immense sourire à voir que la réalité lui a donné raison. Aidé par la reprise chinoise, plus rapide que prévue, mais surtout par un solide marché intérieur, des mesures contra-cycliques et une politique sociale renforcée, le Brésil tourne le dos à la crise, à une rapidité que même l'optimisme proverbial du président n'osait espérer.  

 

Au cours du seul mois d'août, quelques 250.000 nouveaux emplois formels ont été créés. C'est le meilleur résultat en 17 ans de statistiques, selon le ministère du travail. Mieux, entre janvier et août, en pleine récession mondiale, le Brésil a créé 680.000 emplois fixes. Avec la reprise d'une croissance ferme (+ 1,9% au troisième trimestre), le gouvernement compte sur la création de 1,5 millions d'emplois cette année, effaçant la fin de 2008. Tous les secteurs sont à la fête, de l'industrie aux services. Dans le commerce et la construction civile, on atteint des chiffres record, signe de la solidité de la demande intérieure. La bourse a gommé toutes ses pertes et caracole en tête des plus rentables du monde.

 

Le Brésil compte désormais sur une croissance de 5% pour 2010, et les banques et instituts privés, qui voyaient l'avenir en noir, convoquent des conférences de presse pour « corriger à la hausse leurs expectatives », comme on dit dans le jargon du métier. Du pain béni pour Dilma Roussef, la candidate préférée de Lula à sa succession en 2010. Au contraire de Fernando Henrique Cardoso, qui avait laissé l'économie brésilienne à genoux, contraint de demander une aide d'urgence au FMI de 30 milliards de dollars, Lula quittera le pouvoir la tête haute.

 

Tous les commentaires

Puisse l'exemple du Brésil inspirer nos zélites.

Il est à craindre toutefois, qu'à la botte de la finance ultra libérale, elles restent sourdes et aveugles à toutes réformes qui pourraient déplaire à leurs bailleurs de fonds de campagne.

Quelque soit la sympathie que m'inspire Lula et quelque soit le ressentiment et la haine que je ressens contre ses opposants pour avoir vécu dans ma chair leur oppression, je ne crois pas que la crise que nous vivons soit une vaguelette. Ni en Europe, ni en Asie ni au Brésil. Car ce n'est pas une crise bancaire. Ou, du moins, ce n est pas qu'une crise bancaire et l'occasion rêvée pour les entreprises de se conformer au plus près du modèle chinois ( salaires a la baisse, couverture sociale a la baisse, grèves à la baisse, rentabilité du travail à la hausse avec toutes les contraintes que nous connaissons). C'est une crise sociale..peut-être moins ressentie au Brésil où la classe moyenne n ' a pas encore atteint son point de recesssion et où les classes populaires se contentent encore de peu...mais pour combien de temps? C'est une crise écologique et énergétique. Et el Brésil a sur ce plan beaucoup de soucis à se faire. Le choix de l'agroenergie est un choix dangereux. Le choix d'une reforme agraire a minima aussi...et je redoute pour Lula des lendemains qui déchantent.

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