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Accusé d’être né dans le Rif (2/4)

J'ouvris bien mes yeux et les posai avec crainte sur cet homme qui avait l'air terrifié. Je l'observai avec une inquiétude pleine d'irritation. Je le redoutais de nouveau. Il m'épouvantait. A son tour il me regarda de côté d'un œil surpris et malicieux. Nos regards se croisèrent. Je détournai mes yeux pour éviter de le faire paniquer. Au fond de moi-même, mes sentiments en vers lui étaient partagés entre la pitié et la rancune.

J'eus soudain peur que les flics allaient utiliser à leur profit ses faiblesses pour pousser plus loin dans leur enquête sur moi. Je tremblai surtout à l'idée qu'il allait leur parler de l'organisation VRM. Je craignais qu'il allait de nouveau m'enfoncer.

 

 

A son habitude Touha n'avait pas froid aux yeux. Sans hésitation, Il s'était mis à parler dès qu'on lui donna le feu vert. Il n'arrêtait pas de s'agiter sur sa chaise. Il raconta, d'un air confondu, que j'étais effectivement « frontiste » depuis de longues années, que je l'avais soutenu avec d'autres camarades rifains pour qu'il devienne membre de la corporation de la faculté de droit de Rabat dirigée par les « frontistes » dont le président n'était autre qu'un certain Dilami (1) et que lui-même n'avait jamais été marxiste.

Touha n'allait pas s'arrêter là si le Chef ne l'avait stoppé pour lui demander de sortir un instant. Il acquiesça, surpris. Il aurait aimé continuer à parler comme toujours ?

 

 

En sortant il me jeta un coup d'œil de fausse complicité, une complicité qui d'ailleurs n'avait jamais existé entre nous deux !

Un sentiment de haine m'avait envahi à l'encontre de celui qui ne m'avait jamais inspiré confiance. Celui par qui le mal m'avait touché. Je maudis le jour où je l'avais connu. Depuis toujours et sans comprendre pourquoi, rien que par sa présence, cet homme provoquait en moi un malaise rehaussé d'effroi. Là, il venait, encore une fois, de me jouer un sale tour.

 

 

Il venait de m'apporter à nouveau un coup dur en semant le doute dans mon plan de défense. Mais j'étais soulagé qu'il s'était limité dans ses déclarations à ce niveau là. J'avais peur aussi qu'il allait à nouveau reparler des armes et des attentats comme il l'avait fait il y a encore quelques jours à son arrestation dés qu'on avait commencé à le torturer. Il avait donné des noms dont le mien et avait inventé des histoires fantaisistes genre fabrication d'explosifs et attaques à main armée.

 

Je venais de considérer que cette première épreuve de confrontation ne m'avait pas tellement malmené et que je pouvais la surmonter. Je me sentais relativement libéré.

 

Le Chef se tourna de nouveau vers moi et me fixa froidement avec son regard accusateur

-Comment ça va ? me demanda-t-il

-Bien, bien, lui répondis-je, en sursautant sur ma chaise.

- J'aimerais bien savoir quel rôle tu jouais au sein des étudiants rifains ? Quels étaient vos objectifs réels ? Vos plans ? Ça ne sert à rien de perdre du temps, vas y directement au vif du sujet, nous sommes impatients d'entendre ce que tu as à dire par rapport aux déclarations de ton ami, si tu veux t'expliquer, on t'écoute.

 

 

La panique de nouveau me submergea. Je n'avais pas beaucoup de choix, je savais que j'allais parler de toutes les façons. Mon seul souci était d'éviter d'être piégé et amené à parler d'une façon ou d'une autre de l'organisation Ilal amam et surtout de VRM avec toutes les conséquences que j'imaginais. Mais je me disais qu'au pire des cas les seuls faits réels qu'on pouvait me reprocher ne constituaient pas des délits majeurs. Certes j'avais participé à des manifestations, distribué des tracts et peint sur les murs des slogans « subversifs ». Mais ça s'arrêtait là. Le reste de mes activités se passait dans le cadre syndical légal.

 

 

J'avais pris quelques secondes, pour réfléchir un peu, pour préparer ma riposte. Ma tactique consistait alors à rester dans les généralités tant que la police ne disposait d'aucune preuve formelle contre moi, en dehors des déclarations de Touha. Je cherchais à tout prix à éviter de citer des noms : je voulais éviter de faire courir des risques à d'autres camarades.

Je devais donc choisir mes mots avec soin pour éviter la confusion. J'inspirais profondément pour m'apaiser et repousser ma peur, vaincre mon trac. D'un rythme haletant, le cœur palpitant et d'une voix qui tremblait un peu j'avais parlé pendant plus d'un quart d'heure sans être interrompu. Je cherchais à contrôler et mes déclarations et mes émotions. Pour ne pas me déconcentrer je parlais à haute voix et lentement. Je regardais vers le plafond ou vers le sol. Je cherchais désespérément à éviter de croiser les regards immobiles des flics qui me fusillaient.

 

 

J'avais reconnu avoir été militant de l'UNEM, sympathisant du courant « frontiste » depuis 1970. J'avais expliqué que le « Front des étudiants progressistes » n'était pas une organisation politique, encore moins un parti. Il s'agissait tout simplement d'un courant d'étudiants au sein du syndicat UNEM qui avait réussit à prendre démocratiquement la direction de ce syndicat lors de son quinzième congrès en août 1972. Que l'UNEM a été dissoute par les autorités marocaines le 24 janvier 1973, suite à quoi j'avais arrêté toute activité syndicale et que je m'étais consacré par la suite à poursuivre mes études avec assiduité comme le prouvaient les résultats de mes examens.

 

 

J'avais reconnu aussi que les étudiants rifains quand ils débarquaient à l'université de Rabat, ceux d'entre eux qui choisissaient de s'engager dans l'activité syndicale estudiantine avaient un penchant plutôt du côté du « Front » pour des raisons historiques. Nous avions toujours nourri une sorte de rejet vers les formations politiques classiques. Le « Front », par son autonomie, la liberté d'action et d'expression qu'il offrait constituait pour nous un cadre attractif par rapport aux carcans renfermés appartenant aux partis « réformateurs » (2)

 

 

J'avais admis aussi que c'était dans ce cadre de l'UNEM que j'avais connu Touha. On me l'avait présenté un jour au début de 1972 au restau de la Cité universitaire comme « frontiste » originaire de la province d'Alhoceima et étudiant à la faculté de droit. Je ne l'avais jamais rencontré avant. Par la suite mes relations avec lui étaient très limitées. On se rencontrait au restau où j'avais assisté des fois à des discutions auxquelles il participait. Il était fort en rhétorique Il ne cessait pas de dénigrer le socialisme et de parler avec fierté d' Abdelkrim. C'était un peu suspect pour moi et pour d'autres militants. C'était incompatible avec quelqu'un qui se faisait passer pour un « Frontiste ». Par la suite, je cherchais souvent à l'éviter quand je m'étais aperçu qu'il avait des opinions diamétralement opposées aux miennes. Je ne me faisais aucun doute la dessus. Après la dissolution de l'UNEM et la fermeture du restau de la Cité universitaire Adgal, je ne le revoyais qu'exceptionnellement. Au mois de juin 1973, il avait débarqué chez moi pour me demander s'il pouvait déposer des affaires à lui dans le jardin de la petite villa où j'habitais. Nous disposions d'une pièce dans le jardin où des amis, à la fin de l'année scolaire venaient laisser leurs affaires ici pour les récupérer à leur retour après les vacances. Je ne m'étais fait aucun souci en acceptant comme d'habitude sa demande. J'allais le payer très cher.

 

Quand je marquais des pauses pour souffler, le bruit métallique monotone de la machine à écrire du bureau d'à côte retentissait de nouveau dans mes tampons pour déchirer mon silence et perturber ma concentration.

Les policiers m'avaient écouté avec un intérêt discret mais lointain, un peu comme si ce que je racontais ne les intéressait pas. Je m'étais aperçu aussi que leur Chef n'accordait plus d'attention à mon discours. J'avais compris que j'avais suffisamment parlé et que je devais me taire.

 

 

 

A suivre

 

 

 

 

Notes :

 

(1) Actuellement directeur des deux quotidiens casablancais très libéraux : l'un francophone ( l'Economiste) et l'autre arabophone ( Assabah).

 

 

(2)Deux partis de gauche se disputaient la mainmise sur UNEM avant l'arrivée des étudiants frontistes qui allaient prendre sa direction en 1972

-UNFP ( union nationale des forces populaires) parti de

tendance progressiste- panarabiste, devenu par la suite USFP

- PLS (parti de la libération et su socialisme : ancien parti communiste),

devenu par la suite PPS

 

 

 

Tous les commentaires

Dis donc !

Merci pour une première réaction .

Surpris de découvrir ce billet? Je ne sais pas si vous aviez lu les autres extraits ?

Voici un message envoyé par mail par ma belle sœur Dr Oumama Akhrif il y a deux jours et que je n'ai pas pu poster sur mon blog immédiatement , j'étais absent de chez moi le week end.

 

 

 

 

Ven 15 Janvier 2010, 21 h 00 min 55 s

De :

oumama akhrif<aakhrif_16@hotmail.com>

À :

m'hamed lachkar <dlachkar2002@yahoo.fr>

 

 

 

 

 

Cher Mhamed ,en lisant cet extrait de ton livre tu m'as fait voyagé vers mes 18 ans ,vers cette période où on confondait rêves et réalités ;je me souviens très bien de ces réunions au resto U ou être socialiste était considéré comme réactionnaire et où nous les nouveaux étudiants on avait droit à une formation politique frontiste par les camarades sous forme de discutions (parfois ça glissait vers la drague) qui des fois me paraissaient complètement utopiques mais tellement belles et pourquoi pas? Je me rappelle aussi de Mr Menebhi Aziz qui surgissait de je ne sais où ,en plein réunion pour donner des informations ou des directives pour la prochaine manifestation et qui disparaissait après; le début de la journée était dédié à la politique et la fin de la journée dédiée à la rencontre des amoureux au cours d'une danse de slow "it's five o'clock"; excuses moi je me suis égarée je vais te dire quelque chose bizarre contrairement à ce que tu te décris (la peur au ventre) moi je t'ai trouvé très serein bien la tête sur les épaules, pour combien de temps ...? Courage.

Chère Oumama,

Tes commentaires habituels et parallèles enrichissent mon témoignage et le rendent plus réaliste, plus terre à terre et moins tragique. Tu as raison, dans mon témoignage je ne parle que de moi, que de ma tragédie et j’oublie complètement les autres faces amusantes et joyeuses de notre belle aventure collective. En nous engageant très jeunes dans la politique, nous voulions surtout donner un sens à notre propre vie, souvent avec beaucoup de naïveté. Nous faisions de la politique par idéal. Le rêve de la révolution avait touché toute une génération. Certain(e)s d’entre nous l’ont payé cher. Certain(e)s en ont profiter pour trouver l’homme ou la femme de leur vie . Personnellement, tu le sais bien, j’ai fait les deux et je ne regrette rien.

Je t'embrasse

Je viens de recevoir un mail envoyé il y a un instant par un ami et ancien camarade : Aziz Tribak qui vient de publier il y a quelques mois un livre autobiographique « Ilal Amam, autopsie d’un calvaire » où il raconte son expérience carcérale. Aziz avait été arrêté en 1976 et avait été condamné à 30 ans de prison dans le grand procès intenté aux militants de la gauche radicale en 1977 à Casablanca. Il en a purgé 11 ans à la fameuse prison centrale de Kénitra. Il a été libéré en décembre 1986 suite à une grâce royale. Aziz a fait des études de journalisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mar 19 Janvier 2010, 22 h 18 min 10 s

De :

Abdelaziz Tribak <aziztribak@hotmail.com> online?u=aziztribak@hotmail.com&m=g&t=0

À :dlachkar2002@yahoo.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salut M'hammed!
Cela été un vrai plaisir de te revoir après tant d'années. Tu fais partie d'un groupe de personnes, connues presque en même temps durant ces belles années d'espoir, avant la grande tourmente, que j'estime beaucoup. Toi, Soumaya, Oumama, Zoubeida...!
En ce qui concerne ton projet de livre qui se déroule sous nos yeux, grâce au Net, tout ce que je peux te dire, en ce moment, c'est de le finir et de le publier. Toute appréciation, de ma part, pourrait être prématurée. Je laisserai mon opinion pour la fin. L'important, c'est d'écrire, de sortir les détails de cet épisode très particulier de ta vie . Lors des arrestations de ces temps là, la période la plus pénible était celle passée dans des lieux "clandestins" d'arrestation, sans aucune garantie pour l'avenir. En sortir en gardant toute sa raison était, en soi, une vraie gageure. Continue, je te suis avec intérêt. Je te donnerai mon opinion à la fin.
Mon grand bonjour à la sympathique Soumaya et à tous les tiens.
Aziz.

Cher Aziz,

Merci pour ce premier message. Un premier du genre qui me parvient d’un ancien camarade qui a vécu une expérience doublement pénible par rapport à la mienne. Je me considère très chanceux par rapport à toi et par rapport à tant d’autres camarades dont toute la jeunesse a été massacrée pour avoir rêvé d’un monde plus beau et plus juste.

L’exercice de l’écriture sur les tragédies que nous avions vécues est très difficile. Tu es mieux placé pour le savoir. Tu en as fait l’expérience. Je trouve que ton livre est un plus enrichissant dans tout ce qui a été écrit sur le sujet. Tu as eu le courage de porter un regard très critique sur les erreurs fatales d’un certain engagement qui a coûté très cher à toute une génération. On peut être d’accord ou pas avec ton évaluation de cette expérience, mais elle mérite qu’on la respecte et qu’on en parle publiquement. C’est tout le mérite de ton livre.

Bien amicalement.

Dr M. Lachkar

Un message/réponse de mon ami Aziz Tribak veint de me parvenir à l'nstant:

 

Mer 20 Janvier 2010, 19 h 23 min 04 s

De :

Abdelaziz Tribak <aziztribak@hotmail.com> spacer_1.gif

À :lachkar dlachkar2002@yahoo.fr

 

 

Salut cher M'hammed,
La souffrance est la même pour tout le monde, surtout lors de la phase "commissariat"/interrogatoire. La prison, surtout quand c'est pour une longue période, c'est une autre sorte d'épreuve...
Merci de t'intéresser à mon livre. Il me fallait fournir mon témoignage, je l'ai fait. Je ne cherche pas à en débattre en public. Je laisse ça aux spécialistes. C'est une étape de ma vie que je crois tournée à jamais... sans trop d'aigreurs, ni de rancunes. Elle comprte du bon (le rêve fou) et le moins bon (les durs réveils)... J'ai été critique, certes, parce qu'il y avait énormément de choses à critiquer... Peu de gens l'ont fait auparavant. Aux historiens d'y plancher, si jamais l'histoire des vaincus intéresse quelqu'un.
Oui, notre rêve d'un monde beau et juste était sympa... mais, notre programme politique l'était moins. je ne sais ce qu'il aurait pu donner s'il avait été mené à terme...
A bientôt M'hammed.

 

Cher Aziz, Merci pour ce deuxième message qui en fait permet de reparler de notre aventure commune qui comme tu le dis si bien fait déjà partie d’un passé révolu pour toujours. Le sujet qui nous interpelle aujourd’hui est notre témoignage, chacun à partir de son vécu personnel, à travers l’écriture. En ce qui me concerne, je le précise clairement dans l’avant-propos, mon objectif est de raconter d’abord et avant tout à mes enfants une aventure malheureuse et tragique très personnelle, presque oubliée et comment je m’en suis sortie grâce au soutien de ma famille et de celle qui allait devenir ma femme. C’est pourquoi je donne à mon récit une forme plus proche d’un roman où je ne fais aucune analyse politique. Pour revenir à ton livre cher Aziz, en le lisant j’ai appris énormément de chose sur Ilal Amam, moi qui me croyait être un militant frontiste très proche de cette organisation. Comme tu le sais bien, personnellement j’avais arrêté toute activité politique immédiatement après la dissolution de l’UNEM en janvier 1973. Pour ce qui est du programme politique, je dois t’avouer que je n’avais jamais cru à aucun moment à un programme politique quelconque. Je croyais comme de millions de jeunes à l’époque à une utopie merveilleuse qui était celle de changer le monde par la mobilisation et la protestation. Aujourd’hui encore je continue à croire à cette utopie, celle de construire un monde plus juste et solidaire. Ce n’est uniquement un programme politique, mais un engagement au qutidien avec les plus faibles. C’est pourquoi, je m’étais engagé avec Soumaya depuis plus de quinze ans à construire un projet associatif pour les mêmes objectifs et qui s’appelle ASASHA (association solidarité pour l’action sociale et humanitaire d’Alhoceima) : www.entelekey.com/alhoceima/asasha/ Aujourd’hui, ce sont des centaines de jeunes que nous formons chaque année et que nous aidons à s’insérer socialement. Soumaya a laissé tomber l’enseignement au lycée pour se consacrer totalement à l’humanitaire.

Voilà cher Aziz, ce que je voulais te dire au sujet de la singularité de notre trajectoire.

Très heureux de continuer de parler avec toi.

Soumaya te passe un grand bonjour.

Bien amicalement.  

La réponse de mon ami Aziz ne s'est pas fait attendre, voici le message qu'il vient de m'envoyer.

Mer 20 Janvier 2010, 23 h 32 min 52 s

De :

Abdelaziz Tribak <aziztribak@hotmail.com> spacer_1.gif

Voir le contactÀ :lachkar dlachkar2002@yahoo.fr

 

Cher M'hammed,
J'admire les gens généreux pour de vrai. D'autre part, se démarquer d'un courant politique, suicidaire et marginaliste, ne signifie nullement renoncer à son essence. On existe avant la politique, et on continue d'exister après, avec tout ce qu'on a récolté de positif dans sa vie;
Je te remets à mon, préambule pour dissiper tout éventuel malentendu:

"Regretter quoi ?

De m’être éveillé assez tôt aux problèmes de la collectivité, de l’ensemble marocain, du « Peuple » marocain ? De m’être engagé pour ce que je croyais être un combat pour la Justice et l’Egalité ? D’avoir fait preuve de générosité ? De m’être sacrifié pour autre chose que mon intérêt immédiat ? De m’être aligné, à vie, sur le camp de la Raison ?

Jamais, si c’était à refaire je le referais !

Cela pour les principes généraux qui régissent (ou devraient rég­gir) toute vie humaine consciente….

Question "principes", je continue d’être le même qu’au début de mon engagement politique, sinon je me crois meilleur (cela n’engage que moi, répondrais-je devant certaines moues). Rien ne m’irrite plus que l’injustice, l’oppression et l’intolérance. J’ai calmé mes ardeurs de jeune débutant pour y faire face. J’ai déjà payé. Mais à chaque étape sa façon de réagir."

Voilà. A bientôt!

Aziz

 


Cher Aziz,

Merci de continuer cette discussion passionnante. Nous sommes en train d’en parler depuis tout à l’heure moi et Soumaya. En lisant le préambule de ton livre j’ai bien retenu les précisions que tu viens de me rappeler et que j’apprécie à juste titre. Pour n’avoir perdu ma liberté pendant qu’un peu plus de six mois, je ne peux qu’apprécier le courage et la lucidité de ceux qui comme toi, ont été privé de cette liberté pendant des années sans jamais perdre l’espoir et la foie dans la vie.

Bonne nuit cher Aziz

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