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Vive les souverainistes!

Ben oui : les souverainistes, comme leur nom l'indique, défendent la souveraineté du peuple.

Et la démocratie doit faire en sorte que la volonté du peuple soit et demeure souveraine.

Au fond, les souverainistes sont les forces vives de la démocratie.

Je le sais bien, on me dira que, de nos jours, les souverainistes forment un groupuscule qui rassemble avec peine quelques soutiens médiatiques et électoraux. Et qu'en plus ce sont des ronchons jamais contents et qui n'ont cessé de prévoir une crise économique et politique que l'on attend toujours!(?)

Mais c'est là qu'est l'ennui : lorsqu'on y réfléchit, il n'est pas normal que si peu de gens se soient faits les défenseurs de la souveraineté du peuple.

Plus précisément, que certains aient accepté ce nom de "souverainistes", c'est compréhensible pour les raisons précédentes; mais que les autres, tous les autres, le refusent, préférent n'être pas souverainiste et considère même ce terme comme une marque de ringardise et de ridicule, voilà qui est particulièrement inquiétant.

Et voilà qui établissait, de fait, un clivage, que dis-je un clivage? un gouffre, entre les uns et les autres.

 

Ce gouffre, nous avons pu l'observer concrètement après le réferundum de 2005. Et nous pouvons encore le constater à la réaction de l'Elysée (et de bien d'autres à gauche comme à droite, soyons-en sûrs) à la décision du gouvernement grec de soumettre à la décision du peuple le nouveau plan de sauvetage - c'est-à-dire essentiellement l'installation à demeure de la troïka pour mettre sous tutelle plus étroite la politique suivie ("pillule" qui devra être avalée, sous pretexte de pouvoir baisser ses obligations de 50%).

 

Nous mettons longtemps à nous en rendre compte, tant cela semble inoui.

Mais il faut se rendre à l'évidence : beaucoup d'entre nos élites ne sont pas ou ne sont plus réellement démocrates. Ils ne font plus confiance au peuple, ils ne croient plus en la possibilité du peuple de prendre de bonnes décisions (pour le capital mondialisé, notamment) et l'Europe a été et est toujours pour eux un moyen de le déssaisir du pouvoir peu à peu.

 

L'opposition n'est donc plus entre la gauche et la droite depuis longtemps; mais entre les démocrates et ceux qui sont pour une sorte d'oligarchie technicienne libérale et "progressiste", qui prendra les bonnes directives en consultant l'opinion du peuple, éventuellement, sur les sujets secondaires et "pas trop complexes", sans toutefois faire de cet avis une décision définitive.

L'opposition n'est plus entre gauche et droite. Ou plus exactement, nous sommes revenus à une opposition ancienne entre démocrates et anti-démocrates, entre révolutionnaires et contre-révolutionnaires, qui s'imaginent sans doute être plus modernes en se pensant "post-démocrates".

S'il faut utiliser à nouveau ces termes de gauche et de droite, en leur redonnant un sens véritable et radical, ce doit être alors pour désigner cette alternative rendue invisible à cause du jargon politique ordinaire : la vraie gauche est celle des démocrates (ce petit nombre qui acceptera d'être dénommé souverainiste) et la vraie droite, celle des post-démocrates, qui préfère les réglements de Bruxelles au vote du peuple.

 

Il est difficile et même pénible d'avoir à l'admettre. C'est difficile, car l'Idéologie est là, qui masque par ses mots la réalité des forces en présence. Mais surtout, cela est pénible : comment peut-on penser avoir été et s'être soi-même si longtemps trompé? Et comment penser que tant de monde put (s')être trompés?

Malheureusement, l'histoire nous a montré d'autres époques, pas si lointaines, où des sociétés entières, possédées par un Idéal, marchèrent en réalité vers l'abime.

 

Je sais bien que l'on pensera que je suis excessif. Après tout, la mise en place progressive d'une dictature soft, est-ce encore une dictature?

Oui.

 

Evidemment, tout n'est pas encore effectif. La transformation est progressive - mais assurée : "on n'arrète pas le progrès!"

Et l'on peut tout à fait ne rien changer les discours, il suffit que les mots aient changé de sens.

Le territoire de l'Empire de Rome était encore désigné comme territoire de la République. Il y avait toujours des consuls. S'était "seulement" ajouté au dessus un autre citoyen, le premier d'entre tous, réel possesseur du pouvoir (Princeps, Imperator).

De même, il y aura toujours, sans doute (ce serait idiot de faire autrement) un président de la république et des députés nationaux. Se seront "seulement" ajoutés au-dessus quelques autres "citoyens", premiers d'entre tous, réels possesseurs du pouvoir.

 

Aujourd'hui, les peuples ont encore des moyens d'agir relativement pacifiques.

Alors peut-être est-il encore temps d'arrêter "la marche", qui conduit déjà d'impasses en impasses, avant que d'autres solutions deviennent les seules disponibles.

 

 

 

Tous les commentaires

01/11/2011, 11:23 | Par gaspadyin

+ 100 %

01/11/2011, 11:53 | Par brocéliande

Lorsque la Slovaquie entend demander l'avis à son parlement, on la conspue. Ce n'est tout de même pas un petit pays qui va faire la loi. D'ailleurs, à ce propos, droite comme gauche parlent de plus prendre les décisions européennes à l'unanimité, mais à la majorité qualifiée - faudrait pas se laisser ennuyer par des moins que rien.

Lorsque Merkel demande à être mandatée par l'ensemble du Bundestag - c'est du souverainisme et on l'applaudit.

Lorsque Papandréou parle de référendum à propos du dernier plan européen : on applaudit son appel au peuple souverain.

Lorsque Zapatero fait voter la règle d'or contre l'avis de son peuple : on le conspue.

Lorsque certains Français osent critiquer le futur gouvernement économique, l'Europe anti-sociale qui les privent de leur souveraineté budgétaire et économique : on les traite de fachos.

Lorsque l'Islande décide de ne pas rembourser ces dettes et réussit à redresser son pays... L'actualité l'oublie.

Bon tout cela n'est pas bien grave : l'Euro est techniquement mort ou presque ; pas la souveraineté des peuples, leurs différences et leur entente autour d'un seul mot d'ordre : vive la démocratie, vive les Indignés.

 

01/11/2011, 12:06 | Par [email protected] en réponse au commentaire de brocéliande le 01/11/2011 à 11:53

Ne dites pas au gouvernement chinois que l'euro est mort. Voir disparaître d'un coup le tiers des réserves de devises de la Chine, ça va les traumatiser.

 

Pour la Slovaquie: le Parlement slovaque a finalement voté pour l'aide demandée. Mais vous avez raison: il faudra en venir à la majorité qualifiée.

 

Pour Zapatero: il a convoqué des élections générales pour ce mois-ci. On verra bien ce que décideront les peuples espagnols.

01/11/2011, 13:12 | Par brocéliande en réponse au commentaire de [email protected] le 01/11/2011 à 12:06

Nouveau 01/11/2011, 12:49 par brocéliande

Cher et tendre Ane,

Pour la Chine ne vous inquiétez pas trop... C'est tout de même une dictature avec une monnaie qu'elle contrôle totalement. D'autre part, ils ont pour l'instant fort à faire avec leur désésquilibre intérieur.

Pour la Slovaquie, vous déformez mes propos : je n'ai jamais dit que j'étais d'accord avec l'UMP ou le PS sur la majorité qualifiée.Je trouve même que c'est un vrai scandale, quand bien même, le rythme de la bourse ne corresponde pas à celui des démocraties.

Pour Zapatero, l'on verra effectivement ce que décideront "les peuples" espagnols. Tout comme en France, l'on pourrait parler du peuple breton, auvergnat, d'ardèchois, normand, corse, parisien, (je milite pour l'indépendance de la seine-saint-denis), bourguignon, chtis, alsacien... Enfin tous ces peuples pas encore tout àfait noyés dans la grande Europe. Et je ne vous parle même pas des différents peuples d'Urkraine et de Turquie. C'est un vrai scandale qu'ils ne participent pas encore à la grande valse néolibérale de l'Euro. En termes clairs : 2% d'intérêt sur ta propre monnaie si tu votes les retraites par capitalisation et l'absence de contrat de travail ; 18% toujours sur ta propre monnaie si tu entends vouloir une Europe sociale.

En attendant, je sens bien derrière vos petites piques que toute personne qui semblerait douter de l'Europe actuelle, n'est rien d'autre qu'une pauvre nana (ou un pauvre mec) qui douterait que le bonheur passe par l'Europe d'ici et maintenant. Gâchant absolument toutes perspectives de faire une véritable europe des peuples en refusant le dernier FESF. D'ailleurs, notre grand président n'a pu s'empêcher de ressortir le spectre de la guerre.

Vous savez, tendre bourrique, il y a aussi la réalité. Pour l'instant, vous avez encore une pension. Moi je lutte au quotidien pour garder mon boulot, - mon emploi est suspendu à une décision de justice, comme celui de 37 autres collègues - garder un aujourd'hui décent pour pouvoir toujours et encore verser des cotisations pour tous les retraités. Alors que je ne crois même plus en la mienne... de retraite.

Aussi, l'on peut toujours s'épandre sur le bon de l'union de tous les peuples. Je ne vois rien dans cette Europe là, qui m'offre un avenir ou de l'espoir pour mon enfant. Vous ressemblez à la vierge Marie, je serai plutôt Saint-Thomas.

J'aime beaucoup les discours théoriques mais la preuve par douze et quotidienne dans les informations : l'Europe est celle des boursiers. D'un capitalisme en recherche permanente d'un taux de profit toujours plus important. Ce que lui a permis donné naissance à la bulle du capitalisme financier. Je vous renvoie encore à Jorion.

Alors avant que le rêve ne s'effondre totalement, je milite avec les Indignés.

01/11/2011, 20:06 | Par Lefrere Marc

Et le vote des grecs? Que signifiera-t-il?

Mais ne vous en faites pas trop, cher âne, ils vont réussir à faire démissionner Papandréou et à supprimer cette bête idée.

02/11/2011, 19:48 | Par brocéliande

Remarquable réponse de Jorion sur son blog aujourd'hui. un extrait :

 

 

"Dans l’adversité du monde financier, supporté par la froide technocratie efficace et efficiente de Bruxelles, il nous faut affirmer notre européanité. De par notre histoire, cette européanité est un arrachement à la barbarie et aux dictatures et le choix ultime de l’émancipation. Le tryptique sécurité physique – liberté politique – sécurité économique compose en dialogue avec l’émancipation, un projet de civilisation pour l’Europe, (du moins continental).

Ceci structure une opposition à toute forme d’oppression, qui diffère singulièrement d’un humanisme (qui lui est charitable). Nos amis européistes convaincus s’avèrent dénués d’européanité car ils dénient le droit à l’existence et à l’inconscient collectif comme moteur de l’Europe. Enfermés dans une vision essentialiste – l’Europe est un projet bon par nature – et en appuyant une coercition structuraliste ¬– nous somme l’Europe semble dire le petit monde bruxellois-, ils ne préservent que leur monde. Pas le notre ! L’européanité repose sur la construction consciente des peuples dans un projet émancipateur et le primat de la liberté des hommes et des idées, sur celle des capitaux.
Quel rapport avec une vision économique ? Il est évident qu’une telle vision de l’Europe ne voit dans l’euro qu’un symbole (l’essence) et un lien structurant. Autrement dit un lien, ou au sens économique, un voile. Mais une monnaie n’est pas le substitut de l’européanité, et nous ne pouvons accepter de résumer l’européanité à une monnaie unique. C’est à ce titre, en plus, une européanité comme plus petit dénominateur commun qu’une monnaie « neutre ».

Ensuite, la fixation des prix, comme résultat d’une relation vendeur-acheteur, qui malgré tout s’exprime également à travers la monnaie, non exempte de l’idée de valeur, s’exprimant brute de tout change, n’est qu’une relation brutale de puissance. De fait, la définition d’une Europe sur ces bases est entièrement tournée vers une paix des puissances. Où est l’européanité ?

Ainsi le saut fédéral proposé est évidemment impossible dans ces conditions. C’est revendiquer l’européanité par accident, après des années de neutralisation de tout sentiment d’Europe.

Il faut exalter en nous ce sentiment d’européanité contre l’exacerbation nationale. Cette exacerbation nationale n’est pas le fait de l’appel au peuple. Elle n’est pas le fait des droites nationalistes. Elle est le fait des dirigeants européens qui nous emmènent dans le mur, au nom de l’Europe. Ils s’exemptent de tout reproche, car le projet est par essence bon, et structuré sur un Etat de droit idéologique, un véritable dogme. La caution culturelle malsaine des européistes au dogme est seule responsable des dérives des droites populistes en Europe.

Entre eurosceptique et européiste, deux faces d’une même pièce idéologiques, c’est par l’européanité que l’Europe sortira. En affirmant l’émancipation comme horizon politique. Et en renouant avec le tryptique, sécurité physique- liberté politique – sécurité économique. Ca signifie bien de ne pas inverser en projetant la liberté économique et la sécurité politique, la grande tentation des éuropéistes.

En apprenant la résistance culturelle, et la mise en périphérie de l’Europe, les Européens doivent faire leur ce qu’Aimé Césaire a porté avec la négritude et ainsi porter une intransigeante volonté de l’Europe. Et d’une pierre deux coups : libérer l’homme blanc bruxellois de son complexe de supériorité intellectuelle, et ainsi favoriser le libéralisme des idées, et permettre le redressement économique de l’Europe."

03/11/2011, 14:55 | Par Lefrere Marc en réponse au commentaire de brocéliande le 02/11/2011 à 19:48

Voici en effet une bien belle réponse encore qu'elle mériterait d'être interrogée.

Au fond, je suis assez d'accord : comment ne pas être pourle tryptique sécurité physique – liberté politique –sécurité économique ? Mais l'ennui est triple :

1) Que met-on derrière ces termes? Car je vois mal qui que ce soit, en démocratie, déclarer qu'il est pour l'insécurité physique, l'esclavage politique et l'insécurité économique. L'euro lui-même devait être un facteur des trois choses et avait, semble-t-il, été fait aussi dans cette intention (suivant les errements idéologiques de nos dirigeants, qui associent libéralisme capitaliste et progrès). On voit ce que cela donna finalement en Grèce.

2) Est-ce bien ce tryptique qui définit "l'Européanité"? L'identité européenne? Qu'est-elle? Existe-t-elle? Comment se définit-elle? J'attends qu'on me le dise après qu'on m'ait expliqué qu'il n'existe pas d'identité française.

3) Il est vrai que nos idéologues sont "enfermés dans une vision essentialiste" qui fait que l'Europe (et l'Euro) sont bons par nature. D'ailleurs hier Merkel l'a dit : il faut voir ce qui est bon pour l'Euro. Phrase superbe!Voici le nouvel impératif moral, le critère du bon et du juste : ce qui permettra de consolider l'euro. On croyait que l'euro serait bon pour les peuples; on s'était trompé : les peuples sont bons pour l'euro (qu'ils le veuillent ou non). Bref (car je digresse) il serait bon de ne pas troquer une vision idéologique (au sens péjoratif) pour une autre, une vision "essentialiste" pour une autre.

Et pour le moment, les partisans de l'Europe fédérale me semble être les mêmes hier et aujourd'hui - c'est-à-dire des gens qui trouvent dans la crise, non pas des raisons de remettre en question leur logique, mais des raisons de la pousser plus loin.

Puisque tout va mal, il faut aller plus vite. Là encore, Merkel et Sarko l'ont bien dit.

11/11/2011, 14:21 | Par brocéliande

Déjà et mille excuses, cette réponse n'est pas de Paul Jorion mais de l'un de ses invités. Et de te répondre aussi tard.

Cher et tendre Marc,

Et pourtant vois-tu cette idée d'une entente entre les peuples européens me séduit tout à fait. Parce que j'ai pris conscience d'une guerre idéologique soutenue par divers continents.

Mais qu'elle est donc cette guerre qui sous-tend l'affrontement entre Etats-Unis, Chine, Afrique, Europe? sans oublier bien sûr le continent sud-américain .

C'est l'histoire d'un modèle de solidarité. Je sais, cela fut plus que surement lié à la guerre froide, à la volonté des politiques de ne pas vouloir voir basculer l'Europe de l'Ouest dans l'idéologie de l'URSS. Tant de choses se sont écroulés avec la chute du mur.

Mais tu résumes, trop vite, l'Europe à la volonté de ses dirigeants, à l'Euro. L'identité européenne existe-t-elle? dis-tu. Oui, te répondrais-je, pour partie.

Certes, les peuples européens ont une histoire commune forte. Quand bien même passerait-elle depuis des siècles par la guerre ou les alliances, mariages princiers compris. Mais aussi, l'habitude prise, par exemple, de ne plus considérer les Espagnols ou les Italiens, les Grecs ou les Polonais, comme de simples immigrés au service du bâtiment mais comme de grandes nations. Cela marque tout de même des décennies d'Europe

Non répondrais-je, de la même manière, si j'en crois Emmanuel Todd et son rappel si enrichissant des différentes structures familiales et son corrolaire, la transmission du patrimoine.

Toutefois, malgré ses divergences culturelles profondes, l'Europe - enfin la première, pas celle des 27 - l'idée européenne, d'il y a des lustres, s'est revendiquée d'une Europe sociale, d'un modèle de solidarité (caisse de solidarité pour être plus précise, enfin tout ce que de Gaulle à mis sur pied au sortir de la guerre avec le CNR) qui va à l'encontre de la mentalité primaire qui consiste, en suivant le modèle anglo-saxon à ne se "débrouiller" que par soi-même et la misère de ces 65 millions d'Américains qui ne se nourrissent que de ticket d'alimentation.

Alors oui, je crois, non pas à l'Europe des gouvernants de maintenant, mais à une sensibilité qui nous fait considérer nos voisins comme des alliés d'un même modèle.

 

 

 

 

 

 

 

 

11/11/2011, 14:30 | Par Art Monica

Il existe diverses identités qui s'imbriquent, se chevauchent ou se contredisent. Je me sens humaine du monde terrien, européenne, française. Et bien d'autres choses selon le contexte. - Ce que je comprends mal, c'est pourquoi les europhiles militants jugent délétère l'identité nationale, qu'ils voudraient noyer dans l'identité européenne. Pourquoi cet interdit, véritable tabou? Être ici ne m'empêche pas de venir de là bas, et de regarder ailleurs. - Une fédération n'a de sens qu'entre des entités identifiées, qui choisissent leurs modes de relation. Le forçage d'une certaine Europe construite contre l'avis des citoyens est dangereux, car il saute des étapes. Les europhiles, élitistes (contraire de populistes) imaginent qu'il fallait l'imposer contre l'aveuglement des masses. Mais en fait de belle Europe, ils ont signé un pacte avec le diable sans s'en rendre compte et ils s'obstinent. Ils ne veulent pas reconnaitre qu'ils se sont (ont été) trompés.

11/11/2011, 15:08 | Par brocéliande

"Ils ne veulent pas reconnaitre qu'ils se sont (ont été) trompés".

Peut-être savent-ils qu'ils se sont trompés. Mais comment reconnaître que leurs idéaux, leurs moyens de subsistance, reposent, malgré eux, sur les nouvelles générations.

Ô combien je suis d'accord sur les entités identifiées. Si l'on pouvait seulement repenser le temps. Les europhiles de maintenant enterrent l'entente des peuples au nom d'un modèle qui permet aux prétendants des plus hautes fonctions de s'affranchir de la lenteur de la démocratie, du peuple à choisir, y compris ses "intellectuels" dans le sens le plus noble du terme, à réfléchir à un modèle de solidarité, comme les économistes attérés, de la détresse des jeunes Espagnols, Portugais, Grecs, Irlandais.

La fracture, cette divine ligne entre le mal-être et le bien-être peut advenir très tôt, une fois pompée l'absence de revenu d'une classe de petits possédants. Les pensions divisées par trois, les salaires, sur lesquels sont encore appuyés la solidarité européenne divisée par deux, comme en Grèce... Pourquoi croire que nous y échapperons... L'aveuglement de l'élite des masses... et l'envie d'en faire partie. Intérêts toujours bien pesés, d'un toujours plus de pouvoir et d'argent. Pour ceux qui se croient encore de la classe dirigeante, les privilégiés des salariés, les pensionnés d'un autre temps, d'être simplement au-dessus de la mêlée.

Finalement, cette crise, nous lie plus sûrement aux Grecs, que tous les discours sur une Europe unie.

 

 

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