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Education : la gauche pourrait-elle faire mieux?

Au moment où quasi simultanément sortent les résultats de l'étude OCDE Pisa 2009 (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) et où le PS débat d'un nouveau pacte éducatif, le mouvement Utopia apporte sa contribution avec une conférence organisée sur le thème : « la gauche a-t-elle encore un projet à proposer en matière d'éducation ».

Si l'étude Pisa montre que les élèves français se situent dans la moyenne des pays de l'OCDE, elle révèle également qu'il existe un grand écart entre les meilleurs et les moins bons élèves. La France a plus de très bons élèves, au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE mais aussi plus d'élèves en très grande difficulté scolaire. Sans surprise, il apparaît que le système éducatif français, plus encore que dans d'autres pays de l'OCDE, ne conduit pas les enfants socialement défavorisés à la réussite scolaire.

Dans son projet sur l'égalité réelle qui sera débattu samedi prochain, le Parti Socialiste aborde le sujet en proposant un nouveau pacte éducatif en partant du constat suivant : « l'école est aujourd'hui d'abord le lieu où les pesanteurs sociales et économiques attachent les destins scolaires des enfants à ceux de leurs parents ».

Dans la conférence Utopia, ce thème de la centralité de la question sociale est bien sûr abordé par Christian Laval, chercheur, qui rappelle notamment les idées de Jaurès sur l'éducation « quiconque ne rattache pas le problème scolaire au problème social mène des efforts stériles » et appelle a une rupture avec la politique d'éducation de l'Union européenne si on veut une politique d'éducation de gauche. Lui comme Gérard Aschieri, ancien dirigeant de la FSU, considèrent que l'on doit définir une culture commune qui va bien au-delà du socle de base défendu par l'Union européenne. L'un et l'autre dénoncent le marché éducatif mondial qui inscrit l'éducation dans une logique de compétitivité et d'« employabilité ». Le troisième participant à cette conférence, Bruno Juliard, secrétaire national à l'éducation au parti socialiste, insiste, entre autre, sur la nécessité qu'un projet éducatif global aille au-delà de l'école.(Voir la conférence).

Encadré

PISA est une enquête menée tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans dans les 34 pays membres de l'OCDE et des pays partenaires. De 4.500 à 10.000 élèves participent dans chaque pays. Ils sont sélectionnés à partir d'un échantillon aléatoire d'établissements scolaires (publics ou privés) et en fonction de leur âge (à partir de 15 ans et 3 mois à 16 ans et 2 mois au début de l'évaluation), mais pas en fonction de leur classe.
Les tests, écrits, portent sur la lecture, la culture mathématique et la culture scientifique. Ils se présentent sous la forme d'un questionnaire de fond. Au lieu de juger de la maîtrise d'un programme scolaire précis, ils évaluent l'aptitude des élèves à appliquer les connaissances acquises à l'école aux situations de la vie réelle. PISA analyse également les facteurs qui impactent sur les performances grâce à des questions portant sur l'approche de l'apprentissage et le milieu social des élèves. Les précédentes enquêtes ont eu lieu en 2000, 2003 et 2006.

Voir aussi article dans Médiapart :

Le Pisa nouveau est arrivé

Tous les commentaires

Le mouvement Utopia,

La gauche est capable du pire. On le voit bien.

Ce que vous appelez la "Gauche", c'est à dire le PS en l'occurrence, est lié par son ex-électorat et capable de toutes les bassesses pour le reconquérir. Regardez la photo de l'assemblée Nationale de 81, peuplée de barbes en colliers.

La République des profs, qui consacre 20 % de son budget à l'EN, plus grosse entreprise publique du Monde, consacre la gabegie , le corporatisme, et l'esprit de corps tels que Courteline n'aurait osé les imaginer.

L'éducation vue par le PS se résume à : renouveler notre électorat.Et le reste est littérature. C'est à dire mon principal centre d'intérêt. Contrairement au président ét à Luc Chatel. :-)

Oh oui ! Vive le règne des costumes cravates et des moustachus ! Clin d'oeil

On peut rêver aussi à l'école des uniformes à la Pinochet ! Ou les bérets de la milice !

Bon , 2 h la conférence , j'y reviendrai quand je pourrais . mais un résumé aurait été le bienvenu !.

Ls.

Je profite de l'occasion que vous me donnez:

Nous sommes une petite équipe, et avions un temps pensé pouvoir fournir le résumé: c'est trop de travail pour nos frêles épaules. Rappelons que si nous sommes tous des professionnels, nous effectuons ce travail par conviction, sur notre temps libre. Si la conférence vous plait, n'hésitez pas à nous envoyer un résumé...

 

Nous avons la ferme conviction que nos intervenants sont de qualité, et leur offrir deux heures n'est pas de trop. C'est le temps qu'il faut pour développer une analyse précise d'une problématique complexe, et soumettre cette analyse à un débat contradictoire. On se plaint souvent d'un monde spectaculaire où l'inutile fait la course à l'indécent pour tenir le devant de la scène. Nous assumons le parti-pris de demander du temps à notre audience et espérons la payer en retour d'un peu de l'intelligence de nos conférenciers. Quitte à perdre les hommes pressés.

 

Bien cordialement

Malheureusement je n'étais pas la, et je le regrette. Comment entre-t-on en contact avec UTOPIA ? Il me semble que je les ai vu au moment de la dernière élection municipale à Marseille (liste Marscontreattaque).

Il est TRES difficile d'avoir une analyse sérieuse du système éducatif car il faut des compétences variées et très étendues, qu'on ne trouve pas, en général, chez les spécialistes "autorisés". Les auteurs du "Le Krach Educatif, 32 propositions pour tenter de l'éviter" (L'Harmattan octobre 2010) forment autour d'eux un groupe qui tâche de réunir des compétences variées et une expérience internationale REELLE (pas seulement la lecture de communiqués PISA interprêtée ad libitum).

Mais nous mettons une priorité sur le principe suivant : nous ne prenons PAS en considération les "analyses" des gens qui ne sont pas d'ABORD des ENSEIGNANTS de terrain. Tout au plus ces spécialistes peuvent-ils contribuer latéralement et partiellement. Pour analyser le système éducatif français, il faut des compétences en didactique, en sciences de l'éduc, en économie, en sociologie, il faut avoir une expérience de projets internationaux, mais nous voulons absolument que celui qui parle ait un minimum de VINGT années d'enseignement en primaire, collège, lycée, premier cycle des universités.

Nous récusons par principe les contributeurs, même bien intentionnés, qui parlent de ce qu'ils ne connaissent que de seconde ou de troisième main : les élèves, les classes, les établissements.

SI une telle démarche vous intéresse, je suis intéressé au contact avec UTOPIA.

Amitiés,

JPB http://www.le-krach-educatif.over-blog.com

 

Mais bien sûr que la gauche est capable de proposer une autre école. J'ai enseigné plusieurs années dans une école primaire "nouvelle", expérimentale, avec une pédagogie, par "ateliers", adaptée à chaque enfant, suivi individuellement. Et cela a donné des résultats exceptionnels, même pour des enfants psychologiquement en grandes difficultés, ou en grandes difficultés scolaires. Mais c'est toute la pédagogie qui est à revoir en France. Une pédagogie basée sur le désir de connaître, et non sur le seul "devoir faire"..., et cela change tout. Mais il faut pour cela des enseignants créant leur propre matériel pédagogique, et non se référant à des manuels scolaires. Et ces enseignants commenceront donc à apprendre à réfléchir, en même temps que leurs élèves... Pour que revive le français, la langue française, non plus langue morte, mais langue vivante ! Et que revivent des élèves créatifs...

Il faudrait donc que la gauche propose pour la France entière, un grand chantier sur la pédagogie... redonner un nouveau souffle en France...

Bien sûr qu'elle est capable de la "proposer". Pas de la FAIRE, sinon ca se saurait. Elle en a eu largement le temps et l'occasion. Ca demande du courage, pas de l'électoralisme.

La conférence n'exprime pas spécialement le point de vue du parti socialiste. D'autres réflexions, notamment celles de Christian Laval et de Gérard Aschieri vont bien au delà. Et même lorsque Bruno Julliard s'exprime il n'hésite pas à développer des analyses critiques sur certains épisodes de la politique éducative de son propre parti (il est secrétaire national à l'éducation au PS).

Le ciel vous entende !...

Supprimez les notes , les exclusions et donnez des heures d'études , des bibliothèques , des espaces verts ,des espaces d'études ,du théatre , du cinéma , des ateliers artistiques , de la peinture , de la musique . Tout pour l'Education et l'Education pour tous ...

C'est facile ... et pas la peine de donner des leçons , la gauche sait tout ! ou la gauche c'est tout ... à voir !

Comme dit plus haut, on peut tout "proposer", mais la question de notre école est aussi très liée à notre histoire scolaire républicaine, et à ses diverses "perversions" :

* besoin impérieux de classer et de décorer (style légion d'honneur)

* forte dissociation (et hiérarchisation) dans la "vision du monde scolaire" des enseignements techniques et + concrets et des enseignements abstraits (>> élitisme)

* étanchéïté forte entre les divers niveaux d'enseignement (avec là aussi hiérachisation) : maternelle, primaire, secondaire, supérieur

ce qui induit de la méconnaissance et l'impossibilité de travailler ensemble pour comprendre et inventer des pistes

* rigidité "formidable" des structures de l'institution (le dur désir de durer, qu'il pleuve ou qu'il vente !)

etc ....

ps : je reviendrai prendre 2 heures pour écouter, merci.

 

Prof en retraite, mais encore concerné, j'ai suivi le blog de Lelièvre sur PISA... je recolle ici ma contribution à ce blog, dans l'espoir de faire tomber quelques idées reçues, et de susciter la réflexion, qu'on soit de droite ou de gauche :

lieux communs qui me gênent beaucoup dans le débat sur PISA:

1 - La droite, ou le grand capital, ou le libéralisme voudrait détruire son école, ou la privatiser... Notre système est assez élitiste pour que les fils de bourgeois y trouvent leur compte, l’enseignement n’est pas une source de profits telle que le grand capital pourrait être très désireux de s’y investir... Tout en convenant parfaitement que le système économique n’a que faire de l’échec scolaire, il me paraît difficile de nier qu’il a aujourd’hui intérêt à ce qu’augmente la quantité d’étudiants et leur niveau, et sans doute aussi de techniciens, et même d’ouvriers très qualifiés...

2 - La mise en cause des ministres ne me convainc pas non plus, parce qu’il me semble qu’ils sont sans pouvoir par rapport à l’ensemble recteurs-inspecteurs-enseignants, qui a un mode de fonctionnement autonome, largement inconscient. L’écart entre les proclamations d’objectifs, les projets-vitrines, et les pratiques réelles est impressionnant : Consensus sur une langue de bois admise par l’immense majorité des acteurs du système. Allègre, à qui son positionnement politique, son amitié avec Jospin, aurait dû valoir la sympathie de la majorité du corps enseignant, a récolté l’hostilité générale, en critiquant globalement le système... Il s’y est mal pris, sans doute, mais le fait reste que le personnel de l’éducation nationale est profondément rétif à des changements fondamentaux dans ce qu’il ressent comme « son » système.

lieux communs qui me gênent beaucoup dans le débat sur PISA :

3 - Certains accusent internet et l’ordinateur de tous les maux... pourtant beaucoup d’activités sur internet supposent une pratique de la lecture, y compris des jeux (j’avais un groupe d’élèves qui jouaient avec Equideow, sur internet, et qui a fait ainsi des progrès impressionnants, en lecture)... d’autre part internet devrait permettre de développer des réseaux de partage scolaire, des offres d’exercices pour « s’avancer », tout aussi bien que pour « rattraper ». Il existe déjà un site remarquable pour les maths, « mathenpoche » : les profs ne l’utilisent guère, ne le font guère utiliser par leurs élèves, à la maison...

lieux communs qui me gênent beaucoup dans le débat sur PISA :

4 – Certains réclament, en lecture un retour à la méthode Beuscher, en math un retour à la récitation des tables, etc. Ca mélange un peu tout. Il me semble vrai que notre école, et particulièrement la primaire, sollicite beaucoup moins qu’autrefois la mémoire... J’ai moi-même fait partie de cette génération d’enseignants, obnubilés par l’éveil et le plaisir d’apprendre au point de négliger la mémorisation... J’en suis revenu ! Mais pour ce qui est de la lecture, c’est tout autre chose : L’apprentissage de la lecture en CP est toujours dominé par le B-A-BA, « la Globale » y est toujours restée marginale (ou temporaire, et considérée comme une mise en bouche)... le médiocre niveau de nos élèves en lecture, à 15 ans, commence avec cet apprentissage-là, qu’il en soit responsable ou pas ! Plus grave, je crois, c’est que, ni à l’école primaire, ni au collège, il n’y a de pratique individuelle organisée de la lecture « silencieuse ». Organiser pédagogiquement cette pratique supposerait au moins de doter élèves et profs d’un important corpus de QCM, facilement accessible par internet, portant sur une grande variété d’écrits, de tous genres et de tous niveaux. Un prof n’a pratiquement pas d’autre moyen pour valider la lecture personnelle d’un élève que de lire le livre lui-même, d’en parler avec l’élève, ou de fabriquer lui-même le QCM. Pour l’avoir un peu fait, je témoigne que c’est un travail écrasant. Mais ni le corps des inspecteurs, ni les éditeurs scolaires n’ont encore vu l’importance d’un tel outil pour valider, tout en les diversifiant, les lectures personnelles. On en reste donc généralement à la lecture suivie, le même livre, à la même vitesse, pour toute une classe!

lieux communs qui me gênent beaucoup dans le débat sur PISA :

5 - L’écart croissant entre les « bons » et les « nuls », est un indice dramatique. Il y a l’échec massif dans les « quartiers », il y a les « mauvaises classes » dans les collèges moyens, et il y a les quelques « nuls » mis à l’écart dans une classe normale. Pour avoir expérimenté cela dans l’équipe pédagogique de Madame Pierrelée (Auto-Ecole de Saint-Denis, et collège expérimental du Mans), je crois que le brassage des niveaux et des âges dans une même groupe (n’appelons pas cela une classe), pendant une bonne partie du temps scolaire, est positif. Le non-redoublement ne sera un vrai progrès que dans une conception du groupe-classe différente de celle qui domine en France.

lieux communs qui me gênent beaucoup dans le débat sur PISA :

6 - La mise en cause des procédures d’évaluation de PISA... Les procédures d’évaluation pratiquées par nos enseignants sont tellements incohérentes, tellement opaques, qu’on ne peut guère s’opposer à ceux qui réclament la suppression des notes. C’est dommage, parce que j’ai observé les mêmes jubilations chez des élèves qui réussissaient 100% à un qcm sur un livre qu’ils venaient de lire, que chez un footballeur qui marque un but. Je crois que notre système scolaire aurait tout à gagner à mettre à la disposition des profs, qui pourraient les utiliser souplement, des outils d’évaluation inspirés de PISA, et pas seulement à pratiquer des évaluations massives et systématiques à l’entrée en sixième.

lieux communs qui me gênent beaucoup dans le débat sur PISA :

7 - Comme cette évaluation fait remarquer que le respect des profs est un élément important de réussite scolaire, des intervenants en profitent pour réclamer qu’on vire les éléments perturbateurs... mais dans beaucoup d’établissements, de classes, l’exclusion des élèves perturbateurs est tout simplement impossible... Pour pouvoir virer un intolérable, on supporte 5 peu tolérables, parce que le CPE ferait une drôle de tête, si on lui envoyait 6 élèves d’un coup ! Quand l’intolérable est parti, parmi les 5, il y en a souvent 1 pour prendre la place vacante... Chaque prof est trop seul, peu sûr du soutien de ses collègues sur la réalité de son travail, de ses pratiques. La communauté pédagogico-éducative est inexistante aux yeux des élèves. C’est pourtant cette communauté qui doit gagner le respect, parce que le système scolaire paye la recherche du respect vis à vis des individus-enseignants de l’augmentation du mépris vis à vis d’autres individus-enseignants. Des instances hebdomadaires comme le conseil d’école de la pédagogie Freinet, sont à mettre en oeuvre dans le primaire, à penser dans le secondaire, ainsi que des projets pédagogiques transversaux permettant aux profs, obligeant les profs à travailler à plusieurs, en présence des élèves...

lieux communs qui me gênent beaucoup dans le débat sur PISA :

8 - L’argent … Le nombre d’élèves par classe, le salaire des profs, les heures de soutien individuel ou par petits groupes... où investir, où faire des économies ? Il n’y a qu’une chose dont je suis sûr, c’est que les manuels scolaires, renouvelés dans des délais fixés par les textes, et par les réformes des programmes, représentent un budget considérable ... Il est bien évident que des « leçons » et des exercices pourraient être proposés à tout le monde, gratuitement, sur internet... qu’il serait bien simple de les mettre à jour en temps réel... qu’il serait facile de les accompagner d’auto-correction. Bref, tout bénéfice, sauf pour quelques éditeurs que ça mettrait en difficulté, et sauf pour la hiérarchie de l’Education Nationale, inspecteurs, enseignants bien en cour, qui touchent une partie du pactole ! J’imagine que ce que l’on appelle « le libre », dans le jargon informatique, finira par assumer cette tâche, mais en attendant, quel gâchis financier.

Merci pour votre témoignage, vos réflexions, l'intelligence de votre contribution.

J'approuve particulièrement vos points 7 et 8.

Il n'y a rien de nouveau sous le soleil en matière d'éducation, l'essentiel est connu le reste est affaire de décisions et de priorités politiques. On peut vouloir un peuple libre et éduqué ou... tout le contraire, les impasses sont alors très faciles à organiser. Sarkozy nous a parlé de "pôles d'excellence" l'ellipse c'était que face aux économies de dépense publiques on ne pouvait s'attendre à une embellie du côté des besoins de la majorité des élèves... De toutes façons l'ignorance (ex de l'histoire qui disparaît dans les programmes, etc..) est en point de mire des projets de ce type d'Etat... Pas étonnant dès lors d'observer le déclin de l'éducation pour tous, je suis toujours étonnée de la naïveté qui se médiatise.

Existe t-il mieux que ce que Célestin Freinet a concrétisé comme méthode vivante d'intéresser le sujet à son environnement, à l'histoire, aux objets du monde.... On a toujours l'impression que tout est à réinventer toujours alors qu'il suffirait de redécouvrir les hommes et les femmes qui ont été ensevelis par les "intérêts d'un ordre supérieur" à celui pourtant essentiel d'éduquer les êtres ...

- Je vous renvoie au travail scrupuleux que mena HENRI PORTIER aujourd'hui disparu sur le cinématographe et mouvement Freinet, à l'enseignement que nous légua FREINET (photos); (Histoire); (biblio).

- Un Autre mouvement sur l'éducation populaire précoce et exigeant est à retrouver chez Francisco Ferrer assassiné pour avoir défendu des idées émancipatrices (saluées par Albert Camus) sur l'éducation des enfants:"L'ECOLE MODERNE".

- Et cette expérience formidable, dans une classe de seconde d'Amiens, que Cécile Ladjali professeure de français a impulsée avec ses collègues autour de l'expression poétique. Je cite le commentateur:......"Cette réalisation montre qu'à l'heure où l'on entend répéter à l'envi que "le niveau n'a jamais été aussi bas", des élèves d'un lycée moyen sont capables de relever des défis littéraires très ambitieux et d'atteindre des niveaux inespérés"...

Il suffirait donc de réinventer les voies qui accueillent l'intelligence? Ca ne semble pas très compliqué, ça s'appelle le désir d'apprendre dans l'inter-action avec celui qui a le désir de transmettre ...

A la question posée dans le titre, la réponse est NON.

Il faudrait un consensus national sur la base d'une analyse claire et nette, analysant les profonds déficits du système français qui dure depuis des décennies, droite et gauche confondus.

Sur la base de ce constat honnête, il existe des positions à prendre claires et nettes, le rapport PISA les montre "en creux", il oublie cependant les parties non scolaires et les matières artistiques comme la musique qui font tout autant partie de l'Education d'un être humain, l'enfance étant "l'anti-chambre" de l'âge adulte.

Il est urgent d'agir pour l'avenir du pays !!! Résultats PISA 2009 : la France s'enfonce, selon Le Monde...

 

L'état de la Recherche en France et dans le monde - Philippe Even dans le Nouvel Obs

 

Comment réconcilier les sciences et la culture ? La France en 57ème position sur 57 pays pour la relation pratique/ théorie

 

C'est tout le système qu'il faut revoir de fond en comble en partant des enfants et de leurs besoins et apprentissages et non en prenant en compte l'industrie du tourisme, les avantages des parents et des enseignants.

Le rythme scolaire est un aberration de même que les 2 mois de vacances en juillet-août. Aucun pays démocratique civilisé n'utilise de telles méthodes.

Il ne faut pas s'étonner après du manque de cohésion sociale qui règne dans le pays... les rapports PISA et la dégringolade de la France depuis 2000 - alors que les autres pays ont mis le paquet pour améliorer les points négatifs - ne présage rien de bon pour l'avenir du pays.

Et là, ce n'est ni la gauche ni la droite qui amélioreront la situation, mais une profonde volonté de la SOCIETE dans son ensemble et surtout du regard qu'elle porte sur l'enfant qu'elle infantilise depuis des décennies.

 

Il y a quand même une avancée timide de la gauche sur les problèmes de l'éducation en France, c'est le fait que certains responsables à gauche (un petit nombre c'est sur, et seulement socialistes) admettent qu'il y a actuellement suffisamment de moyens "globaux" pour résoudre les problèmes, quitte à redéployer une partie de ces moyens en interne.

Le temps de la revendication pavlovienne genre "des moyens!!, des moyens !! en plus " est-il passé ?? Ce serait une avancée fantastique de la part des responsables de gauche qui commencent peut-être à prendre conscience du budget "colossal", le plus élevé au monde rapporté au nombre d'élèves et d'étudiants, de l'éducation nationale.

Tous les moyens (en temps, argent et gens) mis au service de l'école maternelle et primaire, là où se structurent durablement les attitudes, valeurs et pratiques (tant intellectuelles que sociales) sera autant de gagné (et donc d'économisé) ensuite dans les vaines tentatives de remédiations auxquelles on n'aura plus à avoir recours, pour tenter de récupérer des adolescents égarés, perdus, oubliés depuis leur enfance.

Il n'y a qu'une école libre, c'est l'école laïque.

Il fait uniformiser le système privé et public dans la transparence, l'équité et le dialogue...mise à plat et propositions sans guerre de chapelles comme en 1984.

De toute façon, aborder la question éducative par la question scolaire, c'est déjà mettre la charrue avant les boeufs.

Rien n'est plus politique que l'éducation.

A quoi doit-elle servir ?

Qu'est-ce qui n'est pas éducatif ?

A-t-on jamais fini de s'éduquer ?

 

 

Régime : Organisation politique, sociale et économique d'un état.

La Gauche comme d'autres n'est intéressée que par le pouvoir. Une fois conquis les choses se gâtent comme toujours. Et pour durer il faut trouver des fusibles et des justificatifs.

Penser un peuple en une masse qui réfléchit de manière standardisée est et restera une grave erreur. Cela sous entend une direction, un intérêt , une hiérarchie. Quand celui-ci est l’intérêt national alors l'échec est programmée par la société elle-même.

L'éducation est un système mis en place par et pour la hiérarchie. Comment être surpris des résultats!

C'est la société entière qui est a réinventer mais l'imagination et la créativité n'y sont pas valorisées. Le profit et le cynisme sont bien en place. Un peuple spectateur qui cautionne la compromission = Un figurant d'un spectacle où l'abrutissement côtoie la médiocrité.

Pourquoi les élèves passent-ils une très grande partie de leur temps assis?

Assez exact, ce que vous écrivez.

La question:


"Pourquoi les élèves passent-ils une très grande partie de leur temps assis?"

est tout à fait justifiée au vu de ce qui se fait hors de nos frontières.

 

A celle-ci j'ajouterais:

 

"Pourquoi les enfants n'apprennent-ils pas à jouer d'instruments de musique et ne jouent-ils pas en orchestres de classe - et d'école?"

Comme ici ou .

 

"Pourquoi n'y a-t-il pas de terrains de jeux dans les cours d'écoles primaires?"

Comme ici ou ou

 

 

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