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Savoir raison garder

Dès lors qu'il s'agit d'écrits, il faut savoir raison garder.

Il était une fois une famille en grandes difficultés. Le père avait d'énormes problèmes de santé et un comportement pour le moins fragile, s'emportant pour un rien. Il existait aussi des difficultés matérielles, une certaine forme d'isolement. Les services sociaux reçurent un signalement de l'école au sujet d'un absentéisme scolaire récurrent. On sait que ce peut être le signe de dysfonctionnements familiaux s'accompagnant d'une éventuelle maltraitance. Une lettre fut adressée à la famille proposant "un rendez-vous pour faire le point de la situation concernant les enfants". Ce courrier n'évoquait donc nullement une maltraitance, parlait de faire le point par rapports à des informations reçues.

Le lendemain, on apprenait que la totalité de la famille (père, mère, au moins 3 enfants de moins de 10 ans) était décédée. Le père avait mis fin aux jours de tous puis de lui-même. Sur la table, la gendarmerie retrouva le courrier en question.

Bien sûr, cet écrit n'était pas directement la cause du drame, il avait sans doute été "seulement" la goutte qui...

Prenons garde, ici, dans nos billets, dans nos commentaires. Il existe probablement certains d'entre nous qui sont plus fragiles que d'autres, plus isolés. Un mot prononcé peut blesser mais peut aussi se rattraper au fil de la conversation. L'écrit possède un autre poids, une autre force.

Sachons raison garder.

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"Il existe probablement certains d'entre nous qui sont plus fragiles que d'autres, plus isolés. Un mot prononcé peut blesser mais peut aussi se rattraper au fil de la conversation. L'écrit possède un autre poids, une autre force." Je partage cette observation, pour avoir moi-même autrefois manié l'écrit parfois sans précautions. On pourrait dire que la société des humains n'est que ce que nous en faisons par nos interactions quotidiennes. Celles-ci peuvent tisser du lien social ou le "défaire". Je crois que nous avons une marge de choix en la matière.

"L'écrit possède un autre poids, une autre force." . Oui, et d'autant plus que cet écrit est adressé via une machine, laquelle exclut les multiples accordages, les mille et une nuances, parfois infimes mais néanmoins réelles, des conversations réelles entre vivants : pas de sourcils étonnés, pas de front qui se plisse, pas de sourire qui s'esquisse... . Il y a aussi les malentendus : ceux-ci peuvent être sources d'ajustages par écrit et d'élaborations à plusieurs quand on retourne lire les réponses éventuelles aux commentaires qu'on a laissés. Mais cela suppose de "suivre" ses propres commentaires pour donner réellement un droit de réponse à l'autre en allant le lire. Résultat en ce qui me concerne : je laisse moins de commentaires car je souhaite rester réceptive aux réponses et cela demande du temps. Et je suis quelques blogs et articles : pas trop au même moment sinon je n'y arrive pas. C'est ce que j'apprends avec les blogs de Mediapart : sachons nuances et proportions garder... Tout un programme où j'ai l'impression de progresser par essais et erreurs. . Ceci dit, je vais m'éloigner de mon ordinateur dès dimanche. Donc, je ne serai pas "réceptive" pendant quelques temps. Cordialement.

Très juste ce que vous dites, Joha, sur le fait de rester réceptif aux effets de nos commentaires. C'est vrai que techniquement, il n'y a pas une fonction permettant de suivre facilement nos propres commentaires (à moins que je ne l'aie pas trouvée).

Pour le moment, j'utilise le plus souvent ma mémoire ! Mais la méthode a ses limites... Alors, parfois, je copie - les plus longs qui peuvent donner lieu à débats - dans un dossier sur mon ordinateur.

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