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Europe, Grèce, référendum
En préalable, tout commentaire sur la crise gréco-européenne est bien dangereux tant l'évolution rapide des événements (on appelle ça une crise!) rend obsolète maintenant le commentaire d'il y a une heure. Je vais m'y risquer cependant.
Nous sommes, je crois, au cinquième plan de sauvetage de la Grèce par l'Europe depuis mai 2010. Aucun des plans de 2011 n'est entré en application tant il apparaissait obsolète seulement quelques jours après, ce qui souligne entre autre la lenteur des prises de décision européenne dans le cadre fort imparfait des institutions européennes actuelles.
Quand on parle de décisions européennes, il serait d'ailleurs plus juste de parler de décisions allemandes pour l'Europe. Le problème est que, toujours traumatisée par son histoire, l'Allemagne, quelque soit sa majorité politique est trop attachée au dogme de l'indépendance de la BCE pour envisager des décisions structurelles qui pourrait remettre en cause le tourbillon dans lequel nombre de pays européens sont aspirés.
Le dernier plan de sauvetage européen fut donc mis à mal quelques jours plus tard par la décision du premier ministre grec de demander un référendum. Effrayés par cette décision et se rappelant certainement le traumatisme du non au TCE, nombre de dirigeants européens y compris certains grecs crièrent au casse-cou. A l'inverse, nombre de commentateurs (y compris la rédaction de Médiapart) saluèrent ce sursaut démocratique.
On ne peut que s'interroger sur une telle naïveté. D'une part, toutes ces réactions furent faites sans connaitre la question posée. D'autre part et surtout, en supposant que la question fut l'approbation de ce plan européen, le peuple grec aurait donc eu le choix cornélien suivant:
- soit accepter le plan européen et l'austérité qui va avec, et donc se retrouver (ou rester) dans la merde,
- soit refuser le plan et se retrouver (ou rester) dans la merde.
Donc le choix proposé était le meilleur moyen de se retrouver (ou rester) dans la merde, avec l'inconvénient supplémentaire de l'avoir approuvé. Drôle de vision de la démocratie quand même.
Aujourd'hui, après quelques jours de pressions internationales et nationales, le référendum est abandonné. Le plan de sauvetage européen est-il sauvé pour autant? Rien n'est moins sur. Faudra-t-il un plan de sauvetage du plan de sauvetage?


Tous les commentaires
Le plan de sauvetage du plan de sauvetage existe : c'est l'annulation de toutes les dettes.
Faire un audit de la dette serait déjà pas mal.
George Alogoskoufis, qui est devenu ministre des finances grec à l’occasion d’un remplacement de majorité après l’accord Goldman Sach, a critiqué cette transaction au parlement en 2005. Cet accord, soutenait M. Alogoskoufis, ferait supporter au gouvernement, jusqu’en 2019, de gros versements au profit de Goldman.Ce fut une cavalerie sans nom depuis...
Que Goldman Sachs et les spéculateurs du monde entiers boivent la tasse dans cette affaire me fait sourire, que les peuples grecs et européens paient la facture présentée par le G20 me fait hurler!
Ce matin, Papandreou a obtenu un vote de confiance, ce qui ouvre la voie à l'acceptation du plan européen par les députés grecs.
Une grosse inconnue demeure. Comment va réagir le peuple grec qui s'est vu accordé puis retiré le droit d'exprimer son opinion (en gardant à l'esprit les réserves que j'ai exprimé dans le billet sur ce référendum)?
Les plans successifs que les députés acceptent, le peuple ne les accepte pas, la situation est insurrectionnelle les députés ne peuvent plus sortir dans la rue.
A suivre.
Tout à fait.
Et tous les événements de la semaine ne peuvent que renforcer cette situation.