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Feraoun à l'Odéon ou la France algérienne!
Le miracle du verbe agissant porté par des acteurs créatifs a produit l'événement!
"La soirée de l'Odéon a été un rêve. A tous les niveaux: records d'affluence battus avec 755 billets édités; la salle était pleine 10 jours avant avec 100 personnes en liste d'attente.
Tonnerre d'applaudissements.
Depuis 2 jours, je reçois des témoiganges de gens bouleversés, retournés,émus....A u 5éme rappel, quelqu'un a remercié l'Odéon en disant que par les temps qui courent, il était très important que ce texte ait été entendu dans un théâtre national.et quel Théâtre National!Le plus grand de tous!Celui qui a fait découvrir Genet, Beckett et tant d'autres.
Celui qui est le diapason de la Grande Institution Culturelle française.
Oui. La France a accueilli Feraoun. Il est très important que les algériens le sachent.
Non. Nous ne sommes pas réduits à écouter les propos de Guéant. Bien qu'ils existent.
Mais existe, la Grande Institution étatique totalement libre de programmer ce qu'elle veut.
Le succès est énorme. il y avait Arezki, un journaliste du Soir d'Algérie qui a adoré.
Lundi dernier ce n'était pas l'Algérie française, mais la France algérienne."


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Relire Feraoun, un bon antidote à la bêtise de nos gouvernants. Tout le monde s'amuse aujourd'hui du "Chui candidat" de NS et lui corrige ses fautes de français. L'instituteur de France était une institution, un drôle de personnage de l'Algérie au temps de la colonisation.
Au délà de son immense talent d'écrivain, l'histoire de Feraoun est encore et toujours liée à cette machine de guerre qu'était l'octroi au compte goutte et arbitraire des droits de citoyens français.
L’adoption de l’ordonnance du 7 mars 1944 modifie radicalement cette configuration juridique : d’après ce
texte, les Français musulmans d’Algérie jouissent désormais des mêmes droits que les autres citoyens et tous les emplois civils et militaires leur sont accessibles. Cependant, le principe d’égalité d’accès se heurte à de nombreuses résistances et ne se traduit que très lentement dans la pratique, en particulier pour les postes plus élevés dans la hiérarchie de l’État. De ce point de vue, le traitement qui est réservé à ces «nouveaux» citoyens est comparable, par certains aspects, à celui des femmes: la tradition d’exclusion des femmes de la fonction publique n’a été levée que très progressivement par la Troisième République, qui a, par nécessité, eu recours à cette main- d’œuvre compétente et bon marché, tout en l’assignant à des carrières administratives subalternes. Pour ces deux catégories de citoyens, toute discrimination a été proscrite des textes juridiques après 1945 mais dans la pratique, l’inégalité d’accès a perduré beaucoup plus longtemps.
http://ceraps.univ-lille2.fr/fileadmin/user_upload/enseignants/Spire/Textes/Article_geneses.pdf
1945 a été une date charnière et finalement l'année où la Guerre suivante, celle qui ne dirait pas son Nom, a commencé à devenir inévitable.
Juste avant la naissance de ceux qui entrent aujourd'hui dans la vieillesse.
Feraoun est comme bien des instituteurs dans l'Algérie avant l'indépendance, le fils de cette loi qui ouvrait un avenir possible.
Il montre ce qui aurait pu être, si au tournant de l'après guerre, la France coloniale avait appliqué les principes qu'elle édictait elle-même, aux populations qu'elle avait sous sa domination.
Naiveté ? Bien sûr, comment la France coloniale aurait-elle renoncé à son pouvoir colonial, et surtout à distribuer ses faveurs en dosant l'attribution de la citoyenneté française à sa guise, comment aurait-elle renoncé à diviser pour régner ?
Avignon festival 2011 : extrait du Journal de Mouloud Feraoun
Le contraire de l'amour
http://www.theatre-video.net/video/QuickForm-Error-nonexistent-html-element-3094
Bonjour!
Je ne suis pas étonné par votre constance à déconstruire... En effet, la France coloniale trouvait en France métropolitaine toutes les arguties ncessaires pour nier la diffèrence des algériens. Ils avaient alors compté le nombre possible de naturalisations:50 000; le même nombre tabli par les autorits françaises pour accueillir les algériens menacés durant la décennie 1990. le pays des droits de l'homme compte ses aides..., mais pas ses prélévements et faire suer le burnous...
Cher Larbi, merci de votre réponse, en fait ce sont mes propres illusions et aveuglements que je déconstruis.
Me diriez- vous d'où vient ce chiffre de 50 000 que vous donnez ?
Relire Camus ne montre qu'une chose c'est que les fractures voulues par le régime colonial n'obéissaient pas à une simple division entre riches et pauvres, mais se calquaient bien sur l'appartenance religieuse dans laquelle on introduisait des exceptions.
Leon Blum avait autorise la participation de 24000 algeriens non naturalises aux elections: seuls les oulmas et Ferhat Abbas( de Setif ont soutenu c ette demarche...
Le PPA de Messali a critique les naturalisations: les jeunes chantaient:
Nous les jeunes dAlgerie
Notre pays nous voulons reprendre
Netrouzi( naturalisation) , nous refusons
Plutôt la mort que l indignite
A la fin de la colonisation, seulement 7000 naturalisations enregistrees.
Le site LDH de Toulon est une precieuse source d information.
PS:pardon pour les accents!
Comment garder pour soi, ces pépites, trouvées sur le site de LDH Toulon ?
"Jamais ailleurs qu'en Algérie la distance n'a été aussi grande entre les mots du discours républicain et sa pratique." Patrick Weil
"L'habileté du colonisateur consiste à montrer et à dire ce qu'il fait et à taire ou à cacher ce qu'il défait." Jean Sprecher in "A contre courant".
Des citations qui sonnent comme des vérités universelles!
Ajout:
1"Nous sommes tous conscients qu'une République qui s'oublie au point de commettre des attentats à la vérité
en honorant ceux qui ont recours à la barbaie pour tenter de renverser l'ordre démocratique" fait du négationnisme. Delphine Renard ( Le Monde du 7 février 2012)
Un ancien appelé: " Je crois sincèrement qu'il n'y a pas de dialogue possible avec des gens quin'ont rien appris ni rien oublié."
Pour éviter les approximations, l'étude de Patrick Weil, intitulée Le statut des musulmans en Algérie coloniale, Une nationalité française dénaturée est disponible sur Internet en pdf.
Merci pour l'info.La citation de Patrick Weil est prise d'un article non signé sur "le code de l'indigénat dans l'Algérie coloniale". La note de renvoi précise que c'est ce qu'a déclaré Patrick Weil lors d'un entretien avec le nouvel observateur le 30 mai 2002.
Tant que les approximations ne sont pas manipulation...Pour éviter tout dérapage sur des sujets aussi sensibles, il vaut mieux se les interdire.
Merci, je viens d'imprimer le texte qui est assez court finalement pour un si vaste sujet.
J'avais vu un spectacle témoignage sur le génocide rwandais et les témoins avaient pour thèse que c'était l'état colonial qui avait attisé "artificiellement" les hostilités entre les huttus et les tutsis. Ils faisaient d'abord le récit des massacres, puis racontaient l'histoire du Rwanda. A l'époque, n'ayant jamais vécu au Rwanda, j'avais évidemment du mal à comprendre ces propos. Je crois que je commence à comprendre quels types de mécanismes peuvent être mis en oeuvre en partant de ce qui a eu lieu en Algérie et qui m'est plus familier. En tous les cas, je vais creuser. Merci de votre aide.
Voilà comment commence l'article Wikipédia sur le Rwanda :
Au début du xxe siècle, les colonisateurs allemands, dans le sillage des préoccupations ethnologiques de l'époque, croient percevoir une supériorité génétique des Tutsis sur des bases raciales et morphologiques. Selon eux, les Tutsis se distingueraient par leur intelligence et la finesse de leurs traits, contrairement aux Hutus qu'ils considèrent comme inférieurs. Ils en déduisent que ces « nègres blancs » auraient une ascendance plus proche des Européens et viendraient d'ailleurs.
Les Belges, qui héritèrent de cette colonie après leur victoire sur des troupes de l'Est africain allemand durant la Première Guerre mondiale, assumèrent la situation qu'ils trouvèrent en s'installant et s'en remirent aux Tutsis pour assumer l'autorité sous la tutelle de l'administration coloniale, même dans le nord-ouest du Rwanda où régnait une monarchie dominée par des agriculteurs hutus, plus ou moins soumise à la dynastie royale d'éleveurs Tutsis du reste du Rwanda. Ce choix fut encouragé par la Société des Nations qui, ayant confié la tutelle du Ruanda-Urundi à la Belgique, considérait la situation héritée de la colonisation allemande comme correspondant à un état social multi-séculaire, ce qu'elle n'était pas.
Un vaste projet de développement agricole et d'élevage lancé par le ministère algérien de l'agriculture pour accroître la surface agricole utile en zone semi-désertique et désertique est en cours de mise en ouevre.
L'un des problèmes est de tenir compte des terres de parcours des ovins et caprins, des camelins: les éleveurs comme dans tous les âys du monde n'entendant pas étre limités dans leur recherche de terrains de paccage...
Le dessin animé de Tex Avery illustre parfaitement le conflit inévirable entre agriculteurs et éleveurs.
@LARBI OUCHERIF.
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L'agriculteur Caïn tua le pasteur Abel ...
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Peut- être, La haine est- elle plus forte et finalement, plus douloureuse si c'est le frère qui trahit que si c'est l'ennemi déclaré qui opprime.
Merci pour ce billet. J'avoue que je n'avais pas lu Feraoun, et je vais bien vite combler cette lacune...