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Les imposteurs de l’économie

A la veille du débat que Mediapart organise, jeudi 29 mars au Théâtre national de Chaillot sur le thème « Des économistes au-dessus de tous soupçons ? » en présence de nombreux économistes ou chercheurs, je voudrais apporter ici, par avance, une première pierre à cet échange. Et à cette fin, je voudrais expliquer les raisons qui m’ont conduit à mener une longue enquête sur les économistes français, consignée dans un livre, intitulé Les imposteurs de l’économie (Editions Gawsewitch) à paraître ce même jeudi.

Ce que je vais écrire ici n’engage donc pas les orateurs qui s’exprimeront au Théâtre de Chaillot. Comme il s’agit d’un débat libre, chacun donnera ce jour-là son regard - qui peut être contraire au mien ou le nuancer- sur les menaces qui pèsent sur le monde des économistes et leur l’indépendance ; sur l’honnêteté du débat économique et sur son pluralisme ; ou encore sur les menaces qui pèsent sur l’enseignement de l’économie aussi bien dans le secondaire qu’à l’Université. Mais pour que cette confrontation soit la plus fructueuse possible, sans doute n’est-il pas inutile que je m’explique par avance sur les raisons qui m’ont conduit à mener cette enquête. Et sur les enjeux démocratiques que recouvre, à mon sens, ce débat.

Si j’ai jugé utile de mener ce travail, c’est pour une première raison : ces derniers mois, j’ai été frappé de constater que dans de nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis, les économistes les plus médiatisés ont parfois été critiqués. Mais pas en France, ou quasiment pas. Et cette différence de traitement, j’ai voulu chercher à en percer le mystère.

De fait, nul vrai débat ni réelle polémique en France. Malgré la violence de la crise, malgré le cortège de souffrances sociales qu’elle a généré, quelques économistes parmi les plus médiatisés, ceux qui courent micros et plateaux de télévision, ont juste été moqués, de proche en proche, pour leur manque de discernement ou de clairvoyance. Dans les magazines, on a donc vu fleurir, ici ou là, le bêtisier de la crise. On en connaît les héros, puisque tous les économistes connus, ou presque, ont été épinglés. De l’économiste de la banque Natixis Patrick Artus (« La crise est finie ») jusqu’à l’économiste de l’Ecole normale supérieure Daniel Cohen (« La bonne nouvelle c'est que cela ne durera pas plus longtemps »), en passant par l’entremetteur du capitalisme parisien Alain Minc (la crise est « grotesquement psychologique ») ou encore l’économiste Anton Brender (« Les paniques bancaires à l’ancienne ont disparu grâce au dispositif d’assurance des dépôts mis en place pour permettre de les éviter »). Mais ces inepties proférées par les économistes français les plus connus ne les ont condamnés à une abstinence médiatique, même courte: depuis que la crise a commencé, ce sont donc toujours les mêmes experts, même ceux qui se sont le plus gravement trompés, que l’on entend perpétuellement sur toutes les ondes de radio et dans toutes les émissions de télévision.

Aux Etats-Unis, l’affaire a pris une tournure différente. Comme ici, des économistes ont été critiqués pour s’être trompés - mais en vérité qui ne se trompe pas? Mais, surtout, un débat autrement plus grave a été lancé: des économistes parmi les plus connus ont été mis en cause pour leur connivence avec le monde de la finance qui a entraîné la planète tout entière dans la tourmente. Des économistes ont été pointés du doigt pour avoir rédigé des rapports faisandés en faveur de la dérégulation de la finance et avoir amassé en retour des tas d’or. Ou alors pour avoir, sous couvert d’un discours académique, disculpé les banquiers et assureurs américains de toute responsabilité, alors que ces mêmes banquiers et assureurs les avaient cooptés dans leurs conseils d’administration.

En bref, beaucoup d’économistes ont à juste titre été mis en cause pour leur manque d’indépendance, leurs conflits d’intérêt sinon même leur corruption.

Ce procès-là, c’est l’américain Charles Ferguson qui l’a le mieux mis en scène à l’automne 2010 dans son célèbre documentaire Inside Job, qui décrit par le menu les débuts de la crise aux Etats-Unis, celle des subprimes, et le rôle accablant qui y ont joué certains économistes parmi les plus célèbres, stipendiés à des degrés divers par Wall Street. En accéléré, on revoit donc la folie financière dans laquelle les Etats-Unis se sont, au fil des ans, enfoncés ; les dérégulations qui se sont succédées, les produits les plus toxiques qui se sont accumulés ; la complicité coupable des organismes pourtant censés faire office de gendarme des marchés ; l’invraisemblable consanguinité entre les milieux de la finance et la Maison-Blanche. Grâce  à ce film, on voit comment une mèche lente a été allumée, et on comprend pourquoi cette bombe financière devait nécessairement exploser. Ci-dessous la bande-annonce du film :

 

Mais au fur et à mesure qu’avance ce procès en responsabilité, on comprend aussi que de très nombreux économistes, loin de jouer les démineurs, ont en réalité tenu les allumettes qui ont servi à allumer la mèche. Loin d’être des chercheurs indépendants ou savants respectables, auxquels l’opinion pouvait se fier, ils ont été des complices de ce système qui a fini par sombrer.

Les uns après les autres, dans le film, on les voit donc défiler, tous les grands noms de l’économie aux Etats-Unis, qui ont entretenu des relations incestueuses avec le monde de la banque ou celui des affaires. Il y a Larry Summers, qui devient le président de la prestigieuse université de Harvard en 2001, après avoir été au Trésor, et qui, grâce aux conseils qu’il prodigue à des hedge funds rapaces, affiche un patrimoine entre 16,5 et 39,5 millions de dollars, ce qui ne l’a pas empêché d’être le conseiller économique tour à tour de Bill Clinton et de Barak Obama. Il y a aussi le célèbre économiste Martin Feldman, qui enseigne à la même université d’Harvard mais qui dans le même temps a été enrôlé au sein du conseil d’administration d’AIG, l’assureur new-yorkais qui est au coeur du scandale des subprimes et a été impliqué de surcroît dans des affaires de fraude comptable – « no comment », se borne-t-il à dire devant la caméra de Charles Ferguson qui le poursuit. Il y a également Frederic Mishkin, l’ancien membre de la Réserve fédérale (la banque centrale américaine), qui a été grassement rémunéré pour rédiger un rapport sur la bonne santé financière de l’Islande... juste quelques mois avant que le pays ne fasse faillite! Poursuivi par les caméras de Charles Ferguson, l’intéressé balbutie tellement qu’il finit par en être presque drôle car il ne trouve rien d’autre à dire pour justifier sa démission qu’il avait, toutes affaires cessantes, « un manuel à mettre à jour » pour l’Université.

En somme, au-delà de la crise, le documentaire montre un naufrage. Celui, comme le dit la voix « off » qui fait le récit, « de grands universitaires qui s’enrichissent en douce » tout un jurant leurs grands dieux que la dérégulation financière va générer une nouvelle ère de prospérité. « Le corps des économistes a été le moteur de cette illusion », résume le milliardaire Georges Sorros.

Aux Etats-Unis, le documentaire a fait sensation. Plus que cela, il a fait débat et alimenté une salubre réflexion sur cette invraisemblable endogamie entre certains économistes et les milieux d’affaires. Car tout le monde a compris que le film, par de-là quelques raccourcis ou simplifications, visait juste. Dans les colonnes du New York Times (6 décembre 2010), même le célèbre chroniqueur et Prix Nobel d’économie Paul Krugman l’a souligné: « Je ne pense pas que tous les économistes soient du genre à se faire payer pour défendre un point de vue - le film ne le prétend d’ailleurs pas. Mais ce que le documentaire suggère, en revanche, c’est qu’il existe une sorte de corruption douce: vous pouvez gagner beaucoup d’argent grâce à l’industrie financière, vous pouvez être coopté dans les conseils d’administration, mais à la condition que vous ne cassiez pas trop la baraque (...) Et je pense que tout cela est très vrai ». On peut lire ici sa chronique en langue anglaise.

Pour qui a vu ce documentaire, une question vient donc immanquablement à l’esprit: mais pourquoi ce débat si important, qui a pris une si grande ampleur  aux Etats-Unis, n’a-t-il eu presque aucun écho en France? L’interrogation vient d’autant plus à l’esprit qu’il y a, au détour du documentaire, un indice qui suggère que la France est elle-même directement concernée par ces dérives. Il n’y a pas en effet que Frederic Mishkin, qui soit mis en cause pour avoir été généreusement rémunéré pour écrire un rapport sur l’Islande assurant qu’elle était financièrement à l’abri de tout danger... juste avant qu’elle ne sombre. Il y a aussi un autre économiste, qui est mentionné, dénommé Richard Portes.

Et si le film ne s’attarde pas sur son cas, il est tout aussi accablant. L’économiste a en effet, lui aussi, réalisé un rapport sur l’Islande, en avril 2008. Rédigé sous l’égide de la London Business School et un institut britannique, Centre for Economic Policy Research, pour le compte de la Chambre de commerce islandaise, le rapport est consternant. Il ne poursuit qu’un seul objectif: convaincre qu’un « atterrissage en catastrophe » du pays (« hard landing » ) est  « improbable » et que « la volatilité financière ne constitue pas une menace » pour lui.  Et pour établir cette démonstration – au moment précis où le pays est en passe de faire faillite- tout y passe: l’économiste incrimine pêle-mêle les rumeurs incontrôlées du marché, les analystes, et bien évidemment le « mauvais journalisme » (« bad journalism ») qui veut «vendre du papier» en diffusant des informations à sensation...

Ce rapport peut être téléchargé ici ou consulté ci-dessous :

Or, qui est Richard Portes? Son port d’attache, c’est effectivement la London Business School. Mais c’est aussi un économiste qui a beaucoup de liens avec la France, puisqu’il a un statut de chercheur associé à la prestigieuse Ecole d’économie de Paris (aussi dénommée Paris School of Economics –PSE), qui regroupe quelques-uns des meilleurs économistes français. Richard Portes est aussi directeur d’études à la non moins prestigieuse Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales (Ehess). Voici sa biographie sur le site Internet de l’Ecole d’économie de Paris.

Mais de ce rapport calamiteux, il n’a presque pas été question dans la presse française. D’où cette interrogation: est-ce parce que les économistes français se sont tenus à l’écart des compromissions avec le monde de la finance dont se sont rendus coupables beaucoup de leurs homologues américains? Les uns ont-ils été plus vertueux que les autres?

En fait, non ! Et c’est ce que mon enquête, publiée dans ce livre Les imposteurs de l’économie, établit : si les quelques 3.500 économistes, chercheurs ou enseignants que comptent la France ne sont pas dans leur immense majorité atteint par ces dérives, il existe une petite caste d’économistes, celle qui précisément déteint un quasi monopole d’expression dans les plus grands médias, qui sont dans des situations de conflits d’intérêt aussi graves, et même pour certains d’entre eux, beaucoup plus graves.

Pour ceux qui voudront prendre connaissance des faits que j’ai mis au jour – et donc je témoignerais lors de ce débat au Théâtre de Chaillot-, les enseignements auxquels ils invitent à réfléchir sont donc nombreux.

D’abord, ils suggèrent que le monde de la finance et du CAC 40 ont lancé une OPA sur celui de l’enseignement et de la recherche de pointe en économie qui a en partie réussi et qui est passablement inquiétante. D’abord parce des économistes de renom sont désormais appointés discrètement par lui, alors qu’officiellement, il sont universitaires. D’autres professeurs d’économie siègent dans des conseils d’administration d’entreprises privées, alors que la loi l’interdit.

Mais cette main mise de la finance va bien au-delà. On verra, au travers de mon livre, que ce sont les pôles d’excellence de la recherche économique qui sont eux-mêmes menacés par cette intrusion, même si certains de ces pôles font de la résistance et d'autres font du zèle.

Mais le débat sur la nécessaire indépendance des économistes ne concernent pas que les économistes eux-mêmes. Les citoyens sont tout autant concernés car on combien bien le risque de cette main mise de la finance sur le monde de l’enseignement universitaire et de la recherche en économie : la formation d’une petite camarilla d’experts dévoués qui, par-delà les alternances démocratique, se gardent naturellement de mordre la main qui les nourrit, et assure perpétuellement la promotion des mêmes idées économiques. Celles-là mêmes qui ont conduit à la crise économique historique que nous traversons. Le prêt à pensée néo-libéral.

Au travers de quelques experts, ou réputés tels, comme Alain Minc et Jacques Attali, mais aussi bien d’autres économistes réputés, c’est donc aussi cette enquête que j’ai essayé de mener dans cet ouvrage : l’enquête sur les ultimes prolongements de cette main mise de la finance, sur les processus de domination dans le débat public de la « pensée unique ».

En ces temps de campagne présidentielle, l’enjeu de ce débat me semble donc majeur pour de très nombreuses raisons. Majeur parce que les économistes, qui en ces temps de crise, jouent un rôle particulièrement important, doivent être naturellement au-dessus de tous soupçons, et jouir d’une totale indépendance. Majeure parce que l’intrusion de la finance et du monde de l’entreprise au sein de l’université mais aussi au sein du secondaire choque légitimement les enseignants d’économie ; et leur indignation doit être entendue. Majeure enfin parce que l’économie politique dans ce qu’elle a de plus noble, c’est l’inverse de la « pensée unique » dans laquelle la droite mais malheureusement aussi trop souvent la gauche a versé ; c’est l’absolu contraire du « diktat Tina » (« There is no alternative » ; c’est en somme le large champ des possibles…

Voilà, à mon sens, quelques-uns des enjeux de ce débat. Des enjeux qui sont décisifs pour la vitalité et l’honnêteté du débat public. Et donc décisif pour la vitalité de notre démocratie.

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On retrouvera ci-dessous l’invitation à ce débat telle qu'elle a été mise en ligne voici quelques jours sur Mediapart, ainsi que la liste définitive des orateurs. Il est à noter qu’un orateur est venu s’ajouter à la liste initialement annoncée, et non des moindres, puisqu’il s’agit d’André Orléan, qui est directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales mais aussi président de l’Association française d’économie politique (AFEP), une importante association d’économistes (son site Internet est ici) dont l’un des premiers objectifs est « la la circulation d’idées et le renforcement du pluralisme en économie ». « A quoi servent les économistes... surtout s’ils pensent tous la même chose ? », lit-on sur son site :

Voici donc l’invitation à cette soirée :

Des économistes au-dessus de tous soupçons? Venez en débattre!

Comme par un effet boomerang, la crise financière a suscité aux Etats-Unis un large débat public, alimenté notamment par le documentaire Inside Job, sur l’honnêteté et l’indépendance des économistes. Mais, en France, rien de tel! Quelques économistes parmi les plus connus, ceux qui disposent le plus souvent d’un quasi monopole d’expression dans les grands médias radiotélévisés, siègent dans les conseils d’administration des grandes banques ou des compagnies d’assurance, ou sont appointés par elles, et cela passe le plus souvent inaperçu. Comme passe assez largement inaperçu une main mise de plus en plus pesante de ce monde de la finance sur l’enseignement supérieur et la recherche dans les domaines de l’économie.

Or, cette OPA de la finance ou du CAC 40 sur l’univers des économistes posent de graves questions:

- alors que la planète traverse une crise économique historique, n’avons nous pas besoin de diagnostics et de recommandations qui ne soient entachés d’aucune suspicion? Les économistes français ne doivent-ils pas se doter d’une charte déontologique qui garantisse la rigueur et l’honnêteté de leurs travaux?

- au travers de fondations ou de chaires financées par le privé, n’est-ce pas une privatisation des pôles d’excellence de l’enseignement supérieur de la recherche en économie qui est engagée? Et la recherche en économie ne risque-t-elle pas d’en être affectée?

- n’est-ce pas cela aussi qui est à l’origine des menaces multiples qui pèsent sur l’enseignement des sciences économiques et sociales dans le secondaire?

- cette mainmise de la finance sur le monde des économistes ne conduit-elle pas à un assèchement du débat économique? N’est-elle pas le principal ressort du célèbre et très antidémocratique diktat Tina: «There is no alternative»?

- les candidats à l’élection présidentielle qui cherchent les voies d’une politique économique réellement alternative n’en sont-ils pas eux-mêmes les victimes de cette mainmise, menacés qu’ils sont d’être pris dans le piège de la «pensée unique»

Mediapart ouvre le débat: «L’OPA de la finance sur le monde des économistes a-t-elle réussi?»le jeudi 29 mars à partir de 20h au Théâtre national de Chaillot avec:

  • Romain Rancière, professeur à l’Ecole d’économie de Paris
  • André Orléan, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, président de l’Association française d’économie politique
  • Emmanuel Zemmour, président de l’Unef
  • Erwan Le Nader, vice-président de l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales
  • Jacques Généreux, économiste, Front de gauche 
  • Karine Berger, économiste, Parti socialiste 
  • Liêm Hoang-Ngoc, économiste, député européen, Parti socialiste 
  • Christian Chavagneux, rédacteur en chef adjoint d’Alternatives économiques
  • Laurent Mauduit, journaliste (Mediapart), auteur du livre Les imposteurs de l’économie

Info pratiques:

Pour assister au débat, veuillez adresser un mail à cette adresse:debats@mediapart.fr

Rendez-vous le  jeudi 29 mars à partir de 20h au Théâtre national de Chaillot (1, place du Trocadéro, 75116 Paris)
Métro: ligne 6 et 9, arrêt Trocadéro

Bus 22-30-32-63-72-82 

Soirée en partenariat avec le Théâtre National de Chaillot

Tous les commentaires

26/03/2012, 12:24 | Par JP Chenet

ORLEAN j'accours! magnifique son livre "l'empire de la valeur".

26/03/2012, 13:34 | Par juan23

Vous avez raison: il ne faut pas laisser passer cet enfumage des "economistes" libéraux qui, sous couvert de la profession d'enseignant en economie passent et repassent sur nos antennes, alors que par ailleurs ils "émargent" auprès des  banques comme" conseils" ou comme administrateurs.

26/03/2012, 13:45 | Par Danyves

ENTENTE Lundi26 mars 2012

 

Le scandale financier qui arrive par UBS

Plusieurs agences enquêtent sur des manipulations d’un taux de référence pour des centaines de milliards de produits financiers, le Libor. Les banques l’auraient maintenu artificiellement bas pour ne pas apparaître vulnérables ou pour engranger des bénéfices

26/03/2012, 14:20 | Par GIULLIETTALASUBVERSIVE

 

 

 

 

 

 

 

La fabuleuse histoire du dollar

 Reconnaissable entre tous, le billet vert circule et s'échange dans tous les recoins de la planète. Synonyme de richesse et de puissance, il a depuis longtemps dépassé le statut de simple monnaie américaine pour devenir une sorte de marque internationale. Même à l'heure où il dérape, le dollar règne sur le monde. La puissance du billet vert s'est construite en soixante ans d'une histoire palpitante qui raconte une bataille d'influence. L'histoire du dollar, c'est l'histoire d'un mythe, c'est l'histoire du rêve américain. Le dollar flanche, et c'est toute la planète qui tremble. Vivons-nous les premiers signes de la fin d'un règne ? Et combien de temps peut-il espérer y demeurer ? L'euro sera-t-il capable de détrôner le roi dollar ?

 

 

Le débat vidéo par ce lien

http://www.lcp.fr/emissions/ou-quand-comment-l-histoire/vod/40941-le-debat-saga-du-dollar-quelles-lecons/francois-durpaire-denis-jeambar-christian-menanteau

Pourquoi et comment est né le fameux billet vert ? Quelles leçons tirer de l’Histoire de cette monnaie ? A l’heure où de grandes inquiétudes apparaissent autour de l’Euro, Jean-Pierre Gratien, dans Où, Quand, Comment, l’Histoire, revient sur la naissance du dollar, symbole d’une Amérique toute puissante.

Invités :
+ François Durpaire, historien spécialiste de l’Amérique du Nord.
+ Denis Jeambar, journaliste, écrivain.
+ Christian Ménanteau, journaliste à RTL.

 

 

26/03/2012, 14:57 | Par max angel

Parmi les nouveaux "chiens de garde" du système en place, il y a plusieurs races.

On connaissait certains journalistes. Je prends la précaution de bien distinguer et de ne pas mettre tout le monde dans le même panier.

Apparemment, vous nous avez concocté une étude des "chiens de garde économistes".

Bravo ! Cela devenait urgent. Et donc merci.

26/03/2012, 15:05 | Par patoune

C'est un plaisir de retrouver le souffle des débats de fond. Toute comparaison gardée, il ne faut pas oublier le film "les nouveaux chiens de garde" qui met en scène ces économistes opportunistes.

Dans le même esprit, Mediapart pourrait-il s'intéresser à cette caste des Inspecteurs des finances dont une partie a viré "fric" en oubliant son rôle de grands commis de l'Etat. Sujet tabou ?

Je vais m'inscrire mais dans l'hypothèse où je ne pourrai pas venir, allez-vous retransmettre ce débat ?

@ Danyves et Guilietta : merci pour ces liens

26/03/2012, 15:15 | Par guy_perbet

Un article de Renaud LambertLe Monde diplomatique de mars traite du sujet, sous le titre    Les économistes à gages.

Je vais courir acheter votre bouquin... mais bon sang ! quand on est provincial, le palais de Chaillot est loin ; et on se dit qu' "il n'est bon bec que de Paris."

26/03/2012, 17:45 | Par Laurent Mauduit en réponse au commentaire de guy_perbet le 26/03/2012 à 15:15

Vous avez évidemment raison de signaler cet article du Monde Diplo. On pourrait encore mentionner d'autres articles bien avant sur le même registre, comme celui de Jean Gadrey, sur son blog sur Alternatives eco, qui date de septembre 2009.
Convenez que nous nous appliquons aussi à participer à beaucoup de débat en région - ce soir je suis à Nîmes. Mais dans le cas présent, c'est vrai, c'est à Paris. Mais il y aura en enregistrement sonore du débat, et il pourra être écouté en intégrale sur Mediapart

26/03/2012, 22:08 | Par guy_perbet en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 26/03/2012 à 17:45

Ah bon, ça console un peu...

26/03/2012, 15:22 | Par AA Bradley

Pendant ce temps, les Grecs trinquent...

26/03/2012, 16:40 | Par Lechiffre

Monsieur Mauduit, le champ de la critique des economistes est infini. Vous en avez oublie trois aspects au moins:

-symetrique du probleme des "experts" qui ont partie liee avec des acteurs de l'economie productive et de la finance: les experts qui n'ont aucun rapport avec l'economie (reelle) et la finance (reelle). Je parcours la blogosphere (y compris Mediapart) et suis sidere du nombre d'experts qui s'aventurent loin en terrain inconnu, n'ayant jamais travaille dans une entreprise ou une banque, et qui expliquent doctement ce qui s'y passe sur la base de presupposes dont on voit a des kilometres qu'ils sont faux, quant on y a vecu. Ou est l'objectivation participante de ces gens-la?

-symetrique des experts qui n'ont pas annonce la crise ou ont annonce sa fin prematurement: ceux qui l'annoncent constamment et qui ont tort pendant 20 ans avant de finir par avoir raison, un jour, et qui valident retrospectivement de ce fait toutes leurs erreurs (couteuses) accumulees depuis des annees. Certains aujourd'hui annoncent la dislocation de l'ordre mondial et la fin du "systeme", je crains qu'ils ne passent les 20 prochaines annees a les annoncer.

-symetriques des experts qui diffusent une pensee dominante: les experts qui preconisent sans l'expliciter clairement une orientation fondamentalent differente de la societe, mais qui veulent la faire avancer sous couvert d'expertise economique (alors que leur sujet est purement de philosophie politique)

C'est une critique globale de la profession et de la discipline elle-meme qu'il faut faire, discipline appelee "science lamentable" par les anglo-saxons, mais qui n'a de science reelle que la petite partie de statistiques (meme pas d'econometrie) qu'elle incorpore.

D'ou Lechiffre.

 Ces aspects seront-ils traites dans le debat?

26/03/2012, 17:50 | Par Laurent Mauduit en réponse au commentaire de Lechiffre le 26/03/2012 à 16:40

Seront-il tarités? Je ne sais pas: chaque orateur sera libre. Mais je vous donne acte que le débat est très vaste, et j'espère qu'on le mesurera.

Pour le reste, le débat sur le statut de l'économie est aussi ancien que cette discipline. Et pour faire écho à ce que vous dites, j'ai entendu beaucoup d'économistes pendant on enquête réfuter ce qualificatif d'économistes. Piketty préfère se qualifier de... chercheur en sciences sociales; Askenazy... de chercheur, tout simplement.

26/03/2012, 18:35 | Par Lechiffre en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 26/03/2012 à 17:50

En fait, vu les intervenants selectionnes, on peut penser que ce ne sera pas traite.

 

 

26/03/2012, 16:35 | Par JONAS EKHR

Il faut lire Michel Aglietta.

26/03/2012, 16:47 | Par joelle.lanteri@orange.fr

j'aime votre  terme naufrage dans une marée de corruption .Voilà les étas unis d'Amérique au prise avec le plus grand défi celui des valeurs démocratiques.Ils sont loin de pouvoir gagner cette bataille ,mais par ailleurs ce naufrage a contaminé le continent européen.

La corruption c'est vraiment LE COMBAT.et médiapart a raison d'en faire son cheval de bataille.

26/03/2012, 17:45 | Par benadeb

Monsieur,

L'aspect "scandaleux" — connivence et corruption de "grands" économistes — n'est que la partie visible et caricaturale d'un long processus d'épuration théorique. Comme vous le savez, il y a une quarantaine d'années, les analyses keynésiennes qualifiées alors de libérales et marxistes dominaient le champ économique, quand aujourd'hui, elles ne sont plus que résidus, vestiges d'une époque révolue, quand aujourd'hui, on semble ici ou là, en "découvrir" à nouveau, la valeur heuristiqtue … le temps d'une crise aiguë.

Dans la seconde moitié des années 70 et au début des années 80, n'importe quel quidam pouvait affirmer sans risque que "Marx était dépassé". Par qui ? Nul ne l'a jamais su. Toujours est-il que de nombreux docteurs en économie ayant eu recours à une problématique marxienne se retrouvèrent dans le désert : la "valeur" sociale de leur thèse ayant été purement et simplement annulée. (La question des "intellectuels précaires" ne date pas de ces dernières années). Puis ce fut le tour des keynésiens.

Les impasses réelles dans lesquelles se trouvaient keynésiens et marxistes auraient dû conduire à un profond travail théorique, peut-être à une rupture épistémologique. On préféra poser des questions de méthode (individualisme méthodologique, complexité, approche pluri-disciplinaire ou sytémique, …) et dans le champ de ruines qui en résulta, les Friedman et Hayek (pour faire vite) emportèrent la victoire.

Dans une recherche en sciences sociales qui voyaient ses budgets se réduire, la lutte pour les places passa majoritairement par une adhésion préalable aux nouvelles théories dominantes et aux modélisations mathématiques qui étaient supposées apporter un plus de "scientificité". Hors-mis quelques dynosaures qui ont réussi à traverser ces années de plomb, il n'y a eu que de très rares chercheurs qui, à l'image de Frédéric Lordon, ont su échapper à cet arasement et reprendre le flambeau de la pensée critique.

 

26/03/2012, 18:39 | Par Lechiffre en réponse au commentaire de benadeb le 26/03/2012 à 17:45

Un extrait parmu d'autes du blog de Lordon:

"Précisément, on reconnaît la gauche serpillière, la gauche pleurnicheuse, la gauche qui ne veut pas être de gauche, aux chaudes larmes qu’elle verse sur la souffrance sociale sans jamais vouloir interroger, et encore moins modifier, les structures qui ne cessent de la recréer."

Flambeau peut-ete. Mais ceci est-il une approche d"'economiste", au sens ou on l'entend generalement, c'est a dire avec une separation decente d'avec la politique? 

27/03/2012, 08:33 | Par ujamaa

La plupart des économistes sont des commentateurs d'étapes du Tour de France. De l'après-coup. Et une infime partie ont préparé... le coup.

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À propos de chercheurs De Gaulle disait : - Des chercheurs, on en trouve, mais des trouveurs on en cherche. Idem en économie à part queslques exceptions type Orléan ou Romer.

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Les économistes vantent l'innovation, la création, mais ne savent pas ce que ces mots veulent dire quant aux processus, critères, à l'enseignement, à l'état d'esprit.

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L'économiste ne sait pas que l'innovation est un jeu ouvert avec des règles précises. On ne crée pas du jeu comme ça...

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L'économie c'est savoir quels sont les ressorts de la réification (matérialisation des idées, chosification) et de la sémiurgie (tout produit agit en émettant des signes).

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L'économie c'est savoir comment produire des idées puis des produits, des usines et du travail. Mais en premier lieu des idées. Le problème c'est que la plupart des économistes n'ont pas d'idées.

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Les économistes passent à côté de la révolution, l'extension sans limite du design. Ils en sont encore à penser que le design c'est la chaise Tulipe de Saarinen ou le dernier joujou de Starck.

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Derrière chaque produit il y a une intention. C'est ça l'économie : déchiffrer les intentions. Beaucoup d'intentions sont mauvaises, les fondateurs du design dont l'économiste John Ruskin avaient remis l'éthique au centre de toute création (Unto this Last).

27/03/2012, 15:54 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de ujamaa le 27/03/2012 à 08:33

Absolument d'accord avec Ujamaa. Pourtant, j'aime bien Laurent Mauduit...

Mais, vu le "choix" des intervenants, je pense qu'on va encore tourner en rond et rester "entre soi".

 

Mediapart fait comme Challenges (NouvelObs).   Mediapart a fait un "partenariat" avec le SPEL "Sociologie politique des élections". Voici comment le tout nous est présenté:

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"Cette édition est un partenariat entre Médiapart et SPEL. SPEL ou « Sociologie Politique des ELections » est un groupe d’une cinquantaine d’enseignants-chercheurs réunis autour de l’étude des élections présidentielle et législatives de 2012. Représentants de nombreuses Universités et Instituts d’études politiques répartis sur toute la France, plutôt que de se livrer à une concurrence entre laboratoires et établissements, ces chercheurs en sociologie politique ont décidé de mener ensemble des grandes enquêtes de terrain sur les enjeux qui jalonneront la campagne, sur les candidats et les organisations partisanes qui seront en lice, sur les électorats ainsi que sur les sondages et les médias.

SPEL entend ici faire du savoir scientifique qu’il contribue à produire un bien public qui soit diffusable au plus grand nombre.
SPEL a pour ambition d’apporter des connaissances différentes de celles que les habituels instituts de sondage et experts auto-désignés délivrent en temps de campagne. Les règles de la méthode sociologique, l’investissement ethnographique et le débat contradictoire entre pairs seront ses gardes-fous.

Le comité de rédaction est composé de P-Y. Baudot, J. Fretel, K. Geay, J. Heurtaux, N. Hubé, N. Kaciaf; R. Lefebvre et B. Lemoine."

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Qui sont cette "cinquantaine d’enseignants-chercheurs" anonymes?  Le Conseil Constitutionnel vient de refuser l'anonymat des signatures pour les élections, car elles ne représentent RIEN. J'ai déjà demandé dans un autre article de blog:

"Serait-il possible d'avoir les noms et fonctions des membres de ce groupe SPEL?  Ont-ils un site internet? Je ne l'ai pas encore trouvé... mais peut-être n'ai-je pas assez bien cherché. Qu'ils soient enseignants-chercheurs ne dit absolument RIEN. Il y a en a aussi beaucoup parmi les lecteurs de mediapart.  Les "chercheurs" ont l'habitude de citer leurs sources. 

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Cela me fait penser à l'arnaque de Challenges. Je lis sur twitter une info "anodine"

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et clique sur le lien qui m'amène à un article:  Le chiffrage des think tanks s’invite dans la campagne présidentielle

Et là, grosse manipulation, sans nom, mais tout aussi inacceptable que celle que tente Sarkozy !

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Challenges appartient au groupe NouvelObs et leurs "experts" chargés d'évaluer les "programmes économiques" des candidats sont tous "anonymes" mais en fait ce sont des fonctionnaires et "experts" proches du PS.

D'une part, il est assez incroyable de faire gober par le public que des personnes "anonymes" pourraient évaluer objectivement des programmes de candidatures à la présidentielle.

D'autre part, la "conclusion" des "experts anonymes" qui "n'hésitent pas" (sic!) à évaluer - est bien sûr en faveur de François Hollande avec grosse photo en titre.

 

"Think Thanks" et programmes économiques jugés par "experts anonymes""Think Thanks" et programmes économiques jugés par "experts anonymes" © Challenges

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Challenges nous prend tous pour des cons ou quoi?

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Un internaute ose poser une question qui fâche:  "GéGé à 11:45 le 23-02-2012

Erreurs sur les chiffres

Comment pouvez vous dire que le chiffrage des 60000 enseignants coute moins cher 1,7 Mds contre 2,5.

Vous comparez 1,7 Mds annuel contre 2,5 quinquennat. 1,7 Mds x 5 = 8,5 Mds pour le quinquennat c'est encore pire que ce disait Hollande

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J'espère donc qu'il sortira de ce "débat" autre chose que l'enfumage habituel auquel est soumis le pays depuis des mois par quasiment tous les médias. C'est avec intérêt que je suivrai cette initiative.

26/03/2012, 22:35 | Par Jean-louis Gagnadre

Bien entendu cette connivence des " économistes " avec les institutions financières est une dérive dangereuse et inquiétante. Censés apporter une caution intellectuelle , ils ne sont que les faire valooir de la stratégie de ces établissements. Sans doute conviendrait-il pour le moins de remettre les sciences économique à leur juste place. A ce sujet je recommande la lecture de l'ouvrage d'Alain Dulot et Philippe Spieser : l'économie entre savoir et illusion, qui devrait être lu par tout étudiant d'économie. Par ailleurs comment ne pas être stupéfait par le niveau de connaissance des milieux journalistiques en la matière, laissant le champs libre à tous les discours et pensées dominantes sans grand risque de contradictions. Sans esprit de flagornerie, je pense sincèrement que n'est pas Martine Orange ou Laurent Mauduit qui veut !

26/03/2012, 23:11 | Par pmabéché

à propose de la crise, vous-même employez le passé : " souffrances sociales qu’elle a généré, ".

C'est une erreur, je suppose ?

Pikketti et les autres sont dans le vrai : l'économie n'est pas une science.

26/03/2012, 23:14 | Par GIULLIETTALASUBVERSIVE

Un œil sur la Planète

http://oeil-sur-la-planete.france2.fr/?page=emissions&id_rubrique=101

Triple A : comment font les autres ?

Chacun pressent que des décisions douloureuses sont à venir. Nous n’avons plus les moyens de financer notre modèle social. Il va bien falloir baisser nos dépenses mais comment faire ? 8 millions de Français vivent déjà avec moins de 1000 euros par mois… Et si on regardait ce qu’ont fait les autres ? Le Canada ou la Suède ont perdu leur triple A avant de le retrouver. Ils sont considérés aujourd’hui comme des modèles de gestion. Notre principal partenaire, l’Allemagne était mal en point il y a dix ans. Elle a réussi à garder sa note. Comme les Pays-Bas. Tous ont du procéder à des réformes radicales. A quel prix ? Pour quels résultats ? Leur système est-il moins généreux que le nôtre ? C'est ce que  nous allons voir dans les reportages suivants :

Canada : la rigueur à la hache
Reportage : Loïc de la Mornais, Jean-François Monier

Pour retrouver son triple A, le Canada est passé au régime minceur Un fonctionnaire sur cinq a été renvoyé et les dépenses publiques sévèrement contrôlées. Les marchés publics sont transparents, les administrations régulièrement évaluées. On garde ce qui marche, on supprime ce qui est inefficace. Mais  est-il possible d’économiser et de moderniser sans dégrader la qualité du service public ? Enquête.

Suède : au nom de l’Etat providence
Reportage : Jérôme Tournier, Philippe Herpin

Au pays de l’Etat providence, on a considéré que ce qui était important, c’était la providence, pas l’Etat. Poste, énergie, transports ont été libéralisés. Résultat de cette révolution : les finances les plus saines d’Europe, une dette réduite de moitié, le retour du triple A et une croissance supérieure à 4%. Mais la potion est parfois amère à avaler.

Pays-Bas :la Sécu privatisée 
Reportage : Laurence Chartier, Jean-Marie Lequertier

Pour éviter une dérive des dépenses de santé, le gouvernement néerlandais a privatisé une partie de la Sécu. Les citoyens doivent souscrire à des assurances privées qui se font concurrence. Si les prix des médicaments ont beaucoup baissé, une certaine   qualité de soins aussi…Santé et rentabilité, c’est compliqué.

Emploi : un modèle rhénan ?
Reportage : Isabelle Baechler, Didier Dahan

Dans la zone euro, l’Allemagne affiche des performances exceptionnelles, à nous faire pâlir de jalousie. Nous verrons quels sont les secrets de la puissance allemande mais aussi le revers de la médaille avec l’explosion de la précarité. Le modèle rhénan en est-il vraiment un ?

Ecole allemande : le grand virage 
Reportage : Arnaud Boutet, Brice Boussouar

C’est dans le secteur de l’éducation que les Allemands ont été dégradés il y a dix ans avec la parution de l’étude PISA. Ils ont découvert avec stupeur que leurs écoles n’étaient pas performantes. Tout le pays s’est mobilisé pour améliorer les résultats. Les salaires ont été augmentés, la pédagogie revue, les établissements contrôlés. En dix ans, l’Allemagne a regagné dix places dans les classements internationaux quand nous en perdions six.

27/03/2012, 00:56 | Par dominique gautier

Faut il faire le procès des économistes où plutôt, une fois encore, le procès de la sphère médiatique qui n'invite, dans sa majorité, de ceux qui ne sont pas déviants. Les économistes qui n'entrent pas dans la pensée dominante existent en France également et ne demandent sûrement pas mieux que d'exposer leur thèse. Ils ne se contentent pas le plus souvent d'être dans des émissions où leur parole sera coupée sans cesse et la presse écrite ne leur concède que de rares tribunes. Alors on revient toujours au même point : besoin d'une presse libre qui remplit son rôle et qui ne véhicule pas sa propre idéologie, même sans qu'on la force, pour éclairer vraiment le citoyen. C'est bien de la presse, dans sa grande majorité, qui une fois de plus est en question pour faire vivre la démocratie.

27/03/2012, 07:27 | Par Lefrançois

Les économistes français aussi corrompus que leurs homogues américains? eût été un titre plus accrocheur. Mais je me pose une question, ça change quoi?

27/03/2012, 15:18 | Par JJMU

Cher Laurent, j'achèterai sans doute votre livre plus par confiance en vos analyses que pour le plaisir, car les chiffres m'ennuient, avec leurs courbes et leurs graphiques, et ils ne m'emportent jamais : ils sont toujours le reflet de situations qui me dépassent et ne rapportent rien à l'image que je me fais de l'humaine condition. Quand ils sont positifs, je me méfie de leurs triomphalismes sur des données qui n'appartiennent pas à mes modes de penser, et, quand ils sont négatifs, ils me scandalisent tant il me semble que les décideurs peuvent infléchir les tendances à leur guise.

Pourtant, cette culture du chiffre permet l'adhésion à des causes. Il me faut bien prendre en considération ces formes-là de la réflexion. On ne peut rester sur l'impressionnisme des intuitions et de la sensibilité. N'empêche ! il faudra un jour s'adresser aux gens qui veulent qu'on parle des envies, des colères et des intérêts des gens.

Bien à vous.

Jean-Jacques M’µ

27/03/2012, 15:18 | Par JJMU en réponse au commentaire de JJMU le 27/03/2012 à 15:18

En Islande,
- le peuple a fait démissionner un gouvernement au complet,
- les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques de Grande Bretagne et de Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière
- une assemblée populaire vient d’être créée pour réécrire la Constitution.
Et tout cela, pacifiquement.
Toute une révolution contre le pouvoir qui a conduit à cette crise.
Voilà pourquoi rien n’a été publié pendant deux ans.
Que se passerait-il si les citoyens européens en prenaient exemple ?

Brièvement, voici l’histoire des faits :

- 1. Nationalisation de la banque

- 2008 : La principale banque du pays est nationalisée. La monnaie s’effondre, la bourse suspend son activité. Le pays est en banqueroute.

- 2. Démission en bloc de tout un gouvernement

- 2009 : Les protestations citoyennes contre le Parlement font que des élections anticipées sont convoquées et qu’elles provoquent la démission du premier Ministre et, en bloc, de tout le gouvernement.
La situation économique désastreuse du pays persiste. Par le biais d’une loi, il est proposé à la Grande Bretagne et à la Hollande le remboursement de la dette par le paiement de 3.500 millions d’euros, montant que paieront mensuellement toutes les familles islandaises pendant les 15 prochaines années à un taux d’intérêt de 5%.
- 2010 : le peuple descend à nouveau dans la rue et demande que la loi soit soumise à référendum.

- 3. Référendum pour que le peuple puisse se prononcer sur les décisions économiques fondamentales

En janvier 2010, le Président refuse de ratifier cette loi et annonce qu’il y aura une consultation populaire.
En mars, le référendum a lieu et le NON au paiement de la dette remporte 93% des voix.
Pendant ce temps, le gouvernement a entamé une investigation pour régler juridiquement les responsabilités de la crise.

- 4. Emprisonnement des responsables de la crise

Les détentions de plusieurs banquiers et cadres supérieurs commencent.
Interpol lance une enquête et tous les banquiers impliqués quittent le pays.

- 5. Réécriture de la Constitution par les citoyens

Dans ce contexte de crise, une assemblée est élue pour rédiger une nouvelle Constitution qui reprend les leçons apprises de la crise et qui se substitue à l’actuelle qui est une copie de la constitution danoise.
Pour ce faire, on a recours directement au peuple souverain.
On élit 25 citoyens sans filiation politique parmi les 522 qui se sont présentés aux candidatures.

Pour cela, il faut être majeur et recueillir le soutien de 30 personnes.
- L’assemblée constituante commence ses travaux en février 2011 afin de présenter, en partant des avis collectés dans les diverses assemblées qui ont eu lieu dans tout le pays, un projet de Grande Charte.
Elle doit être approuvée par l’actuel parlement ainsi que par celui qui sera constitué après les prochaines élections législatives.


Nous a-t-on parlé de cela dans les médias européens ?
En a-t-on parlé dans les débats politiques radiophoniques ?
A-t-on vu des images de ces faits à la TV ?
Bien sûr que non !
Le peuple islandais a su donner une leçon à toute l’Europe en affrontant le système et en donnant une leçon de démocratie au reste du monde.

27/03/2012, 15:56 | Par Pablus

C'est étonnant que les économistes atterrés ne soient pas cités (mais peut-être seront-ils invités ?) dans cette discussion ?

Je sais que Médiapart les a régulièrement couverts...

Merci pour l'article :-)

Pablus

29/03/2012, 09:13 | Par Spartel

Médiapart peut-il faire un direct ( ou un semi-direct) de ces entretiens ?

Nous sommes nombreux à ne pas être à Paris jeudi.

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