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Seafrance: Sarkozy, Pépy, les pipeaux

 

Décidément, Sarkozy et Pépy prennent leurs compatriotes pour des demeurés. La pilule Seafrance, il ne faut pas l'avaler. Déjà, rien que de la voir, on a déjà envie de vomir.

 

Paulette m'a sauté dans les bras ce matin, me faisant la bise en l'honneur de Guillaume Pépy qui s'est « engagé à proposer des solutions à « l'ensemble des salariés » en cas d'échec du projet de reprise de la compagnie par la Scop voulue par la CFDT notamment ». A reclasser les 800 personnes, quoi.

« Tu vois qu'il y a de la bonne volonté pour faire avancer les choses ! C'est un bon point pour le Président !» a dit Paulette.

C'est vrai que toutes les radio et télés relaient l'information. Du grand art dans les médias.

En fait, personne ne dit qu'on est encore dans la poursuite d'un immense coup de communication à double ou triple détente par cette histoire de « reprise » des 800 de Seafrance par la SNCF « sans une journée de chômage ».

On résume :

Sarkozy a voulu, faisant don de sa personne libérale et généreuse pour une fois encore « sauver » quelque chose et tout le monde (mais aussi pour griller les pattes sociales à Hollande), fait semblant de s'intéresser à la SCOP projetée par la seule CFDT. Il demande à Guillaume Pépy (de la Légion d'Honneur) d'allouer des indemnités supra conventionnelles aux salariés quand ils seront licenciés économiques, ce qui déjà original.

  • «  Allo, mon Guillaume ? Tu peux verser un peu plus de fric aux salariés ? Ça m'arrangerait ! »

  • « Oui, mon Président, pas de souci ! Merci, mon Président de m'avoir nommé en février 2008 à la présidence de la SNCF ! »

    « Sarkozy au pays des Soviets » lit-on dans La Tribune. Au pays des soviets, mais aussi dans celui des bisounours où tous les salariés licenciés rachètent des actions dans leurs usines liquidées. Mais La CFDT fait faux bond. Flop. Pchitt. Sarkozy est bien embêté : pas de risque de voir s'effondrer la populace dans une expérience gauchiste.

    Alors, pour ne pas perdre la face, il fait donner Guillaume Pépy, et aussitôt, à grand renfort de trompettes et de caméras, on apprend que la SNCF tend les bras. Comme s'il s'agissait d'une initiative de plus du bon Président social.

Mais c'est une manœuvre de plus.

En effet, comme Seafrance est dans le Groupe SNCF et qu'un licenciement économique massif va s'y produire, dans tous les cas l'employeur (préalablement à l'envoi de la lettre notifiant le licenciement économique) est obligé de par la Loi de rechercher un reclassement dans l'ensemble des établissements du Groupe avant le licenciement :

"Obligation de reclassementAvant tout licenciement pour motif économique, l'employeur doit s'efforcer de reclasser le ou les salariés susceptibles d'être licenciés, en leur proposant les postes disponibles dans l'entreprise même ou dans les entreprises du groupe auquel elle appartient. Les propositions d'emploi peuvent être situées aussi bien en France qu'à l'étranger.

L'employeur doit proposer en priorité au salarié un emploi relevant de la même catégorie que celui qu'il occupe ou un emploi équivalent. Cet emploi doit être assorti d'une rémunération équivalente. A défaut, et sous réserve de l'accord exprès du salarié, le reclassement s'effectue sur un emploi d'une catégorie inférieure.

Les offres de reclassement sont proposées individuellement et par écrit à chaque salarié susceptible d'être licencié. Les postes proposés peuvent prendre la forme d'un CDI ou d'un CDD, à temps plein ou à temps partiel.

Si le poste disponible nécessite une formation permettant une adaptation rapide du salarié à cet emploi, l'employeur doit la lui proposer.

L'offre doit être précise.

Le salarié peut refuser de donner suite aux propositions de reclassement qui lui sont faites.

A noter : Si l'employeur ne respecte pas son obligation de reclassement, le salarié pourra bénéficier d'une indemnisation pour licenciement sans cause réelle et sérieuse."

 

http://vosdroits.service-public.fr/F15784.xhtml#N100D7

et article L1233-4 du code du travail

 

Voilà. Si l'employeur ne montre pas qu'il a recherché un reclassement au salarié futur licencié économique, il se retrouve à devoir payer les frais d'un éventuel procès avec indemnisation pour licenciement sans cause réelle et sérieuse...

Pépy était obligé de par la Loi d'étudier ce reclassement. Donc Sarkozy a fait jouer à Pépy - qui s'y est prêté de bonne grâce - le rôle d'un ballon de baudruche. Deuxième séance de pipeau. De "l'activisme social" à bon compte. L'esbrouffe encore. Le chapiteau s'écroule sur le nouvel épisode du cirque sarkozien: l'initiative présidentielle est feinte, et la SNCF n'est pas gentille.

D'ailleurs, comme dans la vraie vie non médiatisée, l'employeur SNCF s'empresse par voie médiatique de préciser qu'elle propose des postes dans des zones géographiques lointaines... Pour que les salariés concernés refusent...

« Le prochain épisode, tu veux le connaître, Paulette ?

  • oui !

  • Le prochain, ce sera : Salauds de salariés licenciés, ils refusent la main tendue du Président ! Feignants de salariés licenciés, qui préfèrent ne pas être reclassés par la SNCF à 500 kilomètres de chez eux et se contenter d'être au chômage !! »

    ++

Il a raison le nutritionniste Jean-Michel Cohen quand il parle de Nicolas Sarkozy sur le rôle de « représentation » et du « paraître ». On trouve cela dans un journal espagnol du site RTVE.es :

 

1325527238927.jpg

"La dieta Dukan puede causar muerte súbita"LUISA SEGURA ALBERT - Jean-Michel Cohen, nutricionista de Sarkozy, alerta sobre las "dietas milagro".

http://www.rtve.es/noticias/20120102/jean-michel-cohen-dieta-dukan-puede-causar-muerte-subita/486739.shtml

«

- ¿Es Sarkozy un buen paciente ?

El Señor Sarkozy es un hombre cortés en el ámbito privado, encantador y, sobre todo, humilde en sus relaciones con los demás, lo que en absoluto coincide con la falsa imagen que los medios de comunicación dan sobre él. Y es muy goloso también, pero cumple al pie de la letra las indicaciones que le doy, que en realidad no son una dieta, ya que él considera que representa a su país, país de la gastronomía pero también de la buena salud. Así que lo que trata no es estar delgado, sino bien proporcionado.

Del mismo modo, él considera que este deber de representación conlleva obligaciones; entre ellas, tener buen aspecto.

- Est-Sarkozy un bon patient?

M. Sarkozy est un homme courtois en privé, de charme et, surtout, humble dans ses rapports avec les autres, qui à tout d'accord avec la fausse image que les médias rapportent sur elle. Et il est très gourmand aussi, mais il prend au pied de la lettre les indications que je lui donne, ce qui n'est pas en réalité un régime mais parce qu'il considère qu'il représente un pays, pays de la gastronomie, mais aussi de la bonne santé. Donc ce qui importe ce n'est pas d'être mince, mais d'être bien proportionné.

De même, il croit que ce devoir de représentation comporte des obligations, parmi eux bien paraître. »

 

++

 

« Tu vois, Léon, tu devrais pouvoir perdre tes 30 kilos avec Cohen ! Il te soignerait comme un Président ! »

 

Des fois, Paulette m'énerve.

 

Léon

(NB: ce qu'il serait interessant de savoir, c'est si les salariés ont déjà reçu individuellement une lettre R avec AR de la SNCF - et à quelle date - leur indiquant que la recherche de reclassement a été faite, qu'il est impossible ou possible à tel endroit et dans tel poste... et là, on verrait si la SNCF a bizeauté ou pas... Les journalistes de Médiapart peuvent faire ça... Ils seront surpris du résultat, j'en suis sûr !)

Tous les commentaires

Ben quoi, c'est merveilleux la mobilité ! On peut voir du pays. Tous en caravanes !

 

Ce qui est problématique dans la vie en roulotte, c'est que l'on a plus le droit de les poser nulle part. Bulldozer ou bidon d'essence, il faut la remplacer très souvent...

 

Oui, mais ça peut relancer, la fabrication d'habitats mobiles.

 

Pépy n'auraient pas de vieux wagons à recycler ?

 

Zut ! ça me rappelle quelque chose...

oui, c'est super la mobilité, Annie.

Des vieux wagons à recycler ? La SNCF a laissé tomber le trafic marchandise "au détail" et n'en possède même plus... D'ailleurs, les triages sont fermés...

Léon

petite, toute petite "démonstration", Arthur !

ça fait désordre tout de même, le coup politique de Seafrance.

avec un avantage tout de même, en forme de confirmation: l'Elysée nous prend bien tous pour des cons.

Léon

ici, on lit: http://www.francetv.fr/info/la-sncf-prete-a-reclasser-les-salaries-de-sa-filiale-seafrance_46411.html

"La SNCF, à défaut de Scop. Le président de l'entreprise ferroviaire, Guillaume Pepy, s'est dit prêt mercredi 4 janvier à proposer un reclassement à "l'ensemble des salariés"de sa filiale SeaFrance, en cas d'échec du projet de reprise de la compagnie par la société coopérative (Scop), porté par la CFDT."

il s'est dit "prêt à proposer un reclassement" ! NON, il y est contraint, sauf à prouver qu'il ne peut pas reclasser !!!

L.

"représentation" et "paraître", oui, c'est bien résumé !

Cohen pourra mieux s'en occuper après le printemps, quand le "régime" se sera effondré.

Message effacé à bon escient par n'importe qui !

 

 

 

De toutes façons dès que le squatter de l'Elysée annonce un truc (ça reste toujours au niveau du gadget avec lui) un principe de base : chercher l'arnaque et le coup de pub. Bravo d'avoir démonté celui-là.

d'accord, Marie !

mais c'est lassant !Sourire

Léon

Est-ce qu'avec un aiguillage, Paulette, mais aussi Léon, on peut repriser les chaussettes ???

Le recyclage c'est bien ?!?!

Monsieur Tacques,

Je ne peux vous laisser sans réponse au vu de l'angoisse que je sens poindre en vous. Donc pour la reprise : c'est oui . Envoyer moi l'adresse de vos chaussettes et je vous promets de les recycler.Rire

Je laisse mon Léon vous répondre s'il a quelque chose à ajouter.

Bonne journée et bonjour chez vous.

 

Paulette

Très chère Paulette,

Bah oui y-a de quoi se biler pour des pauvres gens et des bateaux gérer par une filiale d'une boîte de rails et de trains tout ça en pleine élection.

Tacques

Très belle démystification, Léon Sourire.

 

Je me demande pourquoi il ne leur a pas été proposé (aux salariés) de reprendre leur entreprise sous statut SCIC. L'avantage de la formule aurait été de "mouiller" une ou plusieurs collectivités (ou services délégués de l'Etat) dans le montage financier. Les deniers publics devenaient tout de suite efficaces, quoi. C'était une garantie de succès supplémentaire...

 

Hmmm ? Ah oui, il fallait effectivement souhaiter que les salariés s'en sortent, c'est vrai. C'était une autre condition préalable.

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