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MEDEF : la culture de la faute

Au Medef, la culture de la faute est bien ancrée. On s'y connaît.

On y dit ce qui est bon ou pas. On a dû, lors de colloques, en définir les gradations pour s'en recommander mieux ou accuser l'autre d'en faire commerce. Y compris dans l'intentionnel ou la douleur.

La faute, quand elle n'est pas celle de Voltaire, Rousseau ou à Victor Hugo, a été pesée précisément au Medef, calibrée puis mise en rayons dans l'Armoire des Manquements aux règles, à la loi et à la morale. Les leurs, s'entend.

Ainsi, quand Laurence Parisot plaide en faveur de la TVA sociale, elle nous dit droit dans les yeux qu'adapter la TVA sociale, "C'est le contraire d'une faute, ce serait même un avantage social". Cela ne se discute même pas. Sur le Livre des Certitudes Medef est écrit que le Medef sait et qu'il est grand, et que Laurence Parisot est son prophète.

Avec son personnel, c'est la même chose.

Dans ce lieu où l'on exècre le code du travail, on divorce pour faute en matière de contrat de travail. C'est ainsi. Ce choix de la qualification de séparabilité est le droit de cuissage de l'employeur, et le patron d'un syndicat d'employeurs peut en user comme un autre. Pourquoi ne pas avoir cherché à négocier une rupture conventionnelle, dont le Medef est le papa ? Ne cherchez pas à comprendre.

Mais la Justice des hommes, parfois, vient à se mêler de silences lourds et met au jour une détermination patronale plus féroce encore. On nous cachait des choses : il y aurait eu comme une épidémie de « faute grave » affectant le poste de salariés du Medef dont la caractéristique est de rendre éjectable le siège sur lequel ils étaient assis.

Jacques Creyssel en sait quelque chose, viré du Medef pour « faute grave » en 2008, parce qu'il n'aurait pas fait ceci ou cela à Madame Parisot. Le Medef fut condamné en mai 2010 à payer 736 000 euros au salarié.

Si Anne Valachs, licenciée en 2009 pour faute grave, s'entendit avec le Medef contre une somme sûrement rondelette en échange de laisser choir sa plainte aux prud'hommes, il n'en a pas été de même pour Monsieur Etienne Guena.

Licencié lui aussi pour « faute grave » en 2008, il vient d'obtenir le 17 janvier la condamnation du Medef à lui verser 200 000 euros de dommages-intérêts.

Dans le jugement de la Cour d'Appel de Paris, cette motivation : « Le licenciement a revêtu une grande brutalité, ajoute la cour d'appel, et s'est entouré d'autres circonstances particulièrement péjoratives en ce que l'employeur a laissé planer un doute sur la probité d'un de ses plus anciens salariés après lui avoir confié de manière continue et sans critique (…) des fonctions spécialisées (…). ».

Le patron des patrons condamné, pour lui, ce ne doit pas être grave, ni une faute.


Léon (depuis Davos)

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/01/24/le-medef-condamne-pour-licenciement-injustifie-par-la-cour-d-appel-de-paris_1633645_3234.html


Tous les commentaires

c'est grave.

Merci, je n'y étais pas arrivé.

"Dans le jugement de la Cour d'Appel de Paris, cette motivation : « "Le licenciement a revêtu une grande brutalité, ..."

La Cour d'Appel qui fait dans le sentimentalisme ça m'épate !

Et sinon, ils savent pas au MEDEF qu'ils peuvent contraindre très gentiment le salarié à signer une rupture conventionnelle. Se faire avoir aussi bêtement, quand même Rigolant

 

Paulette

Super billet Léon.

Comme d'hab...Sourire

Le MEDEF part en morceaux (pour ne pas écrire autre chose). Il ne lui reste plus qu'à sauver les apparences. Et quand il n'y a plus que les apparences à sauver, c'est que le reste est foutu. M'est avis qu'il (le MEDEF) survivra difficilement à 2012.

Au fait, c'est pour quand la non ré-élection de la ramollie du bulbe ?

TVA=13, TTF=1 : les mauvais comptes du président-candidat
Nicolas Sarkozy a tranché : avec la hausse prévue de la TVA, les patrons verront leurs coûts salariaux diminuer de 13 milliards d'euros. En revanche, la fameuse taxe Tobin à la française ne rapporterait qu'1 milliard d'euros. Même en y ajoutant la hausse de la CSG sur les revenus du capital (qui devrait rapporter moins de 2 milliards), le compte n'est pas bon pour la justice fiscale.
En effet qui va payer la hausse de la TVA ? Pour l'essentiel, les consommateurs. Certes, le candidat-président s'est dit « prêt à prendre tous les paris » qu'il n'y aurait pas de hausses de prix. Malheureusement, il est vraisemblable que les entreprises en profitent pour améliorer leurs marges en ne baissant pas les prix hors taxes. Telle est sans doute l'intention des chefs d'entreprise ou du Medef, qui réclament depuis bien longtemps cette mesure à cor et à cri.
La TVA « sociale » réduira donc la consommation et aggravera la récession dans laquelle la France est engagée depuis quelques mois. C'est la première raison de la rejeter. La deuxième tient à son injustice : en augmentant la TVA, on réduit encore la progressivité du système fiscal. Car la TVA pèse plus lourdement sur les ménages populaires, qui consomment tout leur revenu, que sur les ménages aisés qui en épargnent une bonne partie.
Cette stratégie de TVA « sociale » s'inscrit dans la logique de dumping social et fiscal caractéristique de l'Union européenne et de la mondialisation néolibérale : or c'est précisément la course vers le bas des coûts salariaux qui entraîne l'Europe et son modèle social vers le gouffre. La hausse de TVA, déjà pratiquée en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, n'est qu'un volet des plans d'austérité qui sont en train d'enfoncer l'Europe dans la dépression.
Quant à la taxe sur les transactions financières, elle rapportera certes plus que le dérisoire impôt de Bourse, qu'avait supprimé le même Nicolas Sarkozy en 2008. Mais elle ne s'appliquera ni aux transactions sur les obligations, ni à celles sur les devises, et de façon marginale aux produits dérivés, qui sont surtout échangés à Londres et à Francfort. Le produit servira à combler les déficits et pas à financer les politiques de solidarité et de préservation de la planète : ce qui sera prélevé à la finance lui sera redistribué en intérêts de la dette publique. On est bien loin d'un projet crédible et efficace, qui suppose une réelle volonté de désarmer la finance et de redistribuer les richesses.
Attac France, le 30 janvier 2012
Pour plus d’information :
- Le dossier d’Attac France sur la TVA Sociale
- Le dossier d’Attac France sur la TTF

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