Restauration scolaire : quand un maire UMP ajoute l’humiliation à l’exclusion
Le clivage droite gauche existe encore, et sur la restauration scolaire celui-ci est clairement identifiable.
Il y a ceux qui voient ce temps de repas comme un temps obligé, subi, pendant lequel il faut nourrir tant bien que mal les enfants, et il y a ceux qui voient ce temps comme un moment de socialisation et d'intégration important, pendant lequel on peut imaginer autre chose que la restauration elle-même, ce qu'on appelle l'évolution de la pause méridienne.Au-delà de la conception de ce temps de repas, il y a les critères d'accès à ce moment privilégié, entre le personnel enseignant et d'encadrement et les enfants.A droite, souvent, c'est la double peine pour les parents : si l'un d'eux ou les deux parents sont au chômage, alors l'enfant est purement et simplement refusé dans le réfectoire. En plus d'être exclu du marché de l'emploi, la famille et plus particulièrement le ou les enfants sont exclus de la restauration scolaire, élément central de la politique éducative.A gauche, comme à Saint-Denis, ville dans laquelle je suis élu, mon collègue en charge de l'enseignement, a repris à bras le corps ces enjeux, rappelant que comme la santé, l'éducation est un droit. La restauration scolaire en fait partie, c'est pour cela qu'aucun critère n'est établi pour l'accès aux restaurants scolaires, et que la tarification mise en place permet aux plus modestes d'y accéder à raison de 15 centimes d'euros le repas. En outre, c'est aussi la garantie d'un repas équilibré élaboré par des nutritionnistes.Nous, contrairement à la droite, ne considérons pas que chômage est synonyme d'assistanat, et d'inactivité. Au contraire, cette période difficile à vivre doit procurer du temps à ceux qui sont touchés, afin de se reconstruire et trouver le moyen de remettre un pied dans le monde du travail.Les familles aisées de Thonon qui auraient les moyens de faire nourrir et garder leurs enfants à domicile, même si l'idéal est le repas pris en commun, ont priorité sur les familles dont les parents sont en recherche d'emploi. Encore une fois, on chasse les précaires, pas la précarité.Exclure comme le fait la droite à Thonon Les Bains, des familles entières de la restauration scolaire revient à les montrer du doigt comme responsables de leur situation mais surtout à faire payer aux enfants une situation subie du fait notamment d'une politique économique et sociale gouvernementale ô combien inefficaces.


Tous les commentaires
Cette règle, certes contestable - donner priorité, dans les cantines scolaires, aux enfants dont les deux parents (ou le parent, selon le cas) travaille - est en vigueur depuis des décennies dans de très nombreuses municipalités, de toutes couleurs politiques...
oui mais pour trouver un emploi il faut de la disponibilité!!! De toute façon il est préférable que les enfants puissent avoir au minimum un repas dans la journée et parfois la réalité est celle-ci pour un grand nombre de familles.
La restauration scolaire est un service public, par définition accessible à tous ceux qui peuvent en bénéficier, sans conditions, ni discriminations d'aucune sorte, quelles que soient les situations professionnelles des parents. Des modulations tarifaires peuvent être adoptées en fonction des situations sociales (quotient familial par ex.) L'enfant lui doit être protégé et n'est pas censé connaître ces mesures : à table, dans l'Ecole de la République on aspire à l'égalité. Les élus de droite (ou de gauche) qui appliquent les mesures que vous signalez ne font pas honneur à la République.
oui certes...
mais il y a souvent un problème de places et parfois comme dans mon école ou celle de ma fille on "entasse" les enfants à la cantine et les conditions d'accueil sont déplorables (bruit , manque de personnel etc... ) surtout pour les plus jeunes ! Ceci dit je suis d'accord qu'il n'est pas normal d'exclure cette catégorie de population pénalisée encore une fois !
Encore un problème de moyens !
S'il s'agit d'un problème de place, la réponse au problème n'est pas la bonne, on devrait, à mon avis, mettre en place une cantine dimensionnée en fonction du nombre d'élèves. L'éducation passe aussi par les repas (notion de partage, vie en communauté, ...).
Nous sommes en train de tuer, à petit feu, le système éducatif français, les plus riches payent des écoles privées, les autres subissent les coupes budgétaires de l'école publique.
Services publiques, école de la république, doux mots emplis de promesses, si difficiles à maintenir au quotidien. Les restaurants scolaires, (un des) premiers lieux de confrontation sociale, se devraient exemplaires, ils le deviendront peut-être enfin lorsque ce sera un droit "inaliènable" ( pour rendre le problème plus visible) et que les élus y déjeuneront régulièrement. .. La santé, l'école et la justice ( là, j'ai moins de connaissances, mais cela semble tout aussi critique), le service public dans toutes ses globalités de services, devrait être un droit inaliènable. Je ne sais pas si des mairies de "gauche" se permettent d'exclure des enfants de la "cantine", il existe au moins une mairie de "droite" qui soigne ses élèves : repas de qualité avec vrai cuistot et personnel, et quotient existant mais perfectible. Les équipes municipales sont constituées d'êtres humains et c'est d'abord leur humanité qui fera la différence, ce sont eux les vrais acteurs politiques, c'est avec eux qu'on peut travailler pour améliorer, adapter ( toujours nécessaire) et il arrive que les contradictions entre la parole nationale et la réalité du terrain amènent les décideurs locaux à choisir leur humanité pour certains, ou à "faire croire que " pour d'autres ( quand ils fréquenteront régulièrement les restaurants scolaires eux-même, leur avis sera plus juste) . C'est peut-être là une faille à la destruction du service publique, de ces hôpitaux où il faut tout faire dans l'urgence pour colmater les failles, de ces écoles où nous devons faire de même, de cette justice dont on trouve toujours plus de traces d'injustices, les fondations sont la base, c'est peut-être de là qu'on le sauvera... Ce serait bien qu'on y arrive avant de nouvelles guerres.
Exclure des enfants de la cantine du fait des parents au chomage est la meme chose qu'en 39/45 mettre des etoiles jaunes putain de fachots.
Avec un peu de démocratie participative, il devrait être possible de trouver et d'appliquer des solutions. Il faut: des locaux, des moyens de transport, du personnel, des moyens financiers. Que le maire convoque des comités de quartier ad hoc, et les solutions seront trouvées *. On pourra même embaucher quelques parents chômeurs...
* au besoin avec l'aide des pouvoirs publics des échelons supérieurs (Conseil Général, Région, Etat, Europe...), au nom du principe de suppléance.
Ce serait peut-être aussi l'occasion de redéfinir le rôle social et éducatif des restaurants scolaires... La Sécu et les mutuelles ne refuseraient pas un coup de main, ni les associations de parents d'élèves, ni les comités d'entreprise.
La démocratie ne consiste pas à trouver des solutions de type "bricolage coup de main" ou bénévolat pour la restauration scolaire de l'Ecole de la République. Le temps des patronages est révolu. Les principes fondamentaux de l'Ecole, définis par Condorcet, sont la laïcité, l'objectivité et la neutralité. Ils ne peuvent être garantis que par du personnel formé et qualifié. Si on embauche "quelques parents chômeurs" on les forme et on les emploie ( ils ne sont donc plus chômeurs) Le travail forcé n'existe pas en France, un chômeur n'est ni un fainéant ni une personne à faire tout et n'importe quoi. Du personnel formé s'abstiendrait de faire à un enfant des remarques du genre "si tes parents ne payent pas tu seras renvoyé de la cantine !" Ceci est du vécu, remarque émanant d'une surveillante "de bonne volonté" comme on dit... Et c'est inadmissible.
les mesures préconisées visant à exclure des enfants sur le seul critère que l'un des parents ne travaille pas et est donc théoriquement en capacité de s'occuper de son enfant est tout bonnement inacceptable et relève du conservatisme le plus honteux