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La dette des États

Abandon de la dette des États?

 

Comment la dette publique s'est-elle creusée ?

 

Nous voyons bien que ce problème de la dette des Etats empoisonne l'Europe, et qu'aujourd'hui nombre de pays sont au bord de l'implosion ou menacés de l'être : Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, ou Italie pour ne parler que de ceux sous le feu de la rampe. Cela provoque des mouvements sociaux dont on ne parle peut-être pas assez, et qui commencent à apparaître en France, qui est sur la liste des pays risquant de se retrouver en banqueroute.
Jusqu'en 1973, notre pays, ainsi que d'autres en Europe, a connu une période de développement sans précédent, appelée les "trente glorieuses". Les Etats avaient alors la possibilité de gérer leurs budgets de façon autonome, en demandant à sa banque centrale de le financer, en battant monnaie, lorsque cela devenait nécessaire.
C'est à ce moment que le président Pompidou a proposé...et obtenu...que les pays européens ne puissent plus se financer qu'en empruntant aux banques privées.

http://www.notre-ecole.net/la-loi-pompidou-giscard-du-3-janvier-1973/En effet, "c’est à Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre des finances, que nous devons la loi du 3 janvier 1973 dont l’article 25 précisait "Le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France", interdisant donc le financement direct de l’État par la Banque de France. Cette loi a été confirmée par l’article 104 du Traité de Maastricht - devenu 123 du Traité de Lisbonne. Cette interdiction, n’est, dans aucune autre zone monétaire, gravée ainsi dans le marbre d’un Traité. En clair les pays de la zone euro sont obligés d’emprunter sur les marchés financiers, en payant des intérêts, les besoins monétaires qu’elle ne peut couvrir par des recettes budgétaires. Pourtant, des pays tels les USA, la Grande Bretagne ou le Japon, n’hésitent pas à se servir de la possibilité de monétisation directe par leur Banque Centrale lorsque les besoins de leur économie le nécessitent. Chez nous, les banques peuvent emprunter à 1% à la BCE et prêter aux États à 3, 5 ou 7% et parfois plus.(André-Jacques Holbecq).


Cest précisément à partir de cette décision que tout a basculé. Puisque des intérêts beaucoup plus importants sont venus s'ajouter à la dette elle-même, les états n'ont plus été en mesure de rembourser la totalité de ces sommes dans un délai qui aurait permis d'éviter que d'autres intérêts ne viennent s'ajouter aux premiers aggravant encore la situation, et ceci dans un cercle infernal généré par ce que l'on appelle les intérêts composés. D'autre emprunts devant être souscrits pour rembourser ces intérêts devenus gigantesques, le processus d'endettement ne pouvait que se renforcer.
Pour prendre l'exemple de la France, en s'en tenant à fin 2009 (la dette a cfontinué à enfler depuis) : "L’augmentation annuelle de cette dette publique de 1980 à fin 2009 correspond, bon an mal an, aux intérêts de la dette, dans un effet boule de neige. En euros constants la dette est passée de 239 milliards d’euros (21% du PIB) fin 1979 à 1489 milliards d’euros (78% du PIB) fin 2009, soit une augmentation de 1250 milliards d’euros. Sur la même période, nous avons payé environ 1340 milliards d’euros d’intérêts aux différents prêteurs privés (banques et établissements de crédits, fonds de pension, assurances-vie…)." (André-Jacques Holbecq).
On a tenté de nous faire croire que ce basculement d'états prospères vers des états endettés était le résultat de la « crise » pétrolière de 1974 qui n'était rien d'autre qu'un rééquilibrage, demandé par les pays producteurs de pétrole. Demande pourtant bien légitime puisque jusqu'alors nous avions pu bénéficier de cette source d'énergie à un prix dérisoire.
Mais il fallait bien trouver des boucs émissaires pour masquer les résultats désastreux d'une décision prise en faveur des banquiers et demandée par un ami de ces même banquiers. Ces banques qui ont provoqué la crise financière de 2007, et qui ont été secourues par les Etats qui ont emprunté en accroissant donc leur endettement. La boucle est bouclée.
Et les plans de rigueur s'enchaînent, conduisant à des privatisations et au démantelement des services publics.
De plus on essaie aujourd'hui de rendre les citoyens responsables de l'accroissement des déficits publics en les stigmatisant d'autant plus qu'ils sont dans une situation difficile, comme par exemple les bénéficiaires du RSA.
La récente crise a mis en évidence le manque de scrupules du monde financier qui même au plus fort de la tourmente, a continué de spéculer sur la misère du monde, et notamment sur les matières premières alimentaires accroissant par ces agissements criminels, le nombre de victimes de la faim puisque les pays les plus pauvres se sont ainsi vus privés du minimum nécessaire à leur survie.
Pour ces pays les plus pauvres tellement malmenés, demandons réparation par l'abandon de la dette, qu'elle soit vis a vis des banques ou vis à vis d'autres états.
Oui aujourd'hui nous devons dire non à tant d'injustice puisque c'est à nous citoyens du monde, que l'on demande de payer le prix des erreurs commises par d'autres.

Les banques privées doivent renoncer à ces dettes qui leur auront permis de bien vivre pendant tout ce temps, mais maintenant, il faut que cela cesse sous peine de voir nos pays tomber comme des châteaux de cartes, cartes pipées depuis le début qui ne nous laissaient aucune chance d'échapper à leurs griffes.

http://www.notre-ecole.net/la-loi-pompidou-giscard-du-3-janvier-1973/

 

Tous les commentaires

16/06/2011, 09:40 | Par AA Bradley

Enfin une analyse de la situation qui a quelque chose à voir avec la réalité ! Bravo !

Hélas, son principal défaut est qu'elle est trop simple (simpliste !), trop évidente, trop vulgaire au goût de nos intellos qui préfèrent les plats raffinés et les salades à la sauce libérale qu'on leur sert chaque jour, aux ragoûts des gens du peuple.

Notre table n'est pas à la hauteur de leur rang et c'est pourtant chez-nous qu'on mange "vrai".

16/06/2011, 12:29 | Par lilichris en réponse au commentaire de AA Bradley le 16/06/2011 à 09:40

Voir réponse en post commentaire ;-)

16/06/2011, 14:15 | Par Annie Lasorne en réponse au commentaire de AA Bradley le 16/06/2011 à 09:40

@Adrien Labeyrade

+1

16/06/2011, 10:17 | Par utopart

A partir d'un certain niveau, c'est celui qui doit de l'argent qui a le pouvoir sur celui qui le lui a prêté.

C'est par cupidité que nos bailleurs de fonds ont été bien au delà de la limite qui les rend vulnérables parce qu'ils sont soumis au bon vouloir des débiteurs.

Tant qu'ils ont créé de la monnaie pour en tirer des intérêts à une multitude d'emprunteurs leur système était relativement solide. En voulant jouer avec les états ils ont pris des risques considérables dont ils ont touché par avance les dividendes.

Ils savent cela très bien et tentent d'éviter la catastrophe en nous prédisant l'apocalypse, mais c'est la leur qu'ils veulent éviter. Pour cela ils menacent et continuent à imposer un pouvoir qu'ils n'ont plus.

Par contre, ils ont besoin des politiques de chaque pays, de l'Europe et des technocrates des organisations mondiales pour convaincre les peuples.

Mais, financièrement ce sont les peuples qui détiennent le pouvoir, et ils commencent à en prendre conscience.

16/06/2011, 11:52 | Par lilichris

Merci Adrien, Melchior et Utopart d'avoir compris que mes propos ne se veulent pas ceux d'une spécialiste en économie (que je ne suis pas) mais simplement ceux d'une citoyenne qui essaie de comprendre pourquoi et comment nous nous sommes retrouvés dans cette situation.

Si le raisonnement est simple, voire simpliste, il permet d'être compris par tous ceux qui comme moi ont envie d'agir pour que cela cesse, et dans ce but, il n'est pas nécessaire et je dirais même qu'il serait contadictoire de faire partie de ce monde où on cherche à embrouiller le propos de telle sorte que nous n'y comprenions plus rien... ce qu'ils assez bien réussi pendant trop longtemps !

Alors oui, allons à l'essentiel, ce n'est qu'ainsi que nous pourrons avancer vers un peu plus...d'humanité...si j'ose le mot...

16/06/2011, 13:37 | Par christian paultre

Aussi loin qu'on regarde l'histoire il a toujours fallu combattre l'usure et ses abus.

Aujourd'hui rien de nouveau sous cet angle

Sauf que le pouvoir financier n'a jamais été aussi scandaleusement fort.

Le problème de fond n'est pas de supprimer la fonction financiière mais de l'encadrer. Quantité de solutions existent mais les démocraties occidentales sont achetées par le pouvoir financier ce qui rend beaucoup plus difficile les actions appuyées sur la démocratie.

16/06/2011, 14:39 | Par lilichris

Compte tenu de la situation de certains pays comme la Grèce, le plus urgent serait peut-être de demander un moratoire sur toutes ces dettes, le temps de toutes les examiner pour en déterminer la légitimité selon que le nominal plus les intérêts premier aient déjà été remboursés...ou non...et dans le cas ou cette limite serait dépassée, demander l'abandon pur et simple de cette dette....(?????) sauf à ce que le vent révolutionnaire qui souffle en ce moment dans de nombreux pays, n'aboutisse car là, les solutions seraient sans doute bien différentes et probablement beaucoup plus brutales...

16/06/2011, 14:42 | Par lilichris

16/06/2011, 15:23 | Par [email protected]

L'idée d'un moratoire est à retenir, reste à savoir comment faire accepter ce moratoire. C'est tout le problème pour Papandréou, qui marche sur une ligne de crête entre deux précipices. Il n'y a probablement pas de bonne solution. Reste à déterminer quelle est la moins mauvaise.

16/06/2011, 15:42 | Par lilichris

Exact Melchior !!!

Cependant, en ce moment les indignés sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les banques pour leur dire qu'ils ne paieront pas LEUR crise...ce qui serait un comble après tous les excès dont ils se rendent coupables et qui sont clairement apparus depuis quelques années...

Le doute n'est en effet plus possible, cette crise est la leur et seulement la leur !!!

Pour ma part, je fais partie des indignés de Lille et je serai avec ceux de Paris le 25 juin. Malgré les harcèlement policiers quasi constants, ce mouvement tient bon et même se développe car il est basé sur une revendication parfaitement légitimes, le refus de continuer d'être de simples jouets dans les mains du monde de la finance...

17/06/2011, 09:26 | Par AA Bradley

Au lendemain de la Révolution française (celle de 1789), la France était le seul pays démocratique au milieu de toutes les monarchies d'Europe. Cela n'a pas empêché la France de tirer son épingle du jeu et la démocratie de se répandre au reste du continent et jusqu'en Amérique, tant du nord que du sud.

Avec bien des aléas et bien des avatars malheureux, comme tout ce qui vieillit, la démocratie a tout simplement pris un sacré coup de vieux. Elle a besoin d'être rénovée et régénérée. Où est le problème ? Nulle part. C'est le système politique en place qui s'évertue à nous faire croire que c'est impossible. Après l'avoir bien maltraitée tout au long de ses de ses deux cent vingt ans d'existence (un peu moins si on retire les périodes troublées des années Pétain), il nous la laisse pour pratiquement morte, ce pouvoir sarkozyste qui nous a imposé le TCE malgré l'avis contraire du peuple.

Donc, je propose une remise à plat de l'ensemble des textes et des dispositifs qui encadrent et permettent l'expression démocratique dans notre pays et l'instauration d'un nouveau système économique associé à une refonte complète de notre protection sociale.

Yapluka.

17/06/2011, 09:33 | Par AA Bradley

De Frédéric LORDON sur la démondialisation. Extrait portant sur la manière de procéder au niveau national.

.../ Comme y tombent également, d’un autre côté, toutes les modifications des structures de la finance telles qu’entre autres elles soutiennent actuellement le pouvoir actionnarial. Car à moins de poursuivre la chimère de la re-régulation mondiale, que sa magnifique ambition rend au moins certaine de ne jamais aboutir, il faudra bien envisager une re-régulation simplement régionale… qui n’ira pas sans dispositifs de protection adéquats, d’une part pour désamorcer toutes les stratégies d’arbitrage réglementaire et d’autre part pour protéger l’intérieur de la « zone financière régulée » de toutes les instabilités venues d’un extérieur demeuré dérégulé – et cela également s’appelle démondialiser. Ce n’est donc pas la nationalité des opérateurs qui est en jeu – car il est bien vrai que les investisseurs institutionnels français ne sont pas moins rapaces et violents que les autres ! C’est la possibilité de constituer une enclave de vie économique pacifiée sans avoir à attendre la grande convergence mondiale. Mais cette possibilité-là n’est que l’autre nom de la rupture avec la mondialisation. /...

F. LORDON - La pompe à phynance du 13/06/2011

Le lien à cet article :

http://blog.mondediplo.net/2011-06-13-Qui-a-peur-de-la-demondialisation

18/06/2011, 17:46 | Par lilichris

Merci à tous pour vos commentaires ;-)

Monsieur Lordon est sans nul doute un économiste éclairé... Un petit bémol cependant, lorsqu'il parle de " la chimère de la re-régulation mondiale", peut-être n'a-t-il pas eu l'occasion de se rendre compte de ce qui se passe dans le monde entier.....et qui pourrait bien faire bouger les choses plus vite et dans des proportions plus grandes qu'on ne le pense communément... mais il est vrai que la non-plus les médias ne nous rendent pas compte de ce qui se passe en réalité........(voir le lien ci-dessous)

https://www.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DRlf7n1mmOSw%26feature%3Dshare&h=97293

D'autre part quand on voit ce qui se passe en Grèce et comme il semble qu'il y ait urgence à réagir, j'ai créé ce matin un évènement Facebook qui est destiné à attirer l'attention du grand public sur le fait que l'on veut nous faire payer par des plans d'austérité inacceptables, des dettes qui ne sont en rien les nôtres. D'autant plus inacceptables qu'ils vont à nouveau pénaliser les plus faibles puisque c'est en priorité et comme toujours, sur les mesures sociales que l'on va rogner et nous savons bien que s'il existe une catégorie de la population qui n'a pas tiré les fruits de ce système, c'est bien celle là !!!

Or donc, le 25 juin prochain, après la manisfestation destinée à dénoncer (entre autre) le silence des médias sur la situation sociale réelle des pays, nous avons prévu un grand rassemblement sur le Champ de Mars pour demander l'abandon de la dette que nous considérons comme illégitime.

Que ceux qui adhèrent à ces idées nous rejoignent, nous ne serons jamais assez nombreux pour dénoncer tant d'injustice.

Je précise que je n'adhère à aucun parti, ni à aucun syndicat, que ma parole libre; elle est seulement celle d'une citoyenne qui se veut responsable ainsi que celle d'une mère inquiète pour l'avenir de ses enfants et petits enfants.

A bientôt de vous lire, avec grand plaisir...

 

https://www.facebook.com/event.php?eid=207754195931270

https://www.facebook.com/event.php?eid=222966067728745

 

30/06/2011, 07:17 | Par jean-marc gavanon

Proposition politique pour le cas français : lien vers la loi d'airain fiscale.

29/06/2011, 21:13 | Par lilichris

désolée Jean-Marc, le lien ne fonctionne pas ;-(

 

30/06/2011, 07:19 | Par jean-marc gavanon en réponse au commentaire de lilichris le 29/06/2011 à 21:13

Cela devrait désormais fonctionner. Mes excuses.

Lien

02/07/2011, 09:14 | Par lilichris

Merci Jean-Marc

Très intéréssant en effet puisque cela permettrait d'intaurer une meilleure répartition des richesses qui manque tant au système d'aujourd'hui.

Mais au prélable, ne serait-il pas nécessaire d'assainir la situation actuelle en renonçant à rembourser les intérêts cumulés pendant toutes ces années et qui placerait la barre très haut pour les revenus les plus importants...

D'autre part, si ce système n'était instauré que dans un ou quelques pays, le risque de fuite à l'étranger des grosses fortunes ne serait-il pas important ???

Sauf à ce que cette règle ne devienne universelle.............

 

02/07/2011, 21:56 | Par jean-marc gavanon en réponse au commentaire de lilichris le 02/07/2011 à 09:14

Si. Le risque est important. C'est pour cela qu'il ne faut pas taxer "les grosses fortunes" mais plutôt "les gros revenus". Parce que les revenus sont beaucoup plus difficilement délocalisables que les fortunes...

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