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Chômeurs, le job dating is good for you, vous dit Léon

esclaves.jpgVous savez bien, mon entreprise est à la pointe du progrès. Dans le technique comme dans l'humain. Pour embaucher mieux et plus vite, on fait même du job dating.

 

 

 

C'est notre RH, qui va souvent aux states qui nous a dit que c'est très tendance, que tout le monde est gagnant-gagnant.

Il y en a qui trouvent le moyen de critiquer le job dating. Pourtant, ça marche très bien. Évidemment, il ne faut pas confondre avec le speed dating qui facilite les relations amoureuses, mais c'est pas loin, c'est aussi de la mise en relation.

Le job dating, c'est le Meetic de l'entreprise, qu'il dit, notre RH, « c'est un process particulier qui va à l'inverse d'un process de recrutement normal ». Faut comprendre.

Là, ça se fait durant les salons, dans des galeries de super-marchés en connivence avec les chambres de commerce et d'industrie, précédé d'une grosse pub locale préalable pour annoncer qu'on va embaucher.

 

Le jour dit, à l'heure prévue, les chercheurs d'emploi sont tous derrière une barrière, et soudain, on fait sonner une sonnerie, un peu comme le départ d'une course de lévriers. Alors, si vous les pouviez les voir se jeter sur notre stand comme des bêtes affamées, les chômeurs !

 

 

Ils viennent et nous parlent d'eux, bourre et balle, délivrés de tout filtrage, de l'obligation du CV et de la lettre de motivation. Ils viennent propres sur eux, ils se lâchent car ils voient en direct la masse de la concurrence à la queue leu leu! Là, ça se passe d'homme à homme.

 

C'est convivial, sur la table il y a des petits cachou pour faire sympa . Ça ne dure que dix minutes, mais ça nous suffit pour jauger la bête, après on se reverra plus tard chez nous avec les quelques uns qu'on aura choisi. On vérifie juste la bonne allure, la dentition et s'ils ont bien au moins trois ans d'ancienneté dans le métier pour un CDD de deux mois... non renouvelable.

 

Pour l'entreprise, c'est tout bénéf : on voit un max de gens en un minimum de temps, ils veulent nous séduire à mort et on peut choisir encore mieux ceux qu'on va embaucher, vu qu'ils se lâchent plus facilement là où on les rencontre. Bref, « Le job dating, une rencontre conviviale, qui démystifie l'entretien, désamorce les craintes et les idées reçues ». Pour le bonheur de l'entreprise.

Pourtant, il y en a qui critiquent, regardez par exemple la « coordination des intermittents et précaires CIP », elle crie au charron : « Non aux jobs dating ! Ni esclaves, ni mendiants, ni Policemploi, refusons la foire aux chômeurs. »

Elle prend l'exemple du 29 septembre à St Malo où il y a eu une « foire au chômeurs », qui avaient essayé d'avoir «... la chance de se vendre à un employeur en dix minutes... on ne saura jamais combien de chômeurs se sont fait concurrence pour des offres d'emploi, dont plusieurs CDD d'un jour ! ».

 

Figurez-vous que cette coordination des intermittents et précaires refuse « ... cette mascarade... la tenue de ces foires aux chômeurs... La gestion de ce "job dating" est à l'image de la gestion du chômage de manière générale par le pôle emploi : une mascarade humiliante pour les demandeurs d'emploi accompagnée d'un dispositif répressif. »

Ni esclaves ni mendiants !, qu'ils donnent comme mot d'ordre.

 

Comment on pourrait mieux leur dire que c'est hautement égalitaire, au contraire, le job dating entre le demandeur d'emploi et les patrons?

Mais non, le CIP claironne que le job dating est une « opération de communication qui a pour objectif de laisser croire que le pouvoir fait tout pour lutter contre le chômage, que le salariat repose sur une relation égalitaire et non une relation de subordination ou que la question du chômage serait affaire d'inadaptation des chômeurs au marché du travail et non de politique du capitalisme ».

 

A voir ce que la crise fait comme mal à l'entreprise et au patronat (qui n'y peuvent rien, c'est de la faute des politiques madrés qui n'écoutent pas le Medef ) et aux chômeurs (qui devraient êtres plus souples pour reprendre le boulot comme disent les partenaires sociaux responsables dans les couloirs), il y a des coups de pieds au cul qui se perdent

 

 

Léon

 

 

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5877

http://www.cip-idf.org/IMG/pdf/intervention_job_dating_st_malo_29Sept2011.pdf

Tous les commentaires

faut pas confondre avec le speed dating qui facilite les relations amoureuses, mais c'est comme toujours, faut un chef qui commande et qui décide de tout.

léon

ne pas se vendre , jamais mais ... il faut acheter parfois .. quelques denrées périssables pour se nourrir

je connais bien le problème des précaires du spectacle, plus de 25 ans de précarité dans les babouches

une boutade (mais pas de dijon) pour finir ?

"ni trop , ni trop peu, ni trop glycérine" disait pierre dac

 

 

"ne pas se vendre"... c'est pas sûr... faut voir au plus offrant...

pierre était un Sar Rabindranath Duval gauchiste !

Léon

 

LE Sar Rabindranath Duval est mon mètre - quatre vingt dix a penser depuis toujours ... je suis un pratiquant de cette religion !!!!!! Alors merci de respecter son image divine !!!! bande de mécréants !!!! ont ne plaisante pas avec cette religion !!! c'est du sérieux !!!

alors en fin de compte, l'entreprise, le patronat, souffrent du capitalisme, n'est-ce pas Léon ? en fin de conte aussi...puisqu'ils nous racontent des histoires...

on ne sait pas à qui se fier !

léon

et une fois qu'on a fait son petit marché : on peut se faire un petit TESA (agricole et étranger si situation régulière) (ICI)

 

Paulette

PS : Non Léon, je ne suis pas allée à un job dating, celui-là je l'ai choisi sur catalogue !

J'ai une contradiction:

je déteste le travail, je déteste obéir à un patron, je hais tous les métiers. Et on me met en situation de rechercher, quémander, ce que je déteste. Et je le fais.

 

merde alors.

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