Thématiques du blog
JOURNÉE DE LA JUPE et ÉDUCATION NATIONALE. Intégration et éducation d'un point de vue ethnologique et éthologique

La riche polémique autour de la sortie du film LA JOURNEE DE LA JUPE sur Médiapart , voir le blog de Pointvirgule, ainsi que plusieurs billets récents évoquant l'éducation de nos enfants, voir entre-autre le blog d'Etoile66, me poussent à proposer quelques réflexions d'un point de vue ethnologique et éthologique.
Au départ , des constats. Les jeunes témoignent dans leur comportement de difficultés de plus en plus sérieuses à s’intégrer dans notre société. C’est particulièrement visible dans certains quartiers où des modèles culturels différents du « modèle occidental chrétien traditionnel » associés à des conditions de vie très difficiles handicapent les enfants. Mais c’est vrai aussi chez beaucoup d’autres jeunes dont les grands-parents sont nés et ont grandi ici et qui vivent dans des conditions matérielles plus favorables.
Les enseignants évoquent de plus en plus souvent le manque du respect des uns pour les autres dans les classes. Il est de plus en plus souvent question de réactions violentes, de non-acceptation de la mise en cause de l’un ou de l’autre par l’adulte. Les relations garçons-filles n’échappent pas à cette violence et sont à l’origine de « tournantes » insupportables. L’association au nom provocant : « Ni putes, ni soumises » est issue de ces drames. Tout se passe un peu comme si les valeurs basiques de la vie en société étaient réduites à une peau de chagrin. La violence et la provocation ont toujours fait partie de l’adolescence mais sans doute pas au niveau rencontré aujourd’hui.
Les éducateurs et les enseignants tirent la sonnette d’alarme et réclament, à juste titre, le maintien de tous les moyens contribuant à une bonne intégration, à une bonne « éducation nationale » et à un bon enseignement de nos jeunes. Très nombreux ont été les enseignants qui sont descendu dans la rue les 29 janvier et 19 mars dernier pour « défendre l’école ».
Ce constat et ces revendications justifiées me semblent pourtant faire le voile sur un autre élément, essentiel lui-aussi . Je veux parler de ce qui se passe en amont de la scolarité. Je veux parler de ce qui se joue dès la naissance d’un enfant, avant 3 ans. Oui, je veux évoquer ce qui se passe aujourd’hui au sein de nos familles…ou du moins de ce qu’il en reste !
Il n’est pas question, pour moi, de remettre en cause le droit à l’indépendance financière et à l’épanouissement professionnel pour les femmes, toutes les femmes d’aujourd’hui.
Il est simplement question d’évoquer, à la lumière de l’observation de certains groupes humains dits « premiers »(ethnologie) et d’autres observations éthologiques (en l’occurrence des mammifères vivant en « société »), l’importance extrême des premiers temps de vie pour un développement harmonieux et une bonne intégration sociétale chez les nouveaux venus.
Je n’évoquerai pas le stade de l’attente de « l’heureux événement ». Il semble bien que l’unanimité réserve à celle qui va donner la vie une place privilégiée.

Elle bénéficie de places particulières dans les moyens de transport en commun, de la priorité de passage en caisse dans les super-marchés et de la une des magasines. Ouf, bravo, c'est déjà ça de préservé, fusse sur un plan symbolique!
Pour mettre bas, les juments s'éloignent du groupe, se trouvent un endroit discret.
Le placenta est aussitôt mangé pour réduire au maximum des messages odorants qui pourraient être lourds de conséquences pour son poulain, en l’occurrence attirer des prédateurs. Puis le petit est longuement léché, c’est l’imprégnation. Il est très probable qu’il existe des phéromones excitant des centres nerveux et conduisant à ce comportement. Pour des mois, un lien très fort unit désormais la mère et son petit. Ensuite, mère et enfant se rapproche du groupe. Tout le monde vient sentir l’avorton qui tient à peine debout. Il est dès lors « reconnu » comme faisant partie du groupe. A ce titre, par l’étalon dominant, par la matriarche, il sera désormais protégé des agressions éventuelles extérieures. Le poulain est dans un lieu de vie que les éthologues qualifient de « sécure ».
J’ai le souvenir d’un poulain âgé d’un mois, né en écurie et qui, réintroduit dans le troupeau, avait été considéré comme un « corps étranger », n’avait pas été « reconnu ». Il avait été très agressivement attaqué et poursuivi, chassé du groupe pour finir blessé dans des barbelés. Il n’avait pas bénéficié de cette « reconnaissance » initiale habituelle et essentielle.
Dans de nombreuses sociétés humaines, après l’accouchement, vient une éventuelle période d’isolement de la mère avec son enfant en compagnie d’une matrone. Puis se met en place tout un rituel destiné à « présenter » le nouveau venu à l’ensemble du groupe, une sorte de procession allant d’une case à l’autre du village. Autre manière de donner au petit un lieu de vie « sécure ».
Chez les chevaux, le poulain est nourri par sa mère durant presque un an, pratiquement la durée d’une nouvelle gestation (la jument est en chaleur et est le plus souvent saillie dans les jours qui suivent la mise-bas!). Dans beaucoup de sociétés humaines primitives mais aussi actuelles, le nourrisson garde un contact extrêmement étroit et permanent avec sa mère pendant de très nombreux mois, parfois pendant 3 ou 4 ans ! Dans ce cas, d’une certaine manière, l’allaitement « protège » la mère d’une nouvelle grossesse trop rapprochée !
La mère porte son enfant sur elle, tout au long de ses journées de labeur, pendant la corvée eau, le pillage du mil, l’approvisionnement en bois. Il existe cependant des temps de massage réservés au bébé par sa mère (qualifiés par nous, occidentaux, de « massages traditionnels ») dans des régions très diverses et très éloignées les unes des autres du monde entier(Inde, Afrique, Maghreb,…).

Pourquoi l’avons-nous abandonné ? Mystère !
Ce mode de vie du tout petit, en contact étroit avec sa mère, a des conséquences importantes. Si vous comparez l’appréhension du schéma corporel, les capacités motrices, l’adresse et même l’orientation temporo-spatiale d’un petit « occidental » et d’un petit ayant bénéficié de cet autre mode de vie, il existe des différences. Le second a un acquis moteur bien supérieur !
Par la suite, les choses changent. Sevré, le petit africain ou le petit indien devra brusquement se débrouiller seul. Le choc est rude. Le petit « occidental » continuera à être très entouré, va bénéficier des apprentissages de l’école.
Toute une série d’apprentissages (l’éducation) vont être transmis au jeune enfant ou au poulain durant cette période très particulière et privilégiée que constitue les toutes premières années.
J’ai le souvenir d’un poulain âgé d’un mois, né en écurie et réintroduit avec sa mère dans le troupeau et qui, parce qu’il s’était retrouvé « égaré » contre une autre jument, s’était vu attrapé au garrot par les puissantes mâchoires et jeté comme un vulgaire sac poubelle à 4m de là ! Non seulement il n’avait pas été « reconnu » mais il ne l’avait pas non plus « appris » !
Chez les humains, on parle des interactions précoces mère-enfant. Des mécanismes très fins, pas toujours très spectaculaires mais absolument indispensable à la maturation et au développement psycho-moteur de l’enfant y sont à l’oeuvre. Bien sûr, la mère peut être remplacée par un substitut (une sœur, une mère, un parent) pourvu que le lien soit suffisamment riche et fort. On décrit l’histoire de cette sœur d’une mère décédée en couches qui « adoptât » le nouveau-né et vit sa propre poitrine se gonfler de lait !
Ce phénomène se rencontre aussi chez les autres mammifères : chienne allaitant un chat ou un faon, etc.
En l’absence de ces échanges, de nature en partie inconsciente, on court droit à ce que l’on appelle « hospitalisme », un grave retard de développement par manques d'échanges.. Mais l’instinct maternelle n’est pas « obligatoire ». Une jument peut refuser d’allaiter son poulain, une mère peut ne pas « investir » son enfant. Le petit se retrouve en danger de mort car la naissance, tant chez les animaux mammifères que chez les humains, ne signifie en aucun cas rupture et indépendance mais simplement passage d’une étape.
Nous ne sommes pas comme ces petites tortues marines, qui s’extraient du sable, courent vers la mer pour vivre leur vie sans aucune autre assistance!
Le poulain apprend à obéir à sa mère, à rester sous sa protection. Il apprend petit à petit l’autonomie, aller vers les autres poulains, jouer avec ses semblables.
Jouer, cette « imitation de la vie pour rire», encore un stade important vers l’autonomie.
Stade fondamental, essentiel au cours duquel sont donnés les repères, les codes de la vie ensemble, ce qu’on nomme aujourd’hui socialisation. Certes la mère n’est pas la seule à pouvoir encourager le jeu mais elle y joue encore un rôle irremplaçable. Celui « d’intermédiaire privilégié ».

Il est indispensable que chez le tout petit le jeu soit encadré par un adulte compétent. Sans référent compétent, les jeux d’enfants peuvent finir mal. Et pour cause: ils n'ont pas encore appris toutes les règles du vivre ensemble! Il faut à la fois laisser un espace de liberté aux petits mais, en même temps, veiller à ce que les choses ne dégénèrent pas !(Exactement comme face à l’écran !).
Au bout de deux ans environ chez les chevaux, les apprentissages sont en place. Le poulain a été sevré, il peut s’écarter quelque peu du groupe, jouer et reconnaître le jeu, reconnaître et respecter l’autorité de la matriarche. Par imitation, il a appris les herbes à manger et celles à éviter, les lieux par où passer et ceux dont il faut se méfier. Il a totalement intégré les messages fournis par la position des oreilles, les mouvement et les positions de l’encolure, les mouvements de ses congénères. Il sait vis-à-vis de qui il est dominant et vis-à-vis de qui il est dominé. Il sait qu'il doit parfois rester debout pour surveiller les environs quand tous les autres se couchent et piquent un bon somme au soleil!

Sans avoir été à l’école mais étant passé par l’école de la vie au sein du groupe, il a acquis un formidable bagage lui permettant de mener sa vie de cheval en total équilibre avec son environnement. Il en est de même pour un très grand nombre de races de mammifères fonctionnant sur le mode sociétal. Les apprentissages vont donc bien au delà de la simple satisfaction des besoins dits essentiels (le manger, le boire, la reproduction). A ce titre, on a pu parler, avec raison, d’intelligence.
Pour le petit humain, le chemin va être beaucoup plus long !
Notre société occidentale a été si fortement influencée par la science à partir du XIX siècle, qu’elle a commis de grosses erreurs en ce qui concerne la prise en charge des tout petits. Je pense par exemple aux règles « d’hygiène » victoriennes qui imposaient l’isolement des bébés entre les repas, l’abandon des échanges verbaux avec le nouveau-né au soi-disant profit des soins (bain, change, langage méticuleux !). Faute de reconnaître leur incurie, beaucoup trop de médecins ont dit et validé n’importe quoi.Ils ont perdu de leur crédibilité, parfois au détriment de comportements charlatanesques pouvant mettre en jeux le devenir des enfants (végétalisme, mode de vie des sectes, etc).
Il a fallu attendre des personnes comme Elisabeth Badinter pour que le vieux mythe de « l’instinct maternel » soit enfin battu en brèche.
Elle a bien mis en évidence que l’Occident avait déjà commis auparavant de très grosses erreurs dans la prise en charge des nouveau-nés. Je veux parler du très grand nombre d’enfants abandonnés à la naissance, mis en nourrice à la campagne, condamnés concrètement à la mort quand la contraception n’avait pas cours.
Aujourd’hui, les choses évoluent plutôt dans le bon sens en ce qui concerne la compréhension des mécanismes qui président à la maturation, à l’apprentissage et à l’intégration des petits d’homme. Mais la réalité de la modernité, les pressions de notre mode de vie, la folie de la course à la consommation, tout en « libérant » (en partie !) les femmes, a aussi conduit à une sorte d’abandon de fait de cet environnement tellement indispensable à l’épanouissement des enfants. Trop de moments privilégiés sacrifiés, trop d’attention au « matériel » au détriment de l’échange. Trop de choses confiées à l’école, à des moments tardifs pour ces acquisitions.
Il nous faudra un jour revenir à l’essentiel : le temps que nous passons avec nos enfants dès leur naissance. Pas pour être ensemble face à l’écran, mais pour échanger, jouer, bref vivre ensemble.
Tout ce qui a trait à « l’Instruction Publique » est essentiel. Tout ce qui favorise l’intégration des jeunes « des quartiers » est essentiel, mais n’oublions pas ce qui ce passe en amont.
J’ai constaté que, bien souvent, les familles venant de l’autre côté de la Méditerranée ou de l’Asie, avaient conservé ici les valeurs essentielles de leur culture et faisaient tout pour transmettre ces valeurs à leurs enfants. Malheureusement, souvent, ces valeurs venaient se confronter à d’autres valeurs, depuis longtemps en cours chez nous. Les jeunes, à l’école, se sentaient alors perdus. C’est donc très tôt, bien avant 6 ans, qu’il faut travailler à concilier ces différentes cultures pour réussir l’intégration des enfants.

Tous les commentaires
Bonjour M.Philips, Je souscris totalement à ce que vous exposez si clairement et si justement. Il me semble que ni Winnicott ni Konrad Lorenz n'y auraient trouvé à redire. J'attends donc la suite avec impatience, à savoir : quid de la fonction paternelle ?
Oui, la question du père est également passionnante, y compris dans les sociétés animales. Je ne me suis guère penché que sur la société des chevaux et des éléphants et la place du mâle est beaucoup plus difficile à établir que chez les humains! On a même parfois l'impression que le mâle ne joue qu'un rôle très épisodique, temporaire. Tout se passant comme si il intervenait au moment du rut mais repartait "ailleurs". J'ai donc très peu de certitudes à ce sujet. Au fond de moi, comme pour les petits humains, j'ai le sentiment que sa place MEME SYMBOLIQUE (évoquée par la mère ou entrevue très occasionnellement) reste d'une grande importance. Il permettrait à l'enfant de couper le cordon en quelque sorte et donc servirait au petit pour accéder à son autonomie. Mais, s'il s'agit d'un plan symbolique, comment le montrer dans la réalité des choses? Il y a très peu d'images montrant le rôle du mâle vis-à-vis du petit dans les sociétés animales vivant en groupe. Je n'ai personnellement connu mon père qu'à 4 ans (prisonnier) mais il est évident qu'il m'était "dit" par ma mère et ma famille et qu'il "existait" donc en moi. Est-ce suffisant? Sans doute en partie! En définitive, bien qu'ayant certaines idées, je me sens très peu armé pour en faire un billet! Bonne journée
Le cordon ombilical est relié au placenta lequel est expulsé par la mère. C'est pourquoi il n'y a nul besoin de se précipiter pour couper un cordon et "autonomiser" qui que se soit. D'ailleurs si le cordon est laissé en l'état il sèche et tombe de lui même sans avoir besoin de ciseaux ou de pince à clamper (bébé lotus) Votre billet se télescope assez bien avec cette photo paru sur Rue 89 Il est capital que les jeunes parents puissent s'investir dans la vie sociale. Plusieurs manières de faire peuvent cohabiter pour y répondre en respectant plusieurs sensibilités. Mais c'est pour beaucoup le regard extérieur et les aménagements qui vont rendre pratique ou embarrassant le fait d'être accompagné par un nourrisson, un bébé, un bambin pour mener des activités dans la Cité.Le portage traditionnel est dans ce cadre très performant tandis que les commentaires laissés par les internautes sont révélateurs de l'écart de sensibilité entre la France et la Scandinavie. Un livre que j'ai fort apprécié sur le sujet c'est La peau et le toucher d'Ashley Montagu. (Touching: The Human Significance of The Skin 1971) http://en.wikipedia.org/wiki/Ashley_Montagu
Chère Barbara, Vous avez entièrement raison au sujet du cordon: rien ne presse pour le couper...et d'ailleurs les médecins ont plutôt tendance à attendre, une manière de faire bénéficier le nouveau-né du sang qui est le sien et se trouve encore dans le placenta! Je pense que vous aviez également bien compris que le rôle que je faisais jouer au père se situait sur le plan symbolique et non au moment concret de la naissance! Nul besoin de le couper, comme vous dites. Sa consistance, avec une énorme proportion d'eau, le prédispose à sécher rapidement tout seul! Et quelle formidable image de celle de cette député votant avec son bébé: le regard de l'enfant en dit long sur l'état "sécure" dans lequel il se sent!![Hébergeur d'image <a href=]()
"> Je ne connaissais pas Ashley Montagu, vais voir si je trouve des livres en français! Mais, c'est vrai, il se situe bien dans ma démarche. Tout se passe un peu chez nous comme si la science avait mis une distance entre les peaux: non? Bien à vous
"d'ailleurs les médecins ont plutôt tendance à attendre, une manière de faire bénéficier le nouveau-né du sang qui est le sien et se trouve encore dans le placenta" Il arrive encore - qu'en dehors des cas d'urgence où cela est rendu nécessaire par commodité pour accomplir les soins - certaines équipes aillent un peu vite (force de l'habitude, intérêt pour le don du sang de cordon). . "Je pense que vous aviez également bien compris que le rôle que je faisais jouer au père se situait sur le plan symbolique et non au moment concret de la naissance!" Oui :-) Mais je me suis rendu compte que la confusion régnait sur ce point tant chez les parents que chez divers professionnels de santé. Vous trouverez certainement des exemples croustillants sur le bêtisier officiel de l'obstétrique. http://boob.over-blog.fr/ . L'expression "couper le cordon" est passé dans le langage commun mais le symbole est mal choisi puisqu'il ne repose pas sur une base anatomique exacte. Au delà du symbole nous pouvons aussi nous interroger sur la mise en place de l'autonomie. En affirmant qu'il faut couper le cordon sous la casquette psy nous nous retrouvons avec des habitudes de travail au moment de la naissance où le père est concrêtement inviter à couper le cordon par l'accompagnement médical. On pourrait tout aussi bien demander aux parents s'ils souhaitent couper le cordon personellement, qui , quand ect... La mère peut couper le cordon. Ou un frère, une soeur, une grand-mère, un voisin... . La dyade mère-enfant a t elle réellement besoin d'un tiers qui agit pour activement séparer et ainsi permettre l'acquisition de l'autonomie? L'autonomie ne peut-elle être une conquête progressive de l'enfant, la mère "suffisamment bonne" tout comme le reste de la parenté observant, encourageant, respectant, délimitant le cadre de cette prise d'autonomie? Votre expérience personnelle semble d'ailleurs refléter ce type de situation. "Tout se passe un peu chez nous comme si la science avait mis une distance entre les peaux: non?" Comme vous le soulignez dans votre billet certaines habitudes de puericulture n'ont pas été heureuses séparant la mère et l'enfant après la naissance et ne permettant pas une synchronisation de leur rythme, un peau à peau, un regard, une mise en place de l'allaitement optimal...Il s'agissait au dépard de prévenir plutôt que de guérir: des microbes, de la fatigue... L'observation et l'élaboration du savoir dépend étroitement du paradigme des observateurs. D'où l'interêt de déplacer le point de vue (ethnologie, ethologie...). Et puis aussi bien sûr la poésie: "Même si c'est pas des rimes riches Arrimons-nous on s'en fiche" (..) "J'aime la vie quand elle rime à quelque chose J'aime les épines quand elles riment avec la rose Rimons rimons belle dame Rimons rimons jusqu'à l'âme Et que ma poésie Rime à ta peau aussi..." (Claude Nougaro,) De quoi entourer de douceur ses proches parfois si lointains dans le soir qui tombe.
Merci pour toutes ces références techniques...et poétiques. Elles démontrent, si besoin était, qu'il n'y a pas de vérité révélée et que tout, et y compris ce qui peut paraître le plus simple, est toujours à remettre sur le métier et à penser. Juste une remarque sur l'accès à l'autonomie: bien sûr que couper le cordon ne correspond pas dans la réalité à une démarche brutale mais, au contraire, est un très long processus qui commence avec les premières frustrations auxquelles le nouveau-né est soumis jusqu'à l'acceptation de la mort de ses parents quand il survient. Bien à vous