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Maintien de l'ordre ou grave entrave au droit de manifester ? (Lyon, 21 octobre)

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Que s'est-il passé exactement à Lyon le 21 octobre, lors de la journée de manifestation contre la réforme des retraites ?

On le sait, la journée du 18 avait été le théâtre de scène de pillage par les "casseurs". Le surlendemain (20 octobre), le ministre de l'Intérieur était venu (avec un parterre de journalistes) assurer que force resterait à la loi. Du coup, la manifestation du 21 octobre, a fait l'objet d'un déploiement de forces policières proprement inouï. Sous le regard aérien permanent d'un hélicoptère, des milliers de policiers et de gendarmes, en tenue et en civil, ont été déployés toute la journée, avec moultes gaz et flash-ball, appuyés par des camions "anti-émeutes" équipés de canons à eau. Au milieu d'eux, les manifestants pouvaient même apercevoir les hommes du GIPN cagoulés et armés de fusils à pompe (des unités d'assaut créées pour lutter contre les opérations terroristes type prises d'otages).

A quoi rime un tel déploiement de force ? Bien sûr, officiellement il s'agissait de lutter contre les "casseurs". Mais les témoignages s'accumulent pour dire que les forces de de l'ordre ont exercé ce jour là un niveau de répression totalement disproportionné, commettant des entraves graves au droit de manifester. L'épisode le plus connu est la "garde à vue en plein air" de quelques 500 personnes pendant plus de 5 heures. Et il faudrait apparemment ajouter des contrôles sans fondement, un fichage dont on ignore la base légale, des gazages et matraquages non nécessaires, voire des tirs de flash-ball et autres pistolets lanceurs de balles en caoutchouc (ajoutons que sur les nombreuses photos visionnables notamment sur ce site, on peut voir une fois de plus des images prouvant que des policiers dévoient totalement les règles d'usage de ces armes très dangereuses, on les voit notament viser des manifestant à seulement quelques mètres de distance et au niveau de la tête).

Devant ces faits, un collectif s'est créé à Lyon ([email protected]), comprenant tous les partis, syndicats et associations engagés dans la contestation de la réforme des retraites, ils lancent notamment un appel à témoignage en vu d'un dépôt collectif de plaintes en justice.

Tous les commentaires

13/11/2010, 15:55 | Par JPH21

C’est l’instauration de la peur, la disproportion de moyens armés contre des manifestants pacifiques ; Sarkozy installe les prémisses d’une guerre civile en France… C’est la guerre des riches contre le reste des citoyens. Il cherche à écraser toute velléité de contestation, combien même faudrait-il tirer contre la foule, c’est ce que sous-entend l’emploi même du GIPN armé de fusils à pompe entre autre. Attention, cette disproportion de moyen peut déboucher sur une réponse de même nature hélas… Mais n’est ce pas le but de la manœuvre ?

13/11/2010, 16:07 | Par Républicain en réponse au commentaire de JPH21 le 13/11/2010 à 15:55

Le but de la manoeuvre est d'essayer d'inciter les manifestants à des réactions de désordre afin de provoquer dans la "majorité silencieuse" un réflexe de peur et une demande de "law and order" justifant un tour de vis à droite (ça avait marché en 68, où la viloence a abouti à la manif de droite aux champs elysées et à une forte majorité de droite au parlement).

La question est de savoir si la notion de "majorité silencieuse" est encore valable de nos jours. Elle existe toujours chez les téléspectateurs de TF1 mais plus vraiment chez les internautes.

13/11/2010, 17:56 | Par Serge Koulberg

Disproportion, c'est bien le mot. La question est de savoir jusqu'où peut aller cette disproportion. Rien ne laisse supposer qu'il peut y avoir une limite.

19/11/2010, 14:31 | Par Laurent Mucchielli en réponse au commentaire de [email protected] le 13/11/2010 à 18:48

Bonjour,

Voici une autre adresse : [email protected]

Bien cordialement

LM

 

13/11/2010, 20:51 | Par albinos

Sarkozy a apposé le 11 novembre 2010 une plaque en hommage aux lycées qui avaient manifesté le 11 novembre 1940 contre l'occupant nazi.

Cette plaque existait déjà, pas bien loin de la nouvelle. L'essentiel pur ce clown ce sont les images télé et pas la cohérence historique...

J'ai proposé ailleurs de mettre en place une souscription pour apposer une plaque place Bellecour à Lyon (date à définir...)en hommage aux lycées piégés en ce lieu par le gouvernement et le président de la république de ce temps.

14/11/2010, 09:11 | Par zane en réponse au commentaire de albinos le 13/11/2010 à 20:51

Bonne idée albinos !

Sarkosy qui rend hommage aux résistants (cf lettre de Guy Môquet aussi) alors qu'il tente de tuer dans l'oeuf toute résistance à sa politique, c'est pour le moins incohérent et ridicule..

Combien de temps devrons-nous encore supporter ça ?

Très bonne idée votre plaque, tenez-nous au courant, également s'il faut donner quelques sous...

13/11/2010, 23:58 | Par christian paultre

Je m'étonne que ce président dont on connait la morale et la façon dont le ministère de l'intérieur lui a servi de tremplin n'utilise pas plus les coups tordus d'une police spécialisée en coups tordus

14/11/2010, 22:23 | Par pascal b

merci.

14/11/2010, 00:26 | Par POJ

Une décision de la CEDH pour soutenir vos revendications

14/11/2010, 10:20 | Par Alain CUNY

Suite aux violences policières, le CIRDEL organise organise une rencontre à la Bourse du Travail de LYON (place Guichard), le 24 Novembre à 19h30

14/11/2010, 12:00 | Par Yonas

a mon avis, le 20 octobre ce gouvernement, à Lyon, par un de ses représentants annonçait ce qui allait se passer...

il reste à relever le plus grand nombre de témoignages possible dans ce type de situations pour aboutir un jour à en référer à une instance européenne...

14/11/2010, 12:35 | Par cyberway

Espérons que les Lyonnais se souviendront en 2012 de cet épisode macabre au coeur d'une soi-disant République démocratique.Lyon bastion perdu en 2012

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