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Hadopi, assez ! Revenons sur terre (lettre ouverte aux artistes)

Non, non, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas encore une fois parler de ce délire mort-né et perdre du temps à analyser son retoquage au Conseil Constitutionnel. Je voudrais plutôt revenir sur ce qui semble être un fait acquis (que ce soit pour les tenants ou les opposants à cette loi) : la rémunération des artistes face au piratage.

 

Il y a quand même une sacrée hypocrisie qui sous-tend tout ce débat: d'où que vienne l'opinion, il s'agirait dans tous les cas de sauvegarder le revenu des artistes floués par le téléchargement illégal. License globale contre coupure d'Internet, taxes sur les opérateurs contre mécénat, dans tous les cas on cherche à faire payer (dans un sens du terme ou l'autre,peu importe) les "pirates".

 

Mais pourquoi ?

 

Un fait: aucune étude indépendante (des majors ou des distributeurs) n'a jamais pu établir de lien entre piratage et baisse des ventes. Dans le pire des cas ce phénomène ne change rien, dans le meilleur on s'aperçoit qu'en réalité les plus grands pirates sont aussi les plus grands acheteurs.

 

A aucun moment les artistes n'ont perdu le moindre centime à cause du P2P.

 

C'est même plutôt l'inverse.

 

Il faudrait quand même une bonne fois pour toutes le dire et le redire !

 

L'économie numérique a ses lois, infrangibles et sur lesquelles toutes les législations nationales ne pourront que se casser les dents.

 

La principale d'entre elles, c'est la disparition des intermédiaires. Du producteur au consommateur, c'est la règle d'Internet. Et créer des taxes sur les échanges de données ne servirait à rien d'autre qu'à faire survivre artificiellement des organismes en mort clinique: j'ai nommé les majors et les distributeurs.

 

Oh, on peut faire un peu de prospective si on veut: j'imagine très bien qu'une économie de la sélection se mette un jour en place, comme pour les radios, et que des sites spécialisés sur un type de musique ou un autre se développent un jour, à l'instar des radios musicales, pour faire un tri dans une offre devenue foisonnante parce que ne souffrant plus de la sélection des maisons de disques. Financés par la publicité ou l'abonnement, faisant payer la valeur ajoutée de la sélection humaine, ils permettront pourquoi pas de rémunérer les artistes ainsi choisis.

 

Au moins, un tel modèle respecterait ce qui ne peut plus être changé: la dématérialisation des contenus implique la disparition des fabricants et des vendeurs de contenants. Un fait simple. Irréfutable, même si l'argent qu'ils ont amassé durant des années leur permet temporairement de faire pression sur les politiques pour retarder (un peu) leur inéluctable disparition.

 

Mais ce n'est pas vraiment mon propos.

 

Imaginons un auteur de musique, et choisissons le cas le plus extrême possible: disons qu'il faut à cet artiste théorique dix ans de travail incessant pour créer un album et que, compte tenu du fait qu'il ne travaille pas seul, ce travail coûte 15000 euros par mois.

 

Il faudrait donc que, d'une manière ou d'une autre, la société le rémunère à hauteur d'environ 2 millions d'euros pour le travail que cet album a représenté.

 

Ca semble normal, et puisque nul ne nie la place importante de l'artiste dans la société, il faut bien qu'il puisse vivre de son travail.

 

Mais voilà: comme je le signalais dans un autre billet, 2 millions d'euros c'est à peu près ce que touche un Johnny Hallyday chaque année.

 

Dans une société qui cherche à réduire l'écart entre les plus riches et les plus pauvres, où l'on commence à chasser les parachutes dorés, je trouve ces montants indécents. Suis-je le seul ?

 

Mais si seulement ça s'arrêtait là.

 

Un jour ou l'autre, l'idole des jeunes disparaîtra. Mais l'obole qui lui était versée de son vivant chaque année continuera à être versés à ses ayant-droits. Pendant 70 ans.

 

Pourquoi ? Quelle est la justification d'un tel modèle économique ? En quoi le travail du maçon qui construit une maison est-il si différent qu'il n'aie pas droit, lui aussi, à des royalties pour toute utilisation future de son oeuvre jusqu'à 70 ans après sa mort ?

 

Je dis, j'affirme, que - s'il n'est pas question de remettre en cause la notion de droit patrimonial d'une oeuvre - il serait grand temps par contre de revenir un tant soit peu sur les méthodes utilisées aujourd'hui pour rémunérer le travail d'un artiste.

 

Qu'il dispose de son oeuvre à son gré: fort bien. Qu'il en maîtrise la diffusion: excellent. Qu'il touche du fric sur chaque utilisation de son oeuvre une fois celle-ci (plus que) largement rémunérée: pourquoi ?

 

Aujourd'hui, voici comment les choses se passent pour la très grande majorité des artistes: la SACEM touche l'argent des concerts, celui des ventes d'albums, celui des passages télévisés et radiodiffusés, celui des chorales (eh oui). Plus une taxe sur tous les supports physiques vierges (CD, DVD, cassettes, VHS...) existants. Et j'en oublie certainement. Pourquoi pas une taxe quand on chante sous sa douche.

 

La "license globale" viendrait en sus, donc, pour équilibrer un manque à gagner (qui n'existe pourtant pas) dû au peer to peer.

 

Ensuite, en fonction du nombre de diffusions, l'argent est réparti entre les membres (moins une petite centaine de millions d'euros par an pour ses frais de fonctionnement, quand même, il faut bien vivre).

 

Ce qui fait que plus un artiste est connu, plus il est diffusé, plus il gagne. Une sorte de prime à la popularité (ce qui explique entre autre la fabrication de célébrités des Star'ac et autres). Ca semble logique.

 

Logique ? A voir. Et c'est là le fond du problème à mon sens: ce système peut sembler juste, mais force est de constater qu'il ne l'est pas.

 

Quelques artistes gagnent (ainsi que leurs enfants, et petits-enfants) des millions d'euros par an alors que d'autres sans doute tout aussi talentueux et utiles à la société mais n'ayant pas eu la chance d'être connus végètent avec bien moins qu'un SMIC.

 

Ces gens font le même métier. Le même travail.

 

On peut comprendre qu'un maçon mieux connu qu'un autre ait plus de chantiers et (donc) gagne plus que son concurrent, mais en contrepartie il fournit plus de travail. Quel travail un artiste fournit-il lorsqu'une copie de sa musique est échangée sur Internet ? Aucun.

 

On peut aussi supposer - il faut bien se baser sur quelque chose - que la popularité d'un artiste joue sur sa rémunération.

 

Mais avec de telles disparités ? Nulle part ailleurs que dans le milieu artistique de telles différences de ce qu'il faut bien appeler un salaire ne serait accepté. Ni acceptable.

 

Alors, par pitié, un peu de retenue mesdames et messieurs les artistes (connus, ça va sans dire) qui se sont déclarés favorables à HADOPI. Vous êtes des privilégiés parmi les privilégiés, des nantis parmi les nantis, vous continuez à gagner de l'argent sur un travail déjà largement rémunéré depuis des années, vos enfants continueront de gagner de l'argent sans rien faire, et vous osez venir pleurer dans les chaumières sur votre pseudo manque à gagner ?

 

C'est indigne.

 

J'attends, moi, de vous voir vous battre non pas contre ceux qui vous aiment et vous écoutent mais contre ceux qui vous plument sans autre raison que de voir perdurer des professions destinées par nature à disparaître. J'attends, moi, de vous voir vous battre pour une plus juste répartition des sommes perçues par les sociétés d'auteurs. J'attends d'ailleurs que vous vous révoltiez contre le mode de vie somptuaire de ces sociétés d'auteurs.

 

Et j'espère qu'un jour vous aurez assez d'honnêteté et de conscience pour limiter la durée de votre droit d'auteur à quelque chose de socialement acceptable, fut-ce au prix pour vos enfants d'être - les pauvres - obligés de travailler pour vivre. Par exemple en fixant un montant limite à partir duquel vous vous considèrerez comme ayant été assez payé pour une oeuvre afin qu'elle passe dans le domaine public. Ce ne serait que justice.

 

Il est grand temps qu'une véritable réflexion s'engage sur ces sujets là et qu'on cesse de considérer le modèle actuel comme intouchable et indiscutable.

 

Et, par pitié, cessez de vous plaindre et tâchez d'écouter un peu, par exemple, ceux qui n'ont pas la chance d'être aussi connus que vous et qui - eux- défendent le peer to peer et Internet comme moyen de se faire connaître plutôt que comme un danger.

 

Tous les commentaires

Il y a beaucoup de choses dans votre billet avec lesquelles je suis d'accord (sur les sociétés de répartition - qui sont très responsables de la rédaction d'Hadopi-ratage et du bourrage de crâne dont certains artistes ont été victimes, la durée de la rémunération des ayants-droits...) J'ai frémi quand vous vous êtes démarré sur l'idole des jeunes... et je me suis sentie mieux quand vous avez évoqué tous les innombrables autres créateurs qui vivent avec à peine le SMIC. Quelques remarques cependant. Il n'y a pas que de la musique sur Internet. Il y a des oeuvres audiovisuelles, des photographies, des oeuvres graphiques... Par ailleurs, il est très difficile de remettre en cause une partie du système du droit d'auteur tel qu'il est défendu par les sociétés de répartition - on est immédiatement taxé de "suppôt du copyright"! C'est une simple remarque d'expérience, pas un argument visant à rester dans l'impuissance ou le statu quo. Ce qui est grave, c'est l'idée convenue selon laquelle "c'est sur le Web donc c'est gratuit" - idée entretenue par les marchands - l'argent que vous ne dépensez pas pour la culture, l'information, le divertissement, vous le dépenserez dans les boutiques dont la publicité permet à certains sites de (sur)vivre. Si on ne sort pas de l'illusion de la gratuité marchande telle qu'elle a été parfaitement définie par Edwy Plenel dans le Manifeste de Mediapart, on aura du mal à créer pour le Web et à en vivre. Et croyez-moi, je sais de quoi je parle :-)

NB. parmi les artistes, ce sont rarement les plus connus (les mieux rémunérés) qui sont les plus sensibles aux problèmes que vous soulevez. Lapalissade.

J'avoue: j'espérais bien qu'on m'interroge sur les autres oeuvres que la musique pour que je puisse développer sans surcharger mon billet :)   Chaque type d'oeuvre est spécifique, et bien sûr mon billet ne traite que de musique. Et ce qui me semble valable pour la musique ne l'est pas forcément pour la BD (particulièrement fragile face à Internet je pense), ni pour le cinéma (qui est il me semble plus une industrie qu'un art), ni pour les jeux vidéo, et encore moins pour les photos.   Cependant la question de la durée de rémunération des ayant-droit reste la même dans tous les cas, et c'est j'espère le point le plus important de mon billet: quand est-ce qu'une oeuvre doit passer dans le domaine public, sinon quand son auteur a été suffisemment payé pour elle. Et pourquoi (pour aller un peu plus loin que le billet) ne pas poursuivre quelque temps sa commercialisation avant de la passer dans le domaine public pour - à partir de ce moment - redistribuer la totalité des sommes perçues aux artistes n'ayant pas eu la chance, eux, d'être assez payés pour leur travail ?   Ensuite: est-ce qu'Internet est un danger pour le cinéma ? Qu'il me suffise de pointer du doigt les récents succès du cinéma français pour démontrer le contraire: s'il est plus ou moins équivalent d'acheter un CD et d'écouter de la musique téléchargée, c'est très loin d'être le cas quand il s'agit de comparer une salle de cinoche et un ersatz dégradé "projeté" dans un coin de l'écran d'un PC. Quant aux séries - autre grand succès du téléchargement - je fais personnellement le pari que si une chaine française diffusait en VOST (et dans l'ordre, pour changer) les épisodes diffusés une semaine plus tôt aux US, avec coupures de publicité pour financer la chose - on verrait le nombre de téléchargement colossalement diminuer. Il existe par ailleurs déjà un système de sponsoring permettant de diffuser certaines séries (on vient de me signaler l'exemple de l'anime japonais Full Metal Alchemist Brotherhoods en VOST gratuitement en streaming, sur un site vivant de la publicité et de la vente de goodies). Les modèles sont variables, et variés, mais respectent l'esprit d'Internet.   Et certains restent, certainement, à développer. Ca viendra. Ce qui est sûr par contre, c'est que tenter d'élever des digues pour empêcher la mer de monter restera une utopie totalitaire. Quant à se faire taxer de défenseur du copyright... Qu'est donc que le système français de répartition sinon, à la base, un système fondé sur les "droits à la copie" (plus je suis "copié" plus je touche) ? :)   Je ne reviens d'ailleurs pas sur ce principe de répartition: je souhaite simplement qu'il soit plus juste, à la fois pour la société et pour les auteurs moins connus, et je propose quelques pistes allant dans ce sens.   J'en viens à votre opinion sur le gratuit.   Internet est - par nature - déflationniste. Le payant professionnel y cotoie le gratuit (souvent d'une exceptionnelle qualité) produit par des particuliers créant des sites sur leurs passions et ne souhaitant pas forcément être rémunérés pour ce travail. D'où une baisse contrainte du prix des choses, allant - parfois - jusqu'à la gratuité. C'est un fait, que les économies d'échelle et de prix de revient (dont parle par ailleurs Edwy Plénel dans son très récent chat sur lexpress.fr) renforcent encore.   Ce qui - selon moi - implique que tout site se voulant rentable se doit a minima d'apporter une valeur ajoutée équivalente au prix demandé. C'est le cas, je l'espère et le crois, de Mediapart.Quant à créer pour le Web et en vivre, j'ai, moi aussi, quelque expérience, ne vous déplaise :)   Enfin et pour répondre sur votre dernier point: je me refuse à croire que des artistes tels que Pierre Arditi ou Maxime Leforestier soient si aisément manipulables. Ces gens ont une conscience politique et un esprit critique: à eux de l'exercer s'ils ne veulent pas passer pour des opportunistes avides d'augmenter leurs revenus déjà confortables. Pour ma part, je leur refuse l'excuse du "bourrage de crane".   Cordialement.

Lorsque je parlais d'oeuvres audiovisuelles, je pensais plus à la télévision qu'au cinéma (Art - Artisanat - Industrie). Sur la durée de la rémunération, je suis d'accord avec vous : pourquoi les enfants d'un auteur/artiste devraient-ils vivre avec un (éventuellement - mais proportionnellement, c'est rare) confortable héritage, à la création duquel ils n'ont nullement participé? C'est vrai, c'est injuste. Mais il me semble normal que le conjoint de l'artiste, profite d'une "retraite" après le décès d'icelui. On pourrait réfléchir à un plafond, et à une redistribution du plus-perçu. Cependant, la question du moment de passage d'une oeuvre au domaine public (aujourd'hui 70 ans + les années de guerre après la mort de l'auteur), reste posée. A partir de quand, de combien, considérer qu'un auteur/artiste a été 'suffisamment' payé pour une oeuvre? Bien sûr, l'idole des jeunes n'a aucun souci à se faire. Mais tous les autres, ceux qui, après un succès, traversent un désert, ou plusieurs, comment peuvent-ils continuer à créer s'ils ne perçoivent pas une rémunération proportionnelle à leur succès passé? Il est rare, très rare, l'auteur qui a du succès pendant 30 ans sans s'arrêter. N'oublions pas que nous n'avons pas droit au chômage, et une retraite ridiculissime... Sur la diffusion des séries. En 2007, les scénaristes américains ont fait une grève longue et dure, réclamant particulièrement un pourcentage sur la diffusion de leurs oeuvres sur Internet. Les producteurs, arguant "qu'on ne savait pas ce que ce medium rapporterait dans l'avenir", ont longtemps refusé tout accord. Les scénaristes, qui se souvenaient qu'on leur avait déjà servi l'argument à propos des VHS, et s'y étant à l'époque laissés prendre, n'ont pas lâché. Ils ont fini par obtenir ce qu'ils réclamaient. A propos du copyright. Les sociétés de répartition - dont je regrette comme vous le train de vie somptuaire - se drapent dans cet argument dès qu'on les attaque. Ça ne vous rappelle rien? Blague à part, "copyright" est un faux ami. Aux Etats Unis, "l'auteur" de l'oeuvre est son producteur, pas son créateur. Le "droit de copie", comme vous l'appelez, est payé au producteur. Les auteurs sont sous le régime du "buy out" (je te paie pour créer, puis ton oeuvre m'appartient, j'en fais ce que je veux et je ne te dois plus rien) - ou, un peu mieux, ils obtiennent des royalties. Le droit d'auteur français (que les auteurs du monde entier nous envient!) est un système proportionnel aux recettes. Plus la diffusion de mon oeuvre rapporte d'argent, plus je suis payée. J'entends vos arguments sur la gratuité, cependant ce qui me gène - en tant qu'auteur "d'oeuvres de l'esprit" , c'est l'idée que la culture, ça ne coûte rien. Tout comme l'information, qui en fait partie, la culture a un coût, et la moindre des choses, c'est d'en informer les citoyens. Tout à fait d'accord avec vous à propos de la valeur ajoutée et de Mediapart. Que dites-vous du site de La Cuisine de Nicolas? Enfin, je n'excuse en rien Leforestier ou Arditi - j'ai simplement assisté aux réunions où les sociétés de répartition essayaient de nous "vendre" Hadopi, et je vous assure que leur discours était extrêmement séducteur - je suis navrée que malgré leur conscience politique (?) ils s'y soient laissés prendre - alors que pour une fois le PS allait dans le sens de l'histoire... Bien à vous,

Juste le temps d'un petit coup d'oeil sur votre site me fait dire qu'il faut aller y faire un tour... http://lacuisinedenicolas.fr/wordpress/

A propos de l'article de Laurent, vous pouvez lire le "Manifeste" de La Cuisine de Nicolas - page d'accueil, en cliquant sur le poing rouge...

Il me faudra un peu de temps pour vous répondre, car vos questions méritent un peu plus de réflexion que l'immédiateté habituelle d'Internet ne (me) permet, mais je le ferai dès que possible.

oups, doublon.

Votre analyse et vos arguments me font penser à quel point le cadre culturel (sélection et rémunération des artistes, organisation du marché...) est dépendant de la doctrine politique sous-jacente, qui dans le cas de pays occidental comme le nôtre relève d'un capitalisme qui se brutalise d'autant plus depuis 2007. Le modèle que vous proposez me semble largement empreint de fibre socialiste, ce qui le rend malheureusement incompatible avec les évolutions observées, et celles qui suivront dans les années à venir : le pire sera probablement observé lors du 2ème mandat du Président actuel...

100% d'accord avec vous. Et 5 étoiles au billet de Laurent, rien à ajouter. @ +NEO-

J'ai tellement ri à vous lire alors que comme disait Alfred de Musset j’aurai dû en pleurer.... (J’espère que je n’aurai pas de droit d’auteur à payer pour cette citation tronquée…) D'en pleurer devant tant d'hypocrisie à montrer du doigt des "pirates" comme des délinquants alors qu'ils ne sont qu'en avance d'un modèle de diffusion ! Au demeurant les plus malins et les plus mercantiles d’entre eux ont déjà dans leurs cartons tous les moyens pour échapper aux gendarmes et au jeu du gendarme et du voleur sur internet, on sait que le gendarme perd toujours ! Ne doit-on pas plutôt se réjouir de cette grande libération culturelle en musique, en presse, en image, bref devant ces immenses espaces de liberté qui s'ouvrent et que personne, non personne ne pourra arrêter. Ce n’est en tout cas certainement pas une loi qui marche à l'envers et contre les principes élémentaires du droit et du respect de la présomption d'innocence qui arrêtera le mouvement de l’histoire. Pourquoi pas tant qu’on y est interdire le papier et l’encre puisqu’on veut priver les gens du droit d’accès aux tuyaux alors que comme l’a déjà souligné sur ce site Edwy Plenel la liberté dont il est question n’est pas une affaire de tuyau mais bien de contenu. Quant à la décence à laquelle vous faites référence pour certains artistes, je crains qu’ils aient même perdu la notion de ce que ça pourrait être. Ils s’empressent de planquer leur fortune en suisse ou ailleurs pour échapper au fisc c'est-à-dire aux citoyens qui font leur richesse en écoutant leurs "œuvres". Ils ne sont pas meilleurs que les profiteurs de parachutes dorés qu’on montre du doigt avec complaisance mais les flagorneurs médiatiques les encensent sous de dégoulinantes flatteries… Il faut bien détourner le regard du bon peuple vers des boucs émissaires surtout lorsqu’ils sont, comme certains patrons, des coupables sans remord.

Tout cela vient de la confusion entre deux questions : Comment supporter le cout de production d'une création artistique ( quelle qu'elle soit) ? et Qui doit payer ? Ces questions sont fondamentales et méritent effectivement des réponses ( j'utilise bien le pluriel) imaginatives. Il est clair aujourd'hui que le QUI est nécessairement associé aux particuliers dans la tête un peu rigide de certains. Toutes les œuvres n'ont pas les mêmes modes de productions et les réponses doivent être multiples.

"Je m'empresse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer." est une phrase de Beaumarchais. C'est la devise de Figaro.

Hum ! "Sans la liberté de blâmer..." Rendons au Figaro ce qui appartient à Beaumarchais !

J'ajouterai en commentaire qu'en effet une industrie souffre du piratage et il s'agit de celle dont on ne parle jamais et qui ne touche aucun palliatifs comme le fait l'audio-visuel : l'industrie du jeu vidéo. Pour ce qui est de l'industrie du Ciné et de la Musique, je voudrai juste ajouter à ton billet qu'il faut aussi aborder la taxe pour la copie privée qui est un élément clef et qui fonctionne comme une licence globale pour les ayant droit, sans offrir de droit à celui qui la paye : l'utilisateur. N'oublions pas que chaque fois que nous gravons les videos de nos enfants sur un dvd nous versons une hormone à l'industrie...

Les auteurs ont dû se battre CONTRE l'industrie pour obtenir cette taxe. Industrie qui reverse à contrecoeur, via les sociétés d'auteurs, cette taxe aux auteurs. Il serait dommage, dans ce débat, de rentrer dans l'opposition systématique Industrie / Internautes, et d'oublier au passage les auteurs. Les AUTEURS qui eux aussi ont des enfants à nourrir - le "coup de la baguette" peut paraître indécent dans la bouche de Bruel, mais n'oubliez pas que la création a un coût. A moins d'entrer dans l'exploitation de tous les intermittents du spectacle (par exemple) - car une oeuvre audiovisuelle (par exemple) où qu'elle soit diffusée, nécessite auteur, réalisateur, techniciens, musiciens, comédiens, studio, matériel... Du temps, du talent, de l'énergie humaine. Considérez-vous normal qu'il y ait de l'argent pour les tuyaux, et pas pour les contenus? N'est-ce pas une attitude consumériste, appréciée par les libéraux, de vouloir tout avoir gratuitement - mais financé par la pub?

Bruel fait partie des nantis, et des plus que nantis. Sa prise de position en faveur d'Hadopi, elle est du même acabit que celle des autres "artistes". Pour le reste, je vous rejoins, la création a un coup. L'exemple de Bruel demeure ridicule, hors de propos (vol et contrefaçon ne sont pas la même chose, il n'y a pas de destruction dans la contrefaçon, etc.) C'est du bourrage de crâne. Ce genre de propos ne devrait pas être tenu, à fortiori de la part d'un artiste qui gagne plus que bien sa vie, et qui s'oppose à son public de cette manière dans le seul but de sauvegarder la manne financière que constituent ses premiers albums à succès.

Hadopi? Paix à cette âme damnée! Sarko récompense le monde du show-buseness! Sarko l'UMP est là et L'Elysée s'amuse : Chevaliers… ou fous du roi ? PartagerSarkozy fait grincer des dents en nommant chevaliers de l'Ordre du mérite un ancien du « Jacky Show » et une ex de « Fort Boyard ». R. Ma. - le 11 juin 2009, 22h17 Le Matin Récemment, les employés de TF1 ont reçu cet étrange courrier du patron de la chaîne, Nonce Paolini : « Nous vous prions de bien vouloir assister à la réception au Sénat des insignes de chevalier de l'Ordre national du mérite qui seront remis à Billy. » C'est le « Petit journal people » de Canal+ qui révélait, mercredi, le choix surprenant du chef de l'Etat français de récompenser ainsi l'ancien assistant du « Jacky Show », qui anime chaque année le Noël de l'Elysée. « Mérites distingués » Nicolas Sarkozy s'apprête également à décerner la prestigieuse distinction à trois autres personnalités de la TV : Cendrine Dominguez, connue pour avoir coanimé « Fort Boyard » pendant sept ans ; Paul Wermus, producteur et présentateur de l'émission « On en parle à Paris » diffusée sur France 3 ; Laurent Solly, membre de la direction générale de TF1 ; Caroline Got, directrice générale de la chaîne TMC. Rappelons que la distinction de l'Ordre national du mérite a été créée en 1963 par le général de Gaulle afin de récompenser les « mérites distingués » rendus à la nation française de militaires ou de civils.

J’espère que P.Arditi et M.Leforestier sont honteux d’avoir été tellement nuls qu’ils sont allés jusqu’à défendre un texte désavoué par le Conseil Constitutionnel pour entrave à la liberté d’expression comme beaucoup se sont évertués à leur dire... @ La cuisisine de Nicolas A propos des conjoints survivants : il est normal qu’il bénéficie des mêmes droits que tout conjoint survivant. On pourrait croire dans votre formulation que quelque chose justifie qu’ils aient plus. Est-ce le cas?

On peut rajouter Patrick Bruel à ces auteurs, qui nous a ressorti le ridicule exemple du boulanger, de la baguette, et du vol.

Que nenni ! Ni plus, ni moins.

Allons ! Démonter cet exemple est trivial: chaque baguette nécessite du travail de la part du boulanger, mais une copie numérique, qui plus est faite par des tiers, ne nécessite aucun travail de la part de l'auteur.   La question de la rémunération des artistes est suffisemment sérieuse pour qu'on évite au moins ce type d'argument démagogique au possible. Pour ma part, je n'arrive même pas à comprendre que des artistes que j'imagine intelligents aient pu oser s'en servir.

le "que nenni" est en réponse à la question de Caroline - excusez les maladresses d'une débutante...

monsieur montebourg il a même pas voté contre la loi hadopi - ça veut dire que lui aussi il est de droite ?

Cela m'étonnerait que MONTEBOURG ai voté la loi scélérate , qu'est HADOPI

non, abstention...pire, car n'a pas voulu choisir!

et dans un cas comme hadopi ou les enjeux sont aussi graves, chaque vote "contre" est important, donc s'abstenir revient à à voter "pour". - Bien des socialistes "de base", ceux qui n'ont pas piétiné leur idéaux pour "convenances personnelles", en sont dégoutés. - ... "Bien évidemment, il argumente son abstention... mais comme pour la question du cumul, on est en droit de douter de la force de ses conviction et ce d'autant plus que sa femme, Hortense de Labriffe, est déléguée générale de l'Association des Producteurs Indépendants (API), et de l'Union des Cinémas (UniCiné), deux lobbys du cinéma. Arnaud Montebourg est donc mort une deuxième fois au cours de la journée du 12 mai 2009." ... - http://marc.vasseur.over-blog.com/article-31345151.html

" Dans une société qui cherche à réduire l'écart entre les plus riches et les plus pauvres, où l'on commence à chasser les parachutes dorés, je trouve ces montants indécents. Suis-je le seul ? " Non bien entendu. Je souscrit d'ailleurs à la plupart de vos arguments qui sont raisonnables. Les "nouvelles enclosures" qu'essaient désespérément de mettre en place (avec le soutien, hélas, de certains artistes) les ministres qui se succèdent ont aussi un objectif idéologique justement. Celui de justifier que l'on puisse gagner beaucoup (trop) d'argent grâce à la "propriété" (ici intellectuelle), mais aussi du "capital", notamment financier. Un autre exemple tiré de l'actualité, celui des transferts des joueurs de foot et des sommes astronomiques que gagnent certains sportifs professionnels. Or, tout cet argent vient notamment des "droits" de retransmission, mais aussi d'un autre aspect de la propriété intellectuelle (ici le nom des joueurs et des clubs inscrits sur des maillots et autres produits dérivés). Sur le plan idéologique, tout le système se tient, mais il n'est pas mis en difficulté de la même manière suivant qu'il est possible ou pas d'accéder aux oeuvres, aux spectacles, etc. Ceci étant rappelé, le combat le plus essentiel est finalement celui-ci : considérer qu'il faut aujourd'hui définir non seulement un revenu minimum, mais un revenu maximum au-delà duquel, la fiscalité reprend l'essentiel du superflux. Comme l'ont rappelé quelques économistes (notamment Thomas Piketty), cela est notamment possible par la fiscalité, et c'était le cas, non pas dans une affreuse dictature stalinienne, mais dans les Etats-Unis de l'après-guerre. Voir son article : http://www.alternatives-economiques.fr/thomas-piketty----il-faut-taxer-fortement-les-tres-hauts-revenus-_fr_art_809_41525.html

Sur la durée des droits une autre question se pose . Les utilisateurs de musique , radios , télés , cinéma, pub etc , les producteurs de disques se servent largement des oeuvres tombées dans le domaine public , qui ne leur coûtent plus grand chose par rapport à des oeuvres récentes . Le fait de raccourcir la durée des droits accentuerait l'utilisation de catalogues libres de droits contre la création de nouveaux artistes ... Une musique pour une pub, de quelques secondes, rapporte 500 euros .(FR3 régional) Un stream (une écoute ) sur deezer rapporte 0,0010 euros. Ce qui arrive à l'industrie du disque et aux artistes est un phénomène de surproduction et de concurrence que personne n'a vu arriver . Sur internet des milliers d'artistes inconnus , dans le monde entier, mettent leur musique en écoute gratuite légalement sur des sites comme myspace et beaucoup d'autres , et des millions d'utilisateurs les écoutent , ce qui représente rapidement des milliers d'écoutes par artiste . Ceux qui ont fabriqué les stars c'est autant un certain public qui pourrait être plus exigeant, moins facile, dans pas mal de cas, que les majors . Point de vue d'un musicien underground indépendant inconnu libre passionné heureux comme beaucoup d'autres pros ou amateurs .

Laurent, point de vue très intéressant et sur lequel je suis d'accord sur beaucoup de points. Comme à chaque évolution technologique majeure, des industries "traditionnelles" souffrent et se débattent. Nous avons déjà entendu des débats et arguments similaires lors de l'apparition de la K7 audio, du VHS, des graveurs CD puis DVD et maintenant, le MP3 et Internet ... Dans ces situations, les industries concernées et menacées mettent en avant le droit d'auteur mais, soyons réaliste, c'est leurs gros sous qui les intéressent en premier. Néanmoins, en cette période de mutation, la situation des créateurs (artistes, écrivains, cinéastes, dessinateurs, inventeurs, chercheurs, ...) est difficile. Je ne parle pas des gros qui domicilient leur compte bancaire en Suisse ou à Monaco. Non, c'est pour tous les autres qui en plus sont aussi attaqués par le gouvernement sous d'autres angles: Intermittents du spectacle, lois sur la recherche et l'université pour les chercheurs, ... Comme le modèle économique des majors se casse la gueule, ils mettent moins d'argent dans la production de nouveau talent, privilégient les "block buster" ou usent et abusent des compilations de créations tombées dans le droit public (cela ne leur coute plus rien). Du coup, la situation des créateurs émergents est précaire de même que celle des contributeurs à la réalisation des productions artistiques (acteurs, figurants, musiciens, danseurs, ...). Pour ma part, je suis pour la préservation d'un système de rémunération des créateurs (au sens très large) car tout travail mérite salaire et la diversité culturelle est importante pour entretenir l'ouverture d'esprit et la liberté d'expression. Hors, le gouvernement cherche à défendre les gros (les potes du président), tape sur les petits (intermittents du spectacles, ...) ou cherche à encadrer la créativité (fixation d'objectif des chercheurs, censure ou contrôle des média, ...). Tout cela ne fait qu'accroitre la "crise" de la création au sens large qu'a mon avis il est primordial de conserver. Je n'ai pas de solution miracle sauf que je fais le constat que la politique actuelle va nous conduire dans le mur et augmenter les dégâts quand le système va s'effondrer. Mais, peut être notre président rêve t-il d'un monde à la Orwell (1984), bien policé, bien docile, ... tous des moutons.

un musicien ne gagne pas de l'argent en vendant des disques mais en faisant de la scène c'est amplement suffisant pour lui permettre de vivre si c'est un artiste reconnu. - même si ils téléchargent des films, les gens éprouvent parfois le besoin de sortir de chez eux et notamment de se rendre au spectacle dont le cinéma. - hadopi ne souhaite que préserver la vente de supports plastiques, dvd, cd, sur lesquelles les maisons de productions font des marges hallucinantes, et peuvent ainsi prétenduement financer de nouveaux artistes, qui viendront à nouveau vous bouffez le cerveau pour vendre leur dernière compilation remix dance. - l'état a suffisemment d'argent pour financer une culture qui ne soit pas essentiellement mercantile.

C'est une erreur. Tous les musiciens n'ont pas vocation à faire de la scène. Et le support reste le seul moyen pour eux de faire connaître leur oeuvre. Pour autant la loi HADOPI est une fausse argumentation soutenue surtout par ceux qui ne veulent pas modifier leur business et leur rente : majors, distributeurs et SACEM.

La loi protège ceux qui ont les moyens de la payer ou de lui faire pression. Que vous êtes pauvre ou riche, la loi ne s'appliquera pas de la même façon. Prenons un exemple : Vous avez une idée d'émission et vous décidez de la mettre sur écrit. Pour la protéger vous êtes obligé déjà de payer une somme extravagante. Ensuite, vous voulez la proposez à une chaine comme TF1 par exemple. Celle-ci à dans son coffre des centaines d'idées et de sous idées leur permettant de réaliser votre projet en entier sans être inquiété. TF1 pourra dire : Regardez, nous avions le même projet à peu près dans le coffre et nous étions sur le point de le réaliser donc on ne paiera aucun droit. Alors le droit de création me fait bien rire car elle ne concerne que des personnes qui ont les moyens de les mettre en application et de la protéger. Concernant la loi HADOPI, les pirates sont les sorcières idéales contre tout les pseudos artistes "has been" et/ou en perte de création et/ou avec des voix pourries et/ou avec des chansons "ikéa" et/ou des textes pour attardé etc... Il y a une chose que j'aimerais comprendre. Puisque une taxe a été créée et appliqué depuis des années sur la vente des cds, dvds, disques durs, lecteurs/graveurs etc.. afin d'être reversé aux artistes et que des personnes ce sont fait arrêtées et condamnés à payer une amende, est-ce l'argent perçu par impôt indirect en est déduit ? Et si non, est ce que ces personnes peuvent porter plainte contre l'état pour "escroquerie" ?

Depuis quand les impots indirects sont déduits de quoi que ce soit ? Tu déduis la TVA de tes impots, toi ? et pourtant, ca représente 20% de tes dépensess (donc aux économies près de ton salaires). Sans parler de la CSG imposable... Tu peux toujours essayer de porter plainte suyr la TVA pour escriquerie, mais je ne suis pas sur que ca est grand interet.

J'ai pas compris votre question. Une TVA c'est un impôt indirect. Un supplément qu'on paie quand on consomme par exemple et dont une partie peut-être versée à qui on veut par l'état. Quand vous achetez un dvd vierge par exemple, une partie ira aux artistes.

Je suis compositeur professionnel. Je commence, après pas mal d'années de galère en haute mer, à vivre doucement de ma passion. En tant que sociétaire Sacem, cela fait depuis 2005 que je milite contre les avatars successifs de la répression du téléchargement des oeuvres, aussi agressifs et inutiles qu'irrespectueux des règles démocratiques les plus élémentaires. Cependant, je me permets de vous dire qu'il y a un impressionnant amalgame de notions relatives au droit d'auteur visiblement confuses dans votre esprit, sans compter l'éternelle litanie des lieux communs que l'on trouve en pareille circonstance. Je n'ai malheureusement pas le temps dans l'immédiat de détailler mon point de vue sur un problème épouvantablement complexe, mais j'espère pouvoir le faire de manière plus circonstanciée ultérieurement. Premièrement, l'extension de la durée du droit d'auteur à 70 ans, qui me scandalise personnellement, n'est nullement la manifestation directe des majors du disque françaises (ils ont suffisamment de place pour se défouler sur d'autres terrains de jeu) : il s'agit ni plus ni moins que d'un effet de la transposition sous forme de directives européennes d'un traité international signé à l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) sous la pression du gouvernement américain de Bill Clinton (en gros, fallait protéger Mickey). Deuxièmement, je crois que vous faites une confusion manifeste entre droit d'auteur, lié à la simple existence d'une création de l'esprit, et droit voisin, qui est en fait le gâteau que se partagent les producteurs de supports sonores. En gros, les artistes (hemm...) de la Star'Ac, pas plus que Johnny Halliday, ne touchent un franc de droit d'auteur. Par contre, ils ont droit à un pourcentage de la vente des disques. A l'inverse, je ne touche rien sur la vente de disques, mais je gagne de l'argent lorsque ma musique est diffusée sur un film, par exemple. Pourtant, j'ai réalisé 6 albums de musique d'illustration sonore l'année dernière. Si on me conteste les droits d'exécution (la vilaine et colossale tirelire qui se remplit à toute vitesse à chaque passage de musique sur une télé), de quoi vais-je vivre au vu de la manière que j'ai choisie de pratiquer la musique ? Troisièmement, la question est toujours entière après la lecture de votre article : comment financera-t-on la création à l'avenir ? Pris entre le marteau et l'enclume, c'est-à-dire entre les intégristes du tout répressif louant le dieu Hadopi d'une part, et les talibans de la culture gratuite d'autre part, comment les artistes feront-ils valoir leur point de vue ? Et croyez bien que les idées ne nous manquent pas pour proposer des nouveaux modèles économiques pour la création, mais j'ai l'impression que notre voix a bien du mal à se faire entendre à travers le fracas des armes... Je pense que le principal problème de votre article est que vous érigez en lois ("l'économie numérique a ses lois...") un ensemble de pétitions de principe, elles-mêmes puisées dans un ensemble nébuleux de considérations populaires. Je veux dire que je ne vois aucune argumentation solide, alors que je vois un répertoire éculé de supposées panacées agrémentées d'erreurs un peu grossières. La non moins négligeable étant l'idée d'un financement par la publicité : outre le fait que ce mode de financement vient de prouver sa terrible vulnérabilité à l'occasion de la crise, je dois dire qu'on a trouvé tout de même mieux que cela pour garantir l'indépendance de la création et de la culture en général. Enfin, il faut savoir que l'argent redistribué par la Sacem est loin d'aller systématiquement là où on se le représente communément. Il est vrai qu'il y a des inégalités entre les artistes qui frisent l'obscénité. Mais savez-vous, par exemple, que la totalité de l'argent perçu par le biais de la taxe sur la copie privée est *intégralement* affecté au bénéfice du spectacle vivant ? Cela signifie que lorsque vous allez à Bourges voir votre groupe préféré, l'organisation (que le financement public prend en charge pour une large part) ne paiera qu'une partie minime de leur cachet car la taxe sur la copie privée paiera le reste...

Bonjour, Mon but n'est pas d'être méchante, surtout que je ne connais pas bien le sujet, mais juste sur la forme,mais juste de pointer un petit problème dans votre commentaire, qui en rend la lecture tres frustrant car je pense que vous avez plus a dire que ca. vous dite , par exemple"je ne vois aucune argumentation solide, alors que je vois un répertoire éculé de supposées panacées agrémentées d'erreurs un peu grossières" Dire "je ne vois aucune argumentation solide" suffit. dans la suite de la phrase, c'est vous qui manqué totalement d'argument. Cette suite est légèrement insultante, mais c'est votre RESSENTI, pas un argumentaire. Et une grande partie de votre commentaire est comme cela. Ce qui est domage, car il y a aussi des arguments, qu'on aimerai que vous explicitier mieux plutot que de partir dans des "un impressionnant amalgame de notions relatives au droit d'auteur visiblement confuses dans votre esprit, sans compter l'éternelle litanie des lieux communs que l'on trouve en pareille circonstance" qui ne font pas avancer le chmilblique. Je n'ai par exemple rien compris a votre distinction, qui a pourtant l'air interessant, entre droit d'auteur et droit voisin. Vous ne prenez pas le temps de définir l'un et l'autre, eton ne comprend du coup pas l'exemple,. EN conclusion c'est votre discours, et non l'article plutot bien argumenté, qui n'est donc pas du tout convaincant. En espérant vous relire et mieux comprendre votre point de vue pas la suite ! Amicalement, Marushah

Je ne suis certainement pas un spécialiste, loin s'en faut, même si j'ai dans ma famille très proche des artistes musiciens adhérents de la SACEM et qui vivent de leur art.   Néanmoins je crois être un spécialiste d'Internet, et ses lois, ne vous déplaise, sont tout simplement inhérentes à sa structure même: si l'on veut légiférer en sens contraire on se retrouve systématiquement avec un système dictatorial. Je dis souvent (en pensant au législateur) "ferme Internet ou ferme ta gueule" tant cet objet est intrinsèquement non régulable (ce qui ne signifie absolument pas qu'il est en dehors de la loi).   Quelle argumentation voudriez-vous que j'ajoute au fait qu'Internet dématérialise l'information et que donc ceux qui font profession de fabriquer ou de vendre du support physique d'information vont disparaître à terme ? C'est un fait!   Quelle argumentation voudriez-vous que j'ajoute au fait qu'Internet est déflationniste ? J'explique pourquoi dans l'article au cas où ce ne serait pas déjà évident, et je pourrais développer longuement en expliquant que TCP/IP par sa structure même (en paquets) permet à plusieurs connexions de se faire via le même support physique, ce qui a conduit à la drastique diminution des coûts des communications tant internationales que nationales que nous avons connu!   Je sais très bien d'où vient cette durée de 70 ans, loi Mickey. Est-ce que celà doit m'interdire de dire qu'elle me scandalise autant que vous ?   Je connais aussi la différence entre droit d'auteur et droits voisins, entre royalties et droit patrimonial. En tant qu'auteur de logiciel je pense le savoir à peu près aussi bien q'un musicien professionnel, d'ailleurs. J'avoue avoir outrageusement simplifié mon propos pour ne pas noyer le lecteur sous ces questions complexes, mais le fond de mon propos n'était pas là.   Je dis et je redis qu'on peut et qu'on doit trouver d'autres méthodes de rémunération des artistes que la répartition telle qu'elle est actuellement pratiquée et qui conduit à des dérives aussi graves qu'HADOPI. Je propose des pistes de réflexion, désolé si elle ne vous semblent pas suffisantes. Je suis opposé à la license globale parce qu'elle ne répond à aucune réalité commerciale et financière. S'il faut encore le répéter: aucune étude n'a jamais pu démontrer le moindre rapport entre le piratage et la baisse des ventes, c'est plutôt l'inverse qui est constaté (et je n'en ai pas été surpris pour avoir testé moi-même le modèle de la gratuité en ligne en diffusant gratuitement mon livre "Confessions d'un voleur" alors même qu'il était distribué en librairie). Ca ne fait pas de moi un taliban de la gratuité, mais simplement quelqu'un de pragmatique: l'être humain aime possèder des objets physiques.   Les auteurs de logiciels libres ont su trouver un modèle économique différent de la seule logique commerciale, et ceci a permi l'existence même d'Internet. Est-ce trop demander que les auteurs d'autres types d'oeuvres fassent de même ? J'espère que non.

Tout à fait d accord avec votre article et vos différentes interventions annexes. J'ajoute concernant la licence globale, qu'il n'est pas décent d'imaginer une taxe supplémentaire, puisque ça en serait une, quand de + en + de gens vivent avec peu, sont obligés de réduire leurs dépenses au strict nécessaire, et que le seul "luxe" qu'ils conservent est leur abonnement internet. Et que par ailleurs, je ne vois pas au nom de quoi je verserais une taxe supplementaire qui retomberait partiellement dans les gras comptes bancaires d'artistes qui me sont indifferents ou de gens du showbiz que je deteste, voire même qui m'inspirent du dégoût. - "... et qui conduit à des dérives aussi graves qu'HADOPI." oui, il est important de le rappeler, et de ne jamais l'oublier.

Si j'ai bien compris, vous vous plaignez du téléchargement illégal parce que vous ne gagnez pas assez votre vie de votre passion à cause des majors qui se sucrent bien plus que vous sur votre dos ?

doublon

Bonjour, Votre article est très interessant. Personnellement, il m'a fait très plaisir, car je m'etais dit un peu pres la même chose sur l'illogisme des droits qui durent 70 ans. Ma réflexion avait plus a l'origine les problèmes parfois délirant que peuvent poser les enfants ou conjoints en abusant de leur droits sur l'oeuvre de leur famille (comme la femme d'hergé, par exemple). En lien, je m'etais aussi dit qu'il n'y avait pas de raisons valables pour que les enfants vivent du travail de leur parents, mais je n'avais pas reussi a imaginé quelque chose de mieux. Votre proposition d'avoir un montant limite a partir duquel on considère l'oeuvre comme rénuméré me parait tres bien. Pour ne pas être trop "stalinien", on peut imaginer qu'a partir d'un seuil, les revenus aillent en décroissant de plus en plus fortement. Pour l'histoire de mieux rénumérer les "petits" et aussi que les oeuvre tombée dans le dommaines publics sont telement peu chère qu'elles sont sur-difuser par les radio ou autre au détriment de chose plus inovantes, on peut imaginer décoréler le revenu d'une oeuvre avec le paiement de l'artiste : même si une oeuvre ne rapporte plus a l'artiste, elle peut rapporter à la sasem. Sinon, pour un sujet parallele mais lié. Ne pensez vous pas que les droits d'images données au enfants des artiste est abusif ? Je ne voit pas pourquoi, une fois l'artiste mort, on n'aurait pas le droit d'écrire toute les histoire de tintin qui nous passe par la tête (même peu respectueuse, le respect, c'est bon pour les vivant, après, vive la création !). En quoi les enfants doivent être garant de l'image ? voyez Uderzo en train d'essayer de désériter sa fille. Et pourtant, a elle aura pous ses droits a sa mort. Pourquoi ?.

J'ai lu avec attention l'article et les commentaires qui suivaient ,je vous demande quand même si vous vous êtes demandé combien de professionnels peuvent se permettre d'avoir une publicité gratuite comme pour "ces fameux créateurs". Dés qu'ils sortent un disque ,un film,ou des âneries que l'on nomme CULTURE ,je ne veux pas citer " certaines œuvres " ,qui vous font vomir ,ou qui font sortir d'une salle de cinéma, car vous n'en pouvez plus(vous ne consommez rien ,mais vous avez payé quand même), mais qui ont une publicité monstrueuse dans toutes les télés et ce gratuitement, simplement que par ceux qui payent la redevance et qui usent du courant électrique pour se faire remplir le cerveau de pub toute aussi débiles les unes que les autres. Publicité outrancière pour des"œuvres" parfois qui ne sont que de la m......,excusez moi, il fallait que je le dise, c'était trop fort.Et parfois,ils sont payés pour venir faire leur propre pub ,ce qui les met a l'abri de cotisation sociale,et oui les heures passées a la télé pour raconter des "conneries "leur sert ,pour payer leur cotisation, payée par les télévisions comme employé pour le temps passé, belle arnaque. Quand j'entends Vincent la GAFFE, qui dit tranquillement (toujours a la télé) que la chanson "qu'il est beau le lavabo,qu'il est laid le bidet" lui a payé sa maison sur la cote , extrêmement luxueuse, je dis bravo la culture, ou plutôt bonjour l'arnaque "A LA CULTURE " !, n'est ce pas Pour terminer ,vous voyez ces artistes tel ,les ARDITI ,HALLYDAYet autres ,qui pour payer leurs impôts font encore de la pub pour tel ou tel produit ,pour des crédits ,afin d'endetter un peu plus les gens. Alors mesdemoiselles ,mesdames, messieurs les "créateurs" ,ce n'est pas le piratage qui soit disant vous pille, peut être vos agents ,vos maisons de disque,etc...,mais ce qui me chagrine le plus c'est votre avarice, votre envie du toujours plus,vos accointances avec les politiques, vos façons de vous dire de gauche et de vouloir que l'on fiche et que l'on aille fouiller dans les ordinateurs de pauvres gens qui vous admirent, je plains ces gens qui vous aiment , vous qui les méprisez , vous me faites honte ! Vivement que "l'exception culturelle a la française" devienne obsolète et que vos soit disantes œuvres soient des produits de consommation comme les autres, et j'irais encore plus loin,si vous avez du génie ou du talent,ce n'est pas de votre faute ,ça ne vient que de vos parents et des génes qu'ils vous ont transmis,je me demande pourquoi ,je devrais payer quelque chose que vous avez reçu gratuitement et dont vous profitez grassement. Personnellement ,je considère comme artiste :les peintres ,les sculpteurs,les architectes,les artisans,mais surement pas les chanteurs "art mineur"comme disait GUINSBARD qui se permettait de bruler les billets de banque a la télé,ou les acteurs et comédiens ,tous ces opportunistes de la culture, qui en fait n'en est pas .C'est du passe temps ,c'est tout, et encore. Je ne vous salue pas .

Tient, en passant, un autre versant du problème dont j'ai (surement a tord) l'impression d'être le seule à le penser : Vous ne trouvez pas que le prix des chansons en téléchargement payant est incroyablement élevé ? 1euro la chason, ca fait le CD à 20 euro, alors qu'on n'a pas la jolie pochette, que si on veut le garder dans la durer il faut le graver soit même sur un cd (sinon il mourra avec le disque dure), puis penser à le regraver (un cd gravé à la maison, ca dure pas 10 ans). Sans compter que ca coute pinuts au distributeur par rapport à un CD. Ca me fait haluciner. Pourquoi les majors ne les font pas a un prix plus raisonnable ? ils ne veulent pas que le téléchargement payant se développent ? ils sont telement aveugles a tout qu'ils pensent qu'ils vont réussir a imposer ces prix et faire exploser leur marges ? Ils nous font pleurer dans les chaumières qu'ils vont mourir et reste sur ... un truc délirant.

C'est pire que ça, et je me permets de vous renvoyer à ce billet pour voir à quel point vous avez raison.

hum .. sans compter que lorsque vous gravez les mp3 sur un CD vous payez une seconde fois les droits... Sur ce point toutefois, je pense que les auteurs n'y sont pour rien mais qu'il s'agit d'un problème de distribution, comme dans le jeu video : carouf, fnac & co ne souhaitent pas que leur marché disparaisse et leur 30% de marge avec.

Il me semble que vous mélangez deux choses: la loi Hadopi et le principe des droits d'"auteurs. Moi je suis contre la loi Hadopi car elle déroge au principe de la séparation des pouvoirs en se passant du juge pour punir. Elle instaure aussi la punition collective pour la famille. Mais ce n'est pas pour cela qu'une œuvre ne doit pas être payée. En plus je trouve que les adeptes n'écoutent plus vraiment ce qu'ils ramassent par terre sur Internet. Le disque qu'on a payé, qui a un bon son et dont on regarde la pochette ça rend heureux.

Dans son premier projet de Loi et sur la base d'une gestion des coupures de connexions exclusivement exercée par l'autorité administrative Hadopi, la ministre Albanel avait prévu environ 1000 coupures, tenez-vous bien les amis, vous êtes bien assis, par JOUR, imaginez-vous un peu les flux et les amendes consécutives que cela aurait pu drainer (presque aussi bien que les radars routiers). Depuis que la Loi est retoquée par le Conseil Constitutionnel, la ministre a revu cette prévision, en cas de coupures encadrées exclusivement cette fois-ci par l'autorité judiciaire, à quelques dizaines seulement par jour. Ou est donc passé la différence ?? @ +NEO-

10 ans pour faire un album à 15000 euros par mois... il faudrait peut-être arrêter de délirer! Sans être du coté des majors, il faut quand même être honnête et reconnaître qu'une maison de disque sert à autre chose qu'à presser des CD. Elle produit des artiste et donc participe à la création musicale. Diaboliser les maisons de disque (certaines d'entre elles font tout pour il est vrai) et balancer des jugements à l'emporte-pièce est franchement contre productif et va plutôt dans le sens des partisans du tout répressif.

Ce qui est marrant quand même c'est de lire ici et ailleurs le nombre d'interventions de gens qui ne connaissent strictement rien à ces métiers avec beaucoup de jalousie voire parfois de haine envers des artistes , pardonnant tout, on dirait, aux FAI aux opérateurs de téléphonie mobile à Apple et Microsoft qui s'enrichissent bien plus que toutes les majors réunies :-) Je suis contre la loi Hadopi mais pour le droit d'auteur et je n'ai aucune proposition . Juste des remarques . Ce qui se développe est le streaming gratuit et légal pour la musique . Ex : Deezer . On y crée des playlists on les retrouve en un click. L'industrie du disque est elle aussi contrainte à l'adaptation elle peut disparaître comme d'autres industries . Le métier d'artiste lui même ... Il s'agit de millions de gens qui changent de comportement , de façon de consommer de la musique, rapidement, en fonction des innovations techniques , qui connaît la prochaine étape ? PS : j'ai été musicien professionnel pendant des années auprès d'artistes connus produits par des majors et qui vivaient principalement de la scène .

Il y aurait en effet beaucoup à dire sur Microsoft et consorts.   Quant aux FAI et opérateurs téléphoniques, j'ignore leurs marges mais il s'agit là d'un tout autre modèle, et il est difficile de nier qu'il apportent une plus-value indéniable à chaque vente et ne vendent pas seulement de l'information dématérialisable, eux. Taper dessus semble être le moto des artistes, mais je doute que l'ennemi soit bien choisi.   Pour le reste, je me permets de recopier ici la réaction documentée d'un ami sur le sujet abordé ici:   Une étude (1) réalisée en Angleterre fort intéressante, qui démontre   - que le budget "culture" global est en hausse constante, ce qui rend caduque les fantasmes des internautes qui veulent le "tout gratuit" et qui sont en train de tuer la culture marchande   - que la baisse des ventes de musique est bien réelle, mais est à mettre en rapport avec l'augmentation impressionnante des ventes de DVD et de jeux vidéo, et pas du tout avec le piratage   Etude confortée par la forte hausse du marché du jeu vidéo ("tout le monde" possède une Wii, aujourd'hui) et du record de production cinématographique en 2008 (2), et par toute les études qui démontrent que le "piratage" n'a aucun impact négatif sur les ventes (3)   On peut alors s'interroger: pourquoi vouloir a tout prix faire passer une loi stupide, coûteuse, et liberticide ? Nos politiques sont-ils à ce point aveuglés par le lobbying des maisons de disque ?   Le conseil constitutionnel a au moins gardé les pieds sur terre, contrairement à certains qui veulent ressusciter des "juridictions d'exception" d'outre-tombe pour punir les gamins récalcitrants qui s'échangent les quelques tubes du moment..   (1) http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2009/jun/09/games-dvd-music-downloads-piracy   (2) http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gqRe-Gzr74naaOpKjLeiqRGsw1Jw   (3) http://www.quechoisir.org/positions/3-Synthese-des-resultats/B164563EA65BF212C12570DD0036B9CF.htm

Nous ne connaissons sans doute rien à la musique, mais dans ce cas, parlons de Apple et Microsoft : * Ces sociétés sont dans les plus piratées et aucune lois applicables (300k € d'amande n'est pas applicable en masse) n'existe pour les protéger * Aucune redevance ne leur est reversée (taxe copie privée) * Pas de revenus annexes (objets dérivés, show, tv ...) * Malgré tout, ce sont des acteurs important du financement des auteurs de tout poils (comme quoi ;) ) => quels sont les bénéfices pour elles: * Le piratage à permis d'imposer leur standard sur le marché (tout le monde utilise windows peu de monde ne l'a acheté et tout le monde sait s'en servir) * Le piratage les protège des nouveaux arrivants => Qu'ont-ils mis en place pour préserver le système * Un système de prix adapté à leur marché - windows pack environ 100€ - windows avec un PC neuf environ 10€ - windows Office environ 500 - 100€ avec des prix très variables (entreprise, étudiants ...) pour un même produit De cette façon, ils vendent des licences plutôt que d'être piratés et conservent leur part de marcher => Pourtant, face à eux, il y a une alternative, libre, gratuite, stable et de qualité (Linux) * Apple et Microsoft sont toujours là et toujours plus forts (Apple est redevenu grand à mon sens à l'air du Linux gratuit (sans qu'il y ait de lien direct)) * D'autres société : RedHat, Novell... vivent et grandissent autour de l'écosystème du libre.

@ Laurent Chemla Votre billet est bien intéressant, et les réactions qu'il suscite aussi. Je vous reprocherais cependant d'exécuter un peu sommairement la question de la licence globale. Je suis complètement d'accord avec vous lorsque vous vous insurgez contre la création d'une nouvelle taxe qui ne viserait qu'à combler le "manque à gagner" des majors. Mais il me semble qu'on peut imaginer d'autres usages de cette taxe (c'est d'ailleurs ce qu'a fait Philippe Aigrain avec sa proposition de "contribution créative", reprise très tardivement par le PS dans les débats autour d'HADOPI). La vraie question est donc celle de la répartition du produit de cette taxe : si elle permettait de rémunérer, même modestement, une partie de la multitude de créateurs qui ne sont pas promus par les majors et si par ailleurs elle contribuait au financement amont de la création, pourquoi pas ? Ce serait déjà un grand pas en avant. . @ La Cuisine de Nicolas N'avez-vous pas honte de diffuser gratuitement votre excellente série et d'encourager ainsi les talibans de la gratuité sur Internet ? :-) Bon, plus sérieusement, comment faites-vous pour produire une série de qualité professionnelle sans - apparemment - vous faire rémunérer pour cela ? Philanthropie et fonds propres inépuisables ou bien subtil modèle économique dont les rouages nous auraient échappé ?

@ La Cuisine de Nicolas : désolé, ma question avait déjà sa réponse plus haut dans les commentaires, il fallait juste aller lire votre manifeste

@ La Cuisine de Nicolas: Hors sujet mais dans le theme toutefois, vous avez l'air de vous plaindre du fait que les FAI fournisse un outil, que vous fournissiez le contenu et que vous n'ayez rien en retour. Je vais peut être vous paraitre terre à terre, mais un FAI ce n'est rien de plus qu'un EDF des reseaux informatique et le monde numérique n'est qu'une partie de notre monde réel. Toute chose a son modèle économique dans notre société de consommation, les choses vivent d'elles même ou meurent, certaines on la chance de survivent de la subvention lorsque la société les jugent utiles. Bref, je ne juge pas votre oeuvre que je ne connais pas et qui est sans doute d'une grande qualité, mais les FAI ne sont pour rien dans vos déboires, EDF ne reverse pas d'argent à l'artiste qui illumine le stade de France ; la ratp ne subventionne pas plus cet artiste qui pourtant à généré un pic de traffic ce soir là. Mais chacun existe parce que l'autre est présent. Sans Internet et les FAI, la cuisine ne Nicolas n'existerait pas et vous auriez sans doute un autre passe temps .

Bien entendu, les FAI ne sont pour rien dans "mes" déboires - je constate que les FAI fournissent gratuitement un contenu - et se font de l'argent dessus - sans que l'ombre d'un sou de cet argent ne reviennent aux créateurs dudit contenu (contenu - pas toujours consensuel, non plus que condescendant - même si parfois consterné, pour ce qui me concerne.) Ceci étant, je bénis Internet grâce auquel je peux, comme le disait Laurent, exercer mon droit à la liberté d'expression. Je ne me plains pas - je gagne ma liberté, à défaut de gagner ma vie, et je considère que c'est déjà un grand privilège. Il me semble que vos exemples (EDF, RATP) sont inappropriés. L'artiste qui illumine le stade de France et le remplit (Bigard ? Johnny ? hum hum) - est payé par les spectateurs qui viennent voir son spectacle.

Allons au bout de la logique alors: qu'est-ce qui définit une oeuvre de l'esprit et à partir de quel moment un contenu devient-il une oeuvre ?   Si la Cuisine de Nicolas est de toute évidence une site dont la réalisation mérite d'être rémunérée, quid du simple blog de péquin moyen, quid de Maître Eolas ? Tous ces sites sont "du contenu" fourni gratuitement par les FAI.   Doit-on taxer les FAI pour que tout contenu accessible sur Internet soit rémunéré ? Et si oui, puisque les taxes ne sont pas encore internationales, sera-t'il "normal" de rémunérer ainsi le contenu français sans rémunérer aussi les contenus étrangers ?   Dès lors que l'on se connecte sur un site, quel qu'il soit, on "télécharge" une oeuvre protégée par le droit d'auteur (même une page d'accueil est une oeuvre de l'esprit et le fait de la visualiser sur son navigateur implique que ce dernier l'a téléchargé). C'est un fait. L'auteur a choisi librement de mettre ainsi son oeuvre à disposition du public, ce que lui permet son droit patrimonial (tant qu'il n'est pas affilié à une société d'auteur qui lui interdit de diffuser son oeuvre sans rétribution...).   C'est à chaque auteur, il me semble, de choisir ou non de se faire payer par ceux qui souhaitent accèder à son oeuvre: toute autre forme de taxe ne saurait être juste sauf à rémunérer l'ensemble des contenus.

Votre raisonnement est juste. On en revient à l'idée du bon vieux chapeau : vous avez aimé? Vous mettez un sou (ou plus) dans le chapeau. Mais pour ce faire, il faut aussi faire de la pédagogie auprès du citoyen internaute : ce n'est pas parce que c'est sur Internet que c'est gratuit... CQFD?

@ Gilles Garcia Eh oui. Nous galopons librement dans le Far Web, à la recherche de l'Eldorado-modèle-économique. Toujours pas trouvé. Merci pour votre commentaire ;-)

Laurent merci pour vôtre réponse . Les FAI ont gratuitement à travers les sites P2P, à leur disposition un catalogue immense de musiques , films , logiciels , jeux . Le retour pour eux en pub et potentiel d'abonnements est 100 % il me semble .

Eh bien, oui bien sûr, mais de là à dire que les gens s'abonnent à Internet pour la seule raison qu'ils auront ainsi la possibilité de pirater, c'est aller un peu vite à mon gout. Et quand bien même: la preuve est faite que ce phénomène n'influe en rien sur la vente de produits de culture.   Et même si 100% des gens ne s'abonnaient que pour ça, le simple fait que ce faisant ils accèdent à l'unique moyen d'exercer pleinement leur liberté d'expression implique pour moi qu'on ne peut pas user de cet argument pour instituer une taxe sur les FAI. On ne devrait jamais taxer le moyen d'exercer une liberté fondamentale.

Je ne saisis pas l'audacieux raccourci que vous faites entre "s'abonner pour pirater" et "exercer pleinement (sa) liberté d'expression ?

Comme l'a (justement) rappelé le Conseil Constitunionnel, Internet est à ce jour l'unique moyen pour le plus grand nombre d'exercer son droit fondamental à la liberté d'expression.   Si les gens s'abonnent pour pirater (ce qui à mon avis ne concerne qu'une petite minorité: l'email reste l'usage le plus courant du réseau), il accèdent aussi ce faisant à ce qui à terme leur garantit l'usage de ce droit fondamental. Ce qu'on constate couramment c'est le jeune qui "pompe" tout ce qu'il peut avant petit à petit de s'intéresser aux autres (aux vrais) usages d'Internet. Et c'est ce qui compte à mes yeux.   Taxer sans discrimination (license globale) l'unique moyen d'exercice d'un droit aussi fondamental que celui qui permet l'existence même d'une démocratie, outre le fait que ça n'a aucune justification économique (voir études déjà citées), me semble très largement injustifié.   Mais ce n'est que mon opinion.

"Ce qu'on constate couramment c'est le jeune qui "pompe" tout ce qu'il peut avant petit à petit de s'intéresser aux autres (aux vrais) usages d'Internet. Et c'est ce qui compte à mes yeux." --> Alors là, je comprends. Et j'adhère.

D'accord avec une critique des bénéfices démesurés de certains artistes et des majors mais aussi de beaucoup d'autres nouveaux acteurs dans le domaine , ce qui manquait un peu dans les échanges suite à vôtre contribution. En tout cas je continue à me poser beaucoup de questions et les diverses réactions ici me permettent de voir plus large .

Laurent Chemla, il semble que vous ayez des objections de principe contre toute forme de licence globale et il serait intéressant que vous les développiez davantage. Pour l'instant, les arguments que vous avancez me paraissent assez discutables : . "ça n'a aucune justification économique (voir études déjà citées)" Les études citées ne font que démonter le mensonge d'un manque à gagner pour les majors, dont serait responsable le téléchargement. Elles sont donc un bon argument pour contrer leurs éventuelles tentatives de monopoliser le produit d'une éventuelle licence globale. Mais elles ne disent rien sur la pertinence économique de la licence globale comme moyen de financer par exemple les créateurs et la création qui auraient choisi de s'affranchir des majors pour leur diffusion via Internet. . "On ne devrait jamais taxer le moyen d'exercer une liberté fondamentale Il y aurait matière à un vrai débat philosophico-politique sur le coût (et pas seulement la taxation) des moyens permettant d'exercer effectivement nos libertés fondamentales. Mais de façon plus pragmatique, je serais tenté de répondre qu'à partir du moment où ce moyen est déjà payant, au bénéfice d'opérateurs privés, je ne vois rien de scandaleux à y ajouter un taxe mesurée au bénéfice de l'intérêt public. L'important, c'est que le coût de l'accès à Internet ne soit pas prohibitif pour les personnes les plus modestes (ce qu'il est déjà, même sans taxe). Le vrai combat sur ce terrain-là serait d'ailleurs de militer pour un droit d'accès à un service minimum universel en faveur des plus démunis, plutôt que sur le coût général de cet accès. . Si je me permets d'insister dans ma critique de vos arguments, ce n'est pas tant par goût de la polémique que parce que j'ai le sentiment que nous n'échapperons pas - que nous le souhaitions ou non - à une forme de licence globale ou de redevance. Je crois vain de s'y opposer par principe (même si je suis prêt à entendre les arguments qui pourraient fonder cette opposition) et donc dangereux de le faire, parce que cela nous distrait du combat à mener sur le terrain des modalités de répartition du produit de cette redevance pour éviter que soient reproduites les positions monopolistiques et nocives pour la création que nous connaissons ailleurs.

Bon, on en vient au fond du problème :)   Si je crois bon de me lancer dans une opposition à la license globale, c'est - justement - parce que, moi aussi, je ne crois pas qu'on y échappera et qu'il me semble bon de réfléchir dès à présent aux défauts d'une telle option.   Vous réfutez deux arguments, je les reprends pourtant: les créateurs et la création sont actuellement financés (qu'ils dépendent ou non de majors, ça n'a rien à voir) par un système (très opaque) de redistribution effectuée par les sociétés d'auteurs. Est-ce trop demander qu'ils fassent le choix soit de s'en contenter sans chercher à augmenter les revenus d'icelles sous de faux prétextes, soit qu'ils décident (car ils en sont membres et ont ce pouvoir) de faire en sorte que les revenus colossaux que celles-ci reçoivent déjà soient mieux redistribués (par exemple en limitant la durée durant laquelle une oeuvre est rétribuée, au delà d'un certain montant) ?   Au nom de quoi Internet, qui ne sert certainement pas uniquement à diffuser - quelle qu'en soit la méthode - les oeuvres de ces auteurs devrait-il être entièrement taxé pour qu'eux seuls soient rémunérés, et au nom de quoi tous les auteurs de toutcontenu ne devrait-il pas toucher sa quote-part si on devait taxer tout Internet ? Pourquoi seulement les artistes, et pas les blogueurs, les journalistes, les graphistes, les simples citoyens, wikipedia, et même Google tant qu'on y est ?   Tous ceux-là offrent du contenu sur Internet. Au moins ne taxe-t'on pas globalement la radio en tant que telle, mais uniquement la musique lorsqu'elle y est diffusée, lorsqu'il s'agit de rémunérer les auteurs de musique!   Et si l'on décide, pour une raison qui resterait à définir, qu'il faut une nouvelle taxe pour aider la création, pourquoi taxer Internet plutôt que, qui sait, les autoroutes ou la bouffe pour chats ?   Et si l'on décide de créer une taxe globale sur Internet, pourquoi celle-ci devrait-elle servir à la rémunération des artistes plutôt qu'à augmenter les bas-salaires ou à offrir aux plus nécessiteux une connexion à cet outil (ce qui, pour le coup, serait logique) ?   Dès lors qu'il a été prouvé qu'Internet ne diminue en rien les revenus des artistes, quelle justification pouvez-vous trouver à cette nouvelle taxe et qui ne s'appliquerait qu'à eux ?   Allons plus loin: certains artistes en effet ont choisi non pas de se passer des majors mais ne ne pas signer le contrat léonin de la SACEM, et diffusent leurs oeuvres sur Internet (car il est quasiment impossible de passer à la radio ou à la télévision sans appartenir à une société d'auteur). Par ce biais, ils se font connaître et se découvrent alors le choix soit d'intégrer une maison de disque qui profitera de la notoriété qu'ils auront déjà acquise, soit de vendre directement leurs oeuvres par ce biais, soit encore de faire appel aux dons (je vous renvoie par exemple à Jamendo). Dans tous les cas ils seront rétribués selon le mode qu'ils auront choisi. Assez, pas assez, ça reste à débattre, mais c'est leur choix comme c'est mon choix de publier ici gratuitement des billets que je pourrais vendre à tel ou tel journal si j'en avais le talent, ou de choisir de développer des logiciels libres soit pour mieux me faire connaître et obtenir des contrats soit pour vendre des services annexes soit encore pour les personnaliser ou les installer chez des clients n'ayant pas les compétences pour le faire eux-même.   Je ne demande pas à la communauté de cotiser pour me rétribuer de mes propres choix de diffusion de mes oeuvres.   J'ai déjà, je le crains, déjà plus ou moins répondu à votre critique de mon second argument: s'il faut taxer Internet, alors que ce soit pour que cette liberté fondamentale soit accordée à tous plutôt que pour le seul bénéfice de quelques-uns.   Mais voici mon troisième argument: par qui pensez-vous que sera prélevée cette license globale si elle devait être un moyen de financer la création, sinon justement par les mêmes sociétés d'auteurs qui par définition ne paieront rien aux artistes autoproduits qui ne voudront pas participer à ces monopoles dispendieux et déséquilibrés ?   Comment ferez-vous pour obtenir que les revenus ainsi collectés ne s'ajouteront pas en majeure partie à ceux déjà colossaux des artistes les plus connus ?   A moins, peut-être, de créer une nouvelle SACEM dont ne seraient adhérents que ceux qui font le choix de diffuser leurs oeuvres par Internet ? Mais alors, quelles oeuvres, et j'en reviens à la question que je posais à La cuisine de Nicolas: qui décidera de ce qui est ou non une oeuvre digne de rétribution, et même si vous solutionnez cette question, comment seront calculés les revenus des adhérents sans que soit créé un système centralisateur permettant de savoir quel succès rencontre tel auteur et qu'on imagine mal exister dans le cadre totalement décentralisé d'Internet ?

Cher Laurent Chemla, . Merci pour votre réponse circonstanciée et les nombreuses questions que vous me renvoyez. Cette fois, j'en ai pour mon argent ;-) . J'avoue que je n'ai pas les connaissances /compétences suffisantes pour me faire une opinion sur tous les points que vous évoquez. Il me semble cependant qu'on peut les ranger en trois catégories : 1) ceux qui portent sur le principe même d'une taxation globale de l'accès à Internet ; 2) ceux qui portent sur son opportunité ; 3) ceux qui portent sur les modalités de collecte de cette taxe et de répartition de son produit. . Sur la première catégorie, je crois que nous avons une divergence de fond : pour ma part, je ne suis pas opposé par principe au fait qu'une taxation globale d'Internet puisse être utilisée pour développer certains usages particuliers comme l'échange non marchand d'oeuvres numériques ou la création de nouvelles oeuvres dont le financement par le seul jeu du marché est loin d'être garanti. Par fonction, toute forme de fiscalité repose sur une "injustice" démocratiquement - en principe... - choisie : une assiette large pour une affectation ciblée, sans quoi il n'y a pas d'effet redistributif, et autant laisser faire le marché. . Sur la deuxième catégorie, il me semble tout d'abord qu'il y a un malentendu. Je ne défends pas n'importe quelle forme de licence globale et surtout pas celles qui ne feraient qu'enrichir ceux qui sont déjà riches. Pas plus que celles qui prétendraient financer indistinctement toutes formes de création indépendamment de leur popularité. Une fois sorti de ce malentendu, si je défends l'opportunité de quelque chose qui ressemble à la licence globale pour promouvoir la diversité et l'accès à cette diversité, c'est parce que je ne me résouds pas au laisser-faire et que je ne vois pas d'autre solution radicalement différente qui permette d'atteindre le même objectif. . Pour ce qui est de la troisième catégorie d'arguments, oui, je suis d'accord avec vous, cela pose toutes sortes de problèmes techniques et politiques. J'ai la naïveté de croire qu'on peut, en se battant un peu (beaucoup ?), leur trouver de bonnes solutions, même si ce n'est pas gagné d'avance. Alors oui, pourquoi pas comme vous le proposez "une nouvelle SACEM dont ne seraient adhérents que ceux qui font le choix de diffuser leurs oeuvres par Internet" ? A condition que cette diffusion soit gratuite, et que cette nouvelle société de collecte et de répartition soit moins opaque et moins coûteuse en frais de gestion. Et, pourquoi pas, qu'elle associe à son fonctionnement les internautes/consommateurs. . Mais vous allez me dire que je rêve, non ?

De toute évidence, ce sur quoi nous avons une divergence majeure c'est sur la nécessité d'une taxe pour promouvoir la diversité et l'accès à cette diversité. Pour moi l'exemple de Jamendo suffit à démontrer que cette diversité existe, que son accès est aisé, et que ça continuera (la musique existe depuis que l'homme est l'homme et continuera d'exister quels que soient les cris d'orfraie des sociétaires de la SACEM).   Ensuite...   Vous parlez de laisser-faire. Lequel ? J'ai du mal à vous suivre ou à trouver un exemple qui n'ait pas déjà été abordé.   Enfin, je ne saurais trop vous conseiller pour que votre rêve prenne fin de lire l'ouvrage Main basse sur la musique pour voir à quoi vous allez vous heurter.

Merci pour vos conseils de lecture. J'ai suivi le lien, et le seul résumé de l'ouvrage fait froid dans le dos. Je vais m'y plonger, cet été quand j'aurai un peu de temps. Pour autant, faut-il baisser les bras et se résoudre à ce que l'émergence d'une société de collecte et de répartition alternative soit impossible ou doive nécessairement présenter les mêmes tares ? Oui, c'est le combat du pot de terre contre le pot de fer, mais des combats de ce type, il s'en mène tous les jours, et la victoire n'est pas toujours du côté du plus fort. Mais peut-être considérez-vous que ce serait de l'énergie dépensée en pure perte, et mieux utilisée ailleurs. Vous avez peut-être raison. Je connais trop peu la question pour pouvoir poursuivre le débat sur ce terrain. . Pour ce qui est de Jamendo, je pratique quasiment depuis le début. Dogmazic aussi, un peu. Il y a quelques mois, j'avais expliqué dans un billet pourquoi j'en étais arrivé là. Ce sont des projets intelligents, enthousiasmants, et apparemment robustes. Comme vous le dites, ils démontrent que la diversité existe. En revanche, ils ont leurs limites. . Pour les créateurs ayant atteint une certaine notoriété, les modalités de rémunération que propose Jamendo deviennent insatisfaisantes, et ils vont voir ailleurs ; vous allez me dire que c'est leur droit et que par ailleurs rien ne les y oblige, mais si "ailleurs", c'est nécessairement passer sous les fourches caudines de la SACEM et/ou entrer dans le catalogue des majors, c'est un peu dommage et c'est ce qui m'incite à vouloir imaginer une alternative (éventuellement incluse dans des projets tels que Jamendo). C'est en ce sens que je désapprouve le "laisser-faire". Conséquence mécanique de cet écrémage de l'offre de sites tels que Jamendo : la diversité qui nous est proposée est surtout celle de l'extrémité de la" longue traîne". C'est bien, mais ce serait encore mieux si on pouvait fidéliser ceux du "milieu". En leur absence, l'accessibilité à cette diversité doit être relativisée.

Du côté des indépendants : PRINTEMPS DE BOURGES : APPEL AUX STRUCTURES INDEPENDANTES Loi HADOPI : La création sacrifiée Lors de la 1ère édition des rencontres profesionnelles du MaMa à Bourges, les 21 et 22 avril 2009, les labels indépendants membres de cd1d.com (fédération professionnelle nationale de plus de 100 labels) se sont réunis et ont élaboré un texte collectif afin de faire entendre leur position singulière, largement ignorée dans tous les débats qui animent le monde de la musique (Loi Hadopi, nouveaux modes de répartition, etc). Ainsi, au travers des différentes fédérations, régionales et nationales, que nous sommes (cd1d, FEPPIA, Phonopaca, Ferarock, Fedurock...), ces acteurs indépendants ont décidé de se faire entendre et d'imaginer, ensemble, les collaborations susceptibles d'imposer davantage les réalités et les urgences de nos structures, nos équipes et les artistes que nous soutenons. http://www.cd1d.com/newsdesk_info.php?newsPath=10&newsdesk_id=72

Concernant la SACD - Société des Auteurs compositeurs Dramatiques - consoeur moins puissante que la SACEM - outre l'accord récemment signé avec Dailymotion sur la rémunérations des "official content", elle s'interroge encore sur le reste. La Cuisine de Nicolas (par ailleurs sociétaire de la SACD - soit le plus haut grade des adhérents) était présente à une réunion à ce sujet. Lorsque nous avons évoqué l'existence des "motion makers" et autre "creative content", les membres du conseil d'administration nous ont rétorqué "qu'on allait pas distribuer des droits d'auteur aux amateurs". (sourires) Par ailleurs, il est clair que les frais de fonctionnement (en excluant même la dimension somptuaire) sont tels que le peu de droits à espérer à l'heure actuelle sur Internet ne suffiront même pas à payer le calcul de la redistribution. Enfin, sauf le respect que je leur dois, ils ont dix ans de retard sur cette réflexion -- Je conclue momentanément que les auteurs / créateurs / diffuseurs de contenu ont tout intérêt à créer eux-mêmes leur propre société de répartition. Tiens ! Un nouveau "passe-temps", comme disait l'autre. Ça nous manquait...

N'oubliez pas que si un artiste a déjà déposé des oeuvres à la Sacem (j'imagine qu'il en est de même pour la SACD ?), l’artiste en devient membre et est contraint à certaines obligations, notamment de devoir déposer toutes ses oeuvres futures à la Sacem (dans ce cadre, un membre de la Sacem ne peut signer ses oeuvres sous licences libres ou Creative Commons).

Oui... et non. Nous sommes effectivement tenus de déclarer toutes nos oeuvres à la SACD - si tant est que le "répertoire" existe - et lorsque j'ai adhéré à la SACD, le répertoire "Internet" n'existait pas. Moyennant quoi (?), la SACD est parfaitement au courant de l'existence de La Cuisine de Nicolas, mais jamais personne ne nous a demandé de la déclarer à la SACD - et pour cause, ils n'ont à l'heure actuelle aucun moyen de percevoir de droits d'auteur, ils sont dans la position de la poule qui a trouvé un couteau... Mais cette problématique est loin de celle des musiciens adhérents de la SACEM.

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