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Puisqu'on vous dit de vous taire !
Je voudrais apporter ma contribution à l'analyse d'un phénomène qui ne cesse d'avoir des conséquences graves, risquant fort nous mener à la catastrophe : je veux parler de notre passivité.
Est-elle récente, cette inertie qui nous fait accepter le laminage progressif des acquis sociaux et des dispositifs garantissant notre liberté d'agir et de dire? Inertie qui nous laisse sans beaucoup de réactions devant la succession des plans de licenciements conduisant au malheur de tellement de familles, tandis que les fonds de pension, eux, engrangent les bénéfices dont le taux exagéré crée ces faillites gangrènant notre économie. Inertie qui nous fait accepter les coupes sombres dans les budgets des aides publiques, et, en même temps, le développement d'avantages aux personnes les plus aisées.
De mon point de vue, elle n'est pas récente, cette inertie, mais elle s'aggrave. Et elle n'est ni le fruit du hasard, ni la simple manifestation de la fin décadente de nos vieilles civilisations.
Non, cette passivité est la conséquence de faits différents, convergents vers un résultat unique : surtout ne rien dire, et ne rien faire. Ces faits tiennent à la fois à des choix politiques effectués depuis longtemps, et à des stratégies délibérées, et plus récentes, de musellement de l'opinion et de la presse.
Mais toutes ont un point comment, le mépris du citoyen, considéré comme une oie à manipuler pour le conduire à voter dans le sens que l'on souhaite. C'est là que la démocratie montre sa limite : le suffrage universel est une fort bonne chose, mais, quand il s'agit de la détourner par des tactiques de manipulation de masse visant à amener le peuple à tendre, en même temps que la main portant son bulletin électoral, son cou pour se faire plumer, on en vient à se demander s'il ne faudrait pas inventer d'autres modes de gestion du pays...
Comment tout cela a-t-il commencé ? Chute du mur de Berlin et faillite des tentatives de régimes prônant la dictature du prolétariat ? Défaut d'élaboration d'une idéologie remplaçant le système patriarcal d'avant soixante-huit ? Et, plus globalement, stérilisation d'une pensée spirituelle et humaniste qui n'a su remplacer le support religieux par rien de très cohérent ? Il s'agit, donc, d'une crise morale, ayant fait perdre aux gouvernants la notion d'une responsabilité qui dépasse de loin la durée de leur mandat électoral, et les engage pour l'avenir des hommes et de la planète, mais surtout, d'une crise nous ayant conduit à abandonner nous-mêmes toute velléité d'exiger cela d'eux.
Cette absence de substrat à une vision morale de l'art de gouverner a permis la diffusion de discours et d'idées sciemment calculées pour endormir l'électeur consommateur. Que les personnes qui sont à l'origine de ces messages y croient ou pas, n'est pas la question. Dans la vente, on sait qu'un représentant est d'autant plus convaincant qu'il est convaincu. La propagande commence donc par de l'auto-propagande, et l'endoctrinement de l'entourage proche. Ensuite, les idées diffusent, relayées par les personnes-mêmes qui les combattent.
Quelles sont ces idées ? Maintenant, c'est un peu plus facile de le dire. Mais il y a quelques mois, on était vite qualifié de complotiste si on expliquait que nombre des messages qui étaient répétés dans les médias n'avait pour seul but que de nous donner envie de nous endetter, de consommer toujours plus, quitte à nous retrouver en faillite personnelle en cas de perte d'emploi. Risque dont on nous expliquait, de tous côtés, qu'il était la contre-partie inévitable d'une mondialisation des échanges que l'on ne pouvait refuser sans risquer de passer à côté de la prospérité générale. La mondialisation était présentée comme un Dieu tout-puissant, au nom duquel tous les sacrifices devaient être faits. Les indices boursiers étant les signes de la satisfaction ou du mécontentement de notre idole.
C'était comme pour le traité européen : il n'y avait pas de plan B. D'ailleurs, parmi les idées de propagande, autant diffusées à gauche qu'à droite, il y avait celle-ci : le vote ne sert à rien, quand on est au pouvoir on n'a aucune marge de manoeuvres. Idée qui permet de décourager en priorité ceux qui ont envie de changement.
Maintenant, donc, on commence à lire, tout au moins ici, sur mediapart, le mot de propagande. Il faut dire que les ficelles deviennent très grosses.
L'une d'entre elles, très évidente, est de proclamer exactement l'inverse de ce que l'on fait. Par exemple, le fait d'appeler « États généraux de la presse », avec une référence implicite à l'avènement de la révolution française, quelque chose qui est une promotion par l'état d'une concentration accrue de l'information dans les mains des puissances d'argent. Cette seule dénomination est chargée de ce paradoxe qui rend la pensée confuse. Cependant, l'histoire a montré que les États-généraux pouvaient parfois déboucher sur autre chose que ce qui était prévu par leurs organisateurs...
La convocation dans le discours de mentions défendues par l'adversaire est actuellement si fréquente que l'on peut soupçonner certains de passer leur temps à analyser les discours de la gauche pour en récupérer les idées. Tout au moins, l'expression des idées. Parce que,dans les faits, il s'agit plutôt de les dévoyer...
Cette stratégie, visant à vider la parole de l'autre de son sens en le ponctionnant à son profit, fait partie de toutes les stratégies de la pensée perverse qu'utilise la communication d'influence.Un des aspects, insidieux mais très efficace, de la propagande, est le développement volontaire d'un climat d'insécurité. Celui-ci favorise l'adhésion aux idées officielles pour se rassurer du fait d'être groupés, et éviter d'être rejeté pour sa différence.
Depuis des années, on entend parler de notre société de consommation. Moi, j'évoquerais davantage une société de manipulation. La stratégie publicitaire a tellement envahi notre vie que nous ne nous permettons plus d'avoir de recul par rapport à elle, refusant de voir notre propre aliénation. C'est le cas de tous les phénomènes d'emprise, qui ne perdurent que parce que la personne sous emprise ignore qu'elle l'est. C'est vrai pour les cas graves des individus embrigadés par une secte, pour les femmes battues continuant à aimer leur bourreau, mais aussi pour l'endoctrinement soft qui nous conduit à consommer pour obtenir un bonheur toujours à venir. Avec une difficulté quotidienne croissante, elle. Or, il est désagréable, voire humiliant, de reconnaître que l'on s'est fait manipuler. D'où l'efficacité de toutes ces tactiques : quand on a commencé à entrer dans le système, difficile de vouloir regarder la réalité en face. Seule, une prise de conscience collective facilite la désaliénation.
Dans l'enseignement, on a proscrit l'enseignement de la morale, comme si celui-ci risquait d'aboutir à une aliénation de l'élève aux convictions des enseignants ou à la propagande gouvernementale. Or, je pense qu'un enseignement d'une morale républicaine et humaniste ne serait pas superflu, surtout s'il s'accompagnait d'une information sur les tactiques de manipulation, et d'une transmission des valeurs fondatrices de notre république, à commencer par la liberté et le respect de l'autre.
Ce n'est pas parce que l'on se croit libre qu'on l'est. « J'arrête quand je veux! » dit le toxicomane. « Je fais ce que je veux! » dit le consommateur en poussant son caddie remplit de produits inutiles. « Je vote pour qui je veux! » dit le téléspectateur effrayé par les informations alarmistes et qui va avoir un vote sécuritaire contraire à ses idées politiques.
Dés 1928, Edward Bernays, neveu de Sigmund Freud, avait posé les bases des mécanismes qui nous font maintenant accepter l'inacceptable : on trouve sur le site que voici un résumé de son livre "Propaganda". Je rappelle l'année : 1928 !
http://www.scriptoblog.com/scriptoblog/index.php?option=com_content&task=view&id=566&Itemid=82
Sans liberté de conscience, la liberté individuelle n'existe pas. Sans prise de conscience des tactiques d'emprise, pas de liberté de conscience, ni de liberté d'agir.


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Impossible techniquement de recommander ce billet, mais je le fais néanmoins.
Vraiment désolé d'avoir recommandé ce billet, j'ai fait passer le compteur de 1 à 0.(ma voie vaut -1 ?)
Rétabli la situation :-). J'ai fait plus 2!
La technique, ce n'est pas important ( remarquez, on m'avait dit qu'il y avait des problèmes sur mon blog; il faudrait quand même que je vérifie !). Mais, surtout : merci de vos recommandations !
4 était affiché, j'ai cliqué sur recommander, 0 c'est affiché : c'est pas juste, parce que j'essaie de ne pas rester passive.;-o) Merci Liliane.
Or, je pense qu'un enseignement d'une morale républicaine et humaniste ne serait pas superflu, surtout s'il s'accompagnait d'une information sur les tactiques de manipulation, et d'une transmission des valeurs fondatrices de notre république, à commencer par la liberté et le respect de l'autre. Tout à fait d'accord, mais comment faire puisque ce sont ces mêmes manipulateurs qui font les programmes !
@stephane Oui, comment faire ? Je pense que ces questions-là, comme celles des programmes scolaires, ne devraient pas être dépendantes des mandats électoraux. Comment choisir des "sages" qui, au-delà de leur propre aura, sauraient définir les lignes directrices de cet enseignement ? Plusieurs groupes ? Des représentants de la société civile ? Des personnes connues pour leur autorité morale ? Difficile question, certes, mais ne pas la poser amène à ce que l'on observe : un conditionnement discret à la dépendance, à la consommation, et au manque d'analyse critique. Et le projet de l'allègement de l'enseignement de l'histoire, comme la question de faire passer l'enseignement de la philo à l'enseignement de l'histoire de la philosophie, puis peut-être, le faire disparaitre, m'amène à penser que, à ne pas vouloir définir sur le long terme le contenu de l'enseignement, on laisse une marge de manoeuvre trop importante au politique sur cette question.
Merci Liliane pour ce superbe développement ! la note de lecture du livre de Bernays est édifiante et l'ai lu avec grand intérêt également, un exemple : "...En d’autres termes, ce que Bernays nous avoue à mots couverts, c’est que le véritable propos de sa méthode, c’est : comment empêcher le peuple d’acquérir une influence réelle...." . @stéphane : et bien maitenant qu'on est au courant, on peut essayer d'être moins manipulés nous-mêmes, et le répéter, le faire savoir... les manipulateurs ne font désormais plus tous les programmes, la preuve nous voilà en train d'en débattre et nous ne sommes pas les seuls ; prendre conscience de son joug est le premier pas nécessaire pour s'en affranchir, voilà le programme... Vous en êtes ? ;o)
@Corinne N Merci ! Et, à propos de la phrase citée : c'est extrêmement rare que les manipulateurs dévoilent leurs buts. A part dans des cercles très restreints (Bernays parle de "gouvernement invisible"). D'où le fait qu'il leur est facile de contrôler ceux qui jouent à jeu découvert, tout au moins tant que ceux-ci croient encore qu'une communication est possible. Ce qui n'est pas le cas avec ceux qui pervertissent la communication.
Chère Liliane, Peux-t-on imaginer que ce "gouvernement invisible" ait pris corps ? Je sais que dès que ce sujet est abordé, aussitôt des voix s'élèvent pour dénoncer des théories du complot, arrêtant net tout débat. Je pense néanmoins possible que les "dominants" n'aient pas besoin formellement d'une organisation structurée, comme un gouvernement, de leur action relative à la main-mise sur le monde. Le pire, c'est qu'en cas d'une catastrophe écologique qui sabrerait largement dans les effectifs humains, c'est cette classe-là qui survivrait et donnerait "sens", ensuite, à la renaissance éventuelle de l'humanité... ;o(
Effectivement, les dominants n'ont pas forcément besoin "d'une organisation structurée" - qui poserait des problèmes pour sa maintenance, et serait aussi plus exposée à la contestation ? Je pense qu'ils fonctionnent en "réseau", fréquentant les mêmes cercles socio culturels, professionnels, et économiques. Voir par exemple les enquêtes des sociologues Monique et Michel Pinçon Charlot, dans le monde de la grande bourgeoisie française.
Ayant les mêmes intérêts les dominants fonctionnent de concert, en diffusant leur culture entre eux (et auprès de leurs enfants, sur qui ils veillent de près pour qu'ils adoptent leurs "valeurs") ; et dans leurs cercles d'influence. Influences qui sont par définitions plus importants sur la marche du monde que ceux des dominés, trop inorganisés actuellement, et dépendant culturellement aussi des dominants : divertissements, infos, pub.
@corinne N et Fantie B Je pense que ces cercles restreints fonctionnent suivant le mode de l'initiation, et de la compromission. Petits ou grands services rendus qui font qu'on se tient ensemble. Position de supériorité sur le commun des mortels, acquise par la connaissance des manoeuvres ignorées par le plus grand monde. Mais pas un complot caractérisé, un maillage de personnes qui oeuvrent dans le même sens, reliées par des réseaux différents qui se recoupent. La facilité avec laquelle est invoquée la théorie du complot pour ridiculiser ceux qui évoquent des ententes secrètes (pourtant mises à jour de temps en temps, quand même) fait partie de la propagande. Si ce n'était pas le cas, il n'y aurait aucun commentaire à faire à la recherche d'une éventuelle vérité cachée. La seule solution pour mettre en place un contre-pouvoir, de mon point de vue, c'est de nous relier nous-mêmes, comme cela se fait spontanément sur la toile ou par l'intermédiaire d'un média comme Mediapart. Mais il faudrait penser la façon dont nous nous relions, sortir de l'individualisme pour jouer collectif : nous sommes dans la même galère, autant ramer ensemble dans le bons sens...
Plutôt que la galère, nous avons ici une magnifique caravelle, affrétée par Médiapart.... ~ C'est d'ailleurs dans cet esprit que j'avais suggéré l'idée de la création d'une association des abonnés de Médiapart, se réunir pour défendre un concept concret : l'indépendance d'un "outil" d'informations, projet et objectif se situant au-delà des différentes opinions politiques qui provoquent la plupart du temps des dissensions et des disputes, souvent même jusqu'aux personnalités les plus paisibles par ailleurs...
Concernant Propaganda de Bernays : Ce livre a été publié l'année dernière par les éditions ZONES : http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=recherche&recherche=Propaganda Les éditions ZONES publient à des prix modestes - 12 € pour Propaganda - mais permettent aussi de lire les textes librement sur le site : cliquer dans ce cas sur "Catalogue", lire la suite, puis sur "lire en ligne". On trouve aussi sur le site de ZONES une interview de N. Baillargeon, l'auteur du "Petit traité d'autodéfense intellectuelle". Il y est notamment fait mention de la colère de Freud quand celui-ci s'aperçut que son neveu utilisait son lien de filiation avec lui, et ses oeuvres, pour servir ses buts. Il y est aussi fait mention du voeu tardif de Bernays de rédiger un code moral de la profession ! Ce n'est pas tant le personnage de Bernays qui importe mais la lecture de son livre que je recommande vivement, de même que celle de Baillargeon.
@ Liliane Bourdin, Quand vous dites : C'est là que la démocratie montre sa limite : le suffrage universel est une fort bonne chose, mais, quand il s'agit de la détourner par des tactiques de manipulation de masse visant à amener le peuple à tendre, en même temps que la main portant son bulletin électoral, son cou pour se faire plumer, on en vient à se demander s'il ne faudrait pas inventer d'autres modes de gestion du pays..., pensez-vous vraiment que la démocratie soit un "mode de gestion" ? La démocratie se limite-t-elle au suffrage universel ?
@ stephane qui demande "que faire ?" Cesser de regarder la télé, lutter de la place où chacun est, dire, parler, expliquer, contourner les censures, débattre, s'unir à d'autres, faire connaître les luttes et les initiatives, petites et grandes, les victoires et les défaites, (les siennes et celles des autres), ne pas s'en remettre à d'autres pour que se soulève la chape qui s'alourdit...etc etc.
Et de 6, Liliane...
7 alors puisque cela remarche ?
J'ai recommandé: + 2. Mais Stéphane expliquera très bien le processus (quelqu'un a recommandé en même temps que moi). Bien entendu, je suis d'accord à 100% avec votre billet, Liliane. La question est de comprendre ce qui génère cette inertie, cette apathie. Les mécanismes en sont très divers. - Pour certains, qui ont l'habitude de voter à droite, l'adhésion sans recul aux discours et gesticulations du Fromager les convainquent que lui, il fait quelque chose. - Pour d'autres, qui votent plutôt à gauche, il n'y a que peu d'espoir car il n'y a plus d'idéologie, d'utopie, de modèle social à quoi se raccrocher. Et le spectacle que nous donnent les socialistes en ce moment, relayés par des médias complaisants, contribue un peu plus à la morosité, à une sorte de recul dépressif. A quoi bon, il sera réélu en 2012. - Pour d'autres comme nous, le constat des dysfonctionnements sociaux, politiques, moraux... donne un étrange sentiment : d'être dans une sorte d'irréalité, de cauchemar. On a envie de se pincer pour vérifier que l'on ne dort pas. Nous pensons à chaque moment C'est stupéfiant, comment ose-t-il nous prendre nos mots, les dévoyer de leur sens, comment ose-t-il réformer à grands coups de tronçonneuse notre système scolaire, universitaire, de justice, vouloir contrôler les médias... sans aucune concertation, et aussi pourquoi des gens de gauche vont-ils à la soupe, courent-ils prendre leur portefeuille?. Car, ne nous leurrons pas, l'entrée des Kouchner, Hirsch, Amara, DSK... dans le cercle du fromager a porté atteinte à notre moral, et c'était fait pour ça. - Le mécanisme le plus pernicieux, classique, est le retournement contre soi du malaise. Les débats sur Mediapart en sont un exemple. Les gens passent un temps et une énergie terribles à se disputer sur des mots, à "se traiter", à défendre qui leur Motion, qui leur candidat, à oublier les valeurs partagées pour fixer les points de désaccord. Or, finalement, pourquoi, au moment où le système capitaliste montre ses failles avec une évidence aveuglante, ne voyons-nous pas que beaucoup de nos idées de gauche non seulement ne sont pas obsolètes mais sont éminemment valables, à commencer par les thèses de Marx et Engels ? Parce que des régimes ont appelé "communisme" des systèmes totalitaires, nous devrions rejeter la part d'utopie constructive que porte par exemple ce mot ? Parce que l'écologie a été asphyxiée par un Grenelle de l'environnement, nous ne devrions plus nous en réclamer ? Parce que l'Europe encore balbutiante se construit avec hésitation, nous ne devrions plus y croire ? Ce qui nous perd en ce moment, c'est de cracher sur nos idéaux, auxquels nous ne devons pas renoncer
@Art Monika Oui, je pense comme vous qu'il y a là un virage à ne pas manquer. Soit nous continuons à nous faire enfumer, et ce ne sont pas seulement les acquis sociaux qui vont être complètement perdus, c'est l'espoir d'une vie correcte pour nos enfants qui va s'évanouir. Soit nous faisons le bilan de ces années d'aveuglement volontaire, et nous prenons les choses en mains, collectivement. Virage important parce que la preuve de l'incurie de ces gouvernements, de droite ou de gauche, d'ailleurs, qui ne voient pas plus loin que le portefeuille de leurs amis de la haute finance, nous l'avons. Celle de l'erreur de leur conception de l'économie aussi. Mais cette conception est conforme à leurs intérêts personnels, elle ne va donc pas changer. Cette conception est idiote parce qu'elle repose sur le postulat que le système le meilleur c'est celui où les gens sont les plus exploités (pardon, on dit "ont la meilleure productivité") et les dirigeants les plus riches. Alors que ça, c'est toujours ce qui a fini par conduire à de grosses difficultés, autant sociales qu'économiques. Le meilleur système c'est, comme dans la fable des membres et de l'estomac, celui où tout le monde est satisfait. Ces dirigeants, obnubilés par le cours de la bourse, n'ont aucune intention de revoir leurs ambitions personnelles à la baisse (au contraire pour certains, s'ils pouvaient profiter de la crise pour racheter à bas prix et s'enrichir encore, ils ne le dédaigneraient pas) ni de penser à l'avenir des gens, ni aux mesures à prendre contre le réchauffement climatique. Je dis dirigeants, au sens large, car depuis un certain temps, la politique semble très liée avec la haute finance. Je crains que la gauche ne soit gangrenée par des représentants occultes de ce monde, qui la freinent et détournent le vote des militants en étouffant leur révolte. Si cela devait perdurer, c'est dans la rue que les gens se révolteraient, et cela coûterait cher à tout le monde. Pour moi, l'utopie, l'idéal, sont souhaitables, et ne sont pas dangereux si cela reste une direction, un but. L'erreur des régimes qui se réclamaient du communisme a été de croire que l'utopie se réalisait. Ils ont donc détourné la réalité pour la faire rentrer dans leur idéologie, avec les conséquences funestes que l'on sait. Mais, contrairement à ce que l'on nous a fait croire, ce n'est pas une raison pour rejeter la notion d'idéal. Il faut juste que nous arrivions à une conception adulte du rapport entre l'idéal et la réalité. Acceptant de poursuivre un but que l'on n'obtiendra jamais réellement, acceptant les conflits sans en être détruits et sans rejeter l'autre qui pense différemment, et qui est à une autre place, acceptant de reconnaître ses erreurs pour progresser sans se sentir humilié, etc... Peut-être que la crise économique va nous permettre cette maturation rapide ? Je l'espère vivement. Et je suis d'accord avec vous, gardons-nous de faire ce que d'aucuns attendent de nous : dépenser notre énergie et notre crédibilité en nous attaquant les uns les autres.
Chère Liliane, . Vous êtes versée dans la psychologie des profondeurs, si j'e ne m'abuse ? Vous savez donc que la conscience est douloureuse et que, par conséquent, on la fuit. . Le problème n'est pas seulement celui des professionnels de la politique qui ne sont pas du tout les usurpateurs sans foi ni loi que je m'amuse à vilipender, chenapan que je suis ; le problème est celui de la paresse citoyenne. . C'est un jeu d'enfants de manipuler une personne qui a envie de l'être. C'est la même chose pour les populations. . Il y a quelque temps notre ami Edwy Plenel évoquait le "traité de la servitude volontaire". Donc, en effet, la chose n'est pas nouvelle; je dirai même qu'elle date un peu : 1549... . En 1994, un certain Jean-Léon Beauvois (psycho-sociologue) avait publié un "Traité de la servitude libérale", sous-titré "Analyse de la soumission". . Je ne l'ai pas lu, mais au rythme où les choses se dégradent, j'ai bien peur que cela aussi ne soit dépassé. . Je souhaite de tous mes voeux, parce que je n'ai pas le temps de l'écrire, ni d'ailleurs vraiment envie, que quelqu'un nous ponde un truc du genre : Traité de l'aveuglement choisi et de l'abrutissement médiatique réunis. . jpylg
@joha1008 Bien sûr que la démocratie ne se limite pas au suffrage universel. Ce serait trop simple ! Mais l'électoralisme transforme notre rapport à la politique. Celle-ci devient une compétition permanente, où nous choisissons nos champions. Tout juste s'ils n'ont pas de médailles à l'arrivée. Mais, surtout, l'importance mise sur notre liberté de vote ( liberté toute relative si l'on n'est pas conscient des influences que l'on subit, comme j'ai essayé de le montrer) nous fait parfois oublier que notre liberté d'expression et d'action va bien au-delà de l'isoloir. Combien de gens ai-je entendu dire, depuis la dernière élection présidentielle "Ils l'ont voulu, tant pis pour eux ! ". Qui ça, "ils" ? Et, même si une majorité s'est dégagée, est-ce que cela nous dédouane de notre responsabilité individuelle ? Moi-même, comme je l'avais écrit sur mon premier billet, j'ai compris que je m'étais laissée embringuer dans cette pensée, finalement, nihiliste. La démocratie, c'est beaucoup, beaucoup plus que le suffrage universel. Mais cela nécessite des efforts. Cela se construit, jour après jour. Nous avons, et nous avons eu, la preuve que, si l'on n'est pas vigilant, cela peut, très vite, basculer dans autre chose. Alors, quand je dis "mode de gestion" pour le pays, c'est parce que le terme"gouvernance" me semble trop centré sur le principe "un gouvernant-des gouvernés". Les élus ont des comptes à nous rendre : ce n'est pas un chèque en blanc, un bulletin de vote.
"La démocratie, c'est beaucoup, beaucoup plus que le suffrage universel. Mais cela nécessite des efforts. Cela se construit, jour après jour. Très juste. Et qu'avez-nous d'autre que des mots à échanger entre nous, pour la construire ? Quand nous serons grands, peut-être renoncerons-nous à nous servir des mots principalement pour nous plaindre des "autres". Comme vous Liliane Bourdin, je trouve inutile (au moins) discours sur "les 53% qui l'ont voulu". Un des problèmes que vous mettez en évidence dans la période, c'est qu'il est difficile de parler face à des adversaires déclarés, surtout quand ils détournent le langage comme la droite au pouvoir le prtaique à échelle industrielle.
Mais c'est difficile aussi de discuter avec des "autres" qui nous sont proches. Et c'est peut-être bien ce qui nous mine. Ou autant. Est-ce qu'on ne déteste pas les autres d'autant plus qu'ils sont "presque comme nous" mais un peu différents. Tandis que s'ils étaient exactement comme nous, ça validerait notre identité ? Alors, on regarde la petite différence qui dépasse, et on tape dessus.
Je continue à espérer que face à la crise économique qui va toucher tant de gens déjà en précarité sociale, nous qui nous disons de gauche, ou humanistes, allons sortir de cette adolescence passionnelle des petites différences.
@Fantie B C'est intéressant le lien que vous faites entre la difficulté de parler avec des gens qui détournent sciemment le sens des mots et le fait que nous nous disputons avec des gens qui nous sont proches sur des différences de détail. Cela vaudrait la peine que l'on décortique ce mécanisme parce qu'il est très agissant dans la déconfiture de la gauche, mais aussi dans les entreprises, et dans la société en général. Je vois un rapport avec le fait que si l'on essaie d'aider quelqu'un à sortir de l'emprise dans laquelle il est, il commence, et cela peut durer longtemps, par être agressif avec nous, prenant même fait et cause pour celui qui abuse. C'est très net quand on tente de sortir quelqu'un d'une secte, par exemple. Je pense qu'il s'agit de la même chose que le syndrome de Stockholm, une identification à l'agresseur qui évite de ressentir la souffrance d'être victime. Le vécu persécutif est ensuite projeté sur la personne de bonne volonté qui essaie de sortir la victime de son calvaire, calvaire dont il essaie de ne pas ressentir la souffrance en se mettant à la place de l'abuseur. Est-ce que les attaques entre nous ne seraient pas des manifestations de la rage que nous avons d'être soumis à des abus de pouvoir dont nous ne voulons pas, mais contre lesquels nous n'avons pas encore mis en oeuvre de façon de s'en défaire ? Dans une entreprise, en cas de harcèlement, avant que le harceleur ne soit mis hors d'état de nuire, le climat entre les salariés est souvent déplorable. C'est facile de dire que l'abuseur divise pour régner. C'est facile et c'est vrai, et les tactiques pour obtenir ça sont claires et répandues, de l'évaluation aux critères abscons, aux préférences indues, en passant par le climat de danger induit par les licenciements injustes. Mais cela ne suffit pas à expliquer pourquoi les salariés ne font pas front commun pour lutter contre un management abusif. C'est là que je reprends ce que vous dites : on n'est pas entendu, par les manipulateurs. Tout ce qu'on dit peut être retourné contre soi, à moins d'abonder dans leurs sens. Alors on ne dit plus rien. Ceux à qui l'on parle, ce sont les pairs, c'est à eux que l'on exprime son mécontentement, quitte à se mettre du côté du manche en pensant, ainsi, se protéger. Comme les enfants de parents divorcés risquent attaquer le parent qui s'occupe d'eux, alors qu'ils ne disent mot devant celui qui les néglige. C'est une hypothèse, mais j'aimerais bien que ces mécanismes soient éclaircis pour que nous cessions de les subir et que nous parvenions à garder à l'esprit où est le véritable problème, qui sont les vrais responsables, et comment nous allons pouvoir agir. Et assez de cette auto-culpabilisation ! Ça aussi, c'est très utilisé dans l'entreprise : faire des réunions pour que les salariés décident de choses qui ont été décidés avant par les chefs, alors que ces mêmes salariés savent, non seulement qu'ils ne pourront pas atteindre les objectifs qu'ils sont en train de se fixer, mais qu'ensuite on va le leur reprocher. Ce paradoxe crée de la souffrance et de la maladie. Et un empêchement à la révolte. Je fais l'hypothèse que les États Généraux de la Presse fonctionnent sur ce principe.
""on n'est pas entendu, par les manipulateurs. Tout ce qu'on dit peut être retourné contre soi, à moins d'abonder dans leurs sens. Alors on ne dit plus rien. Ceux à qui l'on parle, ce sont les pairs, c'est à eux que l'on exprime son mécontentement, quitte à se mettre du côté du manche en pensant, ainsi, se protéger." Vous avez bien mis le doigt sur le problème des "pairs" - punching balls, car plus proches? - Liliane Bourdin.
Pour poursuivre l'intéressante discussion de votre blog, je dirais qu'il me semble que nous avons changé de type de pouvoir. Auparavant les pouvoirs autoritaires ne se gênaient pas trop pour dire ce qu'ils faisaient, leur force suffisant à les faire craindre. ils pouvaient dire "Je veux". "Qu'il en soit comme je le veux". Ensuite, nous avons connu une autre période. Avec les luttes d'émancipation collectives, la donne avait changé. Les pouvoirs en place savaient désormais qu'un mouvement collectif pouvait prendre naissance contre eux. C'est l'époque où on parlait de "rapports de force".
On doit bien constater aujourd'hui que la montée de l'individualisme (inévitable, car liée à l'émancipation, à mon avis) amène au premier plan un type de pouvoir qui sait se défendre contre les mouvements collectifs. En les atomisant "de l'intérieur", par la perversion du langage.
Certes, diviser pour régner, ce n'est pas nouveau. Je pense par exemple à l'organisation de la domination des "maîtres" sur les domestiques ; qui semble curieusement avoir été reprise dans la vie de bureau, par exemple, mais aussi dans nombre d'entreprises "de service". De petites différences érigées en hiérarchie, toujours quelqu'un plus "en bas" sur qui taper. Et pas ou peu de solidarité "entre pairs". Le modèle du syndicalisme en particulier fédéral avait réussi un temps à faire que les gens oublient en partie leurs différences pour mener des combats communs (mais que de divisions, là aussi...).
Où en sommes nous aujourd'hui sur le plan de l'organisation collective ? Je pense qu'elle est bien plus difficile à réaliser dans une société "d'individus" - par rapport aux sociétés à l'ancienne où l'individu recherchait encore des collectifs semblables à ceux d'où il venait dans sa première culture (éducation, socialisation).
Aujourd'hui l'individu cherche avant tout semble-t-il à exister, même dans les collectifs. Ne le déplorons pas, mais prenons-en acte, voyons comment faire avec celle nouvelle donne. Et tâchons de bien comprendre comment ces nouveaux pouvoirs "pervers" savent se jouer de notre individualité, quand elle penche trop du côté narcissique. Est-ce cette atomisation dont je parlais plus haut n'est pas d'abord de notre fait d'individus trop occuper à nous prendre en compte en oubliant la notion d'intérêt général ? Et n'est-elle pas exarcerbée facilement par les "pervers langagiers" grands ou petits, qui s'infiltrent à l'intérieur de nos pensées? Par un brouillage du langage qui vient semer laconfusion jusqu'au coeur de chaque acteur susceptible de lutter contre lui.
@jean_paul_yves_legoff Je suis d'accord avec vous : le problème, c'est notre appétence à avoir un chef, ou à appartenir à un groupe et à s'en faire reconnaître. Cela rassure. Au point de négliger d'évaluer objectivement les actions du chef et donc de produire les attitudes qu'on attend de nous afin de ne pas créer un conflit dont on nous laisse entendre qu'il pourrait être dommageable pour nous. Un peu de climat d'insécurité ou quelques exemples ayant valeur d'intimidation, et hop ! silence dans les rangs... J'ai moi-même tiré bénéfice il y a longtemps du "Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens" de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, très facile à lire.
@ Liliane Bourdin,
Je suis plutôt d'accord avec l'ensemble de votre propos bien sûr, mais j'entends de plus en plus de gens critiquer la situation actuelle en critiquant la "démocratie", c'est pourquoi je vous ai demandé de préciser. Comme le dit Art Monika, et d'autres avec vous et nous, il y a un hold-up sur nos mots, nos termes, un usage de ceux-ci que je n'hésiterai pas à qualifier de pervers au sens psychanalytique du terme. Au point où j'en suis, j'y tiens toujours à ce mot "démocratie" mais je sais qu'il n'y a pas qu'une version de l'exercice de celle-ci. Le débat en fait partie, me semble-t-il, et c'est la seule dignité que je reconnaisse aux débats actuels du PS français qui est décrié parce que ne parlant pas d'une seule voix - mais c'est tout à leur honneur même s'il me semble qu'ils sous-estiment l'ampleur de la catastrophe sociale qui se profile.
Le populisme est-il une démocratie ? Je pense que nous serions plusieurs à dire que non... Détrompez-moi si vous n'êtes pas d'accord. Le problème, c'est comment empêcher une démocratie de virer au populisme puis à la dictature : il y a manifestement un défaut dans le pouvoir des urnes, dans la façon dont nos systèmes sont agencés d'un point de vue juridique. Ceci dit, il me semble qu'aucun système politique démocratique ne peut être exempt de faille puisque produit par des humains. Or, en quoi consiste la démarche perverse ? Elle consiste à mettre à n'importe quel prix quelque chose, un fétiche, là où il y a un manque fondateur - du côté de la mère, dit Freud, et cela n'est peut-être pas sans relation avec cette montée en puissance d'un certain type de femmes (Palin par exemple). N'est-ce pas l'essence même du capitalisme de nous fourrer de l'objet à consommer là où notre condition humaine éprouve du manque ? Comme vous le faisiez remarquer justement sur je ne sais plus quel billet, quand on en arrive à déclarer "déprimé" un gamin qui ne joue plus assez avec sa "console"...
Le problème, c'est que nous ne connaissons comme alternative au capitalisme que l'essai qui en fut fait en URSS et en Chine qui se sont appuyés sur la notion de "dictature du prolétariat" - mais enfin, il n'y a pas que cela dans la pensée marxiste ! Cependant, n'est-ce pas cela qui fait peur à ce qui reste de "gauche" ? Sans compter que la paresse est aussi du côté de nos "élites". Quand je fréquente, rarement, une assemblée politique, je constate que des jeunes politiciens pourtant diplômés prennent note de de manière effrénée de ce que je dis : je vous assure que j'ai pourtant la plupart du temps l'impression de ne dire que des choses très simples. Où se forment-ils une opinion qui guide leur action ? A la télé ? Dans leurs images idéales simplettes pour lesquelles ils n'ont jamais dû lutter ?
Alors, parlons-en autour de nous et restons vigilants ensemble - sans injures - à l'égard des mots et des modes de pensée qui nous envahissent, y compris concernant ce qui s'écrit sur mediapart, car il me semble que ce n'est qu'à plusieurs que nous pouvons construire un autre espace de pensée et d'action. C'est lundi déjà et je travaille, je ne pourrai donc pas lire mediapart aussi souvent que cette semaine mais heureusement, les débats continueront...
@Joha 1008 Oui, moi aussi, je suis étonnée de la discordance entre la richesse des connaissances des personnes qui s'intéressent à la politique, et le manque de recul qu'elles semblent avoir en ce qui concerne les mécanismes, en particulier communicationnels, en cause. Je donne un exemple : beaucoup d'intervenants, même à gauche, parlant des résultats de l'élection présidentielle, disent : Ségolène Royal a recueilli le suffrage de 17 millions d'électeurs. Certes. Mais, si l'on met ce nombre en parallèle avec le fait que nous sommes soixante millions de français, cela donne un calcul inconscient qui la rapprocherait de l'adhésion du tiers de l'électorat. L'inconscient fonctionne avec des raccourcis, et ne peut pas se dire que sur les soixante millions il faut enlever les bulletins blancs, les enfants et les non-inscrits. Cette formule, à l'opposé du pourcentage ( 46,94 %), diminue donc, dans l'esprit, la performance de l'ex-candidate. Réfléchir à la communication, comme ce que vous dites de l'assimilation marxisme-dictature du prolétariat-dictatures totalitaires, et tant d'autres prêts-à-penser, me semble urgent.
Le problème de la démocratie, c'est que vous croyez que votre voix est égale à celle du type qui s'est hissé à la présidence, puisque pour l'amener là, vous avez été consulté(e)et votre vote a été pris en compte (pour/contre). Et depuis son élection, puisque vous votiez contre sa nomination, vous pouvez toujours donner votre avis critique sur tous les programmes, contes et propagande dont il nous abreuve. Et il n'est pas dans l'intérêt du président de vous empêcher de parler ... de protester -- dans des limites raisonnables de sécurité bien sûr - pour entretenir cette image de liberté, d'égalité (on parle moins de fraternité me semble-t-il). Et pendant ce temps, l'homme qui a réellement le pouvoir, qui peut avancer ses pions, sa famille, ses amis dans les rouages complexes de la société, consolide ses relations, étend son influence. Il installe les relais de sa présidence qu'il envisage de renouveler sine die. Il faut avoir très faim et une santé de fer pour être président dans ce pays, c'est une véritable prise du pouvoir. Et l'énergie conquérante de celui-ci n'est pas assouvie. Le camp adverse est bouche bée -- c'est que pour lutter à armes égales il faudrait un affamé "de gauche" -- et c'est un produit génétique rarissime semble-t-il.
On ne parle pas moins de fraternité, on n'en parle JAMAIS. C'est en effet le plus gênant des trois termes. Liberté. L'Autre est libre, bon, c'est d'accord, on le laisse libre. Egalité : Il est égal ... Ca nous est un peu égal... tant qu'il ne s'agit que d'égalité en quelque sorte "chantée" : le grand air de l'égalité devant la loi. Une pure merveille ! Mais à l'entracte, on ressort l'éventail des salaires. Quant à la fraternité, non ! Ca suppose qu'on aime l'autre un peu comme un frère et toutes sortes de choses comme ça, affectives et affectueuses. Je pense qu'on ne devrait pas tarder à remettre en cause cette notion approximative... et d'une laicité douteuse mes frères ! . ps: certaines réactions, en privé, me laissent penser qu'on me suppose CONTRE la fraternité... Mais non ! bien sûr que non ! Ah... L'ironie ! Il parait qu'il fut un temps où l'on proposa d'ajouter à la ponctuation un signe de plus : le point d'ironie. Et ça n'a pas marché ... Dommage !
@Alain Gillis Je suis d'accord avec ce constat du déclin du mot "fraternité", et, surtout, du concept... Peut-être qu'il vient de son ambiguïté-même : un frère, c'est celui qui a les mêmes parents, qui est de la même famille. Cela définit donc, en creux, ceux qui ne sont pas frères, ne faisant pas partie de la même famille. Donc un concept qui inclue la possibilité d'une dérive dans un sens exactement opposé : les frères, et les autres. En fait, dans le slogan fondateur de notre république, c'est de fraternité universelle qu'il s'agit : nous sommes tous frères. Je pense que c'est la force du message de Barack Obama, qui a repris cette idée fondamentale, qui, seule, peut nous permettre de dépasser les clivages entretenus.
@Liliane Boudin "La seule solution pour mettre en place un contre-pouvoir, de mon point de vue, c'est de nous relier nous-mêmes, comme cela se fait spontanément sur la toile ou par l'intermédiaire d'un média comme Mediapart. Mais il faudrait penser la façon dont nous nous relions, sortir de l'individualisme pour jouer collectif : nous sommes dans la même galère, autant ramer ensemble dans le bons sens" C'est, à l'origine, le but du mouvement d'éducation populaire: donner aux citoyens les moyens de comprendre et d'agir sur le système, plutôt que le subir. Une grande partie de ce mouvement est partie vers la formation et l'animation socio-culturelle, mais malgré l'attaque menée par le gouvernement contre ce mouvement, le moment me semble idéal pour le faire revivre dans son esprit premier. A ne pas confondre, à mon avis, avec des vecteurs tel que le Club de Médiapart: échanger des billets et des commentaires, sans connaître à qui on a affaire (il y a quand même beaucoup de pseudos), permet certes de mettre certains problèmes en exergue et des discussions intéressantes, mais le manque de profondeur (autre que purement intellectuelle) des échanges ne permet pas, à mon avis, de donner du sens ni de développer des valeurs et positions communes sur lesquelles il est possible de bâtir quelque chose. Le réseau, c'est bien, c'est même nécessaire, mais comment développer du concret? En effet ce ne sont pas les discussions en ligne qui risquent de changer quoi que ce soit à la montée du totalitarisme populiste français. Mon petit bout de réponse est de participer, à mon petit niveau, à un mouvement d'educpop, ancré dans du local bien concret.
Votre remarque m'a fait réfléchir à ce concept d'"éducation populaire". http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ducation_populaire Intéressant, cela vaudrait le coup, si ce n'a été fait, de faire un billet sur cette question. A l'heure où l'on nous fait croire que le rôle de l'éducation nationale c'est essentiellement de nous lancer sur le marché du travail, peut-être que l'importance de former les esprits dans le sens de l'ouverture et de la réflexion et d'une culture universaliste et humaniste va revenir d'une autre façon. Je l'espère.
@Liliane : comme l'ont souligné beaucoup de billets (je ne m'attarderais donc pas sur la question), résumer la démocratie au vote est une pensée à la fois très dangereuse (car elle donne énormément de pouvoir aux élus) et malheureusement très répandue (jusqu'aux discours de G.W. Bush sur l'Irak). Je crois que la démocratie associe le vote à un certain état d'esprit prenant notamment en compte la confiance accordée par les citoyens. Mais, surtout, on semble avoir peu avancé sur le concept de démocratie depuis Athène où le hasard (à la place de l'élection, voir http://bibba.net/wordpress/2006/04/02/la-democratie-stochastique/ ) et le devoir des élus de rendre des comptes étaient omniprésents. . Par ailleurs, sur le même sujet, je suggère à tous les matheux d'aller jeter un oeil au théorème d'Arrow sur les systèmes de vote. Il existe notamment de nombreuses preuves mathématiques que dans le suffrage universel à deux tours utilisé en France, voter pour son candidat préféré peut l'amener à perdre l'élection (voir : http://l1.lamsade.dauphine.fr/~bouyssou/socchoicepp.pdf ). .
L'un des problèmes posés ici est, me semble-t-il, celui de la confiance comme matière première du social (politique et économie inclus), de la construction de cette confiance nécessaire, de son hypertrophie propice aux manipulations, de la critique de cette hypertrophie, de l’hypertrophie de cette critique, qui conduit aux théories du complot, et du brouillard où risque de nous mener la déconstruction de l’ensemble, bien nécessaire aussi pourtant. Je réfléchis à la boussole nécessaire; j’espère le renfort des philosophes. On pourrait prendre pour exemple, afin d’alimenter la réflexion, le cas de l’enseignement de l’Histoire en primaire.
Parler de théorie du complot sans plus de démonstration n’est que délégitimation pour exister ou se rassurer, car pas besoin d’être grand chef publiciste ou directeur de recherche en neuromarketing pour constater des mouvements de masse conditionnée voire hystérie collective comme sa propre prise au piège dans l’actualité. Ce n'est pas la réflexion, bien sûr nécessaire à ce propos, qu'il faut alimenter. quand toutes les alarmes sont passées au rouge mais que l'action est inhibée. Il s'agit alors de créer une force de motivation, le courage de ses opinions permettant avec le passage à l'acte La démocratie républicaine est devenue un leurre, cassée par un système de castes et de privilèges à tous les niveaux . Pas un ne reconnaît ses torts parce qu’un autre en a toujours plus. Les conflits d’intérêts fleurissent car les dénoncer serait risquer de ne pouvoit se couvrir pour ses propres exactions en cours ou à venir. Le conditionnement est tel qu’on fête sa propre liberté avec le retour d’Ingrid Betancourt, l’incarnation du drame international de la prise d’otage alors qu’on est coupable d’indifférence extrême au drame national des otages de la vieillesse.. On parle de scandale quand des lobbies se font épingler pour l’insécurité sanitaire et la maltraitance qu’ils font délibérément régner. Ainsi est camouflée la toxicité d’une industrie chimique qui crée un ‘cheptel’ de malades et qu’on laisse ensuite mourir à petit feu en lui servant bien du comprime à bouffer. On ose crier au respect des droits de l’homme en Chine quand on les ignore à Paris, Les lois sont des gruyères remplis de vides juridiques pour une justice sur laquelle le peuple ne compte plus Une société qui exclut ceux touchés par ses échecs, et plus encore affaiblis par ses crimes et délits, pauvres, plus âgés, handicapés ou malades, n’est que factice Sans lien, sans engagement de moralité, sans égalité et équité, sans humanisme ni fraternité c’est une association de voyous ou de malfaiteurs. Une société peut se re-bâtir à condition que ses différences se conjuguent dans un melting -pot enrichissant où intelligence et expérience se partagent pour la construire humaine et efficace, pas dans l’opposition crasse, doctrinaire et sa violence. Vous parliez de confiance? Pouvons nous la batir ? C'est un devoir de le faire. Alors, Yes, we can.
@A. FC "Vous parliez de confiance? Pouvons nous la batir ? C'est un devoir de le faire. Alors, Yes, we can." Confiance, mais en quoi?
Sans répondre pour A.FC, et en attendant d'avoir le temps de commenter le reste, je dirais que, pour moi, la confiance se mérite, elle doit se prouver tous les jours. Les discours répétant que tous les politiques sont des pourris laisseraient entendre que l'on ne peut faire confiance à personne. Non, il y a des personnes qui sont plus dans la vérité que d'autres. Et qui donc cherchent davantage une vraie efficacité que l'image d'une efficacité. Nous devons nous faire confiance dans notre capacité à distinguer l'information de la publicité, les réflexions pertinentes des slogans rabâchés, les discours auto-promotionnels des propositions constructives. La confiance doit s'accompagner d'une lucidité et d'une remise en question permanente, de soi-même et de l'autre. C'est moins stabilisant, de prime abord, que de faire confiance à l'homme providentiel. Mais sur le long terme, il n'y a que cela qui marche.
"La confiance doit s'accompagner d'une lucidité et d'une remise en question permanente, de soi-même et de l'autre"...Et de tolérance. "C'est moins stabilisant, de prime abord, que de faire confiance à l'homme providentiel. Mais sur le long terme, il n'y a que cela qui marche." Merci de l'avoir écrit pour moi., Liliane.. Il n’y a pas d’homme providentiel, pas plus que de femme, c’est là encore une idée bien conditionnée par l'habitude d'une pensée binaire droite-gauche, gauche-droite, Ségo-Sarko qui évite le réveil de la population et la recherche de solutions adaptées à notre situation et à la situation mondiale. La société est multiple et complexe ? Tant mieux, c’est qu’alors existe un "nous providentiel".. La seule voie pour une société humaine est dans ce ”tous ensemble”, où chacun a sa place. Quelle découverte ! Honorer les différences au lieu d’exclure, s’enrichir de la spécificité des expériences de chacun et les mettre au service d’une volonté commune de vie et de paix. Notre seule richesse est à puiser là, et que là, mais elle est immense, immédiate et source de confiance générée de novo en un processus dynamique. Et le responsable, le chef charismatique s’il est nécessaire, en émergera.
J'ajouterai que nous aurions besoin, en période de crise, de leaders qui sachent transcender nos oppositions et différences au lieu de les attiser.
Liliane Bourdin, merci, ce que vous écrivez ici , j' en suis convaicue depuis que j' ai trouvé mention, sur internet du club de réflexion LE SIECLE. J' avais eu des intuitions, en voyant que certains du PS, et même d' extrème gauche, avaient saboté la campagne de leur candidate, pendant que d' autres, artistes, philosophes... viraient leur cuti et soutenaient le candidat de droite avec virulence. J' ai remarqué qu' ils avaient un point commun ... que je garde pour moi ( peu importe leurs motivations profondes ), ce qui m' a amenée à la biographie d' Anne Sainclair, qui appartenait à ce cercle, qui n' était pas mentionné ailleurs. Et là j' ai retrouvé le nom des politiques, journalistes, syndicalistes, grosses fortunes, qui se moquent finalement des clivages politiques à partir desquels nous croyons faire des choix avec nos bulletins de votes. Des liens nous dirigent vers d' autres clubs d' influence, ou de réflexion, par exemple celui de BILDELBERG, très puissant au niveau international; Rotchild et Rockefeller, sont à la bese de leurs financements. Le problème c' est que l' on se trouve rapidement orientés vers des sites qui semblent excessifs voire ésotériques; les déclarations de Marion Cotillard et de Bigard illustrent ces excès, qui font tourner la page, et je soupçonne qu' eux -aussi fassent partie de la manipulation, car ils nous font tout rejeter d' un bloc ... et le réflexe devient "Oh là là, c' est de la manipulation, j' ai failli me faire avoir, arrêtons tout cela". Je suis partante pour faire partie du réseau que vous souhaitez voir mettre en place. Ceci étant dit, je crois que S Royal ne fait pas partie du " Complot", mais je suppose qu 'elle en a eu vent, et je pense qu 'elle est une des solutions, absolument nécessaire, mais pas suffisante.
Je ne comprends pas le sens de votre message, Josie. Je n'avais pas lu le billet de Liliane Bourdin comme traitant du complot dont vous parlez. D'autre messages aussi parlaient de complot, d'ailleurs, et j'avais commencé à me perdre un peu dans le fil des commentaires..
Il me semblait qu'au départ de la discussion et du billet, il était question de discours pervers. Le discours pervers n'est pas forcément organisé, comme l'expliquait Joha plus haut dans les commentaires. Il sait nous embrouiller en jouant sur ce qui nous manque au plus profond, mais sait-il toujours lui-même comment il y réussit ?.
Je vous remercie beaucoup, josie, pour ces informations. Et je reprends ce que j'avais écris plus haut pour simplifier la discussion et répondre à Fantie: "Je pense que ces cercles restreints fonctionnent suivant le mode de l'initiation, et de la compromission. Petits ou grands services rendus qui font qu'on se tient ensemble. Position de supériorité sur le commun des mortels, acquise par la connaissance des manoeuvres ignorées par le plus grand monde. Mais pas un complot caractérisé, un maillage de personnes qui oeuvrent dans le même sens, reliées par des réseaux différents qui se recoupent. La facilité avec laquelle est invoquée la théorie du complot pour ridiculiser ceux qui évoquent des ententes secrètes (pourtant mises à jour de temps en temps, quand même) fait partie de la propagande. Si ce n'était pas le cas, il n'y aurait aucun commentaire à faire à la recherche d'une éventuelle vérité cachée. La seule solution pour mettre en place un contre-pouvoir, de mon point de vue, c'est de nous relier nous-mêmes, comme cela se fait spontanément sur la toile ou par l'intermédiaire d'un média comme Mediapart. Mais il faudrait penser la façon dont nous nous relions, sortir de l'individualisme pour jouer collectif : nous sommes dans la même galère, autant ramer ensemble dans le bons sens...". En cherchant sur wikipedia, voila ce qu'on trouve : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Si%C3%A8cle http://www.strategies.fr/archives/1365/136504901/management_14_le_pouvoir_a_la_table_du_siecle.html Wikipedia, ce n'est pas la bible et il faut vérifier l'authenticité de ces informations, mais quand même, c'est intéressant. Et pour en finir, avec cette question de la théorie du complot (ce que j'aimerais bien, pour ma part : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=43778) on pourrait admettre, une fois pour toutes, que les dirigeants, et certaines personnes qui ont du pouvoir, même s'il n'est pas sous une forme directe mais sous la forme de l'information qu'ils délivrent, essaient de créer et soutenir des réseaux d'influence qui vont dans le sens qu'ils veulent. Nous serions bien naïfs de croire que ce n'est pas le cas. Entre "Pourquoi des gens qui ont des responsabilités ne se rencontreraient pas ? Où est le mal?" et "Si vous supposez que les dirigeants s'organisent en réseaux d'influence, c'est que vous êtes pour la théorie d'un complot mondial" il y a la vérité, qui est entre les deux. En tout cas, c'est comme cela que je me la représente, cette réalité complexe. Par exemple, en lisant les textes de présentation de l'automobile-club de France, où auraient lieu ces réunions, on peut lire : "Plus largement, les textes fondateurs de l’A.C.F. lui donnent mission de faciliter les rencontres et manifestations propres à l’épanouissement entre ses membres de relations sportives, éducatives, sociales, artistiques, ludiques et culturelles." "Conjointement, a été créée une Société d’Encouragement pour le développement de l’industrie automobile en France, bientôt transformée en Société d’Encouragement de l’A.C.F. et plus spécifiquement en charge de nouer et d’entretenir les meilleures relations avec les acteurs du monde de l’automobile, d’être un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics en France, de défendre la cause de l’automobilisme et d’étudier tous les problèmes qui s’y rattachent, de prendre toute initiative susceptible de concourir à l’amélioration de la circulation, et de la protection de l’environnement, de la sécurité, et de l’agrément des usagers de l’automobile. Véritable « Maison de l’Automobile », l’Automobile Club de France accueille le siège et réunit les principales fédérations, associations historiques, sportives et muséographiques vouées à l’animation de la vie automobile." "Ouvert sur les pôles internationaux dès son origine, l’A.C.F. entretient de par le monde des relations étroites avec de nombreux cercles, clubs et associations." Il n'y a rien de "mal" là-dedans, rien d'un "complot mondial". Moi, les réseaux d'influence, je les vois plutôt comme ça. Réunion de gens qui ont le sentiment de faire partie du même cercle et qui, se rencontrant régulièrement, dans des lieux volontairement pacifiés, arrivent à s'entendre sur des orientations et des décisions qui ont pour but la cohésion globale de leur groupe. Dans le tas, certains ont des buts beaucoup moins avouables que d'autres et une stratégie manipulatrice bien plus efficace, mais le consensus fait que les autres ne le réalisent pas vraiment (ils auraient trop honte) et ont, de plus, souvent des bénéfices à accepter la règle du jeu. Les difficultés à l'entrée de ces cercles ( cooptation par plusieurs membres, période d'essai, voire épreuves initiatiques dans la franc-maçonnerie), ont pour effet, outre un tri évident, de surévaluer la valeur de l'intronisation, et de considérer comme "autres" ceux qui ne sont pas initiés, ce qui permet une déculpabilisation plus aisée de leur instrumentalisation, ainsi qu'une neutralisation interne de la contestation.
Merci de cette analyse. Cette question me taraude également depuis longtemps. Je risque une hypothèse; le changement, en France, est quasi impossible sans passer par la case "table rase". Les seules évolutions réellement importantes ont eu lieu soit après 1789, soit après 68. Il me semble que nous avons élu NS pour cela; tout casser, tout démolir, en écrasant les lourdeurs syndicales ou lobbyistes. Alors seulement, les citoyens reprendront la parole. Durement.
Tout-à-fait d'accord pour distinguer "Théorie" du Grand Complot et analyse lucide des réseaux d'influence, ou des petites manipulations. . à Josie . Attention à la recherche des points communs, c'est un terrain très très glissant (propice aux dérapages).
A propos de la discussion sur les réseaux d'influence : celle-ci se prolonge sur le blog de Corinne N: http://www.mediapart.fr/club/blog/corinne-n/101108/le-parti-socialiste-infiltre-par-le-siecle-come4news-info-ou-intox Où l'on peut trouver d'autres liens concernant ces réseaux et où nous attendons d'autres contributeurs informés !
Il serait également intéressant d'analyser tous les mécanismes de déstructuration des mouvements collectifs, associatifs ou des collectifs ou groupement qui se créent spontanément pour venir en aide... , de toutes ces stratégies pour créer sciemment du découragement de la lassitude, ou bien pire de la peur. Du recours systématique au pénal du sommet de l'état au moindre ministère ou organisme, entreprise privée liés à l’Etat, comme pour la société Taser récemment dans l'actualité (mais ce n'est pas la seule). En Ile et Vilaine, par exemple pour la première fois dans l'histoire de la République, le collectif de soutien aux sans-papiers est poursuivi pour injures publiques envers la police aux frontières et diffamation, pour avoir dénoncé les méthodes de la PAF, en s'appuyant sur des exemples réels. C'est une véritable stratégie de la peur et du renoncement qui est mis en place puisque seule deux personnes du collectif se sont trouvées poursuivies, les autres membres se sont courageusement portés solidaires, le procès aura lieu le 18 décembre à Rennes. Extrait de l'Humanité (sept 2 008) Communiqué : C’est une première en France. Jamais encore la justice n’avait poursuivi des militants d’un collectif de soutien aux personnes sans papiers. À Rennes, un homme d’une cinquantaine d’années, sans emploi, et une femme du même âge, retraitée de l’Éducation nationale, devront comparaître devant le tribunal correctionnel, le 19 septembre. Les magistrats ont retenu deux chefs de prévention : injures publiques envers la police aux frontières et diffamation. Les écrits incriminés concernent trois tracts et deux affiches dans lesquels les militants du collectif qualifiaient les policiers de « bras armés de la xénophobie d’État ». Les quelques lignes, dignes d’une farce de potache ironique, parlaient aussi de « police au faciès ». C’en était trop pour le ministère de l’Intérieur, qui a déposé plainte auprès du parquet de Rennes. « La prime au mérite… » Les militants ne comprennent pas « pourquoi seulement deux personnes doivent rendre des comptes à la justice, alors que les actions ont été pensées et réalisées par tous ». Le collectif ne désarme pas pour autant et appelle à la mobilisation. « Les formes de notre liberté d’expression et d’opinion contre les politiques d’immigration sont le principal objet des poursuites », peut-on lire dans un tract, diffusé hier. Il serait également intéressant d'analyser tous les mécanismes de déstructuration des mouvements collectifs, associatifs ou des collectifs ou groupement qui se créent spontanément pour venir en aide... , de toutes ces stratégies pour créer sciemment du découragement de la lassitude, ou bien pire de la peur. Du recours cinématique au pénal du sommet de l'état au moindre ministère ou organisme, entreprise privée liés à l’état, comme pour la société Taser récemment dans l'actualité (mais ce n'est pas la seule). En Ile et Vilaine, par exemple pour la première fois dans l'histoire de la République, le collectif de soutien aux sans-papiers est poursuivi pour injures publiques envers la police aux frontières et diffamation, pour avoir dénoncé les méthodes de la PAF, en s'appuyant sur des exemples réels. C'est une véritable stratégie de la peur et du renoncement qui est mis en place puisque seule deux personnes du collectif se sont trouvées poursuivies, les autres membres se sont courageusement portés solidaires. Extrait de l'Humanité (sept 2008) Communiqué : C’est une première en France. Jamais encore la justice n’avait poursuivi des militants d’un collectif de soutien aux personnes sans papiers. À Rennes, un homme d’une cinquantaine d’années, sans emploi, et une femme du même âge, retraitée de l’Éducation nationale, devront comparaître devant le tribunal correctionnel, le 19 septembre. Les magistrats ont retenu deux chefs de prévention : injures publiques envers la police aux frontières et diffamation. Les écrits incriminés concernent trois tracts et deux affiches dans lesquels les militants du collectif qualifiaient les policiers de « bras armés de la xénophobie d’État ». Les quelques lignes, dignes d’une farce de potache ironique, parlaient aussi de « police au faciès ». C’en était trop pour le ministère de l’Intérieur, qui a déposé plainte auprès du parquet de Rennes. « La prime au mérite… » Les militants ne comprennent pas « pourquoi seulement deux personnes doivent rendre des comptes à la justice, alors que les actions ont été pensées et réalisées par tous ». Le collectif ne désarme pas pour autant et appelle à la mobilisation. « Les formes de notre liberté d’expression et d’opinion contre les politiques d’immigration sont le principal objet des poursuites », peut-on lire dans un tract, diffusé hier. Alliance, un syndicat de policiers classé pro Sarkozy, approuve la procédure retenue à l’encontre des deux militants. « Il y a des limites à ne pas dépasser, juge un responsable. On se trompe de cible. Les policiers ne font que leur travail. » Unsa-Police, majoritaire et proche de la gauche, n’est pas tout à fait d’accord : « Nous soutenons les collègues, mais la prime au mérite et la pression de la hiérarchie poussent à faire du chiffre. » Il semble maintenant que l’on soit passé, comme le montre Rue89 ... http://www.rue89.com/2008/11/09/education-220-000-euros-par-an-pour-surveiller-lopinion ... au stade supérieur, sous couvert d’opinion publique, comme dans l’Education Nationale où on présente comme une vaste enquête, ce qui ne semble de fait, qu’une opération pour identifier des “meneurs” : “les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau “ (dans la droite ligne des différents fichiers Edwige, base-élèves ?)
Pardon, mais il semble que mon message est été en partie copié deux fois (les joies du copier-coller ! ou simple erreur du serveur ) décourageant peut-être la lecture de la seconde partie.. que je poste à nouveau ... Il semble maintenant que l’on soit passé, comme le démontre Rue89... http://www.rue89.com/2008/11/09/education-220-000-euros-par-an-pour-surveiller-lopinion ... au stade supérieur, sous couvert d’opinion publique, comme dans l’Education Nationale où on présente comme une vaste enquête, ce qui ne semble de fait, qu’une opération pour identifier des “meneurs” : “les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau “ (dans la droite ligne des différents fichiers Edwige, base-élèves…)