Mer.
26
Nov

MEDIAPART

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ZE REDAC soutient les enquêtes de Médiapart

"Il y a comme un petit problème démocratique et journalistique dans ce pays. Impossible ou presque depuis le début de la campagne de poser les questions qui fâchent à Nicolas Sarkozy.

Pour avoir attaqué bille en tête lundi soir sur le financement supposé de sa campagne de 2007 par le Colonel Kadhafi, Laurence Ferrari s’est non seulement fait balancer dans les cordes en direct. Au point d’éteindre toute velléité sur le plateau de la part des autres journalistes, Mais, hors antenne, s’est ensuite fait vertement apostropher par son PDG ....

Au delà de la plaisanterie, le TERRORISME de Nicolas Sarkozy fonctionne à plein.

Pourtant l’affaire Bettencourt / Woerth et le financement de la campagne du candidat Sarkozy en 2007, ont occupé les médias pendant des mois, en 2010. Des km² d’encre, des tonnes de papiers sur les liaisons incestueuses entre certains milliardaires, l’UMP et Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, alors que le président est redevenu simple candidat et qu’on souhaiterait l’entendre enfin sur ces questions majeures, personne ne s’aventure à aller jusqu’au bout de la question. Oui ou non, votre campagne a-t-elle été financée par Liliane Bettencourt, comme l’affirmait un témoin avant de se rétracter. Oui ou non Éric Woerth était-il chargé d’aller chercher les malettes ? C’est assez simple d’autant que la défense esquissée lundi soir sur TF1 par Nicolas Sarkozy ressemble à une passoire. À ces débuts de questions, il oppose la fin de règne mitterrandienne, les écoutes de Jean-Edern Hallier et le Rainbow Warrior. Quel rapport avec la choucroute ? Aucun mais c’est bien l’art de Sarkozy : noyer le poisson et vitrifier si violemment les journalistes que plus personne n’ose moufter.

Rien non plus sur l’affaire Takkiedine, marchand d’armes et milliardaire de son état, que Jean-François Copé appelle par son petit nom “Ziad” et avec lequel il a doré au bord des piscines en bermuda. A-t-il eu droit à une petite ristourne fiscale ? Fait-il partie des généreux donateurs de l’UMP ? Que pense Nicolas Sarkozy de ces liaisons dangereuses entre l’ancien secrétaire d’Etat au Budget et patron du parti présidentiel et notre milliardaire franco-libanais ?

Pas plus que nous ne saurons probablement jamais ce que Nicolas Sarkozy pense du Mediator et de Jacques Servier, patron du deuxième laboratoire français, dont il fut l’avocat d’affaires dès 1983 et qu’il décora de la légion d’honneur en 2009. Non pas qu’il soit comptable des 500 à 1000 morts liés au Mediator mais tout de même, on aurait aimé l’entendre s’expliquer sur ses liens.

Inutile non plus de rêver à une réponse sur l’affaire Karachi, évacuée en deux coups de cuillères à pot sur TF1, sans l’ombre d’une relance. On aurait aimé l’entendre évoquer son ex-collaborateur, Thierry Gaubert, mis en examen dans ce dossier, après les déclarations de son épouse, Hélène de Yougoslavie, affirmant qu’il allait chercher, avec Takkiedine (tiens le revoilà) des valises de billets en Suisse pour les remettre à Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet d’Edouard Balladur. Gaubert qui avait eu l’honneur, on s’en souvient de recevoir en garde à vue un appel du ministre de l’intérieur de l’époque, Bruce Hortefeux. Gaubert également mis en examen pour abus de bien sociaux et escroquerie dans l’utilisation des fonds du 1% logement des Hauts-de-Seine .

Tant de connexions et de proximité entre ces protagonistes et le chef de l’Etat aurait mérité question, nous semble-t-il.

Lorsqu’elles affleurent, Sarkozy riposte “je n’ai jamais été condamné“. Et pour cause. L’immunité de la fonction par définition freine toutes les enquêtes. Par ailleurs, personne n’accuse. Nous aurions simplement aimé en savoir plus sur Woerth, Bettencourt et surtout l’attentat de Karachi, qui a tué 15 personnes, dont 11 Français.

Mediapart s’échine à enquêter. Aussi brillamment d’ailleurs que dans l’affaire Woerth / Bettencourt. Mettez nous Plenel sur un plateau face au chef de l’Etat, voilà qui ferait du bien à la démocratie !

Nous pourrions également dresser la liste des reniements qui passent comme une lettre à la poste, tant les journalistes zappent au cours des interviews.

Personne pour lui rappeler le naufrage de son Grenelle de l’Environnement, son reniement sur le bouclier fiscal qui fut l’alpha et l’oméga de sa politique fiscale, son échec en matière de sécurité. Il s’en occupe depuis 10 ans . Combien de lois ? Et quels résultats tangibles hormis l’omniprésence policière ? Peu. Cette question ne lui est jamais posée.

Pas plus que ne lui est posée la question du logementje ferai la France des propriétaires” . Comme si tout glissait, comme si la presse était frappée d’amnésie et ne restait que la trame de l’histoire qu’il veut nous raconter, ce storytelling qu’il nous impose comme de l’huile de foi de morue. Overdose.

Heureusement que son image est si abîmée et que sa campagne est si médiocre, sans ressorts nouveaux, sans direction réelle. Car si nous avions un Sarkozy un peu plus en forme, le risque serait grand qu’il parvienne à nouveau à nous abuser. Comme il nous a abusés en 2007."

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