Les élections européennes : quels choix?
Comme nous l'avons dit précédemment, les élections européennes n'ont pas de résultats directs à l'échelle nationale puisque seul les résultats des vingt-sept membres comptent. Ce constat peut expliquer la faible implication des citoyens ou leurs comportements dits "contestataires". En effet, les élections européennes visent plus à condamner les gouvernements nationaux mis en place comme le montre la législature de 1999-2004 où les deux-tiers des eurodéputés appartenaient aux oppositions nationales.
Or, ces votes dits "contestataires" ont-ils changer la donne? Votez le NPA d'Olivier Besançenot ou le PS de Martine Aubry va t-il faire virer l'UE dans un autre sens?
A l'échelle européenne, ceci paraît impossible. Il est important de rappeler que le Parlement européen n'est pas à l'initiative des lois. Dans beaucoup de domaines, les décisions sont prises sans l'avis ou le consentement des eurodéputés.
Autre réalité à prendre en compte dans le choix dont nous disposons est que le Parlement européen ne fonctionne pas de la même manière que notre Parlement national. La logique de bipolarisation, c'est à dire la division gauche/droite, ne prévaut pas. A l'inverse, le consensus est privilégié afin que les partis politiques s'unissent en faveur de l'intégration européenne. Il s'agit de faire avancer la machine communautaire et de ne pas la freiner par des divisions idéologiques. Le partage de la présidence du Parlement européen entre le PPDE (droite européenne) et le PSE (gauche libérale européenne) le prouve. Ceci laisse alors peu de marge de manoeuvre aux petits partis politiques.
Cette logique vise à dresser le Parlement européen en en front homogène face aux deux autres Institutions : le Conseil et la Commission.
Que dire de plus que l'analyse d'Olivier Costa sur les eurodéputés! Celui ci évoque les diverses situations et différents rôles des parlementaires qui peuvent être contradictoires. Ils jonglent entre la scène nationale et européenne en jouant sur différents tableaux. Par exemple, un euroscéptique joue la carte de l'indépendance nationale alors qu'une fois entrée au Parlement européen cette carte est effacée. En effet, l'entrée même d'un eurodéputé dans le Parlement européen le fait intégrer la machine communautaire et ne lui permet de la remettre en cause. Le Parlement ne laisse pas de place aux euroscpetiques ou aux porteurs d'autres modèles car il s'agit de poursuivre l'intégration l'européenne.
Des études montrent que des eurosceptiques deviennent au final des eurodéputés à part entière oubliant leurs revendications premières dans le monstre technique qu'est l'Europe.
D'ailleurs beaucoup d'eurosceptiques ne voient comme unique réponse : l'absentéisme. De l'autre côté, les citoyens portent ce malaise : quelque soit le vote, il n'y a pas de changement à l'horizon.



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On peut penser que l'urgence d'une réponse à la crise écologique est devenue telle que l'envoi d'un fort contingent de députés écologistes ne peut être qu'une bonne chose.
Article très éclairant. Oui, Melchior, en commentaire, le seul combat qu'on ne peut pas ne pas tenter est celui pour la planète. Et ici, peu importent les détails de la pensée politique habituelle, on va directement au fond, et il faut un mental particulier pour ne pas se laisser détourner des fondamentaux. Un mental qui ne convient pas forcément au quotidien, mais sûrement à l'exceptionnel. Mais n'est-ce pas la question en terme de représentation, nous faut-il des comme nous, proches de nous, ou de véritables êtres à part, pour nous représenter? Peut-on choisir quelqu'un dont le style, la personnalité ne nous conviennent pas, mais dont le fond ne sera pas traître à la fin? Il faut savoir se perdre, parfois.
Je pense que le plus urgent actuellement est de résoudre la crise sociale (même si l'écologie est vital). L'UE est n'a pas de politique sociale!! En matière d'écologie, les initiatives restent faibles!! merci pour vos commentaires!!