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La burka et l'identité nationale
Suis-je pour ou contre le port de la burka ? Qu'ai-je à dire sur l'identité nationale ?
« Allons, il ne faut pas refuser le débat : comment pouvez-vous prétendre défendre la démocratie, et refuser le dialogue ? »
Ce n'est pas du sujet du débat, dont je souhaite parler ici, mais de la mise en avant, sur le plan médiatique, de ces « débats » qui se succèdent inexorablement, chacun faisant disparaitre celui qui le précède dans les poubelles de la mémoire médiatique, laquelle est fort courte.
Pour moi, la question du port de la burka n'est pas un sujet de débat, mais, éventuellement, un sujet de réflexion, comme il en existe une infinité, comme celle de savoir ce que recouvre le fait de se reconnaître comme français, ou européen, ou femme... La question d'une identité nationale, cela pourrait être le thème d'une dissertation (« Existe-t-il une « identité nationale » ? Exposez en quoi on peut effectivement définir une identité nationale, puis cherchez des arguments dans le sens d'un éventuel danger de cette définition et comparez-la aux lois existantes, concluez par une synthèse permettant d'élargir la réflexion. Vous pouvez utiliser les textes de loi, et les différentes déclarations des droits de l'homme mis à votre disposition. Vous avez quatre heures ») mais pas celle d'un débat.
C'est quoi, une démocratie représentative ? C'est quand un peuple se donne une structure de gouvernement lui permettant d' exprimer sa souveraineté par l'intermédiaire de représentants élus par lui.
C'est quoi, un débat ? C'est quand des gens discutent ensemble « Examen d'un problème, entrainant une discussion animée, parfois dirigée, entre personnes d'avis différents » selon la définition du Petit Larousse Illustré de 2002. Pour mémoire, la définition du Nouveau Petit Larousse de 1970 n'incluait pas la notion d'animation, ni d'une éventuelle direction à l'échange, ni la notion d'avis différents : cela donnait « Action de discuter une question entre plusieurs : soulever, trancher un débat passionné ». A l'époque, il était précisé qu'au pluriel le terme signifiait « Débats politiques ».
Actuellement, le terme « débat » est employé dans les médias, et par les hommes politiques, dans un condensé de ces acceptions : une discussion libre entre des personnes, une discussion dirigée entre personnes d'avis différents, un échange vif, des discussions politiques. Tous les niveaux sont confondus, ce qui amène à une sorte de pervertissement du sens : quand il est question d'imposer quelque chose à un groupe, on propose d'en « débattre » avec l'ensemble du groupe. Chacun s'exprime, a même parfois l'impression qu'on l'écoute, et la décision initiale est prise à peu prés comme il en avait été décidé avant le fameux « débat ». Ce processus est observable à l'intérieur de l'entreprise où les conférences et groupes de travail, au cours desquels chacun est invité à s'exprimer, fleurissent depuis plusieurs années, aboutissant à une acceptation morne des décisions sans plus aucune possibilité de vraies discussions entre les salariés, puisque la discussion a soi-disant déjà eu lieu et qu'elle n'a abouti à aucun résultat tangible.
Mais parfois, le débat n'a même pas lieu : il sert juste à faire taire les contradicteurs. Il est question de modifier le régime de retraite et d'allonger la durée de cotisation : « Mais non, cela ne va pas se passer comme vous le pensez. C'est une question importante et qui mérite que l'on en débatte ». Notons que dans ce type d' utilisation-là, est inclus, en plus, le sens de « On va y réfléchir davantage » de même que « On va écouter l'éventuelle contestation et en tenir compte ». En fait, on pourrait surtout comprendre « On ne va pas répondre à vos arguments maintenant, on ressortira ce projet quand l'attention médiatique sera tournée vers autre chose, mais vous vous y serez préparé ».
Débattons, débattons, il en restera toujours quelque chose... surtout l'idée que l'on s'est exprimé. Mais quelle est l'efficacité de cette “libre expression” ? Je me demande dans quelle mesure nous ne devrions pas nous poser la question de notre responsabilité à nous laisser entrainer à des « débats » mis en scène et préparés pour nous conduire là où nous devons aller. C'est la raison pour laquelle j'avais signé, comme tant d'autres, la pétition contre le « Débat sur l'identité nationale » l'Appel de Mediapart.
Mais je pense que nous pouvons aller plus loin dans la prise de conscience des manipulations de notre monde communicationnel. Imaginons que nous sommes comme des rats dans un labyrinthe à qui on montre des aliments au bout d'un couloir, ou comme des taureaux qui voient quelque chiffon rouge agité régulièrement devant leurs yeux. Notre capacité de réflexion et d'analyse, et le fait que nous sommes nombreux, ne devraient-ils pas nous permettre, plutôt que d'accepter d'aller là où on nous dit d'aller, de réfléchir nous-mêmes aux questions qui mériteraient un traitement collectif ? Et ceci afin de faire entendre notre voix sur les sujets qui nous semblent importants et, éventuellement, d'agir ?
Et, pour en revenir au thème, et à titre d'exemple de ce que je veux dire, il me semble, à moi, que le port de la burka, cela ne se débat pas. Il y a des femmes qui portent la burka. Si le gouvernement pense qu'elles sont en danger au niveau de leur liberté individuelle, ou qu'elles sont susceptibles d'être sous l'emprise de leur mari ou de leur familles, c'est à lui à mobiliser les services sociaux pour détecter ces cas difficiles, et les aider. Cela fait partie de ses missions de défendre les victimes et de faire appliquer les lois.
Mais je rappellerai qu'il n'y a pas que les « victimes de la burka » qu'il faudrait protéger de l'emprise, il y a aussi toutes les femmes victimes de violence conjugale, tous les enfants victimes de coups ou d'abus sexuels, toutes les personnes entrainées malgré elles dans le commerce sexuel, toutes les personnes enrôlées dans des sectes, toutes les personnes harcelées au travail ou dans leur vie privée, et qui finissent par envisager le suicide, etc.
Si l'on veut défendre la liberté individuelle, et aider chacun à l'exercer, ce n'est, à mon avis, pas en l'empêchant d'exprimer son opinion ou ses choix qu'on y parviendra le mieux.
Vouloir interdire un signe extérieur d'appartenance à un groupe partageant des valeurs religieuses ou culturelles, dans la mesure où ce n'est pas un groupe qui prône la violence et la xénophobie, cela me semble mettre en question la liberté d'opinion et de culte. Ce n'est pas à moi d'en juger, mais je me demande alors pourquoi la question ne se pose pas de l'interdiction du port du voile pour les religieuses? Il y a des religieuses cloitrées dont on peut penser qu'elles vivent quelque chose qui n'est pas très différent de ce que vivent certaines femmes en burka. Comment, pour protéger celles qui, au contraire d'un choix individuel, se soustraient à la vue d'autrui par soumission et par crainte, condamnerait-on celles qui font un choix personnel ? Si encore on croit que de condamner la burka va protéger les femmes qui les portent...Voir, sur ces questions éthiques, la position de Commission nationale consultative des droits de l'homme, exposée dans cet article de la Rédaction de Médiapart .
Cette question est donc celle d'un choix de politique sociale : pas le sujet d'un débat, ni celui de la création d'une nouvelle loi, car les lois protégeant l'individu existent, et les structures à mettre en place ou à soutenir pour favoriser l'émancipation des femmes sont connues. La condition d'une bonne application de ces mesures, dépend des moyens donnés aux équipes de terrain pour les appliquer. Augmentons le nombre d'éducateurs de rue, d'assistantes sociales, d'animateurs, redonnons aux associations actives dans les quartiers populaires et aux acteurs concernés les moyens nécessaires pour faire du lien social et redonner l'espoir d'une vie décente pour tous.
Un autre point passe légèrement inaperçu, dans cette question de la burka : c'est la question du droit à ne pas être reconnaissable. Pour l'instant, il n'existe pas, me semble-t-il, dans notre droit français, d'obligation à être reconnaissable sur des images obtenus par des caméras de surveillance. Mais l'interdiction de mettre un masque dans les manifestations, et, là, le volant sécuritaire qui passerait avec la loi sur la burka, semblent l'amorce de quelque chose qui peut devenir assez inquiétant : l'obligation qui nous serait faite, indépendamment d'avoir à justifier de notre identité si un agent de la force publique nous la demande, de toujours devoir être reconnaissable à l'extérieur de chez soi.
Pour le coup, cela me semble une question importante : si des lois sont votées dans ce sens-là, et étant donné le développement important prévu des puces rfid et donc de la miniaturisation des caméras, il me semble que dans quelques années il pourrait devenir très difficile d'exercer notre droit à une vie privée et toutes les libertés individuelles que notre constitution défend. Ce qui, au cas où un gouvernement totalitaire se mettrait en place, empêcherait, ou freinerait beaucoup, les manifestations d'opposition, et donc, les tentatives de renversement de ce pouvoir.
Cette question est donc d'une inactualité criante, comparativement au projet de réforme des collectivités territoriales qui est en discussion au Sénat en ce moment ( voir par exemple ici ou sur le site du Sénat ) qui pourrait avoir, s'il était voté, des conséquences importantes sur nos vies quotidiennes, ou au bilan de la gestion française de la menace d'épidémie grippale A/H1N1 ( lequel donne une idée de comment est dépensé l'argent public, c'est-à-dire le nôtre). Et n'oublions pas que nous sommes en période électorale.
Amendements rajoutés in extremis ou tus au niveau médiatique, insistance majeure sur des questions secondaires, controverses soigneusement orchestrées : cessons de regarder ce que pointe le doigt médiatique, pour comprendre la direction et le but de ceux qui l'actionnent. Prenons garde au tempo des annonces.
Et focalisons-nous sur l'essentiel.


Tous les commentaires
Oui, Liliane, il y a quelque chose de forcément significatif dans la façon dont ces vrais-faux "débats" s'enchaînent... et dans la façon dont ils envahissent le champ alors qu'il y a par ailleurs beaucoup de vraies urgences !
Personnellement (et comme toi apparemment) je pense qu'on peut parfaitement être à la fois contre le port de la burqa et contre une loi qui l'interdise...
C'est mon avis, également.
Difficile à manier sans se faire traiter de complice des intégristes...
Encore que de simples arrêtés municipaux peuvent permettre de souligner que le visage doit être découvert dans les locaux des services publics (différent des lieux publics et a fortiori des transports" ).
Oui, c'est tout à fait ça : personnellement contre le port de la burka, mais farouchement contre le fait que cela entre dans le champ législatif. De même je ne suis pas d'accord avec les mouvements extrêmes, religieux ou politiques, mais je souhaite qu'il ne leur soit pas interdit d'exister, pour peu qu'ils respectent les lois en vigueur.
Et l'hypothèse d'un "calendrier des débats" ne m'étonnerait qu'à moitié...
Merci aussi pour ce long développement initial sur la perversion du sens de ce qu'est un "débat", qui fonctionne exactement comme les mécanismes de manipulation et de perversion du vocabulaire:
Dans le but de perdre le sens, donc de perdre la clarté d'esprit, donc de faire perdre la faculté de prendre conscience.
"On ne pourra pas nous accuser de n'en avoir pas débattu entre toutes les parties"...
Rien à rajouter, tout est dit, alors résistons, ne subissons plus les manipulations qui visent à faire de nous des êtres passifs. Soyons actifs, résistons, démontons sans relâche les pièges tendus, et construisons un monde où les mots retrouvent tout leur sens.
Jean Bachèlerie
Je pense que ce "pseudo-débat" sur l'identité nationale, associé au port de la burka, a été très mal posé et l'intention en est très malsaine : d'une part détourner les véritables débats, sur les conséquences de la crise, les inégalités croissantes, la fuite des emplois et la montée du chômage et de la pauvreté, l'aggravation de la concentration des pouvoirs en France, en focalisant l'attention de la population sur ce thème. Rappelons aussi que le port de la burka ne concerne que environ 250 femmes en France, donc est un sujet plutôt symbolique ! Ce débat monte de plus des populations les unes contre les autres, entre religions ou entre classes sociales ou entre banlieues et centre ville, en faisant glisser par assimilation et amalgame le sujet, qui dérive sur la place de l'Islam en France. L'islamisme intégriste n'a rien à voir avec le fondement de l'islam, la religion musulmane, qui exprime la tolérance, l'ouverture aux autres, qui prône la paix. Il y a association entre terrorisme et islamisme, puis islamisme à musulman, puis musulman à banlieues, délinquance, "casquettes à l'envers" et immigration.
Je suis favorable à une loi interdisant de se cacher le visage, qui s'appliquerait aussi bien aux cagoules employées par les délinquants pour commettre des méfaits sans être contraint par les caméras de surveillance, que la burka.
Le voile de la religieuse n'est pas une burka, ne cache pas le visage. C'est un signifiant, comme porter la croix, pour afficher sa foi en même temps qu'une non disponibilité à une liaison sexuelle ou amoureuse. Il en est de même pour le voile musulman, qui n'est pas la burka ni le niqab =>voir cet article du Point
De même que l'alliance, qui signifie la non disponibilité amoureuse sans pour autant une appartenance religieuse même elle est plus courante chez les Chrétiens, et qui s'applique aussi bien aux hommes qu'aux femmes.
Il est vrai que se pose aussi dans l'utilisation de ces signes le problème de l'égalité entre les hommes et les femmes. Le curé ou le prêtre porte souvent un col reconnaissable, faute de porter une soutane, signalant sa chasteté présumée. L'homme musulman qui peut avoir plusieurs épouses n'est donc logiquement pas tenu à une unique relation féminine, mais cette application est cependant différente selon les cultures, les pays, les lois civiles.
Pour revenir au pseudo-débat sur l'identité nationale, il aurait plutôt été intéressant de cibler le débat sur "les valeurs républicaines", qui sont le ciment de la société française et forment sa devise. En quoi nous reconnaissons-nous dans les valeurs de "liberté, égalité, fraternité" ? Respectons-nous ces valeurs dans la vie politique, sociale, éducative, quotidienne ? Faut-il y adjoindre d'autres valeurs, comme laïcité et responsabilité ? Comment traduire ces valeurs dans notre vie, dans l'éducation, dans nos programmes politiques ?
Marie-Anne,
D'accord sur le principe mais vous savez très bien que ces "valeurs" (je déteste ce mot) telles celles de la devise républicaine à laquelle est rattachée maintenant, dans les discours de tout le monde y compris les sarkozystes, la notion de laïcité, tout cela est du domaine du virtuel pour des millions de personnes qui ne vivent évidemment pas dans une société d'égalité, de fraternité ni même de liberté ni de laïcité...
Oui Velveth, d'accord avec vous, mais raison de plus pour dire ce qu'il y a derrière les mots et surtout, mettre ses actes en phase, faire ressortir quand ce n'est pas le cas. Nous aurrions eu tant de chose à dire de l'action gouvernementale sur un tel débat !
Un décret vient d'être publié au JO punissant de 1500 euros d'amende le port de la cagoule pendant une manifestation publique.
Zèle infini du côté de la "répression de rue" ; zèle moins marqué de la délinquance en col blanc ...
Excellent point de vue dans une excellent billet.
"La burka, cela ne se débat pas."
Ou c'est une liberté individuelle, rien à dire, ou c'est un danger pour la liberté individuelle, et les services sociaux doivent être alertés.
Il est rassurant de constater au club, qu'il se trouve des expressions d'une idée claire, dans une tête qui pense vraisemblablement clairement.
Merci infiniment.
Passifou, Je suis surprise de votre position ici, vous qui sur mon fil vous sembliez vous opposer à ce qui était dit, et dont une bonne partie va exactement dans le même sens que ce que vous écrivez ci-dessus!
ajout : après le dernier commentaire de Passifou sur mon fil, tout ceci n'est peut-être qu'un malentendu de plus...misères de la communication par écrit...
Liliane, désolée de cet aparté, écrit du fait de l'interprétation de Passifou qui opposait nos deux fils ici puis là)
Je suis donc revenue lire votre billet, pour m'assurer que je n'avais pas mal compris vos positions ce matin.
Ce que j'y avais apprécié c'est le lien que vosu faisiez avec le "débat" l'identité nationale, les deux servant à escamoter des mesures qui passent sans débat.
En essayant de comprendre la position de Passifou : il s'oppose au débat voulu par Sarkozy sur la burka - et pense peut être que mon billet s'inscrivait dans ce débat ?
J'ai écrit un billet de blog (initialement, un commentaire) parce que, après avoir mis de côté pendant un temps cette question du voile ou de la burka etc., j'avais l'impression que ma position avait changé.
Ecrire quelques questions, puis en partager quelques autres, m'a aidée à voir plus clair.
Je sais au moins que je ne suis pas pour une loi. Et que si débat il devait y avoir un jour, ce serait à condition de poser la question de l'intégration en tant que dynamique, dans les deux sens. (Mais tant que Sarkozy est là, inutile de débattre d'intégration.
Merci Fantie : j'avais lu votre texte mais pas les commentaires, ce que j'ai fait hier soir. Il me semble que les différences de point de vue sont bien moindres que ce que la chaleur de l'échange pourrait faire croire.
Mais justement, c'est le propre de ces questions perfides de faire naitre de faux conflits. Je pense par exemple à "l'affaire Polanski" : nous en sommes rendus au point de faire de la presse people en nous mettant tous à réfléchir à la même chose au même moment, au point d'en arriver à des conflits entre personnes, au lieu de réfléchir à l'évolution de notre société, de ses lois, de son fonctionnement judiciaire, de la pauvreté qui s'accroit, des choix à faire par rapport à la place du financier dans les choix publics, aux décisions à prendre concernant la pollution et le défi climatique, etc. Ceci dit, que ce soit ici ou sur d'autres journaux, numériques ou pas, il me semble constater un développement de vraies réflexions, avec d'intéressantes confrontations d'avis différents.
"il me semble constater un développement de vraies réflexions, avec d'intéressantes confrontations d'avis différents." (Liliane B.) : j'y crois aussi.
Ainsi qu'à la contribution possible de nous tous à cet apprentissage d'un nouvel outil collectif de réflexion- aidant à aux décisions personnelles que collectives.
Merci de vos contributions et de vos développements sur le thème de ce billet.
Je me pose la question de comment pourrait se mettre en place une sorte de veille médiatique qui alerterait sur tous les pièges qui sont tendus à l'opinion publique pour la détourner des vrais problèmes.
Quant aux moyens de ce détournement, je propose une piste : les leurres qui nous sont tendus ont en général à voir avec notre affectivité. Question de genre, d'escroquerie, peur de l'étranger, meurtre, identité, disparition d'enfants : tous ces stimulants médiatiques nous touchent aux sentiments et nous donnent envie de réagir.
En revanche, les sujets qui sont condamnés à passer à la trappe prennent des noms les plus anonymes et administratifs possible tels que "loi sur la réforme des collectivités territoriales", ou " non remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux ou sur trois" (ou bien on considère que les agents de l'état ne travaillent pas, ou bien cette formule est équivalente à la casse de la moitié ou du tiers du service public en question) ou des noms à connotation inverse de ce qu'ils représentent (comme je l'avais déjà dit, le terme Hadopi, comme Loppsi, me semblent évoquer des héros de dessins animés, ce qui est peu en rapport avec le contenu et le projet de ces lois, quant à AREVA, on dirait le nom d'un club de vacances).
Fermetures d'entreprises, chômage croissant ( cf Paris-Match.com " Vers trois millions de chomeurs en 2010 "Anne-Sophie Lechevallier le 11 janvier de cette année), cherté de la vie, endettement des ménages et de l'état, lois restreignant les libertés, atteintes aux services publics : les sujets de mécontentement ou d'inquiétude ne manquent pourtant pas. Autant les nommer de façon claire.
Merci pour tous vos billets .Vous faites partie de ceux qui nous alertent ,sur Mediapart et ailleurs .
Interessant point de vue qui prouve que le débat amène à réfléchir à ses propres positions et qu'à partir d'un epiphénomène ont peu dérouler une reflexion bien plus large sur : qu'est ce qu'être en civilisation ? .
Dans le corps du discours, il est fait mention d'un engagement personnel dans une demarche collective pour amener les idées promues à se convertir en conduites sociales par le biais de la loi ou autres formes juridiques.
C'est typiquement l'objet de l'engagement politique .
Mais aujourd'hui celui-ci n'a plus la cote , Hélas !
Je copie ma contribution sur l'édition "pièce d'identité":
"
Je vous remercie pour ce billet car j'ai moi même voulu un moment écrire sur le sujet. Ce sur quoi je veux appuyer c'est le fait d'imposer un débat. Car qu'on le veuille ou non, le débat sur la burqa, sur l'identité nationale nous ont été imposés. Tout le monde le ressent mais personne ne s'en plaint. Et pourtant. Pourtant, pour ce qui me concerne, l'idée d'imposer un débat est anti-démocratique dans le sens où nulle part il a été prouvé que tel ou tel débat est la préoccupation première des français. C'est flagrant concernant la burqa et l'identité nationale, mais ça peut être moins flagrant dans d'autres cas.
Je pense que dans une période de crise comme celle-ci où beaucoup de sujets doivent être débattus, il aurait été bon de poser la question aux français: quel sujet vous préoccupe au plus au point en donnant un panel de sujets allant de l'identité nationale à la réforme du lycée en passant par la santé, les collectivités, les retraites, etc. Alors nous débattrions dans l'ordre choisi par les français des sujets les plus préoccupants. Voilà ce qu'est la démocratie à mon sens.
J'aimerais qu'on souligne plus souvent que choisir les priorités à la place du peuple n'est pas démocratique. La démocratie, ce n'est pas voter pour un représentant qui va réflechir et agir à notre place en faisant de ses priorités les notres."