Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Retour de la miraculée de l'A310: je suis indigné. Cadavre du Tour de France: idem.

Nous apprenons que la jeune Bahia Bakari est arrivée à Paris a bord d'un avion Falcon du Secrétaire d'État à la Coopération. Très bien. Mais derrière ce rapatriement, je suis indigné!

Indigné par le comportement du représentant de l'État lui-même qui a autorisé la présence de journalistes à l'occasion de ce vol. De quel droit un Secrétaire d'État autorise-t-il la présence de la presse dans un vol destiné à rapatrier un enfant blessé qui vient de vivre une véritable catastrophe? N'a-t-il donc plus aucune pudeur?

Indigné aussi par le comportement de la presse qui a, non seulement accepté, mais aussi profité de sa présence dans l'avion pour interroger la gamine. Ont-ils oublié, ces journalistes, qu'il s'agissait d'un enfant mineur? Qu'en est-il de l'autorisation paternelle dans ce cas? L'ont-ils sollicitée? Et, si oui, dans quel contexte? Auraient-ils fait de même s'il s'était agi du fils de notre président?

Indigné enfin par le comportement des médecins du Samu qui ont accompagné la jeune fille tout au long de son voyage et qui se sont permis de fournir à la presse toute une série d'informations au sujet de Bahia. Où ont-ils mis l'obligation de réserve auquel le Serment d'Hippocrate les soumet? De quel droit se sont-ils arrogés pour parler d'elle aussi librement, nous fournissant de multiples détails médicaux, psychologiques, comme s'il s'agissait d'un simple dauphin sauvé des eaux?

Honte sur tous ces professionnels qui ont tous si facilement cédés à la peopolisation de la situation. Je ne doute pas un seul instant qu'il en aurait été tout autrement s'il s'était agi du fils de notre président. Décidément, il y a quelque chose de pourri dans ce royaume.

PS Comme je suis indigné par ces chaines de TV qui nous ont montré le cadavre dénudé de cette femme tuée par un motard du Tour de France, sans même prendre soin de le flouter.

Tous les commentaires

Bonjour, En effet, je viens de voir les informations et c'est exactement ma réaction. Je me suis demandé si je ne rêvais pas. Le père ne sait probablement pas qu'il pourrait porter plaintes pour plusieurs motifs. Ces journalistes-là sont pires que des paparazzi, ce sont des charognards. Simone.

Simone, Oui, des journalistes charognards. Mais aussi un État (le Falcon est un avion du gouvernement, pas un avion de ligne!) qui vise à donner de lui une image "à la Kouchner", du genre "nous sauvons les boats-peoples!" et autorise la montée à bord de journalistes! Et aussi ces médecins qui ont oublié toute éthique, trop contents d'être les vedettes du "13 Heure". Affligeant.

C'est le spectacle de variété au service des causes les plus sérieuses. La démesure absolue. Le bling-bling pour profiter de la détresse humaine. J'espère que nous ne serons pas seuls à réagir pour l'enfant, les adultes on s'enfiche, c'est l'enfant qui importe.

Et encore, il ne semblait pas y avoir de curé à bord. Pourtant, une miraculée vraie de vraie, c'est pas courant. Et je ne comprend pas comment Besson a pu laisser faire cela, étant évident que cette pauvre fille n'avait pas ses papiers sur elle quand les militaires l'on repêchée! Entrée clandestine sur le territoire français à bord d'une embarcation déguisée en débris flottant d'avion poubelle, en temps normal ca va chercher loin.

Journaliste, je suis également très surprise que cette jeune fille qui vient de vivre un tel drame et qui est blessée soit filmée. De plus, je pense qu'elle est mineure. Tout cela nécessite réflexion... !!!

Tout est Spectacle, tout est à vendre plus rien n'a de sens commun, humain,
exactement comme à Ceaucescu-land (alias feue la République "populaire" de Roumanie) ou à Kim Jong-il-Land (alias la Corée du Nord) mais avec des formes et une illusion de richesse matérielle "occidentales" ...

Tout est Spectacle, tout est à vendre plus rien n'a de sens commun, humain, Et dans ce cas, tous ces gens bardés de diplômes (secrétaire d'État, journalistes, médecins) ne semblent pas s'être posé de questions déontologiques, tous ont foncés, comme des cons! Dès lors que "l'ouverture" vient d'en haut, on fonce! Et ensuite, tout le monde suit, y compris Elise Lucet qui avait, à mes yeux, plutôt le type d'une "bonne" journaliste.

Ces médecins-là ne peuvent-il encourir un rappel déontologique par l'Ordre des médecins français ? En Belgique, ce serait peut-être possible mais en France ?

Normalement oui. . @M.Philips Indignation partagée.

n rappel déontologique par l'Ordre des médecins français Ca s'appelle un oxymore

Un oxymore ? Possible. Je ne sais pas ce que représente actuellement l'Ordre des médecins en France. En Belgique, je reste vigilante à cet égard mais il se fait que l'Ordre des médecins belge s'est manifesté récemment comme attentif à la sauvegarde du secret professionnel. Je n'apprécie pas spécialement les organisations qui portent nom 'ordre de...' mais la question se pose : qui va représenter la déontologie médicale - et par conséquent le secret professionnel - dans une société qui vise à la 'transparence' ?

A écouter ici si cela vous tente http://www.fileden.com/files/2009/1/15/2268749/LIBERTES_ATTENTION_DANGER.mp3 * LIBERTES, ATTENTION, DANGER * Je ne suis qu'un humble petit chansonnier Qui sur le net s'amuse à vous amuser Des mots d'humour dits en confiance et soudain Une histoire qui ne me dit rien Deux-mille-neuf, j'aurai cinquante-dix ans J'en aurai vu passer bien des changements Mais là, je ne peux m'empêcher de chanter Libertés... Attention... Danger ! * Là-bas, c'était l'Allemagne en trente-trois Là-bas, un petit homme levait le bras Là-bas, le vert-de-gris était couleur de haine Là-bas, la crise aiguisait les passions Là-bas, on ne posait plus de questions Là-bas, il n'était plus question d'opposition * Les procédés sont démontés aujourd'hui De ceux qui ont tué des démocraties Demandez-le à vos amis historiens Ces processus, on connaît bien. Le passé nous fournit des indicateurs A surveiller de très près quelle que soit l'heure Et aujourd'hui, bien trop restent allumés Libertés... Attention... Danger ! * Là-bas, on réduisait l'éducation Là-bas, les parlements étaient croupions Là-bas, la justice et le droit étaient en berne Là-bas, on modifiait certaines lois Là-bas, d'autres, on ne les appliquait pas Là-bas, c'est un seul homme qui imposait sa loi * Quand dans un grand pays les informations Fournies ne sont que propagande maison Que d'autisme les dirigeants sont atteints En répétant que tout est bien Quand on demande trop aux petites gens Qu'on favorise le pouvoir de l'argent Que le monde entier on souhaite dominer Libertés... Attention... Danger ! * Là-bas, on opposait Hans à Joseph Là-bas, y avait pas encore de Youssef Là-bas, c'était facile d'exciter les haines Là-bas, Obama Owens s'appelait Là-bas, le chef voulait tout contrôler Là-bas, ce n'est que l'Allemagne du passé * Dans ma culture j'ai puisé les notions Qui m'ont aidé à composer ma chanson Désormais vous serez aussi aux aguets Libertés... Attention... Danger ! * Chanson : "Libertés, attention, danger" SACEM ©2009 Paroles : Camille Chant : Jean-Marie deuxcopainsdabord.musique.com * Chanson originale : "Souvenirs, attention, danger" (1980) Paroles: Serge Lama Musique: Tony Stefanidis

"Libertés, attention, danger" C'est, au travers de ce minuscule fait divers, tout à fait cela! J'ai peur!

Oui, on a eu un sommet, avec cette affaire. Tous ensemble bien d'accord pour se servir sa part de bonne soupe la bonne, à chacun. Ils nous écœurent plus qu'il n'est possible. Mais quand donc va-t-on se débarrasser de cette fange, qui n'a d'humain que la silhouette? Entre les politiques, les journalistes, et ceux qui jouent les valets des basses œuvres, ici, des médecins! On se dit chaque jour qu'on a atteint le fond, mais non, le jour d'après nous montre que la situation est bien pire qu'on ne le pensait! Pour moi, il n'y a plus à analyser, ni même à discuter. Tout va de soi. Le chef, la tête est pourrie, parce que tout est pourri. Que faire?

Passifou, Mais quand donc va-t-on se débarrasser de cette fange, qui n'a d'humain que la silhouette? Attention, ça concerne la presse, le corps médical, tous ceux qui ne protestent pas, beaucoup de monde, tous contents de voir des images de la gamine au visage boursouflé! N'en sommes-nous pas?

Bravo d'avoir ciblé ce problème en premier. Je partage aussi bien votre indignation que votre modération. Cordialement

michbret, J'ai écrit au médiateur de France2 pour stigmatiser l'attitude d'Elise Lucet, à mes yeux bonne professionnelle, qui a accepté de présenter un reportage pris dans l'avion au JT de 13H. A suivre!

@ M Philips Vous avez totalement raison d'alerter sur cette obscénité, et du courage aussi d'indiquer que les responsabilités, même si elles sont inégales, sont nombreuses, jusques et y compris la demande d'infos à émotoion et sensation.

Voilà une saine indignation que l'on ne peut que partager entièrement.

dianne On est là dans une pathologie de la communication qui fait penser au battage pour les infirmières bulgares, Ingrid Bettencourt ou autres figures support du compassionnel d'état. Il s'agissait de mettre en avant le fait que lepluhautniveau s'intéressait au sort de la malheureuse. Comme l'écrit humaro, c'était effectivement obscène.

Nous sommes ici dans une "société du spectacle"...c'est l'écœurement...Je partage votre indignation M. Philips...il n'y a plus de contenant...les tabous ne sont plus respectés...ça part dans tous les sens...tout semble permis...glissement progressif vers la sortie de toute déontologie...

Nous sommes ici dans une "société du spectacle" Dernier exemple en date: cette image intolérable du cadavre dénudé de cette femme renversée par un motard lors du passage du tour de France. Itv et BFMTV qui se revendiquent comme chaines d'information et d'actualité, dont c'est le métier de traiter l'information, n'ont même pas fait l'effort de flouter l'image de ce cadavre sur le bord de la route du tour. Une femme en slip et soutif, jupe remontée jusqu'à la tête, allongée, sans vie, comme une vulgaire poupée gonflable, au vu de tous. Le soir, sur France2, heureusement, la décence était revenue et le corps flouté. Encore bien. Qu'il n'y ait eu personne pour recouvrir le corps d'une couverture, cela me semblait déjà assez dur, mais qu'en plus, les caméras aient filmé: j'ai été, encore une fois, choqué. A New-York, c'était pareil: Carla en spectacle sur scène, Nicolas en chef d'État, dans la salle. Qui fait encore la différence entre les séries américaines genre FBI et notre réalité de tous les jours? Comment s'étonner, ensuite, qu'un jeune se ballade avec une arme à feu ou foute une baffe à son prof?

Newsletter
Je m'identifie