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Policiers et gendarmes ont-ils les moyens d'assurer la sécurité quotidienne ?

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Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux était formel le 27 octobre dernier devant les commissions des Lois, des Finances et de la Défense de l'Assemblée nationale (AFP), comme il l'est devant les journalistes et devant les syndicats de police : « je vous le garantis, il y aura au total, en 2011, autant de policiers et de gendarmes opérationnels, c'est-à-dire sur le terrain, qu'en 2010 ». Ajoutant même : « Il y a, aujourd'hui, 243 000 policiers et gendarmes en France », soit « 4 301 policiers et gendarmes en plus qu'il y a 10 ans ».
Pourtant, en février 2010, dans le Troisième bilan de la RGPP, le ministre du budget (Eric Woerth) annonçait fièrement que 100 000 fonctionnaires partis à la retraite n'avaient pas été remplacés. Il faut bien les trouver quelque part, au ministère de l'Intérieur comme ailleurs. Après vérification, il semble que, si il y a bien environ 243 000 policiers et gendarmes en 2010, il y en avait près de 249 000 en 2002, soit une baisse de 2,4 %, qui devrait de surcroît se poursuivre dans les années à venir. Quant au budget de fonctionnement, il est en baisse lui aussi. Quelles en sont les conséquences ?

 

Comment compter les policiers et les gendarmes ?
Sur le terrain des commissariats, le constat semble le même partout (nous avons pris des informations dans 4 départements de banlieue parisienne et de province) : malgré le recrutement de nouveaux Adjoints de sécurité (ADS, des jeunes recrutés sans condition de diplôme pour un contrat précaire non renouvelable de 5 ans), les effectifs sont soit en stagnation soit en baisse depuis 2007. En cause bien sûr la RGPP et le non remplacement d'un fonctionnaire partant en retraite sur deux. Mais il faut évoquer aussi la multiplication des unités spéciales qui puisent dans les effectifs de sécurité publique. Comment savoir exactement ce qui se passe ? On s'y perd un peu dans les chiffres proposés par le ministère de l'Intérieur. Les syndicats de police eux-mêmes ne savent parfois plus quoi en penser. Entre les changements de vocabulaire et de mode de comptage découlant de la LOLF, et la volonté politique de masquer une réalité qui ne « colle » pas aux discours, difficile de savoir si l'on compte bien des fonctionnaires titulaires, des fonctionnaires « opérationnels », des « équivalents temps plein emploi » ou encore des « équivalents temps plein travaillés ». La seule issue est de s'en remettre aux projets annuels de lois de finance et aux vérifications de la Cour des comptes.

 

Graphique : l'évolution des effectifs cumulés de police et de gendarmerie de 2002 à 2010

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C'est ce qu'a fait le député Jean-Jacques Urvoas, délégué à la Sécurité au Parti socialiste dans une note de la fondation Terra Nova intitulée « Le baiser de Judas » (29 septembre 2010). Sa conclusion est la suivante : en trois ans, la RGPP votée en 2007 a annulé tous les effets de la loi de programmation sur la sécurité de 2003. Et la baisse des effectifs va se poursuivre voire s'accélérer dans les trois années à venir. On peut voir en effet la tendance sur le graphique ci-joint que nous avons reconstituer par cette source (voir en annexe les données brutes et le partage police/gendarmerie).

 

Un service public en difficulté, même moins que d'autres

Ainsi la police et la gendarmerie nationales sont des services publics en difficulté, même moins que d'autres (comme l'éducation nationale et la fonction publique hospitalière). A la question des effectifs s'ajoute en effet celle des moyens de fonctionner. Pour 2011, les crédits demandés sur le programme « police nationale » sont en hausse. Toutefois, comme le constate le député UMP Guy Geoffroy (rapporteur sur le volet Sécurité du projet de loi de finance) : « cette hausse globale ne doit pas cacher une dichotomie fondamentale entre une hausse des dépenses de personnel et une diminution qui ne cesse pas des dépenses de fonctionnement et d'investissement ». De plus, l'augmentation des dépenses de personnel « ne traduit pas une politique de recrutement intensive, mais s'explique principalement par le financement des mesures catégorielles négociées depuis 2004 et par le vieillissement de la population policière, liée notamment à la suppression des limites d'âge automatiques de départ en retraite des corps actifs de la police nationale, à compter du 1er janvier 2010 ». Ainsi, le budget de fonctionnement, d'équipement et d'investissement de la police « sera en baisse de 6,4 % en 2011 par rapport à 2010 ».
Sur le terrain, ceci ne fait de doute pour les policiers. Question toujours importante pour eux : la qualité du parc automobile. Elle se dégraderait (sauf peut-être à la Direction générale de la police nationale où l'on a au contraire davantage de véhicules comme le notait en passant le dernier rapport de la Cour des comptes). Question apparemment triviale : au commissariat de X., en banlieue parisienne, le budget annuel photocopie est épuisé depuis plusieurs mois. Or le papier est en réalité la première dépense de fonctionnement ordinaire de la vie d'un commissariat. Comme beaucoup d'autres, il serait paralysé sans l'aide de la municipalité. Municipalité qui d'ailleurs loge le commissariat, dans un bâtiment municipal qui est vétuste, qui n'est pas sécurisé et qui est tellement exigu qu'il n'assure pas la confidentialité des auditions des victimes, des suspects et des témoins. Les exemples ne manquent pas en région parisienne (Deuil-la-Barre, Gonesse, Sarcelles...), mais également en province. Le Journal Officiel publiait le 11 novembre cette réponse du ministre de l'Intérieur à la question écrite d'un député UMP de la Marne signalant la « vétusté » et le caractère « non fonctionnel » du commissariat d'Epernay : « Les contraintes qui pèsent sur le budget d'investissement du programme "police nationale" imposent cependant des choix et il n'a pas été possible dans ce contexte d'inscrire ce projet parmi les opérations prioritaires au titre du schéma directeur immobilier 2010 ». En attendant, comme nous l'expliquait un commissaire de police, c'est le « système D » qui prévaut, pour récupérer ici du papier, là des chaises ou des pots de peinture.

 

Des inégalités territoriales contraires à l'esprit du service public

Ces problèmes ne sont toutefois pas le lot de tous. Car la dotation en effectifs est singulièrement inégale selon les circonscriptions. Existe bien entendu d'abord la traditionnelle inégalité entre Paris et sa banlieue, qui continue toutefois de surprendre puisque les problèmes les plus importants sont sensés se trouver en banlieue. A l'évidence, la police parisienne n'est pas là seulement pour la sécurité des parisiens, mais aussi du pouvoir central. Ensuite, les inégalités sont également fortes selon les départements. Un « cas d'école » est sans doute fourni par la comparaison entre la très paupérisée Seine-Saint-Denis et les forts cossus Hauts-de-Seine. La première passe (non sans raisons) pour le département le plus dangereux de France, or elle n'a pas plus de policiers que la seconde. Enfin, ces inégalités d'effectifs sont également fortes selon les circonscriptions d'un même département, et là aussi pour des raisons qui ne tiennent pas seulement à la taille de la population ou au taux officiel de criminalité, mais aussi manifestement à des préférences politiques. A tout le moins, on dira avec ce Conseiller maître à la Cour des Comptes, responsable du secteur « intérieur », que « la répartition des effectifs est sujette à une inégalité spatiale ; elle obéit à des lois totalement mystérieuses pour nous » (Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale, audition du 7 octobre 2009).

En guise de conclusion provisoire, signalons cette conséquence majeure de la baisse des effectifs : si elle se poursuit, même en cas de changement de doctrine politique, dans beaucoup de territoires cette baisse compromettra de fait le retour à la police de proximité par impossibilité des policiers et des gendarmes de consacrer des effectifs à la présence sur le terrain en dehors des contextes d'intervention. A moins bien sûr d'augmenter les effectifs des commissariats et des brigades en réduisant d'autres unités comme les CRS et les gendarmes mobiles. Les premiers représentent 10 % des effectifs de la police nationale, et les seconds constituent plus de 15 % des effectifs de la gendarmerie nationale. Mais il faudrait pour cela que les dirigeants politiques (quels qu'ils soient) admettent une fois pour toutes que la sécurité quotidienne des citoyens prime sur la tranquillité des gouvernements. On en est loin actuellement.

 

 

Tableau : l'évolution des effectifs de police et de gendarmerie de 2002 à 2010

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Tous les commentaires

19/11/2010, 10:49 | Par jean-marie charron

A-t-on des chiffres sur les nouvelles unités policières crées depuis peu et qui risquent de plomber ceux des unités classiques ?

19/11/2010, 11:43 | Par Laurent Mucchielli en réponse au commentaire de jean-marie charron le 19/11/2010 à 10:49

Hélas non, je ne possède pas (encore) ces informations.

19/11/2010, 11:09 | Par Vincent Verschoore

Merci pour cet article, tout est dit dans votre conclusion. Le pouvoir a besoin d'un certain niveau d'insécurité publique pour justifier sa politique liberticide, par exemple en limitant les moyens policiers en Seine-Saint-Denis. Mais ce qui est pervers dans ce système c'est que la police est en elle-même un vecteur d'insécurité, résultat logique du nivellement par le bas et la course aux chiffres.

19/11/2010, 11:34 | Par Erreur 403 en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 19/11/2010 à 11:09

+1 Je regrette juste que vous n'ayez pas abordé la question de la privatisation des services de Police, sur le plan humain comme sur le plan matériel... ce sera pour un autre billet, aussi bien documenté, j'espère... :-)

21/11/2010, 01:12 | Par jean-philippe vaz en réponse au commentaire de Erreur 403 le 19/11/2010 à 11:34

Policiers : 243000 selon la police, 20000 selon les manifestants...

Quand on aime, on ne compte pas...

Depuis que le ministère de l'intérieur ne compte plus dans ses rang, un certain (incertain) Nicolas, la politique du chiffre, très mauvais calcul, a multiplié les erreurs en se soustrayant aux règles démocratiques, et le nombre des gardes à vue a divisé l'opinion quant à leurs résultats...Au final, ce sont toujours les Français qui paient l'adition...

Interrogé sur le sujet, Nicolas déclare: "la sécurité c'est ma thématique"...

 

19/11/2010, 22:36 | Par Axel J

Deux facteurs concordants pour installer cette "nécessaire" insécurité permanente, une certaine impunité et un certain laisser-aller, terreaux idéaux et lit pour laisser vivre les tricheurs:

 

1)

laisser pourrir les méthodes, les qualifications et l'éthique/estime-de-soi des policiers, et laisser aussi "pourrir" les effectifs (en baisse).

 

2)

surtout continuer à tous prix à alimenter la défiance qu'un peuple peut avoir de sa propre police, alors que c'est la confiance qui devrait régner, si on voulait donner un esprit de prévention à la fonction de maintien de l'ordre de nos lois, si on ne désirait pas sciemment faire maintenir par notre police, un esprit de répression.

19/11/2010, 13:05 | Par chantal messines

n'oubliez pas tous les policiers et gendarmes qui sont réquisitionnés pour garder, qui la maison ou la propriété d'un tel ou d'un autre (clavier, anciens ministres, résidences secondaires de nos chers élus...) et tous ceux qui sont mobilisés lors des déplacements de notre "prince"et qui forcément ne sont plus sur le terrain pour assurer leurs services...!!!!

19/11/2010, 17:45 | Par cerragle

Je crois qu'il va falloir s'interroger honnetement sur le rôle régalien de la Police. Toutes les taches confiées, souvent par facilité aux forces de l'ordre sont-elles toutes régaliennes ou obligatoirement d'Etat. Une enquête criminelle est-elle de même niveau que le traitement d'une incivilité, d'un mauvais stationnement, d'un exces de vitesse...d'une terrasse qui depasse...je crois qu'aprés plus de deux siécles d'un systéme il faut y regarder sans tabou. La prévention est trés importante mais ne decolle pas. La soit disante égalité de tous nos concitoyens en terme de sécurité, de sureté n'est pas plus vraie que notre égalité devant le vide médicale de certaines provinces par exemple. Voila un débat de société auquel nous ne pouurons pas echapper dans les années qui viennent...certes ce n'est pas le seul! Nous avons des médecins formés dans d'autres pays nous avons des infirmières...des legionnaires...nos "Forces de l'Ordre" vont arriver d'ailleurs trés bientot d'ailleurs, dans un autre type de délocalisation...ne restons pas figés sur des principes qui n'existent plus.

19/11/2010, 19:13 | Par duffodu

intéressant

19/11/2010, 21:36 | Par fransou

Je n'ai aucune compétence en matière de maintient de l'ordre, mais je suis souvent irrité par un message sans cesse martelé par les responsables de la police, les syndicats de policiers, les responsables politiques qui ne sont pas au gouvernement, les médias,... : "les effectifs sont insuffisants".

Or lorsque je me déplace, je constate : Que les policiers et les gendarmes vont toujours par 3, quel que soit le quartier (7ième ou 18ième à Paris, Saint-Denis ou mon petit village de Seine-et-Marne), pour avoir vécu aux Etat-Unis, j'ai remarqué que c'était rarement le cas ! Que bien souvent, ils sont gentiment en train de palabrer dans leur véhicule ne jetant qu'un regard discret à ce qui se passe alentour. Qu'ils ne sont pas là où selon moi il le faudrait (piège à conducteur automobile plutôt que zône dangereuse).

Mon message est sans doute simpliste, mais avant de parler et reparler des effectifs, n'y a-t-il pas d'abord un gros problème d'organisation (dont police de proximité), de moyens matériels et surtout de formation ?

J'aimerais en entendre parler aussi !

20/11/2010, 07:52 | Par JPTAB

Bonne analyse - et bons "posts" de cerragle et axel j ----

20/11/2010, 09:27 | Par Res publica

Et pendant ce temps à Marseille on en est à la troisième fusillade à la kalashnikov, ça c'est un sacré bilan sur les promesses en matière de sécurité.

http://fr.news.yahoo.com/64/20101120/tfr-un-adolescent-tu-et-un-autre-bless-d-a2f96e4.html

Le trafic d'armes en banlieue n'a jamais été aussi florissant. Les gens qui ont voté Sarkozy en 2007 sur ce sujet doivent s'en mordre les doigts...

 

20/11/2010, 10:01 | Par Coubertin

La question posée dans le titre est déjà une réponse: non, policiers et gendarmes n'ont plus les moyens d'assurer convenablement leurs missions. Certains services ont été ré-organisés, des unités ont été dissoutes, mais on n'a fait fait que déplacer la charge de travail sur d'autres unités.

Tous les bénéfices réels (quantitativement et qualitativement) de l'époque Sarkozy, ministre de l'Intérieur, ont été perdus, pour des résultats aujourd'hui dramatiques (moyens humains, matériels, informatique, parc automobile, locaux...)

20/11/2010, 12:19 | Par [email protected]

Je connais quelqu'un qui s'est fait agressé dans le train vers Meulun , la racaille locale lui a piquée son portable et interdit de repasser dans le coin sous peine de mort en le traitant de sale blanc , où est notre petit chef celui qui se proposait de nettoyer la racaille au Karcher ? hein il est où ? en attendant on se fait malmener et la Police ne peut rien faire ? manque de moyens de volonté ? zone électoralement ininterressante ? tant que l'on sera gouverné par des gens pour qui le pouvoir se résume aux honneurs et peu à se préoccuper des citoyens on aura un problème , en attendant par ce jmen foutisme on laisse de la racaille gagner du terrain et on empeche les gens de vivre correctement plus dur et couteux sera le nettoyage .

Ce gpouvernement a fait la démonstration de son inefficacité plus prompt à remplir les poches de ses riches soutiens , à détruire les service publics pour privatiser et à se gaver d'honneurs en tout genre , l'UMP garante de la sécurité ? décidement non aucun parti politique n'a le monopole d'une question de société et ce n'est pas avec des discours de grand manitou avec une hache que l'on fait avancer les choses , nul minable incompétent stupide , il faut que les citoyens de se pays se réorganisent pour contrôler ces gouvernements corrompus par le pouvoir gangréné par le clientélisme et l'inaction , la transparence et l'obligation de se justifier doit devenir la règle car il y en a marre de faire des chq en blanc à des individus qui n'ont à répondre de rien ou nous réponde par le mensonge l'opacité le déni le mépris ...on les élit ils doivent rendre des comptes sinon ce sont des dictateurs et alors il faut s'en débarassé , c'est ça non la démocratie ? un élu doit ête un exemple , malheureusement ce n'a jamais été le cas ...

20/11/2010, 12:30 | Par livia vincent

****la volonté politique de masquer une réalité qui ne « colle » pas aux discours****

Oui, on entend dire que nous sommes dans un état policier, mais..."que fait la police ?" !!

Et si les effectifs continuent de baisser par volonté politique, quel est le but poursuivi ? La .... privatisation sans doute. Une garde rapprochée pour le pouvoir et dans le reste du pays, les municipalités choisiront leur sherif comme aux States.

N'est-ce pas ce qu'on nomme l'ultra libéralisme ?

20/11/2010, 18:48 | Par Crampon

M'enfin, l'insécurité est la vache à lait de l'extrême droite, donc de Sarkozy. Les petits vieux qui votent voteront toujours pour celui qui met l'insécurité en tête de ses préoccupations, même s'il fait exactement l'inverse par derrière. La politique c'est facile pour les cyniques.

Maintenant, par rapport à l'analyse générale de la situation, à la baisse des moyens, il faudrait opposer la montée arithmétique des risques engendrés par la croissance des inégalités. Même si Sarkozy avait maintenu les effectifs la situation se serait dégradée simplement parce que le climat social du pays se dégrade à une vitesse incroyable du fait de la politique délibérée de clivage systématique suivie par cet individu.

Sarkozy est le premier facteur d'insécurité dans le pays, mais lui, il a les moyens de se protéger, des citoyens comme des juges, pas des malfrats : au sommet de la délinquance ce sont ses potes, en bas ses alliés objectifs.

 

20/11/2010, 23:49 | Par Fiche_doublon_186310

Peut-être quelques pistes pour reprendre la main.

Des patrouilles à deux policiers A PIEDS.

- A pieds car c'est la seule manière de se rendre compte de ce qui se passe. A 30 km/h en voiture on ne voit rien. Si les policiers patrouillent en voiture c'est pour qu'ils puissent intervenir rapidement, sur appel radio. Une intervention (banale) menée par 2 policiers n'aurait pas le caractère répressif a priori d'une intervention à 4 policiers. Les moyens radio existent. Si une intervention exige des renforts, une organisation du terrain mieux pensée pourrait permettre leur arrivée rapide.

- L'abandon de la culture du résultat. L'efficacité de la police ne doit pas être mesurée à l'accroissement du nombre de gardes à vue mais plutôt à la baisse du nombre des infractions, à la baisse du nombre de plaintes liée à l'augmentation du nombre des condamnations. Possibilité pour le policier de faire des rappels à l'ordre au lieu de verbaliser (par exemple siffler une personne qui traverse au feu vert, faire dégager les voitures stationnées en double file, etc.).

- Revenir au véritable îlotage, c'est à dire prendre contact avec la population, avec la volonté d'être au service de tous. Ceci implique une modification de la formation mais également de la tenue d'uniforme qui, actuellement, est en fait une tenue de maintien de l'ordre destinée à l'intimidation. En résumé les policiers doivent redevenir des gardiens de la PAIX. Les îlotiers devraient pouvoir s'occuper également des "enquêtes de voisinage" qui ne sont jamais faites sérieusement.

- A Paris, supprimer les véhicules qui transportent les ASPP (les contraventions pour stationnement). Ces fonctionnaires municipaux rémunérés par la commune mais sous les ordres du Préfet de Police font leur travail à pieds, leur véhicule étant stationné presque toujours de manière anarchique avec un fonctionnaire à l'intérieur qui attend le retour de ses collègues. La suppression des véhicules de patrouille et ceux des ASPP renflouerait un peu les caisses vides.

- Surtout prendre en compte les études de François-Yves Boscher sur l'organisation de la police.

 

 

 

 

 

21/11/2010, 09:48 | Par anne-gaelle

Réconfortants, les deux posts précédents! Gardiens de la paix et à pied oui oui oui! Un uniforme élégant et non pas treillis/rangers.

Mais comment sortir du bourbier où nous ont mis les choix politiques actuels? Et quelles "valeurs" sont présentées sur les medias?

Question: Comment sont comptabilisés tous ces agents de sécurité en pseudo uniforme?

21/11/2010, 12:08 | Par Axel J en réponse au commentaire de anne-gaelle le 21/11/2010 à 09:48

"Mais comment sortir du bourbier où nous ont mis les choix politiques actuels?"

 

Déjà en admettant aussi les responsabilités des choix politiques précédents.

Ce n'est jamais en rejetant la faute sur les autres qu'on ne résoud jamais quoi que ce soit.

Le Régime actuel n'est qu'une conséquence. Il est le résultat de toute une dérive, toute une dégénérescence qui a commencé dès les années 80.

 

L'uniforme?

Mais à l'époque, on en avait changé parce que le vieil uniforme était devenu "ringard", moqué, qu'on ne le prenait "pas au sérieux".

 

Rien de nouveau sous le soleil de France:

Tant que les Français se prendront eux-mêmes pour des gamins irresponsables qu'il faut (se) faire surveiller par des garde-chiourme, il continueront à considérer leur propre police avec défiance et avec mauvaise volonté.

 

Comme flic, que pourriez-vous faire dans un tel environnement?

 

Dans un pays démocratique normal, d'adultes responsables, la police est un outil aux ordres du peuple qui lui accorde toute confiance (et les moyens et méthodes qui correspondent avec cette confiance).

 

Dans un pays d'adultes responsables, la police ne serait pas contre moi. La police serait MA police, elle ferait ce pour quoi je la paie, et elle travaillerait en confiance avec mon soutien, pas en défiance en me considérant comme un coupable potentiel.

29/11/2010, 07:46 | Par michel perichet

 

Bonjour à tous,

Je suis un habitant de Sevran et il n'y a pour beaucoup qu'une seule solution,c'est la fuite.Les mots sont devenus pourris car ils ne changent rien.Je pourrais vous en raconter des tonnes,d'autant que je suis enseignant dans le 93 et y habite.La misère et la violence c'est tous les jours et je m'étonne même que ce ne soit pas pire.Un seul exemple,celui de Sevran où 50% des gens ne payent pas d'impôts et où nous avons plus de 40% de logement social qui pour le coup correspond à des gens pauvres.Ces logements sont d'ailleurs inaccessibles aux classes moyennes basses et pas à cause des critères de revenu! MP

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