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Caisses d'épargne : l'indispensable débat

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C'est un paradoxe de l'histoire récente des Caisses d'épargne. Du fait de la stratégie choisie par son ancienne direction, le groupe de l'Ecureuil a été, de tous les grands établissements bancaires français, l'un de ceux qui a été le plus durement affecté par la crise financière qui secoue la planète. Mais depuis que les principaux dirigeants ont été mis sur la touche, à la suite de la perte de plus de 750 millions d'euros sur les marchés financiers, l'heure du bilan ne semble toujours pas venue. La crise dans laquelle se sont enfoncées les Caisses d'épargne n'était-elle pas de longue date prévisible ? N'y-en-a-t-il pas eu de nombreux signes annonciateurs ? Pourquoi la puissance publique n'a-t-elle pas voulu y prendre garde ?

Et pourquoi l'Elysée, après avoir œuvré publiquement à la mise à l'écart de Charles Milhaud a-t-il cherché à lui offrir un poste de repli ? Pas de remise à plat ni de grand débat public : tout s'est, en fait, passé comme si le pouvoir jugeait urgent que le dossier des Caisses d'épargne soit maintenant au plus vite refermé. Et que l'on cesse d'en parler.

 

C'est dire à quel point le débat organisé samedi 15 novembre, à partir 18 H 30, par la commission culturelle de Comité d'entreprise de la Caisse d'épargne Ile-de-France au Centre culturel La Clef (21, rue de la Clef, 75005, Paris) est utile - on peut télécharger ici l'invitation à cette soirée. Plus qu'utile, indispensable !

 

Le thème du débat, auquel participeront Michel Husson (membre du comité scientifique d'Attac), et Yann Moulier Boutang (professeur à l'Université de technologie de Compiègne) et auquel les organisateurs ont eu la gentillesse de me convier, est certes plus large que cela. Ce sont, plus généralement, des «Leçons de la crise financière» dont il sera débattu. Mais c'était une raison de plus que Mediapart s'associe à cette initiative.

 

La première raison coule de source. La crise qui ébranle le capitalisme contemporain a pris une tournure si spectaculaire que tous les lieux de débat sont les bienvenus. Sur Mediapart, nous avons donc multiplié les initiatives. Enquêtes, reportages, entretiens, décryptages, «partis pris» : notre journal en ligne s'est d'abord beaucoup investi, dès que la crise s'est accélérée, pour s'appliquer à en décrire les mécanismes, pour tenter de la rendre intelligible. Dans le même mouvement, et parce que notre ambition est de créer un journal participatif, riches de nombreux «blogs» ou d'«éditions», nous avons fait tout notre possible pour que le «club» de Mediapart, qui regroupe toutes les contributions, individuelles ou collectives, de nos abonnés, accordent une très large place à cette crise dont la portée est historique. Dans cette même logique, Mediapart se devait donc d'être présent à ce débat organisé par le Comité d'entreprise de la Caisse d'épargne d'Ile-de-France.

 

La deuxième raison est également transparente. C'est que le dossier des Caisses d'épargne est effectivement devenu, en France, hautement symbolique. Très emblématique autrefois du capitalisme rhénan, l'Ecureuil a suivi ces dernières années une mue accélérée, qui l'a conduit à tourner le dos à ses missions d'intérêt général pour tenter une aventure hautement risquée, celle des marchés financiers. Ses déboires présents sont donc très illustratifs des dérives dans lesquelles s'est laissé prendre ces dernières années le capitalisme français. Pour avoir tenu, tout au long de ces dernières années, la chronique des mutations du capitalisme français - et la chronique aussi des mutations des Caisses d'épargne -, j'ai donc naturellement été heureux que les organisateurs de ce débat m'y convient.

 

Mais il y a aussi une troisième raison à ma présence. Une raison, si je puis me permettre de le dire, plus personnelle. Tout au long des enquêtes que j'ai réalisées pour raconter l'évolutions des Caisses d'épargne, j'ai en effet buté parfois sur des difficultés. C'est ainsi - les abonnés de Mediapart le savent - que mon enquête en sept volets que Mediapart a publiée fin janvier début février nous a valu à Edwy Plenel (en qualité de directeur de notre publication) et à moi-même (en tant qu'auteur) dix mises en examen chacun, sur des plaintes en diffamation déposées par l'ancienne direction des Caisses d'épargne. Vingt plaintes au total, donc, parce que dès le début de l'année, nous avions donné l'alerte (on trouvera ici notre article sur ces poursuites judiciaires).

 

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Mais il n'y a pas eu que des difficultés. Tout au long de mes investigations, j'ai reçu aussi de formidables appuis, sans lesquels j'aurais peiné à avancer. Même si je dois évidemment taire leurs noms, de nombreux dirigeants de l'établissement, à tous ls échelons, m'ont apporté constamment une aide précieuse, me permettant de tenir un récit rigoureux. Tout comme j'ai reçu, constamment, de nombreux témoignages spontanés de salariés des Caisses d'épargne que je ne connaisais pas et dont les alertes m'ont souvent été très utiles - de salariés que j'ai le plaisir fréquent de retrouver parmi les abonnés et contributeurs de Mediapart. Et à chaque fois que j'ai sollicité les syndicats des Caisses d'épargne, tous ont joué la transparence et m'ont apporté l'aide que je leur demandais. C'est d'ailleurs ainsi que j'ai fait la connaissance de Patrick Saurin (Sud Caisses d'épargne), qui animera ce prochain débat : je lui avais donné la parole, sous la forme d'un entretien vidéo, dans le premier volet de l'enquête de janvier, qui m'a valu cette cascade de mises en examen. On retrouvera cet entretien ci-contre, réalisé en janvier 2008.

 

En plus du débat d'idées, c'est donc aussi la raison de ma participation. Qu'il me soit maladroitement permis de le dire : une manière d'exprimer ma profonde gratitude pour les aides si nombreuses dont j'ai été entouré ; les aides en particulier des organisations syndicales des Caisses d'épargne et plus généralement du secteur public financier.

Tous les commentaires

On voit à travers votre billet que la résistance interne existe, le débat organisé par le CE en est un nouveau témoignage. Et pourtant tout semble continuer comme avant ainsi que vous le soulignez. Un mur existe que rien ne semble ébranler malgré la prise de conscience de grande part de la population. Le phénomène est caricatural à la Caisse d'Epargne (parce que vous avez pris ce sujet à bras le corps, que vos articles ont eu un écho certain, que les récentes pertes ont remis le projecteur sur cette banque ) mais rien ne change et l'on peut retrouver des phénomènes identiques ailleurs. Remarquons que si les grands médias d'information on "parler" de la Caisse d'Epargne, le fond n'a jamais été réellement abordé. Serions nous déjà sorti subrepticement de la démocratie pour être en plein dans l'oligarchie ? Les Français ayant en général une bonne capacité de résistance, il ne faut baisser les bras sur aucun sujet. Expliquer et expliquer encore car il n'y aucun autre moyen.

Vous avez prononcé le mot juste, chère Dominique Gautier: une oligarchie! Par quelque prisme que l'on observe le capitalisme français, c'est ce mot qui le qualifie le mieux. Et ce trait dominant s'est, à mon sens, très fortement creusé au cours de cette dernière année.

Oligarchie : c'est bien ce que je ressens et heureusement je ne suis pas seule. L'oligarchie a tendance à vouloir se constituer suivant un ordre naturel des choses. Seuel la résistance des citoyens peut contrecarrer cette tendance naturelle. Elle ne peut s'exprimer qu'en disposant de contre pouvoirs réels et être informée librement et honnêtement.

Bonjour, Votre idée de comprendre et d'explorer les raisons de la déconfiture de l'Ecureil me paraissent totalement fondées mais, sans vouloir vous faire un procès d'intention, il me semble que la conclusion est déjà formée dans votre esprit : c'est la faute du capitalisme de type anglo saxon comme, il me semble, le laisse percevoir votre allusion au capitalisme rhénan. Or, il apparaît au contraire que la principale raison de cette situation est justement la grande connivence de Charles Milhaud avec les autorités publiques (amitiés nombreuses au PS comme à l'UMP) et donc un fonctionnement du conseil de surveillance totalement défaillant. C'est donc bien le modèle de cogestion (privé-publique) qui est ici en cause. Autre exemple frappant, la situation catastrophique des banques régionales allemandes ou des Caja espagnoles qui sont des modèles d'inefficacité et gérée sur un modèle comparable à celui des Caisses d'Epargne. Enfin, votre référence à l'oligarchie me paraît assez excessive, allez faire un tour en Russie pour voir ce qu'est une vraie oligarchie. La raison de l'apparente complaisance des médias est plus liée à un manque de connaissances économiques de la part de vos confrères des médias mainstream (il n'y a pas beaucoup de Martine Orange en France !) et surtout à un traitement en surface, de type fast food, qui interdit de facto tout recul.

@minijoule, Puisque vous m'y invitez, je précise ma pensée. Ma conviction est que la France a effectivement vécu une mutation profonde à la fin des années 80 et tout au long des années 1990: nous avons basculé d'un capitalisme rhénan à un capitalisme anglo-saxon. Mais le basculement a été imparfait. Les milieux d'affaires français ont souvent copié du modèle anglo-saxon les traits les plus sulfureux, liés à l'enrichissement des dirigeants, mais pas les règles de transparence exigées souvent (pas toujours) des marchés financiers. On a donc basculé dans un capitalisme hybride, empruntant au modèle anglo-saxon certains de ses traits, mais en gardant du vieux capitalisme français de connivence les règles d'opacité et d'endogamie avec le pouvoir. Et de ce point de vue, je trouve que l'évolution des Caisses d'épargne est très emblématique de cela. Et s'il y a une leçon à tirer de la perte des 750 et quelques millions d'euros perdus, c'est d'abord celle-là. Car par qui les Caisses d'épargne sont-elles contrôlées? Pas par le marché puisque le groupe n'est pas coté. Pas par la puissance publique, puisque l'Etat a accepté sans rien dire le désarrimage de la Caisse des dépôts et a supprimé l'agrément du ministre des finances pour le président du directoire. Résultat: pour parler clair, il n'y a plus de vrai contrôle. On l'a d'ailleurs bien vu ces dernières années: comme le président du directoire était nommé pour l'essentiel par les présidents régionaux mais comme ses présidents régionaux étaient eux-mêmes nommés par le président du directoire, ce dernier avait en fait les pouvoir absolus. En résumé, mon sentiment est que la France a versé dans le pire des capitalisme. Un capitalisme souvent sans contrôle ni vrai régulation. Un capitalisme de connivence. Oui, un capitalisme oligarchique. J'imagine que nous aurons l'occasion d'en débattre samedi...

Vous avez parfaitement raison… Tout le monde se tenait par la barbichette… mais est-ce que ça va vraiment changer ? Quant à l'absence de contrôle, pour ne parler que des contrôleurs internes et des commissaires aux comptes, ils sont rémunérés par l'entreprise qu'ils contrôlent. Alors, comment leurs conclusions et recommandations pourraient-elles être sincères et suivies d'effet compte tenu de cette totale absence d'indépendance ? Mais les «leçons de la crise financière» sont nombreuses… Mon "grand âge" et mon expérience professionnelle de près de 40 ans dans le réseau des Caisses d'Epargne me permettent d'en ajouter quelques unes… mais la liste n'est pas exhaustive. 1- Depuis les années 92-93, les fusions des Caisses d'Epargne locales ont conduit à la création d'entités qui comptent plus d'un millier de salariés et plusieurs centaines d'agences de tailles variant d'un agent à plusieurs dizaines… Aussitôt nommés, les dirigeants se retrouvent sur leur petit nuage rose – ou dans leur tour d'ivoire – (voire les deux). Grassement payés – il faut bien l'admettre-, ils sont donc convaincus de faire partie de l'élite de la nation… même s'ils ne font en fait qu'obtempérer aux ordres venus d'en haut et ne dirigent finalement pas grand-chose... Déconnectés du terrain (où ils ne se sentent guère à l'aise… souvent parce qu'ils n'y ont jamais mis les pieds...), ils s'entourent d'un aréopage de courtisans – la mini-élite – qui, pour ne pas déplaire, disent au chef tout ce qu'il a envie d'entendre… C'est tellement plus confortable… 2- Alors qu'à l'origine, les fusions ont été annoncées comme indispensables pour réaliser des économies d'échelle, il n'en a absolument rien été puisque l'aménagement des structures (administratives notamment), les rémunérations des dirigeants et cadres intermédiaires, les choix informatiques et autres ont fait exploser les coûts et les charges. Par ailleurs, le personnel en place étant le plus souvent dénigré, on a fait appel à des recrutements externes donnant lieu à des rémunérations souvent coûteuses alors que les compétences attendues et/ou avancées n'étaient pas toujours au rendez-vous… Outre les coûts, la démotivation des "anciens" a évidemment souvent suivi… quant ils ne glissaient pas des peaux de banane sous les pieds des parachutés... 3- Le turn-over de personnel s'est ainsi accéléré ce qui a eu notamment deux effets néfastes : - ceux qui arrivent veulent marquer leur passage en faisant évoluer les choses, parfois sans raison valable. Ça leur donne au moins l'impression d'exister… Or, l'absence de vision globale de l'entreprise a fait que certaines (r)évolutions ont été mal pensées. Il a parfois fallu faire marche arrière quelques mois ou années plus tard… Bonjour les coûts, les dégâts, les réactions de ceux qui ont subi les brefs passages de certains responsables... - ceux qui se savent de passage ne se soucient guère de ce qu'il adviendra après leur départ. Combien de pots cassés ramassés après leur départ... 4- L'externalisation de nombreuses prestations a certes permis de réduire les charges salariales. Mais qui peut dire si l'externalisation a permis de réelles économies ?De plus, sur le terrain, on a souvent constaté une dégradation de la qualité des travaux confiés à des personnes non ou mal formées, faiblement rémunérées par des sociétés de toutes sortes qui, elles, ont réalisé de beaux bénéfices, n'en doutons pas. Quand les dirigeants de ces sociétés n'étaient pas des proches de tel ou tel dirigeant de la Caisse d'Epargne… 5- Et que dire de la gestion des ressources humaines, prise en charge par des personnes qui ne connaissent même pas le b-a-ba des métiers de la banque et qui décident - selon quels critères ? - des recrutements externes, des promotions internes et des mutations fonctionnelles arbitraires. Comme s'il suffisait de décréter que tel administratif va devenir un commercial d'un coup de baguette magique… Quand les DRH ne poussent pas vers la sortie, souvent de manière cavalière, tant ceux qui ont hâte de partir que ceux qui sont encore utiles et auraient bien pu rester… Et je ne parlerai pas de la mégalomanie de certains… Facile de prendre des risques lorsqu'on utilise l'argent qui ne vous appartient pas tout en s'octroyant des rémunérations exorbitantes simplement parce qu'on l'a voulu…, que les résultats soient bons ou mauvais. Il faut reconnaître que si on n'avait pas créé de si grosses entreprises, les tentations n'auraient pas été si fortes… Où sont le bon sens, le professionnalisme, la prudence du banquier dans tout ça ? On a finalement récolté que ce qu'on a semé… Sauf que ce sont les clients et les agents de base qui trinquent pendant que les apprentis-sorciers, soi-disant débarqués, continueront de couler des jours heureux… dans les îles ou ailleurs... Quel gâchis ! et quel scandale !

Je partage évidemment toutes vos remarques, qui me semblent nourries effectivement d'une grande expérience.

Bonjour, pardon pour ma réponse tardive. Je suis trop jeune pour juger du capitalisme français dans les années 50-70 et donc je ne peux que vous faire confiance sur l'évolution depuis les années 80. Néanmoins, il me semble que vous oubliez un point, à mes yeux essentiel, qui a permis ces dérives : le centralisme à la française et de facto la proximité des "élites". Tous les organes de pouvoir économique, politique ou culturel sont à Paris ce qui revient à créer les conditions matérielles à l'établissement de ce que vous appelez (il me semble de manière excessive) une oligarchie (en ce sens la Russie est un bon parallèle, puisque dans les affaires russes il y a Moscou et le désert). Je ne suis pas une fanatique régionaliste, mais il me semble que le modèle centralisateur français est fatalement voué à ces dérives et il faut donc l'intégrer à nos réflexions pour contrer ces phénomènes. Enfin, et sans vouloir vous blesser, votre dernière phrase montre bien ce paris-centrisme que l'on retrouve chez de nombreuses parisiens (je sais de quoi je parle rassurez vous, j'y ai vécu et j'avais le même reflexe) puisque pour vous il est évident que je viendrai samedi à votre table ronde à Paris, hors j'habite Genève. Notez bien que j'aurai adoré y participer donc je vous lance un appel : organisez certaines réunions ailleurs qu'à Paris ! Cordialement PS: Merci à MTM pour son témoignage "embedded" dans les Caisses d'Epargne, je note surtout le constat de dérive des coûts suite aux fusions des caisses locales.

Pardon! Je comprends votre remarque sur le Paris-centrisme... Mais ma dernière remarque ne vous visait pas. Je voulais dire que ce point que nous débattions serait sûrement évoqué lors de la réunion à laquelle j'ai été invité; et je ne tenais pas pour un fait acquis que vous y seriez. Vous remarquerez aussi que nous l'équipe de Mediapart fait de son mieux pour répondre à toutes les sollicitations à Paris comme en régions. Et je viendrais avec bonheur à Genève si un groupe d'abonné(e) de Mediapart souhaite que nous y organisions un débat. Quant à votre remarque sur le centralisme, je la partage évidemment. Le centralisme mâtiné de bonapartisme....

Les organisations syndicales sont sur ce plan l'un des derniers remparts de la probité, n'eût été le rôle que certaines centrales ont eu et ont encore pour dérèglementer le paritarisme. Le Nouvel Obs a édité quelque chose d'intéressant, récemment, qui éclaire l'ensemble du dérapage systématique, pas seulement pour la Caisse d'Epargne, mais qui montre où et comment elle se fait épingler à son tour : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20080930.OBS3359/?xtmc=cecaisseepargne&xtcr=1 Et on revient alors à "Petits conseils", d'un certain Laurent Mauduit, chez Stock, en 2007!!! Belle anticipation...

Bonjour A l'attention de minijoule. Effectivement il y a eu connivence entre les Pouvoirs Publics de droite comme de gauche. Je suppose que vous savez comment fonctionnent les COS ( Conseil d'Orientation et de Surveillance des Caisses Régionales ) et le Conseil de Surveillance de la CNCE !!!! C'est un système consanguin total !!!!!!. Depuis belle lurette, les Ministres de l'Economie successifs ( y compris SARKOSY ) auraient dù retirer l'agrément à Charles MILHAUD. Disons tout simplement, tout le monde a fermé les yeux. Ce qui peut-être le plus grave c'est que les rapports des Commissaires aux Compte aient été jeté aux oubliettes, comme les rapports de la Commission Bancaire. C'est quand même invraisemblable qu'un jeune trader ait joué tous les fonds liquides de la CNCE au Casino des produits dérivés ( soit environ 7 milliards d'euros ). Sur ce point là tout le monde est peu disert. Je vous informe que ces 7 milliards d'euros, représentent une somme équivalente à la totalité des transactions financières de l'ensemble des valeurs du CAC 40 sur une journée. Donc si les Caisses d'Epargne ont perdu 751 millions d'euros, en quelques jours, tout porte à croire que la direction était au " parfum " et qu'elle a laissé faire croyant obtenir le " jackpot " permettant de se refaire par rapport aux pertes colossales générées par la filiale " NATIXIS ".

à MTM C'est l'exacte vérité. Les meilleurs éléments de la base ont été harcelés, mutés arbitrairement, voire licenciés arbitrairement, parce qu'ils dérangeaient les nouveaux dirigeants qui avaient soi disant la science infuse, mais uniquement pour leur portefeuille. Et ce qui devait arriver est arrivé : les Caisses d'Epargne sont au bord de l'agonie. Et la nouvelle perte annoncée en octobre par NATIXIS ne va pas arranger leur situation, victime encore d'un trader sur les produits dérivés.

N'habitant pas près de Paris, je ne pourrai pas venir, aussi, je compte sur vous pour le compte-rendu de cette rencontre ! . Ce dossier des Caisses d'Epargne est si dense en informations que je ne me souviens plus avoir lu quelque chose au sujet d'un examen de cette affaire par une commission parlementaire, chargée de procéder à l'écoute des explications des principaux responsables de la gestion, pour le moins obscure et calamiteuse, de cette institution qui récolte l'épargne populaire. Y en a-t-il une ? Pouvez-vous m'éclairer à ce sujet ? Merci d'avance. .

Il serait effectivement judicieux que le contrôle parlementaire s'exerce. Or, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est très défaillant. Avant que la crise des Caisses d'épargne ne s'accélère, il avait été prévu que la commission des finances de l'Assemblée procède à l'audition de Charles Milhaud. Mais, au dernier moment, il a été décidé que cette audition resterait à huis clos. En clair, fermée à la presse. A ma connaissance, la confidentialité de l'audition n'a pas été levée...

Sur les oligopoles et les oligarchies, un texte de Samir Amin qui dans sa partie analytique me semble extrêmement intéressant: http://www.marianne2.fr/Debacle-financiere,-crise-systemique-_a92710.html?PHPSESSID=695c5c899ff1469d2d0adcd1e4231343 l'idée principale est celle-ci: "Le système capitaliste actuel est dominé par une poignée d’oligopoles qui contrôlent la prise des décisions fondamentales dans l’économie mondiale. Des oligopoles qui ne sont pas seulement financiers, constitués de banques ou d’assurances, mais de groupes intervenant dans la production industrielle, dans les services, les transports, etc. Leur caractéristique principale est leur financiarisation. On doit entendre par là que le centre de gravité de la décision économique a été transféré de la production de plus-value dans les secteurs productifs vers la redistribution des profits occasionnée par les produits dérivés des placements financiers. C’est une stratégie poursuivie délibérément non par les banques mais par les groupes « financiarisés ». Ces oligopoles ne produisent d’ailleurs pas de profits, ils raflent tout simplement une rente de monopoles par le biais de placements financiers." Quant au centralisme étatique et bonapartiste français, il me fait rigoler, croyez-vous que Washington ne soit pas la capitale des lobbies? Plus généralement: "Les pouvoirs en place, au service des oligopoles financiers, n'ont pas de projet autre que celui de remettre en selle ce même système.", et les particularismes institutionnel historiques des pays pèsent peu.

Bonjour Laurent Mauduit,
Est-il possible de savoir comment s'est déroulée cette réunion qui devait se tenir samedi ?
Merci d'avance !

Chaleureuse et utile. Mais comme j'étais à la tribune, pour y prendre la parole, et non dans la salle, pour prendre des notes, je peine à en faire un compte-rendu. En bref, c'est pour l'essentiel, comme annoncé de la crise financière qui a été au coeur du débat, avec les deux économistes invités: de la mécanique de la crise, des moyens d'en sortir...

Ah bon ?! :o) Je me contenterai donc de votre impression : "chaleureuse et utile"... Bien à vous, Corinne

Et l'organisateur (le Comité d'entreprise de la CE Ile de France), il ne peut pas "nous" faire un petit-compte-rendu ? (que Mediapart pourrait diffuser ?...) Parce que nous, les provinciaux, nous aimons bien savoir... un peu... ce qui se dit à Paris... surtout lorsque c'est hors des circuits habituels et "aseptisés"... Je profite quand même de ce petit mot pour adresser toutes mes félicitations et tous mes remerciements à Mediapart, à Laurent Mauduit ainsi qu'à ses consoeurs et confrères pour toutes les informations intéressantes qu'ils mettent à notre disposition. Merci et chapeau ! Et puis, pouvoir réagir et/ou commenter, et profiter des réactions des autres internautes, c'est super ! Re-merci et re-chapeau ! Et continuez...

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