Jeu.
09
Fév

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

L'honneur, sans médaille, de deux journalistes

De prime abord, on pourrait être tenté de ne pas s'arrêter à cette information microscopique. Deux journalistes françaises, Françoise Fressoz et Marie-Eve Malouines, respectivement chefs du service politique du Monde et de France-Info, ont refusé, lundi, la Légion d'honneur qui leur a été attribuée par le chef de l'Etat dans le cadre de la traditionnelle promotion du 1er janvier : la belle affaire !...

 

En ces temps de déchaînements de la violence dans la bande de Gaza ou de crise historique du capitalisme, il y a sûrement dans l'actualité d'autres sujets plus dignes d'intérêt que celui-là. Beaucoup de médias n'ont donc accordé qu'une rapide attention au sujet. Une petite brève, ici ou là. Rien de très important, en quelque sorte...

 

Il faut pourtant l'admettre : dans l'évocation rapide de ces refus, il y a plus que cela. Sans doute y a-t-il aussi un peu de gêne. Car, en vérité, dans le petit monde de la presse, la liste est longue des journalistes qui ont accepté ces dernières années la fameuse décoration. C'est même devenu une habitude : dans chaque promotion, celle du 1er janvier comme celle du 14 Juillet, on découvre, sans que nul ne s'en émeuve, sans que cela ne fasse débat, un ou deux noms de journalistes. Isabelle Baillancourt (TF1), Patrick Buisson (LCI), Ruth Elkrief (BFM-TV), Elise Lucet (France 3), François Gault (Radio France), Christine Ockrent (à l'époque à France 3), Philippe Reinhard (journaliste politique, auteur de Bernard Tapie ou la Politique au culot (Editions France-Empire, 1991) et de Brice Hortefeux le mécano de Sarko (Le Cherche Midi, 2007), Régis Faucon (TF1), Yves Messarovitch (à l'époque au Figaro) : ce n'est là qu'un bref échantillon de quelques récents récipiendaires. Un bref échantillon qui ne prend pas en compte les autres décorations, tel le Mérite national, ou le Mérite agricole, très courus aussi dans les milieux de la presse ou du journalisme.

 

Oui, très courus : comme si le journalisme de gouvernement prenait insensiblement le pas sur le journalisme indépendant, au fur et à mesure de la prise de contrôle de la presse par des obligés du Palais. Dans le même mouvement, on a vu un nombre croissant de journalistes accepter de jouer les conseillers, intégrant hier la Commission des comptes de la nation, plus récemment la Commission Attali...

 

Le refus de la Légion d'honneur s'inscrit, certes, dans une histoire longue. Depuis que le 29 floréal an X (19 mai 1802), une loi portant création la Légion d'honneur a été promulguée par le Premier consul, Bonaparte, d'innombrables intellectuels, artistes ou écrivains, ont refusé, pour d'innombrables raisons, de recevoir la décoration. De Gérard de Nerval à George Sand ; de Littré à Courbet ; de Pierre et Marie Curie à Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ; d'Albert Camus jusqu'à Jacques Prévert, de Georges Brassens à Léo Ferré - qui a brocardé «ce ruban malheureux et rouge comme la honte» : d'innombrables figures connues ont refusé la distinction. Chacun pour des motifs distincts. Parce qu'ils estimaient ne pas la mériter; parce qu'ils ne voulaient pas participer à une quelconque course aux honneurs; parce qu'ils considéraient que la Légion d'honneur s'inscrit dans la tradition du Consulat et de l'empire et pas dans celle d'une authentique démocratie...

 

Des refus, il y en a donc eu de nombreux. Jusqu'à celui, tout récent, détaillé par Edwy Plenel sur son blog, de la mathématicienne Michèle Audin, qui vient d'écrire une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, expliquant pourquoi elle n'acceptait pas cette décoration, en fidélité à son père, Maurice Audin, ce jeune et brillant mathématicien qui, militant du parti communiste algérien, engagé dans le combat anticolonialiste, fut arrêté, torturé et assassiné par l'armée, en juin 1957.

 

Mais dans la presse, ces dernières années, la Légion d'honneur a prospéré. Au point que l'on a parfois, ici ou là, oublié les solides évidences qu'ont rappelées mes deux consœurs Françoise Fressoz et Marie-Eve Malouines, pour expliquer leur geste. «De retour de congés, j'ai découvert avec étonnement que je figurais sur la liste de la promotion du 1er janvier de la Légion d'honneur. Contrairement à l'usage, je n'ai été informée de rien avant la publication de cette liste», a déclaré la première dans un communiqué à l'AFP, avant d'ajouter : «Rien, dans mon parcours professionnel, ne justifie pareille distinction. Je pense en outre que, pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l'écart des honneurs. Pour ces raisons, je me vois dans l'obligation de refuser cette distinction.» «Je ne vois vraiment rien, dans mon parcours, qui puisse justifier une telle distinction, c'est pourquoi je me vois dans l'obligation de refuser cette prestigieuse décoration», a expliqué de son côté la seconde.

 

Réaction de bon sens : il n'est de bon journalisme, il n'est de journalisme honnête qu'indépendant de tous les pouvoirs. Loin de toute attache courtisane. Mais réaction rare, ou en tout cas peu fréquente dans le monde de la presse.

 

C'est Honoré de Balzac (1799-1850) qui, voilà bien longtemps, dans Grandeurs et misères des courtisanes, pointait le danger dont le journalisme doit perpétuellement se défier : «Quiconque a trempé dans le journalisme ou y trempe encore est dans la nécessité cruelle de saluer les hommes qu'il méprise, de sourire à son meilleur ennemi, de pactiser avec les plus fétides bassesses, de se salir les doigts en voulant payer ses agresseurs avec leur monnaie. On s'habitue à voir faire le mal ; on commence par l'approuver, on finit par le commettre. À la longue l'âme, sans cesse maculée par de honteuses et continuelles transactions, s'amoindrit, le ressort des pensées nobles se rouille, les gonds de la banalité s'usent et tournent d'eux-mêmes. Les Alcestes deviennent des Philintes, les caractères se détrempent, les talents s'abâtardissent, la foi dans les belles œuvres s‘envole. Tel qui voulait s'enorgueillir de ses pages se dépense en de tristes articles que sa conscience lui signale tôt ou tard comme autant de mauvaises actions. On était venu (...) pour être un grand écrivain, on se retrouve un impuissant folliculaire.»

 

Mais Balzac ajoutait aussi ce codicille : «Aussi ne saurait-on trop honorer les gens chez qui le caractère est à la hauteur du talent (...) qui savent marcher d'un pied sûr à travers les écueils de la vie littéraire.»

 

Or ces écueils-là, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, sont de plus en plus nombreux et menaçants pour la presse. C'est l'honneur de Françoise Fressoz et de Marie-Eve Malouines que de l'avoir rappelé. A leur façon - presque discrètement. Sans ostentation ni défi. En se gardant de toute leçon de morale. En rappelant, oui, cette élémentaire mais décisive ligne de conduite: «Pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l'écart des honneurs.»

Tous les commentaires

Merci de ces infos , de ce rappel bienvenu, "sans ostentation", de ce texte de Balzac... Il y a aussi des Philintes ( et des Célimènes) qui deviennent des Alcestes . Vancouver

Merci

Merci pour ce billet sur ce geste salutaire.

Ni microscopique ni anecdotique, cette information a au contraire du sens. En contrepoint de la publication des noms des récipiendaires elle permet de faire comprendre le monde tel qu'il est et devrait pour cela être très largement diffusée. Quelque soit l'intelligence des êtres, l'ego mène le monde et bien instrumentalisé asservi souvent les hommes les mieux disposés. Heureusement que nous avons ainsi l'occasion d'apprendre que certains d'entre eux fonctionnent encore avec dignité et que l'attitude la plus bassement commune n'est pas universellement partagée. Si par ailleurs on croit à la valeur de certaines décorations, ces refus sont aussi, de façon indirecte, une façon de rendre hommage à ceux qui la méritent et qui sont bien maltraités par ce déluge de distributions instrumentalisées. Ils rendent également, à leur manière tout son honneur à leur profession qui a trop tendance à se perdre dans les limbes de la communication. Alors merci pour cette information qui complète le billet d'Edwy Plenel.

Merci pour cette information qui est le meilleur hommage qui puisse être fait à un journaliste politique qui, comme l'affirme une d'elles "doit rester à l'écart des honneurs". Et merci aussi à Françoise Fressoz et Marie-Eve Malouines qui, par les temps qui courent, ont pris une attitude courageuse.

Bravo, voilà des honnêtes Femmes, au sens d'honnêtes Homme, qui par ce geste si évident mais trop rare font honneur à leur profession. Et Merci à Laurent Mauduit de nous informer.

Oui, il valait la peine de s'arrêter à cette information microscopique. Elle est symbolique et fait du bien.

Merci pour ce noble billet relatif à une très noble réaction, que Gérard Courchelle a évoquée, hier matin, sur France-Inter.

Deux gestes exceptionnels qui devraient être la régle. Bravo Mauduit et ..... Balzac.

Bravo à elles : ce qu'elles nous disent c'est qu'elles n'ont pas besoin de bravos pour cette décision qui les honore, dans le métier qu'elles font. Merci Laurent Mauduit, quand on lit ici ce genre d'articles ou de billets, on sait pourquoi on est abonné. Maintenant il en faudrait d'autres qui aient ce sens du métier. Les Obligés du Palais comme vous le dites si bien commencent à faire cohorte.

Fort heureusement, il y en a qui sont "sains d'esprit". Le pire, c'est que je suis sûr que leur geste étonne alors qu'il devrait être considéré comme tout à fait normal. Mais le normal devient presque l'exceptionnel et est devenu exemplaire. Exemplarité qui méritait bien un billet de blog.

Toujours le mot aimable, Georges de Furfande Non, pas 50 articles! Une seule dépêche de l'AFP, qui a été colée ici ou là sur certains sites. Mais Libé, puisque vous citez ce journal, n'en a fait qu'une brève dans le quotidien...

Et les récipiendaires de la médaille du cornichon à pédales, on connaît-on la liste ?

T'as la Légion d'honneur, Georges ? Si tu l'as pas tu la mérites.

Cette application hautement honorable des fondamentaux est loin d'être un fait microscopique ou une anecdote sans importance, à la différence de bien des sujets abondamment traités chaque jour... J'aimerais bien voir publiée une liste des refuseurs, dont je doute qu'ils soient vraiment légion mais qui me semblent assez bien honorer l'idée d'honneur.

J'aimerais bien voir publiée une liste des refuseurs, dont je doute qu'ils soient vraiment légion C'est le cas de le dire :-)

Moi ça m'est bien égal qu'elle refusent la légion d'honneur. Ce qui m'importe au plus haut point c'est que les journalistes fassent leur travail avec précision et un souci d'objectivité des plus inaltérables. Après ça, on verra bien... Si on leur décerne la légion d'honneur quand même, ça ne me dérange pas.

N'est jamais dérangé celui qui a décidé vouloir ne pas être dérangé, tel le Philinte du Misanthrope que décrit J.J.Rousseau : "Ce Philinte est le sage de la pièce un de ces honnêtes gens du grand monde dont les maximes ressemblent beaucoup à celles des fripons; si modérés qui trouvent toujours que tout va bien parce qu'ils ont intérêt que rien n'aille mieux, qui sont toujours contents de tout le monde, parce qu'ils ne se soucient de personne, qui autour d'une bonne table, soutiennent qu'il n'est pas vrai que le peuple ait faim, qui le gousset bien garni trouvent fort mauvais qu'on déclame en faveur des pauvres, qui de leur maison bien fermée verraient voler, piller, massacrer, égorger tout le genre humain sans se plaindre, attendu que Dieu les a doués d'une douceur très méritoire à supporter les malheurs d'autrui". Cette citation, qui, j'en conviens dépasse le cas d'Alain Gillis, qui, avant de prendre des distances, aurait dù être frappé par la liste des journalistes que sarko a décoré depuis qu'il est au pouvoir, des journalistes qui, bien entendu, sont du côté du manche.

Formidable citation...

C'est très bien votre citation. Mais je ne vois pas en quoi elle me concerne. Je pense que cette déco n'a pas grande importance comparée à l'influence du journaliste qui accomplit un rigoureux travail d'information. Maintenant s'il faut comprendre que la légion d'honneur achète les journalistes au point qu'ils s'en trouvent empêchés d'écrire et de parler convenablement l'information... Alors là il faut le dire comme ça. Me comparer à un type qui serait toujours content de tout le monde, comme vous dites. Je ne suis pas spécialement enchanté par le travail de bien des journalistes... Peut-être sont-ils décorés ... Faut voir ça.

Ah là là, quelle citation en effet !

Le monde à l'envers. En ce sens que l'on est surpris (et dans ce cas heureusement) de l'attitude qui devrait être la norme pour tout journaliste qui se respecte et que me remonte plus douloureusement à la gorge l'attitude scandaleuse et honteuse de toute la troupe de journalistes participant à la curée (je ne trouve pas d'autre mot) menée par le président à l'égard de Laurent Joffrin lors d'une conférence de presse à l'Elysée. Gérard Sellès.

Je suis totalement d'accord avec vous - c'est le fond de l'affaire. Chacun peut penser ce qu'il veut des décorations. J'ai cela, pour ma part, en totale aversion, estimant que cela s'inscrit dans une tradition plus monarchique ou bonapartiste que réellement démocratique. Mais je comprends que l'on puisse contester mon point de vue. Mais dans le cas des journaliste, la norme devrait être le refus. Pour la raison indiquée par François Fressoz. Or, la norme n'est pas le refus. Vous avez donc raison de dire que cela fonctionne comme un révélateur. Au même titre de l'épisode cruel que vous rappelez, celui d'un Sarkozy menant la charge contre Joffrin à l'Elysée, sous les rires d'une cohorte de journalistes...

En ces temps de glaciation politique, on désespère parfois de voir le retour d'une meilleure saison. Alors, le moindre rayon de soleil réchauffe le coeur! Et il est important que ce genre de nouvelle parvienne au plus grand nombre. Merci!

L'épisode cruel que vous mentionnez pour Laurent Joffrin non soutenu par ses confrères est également révélateur de l'efficacité de la méthode employée par Sarkozy. Quelques semaines plus tard, Joffrin ouvrait ses colonnes à l'épouse du président pour une promo sans pareille et malgré la protestation de ses journalistes. Ce que l'on ne peut sans doute pas souligner entre confrères en tant que lectrice soucieuse d'une presse non soumise je tiens à le rappeler. C'est la raison pour laquelle la position de Françoise Fessoz et Marie-Eve Malouines mérite d'être saluée et particulièrement valorisée. Tous les journalistes ne fonctionnent pas sur le même registre autant le faire savoir le plus largement possible pour marquer et faire comprendre la différence.

Raymondb Instinctivement, quand je vois une rosette à une boutonnière, mon sentiment envers l'intéressé change : je le trouve plus antipathique ou moins sympathique.

Bonjour, Le refus d'un honneur décerné par l'État, même symbolique, par des journalistes politiques relève effectivement du bon sens professionnel. Aujourd'hui, mais aussi hier et demain. Mais plus aujourd'hui qu'hier ou demain? Laurent Mauduit, dans le dernier paragraphe de son billet relie explicitement l'approbation du geste des deux jouranlistes Françoise Fessoz et Marie-Eve Malouines à l'identité du Président de la République. Puisqu'il dit que c'est l'honneur de ces deux journalistes que d'avoir rappelé que les écueils à la pratique effective et exigeante du journalisme sont de plus en plus nombreux et menaçants pour la presse "sous la présidence de Nicolas Sarkozy". Je ne suis pas certain, mais peut-être suis-je mal informé, que ces deux journalistes approuvent plus cet honneur là que celui d'État qu'elles ont su refusé. Par ailleurs, cela signifie-t-il qu'il y ait eu des acceptations de cet honneur d'État par des journalistes politiques sous d'autres présidences moins inacceptables aux yeux de Laurent Mauduit (sachant par ailleurs que celui-ci se borne à évoquer des journalistes qui ont accepté cet honneur uniquement depuis l'élection de l'actuel président)? Ce rapprochement entre ce geste et le détenteur actuel de la magistrature suprême est opéré encore plus explicitement par Edwy Plenel dans son billet relatif à Michèle Audin. La lettre qu'elle a adressée au président, qui évoque un passif familial complexe, douloureux et assez personnel, est présenté par Edwy Plenel à travers un billet assez violent contre ledit président mais dont l'aspect relatif à celui-ci est sans rapport aucun avec le contenu de la lettre. Alors, ces refus d'honneur sont-ils plus remarquables et appréciables parce que le Président est qui il est? L'auraient-ils moins été en d'autres temps? Cordialement,

Clairement non! A mon sens, il s'agit pour un journaliste d'une question de principe et non d'une question de circonstance. En pointant les menaces particulières "sous la présidence de Nicolas Sarkozy", je voulais juste donner un argument de plus - mais qui dans mon esprit est second.

Merci Monsieur Mauduit de votre réponse. Je pense que le passage que je cite de votre dernier paragraphe va bien plus loin qu'un argument qui serait second. Vous y écrivez très clairement deux choses: - Faire du journalisme de qualité sous la présidence de Nicolas Sarkozy est (encore) plus difficile qu'avant: "ces écueils sont encore plus nombreux et menaçants pour la presse". - Les deux journalistes Françoise Fressoz et de Marie-Eve Malouines ont rappelé ces faits par leur refus de la légion d'honneur, et cela leur fait honneur. Or, ces deux journalistes n'ont jamais dit publiquement que le premier point constituait leur opinion et que leur geste manifestait leur volonté de le rappeler et de le dénoncer. Autrement dit, le premier point constitue votre opnion et vous avez cru que le geste de vos confrères vous autorisait à penser qu'elles pensaient de concert. L'"argument Sarkozy" pourrait être considéré comme second si vous l'aviez présenté comme votre opnion à vous seul, mais le glissement que vous avez opéré en attribuant votre pensée à vos confrères montre en fait que cet argument est au coeur du billet que vous nous avez livré, y occupant d'ailleurs la place conclusive. Pour finir, j'ai une demande à vous faire: serait-il possible que vous nous décriviez, matériellement, au quotidien et précisément ce qui rend aujourd'hui plus difficile qu'avant Nicolas Sarkozy président, le métier de journaliste? Merci d'avance et bien cordialement, Sylvain Sautier

@ Sylvain Lovefab On n'arrive pas à comprendre si votre remarque a quelque chose à voir avec des mouches ou avec des cheveux coupés en quatre.

@Sylvain Folbave Une réponse à votre question sur la difficulté accrue ou non d'être journaliste sous Sarkozy : sous Sarkozy, on fout à poil un journaliste à six heures du matin et on vérifie digitalement s'il ne dissimule pas quelque diffamation dans son intimité. Pure humiliation pour l'interpellé, et message d'intimidation à toute la presse. Et on est censé être encore en démocratie... Certes, sous Napoléon III, on tuait certains journalistes. Mais sommes nous certains que cela ne risque-t-il pas d'arriver si on laisse dériver Naboléon IV ? Le refus des deux journalistes n'en prend que plus d'ampleur symbolique.

Je pourrais vous en parler pendant des heures; vous parler de la situation générale de la presse, et de ma propre expérience, moi qui ai quitté Le Monde, en refus de la censure d'un article. Je vais juste à l'essentiel: vous comprendrez assez facilement qu'avec le rachat de Libération par Rothschild (ami proche de Sarkozy); l'entrée en force de Lagardère (qui se dit le "frère" de Sarkozy) dans le capital dans le capital du Monde, la prise de contrôle des Echos par Bernard Arnault (témoin de mariage de Sarkozy), la situation s'est au quotidien très fortement dégradée. Confère les débats professionnels au Monde: au moment même où j'étais moi-même censuré, Colombani imposait à la rédaction une réorientation éditoriale, pour passer du "journalisme d'investigation" au "journalisme de validation". Confère les débats au Echos, dont la vice-présidente de la société des rédacteurs a fait état lors de notre soirée au Théâtre de la Colline. Confère les injonctions de l'UMP pour que l'AFP soit aux ordres et reprenne sans sourciller tous ses communiqués. En bref, des pressions, il y en a toujours, sous la gauche comme sous la droite. Mais indéniablement, la situation s'est dégradée, lourdement dégradée. A la manière de la situation à la télé: quand le CSA nommait les président de châines publiques, il y avait envers et contre tout des pressions ou du népotisme; la nomination par Sarko du président de France Télévision n'en constitue pas moins une très grave régression démocratique. Voilà! Tout cela fait tout de même un horizon terriblement chargé, convenez-en!

Dit comme ça, franchement, c'est plus clair.

Merci Monsieur Mauduit. Je pense qu'effectivement l'essentiel c'est le capital des quotidiens de la presse écrite et des chaînes de télévision. La loi devrait interdire aux entreprises qui bénéficient de marchés publics d'entrer dans le capital des organes de presse et de ces chaînes. Et il devrait y avoir, pour tous les autres investisseurs, une limite à la détention du capital de ces organes. Sur le point suivant, je suis plus sceptique. Les débats éditoriaux dans les organes de presse ne signifient pas que les hommes politiques sont parvenus à influencer certains des protagonistes de ces débats. Mais sur les deux exemples que vous citez, le Monde à l'époque de Colombani et les Echos, peut-être pouvez-vous nous en dire un peu plus: ces débats éditoriaux ont-ils eu comme arrière plan une opération d'influence d'intérêts politiques ou commerciaux? Sur l'UMP et l'AFP, on peut malheureusement toujours faire confiance à ce parti pour agir comme si le pouvoir était un dû. @miradou: désolé de ne pas avoir été clair: j'essayais de montrer que Laurent Mauduit faisait dire à ses deux consoeurs ce qu'elles n'avaient pas dit et qui relève juste de son opinion. Bien à vous

Après avoir lu l'article d'E. Plenel à propos de Madame M.Audin, et avoir incidemment entendu que Mesdames F. Fressoz et M-E. Malouines avaient eu aussi ce geste qui les honorent, j'attendais un article de MEDIAPART sur ces dernières. Le voici , et c'est très bien ainsi. Chapeau Mesdames! Avec tout mon respect. Juan Obregon

PatrickRÖDEL un petit mot, cher Laurent, pour m'étonner que vous ait échappé une formule qui cadre mal, me semble-t-il, avec ce que votre billet montre si bien, que ces deux journalistes ont une haute opinion de leur métier et de leurs devoirs qui leur interdit d'entrer dans une course aux honneurs toujours discutable : sans donner de leçon de morale, dites-vous. Et du coup, vous voici dans le camp des pourfendeurs de cette pauvre morale, toujours montrée du doigt, toujours bavarde et "moralisatrice", bien sûr, toujours ennuyeuse et ringarde. Alors qu'on aurait exactement pu dire le contraire : ces deux journalistes nous donnent une fort belle leçon de morale . La marque d'un respect de ce qu'elle se doivent, une conception élévée de leur devoir, et sans doute pas seulement au sens d'une déontologie, mais au sens d'une option morale qu'elle soit de type kantien ou chrétien...Je vous fais, évidemment, un mauvais procès et je comprends fort bien ce que vous vouliez dire, à savoir qu'elles n'en rajoutent pas, qu'elles ne font pas la leçon aux autres - mais cette attitude serait aux antipodes de la morale !!! -, qu'elles n'affichent pas une excellence éthique qui cacherait tous les petits et grands arrangements avec leurs intérêts. Mais peut-être suis-je inutilement pointilleux ? vous me pardonnerez.

Vous avez raison, cher Patrick. Il suffisait que je pointe la retenue....Et que je parle de la morale comme vous le faites.

Je ne sais qui a dit : "La légion d'honneur c'est comme les hémoroïdes, n'importe quel trou du cul peut l'obtenir" C'est peut-être le même qui a observé à propos de l'Académie Française : "Ils sont quarante là-dedans, ils ont de l'esprit comme quatre".

Il semble que ce soit Jean Yanne.

C'est vrai que dans l'époque où nous vivons peu de personnes refusent la légion d'honneur , ce sont encore des femmes qui refusent, et qui nous montrent le chemin de la probité,en disant non , elles refusent : " CE RUBAN MALHEUREUX ET ROUGE COMME LA HONTE DE VOTRE VISAGE QUE VOUS PORTEZ A VOTRE BOUTONNIÈRE " ,c'est vrai que LEO FERRE ,l'avait bien décrit ,ce colifichet que BONAPARTE distribuait à ses sujets les mieux asservis et les plus rampants ,SARKOZY qui se prend pour ce "grand homme" (boucher sanguinaire) en a la taille ,un égo démesuré, la perfidie, le mépris du peuple (et de la vie des gens qu'il envoie se faire tuer dans tel ou tel conflit ,en risquant de nous ramener ces conflits en FRANCE par le biais des attentats),il lui manque qu'une chose, être un véritable chef d'état au lieu d'être un chef mafieux, en faisant une politique ,non pour le peuple qui l'a élu ,mais pour ses amis ,en ruinant un peu plus la FRANCE. Je comprends encore mieux ces deux femmes extraordinaires qui refusent de se plier devant cet homme qui a voulu et a tout fait pour donner 400 millions a TAPIE (quatre fois ce qu'a rapporté le téléthon) quand le peuple s'escrime a donner quelques sous pour aider la recherche, je salue ces femmes qui sont au dessus, et qui savent que d'être journaliste , ce n'est pas se prosterner devant cette personne qui tous les jours portent des attaques honteuses à la démocratie de note pays.Vous ,vous avez su rester libre, Vous êtes l'honneur de la FRANCE, à défaut de légion d'honneur.

Mes respects, mesdames.

Merci Françoise Fressoz et Marie-Eve Malouines pour contribuer à relever ce beau métier que certains, hélas ! de plus en plus nombreux, par ignorance, par soumission ou par cupidité, contribuent à dénaturer.

Chapeau Mesdames ! Mais au fait, est-ce un simple hasard qu'il s'agisse de deux femmes ?... Dans le même esprit que certaines réactions précédentes, je me permets également de renvoyer ceux qui le voudront à la fameuse tirade dite du "Non merci", extraite de Cyrano de Bergerac (Edmond Rostand) --> http://fr.wikiquote.org/wiki/Cyrano_de_Bergerac_(pi%C3%A8ce)

"Et s'en faire un tuteur en lui léchant l'écorce..." Aujourd'hui on cire les pompes, on passe la brosse à reluire, on lèche les bottes. Rostand disait ça bien mieux... merci de ce rappel, MTM

Les journalistes devraient refuser. Cela va sans dire. Mais au fond les journalistes sont des hommes comme tous les hommes, tout simplement. Il n'y a pas de catégories professionnelles, politiques, sociales etc... plus vertueuses les unes que les autres. Il m'a toujours semblé que ce n'est pas la fonction qui fait l'homme, mais l'homme qui fait la fonction. Aussi réjouissons-nous que certains ou certaines en la circonstance se montrent à la hauteur de leurs responsabilités. Déplorons tout simplement qu'ils ne soient pas plus nombreux. Jugeons les hommes n'ont pas en fonction de leur appartenance à tel ou tel groupe mais bien pour ce qu'ils sont individuellement, et pour leur pratique de tous les jours.

bravo mesdames quel honneur de vous avoir parmi nous

bravo mesdames quel honneur de vous avoir parmi nous

C'est bien que nos deux consoeurs aient refusé avec cette calme détermination. Pour ma part, ayant reçu au cours de ma carrière les médailles de chevalier puis d'officier des Arts et Lettres sans que j'aie jamais demandé quoi que ce fut – la première fois, par la droite, la seconde par la gauche, la première fois parce que le ministre est venu par surprise dans mon Journal, la seconde parce que je l'ai appris par le JO – j'ai compris que le "pouvoir" disposait avec ces médailles d'un joli moyen de pression (on hésite ensuite à écrire de façon critique sur les personnes qu'on soupçonne d'être intervenues en votre faveur en haut lieu). Mais, bon, d'accord, cela existe depuis deux siècles, non ? Et les deux consoeurs étaient-elles obligées de rendre publique leur lettre de refus ? Ce ne sont que deux questions comme ça, en passant. Quant à Balzac, le grand, l'immense Balzac, il avait tout compris, lui, de la pente fatale qui fait glisser le journaliste, quoi qu'il en ait, du courage à la résignation...

Cher Michel, je pense que les deux journalistes ont eu raison de rendre public ce geste exemplaire qui rappelle à toute la profession les effets pervers des sirènes de la décoration honorifique sur la déontologie. Certes, tous les décorés ne se couchent pas, ni avant, ni après. Mais beaucoup le font... Je tire mon chapeau à ces deux courageuses et lucides consoeurs. L'ancien directeur du "Canard", Roger Fressoz (tiens, ce nom me rappelle quelqu'un d'autre), reprenait souvent la formule fameuse de je ne sais plus qui : "Ce n'est pas d'avoir le ruban qui est déplorable, c'est de l'avoir mérité !" Une règle non écrite au "Canard" : quiconque reçoit la Légion d'honneur est viré. Yvan Audouard m'a raconté un jour qu'on lui avait téléphoné depuis le ministère de la culture : comment, vous, Yvan Audouard, vous ne L'avez pas ? Nous allons faire quelque chose. Surtout pas, répondit Yvan, je ne suis pas encore assez gâteux pour risquer le licenciement... Bonne année, cher Michel, et j'espère vous rencontrer à nouveau à Dijon.

Mesdames, Toutes trois qui refusez l'ignominie et la bassesse je crois bien que je vous aime, mes dames!!! un artiste-épicier-terroriste tapi dans l'ombre...

Anarcho-autonome, tu es démasqué, sort de ta boutique !

A contrario, je ne suis pas surpris qu'Elise Lucet ait obtenu et accepté la médaille, compte tenu de la vigueur avec laquelle elle s'est attachée à démolir Ségolène Royal au moment de l'élection présidentielle.

Ces décorations sont le sceau de la satisfaction du Prince et de son arbitraire. On peut s'amuser à comparer le mérite nécessaire pour recevoir telle distinction dans cette carrière ou celle-là. Un simple soldat devra risquer la mort, un dictateur quelconque n'aura qu'à ne pas s'opposer à quelque intérêt français. On peut s'interroger sur l'intérêt de la police à connaître la liste de vos hochets (expérience personnelle) - peut-être qu'ainsi distingué, un sort plus doux sera le vôtre, le prix d'une nouvelle noblesse...

Merci à ces deux journalistes de refuser avec élégance cet honneur qu'elles pensent ne pas mériter et ainsi de rejoindre la liste pas si courte que ça de nos grands intellectuels artistes et/ou scientifiques mais aussi simples citoyens qui n'ont pas voulu de cette décoration.Cela leur évite d'être aussi à coté d'Isabelle Balkany je crois. mon arrière grand père "mort pour la France" a été décoré à titre posthume peut être à juste raison, je n' en sais rien. il est toute fois bizarre de le voir coincé entre depardieu et walt dysney, tout honorable qu'est le métier d'artiste.

Le succès de ce billet dont le sujet est qualifié de microscopique par son auteur même, est, en soi, intéressant. Avoir la légion d'honneur, comme Sollers ou Todorow et tant d'autres, ça fascine. Mais la refuser, c'est comme l'avoir deux fois. Les français adorent. Par ailleurs le mixage entre les politiques et les journalistes est tel qu'ils se marient ensemble assez fréquemment... Comment lutter contre cette altération de l'indépendance des journalistes ? Encore une fois, rien n'est plus subversif que le travail d'information et d'explication qui défait les ruses de la langue de bois. Le ruban, bof... . Ps Lorsque vous détaillez (Laurent Mauduit) dans votre dernier message, les soucis du métier, au monde en particulier, on comprend mieux. C'est plus explicite que le coup du refus de la légion...

Position honorable de la part de ces deux journalistes. Mais est-ce vrai que l'on puisse être "candidat" à la légion d'honneur sans être prévenu en quoi que ce soit ?? Sans que l'on vous demande votre accord ?? Ces deux journalistes ont dit être surpris de s'être retrouvés sur la liste sans avoir donné leur accord.

C'est ce que disent les deux journalistes. Et le ministre chargé des relations avec le Parlement, Karoutchi, sur le contingent duquel ces noms ont été proposés, l'a confirmé.

Sacré cloclo ! Au fait, tu l'as, le ruban, cloclo ?

Deux soeurs choisissent chacune le métier qui leur convient. L'une devient journaliste, est engagée par la télévision. Grimpe dans la hiérarchie et finit par présenter le 20 heures. Elle acquière la notoriété et une rémunération plus que confortable. L'autre après des études de médecine, s'installe comme généraliste dans une région ignorée où elle remplit une fonction essentielle pour la population. Elle finit compte tenu de son nombre d'heures et de son nombre de patients à vivre également confortablement sans atteindre sans doute la rémunération de sa soeur. L'une se verra attribuer la légion d'honneur, l'autre pas. Tous ceux qui remplissent leur fonction avec professionnalisme quelque soit leur métier reçoivent rarement, et sans doute tant mieux, cet excès d'honneur. Pour ceux qui auraient encore des doute, je demande pourquoi l'attribuer à la première ?

Merci Laurent de cet article. . «Pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l'écart des honneurs.» à cela j'ajouterais... et des compromissions. . Juste un petit rappel parmi tant d'autres : . Voici un "reportage" sur TF1: http://2.upload.dailymotion.com/video/x1roxl_nicolas-sarkozy-en-camargue-20-04-2_news il semble "naturel", les mots du candidat "spontanés", les commentaires des journalistes "opportuns". Tout est dans la joie... . A écouter les commentaires absolument, maintenant, avec le recul ! . En fait, ce "reportage" a été monté en vitesse, car deux images de Bayrou circulaient depuis peu sur le net, l'une où on le voyait galoper sur un cheval blanc dans les Pyrénées, prise par un amateur: caea574b5fb0b946a21523f1f4603d8c.jpg . l'autre avec ses chevaux, chez lui à Bordères : a31e95da9890433adb70e365c67916bb.jpg . Il fallait donc parer, rapidement... ne pas laisser passer cette image sans la "contrer"... . Et voici comment les journalistes, ont "travaillé" ou plutôt se sont presque "prostitués", entassés sur une charrette tirée par un tracteur, dans la boue: . ae39e928ca1301c5cb1601e311c681cc.jpg . Ce n'est pas la presse française qui a d'abord montré ce "montage", mais la presse étrangère. Les photos ont ensuite été reprises par des médias et blogs français dont l'excellent article: http://henrikaufman.typepad.com/et_si_lon_parlait_marketi/2007/04/n_sarkozy_en_ca.html . Une autre "photo" montre les "journalistes" à l'oeuvre sur leur charrette: . 4f341b8621f6946a4dd5e7cccfefb248.jpg . Les médias français en sont là !!! . Je vous écoutais, Laurent, ce midi sur France Info, "débattre" entre autres avec Monsieur Pécresse des Echos sur l'assurance chômage qui est en attente d'accord. Quelle tristesse ! . Comment peut-on vraiment traiter un sujet si important avec quelques secondes par journaliste, où seul celui qui a la meilleure rhétorique - pas forcément les arguments les plus pertinents - arrive à s'imposer ??? . De telles "informations" sont indignes d'un pays qui se dit "démocratique". Ces débats sur France Inter et France Info sont une mascarade. . Le seul point "intéressant" est que le journaliste officiant vous présente comme "co-fondateur du journal en ligne Mediapart" et termine son "débat" par les mots: ...."sur mediapart où les lecteurs auront plaisir à vous retrouver" ou une phrase similaire. Bonne pub pour mediapart, c'est la seule chose qui en vaut la peine. Le "débat" n'en est pas un car aucun argument ne peut être développé correctement. . Alors, oui, vous avez raison, «Pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l'écart des honneurs.» mais cela suffit-il pour informer correctement tout un pays avec ce qui reste ??? . Je me souviens de votre excellent débat - un peu plus long et mieux argumenté - avec Daniel Schneidermann et septembre dernier que vous avez relaté sur votre blog. . Les choses n'ont pas beaucoup changé depuis, elles ont plutôt empiré. Surtout quand on analyse à QUI appartiennent les médias. Il y a peu d'espoir que les choses changent dans un proche avenir. . L'aventure Mediapart est d'autant plus courageuse...

doublon

Merci, Etoile 66, de ce mot... Juste une réaction: France Info a la gentillesse de m'accueillir chaque jeudi. Et Edwy chaque week-end. Mediapart, jeune journal indépendant, a besoin de visibilité pour grandir. Je suis pour ma part reconnaissant à ces confrères, à la différences d'autres, de ne pas nous tenir à l'écart, tout au contraire...

Cher Laurent, Mais bien entendu, c'est ainsi que j'ai bien perçu vos interventions sur France Info, ainsi que celles d'Edwy. Mediapart s'installe ainsi dans le paysage et c'est tant mieux. N'empêche que de tels "débats" sont terriblement frustrants - du moins pour moi qui suis habituée aux débats beaucoup plus longs sur les médias allemands et où les journalistes laissent les gens parler et ne leur coupent pas constamment la parole. Il ne reste qu'à espérer... Bon courage !

Il est réconfortant de voir dans ce pays des femmes et des hommes qui se tiennent debout et de plus, ne sucombent point aux sirènes sarkoziennes. Respect Mesdames. Pour ma part, je pense que le colifichet couleur sang distribué par "notre bon maître" aux plus méritants de ses zélés thuriféraires a, à peu près, la même valeur que les accessoires tape-à-l'oeil dont il s'entoure et fait partie avec Ray-Ban, Rolex, Gucci et le reste, de ce besoin permanent d'étalage du médiocre qui ne revient pas de sa "réussite" et qui pense que ses sujets sont à son image... La cour de récréations de maternelle ; mais il a passé l'âge.

Merci de vos choix éditoriaux, de votre traitement de l'info, et de relayer quelques vérités bonnes à entendre.......... longue vie à Médiapart

Il est dommage que la Presse aie occulté cet acte de courage.... Quand je l'ai évoqué sur mon blog , j'ai eu des gens ""interloqués du refus d'un tel hommage " ... Il y a encore des irresponsables !!! ou des amis de Nicolas pour s'en offusquer !!! Mais il reste beaucoup de VRAIS FRANCAIS pour le comprendre ....;Mais que ne ferait-il pas pour rester "Bling-Bling ".....

Il y a longtemps, quand j'étais sous les drapeaux, j'appris qu'il fallait saluer toute personne portant l'insigne de la légion d'honneur, dès lors qu'on était en tenue militaire, car cette médaille était décernée pour "Conduite civile irréprochable et méritante ou faits de guerre exceptionnels après enquête officielle". Autrement dit : L'Ordre National de la Légion d'Honneur récompense les « mérites éminents » acquis au service de la Nation, soit à titre civil soit à titre militaire. Termes du 1er article du Code de la Légion d'Honneur et de la Médaille Militaire. Décret n° 62-1472 du 28 novembre 1962. J'aimerais bien savoir aujourd'hui ce qui est dit à nos jeunes soldats. Pour ma part, il y a bien longtemps que je n'ai que mépris pour cet insigne insigne remis à titre civil. Napoléon disait " ces insignes ne sont que des hochets, mais ce sont avec des hochets que l'on mène les hommes". Ite missa est

Freddy, Comme vous avez raison ;-)

SARKOZY agit comme le pratiquait le Régime Soviètique, c'est à dire la disribution, des médailles, ça coûte pas cher et c'est beaucoup plus compromettant!!! M.PLANCHET

Beaucoup de bruit pour rien ou l''honneur d'un dramaturge, avec deux médailles. Je ne considère pas la "légion d'honneur", ce "hochet par lequel on mêne les hommes" comme l'avait déclaré le futur chef de l'Empire, comme particulièrement 'honorifique". Son refus n'est donc pas pour moi une manifestation d'honneur. Je peux par contre apprécier que le journal le Monde ait rappelé à l'occasion du décès d'harold Pinter ( qui avait 'accepté la décoration "republicaine" française et son équivalent "royaliste" anglais , dont il était commandeur) que ce dernier avait soutenu le régime sandiniste et condamné avec une violence sans emphase la coalition Bush-Blair, allant jusqu'à demander la traduction de ce dernier devant le TPI. Cela pourrait honorer Françoise Fressoz si le service politique de ce journal a eu son mot à dire. Il n'en va pas de même pour France Info qui a, pendant deux jours et demi complets passé en boucle une "information" sur la mort du dramaturge qui avait des "positions tranchées". Mais aucun auditeur ne saura jamais quelles étaient ces "positions". Si le service politique de France Info a eu son mot à dire alors c'est peu honorable pour Marie-Eve Malouines. Ce que l'on demande aux journalistes c'est de connaître la vérité ou , à tout le moins, les informations dont ils disposent. Pas des des bravades, même si parfois il leur faut de la bravoure, comme Zola dans l'Aurore. Au prix de sa vie.

Journaliste ou magistrat, même combat pour la liberté de leur jugement. Quelqu'un me rétorquait: ce n'est pas la déco qui fait problème, c'est la question de savoir si on se couche ou non. Pour moi le problème de la liberté de jugement des journalistes et des magistrats est rendu manifeste par la CONNIVENCE de ces messieursdames. Les "dîners en ville", les voyages dans le même avion (qui paye ?), les week-ends ensemble, etc, montrent qu'ils sont du même monde singulier qui n'est pas celui du peuple. Dans ce monde-là, avant de s'entre-trahir, on s'entre-décore comme on se rend des petits ou de plus importants services. Donc, honneur à Françoise et à Marie-Eve.

ce sont des choses rares par les temps qui courent.

Newsletter
Je m'identifie