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LA SALOPE ETHIQUE

 

« Quelques bourgeoises qui s’ennuient à Paris ont décidé de se dire féministes comme sur un coup de tête on va prendre un thé et manger des macarons chez Ladurée... » (chronique de Michel Onfray – octobre 2011)

 

"Entre deux bouchées sucrées, on brise des lances et on refait le monde : « inadmissible que le masculin l’emporte sur le féminin… dans la grammaire ! Faisons donc la révolution » disent ces dignes descendantes de Louise Michel ! Entre deux bouchées sucrées, on brise des lances et on refait le monde : « inadmissible que le masculin l’emporte sur le féminin… dans la grammaire ! Faisons donc la révolution » disent ces dignes descendantes de Louise Michel !

Désormais on parlera de professeure, d’auteure, de réalisateure, de sénateure, et passim. Nouvelle lubie, il y a peu, il s’agissait d’en finir avec « Mademoiselle ». Nouvelle révolution… Ce féminisme médiatique fait honte aux femmes – en même temps qu’il doit faire la joie des hommes : tant qu’ils n’ont que ce genre d’adversaires, ils peuvent continuer à dormir sur leurs deux…

Et puis je lis dans « Le Monde » (dans lequel l’ancien patron, Eric Fottorino, m’avait accordé une chronique qu’on m’a supprimée avec une bonne méthode : on a fait le mort à tous mes signes et j’ai disparu des plannings qu’on m’a envoyés un temps…) un excellent article de Frédéric Joignot intitulé « Salopes et fières de l’être » (24.IX.2011). Il y est question d’une « Marche des Salopes » qui réunissait au Canada, puis dans soixante-dix villes du monde entier, des défilés de femmes avec minijupes, talons aiguilles et décolletés.

Sonya Barnett qui fonde ainsi un nouveau féminisme a voulu réagir au lieu commun supposant que le viol des femmes est provoqué par leur tenue. Autrement dit : le criminel sexuel n’est ni responsable, ni coupable, en revanche, le décolleté ou la jupe courte d’une femme, si.

Sonya Barnett est une lectrice attentive de La salope éthique, un magnifique titre oxymorique qui n’est pas traduit en français. Cet ouvrage de Dossie Easton & Janet Hardy a été publié en 1997. Best-seller, il est « devenu le manifeste des partisans d’une sexualité libre, déculpabilisée et morale ».

La salope éthique est amoureuse, mais elle vit des relations multiples. Pour éviter l’inévitable souffrance du partenaire, elle met en place une éthique de la prudence qui évite autant la transparence sartrienne que le silence petit-bourgeois. Elle suppose une pragmatique concrète, par exemple, une vie de couple, mais dans des appartements séparés. Ce texte se propose de réhabiliter le plaisir sexuel qui fait des vagues même, et surtout, parmi les féministes dont certaines sont prudes, communient dans la haine des hommes pensés comme des agresseurs sexuels par principe, méprisent les jeux amoureux entre égaux des corps sexy, ludiques et joyeux, etc.

Les salopes éthiques ne condamnent pas la pornographie en soi, mais son usage brutal, violent,qui reproduit le schéma dominant de notre société patriarcale , capitaliste et libérale. L’une d’entre elles, Annie Sprinkle, dit fort justement : « La réponse au mauvais porno, ce n’est pas d’interdire le porno, c’est de faire du bon porno ». Le journaliste de citer Virginie Despentes qui abonde en ce sens et affirme : « Le mouvement post-porno est une nouvelle étape de la révolution féministe ». Ignorant ces combats outre-Atlantique, j’avais pour ma part défendu la même idée dans Le souci des plaisirs. Je me sens moins seul… »

© Michel Onfray 2011 

La Chronique Mensuelle de Michel Onfray | N° 77 – Octobre 2011 

http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-n%c2%b0-77-%e2%80%93-octobre-2011/

 


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. l'illustration titre est tirée du blog à Michel Onfray.

. Rajout :

« La Salope éthique (The Ethical Slut). Ouvrage de Dossie Easton et Janet Hardy a été publié en 1997 et paraît en français ce mois d’octobre (Tabou Editions).

  • Vendu à 70 000 exemplaires, il est devenu le manifeste des partisans d’une sexualité libre, déculpabilisée et morale. La Salope éthique définit le ou la «salope» comme une personne hédoniste mais amoureuse, menant des relations multiples. Bien sûr, un tel choix complique la vie conjugale, s’accompagne de souffrances, jalousies, rapports de pouvoir… Il faut donc lui associer une éthique: de la prudence (ni transparence ni silence), une grande complicité, des solutions concrètes (par exemple, vivre en couple, mais chacun chez soi) – bref, toute une stratégie de mise en confiance et de pacification entre les partenaires.

  • La Salope éthique est un livre représentatif du courant sex positive américain, qui vise à une réhabilitation morale du plaisir sexuel. Ce courant a secoué le mouvement féministe américain, jusqu’à le diviser. La polémique s’est focalisée autour des rapports de séduction, du harcèlement sexuel, de la pornographie et du statut des travailleuses du sexe. «Une des grandes notions qui ont semé la discorde, explique le sociologue Eric Fassin, de l’Ecole normale supérieure, a été celle de date rape, théorisée par Mary Koss.» En 1985, cette psychologue féministe américaine, s’appuyant sur ses enquêtes statistiques, affirme qu’une femme sur quatre a été victime d’une tentative de viol, le plus souvent au cours d’un rendez-vous amoureux. Elle en déduit que «le viol représente un comportement extrême, sans doute, mais qui s’inscrit dans la continuité des comportements masculins normaux». Tout homme qui drague est un agresseur potentiel. Toute femme séduite est prise dans les rets de la domination masculine. Pour la sociologue, toute proposition de rapport sexuel doit être questionnée: y a-t-il eu «contrainte verbale»?

  • http://www.letemps.ch/Page/Uuid/db31b95e-e86a-11e0-874e-0aa86eda5966%7C

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autres liens :

Dossie Easton

Janet W. Hardy

Le souci des plaisirs

Salopes et fières de l’être » (24.IX.2011) (article complet sur deux pages) sur le blog de l'auteur Frédéric Joignot.

 

Tous les commentaires

et tics ?

Paulette

Voui mais sans tocs...

L'été indien peut-être ?

un été indien au chaud quand on voudrait être au frais

Paulette

Elisa 13,

Oui, moi aussi, j'aime bien le mot salope...entre copines, dans " eh ben, t'es une belle salope"... Mot doux, complicité, tout peut y être.

Comme " connard" , quoi .

A part ça, d'accord avec Onfray sur la féminisation des mots. Cela n'est pas un combat qui m'enchante. L'égalité des salaires, j'aimerais mieux Rire

Salope éthique donc... J'adhère au concept...Pour la prudence, c'est pas toujours ça, mais tout le monde peut s'améliorer, n'est-ce pas, les filles ?

Onfray s'étonne de se voir sucrer sa chronique dans Le Monde ...S'il n'avait pas dit tant de conneries sur la psychanalyse...il y serait peut-être encore ? Qui sait ?

 

T'as raison ! et l'égalité sur le traitement aussi. Tu vois par exemple, à boulot égal, un avancement : une femme, un homme. Femme plus âgée. Plus ancienne dans le poste. Homme jeune aux dents longues. Depuis moins longtemps dans la boite.

C'est l'homme qui l'emporte... On saura jamais pourquoi...

 

"dit tant de conneries sur la psychanalyse " c'est vrai qu'il ne vous avaitpas demandé... c'est dommageage pour lui

"s'étonne de se voir sucrer sa chronique... il y serait encore..." si cela s'appliquait à tous...

@ netmamou 19:00

A part ça, d'accord avec Onfray sur la féminisation des mots. Cela n'est pas un combat qui m'enchante. L'égalité des salaires, j'aimerais mieux Rire

C'est oublier un peu vite la dimension politique du langage ... du fond de son officine, Onfray ne s'y est pas trompé, lui.

On devrait donc pouvoir mener l'un et l'autre combat.

sur l'égalité des salaires, demandez le programme, c'est là !

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/leon-et-paulette/031011/l-egalite-salariale-femmes-hommes-jolie-formule

 

Paulette

"Marche de salopes" contre les violences sexuelles, à Paris le 1er octobre 2011. © AFPVêtues de robes courtes, mini-jupes ou shorts et, pour certaines, soutien-gorge apparent, elles ont manifesté contre les violences sexuelles. Environ cent femmes ont participé samedi après-midi à Paris à une "Marche de salopes" ("SlutWalk") pour protester "contre le sexisme" et "la culpabilisation des victimes d'agressions sexuelles".

Les manifestantes, tenant à la main des ballons rouges en forme de coeur, ont défilé sous le soleil de la Tour Montparnasse à la place du Panthéon, derrière une banderole portant l'inscription "Non, c'est non. Un viol n'est jamais ni consenti, ni provoqué, ni jamais de la faute de la victime !" "Je suis là parce que j'en ai marre d'avoir des réflexions désagréables dans la rue lorsque je m'habille bien ou que l'on me mette la main aux fesses lorsque je suis en soirée. On est des femmes, on a des seins et des fesses et on n'a pas de raison de les cacher", a expliqué une étudiante parisienne de 20 ans, portant une robe décolletée. "Aucune forme de violence ou de viol n'est acceptable, excusable ou tolérable. On doit aussi arrêter de nous dire comment nous devons nous habiller", a affirmé pour sa part une femme de 33 ans, qui dit avoir été victime d'un viol.

en entreprise, on en a pas des "éthiques" comme vous dites.

sinon ça se saurait

on les aurait vite repérées

Léon

Une femme qui désire, c'est tellement plus fantastique qu'une femme qui subit ou même consent.

Eveiller son désir, c'est tellement plus intéressant que soumettre son corps.

Je ne crois pas, à la fin que le viol soit du désir. C'est du pouvoir qui passe par le vecteur sexuel.

J'entrevois ça comme ça.

c'est un peu ce que je dis à Léon, quand je désire.

c'est pourtant pas souvent.

mais il préfère regarder voler les mouches dans la chambre.

alors, je suis soumise.

pas trouvé d'autre moyen de faire une synthèse avec lui.

Paulette

le principal, c'est que vous désiriez, Paulette... enfin peut être.

Ah le désir !

le désir, c'est le désir de l'autre, disait l'autre génie.

Pour désirer, il faut désirer-être-désiré, et désirer désirer.

Quand les deux se confondent, et qu'on ne sait plus trop où est la différence, entre le désir de l'autre et le désir de l'autre, entre le désir.

La salopette, hic !

Rire Bernard !

Paulette

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