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Auschwitz et élevage intensif des porcs : quelle relation ?
Il y a quelques années, j'ai visité Auschwitz. Au départ, une ancienne caserne de l'armée polonaise, récupérée par les Nazis pour mettre en oeuvre la solution finale.
Dans un coin, une ancienne casemate, à moitié enterrée. Excellent, on la transforme en chambre à gaz avec les fours justes à côté. Il existe une voie ferrée, excellent, on la bricole pour que les trains aient accès au camp.
Pour rassurer les "habitants", on bricole une belle entrée avec une belle devise "Le travail, c'est la liberté"!
Un peu partout, au long de ma visite, des dispositifs, des lieux, des modes de fonctionnement. Des idées mises en pratiques, du bricolage. Efficace, terriblement efficace. Plus d'un million de morts pour Auschwitz. J'en sors oppressé.
°°°

Quelques semaines plus tard, un peu par hasard, à la TV, un documentaire sur l'élevage des porcs. Une truie, coincée pour toute sa vie dans des arceaux métalliques : "Il ne faut pas qu'elle écrase ses enfants". Mais il faut aussi qu'ils puissent téter. Très bien.
Une truie, même coincée ainsi, met bas plus de 10 cochonnets.
Dès qu'ils sont nés, on les présente au nez de la mère : "De sentir son porcelet, facilite les contractions utérines de la mère". Très bien.
Quelques jours plus tard, "SÉANCE DE SOINS" aux porcelets.
On commence par leur couper la queue : "Ils ont tendance à se mordre les uns les autres. En coupant la queue, on évite les infections!"
Dans la foulée, on leur brise les dents : "Ils ont tendance à se mordre. En leur cassant les dents, on réduit les risques de complications!".
La séance des soins s'achève par une castration rapide, à vif! L'éleveur est très fier de son travail, tout est "nickel".
Rien que de la technique, née d'une suite de tentatives, essais et erreurs. Bref du bricolage. Super efficace.
Alors, brusquement, ce soir là, m'est apparu comme une évidence, une terrible évidence.
Un terrible rapprochement s'est fait dans ma tête :
Dès lors que les humains ont un projet, quel qu'il soit, ils mettent en branle leur imagination, bricolent et arrivent à réaliser leur projet, quel qu'il soit.

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Les "progrès" de l'élevage ont supprimé l'animal pour le remplacer par un objet technique. Des hommes ont conçu l'extermination massive d'autres hommes comme une production industrielle de cadavres... Les deux , plus que du bricolage ponctuel et à petite échelle, ne sont-ils pas un effet pervers du développement des techniques qui devait libérer l'homme et faire progresser l'humanité entière ? Efficacité et progrès , un thème de réflexion intéressant...
Ce billet et votre commentaire m'ont rappelé le terrible constat fait par Zygmunt Bauman .
Je crains, hélas, que ce à quoi je fais allusion, ne soit pas le résultat d'un progrès mais inhérent à l'homme. Le progrès ne faisant qu'"améliorer" les choses au niveau du rendement...
Et bien alors laissez moi vous présenter une américaine un peu hors-norme. Elle a conçu un système qui permet de limiter le stress des animaux d'élevage, tout particulièrement le "couloir de la mort", où ces braves bêtes vont benoîtement au lieu de lutter. Son secret? Elle est autiste, enfin, elle a le Syndrome d'Asperger pour être plus précise. Si vous êtes anglophone, voici un extrait d'un long documentaire que la BBC lui a consacré: The woman who thinks like a cow, part 5 Elle s'appelle Temple Grandin, et a décidé de s'occuper de ces animaux parce qu'elle pensait que on ne pourrait pas supprimer l'élevage alors autant s'employer à l'améliorer pour le rendre moins barbare. Démonstration (en anglais) : Part 1 Part 2
Bien sûr, SylvN, mais j'ai un peu l'impression que vous vous laissez emporter par le côté technique des choses, ici, en l'occurrence, diminuer le stress des bêtes. Pour moi, la vraie question est: avons nous raison de prendre ce chemin de l'hypertechnologie (de l'élevage)? Comment abattre les bovins dans des conditions acceptables? Depuis que je sais comment les porcs sont élevés, je ne peux plus manger de jambon!
Là moi j'ai l'impression que vous confondez élevage et abattage, bovins et porcins mais là c'est bien un détail. D'une il faudrait distinguer l'élevage en plein air de celui en batterie; ça fait la vie de la bestiole quand même! Ensuite les conditions de mise à mort, qui sont aussi très différentes d'une "culture agricole" à l'autre. J'ai ouï dire que le moins violent pour l'animal c'est l'égorgement; mais là on en revient à la peur et au stress générés par les hommes présents autour de l'abattage. Et dans notre culture c'est largement considéré comme une technique barbare. La personne dont je parlais plus haut s'occupe principalement de bêtes de ranch, élevées en plein air, et abattues sur place. Et s'occupe de leur créer des conditions de vie puis de mort comprenant le moins de violence possible. L'impression que vous me donnez c'est de rien envisager entre le petit fermier qui a dix têtes de bétail et l'usine à cochons. Entre les deux il y a beaucoup à faire, et notre espèce n'est pas facilement végétarienne. Il n'est donc pas idiot de chercher le meilleur rendement en s'obligeant à respecter l'animal. Je suis prête à parier que la viande est meilleure sur un animal qui n'a pas été tétanisé de trouille les 3/4 de son existence.
Alors là, je dis chapeau! Vous avez tout à fait raison. Comme médecin, je peux vous dire que la mort par perte de sang est très douce: tout à fait progressivement le cerveau est moins oxygéné et l'individu perd connaissance. Le coup de scalpel au cou est totalement indolore. C'est dans ce sens qu'il faudrait réfléchir. Dans l'industrie, les animaux "sentent" ce qui va leur arriver. Et, avant le choc mortel, combien de temps passé à attendre? Le respect des humains commencent avec le respect des animaux, à quel que moment que ce soit.
Michel Philips,
depuis que nous savons comment les animaux, élevés pour que l'homme les mange , sont traités et abattus, nous ne pouvons plus ni achêter, ni avaler de la viande.
Nous mangeons le soja, même s'il est génétiquement modifié, au moins l'esprit souffre moins.
Certaines images de la barbarie et de la cruauté gratuites ne peuvent passer ni avec le temps, ni avec les justifications diverses.
Jamais. Peut-être avec un Alzheimer très avancé...
Cher docteur, ... C'est terrible. J'éprouve le même malaise à vous lire qu'après avoir lu les Bienvaillantes. Le livre de J. Little allait d'un événement, à un autre d'un théâtre à un autre. Il y faisait revivre des personnages disparus, victimes et bourreaux. Dans votre petit billet il y a simplement de la nausée. ... Vous franchissez une frontière dans ce petit billet, celle qui sépare la banalité du mal du mal banalisé. Réduire le crime nazi à une excroissance du système de production, à un abattage, c'est faire fi de l'effondrement morale dont Arendt parle dans Eichmann à Jérusalem et qui fait, quoi qu'il arrive, que la culpabilité du bourreau, fut-il un bureaucrate gris, distant et méticuleux est intacte. ... Croyant comparer la "fabrique de cadavre" à une usine d'abattage de porc, croyant confondre ainsi les bourreaux, vous comparez, sans le vouloir je pense, les victimes du génocides nazis à des bêtes. ... Il me semble que vous devriez lire ou relire "les disparus "de D. Mendelson et repenser à ce que vous venez d'écrire peut-être avec les meilleures intentions du monde. Réfléchir au génocide des juifs par les nazis, réfléchir à la Shoa, il me semble que c'est autre chose...
Vous avez entièrement raison. Pendant des semaines, je me suis interrogé sur cette corrélation qui s'était imposée à moi. Puis je me suis dit que, à Ausschwitz, comme dans ces élevages, il y avait eu des gens comme vous et moi. Tous n'étaient pas des pervers. Mais une fois que la machine est en marche... Quand aux Bienveillantes, j'en ai lu 50 ou 100 pages maximum. Le portrait de cet intellectuel allemand était pour moi celui d'un grand malade et cela me paraissait ne pas correspondre à la réalité. D'ailleurs tout avait été dit dans un vrai document historique antérieur. Je ne crois pas trop à la notion d'effondrement moral. Mais, peut-être n'aurai-je pas du évoquer cette terrible question de notre siècle. Né en 1941, elle m'a accompagné toute la vie.
Docteur, Je n'ai sûrement pas entièrement raison mais je vous sais gré de l'ouverture de cette discussion. . J'ai lu toutes les pages, toutes les lignes des "bienveillantes". A la fin, au dernier mot, j'ai éprouvé une certaine saturation que votre billet a reconvoquée. . Un jour, il y a une vingtaine d'années, lors de l'enterrement de l'arrière grand-mère juive de mon fils aîné, nous fîmes après que la tombe de celle-ci fut refermée, le tour du cimetière juif de Bagneux où nous venions de l'enterrer. Avec L., l'arrière-grand père de mon enfant, nous regardâmes les stèles, les plaques commémoratives sur l'intérieur du mur d'enceinte. Il me parla de tel et tel amis, de tels et tels cousins et cousines, de telles et telles tantes, de tels et tels oncles venus de Lodz dont les noms figuraient gravés dans la pierre. Il me parla de l'absence des corps, de l'absence des tombes. Ils me parla avec calme sans excès, sans haine, (oui sans haine lui qui avait été de la MOI) de la disparition des siens, dans l'horreur nazie. . La disparition, c'est cela qui compte. Les disparus, ce sont eux qui comptent. Bien entendu, il faut écrire et décrire l'horreur pour faire trace, mémoire, empreinte, histoire mais, ce sont d'abords tous les parents de tous les Mendelsohn du monde qui comptent. C'est leur souvenir qui tous, quelque soient notre lien à la Shoa,et au nazisme, nous sauvent. C'est ce voyage à l'Est de l'Europe voyage réel ou symbolique, qui nous distingue et les distingue à jamais des inhumains en quoi le nazisme voulut transformer le genre humain. Cette tentative de rabaissement, cette organisation de la métamorphose est en nous à l'état larvaire. Elle est terriblement humaine, terriblement celle de chacun, terriblement là. . Refaire la promenade du cimetière juif de Bagneux, refaire le chemin des noms, refaire le voyage des Mendelsohn, c'est refuser de nous laisser résumer à cette inhumanité, à cette larve qui nous ronge.
La barbarie, la cruauté, le sadisme, et la banalisation de ces agissements envers tout être vivant, est la même chose.
Elimination, industrielle ou pas, d'un peuple au nom d'une idéologie, une réligion, ou des intérêts stratégiques est cela, et aussi autre chose.
Cette chose innommable.
Bonjour, Je ne suis pas sûr de comprendre la remarque sur le "franchissement" de frontière. En fait ce que je ne comprends pas, c'est si il y a une horreur unique, détaché de l'humain, de l'histoire ordinaire, mais alors nous sommes protégés de cette histoire. Ou alors, le point ultime d'un possible de l'inhumain, auquel cas, l'abattage industrialisé des porcs est une étape vers cet inhumain. Pour moi (mais je suis loin de comprendre, et surtout aucune référence "littéraire") cette horreur unique n'est pas une "île", un espace avec une frontière, mais un territoire que l'on approche, plus ou moins vite, plus ou moins clairement. Le Rwanda était (selon moi)la banlieue non technologique de cette horreur. Stérilisation d'handicapés, enlèvements des enfants aborigène, des enfants indiens au Canada, des enfants à La Réunion, les sous-hommes sont partout avec ses gardiens patrons voyous(Union Carbide/Dow Chemical, Bhopal).
Pour moi, pas de frontière. Seulement des circonstances et rien ne nous protégerait de cette part d'inhumain en nous. Pour moi, ce "territoire" est en nous? L'exemple du Rwanda montre qu'un e petite étincelle (un avion abattu) suffit parfois pour "libérer" ces démons qui sont en nous. Nous sommes remplis de frustrations enfouies. Que nous sentions que nos voisins de palier sont d'accord avec cet état d'esprit et tout pourrait basculer. Quand on se rappelle que c'est le Service Social de l'Enfance qui "déportât" les enfants de la Réunion, on en a une "preuve"...Trop facile d'aller chercher des "gardiens patrons voyous": c'est nous, je crois.
Désolé, mais l'avion abattu du président Juvénal Habyarimana fut le signal du début du génocide des Tustis et non pas une petite étincelle. Il y eut un plan bien organisé et Radio mille collines s'en fit l'outil de propagande et d'appel au meurtre de masse. Le massacre des Tustis fut un véritable génocide.
Vous avez entièrement raison mais cette forfaiture (avion abattu), ne justifiait pas 800.000 morts exécutés à la machette: il y avait bien "quelque chose" dans la tête des gens pour se mettre à exécuter ainsi, comme on va au travail dans les champs. Ce fut donc un génocide, bien sûr. La radio des mille collines et la propagande ne peuvent pas, à elles seules, expliqué ce qui s'est passé. C'est mon hypothèse est de quelque chose intérieur à l'homme, à beaucoup d'hommes, beaucoup, beaucoup.
Docteur, Le signal évidemment ne justifie pas le génocide. D’ailleurs en quoi peut-on justifier un génocide ? Notre conversation ne vise qu’à essayer d’éclairer un tant soit peu, ce qui nous menace non seulement en tant que bourreau mais également en tant que victime. . Pourquoi parlons-nous des génocides ? Pour nous rassurer, pour éprouver notre capacité à résister à « l’intelligence du mal » qui est « nous ». Mais ce « nous » est un « nous » parfaitement individualisé et grégaire, seul et ensemble, totalement conformiste. Il est l’addition de moi (s), de tous ces moi(s) qui, libérés de la société, de ses inhibiteurs moraux, de ses conflits voir même de ses guerres, libérés en somme de la politique comme « poursuite de la guerre par d’autre moyens » se transforment en « hommes-fauves ». L’intelligence du mal est de savoir calmer la bête, lui proposer de laisser s’exprimer l’inhumain en elle et de participer à l’horreur sans trop souffrir, sans trop se fatiguer au sens de faire l’économie de la rupture avec le « sur-moi » qu’il faut dépasser pour retrouver le goût de tuer, dévorer, avilir, torturer. Il s’agit, pour paraphraser Bataille, d’être dans le génocide comme « l’eau dans l’eau ». . Voilà ce qu’écrit Hannah Arendt dans « les origines du totalitarisme » : . « Les habitants d’un pays totalitaire sont jetés et pris dans le processus de la nature ou de l’histoire en vue d’en accélérer le mouvement ; comme tels, ils ne peuvent être que les exécutants ou les victimes de la loi qui lui est inhérente (celle du pays totalitaire. ndlr). Le cours des choses peut décider que ceux qui aujourd’hui éliminent des races et des individus, ou les représentants des classes agonisantes et les peuples décadents, sont demain ceux qui doivent être sacrifiés. Ce dont a besoin le pouvoir totalitaire pour guider la conduite de ses sujets, c’est une préparation qui rende chacun d’entre eux apte à jouer aussi bien le rôle de bourreau que de victime. Cette préparation à deux faces, substitut d’un principe d’action, est l’idéologie.» . Encore une fois merci de cet échange. .
Yvernat,
oui, mais ils existent les gens qui moralement restent les hommes et ne vont pas envoyer le "jus" , même dans les conditions abhérantes, et les autres.
Pourquoi ?
(P.S. Il me semble que parler de "la bête " en nous, et de même façon de "l'inhumain" et une erreur sémantique grave. Les bêtes n'ont jamais été responsables d'aucun génocide, et le mal qui est en nous est justement et exclusivement humain.)
Il y a quand même une chose qui est systématiquement passée sous silence, rejetée, ignorée, oubliée ou même impensée, et pour cause: seuls ceux qui se détestent suffisamment ont le front de voir la vérité en face, vérité que le paradoxe de la vie décide d'ordinaire de cacher "pour son bien". Cette chose, c'est tout simplement la connerie. (désolé je cherche toujours le mot qui ferait le plus mal possible, sans succès, alors on se contentera de celui-ci, n'est pas Cioran qui veut)
Car il faut être tout simplement con comme un balai, pour se nourrir de la viande d'animaux qui ont souffert, c'est-à-dire en gros pour s'empoisonner la santé, mentale et physique. Comme le pressent SylvN quelque-part dans ce fil, évidemment, ça coule de source et faut-il être con pour ne pas le savoir, manger de la viande d'animal qui n'a pas souffert, c'est bien meilleur déjà au goût, mais surtout c'est bon pour la santé et ça rend "normal", sain d'esprit. Manger de la viande d'animal qui a souffert, par contre, c'est mauvais au goût, c'est mauvais pour la santé et en plus ça rend con et fou: D'où le cercle vicieux qui nous fait persister dans l'erreur suicidaire de baser notre alimentation sur de la mauvaise viande.
Voilà pour l'argument bassement cynique, qui table sur l'égoïsme qui serait le seul ressort digne d'attention. Hélas, je suis encore trop optimiste sur la nature humaine, car en fait, même le cynisme égoïste est déjà trop demander à la connerie ambiante, j'en ai peur.
- Sinon, anecdotique par rapport à l'égorgement: Tout bon Musulman sait que l'égorgement, même s'il s'agit d'un otage par ses ravisseurs "sanguinaires", est une technique choisie dans le Coran pour sa vertu, car il s'agit, si on est malheureusement amené à tuer son prochain, humain ou animal, de le faire souffrir le moins possible. "Dieu sait mieux" mais c'est un truc qui m'avait marqué dans ma lecture du Coran: la souffrance animale doit être évitée autant que possible, et la souffrance tout court aussi est considérée inutile.
Axel J,
cette question d'égorgement des animaux qui souffrent beaucoup moins que...m'a fait réfléchir sur ce que les membres d'une "culture" considèrent comme pratiques barbares et vice versa.
Cala vaut le coup d'aller voir certaines choses de plus près, et de se poser les questions avec un esprit ouvert.
EARTHLINGS
Je n'ai pas pu voir l'intégralité de ce film. Trop insoutenable.
La seule scène réjouissante: celle de la révolte des éléphants de cirque, mais hélas de courte durée, et réprimée dans le sang et l'horreur...
TERRIBLE.
Du TERREUR ABSOLU.
Ce billet date du 17 juillet 2008.
Il est tout à fait "dans l'air de temps".
Je n'ai pas fait attention à la date, et je me suis dit que le niveau et la façon de traiter le sujet était étonnament hors contexte actuel.
Je recommande.
J'insiste, même.
Amicalement,
L'actualité de la mort des sangliers en Bretagne, l'évocation des conditions d'élevage intensif des porcs sous la pression des grands industriels de l'alimentation me donne envie de reproposer cet ancien billet (2008 !) à la lecture.