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Le procès bâclé des nouveaux chiens de garde

 

 

Il était difficile de suivre l’émission de propagande organisée dimanche soir 29 janvier pour Nicolas Sarkozy simultanément sur huit chaînes du secteur privé comme du service public, sans penser au titre du documentaire Les nouveaux chiens de garde, qui a été réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat et qui est sorti en salle le 11 janvier dernier.

Car, du début jusqu’à la fin, le face-à-face entre le candidat de l’UMP pour l’élection présidentielle -qui faisait mine de parler en sa qualité de président de la République-, et quatre journalistes -qui faisaient mine de ne pas se rendre compte du subterfuge-, a fonctionné comme la meilleure et la plus terrible des bandes annonces de ce film à charge contre certaines dérives de la presse.

 

 

Tout y était ! Jusqu’à la caricature. Comme si la réalité, au pays du « coup d’état permanent », dépassait toujours la fiction. Huit chaînes donc, publiques et privées, (TF1 et sa chaîne d’information en continu, France 2, LCP, Public Sénat et TV5 Monde, I-Télé (du groupe Canal Plus) et BFMTV (du groupe NextRadioTV) ont donc fait écran unique. Pour complaire au champion de la droite. Télé-Sarko sur toutes les chaînes ! Même certains régimes autoritaires ou totalitaires n’osent pas user de semblables procédés, indignes d’une démocratie.

 

 

Et les journalistes, aussi, ont été la caricature d’eux-mêmes. Le directeur de la rédaction de BFM-Business, François Lenglet, a, certes, fait un peu mieux son office que Jean-Marc Sylvestre (I-Télévision) ou que Claire Chazal (TF1), en exerçant de proche en proche son droit de curiosité ou de suite, quand ses voisins ne se sont distingués que par leur obséquiosité ou leur servilité. Mais quelle différence ! Dans tous les cas de figure, cette mise en scène a donné la plus détestable des images qui soit du journalisme. L’image de petits marquis, tout en connivence et en simagrées, qui font partie des obligés du Palais, et n’exercent jamais leur mission, celle de l’interpellation. L’image de complices d’une mise en scène organisée non pas pour informer les citoyens mais pour les abuser.

 

 

 

 

Observant cette émission, on était donc enclin à penser que les réalisateurs des « Nouveaux chiens de garde » -ci-dessous la bande annonce- ont vu juste. Que leur travail est en fait une œuvre de salubrité publique et qu’il devrait susciter un très vaste débat public à l’occasion de la joute présidentielle, de sorte que des émissions de ce type, un tantinet soviétique, soient à tout jamais prohibées. Et surtout, au-delà, de sorte que le débat sur le rôle de la presse et son indispensable indépendance soit relancé ; de sorte que la France engage une refondation démocratique, dont l’un des premiers rouages devrait être une presse libre et indépendante.

Las ! Le documentaire ne tient, de ce point de vue, qu’une petite partie de ses promesses. Car il décrit, certes, par le menu le système de connivence dans lequel ont été happés certains hiérarques de la presse parisienne. Mais il le décrit avec si peu de finesses, avec si peu de nuances, qu’il finit par rater l’effet vertueux qu’il aurait pu avoir : susciter l’indispensable débat sur la liberté, l’honnêteté et l’indépendance de la presse.

 

 

En certains passages, le documentaire est donc tout à la fois savoureux et affligeant car il met en scène tous ces journalistes qui grenouillent dans les coulisses du pouvoir ou de la vie des affaires, qui pour mendier des honneurs, qui pour faire des « ménages », c’est-à-dire des prestations plus ou moins cachées pour des entreprises privées. Christine Ockrent ou Isabelle Giordano sont ainsi prises la main dans le sac. On voit aussi tout ce petit monde s’ébrouer à l’entrée du club Le Siècle, haut lieu du capitalisme de connivence à la française. On se croirait sous la Monarchie de Juillet, à l’époque des Splendeurs et misères des courtisanes décrites par Balzac ; on est en fait sous le régime de Nicolas Sarkozy et la presse est tout autant malmenée quand elle n’est pas même parfois corrompue.

 

 

Il faut par exemple voir cette scène stupéfiante au cours de laquelle Jean-Pierre Elkabbach, figure de proue d’Europe 1 et conseiller spécial du groupe Lagardère, multiplie les flagorneries au cours d’une émission télévisée à l’adresse d’un autre invité, qui n’est autre que... son propre patron : Arnaud Lagardère. Cela dure quelques secondes, et c’est ravageur : on mesure la distance qui sépare la France de mœurs authentiquement démocratiques.

 

 

Allez vous étonner ensuite qu’un tel système produise des émissions aussi choquantes que celle de dimanche soir ! Indéniablement, il faut donc voir Les nouveaux chiens de garde pour comprendre pourquoi la presse ne fait pas toujours son office.

 

 

Pour autant, Les nouveaux chiens de garde brouillent les enjeux de ce débat autant qu’ils les éclairent. Car tout au long du film, il y a une même simplification qui sous-tend toute l’enquête : il n’y a quasiment pas un journaliste pour racheter l’autre. Ce n’est pas dit de la sorte, aussi brutalement mais cela transparaît tout au long du documentaire : issus des classes les plus favorisées, les journalistes reproduisent le plus souvent le système dont ils viennent. La formule revient donc, en boucle, tout au long de l’enquête : « Les journalistes, dans leur grande majorité… ».

 

 

Faisant une sorte de sociologie de bas étage, les réalisateurs gâchent donc, et c’est malheureux, une partie de la matière première très riche qu’ils avaient accumulée. Et ils le gâchent plus plusieurs raisons.

 

 

D’abord, ils ne parlent certes pas que des traits de caractère de quelques vedettes des médias : des faiblesses des uns, des avidités des autres. Ils détaillent tout autant le fonctionnement et les caractéristiques de ce capitalisme du Fouquet’s, qui a permis aux amis de Nicolas Sarkozy de prendre le contrôle de presque tous les grands médias. Mais à l’évidence, le film attache plus d’importance aux dérives personnelles qu’au système qui les favorise.

 

 

Du même coup, les réalisateurs ne font pas un instant apparaître que la question de l’indépendance de la presse et de l’honnêteté de l’information fait débat au sein même de nombreuses rédactions depuis des lustres. Nulle mention – sauf de manière caricaturale et pas franchement honnête, de la crise qui a divisé la rédaction du Monde, depuis une petite décennie ; nulle mention des débats cousins qui ont miné la rédaction de Libération ; nulle mention de la révolte déontologique dans laquelle la rédaction des Echos s’est lancée quand le milliardaire Bernard Arnault a racheté le quotidien ; nulle mention des combats menés sur Internet par des équipes de journalistes pour reconquérir leur indépendance, qu’il s’agisse de notre combat, ici à Mediapart, ou de celui mené par d’autres confrères, ailleurs…

 

 

En bref, le film est tombé dans un travers insupportable, celui du procès sans nuance. Laissant croire que ce débat démocratique sur la renaissance d’une presse libre et honnête ne traverse par les rédactions – toutes les rédactions, à des degrés divers - il procède à des simplifications guère plus sophistiquées que celles dont ont usé certains courants ultra post-soixante-huitards. Ce n’est pas « enseignant-flic » reproduisant le savoir bourgeois, mais c’est tout comme : « Journaliste réac »! Réac parce que journaliste…

 

 

L’économiste Frédéric Lordon est ainsi appelé à la rescousse pour expliquer, par exemple, que la création, dans le milieu des années 1990, de pages « Entreprises » au sein du journal Monde répondait au souci de la direction du journal de se mouler dans l’idéologie de l’époque, celle de la « mondialisation heureuse ». Et pour établir cette démonstration ahurissante, le film se garde bien de mentionner quelle était en fait notre véritable ambition, la mienne qui ai dirigé ces pages, comme celle de ma consoeur Martine Orange, qui était au Monde avec moi et qui est depuis le début de l’aventure Mediapart : appliquer à ce secteur les règles du journalisme d’investigation – comme nous l’avons montré par exemple avec l’affaire Vivendi Universal.

 

 

Ces simplifications, je les redoutais avant d’aller voir le film. Car Serge Halimi est l’un de ceux qui a participé au scénario. Et dans son livre initial, paru dès 1997, Les Nouveaux Chiens de garde (Liber-Raisons d’agir), qui est avec quinze ans de recul à l’origine du film, il avait déjà donné le ton, usant de raccourcis ou d'outrances du même type.

 

 

Au total, le film ne produit donc pas tous les effets vertueux qu’il aurait pu provoquer. Montrant les connivences dans lesquelles certains hiérarques de la presse se complaisent et font carrière, il alimente une colère légitime. Mais détaillant peu le système politico-financier qui a placé la presse sous tutelle ou sous influence, il ne fait presque pas mention des réformes démocratiques qui seraient indispensables. Pour garantir une presse libre et indépendante ; pour garantir la protection des sources ; pour faire en sorte qu’en France, à rebours de la tradition néo-bonapartiste, la transparence soit la règle et le secret l’exception ; pour engager en résumé la France dans la voie de l’Islande, celle d’une révolution démocratique.

Dans le cas de la télévision, il est par exemple sûrement utile de pointer les dérives de quelques vedettes. Mais il est aussi décisif d'ouvrir le débat sur les réformes démocratiques à envisager pour redonner leur indépendance à des rédactions sous tutelle. Car un peu trop souvent la gauche pense qu'il suffira de réformer les procédures de nomination des patrons de l'audiovisuel public, alors que les enjeux sont à l'évidence beaucoup plus larges. Ne serait-il pas opportun de donner des droits moraux aux rédactions de l'audiovisuel public: pour qu'elles disposent par exemple d'un droit de veto sur les directeurs de rédaction; pour qu'elles aient le pouvoir de refuser une émission d'information, si elle n'est pas régie par des règles professionnelles ou si les journalistes sont contraints de se plier à des mises en scène dictées de l'extérieur ?

 

Et ce débat, c’est vraiment dommage que le film ne le lance qu’imparfaitement. Car des émissions comme celle dimanche ne devraient appeler qu’un seul commentaire : plus jamais ça !

1 commentaire sélectionné par Mediapart

Tous les commentaires

31/01/2012, 11:04 | Par Eric Daclin en réponse au commentaire de Crampon le 30/01/2012 à 22:31

Tout ça pour justifier le soutien de LM/MO à l'équipe Colombani-Minc-Plenel! Chapeau, l'artiste! Médiapart lave plus blanc...

31/01/2012, 11:57 | Par Crampon en réponse au commentaire de Eric Daclin le 31/01/2012 à 11:04

En fait, le titre de l'article de Laurent pourrait être parfaitement lu en sens inverse "le procès bâclé (par Laurent Mauduit) des nouveaux chiens de garde". Cool

02/02/2012, 21:18 | Par Gilbert.Duroux en réponse au commentaire de Crampon le 30/01/2012 à 22:31

Il faut louer l'honnêteté foncière de Laurent Mauduit. Si je devais bâcler un article, au contraire de Laurent Mauduit je ne m'en vanterais pas.

06/02/2012, 09:33 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de kakadoundiaye le 30/01/2012 à 17:57

Le film "Les nouveaux chiens de garde" est un film militant dans le meilleure sens du terme.

Il nos permet de voir que même dans des émisssions que nous croyons cultes comme "C à dire", nous somme apmanipulés de la pire maniereCriant.

Voir Dominique Reynier dans ce marigot m'a fait beaucoup de peineCriantCriantCriant !!!

Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Pour que d'autres films de cette qualité soit largement projetés !!!

31/01/2012, 12:45 | Par p ponthenier en réponse au commentaire de Gilbert.Duroux le 30/01/2012 à 19:32

+ + + + + 

Non seulement hors de propos, mais suspect.  J'éprouve en effet bien trop de respect à l'égard de L.M. pour l'imaginer se fourvoyer innocemment dans la critique d'un film auquel il reproche de ne pas être conforme à ce que lui, L.M., souhaiterait qu'il soit ou qu'il fût...

Bref, a-t-il un compte à régler avec Halimi (notamment)?  Au même titre que E.P. (dont la connivence avec Villepin chez Ardisson fut si troublante qu'elle créa un malaise) parait en avoir un similaire à l'égard de Robert Denis à propos de l'affaire Clearstream.

Cette posture (plus ou moins revancharde?), sournoise, laissant perler une rancoeur fleurant la vieille urine, ou alors parfaitement incompréhensible, ne grandit pas Médiapart... et j'en suis perturbé pour ne pas dire atterré.

En  attendant que EP + LM  réalisent une grande fresque exhaustive (et populaire) relatant leurs justes combats antérieurs, (ah les chouettes cavaliers blancs!), il me parait  à l'évidence plus indispensable d'aller voir le film de Balbastre et de lire le Diplo...que de décortiquer  cet article. Autrement dit, d'établir des priorités.

Egoïstement, cela m'aide à vieillir moins con...  et j' en souhaite autant à tous les abonnés de Médiapart.

P.S. En relisant, je me dis que certains vont penser "pourquoi tant de haine envers EP et LM?"Ce serait un contre-sens: mon exigence, disons éthique, à leur égard est à la hauteur de l'estime que je leur porte généralement. 

 

31/01/2012, 17:53 | Par kakadoundiaye en réponse au commentaire de p ponthenier le 31/01/2012 à 12:45

@ponthenier,

mais pourquoi voudriez vous que la rancoeur sentît "la vieille  urine" et non une urine bien jeunette fraîche dans sa belge blondeur bockée qui attesterait que la rancoeur est un plat qui ne se mange pas faisandé mais qui doit au contraire être sans cesse sur le dépit remisé à l'ouvrage?

Certes il y a d'autres priorités..dis moi quelles priorités tu suis et je te dirais qui tu es.... mais pourquoi se priver du coup de pied de l'âne dés que l'occasion se présente, n'est- ce pas? De quelle rancoeur humez vous l'urine fraîche en succombant à votre critique? En d 'autres termes que vous ont donc fait EP et LM pour que vous les peintureluriez en de blancs chevaliers sur les boucliers desquels vous vous plaisez à pisser?

02/02/2012, 11:23 | Par p ponthenier en réponse au commentaire de kakadoundiaye le 31/01/2012 à 17:53

                       @kakadoundiaye

Mal comprenant de naissance, j'ai peine à saisir le sens de votre propos et ne souhaite en aucun cas alimenter une quelconque polémique aussi mineure .

Je répète simplement qu'une des priorités, pour le modeste citoyen que je suis, consiste à aller voir ce film et à rester abonné à Médiapart.

Exacte considération. 

P.Ponthenier

31/01/2012, 11:51 | Par pol en réponse au commentaire de malto cortese le 30/01/2012 à 19:16

Merci

05/02/2012, 11:02 | Par Martine REA en réponse au commentaire de malto cortese le 30/01/2012 à 19:16

Bravo le journaliste !!

05/02/2012, 11:02 | Par Martine REA en réponse au commentaire de malto cortese le 30/01/2012 à 19:16

Bravo le journaliste !!

28/02/2012, 17:41 | Par peut-etre en réponse au commentaire de Martine REA le 05/02/2012 à 11:02

BRAVO LE JOURNALISTE!!!!!

10/11/2014, 04:45 | Par InternetDev en réponse au commentaire de malto cortese le 30/01/2012 à 19:16

Encore un politicien flou ... il y a-t-il des cours de dissimulations dans les écoles qui les forment ?

31/01/2012, 09:05 | Par Jacques NOBLIA en réponse au commentaire de Michel Adiche le 30/01/2012 à 22:00

Je croyais que E. Plenel était une victime du duo Colombani, Minc? j'ai tout faut?
Une piqure de rappel de l'histoire du journal de "référence " serait sans doute utile.

 

31/01/2012, 09:05 | Par Jacques NOBLIA en réponse au commentaire de Michel Adiche le 30/01/2012 à 22:00

Je croyais que E. Plenel était une victime du duo Colombani, Minc? j'ai tout faut?
Une piqure de rappel de l'histoire du journal de "référence " serait sans doute utile.

 

30/01/2012, 21:12 | Par rpedot en réponse au commentaire de jeremiechayet le 30/01/2012 à 19:28

"S'attarder à donner de bons points à celles et ceux qui continuent de bosser correctement ?"

Qu'y a-t-il d' "attardé" à faire cela ? Chaque fois que c'est toute une profession (ici les journalistes, ailleurs les hommes politiques, ailleurs encore les enseignants, la liste peut continuer longtemps), que c'est toute une profession, donc, sur laquelle on frappe sans distingo, on flirte avec la démagogie : on simplifie pour que tout le monde comprenne (quelle condescendance, d'ailleurs, dans cette idée que seuls certains sont capables de comprendre !) Pas la peine d'appeler Bourdieu à la rescousse, à qui on finit par attribuer tout et n'importe quoi pour se justifier, pour savoir qu'une chose complexe ne s'explique pas en 90 minutes. Mais ce n'est pas parce qu'un phénomène est difficile à résumer qu'il faut faire croire qu'on peut le simplifier, on peut au minimum laisser entendre que le tableau n'est pas tout uni et tant mieux si ça donne un peu le moral à "ceux qui continuent de bosser correctement".

Sinon le "tous pourris" n'est pas loin, les gars de la Marine qui pourront applaudir.

Cogner fort sur les abus et les abuseurs, oui. Cogner juste en plus, c'est mieux.

 

30/01/2012, 22:37 | Par Gilbert.Duroux en réponse au commentaire de rpedot le 30/01/2012 à 21:12

Est-ce que vous avez-vu le film ? Parce que j'ai l'impression que vous faites au film le même mauvais procès que Laurent Joffrin, qui y voit aussi du "tous pourris" ou du complot. Ce qui est l'exact contraire de ce que montre le film. Henri Maler, d'Acrimed, répond à ce genre d'accusations grotesques qui révèle davantage de la personnalité torturée et tortueuse de son auteur que du contenu réel du film.

30/01/2012, 23:02 | Par rpedot en réponse au commentaire de Gilbert.Duroux le 30/01/2012 à 22:37

C'est à votre commentaire, et à la question que je reprends au début en citation, que je m'adressais d'abord.

Quant à Laurent Joffrin, je n'ai pas lu ses propos, ni jamais été très inspiré par le bonhomme, merci beaucoup pour la comparaison.

07/02/2012, 19:14 | Par WataYaga en réponse au commentaire de rpedot le 30/01/2012 à 23:02

Cette discussion rejoint une question que je me suis posée lorsqu'il y a longtemps de cela Tony Laîné et Martino ont fait des films sur la Petite Enfance : comme ils ne pouvaient tout montrer, leur parti-pris avoué a été de ne montrer que les expériences positives, pensant qu'elles serviraient d'exemple alors qu'ils avaient vu bien des pratiques maltraitantes.

Ces films m'ont été très utiles pour alimenter ma propre réflexion et ma propre pratique en tant que parent et que professionnelle de l'enfance et je n'ai pas été la seule, je n'en disconviens pas.

Mais

ils ont eu aussi pour effet pervers - non imaginé par ses auteurs et encore moins par moi à l'époque - dont je n'ai pris conscience que peu à peu, de présenter une vision "idyllique" du monde de la petite enfance qui était bien loin de la réalité de terrain et qui l'est encore plus après le passage dévastateur du bulldozer mochranouille qui a saccagé en deux temps trois mouvements ce qui avait mis des années à se construire.

Mais, dans l'imagerie populaire reste cette vision d'un univers où le personnel est à l'écoute des enfants : une vitrine vide car les personnels qui se battent pour que ce soit vrai - et elles/ils sont nombreux/ses à le faire  - sont disqualifié/es, harcelé/es, non reconnu/es dans leur compétences spécifiques, découragé/es et poussé/es soit à la dépression soit vers la sortie pour sauver leur peau et cela dans l'indifférence générale.

Quand des télé-films ont été faits qui montraient cette réalité de terrain - pourtant de façon très édulcorée - le corporatisme des professionnel/les - y compris de celles/ceux qui ont des pratiques fondées sur une exigence de compétence et de respect de l'enfant - les a amené/es à faire une telle levée de boucliers que cela a été mis à la trappe !

Alors, oui, il me semble que montrer la réalité de ceux/celles qui ont la main et qui imposent leurs pratiques délétères aux autres est salubre. Ce qui ne devrait pas empêcher de faire d'autres films comme la vidéo montrée par  malto cortese ci-dessus pour témoigner de ce que sont - ou pourraient être de bonnes pratiques.

Mais cinq ans d'incompétence crasse ont été extrêmement ravageurs car c'est un truisme de dire qu'il faut plus de temps et de subtilité, de compétence et d'intelligence pour construire que pour saccager rageusement et imbécilement....

31/01/2012, 14:20 | Par Jean-Philippe VEYTIZOUX en réponse au commentaire de rpedot le 30/01/2012 à 21:12

Ca y est, c'est reparti pour un tour.........les bas de plafond se rejoignent et ne font que faire le jeu de l'extrème-droite!!

30/01/2012, 21:52 | Par sokolo en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:20

Laurent Mauduit.

En aucun cas je ne mets en cause vos articles précédents sur la presse. Jusqu'alors, je les ai toujours forts appréciés, mais point celui-là qui tape un peu trop fort sur un reportage militant auquel vous reprochez de ne pas évoquer les journalistes en lutte pour l'indépendance de ce métier. Mais, encore une fois, les cibles de la démarches de l'auteur sont les stars de la télé, leurs invités incontournables et non le militantisme dans le journalisme. C'est en ça que j'ai cru déceler un corporatisme, qui m'a d'ailleurs fort surpris. Si je me suis trompé, je m'en réjouis...

31/01/2012, 12:30 | Par Luc GWEN en réponse au commentaire de sokolo le 30/01/2012 à 21:52

Je n'ai pas vu le film.

Il est vrai que la TV plombe sérieusement l'opinion publique et de ce fait il n'est pas inutile de le dénoncer, même "caricaturalement" en lui adressant un bon coup d'aiguillon. Beaucoup de français semblent en effet, se contenter par manque de temps ou de curiosité, de cette synthétique pseudo-réalité de l'actualité télévisée, qui mêle allègrement cruelles révélations, météo, faits divers, événements sportifs, sponsoring culturel et soi-disant expertes analyses.

Ce brouillamini informatif n'est pas de nature à éclairer objectivement les esprits, loin s'en faut. Mais le plus grave c'est qu'il contribue largement à relativiser les priorités, en tentant d'affaiblir des prises d'opinion fermes de la part du téléspectateur indécis. Paradoxalement, c'est là toute l'habilité, l'info choisie et sa présentation vise à renforcer en même temps la conviction de ceux qui vont dans le bon sens du pouvoir.

L'effet "Kiss Cool" sur les indécis, se doit d'être, pour autant que possible du type : "on peut rien y faire", "tous pareils" ou "je ne m'y intéresse pas". Détourner le citoyen de ses responsabilités et prérogatives, çà c'est très fort.

 

Suivant ce détour, je comprend parfaitement l'opinion de Laurent Mauduit qui déplore le risque d'amalgame et l'oubli qui est fait, d'un journalisme indépendant qui se bat pour la transparence de l'information. La guerre à l'étouffement de ce journalisme et l'ignorance feinte de ses révélations, est un problème central  à la compréhension de chacun et aux enjeux démocratiques.

 

30/01/2012, 22:47 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:20

mauvaise manipe, désolé.

30/01/2012, 22:07 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:20

"Leur grande majorité" souligne une chose, pour "réussir", la grande majorité fait des concessions. Les autres, ceux qui ont une conscience, sont des pigistes... et encore ! Dans notre belle république démocratique le nombre de cartes de presse diminue et ça vous devriez le dénoncer !

30/01/2012, 22:48 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:20

@ M. Mauduit

Je relis le titre... "le procès bâclé".... Tsss... Et après vous dites que vous ne faites qu'un  "bémol" !

12/02/2012, 08:25 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Marielle Billy le 30/01/2012 à 19:37

ce film est  un pamphlet militant, et à ce titre il ne peut que mettre en avant l'énormité de ce qu'on avale à longueur de temps.

Ne boudons pas notre plaisir, même si on peut rêver d'un autre film à faire qui ouvre le débat dont vous parlez.

@ Marielle Billy

ApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissements

31/01/2012, 01:47 | Par Tam-Tam en réponse au commentaire de fac le 30/01/2012 à 19:43

Entièrement d'accord avec vous FAC. Et le lien que M. Mauduit fait entre les journalistes aux ordres avec la soirée Sarko sous-entend aussi cela : le fait de tenter d'habituer doucement les Français à voir réquisitionner toutes les chaînes et les mettre en batterie à son service est un signe avant-coureur de la dérive que vous craignez. Et les affidés de clamer : 16 millions de téléspectateurs pour Sarko ! (sans compter TV5 !). Les Français l'aiment... Facile quand on bloque les ondes et les canaux manu militari !

Et c'est un juste coup de gueule de M. Mauduit, une réaction à chaud à un léger oubli du documentaire. Il tenait seulement à souligner ce déséquilibre de plus en plus flagrant entre chiens de garde journalistes qui se croient tout permis, y compris salir leur profession, et journalistes indépendants qui sont traqués par le pouvoir. Maintenant, les réalisateurs n'ont plus qu'à faire un docu sur les chiens d'attaque... et l'équilibre sera rétabli ! Rien de plus facile d'enquêter sur les pressions, les menaces et la surveillance exercée sur les medias publics. Cela saute tellement aux yeux.

M. Mauduit a raison, il faut faire cesser cette dicotomie réductrice, cet invraisemblable division en deux camps du journalisme français :

vitriol = tribunal

soupe = Légion d'Honneur.

28/02/2012, 18:00 | Par peut-etre en réponse au commentaire de Tam-Tam le 31/01/2012 à 01:47

tamtam@  .......... les Français l aiment...... (sarkosi) sur les 16 millions qui ont regarde ,je suis bien sur que au moins la moitie,a regarde par curiosite bien qu ils le detestent !!! c est possible ,non ?

30/01/2012, 19:49 | Par Jacques LANDONE

Ce monde de "l'information", je ne sais pas pourquoi me fait penser au règne d'un autre Nicolae Ceauscecu....La comparaison est sans doute osée...

 

 

05/02/2012, 11:05 | Par LMP en réponse au commentaire de Jacques LANDONE le 30/01/2012 à 19:49

Non la comparaison n'est pas du tout osée ! J'ai vécu quelque temps en Roumanie de Ceausescu. Un jour il est venu visiter la ville où je résidais. Cette dernière fut quadrillée par des miliciens et seuls les "citoyens autorisés" purent défiler et rencontrer le président. En Pologne, où j'ai également vécu quelque temps, il n'y jamais eu un tel quadrillage des quartiers lors de la visite de Gierek (président polonais avant Jaruzelski). Nous avons donc bien à faire à un dictateur qui a peur de rencontrer son peuple :  Sarkozy quadrille les villes qu'il visite de la même manière que Caesescu et ce fait doit être dénoncé haut et fort par tous les journalistes encore indépendants ou qui se battent pour la démocratie.

Quant au film que j'ai vu, il ne m'a rien appris de neuf car depuis longtemps je lis la presse indépendante(monde diplo, Marianne, Médiapart, le canard enchainé), mais il est très utile pour "déniaiser" le public télévisuel qui croit recevoir de l'information là où il n'y a que propagande ! Alors saluons ce film salutaire pour ce qu'il est.

12/02/2012, 08:27 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Gwénaël Glâtre le 30/01/2012 à 19:51

Je le redis ici : à quand un débat - travail en commun entre Médiapart et Serge Halimi ? Pour que la "gauche de gauche" cesse enfin de s'entre-poignarder...

@ Gwénaël Glâtre

ApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissements

30/01/2012, 19:52 | Par GaM

Bien sûr que le film dénonce cette caste médiatique omniprésente qui nous étouffe. Et on ne voit pas pourquoi il faudrait nuancer notre juste sentiment de révolte par l'évocation d'un journalisme marginalisé, celui que l'on connait et qu'on aime (en tant qu'abonnés de Mediapart). Seulement il ne s'agit pas de parler du journalisme vertueux dans ce film, ce n'est tout simplement pas son propos!

Bonne continuation à Mauduit qu'on aime bien!

30/01/2012, 21:33 | Par Laurent Mauduit en réponse au commentaire de ce-at le 30/01/2012 à 20:09

@ce-at,

Merci de toutes vos remarques et de vos questions. Je vous livre ce que j'en pense, sur plusieurs points:

1. Je ne comprends pas l'allusion que vous faites au Siècle et à Mediapart. Notre journal réprouve ce genre de cénacle très prisé par le capitalisme de connivence français et nul n'en est membre.

2. En quoi Edwy Plenel ou moi-même avons oeuvré dans les années 90 au virage "libéral" du Monde? Nous avons au contraire l'un et l'autre combattu pour que ce journal reste un journal indépendant. L'avantage de nos métiers, c'est que les écrits restent. Les écrits d'Edwy comme les miens, et nos livres à tous les deux, sont là pour en témoigner. Reste, c'est vrai, que nous avons perdu notre bataille. Et c'est pour cela que nous avons quitté Le Monde. Je trouve donc un peu fort du café que l'on nous crédite de positions que précisément... nous avons combattues. Pour ce qui me concerne, le livre d'enquête que j'ai réalisé sur Alain Minc en témoigne.

3. Je ne me souviens pas de ce qu'Edwy Plenel a pu écrire sur Serge Halimi. En tout cas, je sais qu'il ne s'est pas exprimé sur le film. En tout cas, moi j'ai dit ce que j'en pensais: je pense effectivement qu'il y a une filiation du livre au film. Dans un cas comme dans l'autre, cette aspiration démocratique à une presse indépendante qui traverse les rédactions est minimisée ou même occultée.

30/01/2012, 22:24 | Par ce-at en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:33

Merci pour votre réponse : je ne doute pas un instant que vous n'ayez rien a voir, vous journalistes de Mediapart avec ce cenacle , cependant, j'aurai vraiment voulu savoir qui, dans le défile se rendant au club du siècle est mentionne en référence a Mediapart : un riche donateur ?

30/01/2012, 23:17 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de ce-at le 30/01/2012 à 22:24

Les critiques qui défilent à la fin du film concernent le livre de Serge Halimi et non pas le film lui même. Il y a bien entendu filiation entre les deux, le fil évident en est le monde diplomatique.

31/01/2012, 16:31 | Par Roger Evano en réponse au commentaire de ce-at le 30/01/2012 à 22:24

Le journaliste que l’on voit au début du film est Jean Michel Helvig ancien journaliste de Médiapart. . Le lieu est l’assemblée nationale à l’occasion de la remise du prix du  livre politique. Sa présence en ce lieu ne m’apparaît pas infamante comme cela aurait été le cas à l’entrée du restaurant le « Siècle ». Il n'y a  personne de Médiapart se rendant au club du siècle
Vous avez raison de chercher l’information exacte car les rumeurs prennent naissance parfois dans des confusions de date et de lieu que traînent l’intéressé et le journal pendant lontemps.
Bien cordialement.

30/01/2012, 22:35 | Par fxavier en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:33

Vos combats dans le journal le Monde me font bien sourire

Abonné au Monde de 1966 à 2009 il m'est arrivé à écrire plusieurs lettres à Colombani pour "stigmatiser" vos articles de "propagande" en rapport avec Cuba, Israël, l'Union soviétique, la guerre au Kosovo... et plus récemment à propos de l'affaire Cleartreem qui m'était apparue comme une campagne de propagande por Sarkozy..
Il y a un peu plus de deux ans, j'ai lâché prise et me suis "réfugié" sur Médiapart  où il y a bien sûr une liberté surveillée par "les chiens de garde" qui y sont tenus ne serait- ce que pour ne pas avoir des "ennuis".
En réalité, pour peu qu'on y réfléchisse le film a plus à voir avec le livre de Paul Nizan auprès duquel celui de Serge Halimi n'est qu'une bien faible caricature fort réductrice

Au passage, je vous signale que ce "Monsieur", tout particlièrement depuis qu'il est le directeur du monde DIPLOMATIQUE a bien enfilé la livrée des "chiens de garde" en se rangeant du côté des "chiens" qui font l'éloge de la "démocratie" à la sauce américaine

31/01/2012, 23:27 | Par Raoul Pantanella en réponse au commentaire de fxavier le 30/01/2012 à 22:35

Ce commentaire de "fxavier" est consternant : confus, caricatural et réellement "bâclé". Ce qui est excessif et mal écrit est insignifiant.

Je vous mets au défi d'apporter la moindre preuve au fait que Serge Halimi se serait rangé du côté de ceux qui font l'éloge de la "démocratie" à la sauce américaine…

30/01/2012, 23:08 | Par Louise ROBERT en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:33

Les critiques qui apparaissent à la fin du film concernent bien évidemment le livre et non pas le film.

Je trouve que votre réaction au film est très intéressante. Elle le prolonge, en pointant ses lacunes. Je crois cependant que ce film est utile. Il a une cible, les quelques journalistes qui détiennent un pouvoir immense, car ils ont des positions éminentes dans le système d'information. Ils ont le pouvoir de formater l'information, de la diffuser.Ils ont un rôle idéologique majeur, par les idées, les thèmes, les questions qu'ils posent, les invités qu'ils choisissent, etc...mais vous avez raison de souligner que le monde des medias est aussi traversé de désaccords et de conflits.

Le film a un autre défaut qui est de laisser croire que c'est une question d'individus, alors qu'il faudrait comme vous le faites, se poser la question plus large de l'organisation de la presse, de qui détient le pouvoir dans une entreprise de presse, de qui devrait détenir le pouvoir d'informer. Qui? les financeurs? les journalistes? les lecteurs? Vaste question ... On peut d'ailleurs se poser la même question à propos de toutes les entreprises. Aujourd'hui dans une entreprise le pouvoir appartient exclusivement au propriétaire, aux actionnaires, qui prennent les décisions dans leur intérêt, c'est normal, mais ces décisions sont parfois catastrophiques pour les employés, les clients, les territoires ....

12/02/2012, 08:30 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Louise ROBERT le 30/01/2012 à 23:08

il faudrait comme vous le faites, se poser la question plus large de l'organisation de la presse, de qui détient le pouvoir dans une entreprise de presse, de qui devrait détenir le pouvoir d'informer. Qui? les financeurs? les journalistes? les lecteurs? Vaste question ...

@ Louise ROBERT

Pour nous inviter à nous poser cette question : ApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissements

31/01/2012, 06:56 | Par Aincrédule en réponse au commentaire de max angel le 30/01/2012 à 20:13

8 salles de cinéma  en ville (moyenne), près de chez moi, et "La vérité si je mens"  est visible..... pas " les nouveaux chiens de garde".

Comme d'habitude, on ne va pas ouvrir les yeux des provinciaux? Tout de même!

Qu'est-ce que je fais? Je télécharge?

Merci pour la critique, Laurent, à présent, je sais qu'il manque une dimension au film que j'aurais aimé voir, du coup, j'ai moins de regrets.

07/02/2012, 09:43 | Par emmanuel aguera en réponse au commentaire de Aincrédule le 31/01/2012 à 06:56

La critique de M.Mauduit n'en est pas une.Il est vexé et aura honte de ce billet -éloquant par son silence assourdissant- avant peu.

Courez voir ce film et emmenez-y vos voisin "ne se prononçant pas" mais accrochés à leur tv tte la journée. Débattez, recommandez, copiez, diffusez...

Et revenez sur Mediapart dire à M. Mauduit qu'une meute ça suffit. L'honneur de Médiapart serait de reconnaître que la profession de journaliste est "visiblement" devenue de la merde. Et pardon pour les "invisibles".

C'est d'ailleurs pour ça que je viens sur Médiapart: J'y retrouve la ténacité citoyenne et la mission que n'aurait jamais dû oublier la profession. Il faut avoir le feu pour informer. Pourquoi M. Mauduit ne lance-t-il pas une réflexion en ce sens à partir de ce film avec lequel je suis sur qu'il est, sans le dire (et pourquoi?) complêtement d'accord.

Comme il dit... les écrits restent. Pour celui là, Laurent, c'est con pour toi.

30/01/2012, 20:14 | Par ce-at

Après relecture de mon commentaire et de mes 2 questions, je me souviens que Balbastre m'a indiqué que les critiques formulées en fin du fim ne portent pas contre le film, mais contre le livre de Serge Halimi à la date de sa publication, qui est tout de même la base du docu: mais cette précision a son impoirtance.

Pardon d'avoir omis ce point.

 

30/01/2012, 20:32 | Par Patsux

Vendredi, un petit cinéma près de chez moi a invité Serge Halimi pour la projection du film et un débat. Arrivé bien avant le début de séance, j'ai finalement passé ma soirée devant Bayrou sur Mediapart (très bien aussi), car il n'y avait plus de place - ce qui est encourageant, malgré tout.

Tout cela pour dire que j'avais l'intention de lui demander sa vision sur les structures qui conduisent à cette presse minable. A partir de là, d'en déduire les grands axes pour avoir une presse libre, indépendante, etc.

 

Pour moi, sans y avoir trop réfléchit, les deux points clés sont l'organisation du travail et le financement (fonctionnement coopératif ?). Quitte à le faire pour la presse, autant le faire pour les banques et les entreprises en général...

30/01/2012, 20:37 | Par Marc Tertre

Je n'ai pas vu le film, et je me garderais bien, pour cette raison, de porter un jugement définitif. Mais il est clair qu'il prend le ton du pamphlet, cette spécialité bien française, et qui ne permet pas en général un jugement fin et balancé sur les phénomènes qu'il est censé examiner. S'y rajoute la difficulté pour un film de montrer les ressorts idéologiques, économiques, politiques, qui sont le plus souvent caché ou invisible, donc non illustrables (ce qui fait d'ailleurs qu'ils se prétent bien aux redoutables "théories du complot" qui donnent un "sens" aux "vérités cachées", tout en se substituant aux véritables analyses)

Une partie des reproches me semblent bien relever de la forme qu'a pris l'excercice (un "film" d'abord, donc qui privilégie par nature ce qui est "montrable" a ce qui ne l'est pas) et le "pamphlet", et un pamphlet nuancé est il encore un pamphlet ?

Aprés, il y a des remarques a faire sur le sens même des interrogations de Laurent Mauduit

///  Laissant croire que ce débat démocratique sur la renaissance d’une presse libre et honnête ne traverse par les rédactions – toutes les rédactions, à des degrés divers- il procède à des simplifications guère plus sophistiquées que celles dont ont usé certains courant ultra post-soixante-huitards. Ce n’est pas « enseignant-flic » reproduisant le savoir bourgeois, mais c’est tout comme : « Journaliste réac »! Réac parce que journaliste…

Qu'il traverse les rédactions est vraissemblable (les journalistes n'étant pas d'horribles pervers stipendiés, passant leur temps en conciliabules sur la meilleure façon de réélire Sarkozy) Mais force est de constater que les débats internes ne dépassent pas les murs des bureaux ou à la limite des conférences de rédactions, et donnent lieu au mieux a un entrefilet, quand les journalistes, dans un acte de folle témérité votent une "motion de défiance" a l'impétrant qui vient de prendre le controle de leur outil de travail. Il me parait alors un peu excessif de reprocher au reportage les résistances et les réactions alors que celles ci s'effectuent le plus souvent "à bas bruit". Je me souviens d'un de mes camarades de la LCR (dans les cotonneuses années 80) qui était journaliste au "Parisien Libéré (eh non ! tous n'étaient pas au Monde !) et qui m'expliquait les efforts constants (et non sans risques) vis a vis de sa rédaction, pour une tournure un peu plus objective d'un conflit mettant en cause la maréchaussée, pour une gréve, etc. Or ses efforts continuels n'était que peu, c'est rien de le dire, payé d'efforts. Ce qui fait que le ressortissant de quartier lisant la presse (et le petit bout du 95 dont il était un localier) n'aurait pas imaginé qu'a l'autre bout de la plume, quelqu'un se battait pour faire respecter un peu mieux une certaine vision de l'objectivité. 

30/01/2012, 21:05 | Par gdevie

Quand je lis ça, j'en viens à regretter mon abonnement à mediapart..

Vous avez changé, faites votre meaculpa vous vous trompez d'ennemis Monsieur Mauduit, les chiens de Gardes font bien la distinction entre les patrons de presse, les éditorialistes multi cartes et les journalistes qui pour la pluspart font leur travail mais subissent cette logique de connivence avec le capital et oui, il faut bien vivre

 

30/01/2012, 21:28 | Par Laurent Mauduit en réponse au commentaire de gdevie le 30/01/2012 à 21:05

@ gdevie,

Pourquoi parlez-vous "d'ennemis"? Ne peut-on pas avoir un débat libre et serein sur un sujet sérieux, sans que l'on dise cela? N'est-il pas possible d'exprimer une nunance sans que la controverse prenne ce tour? Il n'y a nul ennemi. Juste un débat important, que l'on peut mener sans invective. Je le dis d'autant plus sincèrement que je ne doute pas que les auteurs du film cherchent à oeuvrer dans le bons sens, celui d'une refondation démocratique.

31/01/2012, 10:57 | Par fxavier en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:28

Les bons points que vous donnez au film ont quelque chose de grottesque. Ce film n'esquive rien, il n'est qu'une illustration du livre "Les chiens de garde",. Il se trouve qu'à Médiapart vous en faites partie, avec toute la bonne conscience qui sied aux "honnêtes gens"

Vous êtes peut-être, sans doute les "moins pires". Mais à lire vos "campagnes de propagande" pour soutenir les "révoltes arabes" financées par les U.S.A, il n'y a pas photo!

Justement pour Paul Nizan, les "chiens de garde" ne sont que des personnes très repectables qui agissent pour "la bonne cause" de nos démocraties bourgeoises, prônent avec ardeur la mise en place d'une morale...où il y a de quoi vomir

31/01/2012, 11:27 | Par goucyloun en réponse au commentaire de fxavier le 31/01/2012 à 10:57

Outrance et absurdité.
Ca y est, voici un pseudo ("fxavier") que je vais désormais sauter dans tous les commentaires à venir.

07/02/2012, 09:56 | Par emmanuel aguera en réponse au commentaire de goucyloun le 31/01/2012 à 11:27

"je ne doute pas que les auteurs du film cherchent à oeuvrer dans le bons sens" (F. Mauduit)
Bravo
M. Mauduit...

La paille et la poutre... Pas de chance, c'est eux qui sont sur ce sens, pas vous sur ce coup. Vous vous êtes classé au-dessus de la mêlée à laquelle vous craignez d'être assimilé. Débattez, rendez à ce film la grâce qu'il mérite et tout devrait s'arranger. Je l'apprécié exactement pour les mêmes raisons que je me suis abonné à Médiapart., comme, j'imagine, 80% de vos lecteurs.
Vous êtes trop fin pour ne pas le savoir, "les auteurs du film (n'ont rien chercher) à oeuvrer" : ILS ONT OEUVRE. Et le sens n'est pas en doute. Remerciez-les comme il faut avant que je ne résilie mon abonnement pour haute trahison.

30/01/2012, 22:41 | Par gdevie en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:28

 

 

30/01/2012, 22:42 | Par gdevie en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:28

Dont acte !

30/01/2012, 22:42 | Par gdevie en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 30/01/2012 à 21:28

Dont acte !

30/01/2012, 21:15 | Par Georges AUSPITZ

un film dans lequel on voit le défilé du diner du siècle et dans lequel intervient frédérique lordon ne peut pas être un mauvais film;

30/01/2012, 22:33 | Par La louve en réponse au commentaire de Georges AUSPITZ le 30/01/2012 à 21:15

Petite correction: il s'agit de Frédéric Lordon...

30/01/2012, 21:22 | Par arazat

Monsieur Mauduit, je vous trouve bien sévère !

J'ai trouvé ce documentaire fort bien fait ; je sais reconnaître la justesse de médiapart (pour en être un abonné de la première heure) mais je vous trouve bien exigeant. Est-ce pour faire oublier qu'on aperçoit dans le film E.Plenel en compagnie d'A.Minc ? Vous n'avez pas besoin de dénigrer pour vous faire le VRP de votre journal !

Bénéfice annexe, je suis allé acheter le bouquin de Nizan...un pur bonheur;

Bien à vous et sans animosité aucune

31/01/2012, 07:02 | Par Aincrédule en réponse au commentaire de arazat le 30/01/2012 à 21:22

Je vais me  procurer ce livre de Nizan, il est toujours mieux de revenir aux sources.

31/01/2012, 07:04 | Par Aincrédule en réponse au commentaire de patoune le 30/01/2012 à 21:34

++++++++++++

@ Patoune, Vous avez mille fois raison!

30/01/2012, 21:56 | Par Yves Besançon

Cher Laurent Mauduit, je partage pleinement votre consternation face à la complicité insupportable de certains journalistes avec le pouvoir, ou plutôt de certaines marionnettes de la désinformation, telle qu’elle s’exprime, avec autant de culot et d‘indécence, dans des spectacles de propagande comme celui auquel on a assisté hier soir. Comment ces marionnettes parviennent-elles à se regarder dans une glace ? Comment ??!! Une honte pour le journalisme qui historiquement a été une mère pour la démocratie ! Une honte pour l’école républicaine qui leur a donné pourtant cette chance de pouvoir contribuer par leur métier à l’émancipation des peuples en les éclairant sur les impostures de la minorité possédante !!! Une tâche affligeante pour les vraies valeurs du journalisme !! Un manque de respect total vis-à-vis du citoyen en le considérant comme un véritable demeuré mental qui ne serait pas capable de se rendre compte de la duperie de la mise en scène!! Plus qu’un manque de respect, un mépris total !!!!! C’est à vomir ! Effectivement, plus jamais ça !! Quand à ces bouffons fervents défenseurs et bénéficiaires de la reproduction des privilèges et de la désinformation qui l‘accompagne, "qu’ils s’en aillent tous !"….   

12/02/2012, 08:32 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Yves Besançon le 30/01/2012 à 21:56

je partage pleinement votre consternation face à la complicité insupportable de certains journalistes avec le pouvoir, ou plutôt de certaines marionnettes de la désinformation, telle qu’elle s’exprime, avec autant de culot et d‘indécence, dans des spectacles de propagande comme celui auquel on a assisté hier soir.

@ Yves Besançon

Pour ces propos : ApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissements

31/01/2012, 10:59 | Par fxavier

Cher Monsieur,

 La perfection n'est pas de ce monde

Vos critiques ampoulés qui rejoignent bien sûr, comme par hasard celles de vos confrères qui  sont assez "gondolantes"

"Les  nouveaux chiens de garde" sont une belle mise en perspective du livre de paul Nizan auquel il y est fait à maintes reprises référence

Je vous invite à lire ce livre qui fut avec "Le droit à la paresse"   de Paul Lafargue un livre que je considère comme le fondement de mes pensée politiques. Il épingle des gens comme vous, d'une façon plus générale, ceux de Médiapart, qui certes ne se sentent pas  sans défauts mais qui revendiquent, comme vous et Edwy Plenel d'être reconnu comme des "honnêtes gens" alors qu'en réalité ils ne sont que pour l'essentiel des "chiens de garde" comme l'explique si bien Paul Nizan et un peu moins bien le film.

Les réactions quasi unanimes de nos journalistes relèvent d'une blessure narcissique compréhensible à certains égards mais aussi d'une certaine inconscience où l'on oublie  leur participation à la mise en place des "victoires" de l'idéologie dominante faite d'humanisme judéo-chrétien que Nizan étrille avec la jouissance pleine d'ironie du philosophe mort bien trop jeune

03/02/2012, 16:05 | Par Tomasz H.

Laurent Mauduit

Tout d'abord je trouve très salutaire, qu'à travers votre plume MDP parle de ce documentaire. Donc merci. Effectivement, ce film est intéressant sur le constat de base et il faudrait plus de films, plus d'articles autour de ce thème. Concernant ce film (qu'il faut défendre!!) quelques restrictions tout de même : Le film se positionne comme le point à partir duquel, il faudrait poser la question de la liberté de la presse et de sa collusion avec les pouvoirs comme si pour les auteurs reconnaître qu'il existe "quelque chose d'autre en marche" oblitérait la démonstration qu'ils voulaient faire.

Les auteurs du film se refusent à parler des "ouvertures" ! (ils nous diront que ce n'est pas le sujet du film). La phrase de fin du film dit (en gros) , "faudra-t-il attendre 30 années avant qu'on se réveille", comme si reconnaître qu'il existe aujourd'hui  " une autre presse,  non corrompue, qui n'est pas aux ordres, quelque chose d'autre en marche avait pu nuire à leur démonstration.

Enfin, Le film, utilise parfois "des images assassines" et rejoint parfois le système manipulatoire que les auteurs mêmes entendent dénoncer. Parmi ces images qui ont comme objectif de "tout nous expliquer", un exemple, deux plans (presque deux photos) d'Edwy Plenel. Ces images ? Edwy Plenel assis à côté de Minc et Colombani, Edwy Plenel assis à côté de Zemour (lors d'une émission de plateau). A travers ces deux images, on devrait donc tous comprendre : Regardez, Plenel croque, Plenel, journaliste est en parfaite collusion avec le système du pouvoir. Alors un film fait pour tuer le père ? Et à partir de là, se constituer comme "le fils unique" de la contestation ? Peut-être. Les auteurs oublient une seule chose (et c'est dommage parce que ce film EST salutaire), la famille de ceux qui veulent construire une autre presse s'est agrandie, elle existe, aujourd'hui, maintenant. Il faudra donc qu'ils apprennent à partager.

 

 

 

 

 

30/01/2012, 22:42 | Par malto cortese en réponse au commentaire de La louve le 30/01/2012 à 22:32

@ La Louve, avez-vous lu les réponses de L. Mauduit ci-dessus ?  il souligne un point, mais son analyse et le film vont dans le même sens; il le dit lui même; il s'agit de défendre l'indépendance de la presse, des journalistes, pour l'intérêt général.

 

07/02/2012, 10:00 | Par emmanuel aguera en réponse au commentaire de La louve le 31/01/2012 à 11:02

Bravo! J'adhère à 100%.

Courrez voir ce film et oubliez ce fil déshonorant pour Médiapârt!

30/01/2012, 22:49 | Par Tomasz H. en réponse au commentaire de La louve le 30/01/2012 à 22:32

La louve

Vous avez raison de rappeler que ce film est bourré d'humour ! C'est vrai ! Il l'est.

30/01/2012, 22:47 | Par EH

Cher Laurent Mauduit,

Pas une seconde, en voyant le film dont je trouve qu'il n'est pas très bon dans son premier quart, mais vraiment réussi ensuite, je n'ai pensé qu'il touchait à l'ensemble de votre profession : il m'a paru très clair qu'il pointait un certain type de journalistes (principalement à la télé d'ailleurs), et comme le remarquent plusieurs des commentaires, ce n'est pas une étude sociologique, mais un pamphlet. Avec les outrances bénéfiques du genre. Des outrances que les archives télé livrent presque toutes nues, d'ailleurs, puisqu'il suffit de monter bout à bout l'antienne trentenaire  d'un "économiste" sur la France qui refuse de se réformer pour le ridiculiser, ou le visage terrifié de Christophe Barbier que BHL "ballade" en lui faisant imaginer qu'il pourrait être à la place d'un chef d'entreprise "kidnappé" pour nous faire éclater de rire. Il m'a semblé aussi comprendre pourquoi, jusqu'à il y a environ un ou deux ans, avant Médiapart, avant qu'on entende certains économistes sur les radios publiques (mais comme ils doivent lutter souvent pour se faire entendre – les Sapir, Jorion, Dorléan… qqs autres, pas seulement Lordon), pourquoi je n'en pouvais plus, mais vraiment plus, d'entendre le même discours … en matière sociale, économique, etc. Le film parle aussi de cela, de la production de ce discours dominant, qui concerne et touche même ceux qui travaillent à autre chose.

De ce point de vue, en lui demandant d'être autre chose que ce qu'il est (ce qui est peut-être normal, mais vous "expose" dans un papier sur le sujet), vous ratez son effet "boostant", l'énergie et le plaisir libérateurs qu'il procure, et dont on voit mal pourquoi on le refuserait. Vous oubliez aussi la part de commentaire légitime à laquelle vos lecteurs (auditeurs, destinataires) ont droit concernant la façon dont ils sont traités par les médias, et vous manquez un peu de confiance en leur capacité à être analystes de l'information qui leur est destinée et des films qu'on leur propose. Bien à vous.

30/01/2012, 22:50 | Par SRB

@ Laurent Mauduit. "Mais quelle différence !"

Monsieur Lenglet  a été le seul à faire son travail. C'est pour moi une énorme différence. Je m'étonne que finalement vous le mettiez dans le même panier que les autres. Où peut-être lui faites-vous un procès en sorcellerie pour ses idées libérales ?

30/01/2012, 23:36 | Par jamesinparis

des réformes démocratiques qui seraient indispensables. Pour garantir une presse libre et indépendante ; pour garantir la protection des sources ; pour faire en sorte qu’en France, à rebours de la tradition néo-bonapartiste, la transparence soit la règle et le secret l’exception ; pour engager en résumé la France dans la voie de l’Islande, celle d’une révolution démocratique.

Oui !

31/01/2012, 11:09 | Par La louve en réponse au commentaire de jamesinparis le 30/01/2012 à 23:36

"(...) pour engager en résumé la France dans la voie de l’Islande (...)"

Non merci! Chacun a sa propre voie. Pour prendre des modèles, il faut les connaître parfaitement. Je doute que les Islandais se vivent comme un modèle... Ne prenons exemple ni sur l'Allemagne, ni sur l'Islande, ne nous laissons pas aller à des simplifications qui n'ont aucun sens. Nous avons nos propres ressources, nos particularités etc.

"(...) celle d’une révolution démocratique (...)" oui!

31/01/2012, 02:01 | Par Barbidule en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

Bravo pour votre commentaire, il y a cependant un point qui me chagrine, c'est votre opposition entre classes populaires et classes supérieures "intelectuelles" qui se verraient en "une avant-garde tutrice" se croyant au dessus de la populace.

Je ne pense pas qu'il y ait réellement de notion de classes sociales dans ce débat. On peut être ouvrier smicard et lettré et parfaitement informé des dérives de nos médias tout comme on peut être professionnel libéral ou ingénieur totalement inculte et ignorant de ces dérives et regarder TF1 ou LCI en boucle.
Pour moi, le documentaire et le livre d'Halimi ont surtout comme interet d'informer les plus jeunes de nos concitoyens et d'éveiller leur sens critique.

  


31/01/2012, 09:36 | Par Jacques NOBLIA en réponse au commentaire de Gilbert.Duroux le 31/01/2012 à 03:00

Ce n'est pas ce que je lis dans le commentaire de P.Corcuff...

31/01/2012, 10:39 | Par Pericles06 en réponse au commentaire de Jacques NOBLIA le 31/01/2012 à 09:36

Vous, peut-etre pas...moi si !

On se demande en effet d'ou Mr Corcuff tire-t-il cette conviction que le documentaire prendrait "la grande majorite des gens" pour des incultes ?

Faut-il donc arreter de produire des documentaires afin d'eviter de prendre "la grande majorite des gens" pour des c.ns, sous le pretexte qu'ils seraient deja informes de tout ? Je me languis deja de lire les nombreuses etudes sociologiques qui selon Mr Corcuff demontreraient a quel point le peuple francais est a la fois conscient de vivre dans un pays ou de nombreuses stars de la presse ecrite et audiovisuelle sont en fait les relais d'opinion des puissants, et avide de recouper les informations fournies par le journal de 20H de TF1 ou France 2...

 

31/01/2012, 03:25 | Par hamed en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

Merci pour votre commentaire qui selon moi rappelle le fait que la critique même radicale de la presse aux ordres ne devrait pas tomber dans les mêmes dérives que les tenants de la pensée unique.

07/02/2012, 10:03 | Par emmanuel aguera en réponse au commentaire de hamed le 31/01/2012 à 03:25

Justement... C'est pas l'exemple idéal...

31/01/2012, 05:36 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

Philippe Corcuff,

votre commentaire induit des questions chez moi.

Vous introduisez à la fin la notion de complexité, de "complications de la condition historique de l'humanité" : comment ne pas vous donner raison !

Mais pensez-vous sérieusement qu'un tel pamphlet (le film dont nous parlons) fasse un travail anti-complexité ? Je n'en suis pas sûre du tout.Je crois qu'en disant cela on se trompe de genre : le titre repris de Nizan annonce le propos - les nouveaux chiens de garde - et le film démonte leur pratique. C'est la promesse du film, et la promesse est tenue.

Comme toute prise de position, il adopte un angle. Et son mérite est de soulever le voile sur "la complexité" des liens à l’œuvre chez les journalistes patentés, une belle illustration de l’idéologie à l’œuvre. Est-ce à dire qu'il globalise son point de vue ? ou qu'on soit en mesure de le déclarer et de lui reprocher de ne pas nuancer son propos: le film est à charge, et c'est un peu comme si vous reprochiez à La Bruyère de ne pas faire quelques portraits d'éloge pour contrebalancer son ironie.

Et puis c'est faire bien peu confiance aux spectateurs de les considérer comme influençables à tel point qu'ils sortiraient de la projection dégoûtés de tout journalisme !

Il n'existe pas de forme parfaite, c'est le cas de toute prise de position, de toute production d'idées : l'argument de l'anti-complexité comme forme essentiellement aliénante n'est pas plus recevable en bloc que l'argument de l'intellectualisme comme posture systématiquement à la botte d'un pouvoir ou de "son" pouvoir (ex : celui du chercheur qui colle trop à son sujet et se bâtit ainsi son édifice). Ce danger-là guette tout le monde, et l'avantage d'un tel débat est bien de secouer le cocotier, quel qu'il soit.

En bref, un pamphlet est un pamphlet, il s'agit de le prendre comme un moment de la critique et non comme la critique ultime qui s'afficherait comme définitive.

 

 

31/01/2012, 09:31 | Par Philippe Corcuff en réponse au commentaire de Marielle Billy le 31/01/2012 à 05:36

Chère Marielle,

 

Il me semble bien que le genre pamphlétaire (auquel je recours parfois aussi) a l'utilité de dessiller les yeux, par l'effet de caricature, vis-à-vis de quelque chose qu'on ne voit pas ou plus.

Mais il a aussi le désavantage de simplifier les problèmes.Dans une étude historique systématique portant sur des pamphlets publiés en France entre 1868 et 1968, le linguiste québecois Marc Angenot (La parole pamphlétaire, Payot, 1982) a bien perçu cette pente simplificatrice et manichéenne qui n'est pas sans conséquences. Angenot note ainsi : "leur hétérodoxie n'est qu'apparente : ils prennent le contre-pied de la doxa, ce qui revient à dire qu'ils demeurent dans la mouvance de celle-ci" (p.339). Et il conclut même : "Si, par pensée de gauche, on vient alors à entendre non une expression lisible formellement comme telle, mais intrinsèquement critique de sa manipulation des représentations sociales et visant dans la pratique à modifier rationnellement le cours du monde (pensée qui échappe dès lors aux "lieux communs" de la gauche), alors rien n'est plus éloigné de ce discours critique que le pamphlet" (p.349).

Sur le cas qui nous occupe, le genre pamphlétaire ne vient pas dessiller les yeux, mais vient renforcer les évidences et les préjugés de la grande majorité de ceux qui se déplacent pour voir le film. Cela consolide une vision homogénéisatrice des médias qui ne correspond pas nécessairement à l'expérience concrète (nombre de militants associatifs, syndicalistes et politiques ont l'expérience de rapports plus ambivalents avec les médias locaux, faite de censure, mais aussi de négociations et de possibilités d'expression, avec donc du jeu dans la logique dominante). Cela consolide également la figure d'un bouc-émissaire face aux difficultés des militants critiques. Et, enfin, cela consolide l'image du gars intelligent (celui qui a vu le film, mais qui savait déjà d'une certaine façon ce qu'il y avait dedans) au-dessus de "la masse aliénée".

 

Bref c'est plutôt une entreprise d'abêtissement que d'éveil de la raison critique et citoyenne parmi le public des gauches critiques;

 

S'il n'y avait pas un tel bouc-émissaire diabolisé, peut-être que les militants critiques pourraient davantage se poser des questions sur eux-mêmes : pourquoi le capitalisme manifeste-t-il tant de fragilités et génère-t-il tant de critiques ordinaires dans la population et pourquoi le langage-les formes d'organisation-les formes d'intervention etc. des militants critiques accrochent mal à ces fragilités pour les politiser? Bref pourquoi un tel décalage qui constitue une des raisons importantes des faiblesses des militants critiques et anticapitalistes?

 

C'est pourquoi je défends plutôt un usage prudent, raisonné et non-exclusif du pamphlet, particulièrement dans ce cas si labouré des médias.

31/01/2012, 10:15 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 09:31

Philippe,

quelle est la fonction d'un pamphlet ? Le pamphlet serait un genre non critique ? Je ne m'étais jamais posé la question !

Mais la véritable question que vous posez est sans doute : est-ce pertinent de fabriquer un pamphlet sur ce sujet ? (et cette question, je ne me la suis pas posée)

Personnellement, comme je l'ai dit plus haut, je fais davantage confiance au sens critique des spectateurs, et puis surtout je trouve que l'arme du comique (ex : le comique de répétition  lors du défilé devant Le Siècle) est fort utile - faire rire donne au combat une vivacité et une allure non dramatique qui me semblent fondamentales en ces temps moroses et plan-plan.

Je ne sais si je suis isolée, mais je ne crois pas : personnellement je ne "colle" à rien (enfin, j'essaie !). Ce qui n'empêche pas la conviction et la bataille. Et ces Nouveaux chiens me trouvent déssillée (j'ignorais plein de choses) mais pas fanatisée/abêtie, enfin j'espère !

Autre point : pourquoi le capitalisme manifeste-t-il tant de fragilités et génère-t-il tant de critiques ordinaires dans la population et pourquoi le langage-les formes d'organisation-les formes d'intervention etc. des militants critiques accrochent mal à ces fragilités pour les politiser? Bref pourquoi un tel décalage qui constitue une des raisons importantes des faiblesses des militants critiques et anticapitalistes?

Vaste question ! je la trouve bien intéressante, et celle-ci je me la pose régulièrement, mais pas que pour la critique anti-capitaliste et sa non-efficience.

Vous devriez faire un billet.

Merci à vous pour le dialogue.

31/01/2012, 13:40 | Par Philippe Corcuff en réponse au commentaire de Marielle Billy le 31/01/2012 à 10:15

Marielle,

 

J'ai moins de confiance dans le sens critique des spectateurs qui se prétendent "hyper-critiques" (et qui considèrent la masse des humains comme complètement "aliénée") que dans le sens critique des personnes ordinaires. Pourquoi? Car il y a plusieurs tendances emboîtées qui peuvent bloquer le sens critique des gens qui se croient "hyper-critiques" : 1) l'arrogance élitiste, 2) la prétention à parler au nom du peuple à sa place, et 3) la croyance d'avoir une sorte de monopole du sens critique, qui dispense alors de l'exercer (particulièrement vis-à-vis de stéréotypes qui se présentent comme "critiques"). Mais ce sont des tendances seulement, et nombre de spectateurs des "Nouveaux chiens de garde" en auront sans doute une vue critique.

31/01/2012, 14:06 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 13:40

Pour sortir de cette discussion "par le haut" (et "au millieu" comme le préconise Gilles D.) peut être faut il ressasser quelques lignes d'un vieux pamphlet oublié ou il est question de Fleur-De-Marie, du Chourigneur, du bel Otto (Bauer) et de la critique critique (et c'est bien entendu la dernière qui nous intéresse)

Des idées, ne peuvent jamais mener au-delà d'un ancien état du monde,, elles ne peuvent jamais que mener au-delà des idées de l'ancien état de
choses. Généralement parlant, des idées ne peuvent rien mener à bonne fin. Pour mener à bonne fin des idées, il faut des hommes qui mettent en jeu une force pratique

Il faut également connaitre ce dont on parle, et donc l'ensemble des "théories critiques" des médias Celles ci sont nombreuses (même si on se limite ici a la seule critique des médias reconnues en France, a savoir celle présentée et défendue par Acrimed. Théorie qui n'est certainement pas la plus fine, ni la plus juste, ni même la plus pertinente, mais qui s'appuie aussi sur une véritable "force agissante" (et philippe Corcuff en sait quelque chose, pour être devenue une de leurs (nombreuse) "tête de turc")

Et quand une analyse intelectuelle devient "force matérielle", on ne peut l'analyser (selon moi) uniquement par le biais de l'analyse "intelectuelle" de ses présupposés... Mais aussi par ses stratégies qui font qu'elle s'impose et qu'elle acquert de l'autorité ! C'est là sans doute que l'analyse de Latour fait des science contient des méthodes tout a fait précieuses et qui peuvent être mobilisées dans ce cas précis. 

31/01/2012, 14:41 | Par Philippe Corcuff en réponse au commentaire de Marc Tertre le 31/01/2012 à 14:06

Tu as pleinement raison! Mais c'est aussi l'objet en général des sciences sociales (pas seulement la sociologie pratiquée par Latour, même si elle aide bien sur ce plan) : comment des idées deviennent-elles des "forces matérielles" (même quand ces idées apparaissent erronées du point de vue des critères savants)? En ce qui concerne la vision des médias type Acrimed-Carles-Halimi-PLPL-Plan B etc., le travail reste justement à faire.

31/01/2012, 15:04 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 14:41

Sur l'intéret des analyses de Bruno Latour (au dela de la sociologie des science, son domaine de recherche) et plus généralement de la "sociologie de la traduction" (Avec Michel Caillon et madeleine Akrich) ou "théorie de l'acteur réseau" : il me semble que c'est une des deux ressources (avec les culturals studies) permettant de sortir des déterminismes bourdieusiens et du decrosntructionnisme radical "post moderne".. Mais évidemment, tu n'es pas obligé de partager mon enthousiasme....

Quand a Acrimed "en tant que force matérielle" cela serait effectivement un formidable sujet de recherche en SIC (les sciences de l'information et de la communication doivent bien servir a quelque chose, non ?Embarrassé )

12/02/2012, 08:35 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Marielle Billy le 31/01/2012 à 05:36

le titre repris de Nizan annonce le propos - les nouveaux chiens de garde - et le film démonte leur pratique. C'est la promesse du film, et la promesse est tenue.

@ Marielle Billy

Pour ces mots : ApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissements

31/01/2012, 08:40 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

Je viens de m'imposer la somme considérable de lecture des réactions déclenchées par l'article de L.Mauduit .  Je n'ai pas, moi non plus, vu le film, aussi, ce sont plutôt les commentaires que je commente à mon tour. Je viens de décortiquer "Presse, radio et télévision en France, de 1631 à nos jours", d'E.Cazeneuve et C.Ulmann-Mauriat, Hachette, 1994, qui a ravivé une foule de vieux souvenirs. Et je relis "Les nouveaux maîtres du monde", Fayard, 2002. Ce qu'est l'empire Hachette, qui possède Fayard, vous le savez comme moi. Les contradictions, les contre-pouvoirs inattendus, les incohérences de chacun et de tous, brouillent les cartes en permanence. Ce n'est qu'une raison supplémentaire pour tenter inlassablement d'y voir plus clair, de remettre en cause ses croire-savoir par des savoir-croire.

Rendez-moi service, en me montrant où et comment je m'abuse, où et comment je suis mal informé. Il me semble que l'argent et le pouvoir, partenaires-adversaires sans frein, à la fois sont source d'erreurs et d'illusions, et génèrent malgré eux les conditions de leur dénonciation, les armes contre leurs nuisances. Pas assez, pas à coup sûr, helas! Comment lutter, contre eux et contre nous-mêmes, à la fois victimes et complices ? Je propose deux voies, pour chacun et pour chaque groupe d'humains :

1/ comprendre comment et pourquoi l'argent (la monnaie sous toutes ses formes), de simple symbole commode pour simplifier les échanges de biens, est devenu fallacieusement un bien. Avec les formes modernes, terriblement puissantes et rapides, d'échanges "virtuels", cette illusion est devenue mortelle.

2/ travailler sans relâche à maîtriser davantage les divers usages de la parole, et plus généralement de l'ensemble des systèmes symboliques (y compris monétaires, cf 1/, mais aussi mathémùatiques, par exemple) que notre espèce a bâtis et ne cesse d'inventer.

Trop de recul ? Mais c'est avec recul et décalage que l'on aperçoit le caché, qu'on peut essayer "d'ex-pliquer". Qu'en pensez-vous ?

01/02/2012, 12:34 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de sokolo le 31/01/2012 à 09:19

Oui, c'est magnifique comme phrase^^

De la masturbation intellectuelle à l'état pur.

Je crois que M. Corcuff aime s'entendre parler, mais ne s'écoute pas...

16/02/2012, 23:36 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

Les sciences sociales... alpha et oméga de la recherche, de l'identification et de la compréhension des contradictions et des complexités du réel... !

Chacun défend sa boutique manifestement !

Il y a autant de thèses écrites à rebours que de chercheurs qui, en toute honnêteté, partent à la rencontre du réel ou du moins, tentent de le saisir et d’en rendre compte en toute bonne foi quittes à reconnaître leur impuissance.

Messieurs Plenel, Maudit et Corcuff répondent en journalistes et sociologue à un autre journaliste qui aura su, lui, en revanche, épouser le point de vue du citoyen… un citoyen avisé et.. dégoûté car méprisé, sans oublier la masse de ceux qui, poissons rouges, gobent jour après jour une nourriture de faussaires.

Bien sûr que l’angle d’attaque d’Halimi (et son approche compassionnelle à notre égard, pauvres bougres que nous sommes !)  n’est pas le seul lieu  à partir duquel on peut frapper l’adversaire ; mais de là à laisser entendre qu'il viserait à côté…

Arrive alors un "débat" dont le point culminant  ne ressemble plus qu’à une querelle qui se voudrait d’expertsPhilippe Corcuff en renfort pour la touche sciences humaines, l’intérêt des millions d'auditeurs confrontés à ce qui n'est plus qu'un journalisme de commentaire hautement idéologique, passant à la trappe une fois encore.

Oui, notre intérêt ! Que ceux qui décident de ce journalisme-là,  aujourd'hui appuyé par des analystes faussement impartiaux, et qui n’est pas près de disparaître et qui inonde aujourd’hui les médias (Halimi avait donc vu juste !) nous garantissent que de toutes les opinions seront entendues.

Encore faut-il le dénoncer haut et fort ce journalisme de faussaires !

L'information en France c'est la télé et la radio, là où précisément, sévissent l'obséquiosité, la servitude et la connivence (70% des Français rencontrent l'info à cette occasion) ; aussi l'info et le souci de son honnêteté et de son utilité, ce n'est sûrement pas nous tous ici en France abonnés à Médiapart à 50 000 exemplaires (quelques milliers chez arrêt sur images) et quelques universitaires chercheurs, ou bien alors... c'est n'avoir aucune idée de ce qui fait une majorité écrasante... silencieuse ou pas, et qui, pour coller à l'actu, aura décidé de la victoire de Sarko en 2007, et qui décidera de sa ré-élection ou non et du nombre de gens qui descendront ou pas dans les rues quand vraiment, ça ira bien comme ça !

31/01/2012, 13:50 | Par Jean-Philippe VEYTIZOUX en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

Très drôle.........il y a les commentaires recommandés par les lecteurs et puis voici la catégorie "Commentaires recommandés par Médiapart",venant à part et en bonne place. Il est savoureux de constater que sur ce coup là, Médiapart reproduit à son échelle ce qui est dénoncé dans le film. Philippe Corcuff endosse, à son corps défendant, le costume de l'analyste, politologue venant rappeler la "bonne ligne "médiapartienne. Il est ici le spécialiste dont on ressort l'avis d'expert et après lequel les aboyeurs pénibles du Front de Gauche et d'autres n'ont plus qu'à aller se mirer dans le miroir et mesurer la violence du vermillon leur montant aux joues, mesurant soudain l'immensité de la montagne d'ignorance sous laquelle ils s'ébrouent difficilement.

Le film est clairement une création marxiste voulant montrer au final que les "vedettes journalistes et leurs spécialistes au dessus de tout soupçon" ne sont que le fruit d'un rapport de production au service de la classe dominante, la bourgeoisie. Il n'en reste pas moins vrai que plusieurs moments investigatoires donnent des éléments objectifs sur lesquels il serait bon de "gratter" si on trouve que les auteurs de ce film ont fait preuve de trop de rusticité:

"Existe-t-il vraiment des sociétés vendant des ménages de journalistes, dont les prix et performances notées par les entreprises privées figurent sur des fichiers pdf ?".......si des marxistes traitent cela trop lourdement, que d'autres fassent mieux et plus finement!!

"Existe-t-il vraiment des rendez-vous tous les derniers mercredi du mois dans un lieu des beaux-quartiers de Paris nommé "Le Siècle" où les grands décideurs financiers et politiques se retrouvent pour échanger leur appréciation de la situation ? Est-il vrai que les vedettes médiatiques participent à ces réunions ? Quel est leur rôle dans ces réunions ?"........si des marxistes traitent cela trop lourdement, que d'autres fassent mieux et plus finement!!

"Est-ce une réalité que les spécialistes appelés à grand renfort sur les plateaux-télé pour défendre le modèle libéral et présentés comme des sommités intellectuelles bardées de diplômes universitaires occupent une grande partie de leur temps et de leur intelligence à faire tourner le dit système par leur présence dans de nombreux CA en qualités d'administrateurs ? ......si des marxistes traitent cela trop lourdement que d'autres fassent mieux et plus finement!!

Bref, il y a de quoi s'occuper. Et si cela peut me rendre meilleur, je dirai moi aussi comme Philippe Corcuff....

Merci à Laurent Mauduit d'avoir introduit de la distance critique vis-à-vis de tels penchants régressifs, si actifs dans les commentaires de mediapartiens!


31/01/2012, 14:21 | Par Christian.Lamarche en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

Formulé de façon très intellectualisé mais en fait profondément et inutilement méprisant, je trouve que le commentaire de Philippe Corcuff et l'article de Laurent Mauduit se situent finalement très en dessous du film de Gilles Balbastre. L'appel à penser toutes les finesses des contradictions du réel fonctionne ici essentiellement comme un appel à ne pas regarder l'essentiel de ce que dit le film : la très grande complaisance des grands médias et, à l'intérieur de ceux-ci d'une poignée extrêmement réduite de "vedettes" de l'information, avec les puissances de l'argent.

Certes "Les nouveaux chiens de garde" ne dit pas tout. Le film n'est pas porteur de solutions ou de projets de réformes mais fallait-il qu'il le soit, était-ce son rôle?

Il ne regarde pas le détail des contradictions à l'intérieur des rédactions mais en pointant férocement sur le pouvoir d'actionnaires presque toujours liés aux marchés publics militaires ou non et en se focalisant sur la poignée de journalistes qui effectivement tournent en boucle sur tous les plateaux, il laisse toute la place possible à d'autres analyses sur les milliers de journalistes qui ne sont ni Elkabach ni Minc, ni Calvi, etc

Tout film comporte un cadre et un hors-cadre et les réalisateurs ont décidé de braquer leur caméra sur une réalité particulièrement scandaleuse et que sa quotidienneté tend à rendre invisible. En ce qui me concerne, je sais que je ne regarde plus tout à fait les médias de la même manière depuis que j'ai vu ce film. Il m'aide à comprendre comme politiquement construit un discours quotidien des évidences qui est celui souhaité par le MEDEF.

Dans cette histoire et presque pour la première fois, je suis profondément déçu par Médiapart, par Mauduit et par Plenel qui me semblent occupés à essayer de défendre ce qu'ils ont essayé de faire, il y a quelques années, au Monde avec un nuisible comme Alain Minc.

Au nom de ce qu'il défendent avec vigueur et talent aujourd'hui, j'aurais aimé qu'ils soient capables d'un retour critique sur leur passé au Monde. C'était manifestement trop espérer!

 

Christian Lamarche

01/02/2012, 12:26 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

C'est drôle quand on fait de la lèche à M. Mauduit on se retrouve tout en haut des commentaires....

28/02/2012, 19:08 | Par ClemsouZ en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

Chère Philippe Corcuff,

je pense que, comme vous, on peut être sensible à une radicalitée rhizomique Deleuziène et, pour autant, se laissé aller à une prise de position tranché dans un commentaire mediapartien ou ailleurs. Le tout sans se prendre pour une avant garde éclairé Leniniste, enfin j'espère...

Comme vous aussi, je suis pas sûr que l'aliénation des masses soit à analyser avec une grille "classe social", ou alors la classe sous influence n'est pas celle qu'on croit. Plus probalement, d'autre paramètre sont à concidérer mais je ne crois pas que le concepte d'aliénation de masse soit, pour autant, à jeter.

10/11/2014, 02:49 | Par InternetDev en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

-1

 

Ca c'est de l'abbêtisement

L'incroyable Jean-Michel Apathie... © Le Caïd - Canal plus


InnnneCroyableuuuu

10/11/2014, 03:14 | Par InternetDev en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 00:01

Sauf que c'est cous qui croyez qu'il est simple de choper des pros du bobards en défaut.Le travaile de Serge Alimi et Pierre Carles, c'et une somme de travail qui rassemble seulement ce qui se passe tous les jours à la télé.

Enfin.. mais qu'est-ce que vous croyez ??? que Bouygues s'est vu offire un monopole de diffusion pendant des années comme par mahie ?
Vous croyez vrament que la TNT, d'éjà opérationnelle depuis longtemps, même en Belgique, Luxembourg, USA a mis autant de temps à venir en France par hazard ???

Vous tirez des conclusion sans rien montrer : ... qui ressemble tant à la propagande dominante qu'elle dit dénoncer .. en quoi, s'il vous plait ??? Comment identifiez vous la prpagande ? - Le fim les montre, votre propos ne montre rien.

 Et Sachez sincerement que si vous aviez de quoi le montrer (simplement), je serais le premier à vous en féliciter. (ccontrairement à vous, à des journalistes, politiciens, "universitaire" craintif  etc... je ne crainds jamais ma propre remise en question.

Et forcément lorsqu'on accuse, (c'est le cas du film de Pierre Carles)  c'est, on communique, ou on propage selon le point de vu de l'auditoire, au moins pour convaincre... mon cher Corcuff, arrêtez de vous gargariser de mots et pernez le risque de comprendre, ou pire, de voire les films de Pierre Carles, au lieu d'aller cherchez les résumer de ceux qu'il accuse.

Exmple de propagande Pierre Carles (il s'est fait virer ensuite).

L'impertinence édulcorée © Pierre Carles - Karl Zero

De Canal+ aussi ... pourtant, contrairement à vous, même Degreff qui l'a viré, se presse à ses projections....

Pierre Carles reçoit Alain Degreffe © Jetlambda

Je vous vois venir , vous allez nous inventer une sorte de Dieudonnislme avant l'heure .. du genre faire rire en balançant des autorités suppérieurs  (de grace,pas d"amalgame, ce serait du racisme).

31/01/2012, 01:22 | Par malto cortese

"Les perceptions erronées causent beaucoup de souffrance. Nous sommes persuadés que nos perceptions sont correctes et complètes, mais c'est rarement le cas. Il est très facile de confondre notre image mentale, notre signe d'une chose, avec la réalité. Le processus qui consiste à prendre nos perceptions pour la réalité est si subtil qu'il est difficile d'en être conscient. Si nous ne sommes  pas en pleine conscience, nous allons croire que nos pratiques sont correctes alors qu'elles sont fondées sur des préjugés qui se sont développés. Si nous avons une perception erronée et que nous continuons à la maintenir, nous nous faisons souffrir et nous faisons souffrir les autres. Bien qu'il y ait énormément de graines de perception erronée dans notre conscience, nous sommes souvent certains que notre perception de la réalité est assez juste. Et si nous prenons nos perceptions pour la réalité, nous allons agir à partir de cette croyance. C'est très dangereux. Une perception erronée peut créer une infinité de problèmes. Toutes nos souffrances proviennent en fait de ce que nous ne reconnaissons pas les choses pour ce qu'elles sont.

En fait, les hommes s'entretuent en raison de leurs différentes perceptions de la même réalité."

Thich Nhat Hanh

Lu ici:http://blogs.mediapart.fr/blog/nunavuk-anuri/260112/la-pleine-conscience

31/01/2012, 03:05 | Par Laurent DESVIGNES

Je n'ai ni regardé Sarkozy dimanche soir, ni vu le fim les les Chiens de Garde.

 

Le Fait, que Sarkozy puisse monopoliser 8 principales chaines publiques et privées Télé d'Information, pour nous imposer sa propagande mensongère démontre à l'évidence, que nous ne sommes plus en Démocratie depuis mai 2007.

 

Le Président Candidat, qui vient faire son numéro de bravache pendant 1h30, comme s'il avait déjà été réélu en mai 2012 pour 5 ans, en toute impunité, avec sa DCRI, ses Gendarmes et CRS, ses Procureurs.

 

Sa meute de Ministres, Parlementaires et autres officines de Propagande et Barbouzerie, qui a longueur de Journées matraquent l'oposition pour monopoliser le terrain médiatique, démontre que nous ne sommes plus en démocratie, mais dans une Société de Marchés où tout est à vendre.

 

La Priorité pour les Présidentielles, c'est bien de tourner la page de la Vème République, en se gardant bine de suivre le discours dangereux de Marine Lepen, qui systématiquement fait de la surenchère sur les propositions du Front de Gauche. Contre l'Ultra-Libéralisme,  contre le Libre échange...

31/01/2012, 06:42 | Par laser

La  finance a soumis la presse comme elle a soumis le politique . Nous sommes revenus à l'age de pierre de l'information et de la démocratie , au moment ou paradoxalement,  nous pouvons vivre l'histoire en direct !

  Les falsifications  économiques , politiques , médiatiques anti- démocratiques actuelles qui sévissent dans l'espace public en France,  dont Sarkozy est l'emblématique avatar , sont extrêmement préoccupantes . Mais un espoir pourtant demeure : la machine à propagande est utilisée de façon tellement matraquante pour fabriquer " le consentement", qu'elle est en train d'échapper à ses maitres et se retourne contre le dresseur .

31/01/2012, 07:46 | Par Vivre est un village

Il était difficile de suivre l’émission de propagande organisée dimanche soir 29 janvier pour Nicolas Sarkozy simultanément sur huit chaînes du secteur privé comme du service public, sans penser au titre du documentaire Les nouveaux chiens de garde, qui a été réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat et qui est sorti en salle le 11 janvier dernier.

En effet CriantCriantCriant !!!

31/01/2012, 08:29 | Par bienavous

D'accord avec Marie Billy, mais la "complications de la condition historique de l'humanité" je ne vois pas du tout ce qu'il faut entendre par là. La condition humaine serait plus complexe qu'au temps de Lascaux ? La vie en société plus difficile à comprendre ? C'est Claude-Levi Strauss qui faisait remarquer que les systèmes de parenté des aborigènes étaient si complexes qu'il fallait un ordinateur pour les étudier.
L'argument de la complexité me paraît de plus très inhibiteur. Je ne sais plus qui comparait le savoir à une sphère qui allait en prenant toujours plus de volume . Et du même coup le point de contact de la surface de la sphère avec l'inconnu allait toujours en s'élargissant. Plus je sais et plus je suis ignorant. Faut-il pour autant taire ce qu'on sait ? Et n'y a-t-il pas une part de vérité même dans ce qui est schématique ? Et un pamphlet peut-il être autre chose ? Sans prendre les membres des classes populaires pour des ignares, il faut quand même remarquer que l'éducation populaire s'est écroulée (crise de l'école, du syndicalisme, les rurbains vivant comme une société d' ilôtes - est-ce exact d'ailleurs ? - etc...) . Combien de "rurbains" verront "les nouveaux chiens de garde" ou lisent les articles de Médiapart (media payant) ?
Les ouvriers parisiens du temps de Marx se réunissaient pour débattre (avec beaucoup de culture) de leur condition (et aussi de la condition humaine) : ils n'avaient pas fait Sciences-Po (ou l'équivalent à l'époque)  mais ils avaient cette conscience de vivre une même condition. Ils y réfléchissaient. Et leurs réunions n'étaient pas virtuelles, il s'agissait aussi de corps qui se rencontraient. Engels adorait s'immerger dans ces milieux en effervescence.
Le monde médiapartien malgré tout ses mérites réunit une population très cultivée (combien d'abonnés issus des classes populaires ? ) et assez fantomatique. 
On réfléchit sur la condition humaine, sa complexitude mais combien s'investissent dans des mouvements sociaux (défense des sdf etc) , là où l'on sent la condition humaine, où on la vit ?
L'intérêt du film "Les nouveaux chiens de garde" est peut-être d'attirer l'attention sur notre condition d'informé : il y a manipulation de l'information, ce n'est pas être un adepte de la théorie du complot que de dire ça. C'est ce que démontre aussi Mediapart tous les jours du reste.
Après il ya les problèmes d'individualités, les raccourcis, les propos injustes. En l'occurence Laurent Mauduit qui est mise en cause par le professeur Lordon se défend. Normal. 

31/01/2012, 09:55 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de bienavous le 31/01/2012 à 08:29

Merci Bienavous, vous avez compris que ceci - "complications de la condition historique de l'humanité"- n'est pas de moi mais de Philippe Corcuff.?!

Je re-souligne aussi  ce que j'identifie comme un manque de confiance dans la capacité critique du spectateur....

 

31/01/2012, 19:01 | Par bienavous en réponse au commentaire de Marielle Billy le 31/01/2012 à 09:55

J'avais bien compris Marielle Billy que la phrase n'était pas de vous. Je ne la trouve pas idiote, je la discute c'est tout.
Je ne sais pas si les auteurs des "Nouveaux chiens de garde" pensent que la populace est imbécile au point de gober tout ce que disent les médias qu'ils diaboliseraient. P. Corcuff reprend manifestement le point de vue de Hoggart sur la culture du pauvre (rapport distancié à la culture dominante etc...etc...). Le problème c'est que le livre de Hoggart a été écrit à une époque qui n'est plus la notre et où la culture populaire se développait d'une toute autre façon qu'aujourd'hui. Donc il faudrait peut-être réactualiser. Il y a une décomposition du tissu social et une crise de la représentation politique qui peut faire perdre aux "masses" cette "distance critique" que décrit Hoggart ou ces "valeurs populaires" que dans un autre registre décrivait Orwell. Nous verrons le score de Marine Le Pen. Dans ce contexte, la manipulation de l'information par le pouvoir (ministres plaçant sous le boisseau les rapports dérangeants de leurs propres services statistiques par exemple) devrait être dénoncée par tous les médias. Dénoncer leur silence complaisant quand il a lieu me paraît une oeuvre de salut public. Je n'ai pas eu l'impression que le Canard Enchaîné ou Mediapart étaient la cible du film ni qu'il portait sur la presse en général. Est-ce que le film fait mouche ? A chacun sa lecture et son oeil critique.

31/01/2012, 19:15 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de bienavous le 31/01/2012 à 19:01

/// Le problème c'est que le livre de Hoggart a été écrit à une époque qui n'est plus la notre et où la culture populaire se développait d'une toute autre façon qu'aujourd'hui.

Je ne suis pas convaincu que Philippe Corcuff s'inspire tant que ça des tenants des "culturals studies" dont le livre de Hoggart (traduit de façon trés incorrecte par "la culture du pauvre") est une des premières production. Et je pense au contraire que l'étude de Hoggart anticipe largement des tendances aujourd'hui tout a fait développée. C'est un autre des "créateurs" du champ des "Culturals studies" auquel Philippe fait référence, a savoir Stuart Hall (dont le "coder/décodé" publié sur la revue "réseau" à suscité une petite révolution en france dans le champ des SIC) Mais les plus intéressants sont deux sociologues français des médias Éric Macé et Éric Maigret qui proposent à la fois une anthologie des CS avec les principaux textes et une anthologie au livre princeps (qui a fondé un champ entier et une approche de la critique des médias)  de Elihu Katz et Paul Lazarsfeld, Influence Personnelle. Ce que les gens font des médias, Paris, Armand Colin-INA.

01/02/2012, 06:46 | Par bienavous en réponse au commentaire de Marc Tertre le 31/01/2012 à 19:15

Marc TERTRE, vous m'organisez un court de rattrapage ou me trompe-je ? Mediapart ou Acadomia ?
En tout cas merci pour la bibliographie roborative. Nous n'allons pas  rentrer dans un débat académique (pitié) sur le sujet, je maintiens mes doutes sur les capacités de résistance de la culture populaire face à une crise majeure génératrice d'anomie sociale. Est-ce que vos auteurs ont étudié la question in situ ? Je ne voulais rien dit de plus et j'adore le livre de Hoggart que je ne jette pas à la poubelle.

01/02/2012, 10:38 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de bienavous le 01/02/2012 à 06:46

/// un court de rattrapage

Je ne crois pas faire un "cours de rattrapage" dans la mesure ou les travaux des "CS" sont trés mal connus en france (même si de récentes publications cherchent à remédier à cet état de fait dommageable) En caricaturant (beaucoup) le grand père (Hoggart) est un peu connu, le fils beaucoup moins (Stuart Hall, mais on commence à le traduire), quand à ses innombrables fils, c'est peine perdue de les recenser ! D'autant plus qu'un incestueux mélange s'est fait et les CS sont devenues feminist studies, genders studies, postcolonial studies, etc. 

/// je maintiens mes doutes sur les capacités de résistance de la culture populaire face à une crise majeure génératrice d'anomie sociale.

Existe t il une "culture populaire" ? C'est douteux au temps du triomphe insolent des industries culturelles Par contre, la capacité de résistance culturelle du peuple me semble parfaitement intacte, même si l'essentiel se passe "à bas bruit" ("En scred" disent mes amis rappeurs)

02/02/2012, 00:08 | Par bienavous en réponse au commentaire de Marc Tertre le 01/02/2012 à 10:38

Merci pour ces précisions. Tout à fait d'accord avec vous , parlons plutôt de cultures populaires. Sur la capacité de résistance des classes populaires, j'aimerais sincèrement que ce soit vous qui ayez raison. Mais êtes-vous sûr qu'il ne s'agisse pas d'une foi ou d'un espoir ? Le concept d'anomie me parait tout aussi intéressant que celui d'habitus pour penser le présent des classes populaires, je pense même qu'il est particulièrement bien adapté. Je vous envoie un lien vers une sélection de textes sur l'anomie. Vous comprendrez peut-être mieux ce que j'ai voulu exprimer.

31/01/2012, 14:47 | Par hector carignan

Ce genre de film ne rejoint-il pas la mode des "bêtisiers" dont nous accablent justement les médias ? Sauf qu'il y a, et c'est plus gênant, davantage l'expression d'un ressentiment que la franche moquerie des bévues... Des "nouveaux réactionnaires" de Daniel Lindergerg à ces "intellectuels faussaires" de Pascal Boniface, on cède à la facilité : on croit déboulonner des statues en faisant pipi sur leur piedestal ! Le plus souvent, on s'éclabousse les godasses...

31/01/2012, 09:08 | Par FORTUNA

Le pire, ce fût de voir Claire Chazal venir parler au "Grand Journal" de sa prestation: elle a bien faillit dire qu' elle avait trouvé le président "touchant" à la fin de son discours-interview... mais elle s' en est bien gardée, se reprenant à deux fois pour ne pas prononcer le mot, et révéler alors le fond de sa pensée qui aurait alors dit clairement la supercherie.

http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3349-c-le-grand-journal.html?vid=582447

31/01/2012, 09:14 | Par Loukibouki

Une question me turlupine : comment se fait-il que vous soyez si nombreux à être accros aux JT et autres émissions de propagande télévisées ? Y aurait-il tant de masos parmi vous ?

Si, comme moi, personne n'avait regardé Sarkozy dimanche soir, que se serait-il passé ?

Chacun dispose d'un grand pouvoir : celui de ne pas allumer la TV, c'est le pouvoir que donne la liberté. Et puis Médiapart, et quelques autres, rares, sont là pour nous rendre compte.

Cordialement.

31/01/2012, 09:18 | Par patoune

Pour illustrer l'arrogance de certains journalistes installés je signale que Philippe Tesson ce matin sur Radio Classique a traité "ce pays d'abrutis" quand il a su que son poulain (qui doit le payer très cher) n'avait gagné que 1/2 point dans les intentions de vote après sa prestation de dimanche. Insulte pour insulte, que ce vieux débile snob quitte la scène avant qu'il ne se couvre de ridicule. C'est ça l'élite culturelle que certains défendent ?

31/01/2012, 09:42 | Par ande

c'est devenue une véritable pollution cette propagande politique , c'est affreux on ne peut plus écouter une émission sans  avoir  en boucle la campagne ..donc je ferme la TL

31/01/2012, 09:44 | Par Jacques NOBLIA

Le commentaire de L. Mauduit est sans aucun doute utile.
Mais où peut-on voir le film en province pour se faire une opinion.
MdP (entre-autre) ferait oeuvre utile en participant à la diffusion de ce document-pamphlet
et  en étant partie-prenante du débat en question.

31/01/2012, 10:36 | Par malto cortese en réponse au commentaire de Jacques NOBLIA le 31/01/2012 à 09:44

ici vous pourrez  sûrement vous renseigner:

http://www.lesnouveauxchiensdegarde.com/spip.php?article11

05/02/2012, 13:00 | Par LMP en réponse au commentaire de Jacques NOBLIA le 31/01/2012 à 09:44

On peut voir ce film dans le réseau Utopia ou dans des cinémas indépendants s'ils existent encore comme dans les bastions communistes lol. Sinon n'hésitez pas à investir dans le DVD.

31/01/2012, 12:01 | Par Marc Tertre

Pour en revenir a l'essentiel : les capacité de résistance que Laurent Mauduit (et Edwy Plenel) confèrent au "systéme" n'ont jamais été démontrées par ceux là même qui se devraient de l'illustrer. Que les journalistes ne soient pas dupes dans leur majorité du systéme de concentration médiatique dont les "petits marquis" et autres "intelectuels médiatiques" ne sont que l'illustration carricaturale n'entraine pas forcément que la révolte gronde dans les salles de rédaction. 

En partie, la difficulté est du même ordre que celle de la "lutte de classe" dans la vulgate marxiste : en l'absence des "momments exceptionnels" qui lui donnent toute sa signification (la mythique "gréve générale") la lutte de classe est surtout "à bas bruit", silencieuse, un vrai "travail de taupe"... De même les résistances médiatiques "à l'intérieur du systéme". D'autant qu'il y a les mêmes phénomènes (et les mêmes conséquences) dans les journaux qu'ailleurs : le chomage (massif dans la profession) n'entraine pas à la prise de risque inconsidéré...

Je pense effectivement que Edwy Plenel (et Laurent Mauduit, ce n'était pas une lutte solitaire) a lancé un combat, a l'époque du Monde pour garantir l'indépendance du titre, et ainsi le controle de la rédaction sur les contenus et le dévelopements même d'une presse "libre". Ce combat a été perdu, et il ne me semble pas que le bilan ait été fait sérieusement par Edwy Plenel et Laurent Mauduit (et plus généralement ceux qui ont participé à cette bataille) 

Une "autre presse" est en train de naitre sur internet. Mais internet n'est pas en soi une garantie d'indépendance. Trois "purs players" ont été à l'origine de ce mouvement : Blachchich, Rue 89 et Médiapart. Médiapart ne semble pas menacé. Pour les deux autres, le bilan semble beaucoup plus sombre...

La critique de Laurent Mauduit me semble totalement recevable, mais devraitêtre plus étayée en montrant, en quantifiant les résitances réelles et les perspectives ouvertes...

31/01/2012, 10:11 | Par robert cavaillès

Nizan aussi, le promoteur de la formule « les chiens de garde » pouvait paraître superficiel  dans sa diatribe contre « les philosophes », ses maîtres. Il nes’en prenait pas à la philosophie mais à ceux qui formatent la « pensée commune conformiste et trompeuse » du moment. La suite a montré que sa critique transcende le temps. Le documentaire s’en prend aux racines et il a raison car sans presse libre, pas de démocratie, et la presse qui formate "la pensée commune", fabriquée et imposée.

Curieux, par exemple, qu’en pleine crise aucun des candidats dont on nous rebat les oreilles ne posent les problèmes de fond, elle les laisse aux candidats « confidentialisés » et si possible rencardisés. nous assistions à une campagne qui ne pose pas les problèmes de fond.

Qui pose « coram populo », peuple souverain,  les questions de bon sens, donc de survie, oui ou non la doctrine libérale dispensée par nos catéchistes agréés a-t-elle assuré une réussite économique à défaut d’humaine, oui ou non la dispense de solidarité active octroyée largement aux « riches » a-t-elle assuré la relance ou le gonflement du capitalisme spéculateur, oui ou non le rabotage continu de la part du travail au profit de celle de l’actionnariat a-t-elle facilité l’industrialisation de nos pays, oui ou non, la soumission de la puissance publique aux lois du marché a-t-elle renforcé l’essor économique des pays, oui ou non, le cancer du système est-il dû au fait que les peuples sont trop choyés, trop nourris, trop soignés, trop éduqués, trop assistés ?

Qui pose la question philosophique sans laquelle nos sociétés cessent d’être humaines : est-ce l’économie qui est au service de l’homme ou l’homme au service de l’économie, est-ce l’économie qui est au service de la finance (valeur virtuelle et conventionnelle) ou la finance au service de l’économie (valeur réelle et concrète)

Qui pose les questions politiquement utiles sur l‘issue de la crise : ces mesure mises en place depuis des décades sont-elles irréversibles, imposées par la nature ou le hasard et faut-il faire avec bon gré malgré, la dette présentée objectivement (sept ans de dettes comparés à une année de production) et comme de génération spontanée ( silence sur l’interdit fait à la BCE de prêter aux Etats et sur le circuit spéculatif engendré), a-t-elle une autre réalité, moins fatale qu’on ne nous le serine et moins honnête et spontanée qu’on ne nous l’affirme, le peuple souverain est-il si bête que ses élus doivent le prendre par la main et agir contre son gré pour son bien, les élus sont-ils aussi nuls qu’on les doive, hors démocratie, les remplacer par des banquiers ?

N’y a-t-il d’autre chemin que de continuer plus vite encore sur celui suivi depuis des décades à rythme constamment accéléré et dont l’Histoire sait où il mène, guerre et émeutes, à défaut de sursaut démocratique tant qu'il est temps ?

Les chiens de garde ne sont pas seulement dans la presse mais tous sont au service du libéralisme néo-financier.

NB, je ne donne aucun exemple bien qu’ils pullulent et sautent aux yeux si l’on pose la bonne problématique. 

31/01/2012, 10:49 | Par Fred Oberson

Cool Quelle connivence avec Sarko ! J'attendais que l'un deux fasse objection à ses propos mensongers, notamment au sujet de la hausse des prix par  la TVA ... mais rien, pas l'ombre d'une réaction.critique. De vrais toutous à mettre au chenil après les élections et Lenglet en sursis !

Quant à la bande annonce... n'est-elle pas un coup de pouce à Bayrou ? Embarrassé

31/01/2012, 10:56 | Par JONAS EKHR

Je vous suis tout à fait, M. Mauduit. Pourquoi Médiapart, afin d'interpeller l'opinion et les politiques, ne lancerait-il pas un grand débat sur la réforme du secteur de la presse (impossibilité pour un groupe vivant de commandes publiques de posséder un média), la modification du statut des journalistes (distinction entre les "enquêteurs" et les "animateurs" - je schématise), l'adoption d'une réglementation des conflits d'intérêt (obligation de déclaration des liens existant entre tout journaliste et des intérêts privés ou partisans), etc. ?

31/01/2012, 11:36 | Par Laurent Mauduit en réponse au commentaire de JONAS EKHR le 31/01/2012 à 10:56

Depuis la création de Mediapart, nous n'avons cessé de mener ce combat. Nous avons tenu de nombreuses réunions publiques sur ce thème, cherchant à fédérer toutes les bonnes voontés démocratiques. J'en veux pour preuve notamment l'Appel de la Colline que nous avons lancé avec RSF notamment (il est ici) le 24 novembre 2008, ou encore le livre de Mediapart Combat pour une presse libre (il est là). Et soyez sûr que nous comptons bien animer ce débat de nouveau pendant la campagne présidentielle. Car il y a beaucoup d'autres poropositions à mettre sur la table - c'est ce que je souligne à la fin de mon billet- que la simple interdiction des groupes de presse a être contrôlés par des groupes d'armement ou dépendant des commandes publiques.

12/02/2012, 08:40 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 31/01/2012 à 11:36

L'indépendance, c'est-à-dire:

- le respect général du droit moral des journalistes sur leur travail, afin de garantir que l'information ne soit pas réduite à une marchandise;

- le refus impératif du mélange des intérêts industriels et médiatiques, afin de garantir que les opérateurs économiques n'aient pas d'autre objectif que l'information;

- la préservation absolue de l'intégrité du service public de l'audiovisuel, afin de garantir que ni ses informations ni ses programmes ne soient contrôlés par le pouvoir exécutif.

Source : il est ici

@ Laurent Mauduit

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12/02/2012, 08:44 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Laurent Mauduit le 31/01/2012 à 11:36

« Imaginons un pays doté d'un acte fondateur sur la liberté de l'information, imposant à tout détenteur d'une parcelle d'autorité publique de répondre aux curiosités des citoyens, aux questions des journalistes, aux investigations des médias, et les contraignant à dévoiler tout document administratif nécessaire à l'information du public. Imaginons un président et une majorité qui, loin de s'effrayer d'un tel libéralisme politique, décident de l'accentuer, en proclamant que "la transparence est prioritaire". » – Edwy Plenel

Source : Il est là

@ Laurent Mauduit

Nous avons tous fait ce rêve, pour qu'il se réalise je me livre à une prière laïque et républicaine En prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prière

31/01/2012, 13:18 | Par robert cavaillès en réponse au commentaire de boudinovitch le 31/01/2012 à 11:05

tout à fait d'accord avec votre adreesse élogieuse et ferme à MDP. En s'attaquant à ce qui formate l'opinion de tousd les jours devant les télés, ce documentaire met en valeur ceux de la presse qui secouent le milieu par l'exemple contraire. Mais comment en parler directement sans émousser la flèche qu'il faut acérée, vu la masse en face!

10/11/2014, 03:25 | Par InternetDev en réponse au commentaire de boudinovitch le 31/01/2012 à 11:05

100% D'accord.

Mais il faut tout de même un gros bémol: Messieurs Peneil Mauduit, s'ils ont parfois des réflèxes de retenus, ils en ont sufffisement peu, comparé à tous les nombreux autres pour que l'information sorte quand même en partis conséquente. Même si ensuite il arraive qu'elle soit modérée, vore éteinte, par une résponsabilité que je ne comprend pas, car je suis persuadé que la vraie transparence permetant la compréhension parmet aussi l'appaisement, plus que les flous qui déroutent, ils nous laissent nous l'approprier quand même. ce n'est pas trop le cas sur des gros titres de presse en général).

31/01/2012, 12:00 | Par point barre

Philippe Corcuff, critique « intelligent » de la critique des médias !

et qui n'en finit pas de solder ses comptes avec Serge Halimi auteur des Nouveaux Chiens de Garde

Une (im)posture constante qui ne date pas d'aujourd'hui :

"Parasite de l’œuvre de Pierre Bourdieu, Philippe Corcuff tente de se faire passer, auprès des médias, à la fois pour le principal interprète et pour le meilleur critique de la pensée du sociologue. Il peut ainsi encaisser deux fois les dividendes médiatiques : en tant que bourdieusien « free lance » (par rapport aux « bourdieusiens institutionnels ») et comme « critique » qui peut croire, et faire croire, qu’il dépasse le maître. Une telle prétention peut prêter à sourire, mais lorsque, s’agissant de l’analyse de médias, Corcuff déforme ou redresse ce que Bourdieu et d’autres ont pourtant, sans ambiguïté, écrit ou fait, voilà qui mérite pour le moins, comme on dit dans la presse, un « rectificatif »"

"Désormais, l’espace médiatique lui étant largement ouvert, on peut le voir poursuivre son activité de protecteur de ses tenanciers, déverser sa prose dans Charlie Hebdo (on est en 2004), multiplier un peu partout les entretiens où il n’omet presque jamais de dénoncer la critique prétendument « gauchiste » des médias et d’en profiter, au passage, pour faire son autopromotion ainsi que celle de ses amis du moment."

http://www.acrimed.org/article1572.html

<img  538738Acrimed.jpg

On ne saurait reprocher telle duplicité à Laurent Mauduit, journaliste d'expérience et de talent, qui peut tout à fait légitimement déclarer ne pas se reconnaître dans le pamphlet de Balbastre et Kergoat, ou du moins ne pas supporter le genre en cette matière.

31/01/2012, 13:44 | Par Philippe Corcuff en réponse au commentaire de point barre le 31/01/2012 à 12:00

Le flic de service de la politicaillerie mélenchoniste vient faire son boulot de flic pour alimenter des procès imaginaires. Ca donne envie! Pauvre Mélenchon, avec de tels soutiens...

31/01/2012, 17:51 | Par point barre en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 31/01/2012 à 13:44

c'était le pet du jour du tonton à table, pas content du tout qu'on lui ait piqué son rond de serviette :

http://www.dailymotion.com/video/xnrykc_leur-dette-notre-democratie-philippe-corcuff_news?start=6#from=embediframe

10/11/2014, 03:16 | Par InternetDev en réponse au commentaire de point barre le 31/01/2012 à 12:00

Yes!

31/01/2012, 12:07 | Par Serge ULESKI

Cher Monsieur Mauduit,

Si on oublie un moment le différent à propos du journal Le Monde... ce qu'il est, a été ou bien encore... ce qu'il est censé être... puisqu'aujourd'hui, cela n'a plus aucune importance pour la quasi totalité de ceux qui se rendent, se sont rendus et se rendront dans les urnes...

Et si le documentaire "Les nouveaux chiens de garde" prend pour cibles la télé et la radio  c'est que... l''information en France c'est la télé et la radio, là où précisément, sévissent l'obséquiosité, la servitude et la connivence (70% des Français rencontrent l'info à cette occasion) ; aussi l'info et le souci de son honnêteté et de son utilité, ce n'est sûrement pas nous tous ici en France abonnés à Médiapart à 50 000 exemplaires, ou bien alors... c'est n'avoir aucune idée de ce qui fait une majorité écrasante... silencieuse ou pas, et qui, pour coller à l'actu, décidera, entre autres, de la ré-élection ou non d'un Sarko, et du nombre de gens qui descendront ou pas dans les rues quand vraiment, ça ira bien comme ça !

Et si ce documentaire oublie de mentionner les journalistes et rédactions qui se battent jour après jour pour une information honnête et utile... c'est que ce documentaire n'a pas pour sujet les trains qui arrivent à l'heure mais les trains qui, bien qu'affichés, jamais ne partent.

31/01/2012, 11:30 | Par emile.michel6@orange.fr

9 chaines qui nous enchainent

05/02/2012, 11:56 | Par malto cortese en réponse au commentaire de emile.michel6@orange.fr le 31/01/2012 à 11:30

Appel à Pétition Publique: Neuf chaînes TV pour les candidats à l'élection présidentielle 2012

lu ici:

http://blogs.mediapart.fr/blog/alabergerie/300112/petition

 

Chers amis,
Je viens de lire et signer une pétition en ligne: «Neuf chaînes TV pour tous les candidats à la présidentielle 2012»
http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N19983
Personnellement, je suis d’accord avec cette pétition et je crois que tu peux l’être aussi.
Souscris à la pétition et divulgue-la auprès de tes contacts.
Merci,

31/01/2012, 11:46 | Par La louve

31/01/2012, 11:53 | Par JACQUES KREMSER

Monsieur Mauduit, je souscris aux observations du commentaire précédent, n'oubliez pas que pour la très grande majorité de nos concitoyens l'info c'est le JT de 20h et je vous invite à revisiter les contenus en forme de matraquage publicitaire proposés par les grands médias, dont France Inter avec M.Bernard Guetta pour ne citer que lui, lors de la campagne...du référendum de 2005 sur le TCE par exemple. Que d'insanités déversées sur les partisans du non!

Nul doute que "la meute" des "journalistes, animateurs et présentateurs vedettes" est prête à reprendre du service à l'occasion des prochaines présidentielles, se permettre de contester les mesures ultralibérales mises en oeuvre "pour sauver l'Europe" sera, il y a fort à parier, assimilé à de la haute trahison.

31/01/2012, 12:57 | Par La louve

Laurent Mauduit doit être aussi agacé car dans le film on voit un des actionnaires de Médiapart (je ne sais plus lequel) se rendre au dîner du siècle (je crois bien qu'il entre mais c'est à vérifier). C'est sûr, ça fait râler. Croyez bien que moi aussi, abonnée de Médiapart, ça m'a agacée (peut-être pas dans le même sens que vous!). Votre critique du film m'y a fait repenser. En tant qu'abonnés, nous avons le droit de savoir quel est le financement de Médiapart, média qui se clame comme le plus indépendant des indépendants.

Je lis donc une page jusqu'alors jamais lue:

http://www.mediapart.fr/journal/france/090308/comment-mediapart-a-construit-son-independance?page_article=2

L'un des 6 fondateurs est Godefroy Beauvallet (que je ne connais absolument pas) dont j'ai trouvé le CV suivant sur le net:

http://fr.linkedin.com/in/beauvallet (le CV n'est pas forcément juste, à vous de le corriger si nécessaire)

Edwy Plenel écrivait à l'origine: "(...) Les investisseurs sont essentiellement deux, pour 500.000 euros chacun. Il s'agit de Jean-Louis Bouchard (société Ecofinance) et de Thierry Wilhelm (société Doxa) (...)"

Jean-Louis Bouchard est, semble-t-il le PDG d'Econocom, il possède un pur-sang Dream Well (vainqueur pour la troisième fois d'affilée cette année du Jockey Club) qu'il partage avec Maria Niarchos, fille d'un armateur grec (source http://www.lexpress.fr/informations/le-pur-sang-une-couteuse-passion_629959.html).

Je ne vais, de toute façon, pas passer mon temps à enquêter sur Médiapart. Vous n'êtes pas du tout indépendants des pouvoirs économiques, c'est la conclusion que j'en tire. Donc arrêtez de donner des leçons aux autres ou alors mettez cartes sur table.

Pour le moment, je garde mon abonnement parce que je lis (et entends) des choses intéressantes ici aussi. Quand j'en aurai assez de votre prétention, je m'en irai...

31/01/2012, 14:42 | Par Jean-Philippe VEYTIZOUX en réponse au commentaire de La louve le 31/01/2012 à 12:57

Mais c'est La Louve, notre Louve..........les blessures de 2007 sont cicatrisées et elle ressortirait donc en pleine forme. Attention à la dernière phrase, ne cède pas à la tentation du repli dans la tanière pour y lécher les vieilles blessures

03/02/2012, 10:17 | Par Béatrice Turpin

xx

 

31/01/2012, 13:47 | Par Raoul Pantanella

Cher Laurent Mauduit,

Vous avez apparemment gardé un chien de votre chienne (de garde) aux auteurs de l'équipe du film qui avaient naguère fondé les journaux PLP et Le Plan B…

Il est vrai que si ces publications radicales ne faisaient pas dans la nuance, tout ce qu'elles dénonçaient – et que le film, que vous prétendez "bâclé", fustige à nouveau – était rigoureusement établi et inattaquable, c'est-à-dire JAMAIS attaqué en justice. Les "journalistes" et les "experts" à qui elles dercernaient, par exemple, "la laisse d'or" de la sevilité se sont  adonnés (vendus ?) souvent au sarkozysme le plus actif. Pensez à Philippe Val nommé à France Inter et licenciant pour insolence satirique Guillon et Porte, ou à BHL gagnant à lui tout seul la guerre (sans l'aimer…) en Lybie au nom de l'Elysée reconnaissant…

Vous n'avez certainement pas aimé voir fugitivement apparaître dans le film l'image d'Edwy Plenel aux côtés de Minc et de Colombani… Je parierais presque que c'est ce qui vous a fait "bâcler" le titre de votre article (qui par ailleurs est d'une grande justesse critique) et que c'est bien "de là" que vous parlez (cf. "D'où tu parles, camarade ?")

Mais vous avez noté aussi qu'Edwy Plenel n'est pas mis en cause, car il fait bien parti de ces journalistes authentiques et talentueux qui, comme vous, sauvent l'honneur de la profession et se battent, ou se sont battus, à l'interne des rédactions et des organes de presse où ils travaillent. Alors oui, vous avez raison, tous les journalistes ne ressemblent pas à ceux qui nous ont encore donné, avec "l'interview" de Sarko scénarisée par l'Elysée, le spectacle dégradant que dénonce le film Les nouveaux chiens de garde. Faites confiance à l'intelligence politique de vos lecteurs, amplement capables – et ce fil de discussion le prouve – d'apprécier simultanément et la radicalité d'un pamphlet salutaire comme ce film plein d'humour et de vérités cinglantes, et l'entreprise au long cours de Médiapart qui nous permet, au quotidien, de respirer au large un air de liberté.

Raoul Pantanella

 

31/01/2012, 14:36 | Par Jean-Philippe VEYTIZOUX

Tétu et borné, comme un réalisateur marxiste de documentaire, j'affiche ci-dessous en commentaire propre ce qui en était un, plus haut, dans la file de ceux concernant la contribution première de Philippe Corcuff.

Et comme je suis un mec pesant qui va confirmer son penchant au manque de finesse en votant Melenchon au 1er tour le 22 avril, j'ai copié-collé tout ça pour en faire un billet sur mon blog, na!! Vous y aurez donc droit trois fois.

Celui qui me flattera le mieux dans la file de mon commentaire aura droit à son commentaire en billet sur mon blog, estampillé "Commentaire recommandé pas le pénible de Limousin Terre de Gauche" Clin d'œil

Voici donc ....

 

 

Très drôle.........il y a les commentaires recommandés par les lecteurs et puis voici la catégorie "Commentaires recommandés par Médiapart",venant à part et en bonne place. Il est savoureux de constater que sur ce coup là, Médiapart reproduit à son échelle ce qui est dénoncé dans le film. Philippe Corcuff endosse, à son corps défendant, le costume de l'analyste, politologue venant rappeler la "bonne ligne "médiapartienne. Il est ici le spécialiste dont on ressort l'avis d'expert et après lequel les aboyeurs pénibles du Front de Gauche et d'autres n'ont plus qu'à aller se mirer dans le miroir et mesurer la violence du vermillon leur montant aux joues, mesurant soudain l'immensité de la montagne d'ignorance sous laquelle ils s'ébrouent difficilement.

Le film est clairement une création marxiste voulant montrer au final que les "vedettes journalistes et leurs spécialistes au dessus de tout soupçon" ne sont que le fruit d'un rapport de production au service de la classe dominante, la bourgeoisie. Il n'en reste pas moins vrai que plusieurs moments investigatoires donnent des éléments objectifs sur lesquels il serait bon de "gratter" si on trouve que les auteurs de ce film ont fait preuve de trop de rusticité:

"Existe-t-il vraiment des sociétés vendant des ménages de journalistes, dont les prix et performances notées par les entreprises privées figurent sur des fichiers pdf ?".......si des marxistes traitent cela trop lourdement, que d'autres fassent mieux et plus finement!!

"Existe-t-il vraiment des rendez-vous tous les derniers mercredi du mois dans un lieu des beaux-quartiers de Paris nommé "Le Siècle" où les grands décideurs financiers et politiques se retrouvent pour échanger leur appréciation de la situation ? Est-il vrai que les vedettes médiatiques participent à ces réunions ? Quel est leur rôle dans ces réunions ?"........si des marxistes traitent cela trop lourdement, que d'autres fassent mieux et plus finement!!

"Est-ce une réalité que les spécialistes appelés à grand renfort sur les plateaux-télé pour défendre le modèle libéral et présentés comme des sommités intellectuelles bardées de diplômes universitaires occupent une grande partie de leur temps et de leur intelligence à faire tourner le dit système par leur présence dans de nombreux CA en qualités d'administrateurs ? ......si des marxistes traitent cela trop lourdement que d'autres fassent mieux et plus finement!!

Bref, il y a de quoi s'occuper. Et si cela peut me rendre meilleur, je dirai moi aussi comme Philippe Corcuff....

Merci à Laurent Mauduit d'avoir introduit de la distance critique vis-à-vis de tels penchants régressifs, si actifs dans les commentaires de mediapartiens!

31/01/2012, 14:48 | Par Fantie B.

Billet et fil intéressant - au-delà des empaillades habituelles plus ou moins élaborées (mais qui reviennent peut-être au même si le but est l'empaillade Cool).

Intéressant par la question du,  et des, modes d'argumentation, dont celle du  pamphlet ; ou des raccourcis par le recours à des images choc.

.

On peut faire tout dire à des images, en lien avec un contexte, on peut tout faire dire avec un montage.

La rhétorique d'une part, le pamphlet d'autre part, ce sont des outils pour emporter la conviction - dans le cas du pamphlet je dirais qu'il s'agit d'emporter la conviction en l'appuyant sur l'émotion (sur la colère, sur l'indignation).

Le jeu des images et du montage, lui, veut emporter la conviction en s'appuyant les mécanismes de la pensée - qui fonctionne par association et par images :  par représentation (agglomérations de scènes parfois sans rapport rationnel entre elles, mais qui "coïncident" dans l'instant).

.

Il y a certainement à débattre avec L. Mauduit, E Plenel, M Orange, de leur passage au Monde, et donc de leur rapport avec A Minc. ; à débattre aussi du rapport de Mediapart avec Denis Robert : oui, tout ça me pose question aussi (mais pour autant je garde ma confiance au Mediapart tel qu'il est actuellement).

.

Par contre, pour les réponses à ces questions, je ne suis pas tentée par les modes pamphlet, rhétorique ou image.

Laissons-nous plutôt convaincre par des argumentations rationnelles.

(voeu pieu, OK, je sors !)

.

AJOUT : en accord avec l'esprit du commentaire de Jean-Philippe Veytizoux juste au dessus. Je suis favorable moi aussi à ce que Mediapart participe à la production d'une critique plus finne des medias. Y compris des medias "alternatifs". Mais ce sera difficile - impossible- pour Mediapart de le faire sans analyser la position de ses membres et de son système plus global (ensemble des actionnaires, des réseaux etc.) dans le champ médiatique-  comme dirait les analystes bourdieusiens.

C'est dur de se prendre soi-même comme sujet d'analyse ? oui, mais enrichissant.... symboliquement et politiquement parlant.

Lien vers le billet ouvert par Jean-Philippe Veytizoux :

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-philippe-veytizoux/310112/le-proces-bacle-du-film-les-nouveaux-chiens-de-garde

31/01/2012, 14:50 | Par Jean-Philippe VEYTIZOUX en réponse au commentaire de Fantie B. le 31/01/2012 à 14:48

Je crois que là fantie.b est bien partie pour décrocher le sésame du billet "Recommandé par le pénible de Limousin Terre de Gauche" sur le blog de Jean-Philippe VEYTIZOUX!!Clin d'œilClin d'œil

01/02/2012, 04:19 | Par bienavous en réponse au commentaire de Fantie B. le 31/01/2012 à 14:48

Mais Fantie B. (dont j'apprécie le calme et l'esprit studieux) , que fait Didier PORTE à votre avis sur Mediapart, à part des pamphlets ? Il amuse la galerie ?

01/02/2012, 10:29 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de bienavous le 01/02/2012 à 04:19

@ Bienavous : Didier Porte a une fonction affichée, amuseur.
Et s'il nous fait réfléchir au passage, tant mieux. Le plus souvent il va conforter nos convictiosn, quand même!

Mais la fonction d'un film politique n'est pas celle du divertissement.

J'intervenais pour préciser qu'en matière politique je choisis ce qui favorise la réflexion personnelle de chacun, c'est-à-dire le questionnement et le pluralisme des constats et arguments :  la complexité. Et que chacun puisse se former son propre jugement, mais en toute connaissance du jugement des autres.

Le pamphlet politique, lui,  a pour fonction de dénoncer  - ça ne me semble pas suffisant - de dénoncer en mobilisant ? Le pamphlet est donc forcément plus simple, il réduit la réalité des choses en isolant quelques gros traits, en simplifiant. Sinon, il ne serait aps percutant.

Je ne suis pas attirée par les pamphlets proprement politiques. Mais si pamphlet il y a, qu'ils soient justes et honnêtes : le pamphlet n'a pas besoin d'être caricatural pour atteindre son but.

C'est toute la discussion sur la nature de ce film.

Que je n'ai pas vu ;  donc sur ce billet et fil, je m'informe grâce au débat contradictoire..

01/02/2012, 18:20 | Par F.R. HUGEDE en réponse au commentaire de Fantie B. le 01/02/2012 à 10:29

Et bien allez le voir ! Car ce film est drôle, en plus de nous faire réfléchir !

01/02/2012, 19:58 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de F.R. HUGEDE le 01/02/2012 à 18:20

Ah s'il est drôle -et fait réfléchir -  j'irai sans doute !

02/02/2012, 00:40 | Par bienavous en réponse au commentaire de Fantie B. le 01/02/2012 à 10:29

Fantie B. , je vous dirais que tout ne me plaît pas dans ce film . J'estime, malgré mes réticences - car c'est un film troublant à tous les sens du termes - qu'il mérite d'être vu, jusqu'à ce que d'autres produisent une critique des médias plus fouillée s'ils le souhaitent, sous forme de film j'entends.
Vous opposez le rire, le divertissement à la réflexion sur la complexité du monde, ce qui est aussi plus ou moins l'argument de Philippe Corcuff.
Je vous répondrais que Pierre Bourdieu place lui exactement sur le même plan la sociologie et la comédie. Il a tout de même soutenu la candidature de Coluche à la Présidentielle. Je pense que les auteurs des "nouveaux chiens de garde" sont persuadés - à tort ou à raison - de s'inscrire dans cette veine là.
Citations :
LIBÉRATION. – Vous considérez votre travail comme mise en question radicale de la politique ?
P.Bourdieu – La sociologie s’apparente à la comédie, qui dévoile les ressorts de l’autorité. Par le déguisement (Toinette médecin), la parodie (le latin foireux de Diafoirus) ou la charge, Molière démasque la machinerie cachée qui permet de produire des effets symboliques d’imposition ou d’intimidation, les trucs et les truquages qui font les puissants et les importants de tous les temps, l’hermine, la toge, les bonnets carrés, le latin, les titres scolaires, tout ce que Pascal le premier à analysé.
Après tout, qu’est-ce qu’un pape, un président ou un secrétaire général, sinon quelqu’un qui se prend pour un pape ou un secrétaire général ou plus exactement pour l’Église, l’État, le Parti, ou la nation. Seule chose : ce qui le sépare du personnage de comédie ou du mégalomane, c’est qu’on le prend généralement au sérieux et qu’on lui reconnaît ainsi le droit à cette sorte « d’imposture légitime » comme dit Austin. Croyez-moi, le monde vu comme ça, c’est-à-dire comme il est, est assez comique. Mais on a souvent dit que le comique côtoie le tragique.. Et on reviendrait à Pascal joué par Molière.

02/02/2012, 10:48 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Fantie B. le 01/02/2012 à 10:29

J'intervenais pour préciser qu'en matière politique je choisis ce qui favorise la réflexion personnelle de chacun, c'est-à-dire le questionnement et le pluralisme des constats et arguments :  la complexité. Et que chacun puisse se former son propre jugement, mais en toute connaissance du jugement des autres.

@ Fantie B

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31/01/2012, 16:57 | Par Roger Evano

Il y a quelque chose de salutaire dans ce film et je souscris à la première partie de l’article de Laurent Mauduit. Cependant pour avoir vu le film deux fois mes réserves persistent et même se sont approfondies.
D’abord le sectarisme qui fait qu'aucun journaliste ne trouve grâce aux yeux des auteurs  En dehors d’Acrimed point de journaliste qui ne soit inféodé aux pouvoirs industriels et financiers du pays.  La manipulation fait d’Edwy Plénel  filmé avec Jean Marie Colombani et Alain Minc, un fossoyeur du Monde  A un autre moment il est en proximité d’image avec Eric Zémour. Le film ne nous dira pas si cette proximité d’image est aussi une proximité d’opinion mais nous laissera cette impression subliminale. Bien sûr rien n’est dit des Etats généraux de la presse et de l ‘Appel de la colline, rien non plus des nombreux articles de Laurent Mauduit dans Médiapart sur le rôle d’Alain Minc comme conseiller de Sarkozy et manipulateur du monde de la finance et de l’industrie (cf. son livre « Petits conseils » Stock 2007) Rien non plus sur les affaires Bettencourt-Woerth-Sarkozy, Takiédine-Balladur-Sarkozy, Tapie-Lagarde-Sarkozy… Que Médiapart  ne soit dominé par  aucun groupe financier, et réussisse grâce à ses lecteurs à conserver son indépendance sans dépendre d’annonceurs publicitaires, tout cela n’a pas d’importance.  La suspicion est lancée : Edwy Plénel et Médiapart mijotent dans ce monde trouble. Vous remarquerez que dans le film il y a le cadre et le hors cadre. Le cadre , vu à la télévision, montre tous les journalistes  chiens de garde, le hors cadre ce sont les commentateurs ,F. Lordon, M. Godet, M. Naudy qui décryptent pour nous les images présentées. Pas une image non plus d’ « Arrêt sur images » de Daniel Schneidermann  site où l’on voit les « économistes atterrés » et Frédéric Lordon
 Dans le huit pages qui accompagne la sortie du film l’attaque est plus explicite : « Il (E.P.) brame à présent que Minc a toujours été pour lui « un adversaire potentiel qu’il fallait tenir en marge » (France Culture 13 12 07). Le plus insolite dans ces divagations, c’est l’indulgence qu’elles suscitent dans son nouveau public. Le 4 octobre dernier après le NPA et le Front de Gauche, c’était le tour de l’ « Université critique et citoyenne » de Nîmes d’inviter Plénel pour une conférence moustachue sur la « crise de la démocratie ».
Cela  devient obsessionnel et n’est pas la bonne manière pour  débattre. Loin de moi l’idée de faire d’Edwy Plénel et Médiapart les acteurs  de toutes les excellences. En trente cinq ans de journalisme il a eu le temps d’écrire des bêtises , et Médiapart en quatre ans de publier des articles contestables, mais aussi combien d'enquêtes difficiles et incontestables? Et c’est heureux. Sommes nous à la recherche d’un gourou ou d’une presse qui nous dicterait une vérité ? Je pense que grâce aux recherches patientes de ces journalistes nous sommes aujourd’hui plus capables de  comprendre notre monde dans sa complexité. Et grâce à la possibilité d’écrire, de commenter, de créer nos propres éditions, de participer à cette confrontation d’idées de laquelle chacun sort plus informé et plus intelligent.
Il serait temps pour Acrimed de savoir où se situe leur ligne jaune, avec qui il leur est possible de s’entendre. Dans la critique jubilatoire de cette caste de journalistes sont emportés ceux qui se coltinent le travail quotidien d’une information de qualité. Le pamphlet est une forme de critique qui force le trait mais il ne faut pas taper à côté.
 J’ai bien peur que le sectarisme d’Actimed les isole et fasse que tous ceux qui n’ont pas la même ligne politique soient rangés à tout jamais parmi les suppôts du capitalisme. 
Le plus grave me paraît le sentiment d’impuissance qui se dégage de ce film. L’épilogue est d’une grande clarté : « Allons nous attendre encore trente ans … » comme si depuis trente ans nous attendions.  Depuis trente ans, et plus, des personnes ont travaillé pour que les failles du système médiatique soient utilisées pour contester celui ci, pour que l’information circule dans et hors des circuits. Internet est aujourd’hui un outil qui permet en continu de contester la communication des pouvoirs dominants. Arrêt sur images, Médiapart, Politis, Alternatives économiques, le canard enchaîné , le monde diplomatique et d’autres n’attendent pas depuis trente ans. De nombreux journalistes honnêtes, en prenant parfois des risques nous fournissent des informations qui sont la base de nos opinions. Ce combat se poursuit, nous avons à le mener partout où nous sommes. A Aix-en-Provence nous avons créé avec des associations amies (Attac, LDH, Repaire )un journal : « Cent paroles » qui correspond à cette volonté de ne pas être passif vis à vis de ces médias hégémoniques.
J’aimerais que des cinéastes montrent aujourd’hui comment des lieux d’expression existent comment nous pouvons les conforter, comment nous pouvons les créer. Cela nous éviterait de rester sur le bord du chemin à nous lamenter. Comme le dit Michel Benasayag : « La liberté c’est déployer sa propre puissance dans chaque situation »   

31/01/2012, 17:05 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de Roger Evano le 31/01/2012 à 16:57

Merci, Roger Evano. Vous apportez là des infos qui me manquaient pour comprendre la discussion autour du film et de Mediapart.

Acrimed est sans doute un autre choix pour s'informer. J'en ai fait un autre (france  culture et mediapart comme sources principales + D Mermet etArrêt sur Images en outsiders). L'info alternative, oui, si et seulement si elle est faite avec rigueur.

Ce commentaire a été dépublié par la rédaction de Mediapart.

31/01/2012, 19:42 | Par Gilbert.Duroux en réponse au commentaire de Fantie B. le 31/01/2012 à 17:05

Ne vous trompez pas sur le rôle d'Acrimed. Acrimed n'est pas un site de contre-information, c'est une association. Dont l'objet unique est la question des médias. Cette association essaie de faire de la question des médias, et notamment du pluralisme, une question politique. Avec un maigre succès si l'on en juge par le contenu des programmes des partis politiques. Ce qui ne l'empêche pas de rencontrer un vif intérêt de la part de tous ceux qui se rendent compte que la situation actuelle est loin d'être idéale et qui partagent les préoccupations et/ou propositions de l'association.

31/01/2012, 20:52 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de Gilbert.Duroux le 31/01/2012 à 19:42

@ Gilbert Duroux : Association, objet la critique des medias, oui.
Ce qui est en discussion c'est le moyen de la critique.

Moyen qui donne des outils pour penser par soi-même  ?

ou moyen qui veut démontrer une thèse pré construite ?

C'est là ma question (et celle que j'ai retrouvée dans le commentaire de Roger Evano).

L'exemple dont vous discutez plus bas (montage soi disant "gag") ne me fait pas rire - sauf si on est dans un cadre explicitement satirique.

 

.

La discussion sur ces questions - et celle de l'émancipation - se prolonge sur (au moins) 3 fils de discussion :

emancipation-defis-ecologistes-et-diabolisation-des-medias (P. Corcuff)

le-proces-bacle-du-film-les-nouveaux-chiens-de-garde (J P. Veytizoux)

les-nouveaux-chiens-de-garde-degats-collateraux (R. Evano)

 

 

31/01/2012, 18:09 | Par Jean-Philippe VEYTIZOUX en réponse au commentaire de Roger Evano le 31/01/2012 à 16:57

Dans la critique jubilatoire de cette caste de journalistes sont emportés ceux qui se coltinent le travail quotidien d’une information de qualité. Le pamphlet est une forme de critique qui force le trait mais il ne faut pas taper à côté.


Je trouve que justement, dans ce documentaire, le ciblage précis de la réunion mensuelle du Siècle crée une digue qui empêche le spectateur de mettre tout le monde journalistique dans le même sac.

31/01/2012, 19:41 | Par Roger Evano en réponse au commentaire de Jean-Philippe VEYTIZOUX le 31/01/2012 à 18:09

En effet la réunion mensuelle du "Siècle" est un des moments forts du film, l'émission d'Alain Minc début 2008 en est un autre. Je me souviens d'ailleurs d'une vidéo semblable sur Médiapart. La caméra était devant le lieu d'invitation d'Alain Minc et l' on voyait défiler à peu près les mêmes qu'a l'entrée de ce restaurant. Ce film est à voir. J'ai voulu mettre l'accent  sur son sectarisme et son côté démobilisateur que j'ai ressenti chez des spectateurs. D'autre part je ne suis pas sûr que la digue dont vous parlez fonctionne bien. C'est ce que je montre en analysant certaines scènes du film. C'est dans ce mélange de moments incontestables et significatifs avec d'autres moins évidents que  le film me semble contestable. Le montage de l'échange Luc Ferry et Jacques Julliard m'est apparu manipulateur. Nous ne saurons pas sur quoi ils sont d'accord ce qui me parait essentiel.

31/01/2012, 19:55 | Par Gilbert.Duroux en réponse au commentaire de Roger Evano le 31/01/2012 à 19:41

"Le montage de l'échange Luc Ferry et Jacques Julliard m'est apparu manipulateur. Nous ne saurons pas sur quoi ils sont d'accord ce qui me parait essentiel".

Mais c'est un gag. En l'occurence, peut importe la chose précise sur laquelle ils sont d'accord. Cet effet de montage est tellement grossier qu'il n'y a pas de manipulation. C'est comme un marionnetiste qui montre les fils de la marionnette. L'intention est d'inciter les spectateurs à regarder autrement les faux débats à la télé. Et faisant cela, vous constaterez que derrière les fausses oppositions sur des points secondaires, la plupart du temps les compères sont d'accord à 90 % sur l'essentiel : défendre la vulgate économique libérale qui nous a conduit où nous en sommes actuellement. Les débats à la télé, c'est comme le catch : c'est bidon, c'est du chiqué. Dans le film, bien évidemment que les images de Ferry et Julliard c'est une manipulation. Mais elle est assumée, au contraire des manipulations que constituent les faux débats et que vous ne voulez pas voir.

31/01/2012, 19:55 | Par Gilbert.Duroux en réponse au commentaire de Roger Evano le 31/01/2012 à 19:41

"Le montage de l'échange Luc Ferry et Jacques Julliard m'est apparu manipulateur. Nous ne saurons pas sur quoi ils sont d'accord ce qui me parait essentiel".

Mais c'est un gag. En l'occurence, peut importe la chose précise sur laquelle ils sont d'accord. Cet effet de montage est tellement grossier qu'il n'y a pas de manipulation. C'est comme un marionnetiste qui montre les fils de la marionnette. L'intention est d'inciter les spectateurs à regarder autrement les faux débats à la télé. Et faisant cela, vous constaterez que derrière les fausses oppositions sur des points secondaires, la plupart du temps les compères sont d'accord à 90 % sur l'essentiel : défendre la vulgate économique libérale qui nous a conduit où nous en sommes actuellement. Les débats à la télé, c'est comme le catch : c'est bidon, c'est du chiqué. Dans le film, bien évidemment que les images de Ferry et Julliard c'est une manipulation. Mais elle est assumée, au contraire des manipulations que constituent les faux débats et que vous ne voulez pas voir.

01/02/2012, 01:31 | Par Roger Evano en réponse au commentaire de Gilbert.Duroux le 31/01/2012 à 19:55

Oui c'est un gag mais ce ne sont pas des marionnettes. Nous avons deux personnes nommément désignées. Essayez d'imaginer un montage de vous en grande discussion avec un quelconque partenaire et qu"au montage l'on ne garde que ce qui sert à la démonstration du monteur. Il est tout à fait possible de faire rire la France entière avec vos propos censés mais savamment découpés.  Le faire avec des marionnettes c'est caricaturer une forme de fausse opposition  télévisuelle,  avec Jacques Julliard et Luc Ferry nous caricaturons aussi la pensée de l'un et de l'autre, nous portons atteinte à ce qu'ils sont. J'aurais préféré cette scène avec des marionnettes. 

Bien cordialement

31/01/2012, 18:07 | Par dianne

"si peu de finesses, avec si peu de nuances," donc. C'est ce que vous pensez du documentaire M. Mauduit.

En réponse, juste une question : comment nuancer finement face à un processus aussi manifestement scélérat ?

Si vous estimez que le film ne lance que médiocrement le débat, il conviendrait que Médiapart s'y colle. Mais il faudrait sans doute déjà nous expliquer pourquoi on y a fait  si ouvertement campagne pour M. Hollande lors des primaires (Ah le fameux article de dernière heure, juste avant LE vote, lui demandant des "éclaircissements" !). A mes questions on a répondu : "c'est justifié par les sondages". Voilà. Tout en finesse et en nuances.

 

01/02/2012, 00:03 | Par Martine C.

AU vu de tous les commentaires ça et là, mais aussi d'un "papier maître" je ne puis que déplorer :

1 - le corporatisme qui anime certains.

2  l'arrogance de "caste"qui en anime d'autres ou certains autres...

3 -  l'absence totale de recul sur ce "genre" que l'on appelle le pamphlet ou la satire, dès lors qu'il heurte de petits narcissismes, tout en ravivant, sur le dos des lecteurs bienveillants, de vieilles et sordides rancunes. Passons.

4 - Et  - c'est le plus grave -  s'agissant de l'ensemble des médias Y COMPRIS LE CINEMA, incapable de par ses "biais" de diffusion en vigueur de montrer ce film à ceux qui seraient susceptibles d'y gagner quelque chose... Que n'interroge-t-on cela plutôt que de médiocres suceptibilités ?

Ce film "pamphlet", qui pointe et dénonce un "vraie réalité" (toutes les chaînes télévisuelles aux mains de quelques uns parmi les grandes puissances de la finance ou bien leurs serviteurs que sont les chaînes publiques, oui ou non ? !) dont Médiapart peut, pudiquement certes, s'honnorer de ne pas être pour l'instant... dévident leur discours et leur "formatage" des esprits et des idées là où va la majorité de nos concitoyens ! Concitoyens privés des informations qui leur permettraient de s'y retrouver : celles exposées dans ce pamphlet.

C'est cela qui n'est pas supportable et ce film a le mérite de le MONTRER.

 

Cracher dans la soupe d'un questionnement à ce sujet, aussi imparfait que soit ce film rare qui a le mérite d'exister, ne prêche pas en faveur des ses auteurs-contempteurs aussi hâtifs que brouillons.

 

Mauduit, Corcuff, rendez-vous compte et aterrissez : quelle est la proportion de ceux qui vous sont acquis et vous lisent en ayant l'insigne honneur et privilège de le faire ? Vous, petite goutte d'eau dans un océan de balivernes constantes et acharnées que regardent 80 % de ceux qui s' "informent sans le vouloir" ! ?

Vous les tenez pour profits et pertes ?

Pas moi. Pas d'autres.

P.S. Faudrait-il toujours que nous nous retrouvions dans la douleur de vos trahisons, nous qui savons lire mais ne nous contentons pas que d'autres autour de nous en soient privés ?

31/01/2012, 20:40 | Par la garnie

Ma contribution à 2 euros...

 

Je trouve dans votre article une reflexion que je me suis faite en voyant les bandes annonces du film... Partisanes et mal montées bords incomprehensibles, j'avais envie de voir le film, du coup les bandes annonces m'en ont dissuadé... Votre article vient de donner des arguments à mon refus de payer ma place pour ça...

 

cela dit, j'en voudrais presque aux réals et la prod de n'avoir pas pu ou voulu être plus exigeants... Voulaient sortir avant la presidentielles ? Trop bête ce sujet n'a pas à être traité dela sorte...

Un bon film reste à faire sur le sujet pourtant si chaud ! Donc...

 

Le sage sur la montagne dit : il parle au porc et au poisson, il est le sage, le porc et le poisson étant les animaux les moins elevés, grand, en vérité est le sage qui sait leur parler !

31/01/2012, 22:24 | Par Gilbert.Duroux en réponse au commentaire de la garnie le 31/01/2012 à 20:40

Vous avez raison de ne pas voir les films, ça permet d'en parler d'autant plus librement. Vous avez essayé la chronique littéraire ? Vous devez être du genre à tartiner pendant des heures en ayant juste lu la quatrième de couverture.

 

08/02/2012, 11:42 | Par la garnie en réponse au commentaire de Gilbert.Duroux le 31/01/2012 à 22:24

vous etes au moins quatre à raisonner comme des tambours... sourires....

01/02/2012, 09:51 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de la garnie le 31/01/2012 à 20:40

@ la garnie

Un bon film reste à faire sur le sujet pourtant si chaud ! Donc... L'essentiel est de continuer à participer Super !Super !Super ! !!!

31/01/2012, 21:22 | Par Martine C.

@lagarnie

<<<Un bon film reste à faire sur le sujet pourtant si chaud !...>>>

Que ne le faites vous donc, plutôt que de pérorer sur les singes et les poissons !

Le "montage" est une technique (qui, surtout, lorsqu'on sait s'en servir, contribue au sens !).

Nous n'avons que faire des techniques qui s'en battent du sens !

Vite ! On n'a plus le temps !

Et, en plus, il en va de la survie des singes et des poissons !!!

Au cas où cela vous aurait échappé.

01/02/2012, 15:22 | Par marcelhic

Effectivement, ce film m'a laissé sur ma faim, audelà du plaisirs de voir tous ces oligarques médiatiques " pris la main dans le sac"  ...J'aurais par exemple voulu savoir l'avis des syndicats de journalistes. Il y a aussi  une lutte de classe dans ce systeme,  les journalistes ne sont pas ces "tous  pourris ", bien dans l'air du temps politique populiste ...Derriere ma critique, il y a aussi un peu la critique de Acrimed ( sympathique mais  assez gauchos) ...Donc dans ce domaine aussi , nous devons construire des cadres de reflexions et d'action, larges mais déterminés pour se defendre face aux oligarques des medias, et reprendre le combat pour la socialisation des chaines de telé et de radio sous le controle des usagers,   ,Que  hollande et Melenchon ouvrent le débat la dessus ; tout de suite ...

yj

01/02/2012, 19:35 | Par Gilbert.Duroux

"Que  hollande et Melenchon ouvrent le débat la dessus ; tout de suite ..."

Du côté de Mélenchon, ou du moins de son camp, c'est fait. Ce soir, notamment, un forum est organisé à Malakoff intitulé "pour une appropriation populaire des médias". Voir le programme ici.

Ce sera l'occasion pour le Front de gauche de présenter son projet sur la question des médias. Voir ici. Toute la presse a été invitée, nul doute que Médiapart fera un compte rendu. Peut-être M. Mauduit lui-même puisque le sujet l'intéresse et que les initiatives telles la production d'un film sont notoirement insuffisantes.

Signalons au passage que le NPA n'est pas silencieux sur la question, sans doute grâce à l'aide dévouée de Philippe Corcuff.

Par contre, dans les 60 propositions de Hollande, il n'y a rien, à part revenir sur la nomination des PDG de l'audiovisuel public par le président de la république.

01/02/2012, 20:00 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de Gilbert.Duroux le 01/02/2012 à 19:35

Ce qui me fait penser à un billet de Esther H sur Mediapart - je mets le lien :

journalisme-lenfant-pauvre-du-programme-de-francois-hollande

02/02/2012, 21:14 | Par Martine C.

Je suis retournée voir ce film hier.

Je retire mes mots : ce n'est ni une "satire" ni un "pamphlet", et la querelle sur les formes est invalidée lorsqu'on mesure le fond...

Ce docu ne fait que dresser un état des lieux. Que celui-ci soit consternant est une autre affaire qui ne questionne que les positions des uns et des autres, leur clarté sur ces questions décisives...

En effet, la poignée de "hiérarques" et pseudo spécialistes en mission commandée, qui délivrent et imposent leur "pensée" sur la totalité des médias les plus fréquentés par le "bas peuple", sont des agents des banques et compagnies d'assurances et grands groupes possédant l'ensemble des médias : il y a conflit d'intérêt patent et parfaitement insoutenable.

Le fin mot est bien là et seulement là.

Dès lors, couper les cheveux en quatre est soit vain soit "duplice" !

Eu égard à la démocratie, vocable qu'a pourtant constamment à la bouche la rédaction de mediapart dont je m'étonne de la virulence au sujet de la contribution de Mr Balbastre, car elle n'est en aucun ca visée dans ce travail salutaire.

Qu'on ne veuille pas voir avant tout ce "fait objectif" (collusion des "puissances d'agent" qui, jouissant du règne sans partage d'une idéologie que en défend la caste avec acharnement) oblitère d'emblée toute critique ou réflexion sur les médias et - allons plus loin, en définitive - tout choix politique libre de ceux qui lisent, regardent et écoutent : la grande majorité.

03/02/2012, 09:06 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Martine C. le 02/02/2012 à 21:14

En effet, la poignée de "hiérarques" et pseudo spécialistes en mission commandée, qui délivrent et imposent leur "pensée" sur la totalité des médias les plus fréquentés par le "bas peuple", sont des agents des banques et compagnies d'assurances et grands groupes possédant l'ensemble des médias : il y a conflit d'intérêt patent et parfaitement insoutenable.

Le fin mot est bien là et seulement là.

@ Martine C

ApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissements

04/02/2012, 15:51 | Par hasbeen en réponse au commentaire de Martine C. le 02/02/2012 à 21:14

Chez moi début Mars avec Balbastre ...Heureux veinard, je rêve d'un screener pendant le rongeage freinal...

Autorisation de piratage ?

@si+mdp en live c'est possible ????

,°)

04/02/2012, 01:38 | Par Martine C.

L'ensemble de ces notations (de type Standard and poors) très pauvres au demeurant, laissent assez mal augurer de la "suite à suivre" à ce sujet...

Ma foi...

Je ne comprends toujours pas comment et pourquoi Corcuff se retrouve en tête de gondole sur ce sujet avec 18 lectures favorables et plus du double de la part d'autres contributeurs (il est vrai simples lecteurs) !

Un miraculeux miracle alors ????????

Si quelqu'un peut m'expliquer...

Mais on dirait que notre journal confirme là ce que "raconte" le si mauvais cauchemar qu'est ce film gratouilleur.

 

Pas de crainte : il y a belle lurette que le ridicule ne tue plus personne... Ouf !

04/02/2012, 17:23 | Par Crampon en réponse au commentaire de Martine C. le 04/02/2012 à 01:38

"Je ne comprends toujours pas comment et pourquoi Corcuff se retrouve en tête de gondole sur ce sujet avec 18 lectures favorables et plus du double de la part d'autres contributeurs (il est vrai simples lecteurs) !"

Moin non plus... ou alors que trop !  Incertain Surpris Criant

07/02/2012, 00:03 | Par Boris Carrier

La diabolisation de la presse et de la télévision participent d'une même simplification paranoïaque que les théories de complot (Bilderberg, judéomaçonnique, 11 sept) ou de choc des civilisations (comparaison des cultures par les adeptes de Huntington). Cela ne signifie pas que la qualité soit au rendez-vous, mais Arte ou le Monde diplomatique démontrent tout de même qu'il est abusif de généraliser.

07/02/2012, 16:39 | Par defifi

J'ai beaucoup aimé le papier d'Acrimed au sujet de l'article de Laurent MAUDUIT.

Cela remet les pendules à l'heure....

http://www.acrimed.org/article3768.html

 

08/02/2012, 12:49 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de defifi le 07/02/2012 à 16:39

Je ne suis pas vraiment d'accord. Déja parce que cela commence par une entourloupe :

/// Une première fois par omission, puisqu’aucun article de la rédaction n’a été consacré au film Les Nouveaux Chiens de garde.

Effectivement, Laurent Mauduit a posé son article sur la partie "blog" (et non pas "journal") Mais bien évidemment, la différence entre un article de laurent mauduit et un article de blog de laurent mauduit est mince. Trés mince...

Aprés, on assiste à une partie de "c'est celui qui le dit qui l'est", bien connue dans les cours de récré

///  il se livre à un procès bâclé contre le film .

Mais bon Acrimed ne renonce jamais devant la promesse d'un bon mot. C'est sa force (et aussi sa faiblesse) Celui sur le chroniqueur du monde est trés bien trouvée. Laurent Joffrin est hors concours (comme Corcuff, têtre de turc de l'association "canal habituel") Celle sur Mauduit est fait un peu à la va vite. On les a connu plus percutant dans la petite phrase assassine, pourtant...

 

08/02/2012, 12:31 | Par Marc Tertre

Yannick Kergoat a donné un entretien à "Tout est à nous" (l'hebdomadaire du NPA) qui éclaire, il me semble, certains aspects du documentaire et de la discussion qui a suivie sur médiapart.

Entretien avec Yannick Kergoat, co-réalisateir du film (en salle actuellement) : « Les nouveaux chiens de garde ».

Léo Carvalho - Pourquoi ce film, près de 15 ans après la parution du livre de Serge Halimi ? Quels objectifs vous êtes-vous donnés ?

 

Yannick Kergoat – Pourquoi ce film ? Parce que rien n’a changé, ou si peu, depuis la publication des Nouveaux chiens de garde en 1997. Et on devrait même dire que ces quinze dernières années ont donné pleinement raison à Serge Halimi en confirmant l’un des points cruciaux de son analyse : comme la finance de marché, les journalistes dominants et autres experts économiques bénéficient d’une totale irresponsabilité. Ils peuvent passer leur temps à tromper et à se tromper sans jamais avoir à rendre des comptes. On peut prendre, comme dans notre film, l’exemple d’Alain Minc, qui est à la fois ami et conseiller des puissants, « expert » économique, animateur d’une émission sur la chaîne Direct 8 et qui a été président du conseil de surveillance du Monde pendant 14 ans. Alors qu’il a fait pendant près de 30 ans l’apologie de la libéralisation financière, et alors qu’il expliquait seulement quelques mois avant l’éclatement de la crise que le capitalisme était « très bien régulé » et l’économie mondiale « plutôt bien gérée », jamais sa position centrale dans l’univers des grands médias n’a été contestée : il continue à être invité partout pour pérorer sur cette économie mondiale.

L’irresponsabilité de ces éditocrates est donc à la mesure de leur pouvoir. Ce qui rejoint notre objectif quand nous avons décidé de faire ce film : proposer un état des lieux critique du pouvoir que détient la petite caste de directeurs de rédaction, présentateurs-intervieweurs, éditorialistes et experts, un pouvoir sur les médias et qui s’exerce à travers les médias. Ils se font passer pour un « quatrième pouvoir », indépendant des autres, mais se trouvent en fait en collusion claire avec les pouvoirs économique et politique. C’est d’ailleurs ce que matérialise le fameux « dîner du Siècle », où se réunissent chaque mois barons de la finance et de l’industrie, ténors de la politique (de « gauche » comme de droite), intellectuels de cour et journalistes dominants.

- Vous montrez très bien la fonction conservatrice des grands médias, qui ont joué et jouent un rôle crucial dans la fabrique du consentement aux politiques libérales. Pourquoi est-ce si difficile selon vous, y compris au sein de la gauche radicale, de faire entendre cette critique des médias ?

Justement parce que les médias détiennent un pouvoir. Or, ce pouvoir s’appuie aussi sur la monopolisation, par les journalistes dominants, de toute critique portée contre les médias. Ces journalistes décident en bonne partie du périmètre légitime de la critique des médias, et les seules critiques qui ont droit de cité portent généralement sur des faits passés, et s’en tiennent à rappeler des règles de déontologie. Et encore : on n’a vu personne dans les grands médias exiger la mise au rebut d’Alain Minc à cause de son plagiat [1], ou de Michel Field à cause de ses « ménages » [2] ! Plus profondément, jamais n’est pointé du doigt dans les grands médias le pouvoir de cette poignée de gens de médias, et leur collusion avec les pouvoirs en place. Et pour cause : ce sont eux qui tiennent le micro et distribuent la parole la plupart du temps.

Mais pour répondre plus directement à ta question : si la gauche radicale a peur de s’attaquer aux médias, c’est sans doute parce qu’elle a peur de se voir interdire l’accès aux médias. Notre avis c’est au contraire qu’il faut profiter de chaque passage dans les grands médias – ils sont obligés d’inviter les porte-parole des partis contestataires de temps à autre – pour pointer la fonction conservatrice qu’ils accomplissent. L’un des effets du jeu médiatique, et du fait d’accepter de s’y plier sans en contester les règles, c’est la personnalisation des combats collectifs. Or, évidemment cela a des effets sur la manière dont les gens vont concevoir l’action politique, comme quelque chose qui ne leur appartient pas, comme un domaine réservé à ceux qui en font une profession. C’est ce qu’avait d’ailleurs bien pointé la lettre publiée par Olivier Besancenot à propos de sa non-candidature, en revenant sur les impasses d’une médiatisation à outrance et non-critique du rôle que jouent les médias vis-à-vis de ceux qui contestent l’ordre des choses.

- Est-ce que la presse alternative, notamment la presse militante, constitue selon vous une alternative au système que vous décrivez ?

On ne peut qu’encourager la presse alternative, la presse militante, la presse syndicale, tout ce qui permet de mettre un grain de sable dans la machine. Ne serait-ce que parce qu’à l’heure actuelle la situation dans la grande presse est dramatique. Qu’il s’agisse d’indépendance à l’égard des pouvoirs ou de pluralisme politique, la crise n’a pas du tout changé la donne : c’est toujours aux mêmes prétendus experts et aux mêmes journalistes dominants qu’on demande des « analyses » et des « solutions », et les seuls partis qui peuvent s’exprimer régulièrement dans les médias (en dehors des campagnes électorales) ce sont l’UMP et le PS. Là encore, on ne voit pas pourquoi les choses changeraient, puisque rien ne contraint au changement ceux qui tiennent les rênes. Donc il faut effectivement soutenir la presse indépendante. Mais ça ne peut pas suffire : il est illusoire de penser qu’on en finit avec le pouvoir médiatique en lisant (ou en incitant à lire) Le Monde diplomatique, Fakir ou Tout est à nous.

Pour caricaturer un peu, c’est un peu comme de penser qu’on en finit avec le pouvoir de la télévision en jetant sa télévision par la fenêtre. Il faut donc proposer une alternative politique, sur la question des médias autant que sur celles de la finance ou des institutions par exemple. Le but c’est d’arracher la production et la diffusion de l’information, qui est un bien public, à la soumission aux logiques marchandes et à la dépendance à l’égard du pouvoir politique et des grands groupes industriels et financiers. Il faut trouver les moyens de permettre un véritable pluralisme d’idées et un pluralisme politique. Si l’on considère que l’information est un bien public, la question des médias est une question de salut public, sur laquelle la gauche radicale doit évidemment avoir des choses à dire, y compris dans les médias.

Propos recueillis par Léo Carvalho

09/02/2012, 09:12 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Marc Tertre le 08/02/2012 à 12:31

Merci ! très intéressant !

29/07/2013, 05:00 | Par InternetDev

La meilleurs, c'est la dernière!

extrait du film de Pierre Carles (interview Melenchon) © Pierre Carles
Les Nouveaux chiens de garde, extrait 4 © Gilles Balbastre et Yannick Kergoat
Les Nouveaux chiens de garde, extrait 6 © Serge Halimi Les nouveaux chiens de garde 2 3


L'exception (Tadéi) et le Chien de Garde Patou (Woouaaaf Wouaaf) ... coucher Patrick
Les Nouveaux chiens de garde, extrait 6 © Par Radiopariman

Ecoutez la complainte arrièrée de Patrick Cohen: Faut surtout pas inviter des gens qu'on ne voit pas ailleurs
On se demande même s'il tellement été formaté, qu'il dit sa grosse connerie par reflèxe?? ou alors ils le sfont exprès (certains, a n'en plus douter) et c'est là que c'est éffrayant!
C'est bizarre que P. Cohen et beaucoup de ceux qui invitent les mêmes ne s'offusquèrent pas des vagabondages éffrayant d'Eric Zemour (France 2 / Itélé / M6 / France 5 - Calvi) puis Threard (pareil). De la pouponière Calvi.

LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE © Réalisé par Gilles Balbastre, Yannick Kergoat ..
Faux derche, en plus, Jaques  Attali qui ne doit pas bouffer des cailloux souvant, palaisantait avec Jéjé sur l'indice du Boutan.... On aimerait les y voire trouver leurs bonheurs (Sans  Tocantes de luxe, dîner luxueux etc..)....
Hollande, D.S.K., etc... © Pierre Carles
Bayrou: Un homme politique qui ne dénonce la collusion des médias que lorsqu'il en subissait les conséquence: Pas vraiment ce qu'on appelle l'amnégation ou l'honnêteté intellectuelle
"Les nouveaux chiens de garde". Le co-réalisateur Yannick Kergoat était notre invité © TV5Monde
Serge Halimi - Les Nouveaux Chiens de Garde HD © Autour du Monde Diplomatique



07/05/2014, 08:35 | Par Jean-Claude HALARY

Si on peut dire que "les chiens de garde" est un état des lieux ,le débat qui a suivi le film ,est une illustration parfaite de ce que le film dénonce...

lamentable !  l'animatrice aurait pu être un peu plus interrogative!...... 

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