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La non-violence et la paix sont-elles encore d'actualité ?

Gandhi appartient à notre avenirpar Jean-Marie Muller

 

 

Le 30 janvier 1948, vers cinq heures de l'après-midi, dans le jardin de la demeure où il réside à New Delhi, Gandhi se rend au lieu de la prière, un homme s'incline alors devant lui comme en signe de respect et tire sur lui trois balles de revolver. Gandhi s'affaisse et meurt aussitôt. Soixante ans après sa mort, quelle image les Occidentaux perçoivent-il de celui qui conduisit son peuple à l’indépendance ? Quelle idée se font-ils de la non-violence pour laquelle il vécut et mourut ? (…) C'est en 1920 que Gandhi traduit en anglais le mot sanscrit ahimsa par ‘non-violence’. Celui-ci est employé dans les textes de la littérature hindouiste, jaïniste et bouddhiste. Il est formé du préfixe négatif a et du substantif himsa qui signifie le désir de nuire, de faire violence à un être vivant. L'ahimsa est donc la reconnaissance, l’apprivoisement, la maîtrise et le renoncement au désir de violence qui est en l'homme et qui le conduit à vouloir écarter, exclure, éliminer, meurtrir l'autre homme. Lorsqu'il tente de définir la non-violence, Gandhi énonce d'abord cette proposition toute négative : "La non-violence parfaite est l'absence totale de mal-veillance à l'encontre de tout ce qui vit". Ce n'est qu'ensuite qu'il affirme : "Sous sa forme active, la non-violence s'exprime par la bien-veillance à l'égard de tout ce qui vit". Pour Gandhi, la non-violence n'est pas seulement, elle n'est pas d'abord une méthode d'action, elle est une attitude, c'est-à-dire un regard, un regard de bonté envers l'autre homme, surtout envers l'homme autre, l'inconnu, l'étranger, l'intrus, l'importun, l'ennemi, un regard aussi de compassion envers l’homme opprimé, celui qui subit l’injustice, l’humiliation, l’outrage. La non-violence est, selon Gandhi, le principe même de la recherche de la vérité. (…) La recherche de la vérité sur le chemin de la non-violence exige de mettre en œuvre des moyens d'action qui soient en cohérence avec la fin poursuivie. Dans les conflits sociaux et politiques, la vérité doit se traduire par l'action. La force de la vérité est alors la force de l'action vraie, c’est à-dire de l’action juste. L’apport décisif de Gandhi est de nous délivrer du choix bipolaire, imposé par l’idéologie dominante, où nous n’aurions le choix qu’entre la lâcheté et la violence. (…). Gandhi nous ouvre une troisième possibilité (…) Il ne nous conseille pas de choisir la violence pour ne pas être lâche. Il nous conseille de choisir la non-violence pour n’être ni violent ni lâche. (…) Ce qui menace la paix, partout dans le monde et dans chacune de nos sociétés, ce sont les idéologies fondées sur la discrimination et l'exclusion - qu'il s'agisse du nationalisme, du racisme, de la xénophobie, de l'intégrisme religieux ou de toute doctrine économique fondée sur la seule recherche du profit - et qui toutes ont partie liée avec l'idéologie de la violence. Ce qui menace la paix, en définitive, ce ne sont pas les conflits, mais l'idéologie qui fait croire aux hommes que la violence est le seul moyen de résoudre les conflits. Cette idéologie enseigne le mépris de l'autre, la haine de l'ennemi, elle arme les sentiments, les désirs, les intelligences et les bras. Elle instrumentalise l'homme en faisant de lui un meurtrier à la conscience tranquille. C'est donc elle qu'il faut combattre en premier lieu. (…) Vous trouverez sur le site du MAN (…) l’intégralité du texte que Jean-Marie MULLER écrit en hommage à Gandhi, au 60ième anniversaire de sa mort.http://www.nonviolence.fr/IMG/pdf/man_infos_129.pdf

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