
Thématiques du blog
François Bayrou, son tracteur, mon rêve
A l'heure où s'installent les rêves, François Bayrou me prit la main et me susurra à l'oreille que John Kenneth Galbraith lui avait piqué ce bon mot : « Il y a deux sortes de prévisionnistes : ceux qui ne savent pas et ceux qui ne savent pas qu’ils ne savent pas. »
Le hasard avait voulu que, bien installé sur mon édredon, j'atterrisse dans le Béarn, pour un rendez-vous galant. J'avais laissé Alice au pays des merveilles et la chèvre à Monsieur Seguin à son piquet.
Il ne m'étonna point, cet atterrissage dans le Béarn. Ses habitants étaient réputés pour être des chauds de la pince, et le cochon y faisait le lardon. Je ne croyais pas à ce point.
Paulette, avant de dormir, quand nous jouions aux dominos farceurs, m'avait demandé de lui donner une gifle pour le plaisir. C'est sûrement pourquoi François Bayrou s'invita à ma nuit.
« Viens, petit », me dit-il me prenant par l'oreille, « je vais te montrer mon tracteur. ». Il était très pédagogue.
L'initiative ne m'étonna pas non plus: François depuis quelques années, labourait large, de droite au centre sans le quitter. A faire des pieds et des mains, l'affaire tenait de l'impossible, et le tracteur, devenu le meilleur ami de l'homme était atterri là, dans son étable, entre le bœuf et l'âne en appelation contrôlée.
Mais si le tracteur reposait François de ses labourages médiatiques qui fatiguent si fort, il n'était pas payé en retour, ce qui, soit dit en passant, arrangeait bien le syndicat à Laurence Parisot qui voulait passer des accords de compétitivité sur le dos des mules pour leur charger la barque.
Sur le chemin de l'étable, il était tout content (Bayrou), il m'expliqua qu'il roulait. (le tracteur).
Il m'a dit qu'il était allé en 2007 récupérer son tracteur, rénové par les élèves d'un lycée agricole de Châteaudun (Eure-et-Loir). La remise en état de l'engin avait nécessité deux ans. Le moteur avait été entièrement restauré, l'embrayage et les soupapes remplacés, et tout le circuit électrique réparé.
Bayrou me la jouait "Petite maison dans la prairie".
Sur le chemin cotonneux du rêve, je l'imaginais bien, ce tracteur Renault de son enfance, arrivé à la ferme quand il avait cinq ans.
La terre française ne pouvait être mise en valeur que par un tracteur français de chez Renault (Boulogne Billancourt), construit en grandes série par des ouvriers français, d'un prix d'achat réduit et d'un entretien économique. Avec un stock de pièces de rechange chez tous les agents Renault. Même que la vente à crédit par la D.I.A.C. (44 rue de Lisbonne.- Paris), bien de chez nous, ne devait pas poser de difficultés.
François avait des valeurs bien ancrées. Depuis toujours. Il n'avait jamais varié d'un pouce. Pour lui, c'était l'assolement triennal le salut (sauf quand il était aux manettes au gouvernement)
"C'est extrêmement émouvant pour moi de revoir le tracteur de mon enfance, déclara le président du MODEM en ouvrant la porte gondolée.
"J'avais cinq ans lorsque ce tracteur est arrivé à la ferme. Je me souviens encore de l'image du tracteur rutilant se refléter dans l'oeil du cheval qu'il allait remplacer. Je suis sûr que mon père, là où il est, le regarde et est très content", a-t-il ajouté une larmichette à l'oeil.
Après avoir examiné les moindres recoins de la mécanique, François Bayrou fit démarrer son tracteur et s'en alla faire quelques tours dans la cour.
Moi, regardant passer l'engin à quelques centimètres de moi, je me suis dit que ce gars-là avait fait un long chemin sur lui : son tracteur était un PONY 812 de 1952 de chez MASSEY-HARRIS (futur Massey-Fergusson), dont les premiers arrivèrent grâce au plan Marshall !!! Ce n'était pas un tracteur français !
J'étais dans un cauchemar: le tracteur rutilant qui se reflétait dans l'oeil du cheval à Bayrou n'était pas un tracteur français de souche! Si ça se trouve, le cheval était un pur-sang arabe ? ...

François avait changé...
Juste avant de me réveiller, je compris d'où lui venait sa culture politique :
Le levier d’accélerateur du PONY était placé sur le côté droit prés de la batterie.
La cheminée de prise d’air passait au travers du capot, pour ne pas manquer d'air, comme le conducteur.
Les supports de phares (pour mieux voir dans le mauvais temps en temps de crise) étaient en fonte.Le relevage était manuel par un levier à gauche et un à droite. Ce qui permet de relever l’une ou l’autre charrue, l’une versant à gauche et l’autre à droite ce qui avait pour fonction de faire croire que le conducteur était au centre.
Mon rêve s'acheva là. J'ai dû remonter sur mon édredon. Au petit jour, j'étais de retour.
Dans la cour, de la neige française endormait le sol et s'offrait à la vue de la petite fille,
qu'une main empêchait de s'y étendre.
Paulette avait déjà préparé son billet « il était une fois le salariat », car, m'annonça t-elle « cette nuit, pour étiez deux à me labourer les côtes et me bourrer le mou...».
Léon
http://afp.google.com/article/ALeqM5hi6v0IIsyVqsylLcLhMys10H1JJg


Tous les commentaires
ce n'est pas facile de labourer la campagne présidentielle
Très jolie, cette petite fille, Léon !
je ne voudrais pas me vanter, mais son pépé n'est pas mal non plus !!!
en plus, elle a les mêmes yeux que Paulette.
Léon
Labourer, prenez de la peine, ça n'a pas l'air d'un tracteur qui travaille beaucoup, trop propre pour être honnête, et si on regarde bien les chaussures bien cirées, le conducteur ne semble pas trop "véridique". On pourrait comparer cette mise en scène avec la cavalcade camarguaise de Sarkozy alors qu'il se voyait en Reagan........ ah la magie de l'image, ils ne prennent même pas la peine de la rendre authentique en soignant le détail.
Bonjour GMM
On sent l'habitué de la photo, là !
attention de ne pas casser la chaine du tracteur !
Gauche, droite, les deux mamelles de François....
Les fines plumes du pied des Pyrénées qui connaissent le bonhomme s'en donnent à coeur joie.
Nous connaissions le fameux "Je me sens triste" de J Ortiz.
Voici ce beau petit billet de C Laborde, un autre bon barde :
"
François Bayrou posait, il y a peu, à la une d’un magazine et disait : "j’y crois ». Oui, , François, « croit » qu’il va être président de la République française. Cette croyance l’habite depuis toujours, exactement depuis ce jour où, assis sur son tracteur –un Massey Harris – il a entendu une voix. Et cette voix, que le bruit du tracteur ne couvrait pas, lui aurait dit : « Vas-y François, vas- y mon gars ». Désarçonné par cette voix mystérieuse, François tombe du tracteur, sa tête heurte un caillou et le voici qui se met à crier : « Je serai président, je serai président ».
Quelle était donc cette voix qui, dans le matin froid, alors qu’il conduisait son tracteur est venue se loger dans le pavillon généreux de ses vastes oreilles ? La voix du vent ? Celle, grondante, d’un essaim d’abeilles en piqué au dessus de son tracteur ? Celle d’une corneille irritée par la fumée acre sortant du pot d’échappement du Massey Harris ? Nullement. Pour François, il n’y a aucun doute, cette voix, est celle de la Vierge Marie. La Vierge Marie aurait quitté la grotte de Lourdes et fait un saut en bus jusqu’à Bordères, le village de François dans les Pyrénées Atlantiques, pour s’adresser à lui et lui demander de sauver la France.
Cette histoire, l’histoire de François et de la Voix semble un peu tirée par les oreilles. Ne ricanons pas trop car la Voix vient de se manifester à nouveau, de l’autre côté de l’Atlantique, cette fois.
Là bas, un homme affirme l’avoir entendue. Il faisait de la gymnastique dans son vaste bureau, sprintant de la baie vitrée au fauteuil, du fauteuil à la baie vitrée, exécutant des pirouettes, des galipettes, enchaînant les mouvements d’assouplissement quand, tout à coup, son pied se prend dans le tapis. L’homme choit, sa tête heurte le sol, et , comme sortant du radiateur, la Voix s’adresse à lui : « Toi, cours aider François » Cet homme, c’est Philippe Douste Blazy. Et Philippe, et Douste, et Blazy, de rentrer à Paris et de se mettre au service de François.
François, Philippe : l’attelage est uni. François et Philippe, un duo de choc en route vers l’échec. »
@ Gérard Rossell,
Excellent, ce texte qui me fait bien rire.
L'illuminé de Lourdes , ce Douste- Blabla , qui a une casseroleavec la vaccin contre l'hépatite B
http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/vaccin-de-l-hepatite-b-une-bombe-a-45023
et l'autre béarnais, avec ses exploits comme ministre de l'Education du gouvernement Balladur à propos de la loi Falloux
http://www.mitterrand.org/Offensive-contre-la-loi-Falloux.html
Ces deux-là font une belle paire !... de quoi ? On ne saurait dire !
Il est beau son tracteur à Bayrou;
pas sûr qu'il fasse le poids face au charging bull de Wall Street...
-MODEM!
-modem... ton prochain ?
Une belle paire de cornes, qui sait, Malto ?
Le problème avec vous Léon c'est que vous prenez vos rêves pour ses réalités, voir même ses réalités pour ses rêves , afin que nous ne votions pas dans un rêve éveillé pour un rêve qui n'a aucune réalité. FB est un fantasme de candidat qui laboure un champ imaginaire d'une terre meuble aux richesses inépuisables puisqu'inventées, avec un tracteur qui veut tracer un sillon direct vers le pouvoir , tout en sinuant la campagne de droite à gauche ,le Béarnais devrait relever son béret il verrait mieux le sillon à tracer , il dégagerait ses"es-gourdes".La république rêvée de François est celle d'une matière composite floue ,non-répertoriée et non-identifiable, Droite ou Gauche, maléable de Droite vers Gauche ou Gauche vers Droite, au service de ce prince de "Mes deux"( camps , of course), un électorat de "Flous du roi". Je crains pour lui et me réjouis pour nous , que son rêve flou, ne soit floué d'avance, les potentiels électeurs floutés ayant dèja été floués souvent à l'insue de leur plein gré, ils ne voudront pas l'être à nouveau de leur plein gré dans l''issue de Bayrou.
Voici un authentique tracteur Renault D 30, 1958, avec, je l'avoue, un moteur d'origine Perkins, un anglais..
.
Je l'utilise pour soigner les oliviers... mais il lui arrive de faire bonne figure au cortège des tracteurs à Mouries. Est-il besoin de préciser qu'il porte la couleur du MoDem... avant la lettre !