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Sep

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Complot

 

Dès que l'on essaye de comprendre la cohérence de la politique des Etats, au vu du résultat de leurs actions, tout devient noir car d'horribles soupçons surgissent alors. 

Khadafi était le seul dirigeant à chercher à déstabiliser l'afrique sous influence française, ainsi qu'on a pu le constater en côte d'ivoire, avec des rebelles du nord armés et finançés directement par lui, sans parler de l'hisoire récente du Tchad. La france a cherché d'abord à l'amadouer et même tenté de nouer une relation de confiance entre hommes d'état, puis devant quelqu'un qui ne respectait aucun de ses engaements l'a dégommé lui et son régime, fort de 100 milliard de dollars de réserves. Avoir comme facteur déstabilisant et les islamistes et le chef d'un état riche et devoir ainsi se battre sur deux fronts avec le risque qu'au final cette politique de déstabilisation ne profite qu'aux plus radicaux avec lesquels aucun accord ni compromis ne peut être possible était le plus grand des risques. Son alliance de fait avec les touaregs, associée aux intérêts lybiens au Mali (100.000ha de terres) risquant de déstabiliser le pays et l'exposer au danger AQMI, il fallait intervenir.

http://www.rfi.fr/actufr/articles/035/article_17962.asp

Les touaregs ou du moins leur caste guerrière étaient des fidèles de ce dictateur qui leur offraient emplois, cadeaux et prébendes.

Khadafi éliminé, cette force supplétive sur laquelle la france misait déjà en ménageant, voir en relayant ses demandes autonomistes, bizrrerie éclairante sur la préparation du coup d'après, pouvait alors devenir un allié de fait contre l'implantation sub-sahélienne des extrémistes islamistes  menaçant directement et les centres stratégiques de production d'uranium et étendant son influence grâce à l'argent des trafics via la corruption des dirigeants des états africains comme on a pu le voir quand le représentant de la CEDEAO du burkina- fasso préconisait à l'état malien de négocier avec AQMI. 

La thèse c'est quoi, c'est que la france a poussé les touaregs à lutter contre les extrémistes islamistes puis à s'allier avec eux à la suite de défaites successives, les incitant à envahir le sud mali afin que les extrémistes s'exposent permettant de créer les conditions politiques de l'intervention de nos forces, afin de stabiliser le Mali et sa région et en échange d'un statut plus favorable pour ces nomades que le réchauffement climatique et son cortège de privations de ressources poussent à la sédentarisation partielle. Rien ne le prouve, tout conduit à le penser.

Ce n'est pas un hasard ("faute d'avoir pu l'identifier avec certitude", version officielle) si un convoi de 50 pick-ups faisant retraite vers le nord n'a pas été bombardé par l’aviation française qui la survolait.

L'intervention française a ainsi permis de tracer le repli d'AQMI sur ses bases arrières, les touaregs s'identifiant en se repliant tous dans la même ville ou dégageant en mauritanie, ceci permettant de les identifier à coup sûr et ainsi de pouvoir les détruire. Mettre un coup d'arrêt à la déliquescence de l'état malien qui retrouvait ainsi son unité par le biais de la guerre, permet d'éviter l'effondrement d'un pays charnière aussi bien pour la stabilité de l'afrique de l'ouest que pour nos intérêts plus au sud.

Je crois dans la continuité de la politique d'un état tel que celui de la France, quelque soit les changements de représentation politique.

Sur le fond si vous ne croyez pas que les deux interventions, Lybie et Mali sont liées, reportez-vous à cet article de Courrier international, la déclaration du porte parole de la présidence malienne montre comment la reconnaissance pour un chef d'état qui usait de ses réserves pour étendre son influence tout en ayant clairement une politique anti-française pouvait gêner les intérêts français.:

http://www.courrierinternational.com/article/2011/03/23/les-amis-africains-de-kadhafi

Ce n'est pas parce que l'on peut penser que libérer un peuple du fanatisme religieux est a priori une bonne chose, que l'on doit rester aveugle sur les motivations très terre à terre de luttes d'influence dans la région surtout si l'on constate qu'en pleine crise économique les dirigeants africains sont toujours prêts à se vendre aux plus offrants et puisque dans ce bas monde le rapport de pouvoir est le seul qui compte, la France qui n'a plus les moyens de se payer ces féodalités avides leur rappelle fortement qu'elle seule est en mesure d'assurer leur sécurité ou pas. 

Que la France ait pris le relais de khadafi pour s'allier aux touaregs qui contrôlent une immensité propre à tous les trafics et les déstabilisations, qu'à elle seule elle ne peut contrôler, telle est la politique géostratégique de notre pays pour protéger les Bolloré, Areva et consorts qui cherchent avec les chinois, les américains, les canadiens et les anglais à continuer à faire des affaires dans cette zone.

Le risque est que pas plus que Lafayette fédérant la noblesse pour défendre la liberté républicaine aux Amériques, cherchant aussi par ce biais à rompre le monopole anglais du commerce dans cette zone, cette intervention ne coûte très cher pour peu de résultats au niveau des affaires, la seule différence étant qu'il semble possible a contrario de préserver des intérêts dont certains sont essentiels à la bonne marche de notre pays.

A l'heure où les chinois se sont portés acquéreurs du port de marseille, leur stratégie d'implantation, genre pétrole contre infrastructures routière et ferroviaires, comme de rares articles la décrivent, tel en Angola, mériterait d'être étudiée pour en éviter aussi les excès: 

http://www.courrierinternational.com/article/2011/06/16/a-l-heure-de-la-colonisation-chinoise

Que pour commencer que la seule question qu'Areva ne crée pas des dispensaires pour soigner les touaregs victimes du radon du fait de l'exploitation minière ne puisse être ni posée ni abordée par l'état français, cette firme refusant d'assumer sa responsabilité d'exploitant, augure mal de notre capacité à péréniser la confiance que nous sommes en mesure de susciter dans cette zone.

Notre politique au Niger peut-elle consister seulement à laisser passer des raids touaregs lorsque ce pays risque d'attribuer un gisement aux chinois, à demander aux mêmes touaregs d'envahir un pays qui a une place géostratégique afin de mettre fin à une crise politique l'ouvrant à une menace hostile?

Une autre politique africaine plus structurante et responsable est attendue, ce ne sont pas exclusivement les sons du clairon qui peuvent l'annoncer, car comme avec l'allemagne il importe plus de gagner les conditions d'une paix durable que de gagner la guerre. 

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