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IL ETAIT UNE FOIS LE SALARIAT ...

Vu sur Public Sénat un documentaire passionnant d'Anne KUNVARI :
"IL ETAIT UNE FOIS LE SALARIAT"
De la construction du salariat… à sa réinvention ...
"De 1906, date de la naissance du Ministère du travail à 2006, ce film en deux parties raconte un siècle d’histoire du salariat.
Ces cent ans ont vu naître un droit du travail protecteur, la sécurité sociale, la retraite, les congés payés, le contrat de travail à durée indéterminé… en un mot, le salariat moderne, construit à force de combats et de transformations économiques et politiques.
Mais depuis la fin des « trente glorieuses », qu’en est-il de ce statut protecteur ? C’est la question que pose ce documentaire en s’appuyant sur les témoignages de trois générations de travailleurs et les analyses de nombreux chercheurs.
Partie 1 - 1906/1976 - Le temps de l’espoir
Partie 2 - 1976/2006 - Le temps du doute"
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Paulette


Tous les commentaires
ça fait bizarre de faire partie de l'histoire ... si j'avais su qu'elle était déjà loin devant moi ... condamnée à être toujours à la traîne : c'est pas pratique pour se battre.
Paulette
Anne Kunvari, que je connais, a fait un travail, précis, clair et net, elle était tout à fait combative et polie au cours du débat. Même le représentant du Medef était obligé de reconnaître la justesse du propos... C'est évidemment à voir et à méditer... Par où on prenne la question de l'élection présidentielle, on se dit que la route est longue et difficile pour un changement réel qui est nécessaire et vital. Ce film montre à nouveau et toujours que si nous ne voulons pas de la barbarie il faudrait faire quelque chose ensemble, tous ensemble.
J'avoue que suite à ce documentaire qui m'a vraiment épatée j'avais besoin de digérer ... On peut cependant voir ou revoir le débat ici (...)
"Ce film montre à nouveau et toujours que si nous ne voulons pas de la barbarie il faudrait faire quelque chose ensemble, tous ensemble." Oui POL : on continue quoiqu'il arrive - on est là pour ça ...
Paulette
A la fois, il nous faut nous interroger sur le salariat, mode social d'organisation d'échanges ; et décrypter toutes les innombrables variantes qui en déploient les potentiels, et en cachent la parenté profonde. Par exemple, quels rapports entre salariat et servage, potlatch, échange de services,? Quelles filiations entre pouvoirs "de dominance", de tradition, de liens métaphysiques, de contraintes (bureaucratique, policière ou militaire, économique)? Comme tout phénomène humain, le salariat est d'une complexité inouïe, connecté qu'il est à toutes les autres activités de notre espèce.
Par exemple, lorsqu'on recourt à un artisan, jusqu'à quel point est-on le "patron" de l'ouvrier qui vient effectuer chez vous le travail convenu par devis avec son employeur?
Comme toujours, il faut trouver pour penser à peu près sainement l'impossible ajustement entre les généralités et le cas par cas ...
Comment se défaire de la hiérarchie comme mode d'organisation ? La domination est-elle inévitable ? Je me demande toujours pourquoi on n'arrive pas à sortir le travail et le salariat de ce système : trouver un équilibre dans un échange de services comme vous dites très justement "à peu près sainement" ...
" l'impossible ajustement entre les généralités et le cas par cas ... " j'ai lu à plusieurs reprises "l'impossible ajustement entre les générations ...".
Arrêter de penser à ce qu'on va laisser aux générations suivantes pour plus tard : arrêter de penser qu'on va faire le bien pour les autres après puisqu'on ne peut agir qu'en fonction de réflexions passées. Le présent devient urgent et sans aucune garantie de toutes façons il faut faire des choix.
Paulette
j'aime bien quand tu es sérieuse, Paulette.
Léon
ça y'est Léon, je suis prête ...
On va le faire ce bonhomme de neige.
Paulette
je refuse, je sais trop bien que j'en prendrai plein la tronche !
L.
Je vais bien sûr regarder ces documentaires.
Je voudrais ici évoquer les lois Auroux de 1983, qui ont en fait été écrites par Martine Aubry.
Elles partaient d'un double constat: la désaffection des salariés pour les syndicats( déjà!) , et l'absence de dialogue direct entre les niveaux hiérarchiques.Il se trouve que j'ai vécu cette période de l'intérieur en tant que formateur ( je n'aime pas formatrice!) d'adultes.
Quelle réticences j'ai rencontrées pour la mise en place d'un plan de formation !
Les syndicats étaient hostiles a priori parce qu'ils craignaient d'être dépossédés de leur pouvoir. Chez les cadres, c'était variable. Mais le même problème se posait à ce niveau c'était davantage la personnalité du cadre ( autocrate ou non par" nature") qui avait peur de se voir remis en question par les équipes.
L'organisation de ces stages en disait long sur l'état de l'entreprise. Stages uniquement entre ouvriers ? Ou stages inter-hiérachiques ? Et jusqu'à quel niveau de hiérarchie ? J'ai même vu, dans un centre de recherche, mettre toute une ligne hiérarchique ensemble dans une salle, du cadre responsable de service juqu'à la femme de ménage ( des rêveurs sympathiques, ceux-là!)
Mes formations devaient déboucher sur des propositions concrètes élaborées par le groupe. Je faisais donc la formation en deux parties; la première, théorique sur la méthode de résolution de problèmes en groupes ( relation + méthode de travail mise au point par mon entreprise à l'issue d'un travail collectif) et dans la deuxième partie, on travaillait sur le problème concret que le groupe avait choisi. Avec présentation, à la fin du stage des résultats à la Direction. Et ça débouchait le plus souvent sur des améliorations !
J'aurais un bouquin à écrire parce que j'ai travaillé dans de grosses boîtes ! Thomson-CSF, le Carbone- Lorraine( filiale de Péchiney), Shell, Rhône-Poulenc, etc... Et même Chanel , en maroquinerie!!
Mais bien sûr; le patronat a trouvé qu'il fallait arrêter ça vite fait. Alors, on a décidé que le système japonais était le meilleur... Vous vous rappelez sans doute l'époque des cercles de quallité ? Eh bien, on a utilisé notre méthode pour faire bosser les gens ... La seule différence c'est que là, le problème à résoudre atait imposé par les chefs ... Et ça change tout !
Merci Paulette, pour la réactivation de mes souvenirs !
J'ai beaucoup aimé cette période de ma vie professionnelle !
Mon commentaire est long...désolée.
Merci beaucoup à vous Netmamou ... votre témoignage est très intéressant et je comprends que vous ayez aimé cette période. Ecrire un livre ça serait une bonne idée : j'ai du mal moi-même à me rappeler qu'une époque ait pu exister où l'on pouvait donner son avis et que parfois ça aboutisssait à des accords (impensable aujourd'hui). Je ne connaissais pas les cercles de qualité : je suis allée regarder pour rêver en retard... je ne pensais jamais en arriver un jour à regretter le schéma du patron paternaliste avec une vraie tête !...
Paulette