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Le libéralisme a échoué... de l'aveu même des libéraux.

En effet, chers amis, les libéraux admettent eux-mêmes que leur système est imbécile.

Bon, evidemment, ils ne le disent pas comme cela; ils essaient de le faire en passant comme si cela ne changeait pas leur autorité ou leur expertise.

Ils se contentent d'appeler, pour résoudre la crise, à l'instauration de règles nouvelles encadrant les marchés financiers.

Ce qui signifie - si je comprends bien - qu'ils admettent que les problèmes actuels viennent de l'absence de ces règles.

Et donc de ce que les agents économiques sont laissés trop libres.

Or quel est le courant philosophico-économico-politique qui déclare qu'il faut que l'Etat laisse les agents économiques les plus libres possibles pour que la croissance et la prospérité s'installent? Eh bien, le libéralisme (comme son nom l'indique).

CQFD.

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Le hic dans votre raisonnement - tout à fait juste par ailleurs - c'est qu'ils n'en ont strictement rien à cirer les libéraux. Et de plus, pensez-vous qu'ils soient assez bêtes, les libéraux, au point qu'ils soient incapables de tenir le même raisonnement ? Non, évidemment... La triste vérité, c'est qu'ils savent fort bien ce qu'ils sont en train de faire, et ce depuis trente ans, et qu'ils poursuivent tranquillement leur petit bonhomme de chemin en nous enfumant allègrement tout au long. Jusqu'à ... ?

Vous opposez régulation et liberté. La régulation n'est-elle pas la condition de la liberté ?

Tout à fait, cher Melchior, la liberté véritable se construit et demande des régulations. Mais ce n'est pas moi qui oppose régulation et liberté, ce sont les libéraux, dont ici j'adopte le raisonnement, qui, pendant des années, se sont opposées à toute régulation au nom de la liberté, comme si celle-ci était une donnée première et spontanée.

Les gens à qui vous vous en prenez sont les ultra-libéraux ou les néo-libéraux. Le libéralisme historique n'est plus qu'un courant de pensée, qui n'a pas plus de responsabilité dans la politique économique actuelle que le socialisme français du XIXème siècle n'en avait dans le national-socialisme, ou même dans le "socialisme" de Milosevic.

Ce qu'on appelle aujourd'hui le libéralisme n'a rien à voir avec le libéralisme du siècle des lumières.

C'est un hold-up sémantique.

Le libéralisme actuel, celui de fric tout puissant, c'est la liberté du renard dans le poulailler, selon la formule bien connue.

Ou, pour rester dans la zoologie, le règne du Veau d'Or.

Libéral est un terme générique qui englobe toute la clique des néo, des ultra ou des hyper libéraux. Arrêtez donc de nous enfumer, vous aussi, MGL, avec vos distingos à la noix. Dirait-on ultra-socialistes, ultra-communistes même si le mot ultra est parfois employé seul pour signifier extrémiste (par contre on a bien conservateurs et ultra conservateurs, ce qui tendrait à montrer que l'extrêmisme est plutôt une tendance de droite). Quant à A. Smith, le père du libéralisme, il avait les mêmes idées à la con que vous, et on voit ce qu'elles ont donné. Je pense notamment à sa fameuse main invisible.

Cher Adrien Labayrade,

 

Vous me rendriez un réel service si vous vouliez bien me retrouver l'endroit exact où Adam Smith a parlé de la main invisible (dans son oeuvre à lui, bien sûr). Nous pourrions alors en discuter, en fonction du contexte.

 

 

Ce n'est pas beau de renier ses ancêtres. Adam Smith est notre père à tous, Marx et les marxistes compris (et Keynes par-dessus le marché).

 

 

Cette demande que je vous fais concernant la mention de la main invisible, je la fais aussi à toute la communauté médiapartienne.

 

 

Melchior, bourrique facétieuse.

Ce n'est pas après vos connaissances quasi encyclopédiques que j'en ai, MGL, mais à votre cerveau qui semble débordé par toute la masse d'informations qu'il contient. Si je peux vous donner un conseil, essayez d'abord d'y remettre un peu d'ordre, en vous débarrassant d'un maximum de détails inutiles, par exemple.

_

Extrait de Wikipédia :La main invisible dans l'approche discontinue du libéralisme classique.../ Cette approche est celle du libéralisme classique et aurait été diffusée « inconsciemment par des milliers d'auteurs de manuels »[N 1]. Dans cette version, la « main invisible » serait une métaphore par laquelle Smith signifierait que les marchés sont autorégulateurs et conduiraient à l'harmonie sociale. /..

Si effectivement l'expression n'est pas d'A. Smith, il en est l'inspirateur.

 

Oui, mais j'aimerais voir l'expression, dans son contexte, sous la plume de l'auteur lui-même...

 

Vous voyez que wikipédia met un conditionnel prudent !

En effet mais votre réponse a dû interférer avec la modication que j'apportais à mon post. Comme vous voyez, je vous donne partiellement raison (la dernière ligne que j'ai ajoutée) sur ce point. Mais que ce soit lui ou un autre qui ait été inspiré par ses travaux, pensez-vous que cela change quoi que ce soit au problème ? C'est ce genre de choses que j'appelle des détails inutiles.

Oui, cela change quelque chose. Souvenez-vous de Marx: "Si ces gens-là sont marxistes, alors moi je ne le suis pas !"

Vous me conseillez de m'abrutir et de prier, quoi...

 

 

"Ne pense pas, le Parti a toujours raison et pense pour toi."

Je n'ai aucun conseil à vous donner, MGL. Ce serait peut-être même l'inverse sur des questions d'histoire et de culture générale. Mais comme je vous l'ai déjà fait observé sans beaucoup de ménagement, j'ai le sentiment, à vous lire, que vous n'avez pas réussi (encore) à faire la part des choses entre toutes les connaissances que vous avez accumulées. Autrement dit, pensez par vous-même au lieu de le faire par la bouche des auteurs que vous avez lus.

Les gouvernements dits dedroite (Sarkozy) et degauche (Zapatero) ont non seulement laissé la spéculation le plus incontrôlée dominer l'économie et la politique, mais ils se proposent de continuer à le faire. On n'a pas le choix, tel est leur leit motiv.

 

Si l'on convient d'appeler "libérale" cette politique, on dira, cher Marc, qu'elle conduit les sociétés droit dans le mur, pour le plus grand bien des spéculateurs et des riches. Est-ce un échec pour les libéraux? Peut-être pas, vu les conséquences... Echec pour les uns, grand bénéfice pour les autres.

Les mots ont un sens. En appelant libéraux les tenants d'un système qui est la négation même du libéralisme, on s'interdit de trouver l'issue du labyrinthe, qu'on se condamne à chercher de nouveau du côté de la dictature (du premier secrétaire sur le comité central du parti) du prolétariat. La vision binaire est implacable, et conduit nécessairement dans l'une ou l'autre erreur. Me semble-t-il. Mais je ne suis qu'une bourrique.

à Art et Virgil

 

Je crois que nous ne sommes pas loin d'être d'accord.

 

J'hésite entre vous répondre ici (au risque d'alourdir le fil de notre auteur), faire un billet sur les frères ennemis issus du libéralisme, ou encore une présentation des premières pages du dernier livre de Rosanvallon, sur l'égalité. Je ne sais pas ce qui est le plus utile (ni, surtout, le plus faisable).

Melchior

 

au risque d'alourdir le fil de notre auteur

À lui de dire ce qu'il en pense.

Je sais qu'à sa place j'aimerais bien qu'un fil sous un de mes billets s'enrichisse de ce genre de débat, de réflexion partagée entre personnes qui ne se figent pas dans des positions quasiment identitaires comme c'est souvent le cas.

 

Une remarque en passant : nombreux sont (et je m'y inclus) ceux qui déplorent le ton des échanges dans le club de Médiapart. Il suffit d'aller mettre un peu son nez ailleurs (l'Express, Libé, etc.) pour se dire qu'ici c'est quand-même largement plus vivable…

 

 

Avant de "répondre" (cad partager mon humble avis et analyse) plus largement sur le fond du sujet, je peux déjà assurer les divers intervenants qu'ils sont bienvenus s'ils désirent débattre sur ce fil.

J'en serais même enchanté.

Je vais essayer de proposer une réponse!

Tout d'abord, chère Monika, je suis d'accord avec vous : pour le moment, le "libéralisme" (on le mettra entre parenthèse pour le moment) a profité aux spéculateurs et aux riches (qui ne sont pas tous les "libéraux"). Mais ce système étant contradictoire, il conduit, comme on le voit, à des crises toujours plus fortes (car toujours plus mondialisées) et il y a désormais pour eux un certain risque que tout s'effondre. En ce sens, ce serait tout de même aussi une sorte d'échec pour eux. Surtout si cela conduit les peuples à chercher refuge à l'extrème gauche (qui s'attacherait à nationaliser et à reprendre leurs richesses) ou à l'extrème droite (qui "re-nationaliserait" les Etats et pourrait aussi s'accaparer leurs biens - cf. Poutine et les nouveaux riches russes).

Sur ce qu'il peut advenir, de toute façon, je suis assez pessimiste : les choses en sont à un tel point qu'il faudrait faire preuve d'une extrème sagesse pour en sortir sans sombrer dans des excès contraires -et la sagesse n'est pas particulièrement la chose du monde la mieux partagée.

 

Excellent ! Pour ma part, je pense qu'en fait, tout se résume à une question de mentalités (deux principales selon moi qui peuvent se décliner en un mixage de tendances autorisant toutes les nuances) et que la question du système économique en place - qui conditionne le modèle de société - résulte tout bonnement de la victoire de l'une sur l'autre. Quand cessera-t-on de chercher midi à quatorze heures ? Quand nous aurons compris que tout procède de l'opposition entre ces deux mentalités (avec toutes les nuances qu'elles peuvent comporter, bien entendu et que je crois bon de préciser pour couper l'herbe sous le pied de tous ceux qui aiment les complications inutiles).

Oui, Marc, outre que le libéralisme est un idéal tronqué et erroné (qui fait l'économie des rapports de classe), on ne peut occulter que quelqu'un comme Madelin se dit "libéral".

 

Le libéralisme politique est intéressant dans sa partie respect de l'individu, mais le libéralisme économique est oppressif.

 

A la lumière des échecs des gouvernances libérales et communistes, on doit aujourd'hui repenser la société avec de nouveaux concepts.

Puis-je vous suggérer une expérience simple ?

 

Vous écrivez d'abord, sans consultation d'aucun document, une brève définition de l'oxygène.

 

Ensuite vous consultez http://fr.wikipedia.org/wiki/Oxyg%C3%A8ne

 

Enfin vous comparez votre définition avec la page de wikipédia.

 

NB. Vous remarquerez la concordance des dates: 1773, 74, 77 pour l'oxygène, 1776 pour le livre d'Adam Smith...

Vous êtes très allusif, cher Melchior...

 

Pour d'autres définitions du libéralisme, 300 ans après Adam Smith:

 

Merci pour ces deux références. Qui démontrent bien que le mot "libéral" est mis à différentes sauces, tout comme le mot "socialiste". Il vaut mieux préciser à chaque fois de quoi l'on parle.

 

 

L'oxygène élément est une chose, le "dioxygène" en est une autre, idem l'ozone, idem l'oxygène dans l'eau (et même là, il faut distinguer l'oxygène dans la molécule d'eau et l'oxygène dissous...), enfin toutes sortes d'oxydes, tous plus exotiques les uns que les autres (ne me faites pas dire ce que je ne dis pas; l'oxygène élément est bien là dans tous les cas).

On a tout compris, Melchior. Du moins pour ce qui me concerne. Si ce n'est pas le cas pour les autres, tant pis pour eux ...

Après cette passionnante et docte discussion, je réitère mon commentaire café du commerce de tout à l'heure un peu plus haut :

"Ce qu'on appelle aujourd'hui le libéralisme n'a rien à voir avec le libéralisme du siècle des lumières.

C'est un hold-up sémantique.

Le libéralisme actuel, celui du fric tout puissant, c'est la liberté du renard dans le poulailler, selon la formule bien connue.

Ou, pour rester dans la zoologie, le règne du Veau d'Or."

Il faut dire que tous les mots issus du mot "libre" emportent un peu du caractère caméléon de ce mot.

Exemple : "libre" a pratiquement deux sens opposés dans les deux expressions suivantes :

L'école libre

La libre pensée

 

Je ne partage pas du tout votre avis, Joël Martin. Le libéralisme, dès le départ, portait en lui tous les travers qui permettent aujourd'hui à la classe des exploiteurs (par opposition à celle des travailleurs et à celle de ceux qui contribuent à tous les progrès) de s'enrichir sans aucune limite et ce, sans produire la moindre richesse, ni la moindre valeur d'ordre intellectuel ou moral.

Cher Joël,

 

Je n'avais pas l'impression de parler de façon docte ni dans un café du commerce. Mais simplement d'échanger pour éclaircir les points de désaccord que j'ai avec Melchior.

 

Ces discussions sont loin d'être anodines et sans intérêt, en tout cas pour moi.

Je donnerai ce tantôt le plan du billet que je rêve d'écrire sur le sujet (mais qui restera sûrement "dans l'encrier").

Libéralisme et modernité nouvelle (par MGL, de l’Institut de Saint Isidore).

I. Libéralisme et subversion.

A. Le libéralisme subversif. Fin 18ème, le libéralisme originel est la machine de guerre des Lumières contre le vieux monde féodal.

B. Le libéralisme perverti. Au 19ième siècle, l’accumulation capitaliste confisque la liberté et l’égalité au profit de la nouvelle classe dominante.

C. Négation de la négation. Fin 19ième - début 20ième s., le marxisme politique, croyant abattre le capitalisme, détruit en fait le libéralisme.

II. Constat d’impasses symétriques. Comment en sortir ?

A. L’impasse collectiviste. Fin 20ième s., on constate un véritable désastre généralisé.

B. L’impasse néo-libérale. L’arrogance du capitalisme financier conduit à un autre désastre.

C. Comment repartir. Éviter les deux ornières; nécessité d’un retour à l’humanisme, sur les ruines du productivisme et des idéologies systématiques.

Melchior

 

Appétissant.

Billet, sors de l'encrier !

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